Consommer sans discernement conduit à des formes de violence

Posté par jacques LAUPIES le 22 novembre 2017

 

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Je crois que c’est Bacchus (de dos)

Il faut bien se rendre à l’évidence : dans nos sociétés, où qu’elles se trouvent  sur la planète, dès lors qu’une paix relative et un progrès économique et social, tout aussi relatif, existent, les comportements des individus deviennent globalement animés et motivés par le besoin de consommer souvent sans discernement. Certes il y a des exceptions d’individus, voire de groupes ou de catégories qui échappent à ce besoin qui, au fond, est à inscrire dans la lutte pour la vie contre la nature.

Ces exceptions ne peuvent résulter que d’un cheminement intellectuel qui nous conduit à ne rechercher que le nécessaire que l’on ne peut définir autrement qu’en prenant appui sur le développement historique des forces productives, rattaché à un degré de civilisation et des rapports sociaux harmonieux de coopération entre les humains.

Dès lors que cela n’est pas atteint le conflit est latent. Ainsi nous ne pouvons échapper à l’individualisme et au repli sur soi, sauf à nous impliquer collectivement avec nos semblables dans le combat politique qui, seul, peut permettre de créer une société à la mesure de nos besoins naturels.

S’impose alors l’exigence de la révolution mais celle-ci ne peut aboutir sans le ralliement de tous ceux qui sont dans l’exception en premier lieu et hors de l’exception en second lieu…

Ainsi l’éducation, la réflexion philosophique deviennent une exigence pour tous. Si cet objectif n’est pas majoritairement atteint (voire quasi unanimement)  il restera toujours une place pour l’anarchie ou le totalitarisme, le désordre ou la violence, et la révolution échouera…

 

Extraits de la Lettre à Ménécée :

“Qu’on ne remette pas à plus tard, parce qu’on est jeune, la pratique de la philosophie et qu’on ne se lasse pas de philosopher, quand on est vieux. En effet, il n’est, pour personne, ni trop tôt ni trop tard, lorsqu’il s’agit de veiller à la santé de son âme. D’ailleurs, celui qui dit que le moment de philosopher n’est pas encore venu, ou que ce moment est passé, ressemble à celui qui dit, s’agissant du bonheur, que son moment n’est pas encore venu ou qu’il n’est plus. Aussi le jeune homme doit-il, comme le vieillard, philosopher : de la sorte, le second, tout en vieillissant, rajeunira grâce aux biens du passé, parce qu’il leur vouera de la gratitude, et le premier sera dans le même temps jeune et fort avancé en âge, parce qu’il ne craindra pas l’avenir. Il faut donc faire de ce qui produit le bonheur l’objet de ses soins, tant il est vrai que, lorsqu’il est présent, nous avons tout et que, quand il est absent, nous faisons tout pour l’avoir.”

http://la-philosophie.com/epicure-lettre-a-menecee

 

Vingt ans en Chine, l’âge des possibles ?

Asie.
Dominique Bari, Vadim Kamenka, Lina Sankari
Mardi, 21 Novembre, 2017
L’Humanité
Les migrants de l’intérieur tentent leur chance dans les villes. Photo : Stringer/Aly Song/Reuters<br /><br /><br /><br /><br /><br /><br />
Les migrants de l’intérieur tentent leur chance dans les villes. Photo : Stringer/Aly Song/Reuters

Née après les réformes initiées par l’ex-président Deng Xiaoping, la nouvelle génération oscille entre tradition et modernité. Rapport à la politique, à l’argent, aux aînés, à l’Occident… ces enfants qui feront la Chine de demain livrent leurs aspirations.

Tout ce que la Chine compte de high-tech se trouve dans la rue Zhongguancun. La zone, jadis investie par les vendeurs de rue de composants électroniques, est aujourd’hui la place forte des petits génies de l’informatique et des géants du Web. Le quartier de Haidian compte à lui seul 12 000 entreprises. Ses cafés branchés et connectés sont le repère de Lin. Encore étudiant, il y donne rendez-vous sans consommer. Au premier abord, il a tout du jeune individualiste qui souhaite tracer son chemin sans se soucier du reste. Il fait partie de cette nouvelle classe intermédiaire qui représentera potentiellement 400 millions de personnes en 2020, soit près d’un tiers de la population qui gagnera 60 000 yuans (7 700 euros) par an. Étudiant en aéronautique à la faculté de Beihang (Pékin), le jeune homme de 23 ans n’a pas d’idée précise de son avenir. Exemple vivant d’un pays où les possibilités se multiplient. Originaire de Foshan (Guangdong), Lin aimerait « rester dans une grande ville pour gagner plus d’argent ». Canton, qui le rapprocherait de sa famille ? Shanghai, où sa petite amie aimerait déménager ? À l’étranger, malgré le désaccord de ses parents ? À l’instar de cette nouvelle génération née après les réformes initiées par Deng Xiaoping, Lin a des rêves de mouvement. Également parce que l’aéronautique est le symbole de cette Chine de l’innovation qui émerge. « Ce type d’étudiants ne souhaite pas revenir dans la région dont il est originaire. D’une manière générale, le retour est perçu comme une régression sociale. Ne pas trouver d’emploi dans les grandes villes est une perte de prestige même si les familles font pression pour que les enfants reviennent », observe le sociologue et directeur de recherches au Ceri, Jean-Louis Rocca.

Les mariages arrangés restent une tendance forte

Autre lieu, autre parole. À la gare centrale de Pékin, la plus vieille de la capitale, l’horloge qui égrène les heures au son de l’Orient est rouge. L’affluence est grande, on y croise les migrants, ceux qui arrivent, ceux qui partent. Jiao Tigang, 22 ans, est de ceux-là. Il ressemble à un gamin, pourtant il a débarqué à Pékin il y a cinq ans, pour tenter sa chance. Elle était mince, avec pour tout bagage une éducation en école primaire bâclée ; il n’a pu trouver qu’un emploi de garde de sécurité dans un immeuble de l’ouest de la grande cité. À 3 000 yuans (385 euros) par mois, nourriture et logement inclus. Sans le précieux hukou, le permis de résidence, il a été exclu de toute aide sociale. De Pékin, il n’a rien vu mais il s’en moque. Ce grand timide est aujourd’hui heureux. Il repart chez lui dans le Shandong, dans sa ville natale de Dezhou, il va retrouver sa famille qui lui a tellement manqué. Il n’est pas trop inquiet pour son avenir, il a trouvé une place en apprentissage pour devenir vendeur ambulant de crêpes chinoises, ces fameuses « bing » si savoureuses. Il s’établira à son compte par la suite.

On a souvent décrit le décalage entre la jeunesse actuelle et ses aînés qui ont connu les privations. Il existe. Mais le paradoxe de ce pays en mouvement est de veiller à ses traditions tout en poursuivant sa propre voie sans se caler sur l’Occident. Ces traditions, c’est curieusement Wang Quan, jeune ingénieur dans une entreprise d’État et membre du Parti communiste chinois (PCC), qui les défend le mieux. Il a confiance en son pays et vante les principes de Confucius qu’il « connaît mieux que la théorie marxiste ». Ses parents étaient de modestes ouvriers du pétrole. Lui a pu faire des études et souhaite transmettre cette même chance à son fils. Il n’envisage pas d’autre enfant. « La compétition est trop grande, il faut de l’argent non seulement pour élever les enfants mais pour les activités extrascolaires et les salaires sont insuffisants à Pékin. »

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&amp;lt;img title= »Très mobile, la jeunesse chinoise doit toutefois assumer la pression parentale. Photo : Reuters » height= »601″ width= »900″ data-delta= »2″ alt= »" src= »https://www.humanite.fr/sites/default/files/images/53482.HR.jpg » /&amp;gt;

Selon Jean-Louis Rocca, les mariages arrangés restent par ailleurs une tendance forte. « Les parents, marqués par d’anciennes pratiques, continuent d’exercer une pression sur les enfants pour qu’ils trouvent un partenaire avant 30 ans. Ce n’est pas le simple fait des campagnes. Dans des grandes villes comme Pékin ou Shanghai, on trouve encore des marieuses. En ce domaine, on ne fait pas confiance au hasard. Ce qui peut aboutir à des conflits même s’il est rare que les enfants rompent totalement les liens. » Les parents de Lin sont, à ses dires, des « Cantonnais traditionalistes ». Lui récuse toute idée de gouffre générationnel : « Nous avons la même culture. S’ils aiment le poulet bouilli et que je le préfère frit, nous aimons tous trois le poulet et donc on peut trouver un consensus », sourit le jeune homme.

« L’argent est perçu comme un espace de liberté potentiel »

Cette pression familiale ressort au fil des témoignages. « Il s’agit plutôt d’un décalage entre notre génération qui n’a jamais connu la famine et celle de nos parents », souligne Ma. Jovial, cet étudiant en français souhaite se faire embaucher deux ou trois ans par une entreprise chinoise au Tchad ou en Côte d’Ivoire. « Le salaire y est particulièrement élevé. 25 000 yuans par mois (près de 3 200 euros). Cela me permettrait de reprendre mes études au Canada, où j’ai étudié une année. Ainsi, je n’aurai pas besoin de dépendre de mes parents. » Il faut néanmoins relativiser ce « fantasme africain ». Beaucoup d’entreprises ont du mal à trouver des candidats au départ. La pression familiale pour dénicher un emploi stable et bien rémunéré reste forte. « À la différence de nos parents, nous avons la possibilité de faire un métier qui nous corresponde. Au Québec, les contraintes familiales et sociales sont moins fortes. »

Le rapport à l’argent de la Chine actuelle peut surprendre. Si son salaire le lui permet, Lin souhaite acquérir son futur appartement même si les prix dans les grandes villes ont crû sur une base annuelle de plus de 10 % jusqu’au début 2017. « Le logement est la première chose à acheter après ses études car la valeur ne diminue jamais, confirme Cuifen (1), une étudiante en linguistique, nos parents nous donnent une partie de l’argent et, pour le reste, tout le monde fait un emprunt. » « La jeunesse actuelle semble seulement attirée par l’argent. C’est certainement lié au souvenir de la souffrance de leurs parents durant les années 1950, la Révolution culturelle et les mouvements critiques des années 1980 qui ont mené à Tian’anmen. Elle n’est sans doute pas aussi dépolitisée qu’on le dit mais, pour elle, l’argent est perçu comme un espace de liberté potentiel », observe Lian (1), une traductrice pékinoise.

«	Ne pas trouver d’emploi dans les grandes villes est une perte de prestige même si les familles font pression pour que les enfants reviennent	», observe le sociologue et directeur de recherches au Ceri, Jean-Louis Rocca. Claro Cortes IV/Reuters<br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br />

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« Ne pas trouver d’emploi dans les grandes villes est une perte de prestige même si les familles font pression pour que les enfants reviennent », observe le sociologue et directeur de recherches au Ceri, Jean-Louis Rocca. Claro Cortes IV/Reuters

Contrairement aux apparences, la politique est en fait très présente. Si les jeunes ne se reconnaissent pas dans les discours officiels, elle est à fleur de paroles comme pour Yu Yinqing, qui, derrière son comptoir, vend des jus de fruits dans un point de vente de la gare. Casquette et blouse jaunes, aux couleurs de l’enseigne, cette jeune fille de 22 ans, originaire du Jiangsu, travaille sept jours sur sept, de 9 à 10 heures par jour, pour 4 000 yuans (514 euros) par mois. « À part la présence requise, le boulot n’est pas dur », assure-t-elle, toute à sa joie de vivre dans la capitale. Elle a trouvé par des relations à se loger près de la place Tian’anmen, dans une petite chambre de 7 m2 pour 500 yuans (64 euros) par mois. Une vraie chance qui lui fait oublier son rêve : celui de rentrer dans l’armée. « Il me manque mon diplôme de fin d’études secondaires. Je n’avais pas l’argent nécessaire pour poursuivre mes études. » Sa vocation est venue en 2008 lorsqu’elle a vu comment les militaires se sont portés au secours des sinistrés du Sichuan, après le terrible tremblement de terre qui a dévasté la province. « C’est ce travail humanitaire qui m’a séduite. » Adhère-t-elle au grand « rêve chinois » promu par le président Xi Jinping ? Un temps de réflexion : « Je fais mon travail de mon mieux et faire son travail, c’est aussi contribuer au rêve chinois. »

À 23 ans, Lin a déjà voyagé en Europe, au Vietnam et en Thaïlande. Comme beaucoup de jeunes Chinois, il a l’image d’une Europe sur le déclin, instable politiquement et où l’insécurité règne : « Elle me donne une impression de chaos. » De leur point de vue, aux États-Unis, la technologie est aussi développée que la libre circulation des armes à feu et le racisme anti-asiatique. « Pour eux, l’Europe est un monde dangereux. Ils ont un rapport au métissage culturel assez problématique faute d’y avoir été habitués. Les Chinois, y compris ceux qui sont critiques vis-à-vis du gouvernement, sont également dubitatifs à l’égard de notre modèle politique, où le président change régulièrement et où la loi est contestée dans la rue », décrypte Jean-Louis Rocca. Reste que la nouvelle génération fait preuve d’optimisme. Du fait des succès du pays, les jeunes font globalement confiance au gouvernement et aux avancées scientifiques pour régler les problèmes. Depuis son café du quartier de Haidian, Lin rappelle que Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, réseau bloqué en Chine depuis 2009, a appris le mandarin. Le retour de la Chine sur le devant de la scène mondiale après le « siècle d’humiliation » est sans conteste vécu comme une revanche.

(1) Le prénom a été changé.
Une société vieillissante

 

Une société vieillissante

 

Selon le président de l’Association de la Sécurité sociale de Chine, Zheng Gongcheng, la population âgée de 65 ans et plus gonfle chaque année d’environ 10 millions de personnes et devrait atteindre environ 400 millions d’individus fin 2035, soit 14 % de la population, le seuil à compter duquel la société est considérée comme vieillissante.

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Un révolutionnaire épris de progres social et de paix…

Posté par jacques LAUPIES le 21 novembre 2017

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Bonjour Jacques

A l’occasion du 20e anniversaire de la mort de Georges Marchais,
le PCF accueille 

GEORGES MARCHAIS L’EXPO

Du 28 novembre 2017 au 15 janvier 2018
Espace Niemeyer , 2 place du Colonel Fabien 75019 Paris

 

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Municipalités en danger !

Posté par jacques LAUPIES le 21 novembre 2017

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Touche pas à ma ville, nous nous en chargerons car elle en a besoin…

 

Depuis des décades les tenants du pouvoir central tentent de mettre à mal l’autonomie politique et économique des villes. Parfois même à l’encontre de leurs représentants politiques locaux. Ce qui d’emblée interroge sur les intentions de ceux qui se prévalent de LREM en Arles et Tarascon par exemple…

Nul doute que la suppression d’une taxe d’habitation – qui certes nécessité d’être réaménagée – va dans ce sens et si Macron entend la supprimer au prétexte de soulager les contributeurs que nous sommes c’est évidemment pour mieux contrôler le pouvoir des mairies, ainsi dotées, et s’octroyer à plus ou moins long terme la maitrise politique. La quelle est déjà fortement transférée  des villes aux communautés urbaine et autres grandes métropoles.

Mutualiser les ressources pour les villes me parait indispensable mais pas au prix du sacrifice du pouvoir des élus.

Dans un peu plus de deux ans vont avoir lier des élections municipales.  Par delà les clivages politiques il faut que les  citoyens imposent le respect de cette conquêtes séculaires qu’est la gestion de leur ville.

Nous invitons les citoyens de notre ville à se positionner dans ce sens avant d’exprimer ce qui en découle l’élaboration de projets audacieux pour sortir notre ville qui, comme tant d’autre, souffre de la démission face aux maitres du jeu : les puissances financières, industrielles ou commerciales.

Nous restons à leur disposition !

 

Collectivités. Et si l’alternative venait des communes ?

Pierre DUQUESNE
Mardi, 21 Novembre, 2017
L’Humanité

Démocratie, remunicipalisation, transitions énergétiques… de multiples innovations sociales naissent dans les communes qui résistent au libéralisme. Au point que certains évoquent aujourd’hui un renouveau du « municipalisme »

Les 15 000 édiles attendus pour le 100e congrès de l’Association des maires de France (AMF), qui débute aujourd’hui, s’attendent au pire. Emmanuel Macron, qui s’y rendra jeudi, leur a déjà annoncé qu’ils devront se passer de 13 milliards d’euros jusqu’en 2022. En supprimant la taxe d’habitation, remplacée par des dotations, l’État met les communes sous perfusion financière et anéantit leur libre administration. Ce n’est pas tout. Le gouvernement compte les placer littéralement sous tutelle, notamment en conditionnant les subventions de l’État à des politiques choisies par le pouvoir central, via une contractualisation qui ne profitera qu’à l’État. Les maires dénoncent un retour en arrière sans précédent sur les lois de décentralisation. C’est un « rêve » qui se réalise pour la technocratie, à savoir « se débarrasser des élus locaux », estime Patrice Bessac, président de l’Association nationale des élus communistes et républicains (Anecr). Pourtant, partout dans le monde, les villes reviennent aux avant-postes des enjeux sociaux, économiques, culturels et écologiques du XXIe siècle. Leur génie créatif est tel qu’il pourrait offrir un contre-modèle à l’ultralibéralisme. Et ils sont nombreux à s’y employer. Petit tour de France des maires qui résistent, innovent et expérimentent des projets alternatifs.

Le futur semble niché à Puy-Saint-André, perché à 1 500 mètres d’altitude. Cette bourgade de 467 habitants, dominant Briançon (Hautes-Alpes), produit assez d’énergie pour alimenter 150 foyers grâce à 14 centrales photovoltaïques installées sur les bâtiments publics. Elle est pratiquement autosuffisante et produit une énergie 100 % renouvelable. L’Europe impose aux villes une baisse de leur consommation de 20 % d’ici 2020 ? Cette commune l’a réduite de 30 % en moins de dix-huit mois. Un bol d’air dans cette vallée des Alpes impactée par le réchauffement climatique et les nuisances liées aux sports d’hiver.

En quinze ans, 106 villes ont remunicipalisé le service de l’eau

EDF n’y est pour rien. L’État non plus. Tout est parti de la décision du maire, Pierre Leroy, de créer une société d’économie mixte locale pour permettre aux habitants de se réapproprier la production de l’énergie. Une action exemplaire qui a eu des effets jusque dans la vallée. La communauté de communes a ainsi décidé de se passer des multinationales pour le traitement des déchets, dorénavant confié à une régie publique. Résultat, la collecte a baissé de 12 000 à 8 000 tonnes, soit une baisse de 30 %.

Il y a des maires « qui changent tout », explique Mathieu Rivat dans un livre consacré au génie créatif des communes (1). Ils sont même de plus en plus nombreux à reprendre la main face aux multinationales, explique un rapport de l’Aitec, association d’urbanistes, d’économistes et d’experts qui vient en appui aux mouvements sociaux. Ce texte, dont nous avons pris connaissance, établit une liste, non exhaustive, d’expériences locales de collectivités qui tentent d’engager leur territoire dans la transition écologique, sociale et démocratique.

En quinze ans, près de 106 cas de remunicipalisation des services de l’eau ont été opérés par des collectivités françaises, selon un décompte effectué en juin par l’ONG TransNational Institute (1). Grenoble, Montpellier, Paris… même une ville de droite comme Nice a franchi le pas. Cette vague de municipalisations ne se limite plus au secteur de l’eau. En dix ans, une trentaine de collectivités « sont passées de la gestion privée à la gestion publique de leurs transports, et presque aucune n’a pris le chemin inverse », explique Arnaud Rabier, secrétaire général d’Agir Transports, cité par l’Observatoire des multinationales. À Champigny-sur-Marne, la ville communiste a repris en main le réseau de géothermie, système de chauffage écologique profitant à 20 000 habitants. Engie, qui gérait cette infrastructure en délégation de service public, a rendu les clés l’an dernier.

Mathieu Rivat cite aussi le dynamisme d’Ungersheim, en Alsace. Le maire, Jean-Claude Mensch, un ancien mineur passé par la JOC et la CGT, s’est engagé à fond dans le mouvement de villes en transition. Leur principe est simple : vivre comme si le baril de pétrole était à 200 dollars. Comment ? En recherchant l’autonomie énergétique et alimentaire, via la relocalisation de la production agricole, la structuration d’une filière bio et de circuit court pour la cantine de l’école. Cette commune a même été jusqu’à créer une conserverie et une régie agricole municipale. À Loos-en-Gohelle (Pas-de-Calais), le maire EELV, Jean-François Caron, a fait de la transition écologique un atout pour développer cette ville minière jouxtant Lens, avec un postulat : les questions sociale et écologique sont les deux facettes d’un même combat. « À Loos, nous avons généralisé l’écoconstruction dans l’habitat des populations socialement très en difficulté, de sorte qu’elles paient aujourd’hui 150 euros de chauffage par an. C’est comme si elles avaient plus de 100 euros par mois d’augmentation de salaire », raconte l’édile.

Voir les maires transformés en « gestionnaires » n’est pas une menace à écarter

Pour certains, les communes seraient devenues de « véritables catalyseurs de la transition sociale, économique et écologique ». C’est ce que propose notamment le Québécois Jonathan Durand Folco, dans son traité de municipalisme (2). Une théorie qui puise autant dans la pensée du libertaire américain Murray Bookchin, théoricien de l’écologie sociale dans les années 1960, que dans l’analyse du géographe marxiste David Harvey, qui a consacré un livre aux « villes rebelles ». Selon ce dernier, les marxistes ont trop souvent mis l’accent sur la production de la valeur, et en particulier dans le monde du travail, « alors qu’il faudrait porter une attention particulière à la ville comme le lieu central d’accumulation, d’appropriation, de contradiction et de luttes sociales », comme le résume Jonathan Durand Folco. Dit autrement, les combats anticapitalistes, selon Harvey, doivent se concentrer et s’organiser explicitement sur le vaste terrain de la ville et de l’urbain.

Les villes espagnoles conquises par des mouvements sociaux en 2015 (Barcelone, La Corogne, Madrid…) s’inscrivent dans cette philosophie, au point de créer un réseau européen de « villes rebelles ». Le municipalisme espagnol et les villes françaises qui s’engagent dans des politiques alternatives ont un point commun : revendiquer une « radicalité démocratique, analyse Élisabeth Dau, de l’Institut de recherche et de débat sur la gouvernance. La transition démocratique est d’ailleurs la mère des transitions, sociales et écologiques ».

C’est « la question fondamentale et subversive », abonde Jo Spiegel, maire de Kingersheim (Haut-Rhin). Cet ancien membre du PS soumet toutes les décisions communales à un conseil participatif réunissant des élus, des citoyens et des experts. Une partie des habitants qui y siègent sont tirés au sort, pour assurer la participation de tous à cette « démocratie de la construction ». « Il faut abattre un mythe qui fait croire qu’une fois élus, on peut penser et agir à la place des gens pendant six ans. Ici, on considère que le rôle d’élu, c’est d’animer le processus de décision, fertiliser les points de vue différents, mettre sur la table des désaccords pour mieux construire un chemin commun. » Et Jo Spiegel d’ajouter : « Je crois qu’il y a une forme d’assistanat civique, qui est provoqué par les élites et qui laisse les gens soit dans l’abstention, soit dans la colère, mais jamais dans l’engagement. »

Ces révolutions citoyennes, sociales et écologiques peuvent-elles seulement se faire avec des dotations à l’os ? « Nous réfléchissons actuellement à un dispositif pour dissocier le terrain du bâti dans les projets d’accession sociale à la propriété, afin que le bien reste, en cas de vente en accession sociale. C’est une véritable innovation. Et cela ne coûte pas d’argent, explique Patrice Leclerc, maire PCF de Gennevilliers. Mais si le gouvernement nous retire toutes nos compétences pour les transférer aux métropoles, nous nous transformerons en un maillon de la politique gouvernementale. Sans compétence d’aménagement, il sera difficile d’intervenir en matière d’urbanisme. » Voir les maires transformés en « gestionnaires » n’est pas une menace à écarter, ajoute l’élu, puisque le gouvernement envisage de prendre en étau les communes en attaquant la libre administration des communes et en conditionnant les dotations versées aux politiques menées. Pour autant, « le municipalisme n’est pas un pis aller », plaide cet élu communiste, qui envisage d’adhérer au réseau des villes rebelles. « Ce mouvement a le mérite de porter et de promouvoir des expérimentations et des constructions politiques singulières quand le bipartisme a tendance, plus on monte dans la hiérarchie du pouvoir, à effacer le pluralisme politique. »

(1) Ces maires qui changent tout, le Génie créatif des communes, de Mathieu Rivat, Actes Sud. (2) à nous la ville !, Traité de municipalisme, de Jonathan Durand Folco, écosociété.
Journaliste

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Prévision car la guérison deviendra de plus en plus difficile

Posté par jacques LAUPIES le 20 novembre 2017

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L’amour et la paix d’un après-midi à Nîmes

Au moment ou surgissent toutes sortes d’affaires relevant du harcèlement sexuel et des agressions sexuelles les maitres du jeu deviennent comme toujours, les journalistes en mal se sensationnel et bien souvent rendent  difficile l’action des juges. L’opinion quant à elle qu’elle soit indifférente, ce qui est rare, ou se transforme en groupes de censeurs et se départage en fonction des sensibilités philosophiques  ou religieuses, n’a pas vocation a s’ériger en tribunal. Avec des jugements hâtifs qui ne sont pas de son ressort dans la mesure où précisément elle est mal informée…et formée !

A l’heure ou tenants du système se réfugient dans de pseudos lois dans lesquelles  police et justice ne se retrouvent  pas,  ou notre société, l’une des plus riches et des plus évoluées du monde, est incapable de vrais solidarités pour ceux qui y ont une place et ceux qui aspirent à l’avoir, tous ces gigotements sont une véritable désolation et n’augurent pas d’un avenir serein !

 

Enfance. Éducation à la sexualité, et si on appliquait la loi ?

Alexandre Fache
Lundi, 20 Novembre, 2017
L’Humanité

À l’occasion de la Journée des droits de l’enfant, ce lundi, le Défenseur des droits pointe les insuffisances de ce qui est pourtant une obligation légale à l’école, depuis 2001.

Et si c’était le chaînon manquant à la prise de conscience massive née de l’affaire Weinstein ? Les témoignages des victimes de violences sexistes continuent de s’accumuler, jour après jour, le gouvernement promet une nouvelle loi au printemps sur le sujet, mais rares sont ceux qui pointent le rôle déterminant de prévention que devrait tenir l’éducation à la sexualité dans le cadre scolaire. À l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant, le Défenseur des droits consacre une partie de son rapport annuel, publié ce lundi, à cette question. « L’obligation de conduire des actions d’éducation à la sexualité est très peu suivie et ne développe pas suffisamment une approche globale et respectueuse des sexualités, susceptible de contribuer à la lutte contre les préjugés et stéréotypes de sexe, d’identité, de genre et d’orientation sexuelle », regrette l’institution présidée par Jacques Toubon.

Beaucoup l’ignorent, mais « l’information et l’éducation à la sexualité » sont obligatoires en France depuis la loi du 4 juillet 2001 sur l’IVG et la contraception. Chaque année, « au moins trois séances » doivent être dispensées, du CP à la terminale, des interventions destinées à « contribuer à l’apprentissage du respect dû au corps humain », selon l’article L312-16 du Code de l’éducation. Une obligation que l’éducation nationale elle-même semble avoir largement mise de côté, si l’on en croit l’état des lieux plutôt alarmant, dressé en juin 2016, par le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes (HCE). Celui-ci avait interrogé quelque 3 000 établissements scolaires pour vérifier comment était menée cette éducation à la sexualité. Résultat : 25 % des écoles, collèges et lycées avaient reconnu n’avoir mis en place aucune action de ce type, malgré l’obligation légale. Un chiffre probablement bien trop flatteur par rapport à la réalité.

« Même si la sexualité est omniprésente dans la publicité, au cinéma, à la télévision, il existe encore un énorme tabou autour de celle des jeunes », explique Margaux Collet, la co-rapporteure de l’étude du HCE. Intégrée à la loi de 2001 par le biais d’un simple amendement, cette obligation n’a jamais été considérée comme une priorité par l’État. « Personne n’est chargé du suivi de cette mesure, personne n’encourage les recteurs à l’appliquer, et tout dépend du bon vouloir des enseignants, qui font souvent ça sur leur temps libre, avec des associations », regrette Margaux Collet, qui pointe aussi « l’absence de financement dédié ».

Plaisir, consentement, virginité… les jeunes s’interrogent

Pourtant décisive dans la lutte contre les stéréotypes sexistes, l’éducation à la sexualité est ainsi menée de façon très inégale selon les territoires et les établissements, mais aussi de façon très insuffisante, en quantité et en qualité. « Lorsqu’elle est intégrée à des enseignements disciplinaires, elle est largement concentrée sur les sciences (reproduction) plutôt que d’être intégrée de manière transversale en lien avec la dimension citoyenne et l’égalité filles-garçons », constatent le HCE comme le Défenseur des droits, qui plaident pour une « approche globale de la sexualité, qui intègre ses aspects affectifs, psychologiques et sociaux en même temps que reproductifs ». Une demande qui semble être en phase avec les attentes des jeunes eux-mêmes. Professeure de lettres dans un établissement de banlieue parisienne, Aude Paul, 36 ans, fait partie d’un groupe d’enseignants qui a décidé de prendre à bras-le-corps cet enjeu. En commençant par interroger directement les élèves sur les thèmes qu’ils voulaient voir abordés. « Ils passaient assez vite sur les questions de santé, d’infections sexuellement transmissibles ou d’IVG, sur lesquelles ils s’estimaient assez bien informés, et on avait en revanche pas mal de questions sur le plaisir, le consentement, la virginité, la “première fois”…» relève l’enseignante.

Pour les filles, une double injonction : être désirables et respectables

De fait, il y a du boulot pour combler les lacunes. « Les jeunes, et en particulier les filles, méconnaissent leur corps, et le plaisir féminin reste tabou. 84 % des filles de 13 ans ne savent comment représenter leur sexe, alors qu’elles sont 53 % à savoir représenter le sexe masculin, et une fille de 15 ans sur quatre ne sait pas qu’elle a un clitoris », rappelle le HCE, citant une enquête menée auprès de 316 élèves dans un collège du nord de Montpellier. Cette méconnaissance n’empêche pas les élèves de faire face à des injonctions très fortes dans leur cour de récré, ou sur les réseaux sociaux. Pour les garçons, il s’agira de répondre à une « norme de virilité » ; pour les filles, à la double injonction de se montrer « à la fois désirables et respectables », pointe le HCE. Le tout dans un contexte où l’accès à la pornographie sur Internet, par le biais des smartphones, est de plus en plus aisé. Selon un sondage de mars 2017, l’âge moyen de visionnage de la première vidéo porno serait de 14 ans en France. Dans ce contexte, les parents sont-ils demandeurs ou peuvent-ils constituer un frein à l’éducation à la sexualité de leurs chères têtes blondes ? « S’ils ont un rôle à jouer, ils ne sont pas toujours les mieux placés pour évoquer ces sujets avec leurs enfants, répond Margaux Collet. Soit parce qu’ils peuvent être en conflit aux eux – à l’adolescence, ça arrive –, soit parce qu’il y a un décalage entre les maturités réelle et perçue de leur enfant, ou, enfin, parce qu’ils peuvent être à l’origine de comportements jugeants, sur l’orientation sexuelle de leur enfant, par exemple. D’où la nécessité que l’école porte ce discours. » Dans le lycée d’Aude Paul, qui a mis en place depuis plus de treize ans ces séances d’éducation à la sexualité, les retours négatifs des parents sont quasi inexistants. « Il y en a eu une seule, il y a sept ans : un parent avait appelé pour nous dire que cela n’avait pas sa place à l’école. Mais, globalement, on a l’impression d’avoir leur confiance. »

Secrétaire d’État à l’Égalité, Marlène Schiappa a d’ores et déjà promis un audit sur l’éducation à la sexualité en milieu scolaire. Dans son rapport, le Défenseur des droits recommande, comme le HCE avant lui, de renforcer la formation initiale et continue des personnels, de produire des outils pédagogiques plus adaptés, mais aussi d’élaborer une « charte » qui permette de choisir au mieux les associations appelées à intervenir devant les enfants. « Les choses bougent lentement », constate Margaux Collet.

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Misères du monde, causes et « remèdes »…

Posté par jacques LAUPIES le 19 novembre 2017

 

Lorsque l’on prend connaissance des faits relatés par ce jeune guinéen, on a beau être sans illusion sur les comportements des humains et considérer cependant que notre confiance en notre espèce doit demeurer, l’extrême dans l’inhumanité a toujours un aspect insupportable incompréhensible et révoltant.

Les médias, qui nous relatent les multiples ignominies dont sont capables ceux qu’il faut bien reconnaître comme nos semblables,  ont le mérite de nous alerter. Même si l’on sait que leur envahissement par des faits divers, vite généralisés et exploités pour alimenter nos peurs, a un effet négatif.  qui consiste à nous détourner des vraies causes.

Et là, nous en avons un exemple car tout de même, si existe cette « anarchie » en Libye  qui conduit des bandes organisées à exploiter la misère du monde pour l’aggraver au delà du supportable, nous avons notre part de responsabilité en ayant mis en place des chefs d’état qui ont foutu et foutent le bordel dans ces pays dont on veut exploiter les richesses et la force de travail humaine.

Outre que ces hommes politiques sont les représentants  d’une classe dominante qui les manipule où  les fabrique de toutes pièces à l’aune de ses besoins, certains d’entre eux mettent un zèle particulier, qu’ils soient réputés idiots ou intelligents, à passer les trois quarts de leur temps à faire les guignols. sur tous les écrans !

Mais il est vrai que l’on a les chefs (élus ou pas) que l’on mérite, que même les esprits les plus révolutionnaires qui n’en ont pas voulu, se trouvent finalement impuissants et paralysés. Chacun se réfugiant au mieux dans son petit monde politique sachant que toute initiative fort transformer la société nécessite des abandons et des louvoiements. 

Pourtant une idée, comme l’on dit, peut devenir force révolutionnaire lorsqu’elle est portée par un peuple.

Dans le cas qui nous préoccupe l’idée communiste par exemple n’a d’autre issue pour se concrétiser que de pénétrer le peuple qui connaît en premier lieu l’injustice sociale qui est une perte d’humanité. Encore faut-il que toutes les forces militant pour elle qui en perçoivent la portée, se rassemblent dans un parti. Se soumettant au débat démocratique, capables de mettre en œuvre une stratégie la plus actualisée possible et non décalée dans un futur où elle n’aurait peut être plus cours !

Cela vaut pour un Libyen, un guinéen et un français. 

 

 

Migrants / coopération UE-Libye « La France a devoir de réparer l’outrage fait aux migrant-e-s et à la conscience humaine »

 

C’est à un véritable réquisitoire que s’est livré le Haut Commissaire de l’ONU aux droits de l »homme, Zeid Ra’ad Al Hussein à l’encontre de l’UE et des conditions de détention des migrants en Libye. « La communauté internationale ne peut continuer à fermer les yeux sur les horreurs inimaginables endurées par les migrants en Libye et prétendre que la situation ne peut être réglée qu’en améliorant les conditions de détention. La politique de l’UE consistant à aider les gardes côtes libyens à intercepter et renvoyer les migrants est inhumaine ». Dans ce communiqué publié mardi 14 novembre le Haut commissaire souligne que « la souffrance des migrants est un outrage à la conscience de l’humanité ».

Se trouvent donc une fois encore confirmées les exactions menées contre les migrant-e-s depuis des années en Libye et dénoncées par de nombreux témoignages diplomatiques, d’observateurs et d’ONG. Cette réalité largement reconnue n’a pas empêché l’UE et plusieurs Etats en bordure de la Méditerranée, dont la France, d’adopter en juillet un accord avec des autorités libyennes.

 

Les observateurs de l’ONU présents en Libye du 1er au 6 novembre ont constaté une dégradation rapide de la situation. Des milliers – 20 000 recensés – de femmes, d’hommes et d’enfants émaciés et traumatisés par les violences subies, empilés les uns sur les autres, enfermés dans des hangars, subissant les violences des gardiens munis de bâtons électriques… Les femmes sont violées par les trafiquants mais aussi par les gardiens des centres officiels de détention.

 

Cet appel de l’ONU intervient au moment où le groupe de contact des 13 pays européens concernés, dont la France, et africains, dont la Libye, a décidé « d’améliorer les conditions de vie des migrants. » Cet engagement pris à plusieurs reprises n’a jamais été respecté.

 

L’Union européenne par sa politique migratoire d’externalisation confie ainsi à la Libye en plein chaos, après l’intervention militaire française, la responsabilité de bloquer à tout prix les migrant-e-s voulant fuir violence et pauvreté pour se retrouver en Libye dans un véritable enfer financé par l’UE et les Etats voisins.

 

C’est une  véritable honte pour tous ces pays et pour l’UE. Il faut mettre rapidement un terme à cette tragédie.

La solution est connue: c’est d’organiser l’ouverture de voies légales et sécurisées permettant aux migrant-e-s de rejoindre l’Europe pour faire valoir leurs droits à la protection et d’espérer se construire une vie meilleure .

 

Ces révélations parviennent au moment ou le gouvernement français annonce une série de nouvelles mesures répressives, sous forme de lois, pour réduire encore plus l’accueil de migrants en France, malgré le faible nombre déjà parvenus, et de multiplier les expulsions… Le gouvernement doit d’abord s’expliquer sur la situation en Libye étant données les responsabiltés qui sont les siennes dans ce drame, et dire quelles mesures il compte prendre pour y mettre un terme.

 

Pour sa part, le Parti communiste français poursuivra son combat, avec ses dirigeants, ses élus, ses militants pour faire respecter les droits des migrants et pour que la France et l’UE remplissent leurs devoirs d’accueil, de solidarité, d’hospitalité et de protection à leur égard

 

 

« En Libye, ils voulaient nous vendre comme esclaves »

Émilien Urbach et Laurent Mouloud
Vendredi, 17 Novembre, 2017
L’Humanité

Réfugié en France depuis huit mois, le jeune Moussa D., 17 ans, a couché sur le papier le récit de son exil depuis la Guinée. Coups, emprisonnement, viols… Ce témoignage met en lumière le sort inhumain réservé aux migrants lors de leur passage par Tripoli.

Cela ressemble à une simple rédaction, couchée avec application sur une copie d’écolier. Cependant, derrière l’écriture déliée et les quelques ratures, pas de récit de vacances enfantines. Mais celui, violent et bouleversant, du chemin d’exil de Moussa D. En quatre pages manuscrites, ce jeune mineur isolé de 17 ans, originaire de Guinée-Conakry et réfugié dans le sud de la France, décrit avec une précision glaçante les sévices subis lors de son périple. Et notamment ces quelques mois d’enfer vécus en Libye. Emprisonné, battu, violé… Des mots d’adolescent qui rejoignent ceux du haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein. Mardi, celui-ci a, en marge des révélations sur l’existence de trafics d’esclaves dans ce pays, appelé la communauté internationale à ne plus « fermer les yeux sur les horreurs inimaginables endurées par les migrants en Libye ». Cette rédaction pourra peut-être y contribuer.

Ce témoignage, Moussa D. ne l’a pas livré tout de suite. Arrivé en mars dernier en France, il se confie quelques mois plus tard auprès d’un professeur, dans le foyer où il est hébergé. « Il est venu me parler de ses problèmes d’érection, explique l’enseignant, qui préfère conserver l’anonymat. Il était inquiet de ne plus en avoir. Et puis, peu à peu, il a raconté son parcours, la Libye, les coups et le viol… » Le prof lui conseille de coucher sur le papier son récit. « Afin d’en faire un exutoire. » La copie, que le jeune fera finalement parvenir à notre journal, se révèle bouleversante et tristement éclairante sur le sort terrible des migrants qui passent par la Libye.

Moussa entame son récit par la vie qu’il mène chez son père, Mamadou, dans la région de Mamou, en République de Guinée. Un quotidien de violence et d’humiliation. « Les autres femmes de mon père et aussi mes autres grands frères me maltraitaient, écrit l’adolescent. Ma mère, elle était traitée comme un animal. » Lorsque son père lui demande de ne plus aller à l’école pour faire le marché, Moussa préfère tenter sa chance à Bamako, au Mali, dans la famille d’un de ses amis. Il n’y restera qu’un mois avant de gagner l’Algérie, où il travaillera dans la maçonnerie. Il se blesse avec une tronçonneuse, perd son boulot et consomme ses maigres économies. Avec son ami de Bamako, ils décident alors de prendre la route pour Tripoli.

« Entassés dans un pick-up sans eau ni nourriture »

« Aucun des enfants qui m’ont raconté leur histoire n’avait conscience de ce qu’ils allaient trouver en Libye, explique le professeur de Moussa. Ils partent en espérant faire quelque chose de leur vie. Au final, ils vivent l’enfer de l’esclavage et des violences sexuelles. » L’homme avoue n’avoir pas pu retenir ses larmes la première fois qu’il a été confronté aux récits de ces jeunes. « Tous me parlent de la traversée du désert. Du pick-up qui les a transportés entassés, sans eau ni nourriture. De leurs amis tombés du camion, abandonnés à leur sort. Puis de l’esclavage et de la prison, arrivés en Libye. »

C’est le sort que connaîtra Moussa. À Tripoli, après avoir travaillé deux mois comme soudeur, il se rend au petit matin sur la place où les patrons viennent faire leur marché de travailleurs migrants. « C’est à ce moment-là que des gens sont arrivés. Ils m’ont attrapé avec d’autres et mis en prison », raconte l’adolescent. Il restera enfermé, sans nourriture, avec 450 autres exilés, dans un hangar à 200 km de la capitale. « Ils voulaient nous vendre dans un marché aux esclaves ! » lâche-t-il. Au bout d’une semaine, des bus arrivent pour les conduire dans une autre prison, où Moussa restera enfermé cinq mois. Cinq mois de calvaire.

Sabratha, l’étape ultime avant la traversée de la Méditerranée

À l’oral comme à l’écrit, l’adolescent évoque les coups au quotidien, la malnutrition, le travail forcé et les sévices sexuels. « Un jour, ils sont venus à quatre en nous disant qu’ils nous emmenaient travailler. Nous étions trois. Moi et deux Sénégalais, dont un qui avait le même âge que moi. Ils nous ont emmenés dans le désert. Ils nous ont tapés sous les pieds. Ils ont pris leur fusil, ont tiré en l’air et par terre. Puis ils nous ont déshabillés. Après, eux aussi se sont déshabillés et ils se sont jetés sur nous. » Le jeune Sénégalais de 15 ans a été violé à quatre reprises. Moussa et l’autre victime, deux fois.

En Libye, l’adolescent apprend également le décès de sa mère. Il n’a plus rien à perdre. Un soir, des compagnons de cellule rentrent du travail forcé. Ils ont réussi à voler des marteaux. Ils cassent les murs de la prison. Moussa en profite pour s’enfuir, rejoint la ville de Zinta puis les plages de Sabratha, étape ultime avant la traversée de la Méditerranée. « Tous les jeunes exilés que j’ai croisés me parlent du “Campo”, explique le professeur de Moussa. Ce moment d’attente avant d’être embarqué, assis sur la plage, un morceau de pain pour cinq personnes. Les pick-up des miliciens libyens enivrés qui viennent faire du rodéo, qui tirent dans tous les sens. Et l’enterrement dans le sable de celui qui s’est pris une balle perdue. »

À la mi-février 2017, Moussa monte dans un bateau pneumatique avec 137 compagnons d’infortune. Arrivés dans les eaux internationales, ils sont secourus par l’Aquarius, le navire de SOS Méditerranée, seule ONG à maintenir une présence en mer à cette période de l’année. À son arrivée en Italie, le jeune homme est hospitalisé pendant un mois à cause des séquelles des viols. « J’ai mal aux hanches, mais aussi (…) je crois que je ne suis plus un garçon, écrit-il. Normalement, le matin, un garçon quand il se réveille, il est dur. Moi non ! Je n’arrive plus à être dur. J’ai peur et je n’ai rien dit à personne. »

À sa sortie de l’hôpital, il rejoint Vintimille, au nord du pays, et traverse la frontière à pied. Depuis le mois de mars, Moussa est en France, où il continue d’être soigné. Arrêté, il a été confié aux services de la protection de l’enfance. Depuis, il a décroché un contrat d’apprentissage dans une boulangerie. Et, de temps en temps, il parle à sa sœur restée au pays. « Je ne lui ai pas raconté pour les viols », dit-il, encore traumatisé par son séjour en enfer.

Cinq morts lors d’un sauvetage au large de la Libye

Cinq personnes sont mortes, dont un bébé, et 50 autres ont été portées disparues, lundi 6 novembre, lors d’une opération de sauvetage qui a mal tourné au large de la Libye. Dans la matinée, le navire de l’ONG Sea-Watch se lance à la rescousse de 120 migrants entassés à bord d’un canot. Les gardes-côtes libyens arrivent sur la zone. Ils embarquent eux aussi des naufragés « en les battant et les menaçant », selon l’ONG, pour les ramener vers l’enfer d’où ils viennent. Plusieurs personnes sautent à la mer. Le navire libyen quitte la zone avec une quarantaine de personnes. Une soixantaine ont été secourues par Sea-Watch. En juillet dernier, l’Union européenne a adopté un programme de 46 millions d’euros pour « renforcer les capacités des autorités libyennes », en formant notamment de nouveaux gardes-côtes

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chacun selon ses besoins à chacun selon ses moyens

Posté par jacques LAUPIES le 18 novembre 2017

 

Vous remettez en cause les principes fondateurs de notre protection sociale

Financement de la sécurité sociale pour 2018 -

Par / 13 novembre 2017

Madame la présidente, madame la ministre, mes chers collègues, je commencerai mon intervention en rendant à mon tour un bref hommage à Jack Ralite, homme de culture, dirigeant communiste décédé hier. Alors que nous examinons ce budget de la sécurité sociale, comment ne pas avoir une pensée pour ce grand humaniste qui fut sénateur, député, maire d’Aubervilliers et ministre de la santé, et qui plaçait l’être humain au cœur des politiques à mener ? J’espère qu’il inspirera nos travaux.

Je note que la motion tendant à opposer la question préalable défendue par mon collègue Dominique Watrin a été repoussée par souci du débat. Nous serons donc très exigeants quant aux réponses qui nous seront apportées.
Car ce projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 remet en cause les principes fondateurs de la sécurité sociale qui veulent que chacun cotise selon ses moyens et reçoive selon ses besoins.

Réduire les cotisations sociales, pour les supprimer in fine, au prétexte d’augmenter le salaire direct est un leurre, voire une escroquerie intellectuelle.
Non seulement c’est une façon d’exonérer le patronat de toute augmentation de salaire, mais c’est couper les vivres à notre système de protection sociale, qui permet à chacune et à chacun de faire face, à égalité, à la maladie, aux accidents du travail, aux besoins de base de la famille et à la vieillesse. C’est faire voler en éclats le principe de solidarité entre générations, entre bien portants et malades, entre actifs et inactifs.

La politique qui est suivie avec ce projet de loi de financement de la sécurité sociale vise à livrer encore un peu plus le droit à la santé à la spéculation et à la marchandisation, dans les perspectives tracées par la loi HPST, par l’accord national interprofessionnel ou encore par la loi Touraine. Ainsi, les plus riches disposeront d’une assurance privée protectrice et la majorité des Français d’une assurance minimaliste.

Comment ne pas dénoncer les budgets des PLFSS successifs qui contraignent les dépenses de santé, à la fois au détriment de l’offre et de la qualité des soins, mais aussi des conditions de travail des personnels ?

Vous nous dites, madame la ministre, que 30 % des dépenses de santé ne seraient pas pertinentes. Ainsi, les Françaises et les Français dépenseraient trop pour se soigner ! Faut-il rappeler qu’en France les dépenses de santé s’élèvent à 11 % des richesses nationales, contre 12,5 % pour la moyenne des pays de l’OCDE ? L’allongement de la durée de vie nécessiterait à lui seul plus d’argent public.

Parmi vos propositions de financement, il y a l’augmentation de la CSG. Quoi de plus injuste quand on sait qu’elle repose à 70 % sur les revenus du travail et à 18 % sur les retraites ? Quoi de plus injuste quand on sait que 2,5 millions de retraités modestes ne bénéficieront pas des compensations financières du Gouvernement ? Quoi de plus injuste quand on sait que cette cotisation entre pour partie dans le revenu imposable ?

Ainsi, vous supprimez l’impôt sur la fortune pour les cent foyers les plus riches tandis que vous demandez toujours plus aux autres. Nous ne voterons bien évidemment pas cette hausse de la CSG !

Nous ne sommes pas face à des choix de bons gestionnaires visant à réduire des dépenses inutiles, mais nous sommes face à des choix de réduction drastique du périmètre de la protection sociale et du service public de santé : nous sommes face à des choix de société !

Toujours au nom des 30 % des dépenses de l’assurance maladie non pertinentes, vous justifiez un ONDAM à 2,3 % alors que, selon la Confédération des syndicats médicaux français, la croissance naturelle des dépenses est de 4,5 %. Sur les 4,2 milliards de restrictions budgétaires pour la branche maladie, l’hôpital public devra supporter 1,2 milliard de coupes sombres. Comment résister à cette nouvelle ponction après les cures d’austérité successives qu’il a subies avec Mmes Bachelot et Touraine ?

Comment pouvez-vous affirmer vouloir recentrer l’hôpital sur l’excellence et la haute technicité quand vos choix budgétaires vont entraîner de nouvelles fermetures de lits, la disparition de services et d’hôpitaux, alors que les urgences sont ultra-saturées, que les déserts médicaux gagnent du terrain et que les personnels sont à bout ? Comment prétendez-vous parfaire l’ambulatoire dans un tel contexte avec des manques de généralistes, de spécialistes, de personnels paramédicaux, avec des centres de santé en nombre insuffisant ?

Permettez-moi, à cet instant, de rendre hommage au personnel hospitalier mobilisé il y a deux ans à l’occasion des attentats. Ce sont les mêmes agents dévoués au quotidien pour l’intérêt général qui permettent à l’hôpital de tenir debout alors que leurs moyens sont réduits chaque année.

Comme j’ai eu l’occasion de le souligner en réunion de la commission des affaires sociales, j’attire l’attention de mes collègues. Certains d’entre eux votent des budgets imposant des économies drastiques à notre système de santé alors que, sur le terrain, ils se lamentent des fermetures de services, d’hôpitaux de proximité et de la dégradation des soins. Les choses sont intimement liées, mes chers collègues !

Il n’y a pas besoin d’avoir travaillé vingt-cinq ans à l’hôpital, madame la ministre, pour se rendre compte de la dégradation des conditions de travail du personnel hospitalier et de la détérioration de la qualité des soins. La semaine dernière, un neurochirurgien a mis fin à ses jours au CHU de Grenoble : le syndrome France Télécom atteint, hélas ! l’hôpital.

Il faut d’autres choix que ce sous-financement chronique des hôpitaux, cette gestion purement comptable et ce management qui met les soignants en souffrance.

Les personnels se mobilisent d’ailleurs un peu partout pour contrer cette logique qui nuit gravement à la santé. Je pense aux personnels de l’AP-HP en Île-de-France, à ceux du centre hospitalier de Millau dans l’Aveyron, de l’hôpital de Boulogne-sur-Mer dans le Pas-de-Calais ou encore de la maternité du centre hospitalier régional d’Orléans dans le Loiret.

Alors que, selon le dernier baromètre Secours populaire français-IPSOS, quatre Français sur dix renoncent à se soigner du fait de l’augmentation incessante du reste à charge, le forfait hospitalier va augmenter !

Dans ce PLFSS, le Gouvernement Macron-Philippe ne témoigne aucunement de la volonté de rechercher de nouvelles recettes sans pénaliser la grande masse des assurés sociaux.

Que dire de la transformation du CICE, le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, en exonération pérenne des cotisations sociales pour les salaires en dessous du SMIC ? Contrairement aux éléments de langage du Gouvernement, le CICE n’est pas supprimé. Au contraire, il est sanctuarisé jusqu’en 2019 avant la disparition définitive des cotisations à la branche famille, soit 25 milliards d’euros en moins pour les comptes de la sécurité sociale. Comment admettre qu’aucun bilan ne soit tiré de ce CICE ?

Ce sont 45 milliards de deniers publics, de 2013 à 2015, qui ont servi à la création de seulement 100 000 emplois : beaucoup d’argent pour un bien piètre résultat ! En outre, je rappelle à ceux qui justifient ces exonérations de cotisations par l’excédent de 300 millions d’euros de la branche famille que, sans la remise en cause de l’universalité des prestations familiales pour 500 000 familles, cet excédent n’existerait pas.

Aujourd’hui, tel un illusionniste, le Gouvernement communique sur l’augmentation de 30 % du montant du complément de garde pour les familles monoparentales. Mais derrière ce rideau de fumée, l’allocation de base pour la garde d’enfants, la PAJE, est réduite pour tout le monde.

D’après la Caisse nationale des allocations familiales, la CNAF, 44 000 familles obtiendront un gain mensuel moyen de 70 euros par enfant gardé, tandis que la baisse du montant de la PAJE entraînera une perte de 500 euros sur la durée de versement de la prestation pour les familles les plus modestes et de 250 euros pour les familles de catégorie intermédiaire ayant de jeunes enfants.
À cette diminution du montant, s’ajoute la baisse du plafond de la prestation, ce qui exclura demain près de 10 % des familles qui pourraient percevoir aujourd’hui la prestation.

En réalité, le Gouvernement veut transformer la branche famille universelle en un système d’aide ciblée vers les ménages les plus précaires. C’est l’amplification de la rupture de l’universalité des allocations familiales déjà assumée durant le précédent quinquennat.

Ce double discours se retrouve à propos de la revalorisation de 100 euros du montant de l’allocation de solidarité aux personnes âgées, alors que le recul de la date de revalorisation au 1er janvier 2019 rapportera 380 millions d’euros en 2018 au budget de l’État.

L’adaptation de la société au vieillissement est un véritable enjeu pour notre modèle de protection sociale, comme l’a souligné Dominique Watrin. Plutôt que de considérer les retraités uniquement comme des personnes exploitables à volonté ou d’envisager de moduler le montant des pensions avec votre projet de réforme des retraites, il serait temps d’investir massivement pour améliorer les conditions de travail du personnel d’aide à domicile, des aidants familiaux et du personnel travaillant dans les établissements qui subissent la réforme de la tarification. En aucun cas, ce projet de loi de financement de la sécurité sociale ne règle ces problèmes.

Ajoutons à cela la suppression du RSI, du tiers payant généralisé et le passage de trois à onze vaccins obligatoires. Si nous soutenons les vaccins, en général, en tant que formidables protections pour les populations, nous demandons des garanties pour une sécurité vaccinale, notamment en ce qui concerne les adjuvants. L’absence de transparence a créé de la défiance et ce n’est pas en imposant les vaccins que la confiance va revenir.

Il est troublant de constater que vous suivez les directives de grands laboratoires pharmaceutiques qui déclaraient ne pas pouvoir sortir trois vaccins – le DT-Polio –, mais qui aujourd’hui en sortent onze ! Il faut dire que le rapport financier est nettement plus avantageux pour eux : trois vaccins étaient facturés un peu plus de 20 euros en 2008 tandis qu’ils pourront aujourd’hui empocher 350 euros pour onze vaccins !

Si la mesure devient obligatoire, a minima elle doit être totalement gratuite et prise en charge par la sécurité sociale. Il faut aller au bout de cette logique, madame la ministre, c’est le sens d’un amendement que nous défendrons et qui visera à mettre les laboratoires à contribution !

Plus de moyens pour l’hôpital public et la médecine de ville, c’est possible : il suffit d’en avoir la volonté politique. Pourquoi n’avoir rien prévu contre la fraude patronale, qui coûte la bagatelle de 20 milliards d’euros par an aux comptes de la sécurité sociale selon la Cour des comptes ?

Vous êtes, à juste titre, attentive à l’argent public, madame la ministre. Pourquoi ne pas faire respecter la loi par les entreprises qui ne l’appliquent pas concernant l’égalité salariale ? La Fondation Concorde a estimé le manque à gagner pour l’économie française à 62 milliards d’euros et à 25 milliards d’euros de cotisations pour la sécurité sociale.

Pourquoi ne pas décider la suppression de la taxe sur les salaires à l’hôpital, qui rapporterait 4 milliards d’euros, alors que votre gouvernement n’hésite pas à dilapider 3,4 milliards d’euros de deniers publics en supprimant l’ISF ?
De l’argent, il y en a : supprimer les exonérations de cotisations patronales pour les entreprises qui ne créent aucun emploi en contrepartie, ce sont 45 milliards d’euros par an, soit 10 % de la totalité du budget de la sécurité sociale !

Être en prise avec les évolutions de son temps, c’est défendre un système de protection sociale juste, solidaire et pérenne qui prend ses racines dans les conquêtes du Conseil national de la Résistance, sous l’impulsion d’Ambroise Croizat. C’est défendre les principes fondateurs de la sécurité sociale tout en étant favorables à son évolution. C’est l’ambition que je porte avec mon groupe, le groupe communiste républicain citoyen et écologiste. Nous voulons une évolution qui aille vers une plus grande prise en charge des soins, qui laisse moins de place aux complémentaires santé, et non l’inverse comme vous le proposez.

Au XXIe siècle, dans un pays riche comme la France, il est possible que la sécurité sociale rembourse les soins à 100 %, y compris les soins optiques, dentaires et les prothèses auditives. Il est possible de mener une politique ambitieuse de prévention qui passe notamment par l’arrêt du démantèlement de la médecine scolaire et de la médecine du travail, par le refus de voir disparaître les comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail, les CHSCT dans la réforme du code du travail. Il est possible de développer l’innovation, d’améliorer la sécurité sanitaire par la création d’un pôle public du médicament et de la recherche.

Nous sommes des progressistes modernes et pragmatiques puisque nous proposons des mesures de financement crédibles en mettant à contribution les revenus financiers, en tenant compte de la politique salariale, environnementale des entreprises, mais également en supprimant les exonérations de cotisations patronales en tout genre.

Les difficultés de la sécurité sociale sont organisées volontairement sous la pression de ceux qui possèdent les richesses et qui se font sans cesse exonérer de leur contribution au bien commun.

Notre groupe ne peut entériner un tel projet de démantèlement de notre système de protection sociale, contraire à l’intérêt du plus grand nombre. C’est pourquoi nous voterons contre ce projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2018, à moins que nos amendements soient pris en compte. On peut toujours rêver…

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Manif contre la loi travail et contre la suppression du contrat qui va de fait en résulter

Posté par jacques LAUPIES le 17 novembre 2017

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 CONFERENCE DEBAT SUR MARX EN ARLES

Ce jeudi en Arles « Les Amis de l’Humanité ont 0rganisé la tenue d’une conférence sur Marx.

Excellente présentation de la partie philosophique de l’œuvre considérable de Marx.

Présenté comme adepte du rationalisme (prépondérance de la raison) comme matérialiste (antériorité de la matière sur l’esprit)  critique des philosophes s’en réclamant,  pour enfin emprunter à Hegel, celui qui fut l’initiateur : la dialectique, le conférencier nous a développé ces trois aspects de la pensée du Marx qu’il place avec Freud et Einstein comme les trois grands penseurs.

Ce à quoi on ne peut que souscrire et l’argumentation nous a été donnée avec un langage simple.

Le débat qui a suivi fut tout aussi intéressant mais aussi révélateur de la nécessité de faire effort pour placer Marx au cœur des luttes actuelles. Cela nécessiterait d’autres développement que je n’ai pas le loisir de faire ici et je me contenterai, pour rester dans le domaine de la philosophie de cette citation

 https://www.universalis.fr/encyclopedie/marxisme-la-theorie-marxiste/

 Si elle implique nécessairement des problèmes philosophiques, la théorie de Marx n’est donc pas un système philosophique. Il en résulte, d’abord, qu’elle n’est pas achevée et, d’autre part, que son exposé n’a pas de commencement absolu, ni dans son ensemble, ni dans telle de ses parties (par exemple, dans sa partie « économique », qu’expose Le Capital). D’où la fameuse réplique de Marx (à propos des guesdistes français) : « Ce qui est sûr, c’est que moi je ne suis pas marxiste… »

Mais évidemment le temps nous manque pour relater ce que nous avons retenu de cette conférence, nous y reviendrons…

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Sortir du marais d’une gauche qui se cherche (Réflexion pour le 38 ème Congrès)

Posté par jacques LAUPIES le 15 novembre 2017

Sur la gauche et ses échecs

Se poser la question : « de quelle gauche avons-nous besoin ? » est sans doute pertinent mais la réponse est fort simple. Nous avons besoin d’une gauche capable de répondre aux aspirations de  millions de français qui globalement ont perdu confiance en elle car, tout au plus, deux français sur dix ont exprimé un désir allant dans ce sens, avec un niveau d’exigence que je qualifierai de minimum et pour le moins manquant de cohérence et d’ambition.

Certes le résultat à l’élection présidentielle de JL Mélenchon qui s’est inscrit parfaitement dans un système qu’il veut, à juste titre, remettre en cause, peut être considéré comme un pas en avant par tous ceux qui espèrent en un retour de la gauche vers des valeurs qui lui appartiennent.

Mais s’il faut le prendre en compte, ce pas est bien insuffisant et selon moi a bien des allures de faux pas ! La gauche ne peut s’enfermer dans ce succès relatif qui suscite bien des interrogations quant à l’usage que risquent d’en faire ses principaux initiateurs. Ne serait-ce que parce qu’il porte en lui un échec considérable : l’incapacité, le moment venu de s’inscrire dans un rassemblement qui pouvait conduire à une victoire laquelle aurait eu pour conséquence la naissance d’un courant déterminant capable d’inverser les politiques libérales et social libérales.

Il ne semble pas que tous ceux qui ont gravité autour d’un espoir de cette nature, dans les conditions imposées de fait par l’équipe de direction de la France Insoumise, acceptées par une « majorité » de communistes et quantité d’autres venus de divers horizons politiques – qui se complaisent dans un opportunisme de gauche – aient bien mesuré leur responsabilité. Non pas dans l’échec mais dans l’élaboration des fondements stratégiques de ce dernier.

Que la gauche dans son ensemble, hors le PCF, porte une lourde responsabilité dans ces  échecs ne fait aucun doute, mais il me parait important de ne pas omettre que ce qui est dans la « nature » des autres (social démocratie, écologie, et autres produits politiques de notre société) ne doit en aucun cas effacer nos propres insuffisances. Qu’on les ait plus ou moins acceptées au fil des débats internes, qu’on les ait parfois dénoncées !

Les autres partis, les autres leaders de ces partis représentent essentiellement des catégories sociales bien précises qu’il est aisé de retrouver et qui expliquent la navigation à vue de ces leaders. Pour  la plupart ils manquent  à la fois de la solidité politique de la base sociale qui produit les militants formés à l’aune de l’expérience du combat de classe, et de la théorie qui leur permet de s’identifier dans ce combat et au final de l’organisation qui prend appui sur ces deux éléments !

Certes comme la conscience  politique des individus a horreur du vide il leur faut remplir cette conscience de toutes sortes d’apports idéologiques, stratégiques, susceptibles de leur donner espérance dans l’amélioration de leur condition de vie. Le plus simple pour cela étant de jouer avec les apparences. Sinon comment expliquerait-on que le Front National progresse parmi les ouvriers et les catégories populaires. La mise en concurrence de la main d’œuvre immigrée avec la main d’œuvre dite française est bien la meilleure preuve de l’utilisation  absurde de l’une de ces apparences que bien entendu l’on conforte en spéculant sur les différences religieuses et culturelles.

S’agissant d’autres catégories il est plus aisé de prendre en compte leur positionnement  »intellectuel » – dont ils se sentent « flattés » – que leur  statut économique et social. Ils souffrent très souvent  d’une insuffisance de reconnaissance et supportent mal la « radicalité politique ouvrière fondée sur l’exploitation du travail » et lui substituent la « radicalité intellectuelle petite bourgeoise » fondée sur le savoir utilisé à des fins que je qualifierai de secondaires, sans évidemment en nier la portée (combats sociétaux, combats de l’écologie, combats humanitaires)

A gauche et à droite on exploite largement ce dernier créneau d’approche de la politique, ce qui conduit finalement à éloigner du véritable mal qui ronge l’équilibre de la société : l’exploitation du travail. Un mal qui devrait permettre à lui seul de rassembler et à trouver un remède commun !

Comme il se doit dans un parti qui se réclame de Marx, de Jaurès, de son action depuis sa création en 1920, et ne manque pas de faire référence parfois à de grands révolutionnaires à l’échelle planétaire, tout autant qu’à de grands dirigeants nationaux nous devons, avant de conclure sur des programmes et des stratégies,  faire l’analyse de notre société, de sa transformation économique, sociologique et des conséquences que cela a pu avoir sur la situation politique d’aujourd’hui.

Une remise à plat est donc nécessaire et gageons qu’elle ne manquera pas de mettre en évidence des bouleversements importants dans la composition des deux classes fondamentales mais en aucun cas n’aboutira à leur disparition pas plus qu’à celle de la contradiction qu’elle génère à différents niveaux : mondial et national (avec les spécificités régionales propres à chaque continent)

Sur les classes et catégories sociales qui composent notre société et leur comportement

Est-il nécessaire de revenir sur les transformations sociologiques qui marquent chacune de nos époques ? Nombre de militants et plus particulièrement les jeunes le font ils en ce début de XXIème siècle ?

Le Parti Communiste contribue-t-il à les former à cette  réalité ? Seuls ceux qui exercent des responsabilités dans nos directions ou appartiennent à ces catégories d’intellectuels entendus ou non par ces Directions – qui s’expriment parfois dans le journal l’Humanité – peuvent prendre en compte l’impact que ces transformations ont sur leur engagement politique ? La capacité de mener une action d’éducation populaire plus large dans ce sens étant devenue quasiment nulle, les grandes masses demeurent effroyablement manipulées par des idéologies au service des classes dominantes.

En tout cas dès lors que nous nous adressons aux jeunes en particulier, bien que curieux de politique, ils se défilent souvent et ne font pas le lien entre leur vision de la politique et leur condition sociale. Ni pour eux ni pour les autres catégories et générations. Pourtant cette relation est fondamentale. Ne pas en avoir conscience conduit tout droit à la confusion, à l’idée que les responsables politiques n’ont qu’une préoccupation : satisfaire un intérêt personnel et qu’en définitive ils sont tous les mêmes puisque leur engagement ne dépendrait que de leurs qualités morales Evidemment cette approche ne concerne pas que les jeunes.

L’implication politique et citoyenne a considérablement à voir avec notre appartenance de classe (ou de catégorie de classe) et la conscience que l’on en a. Banalité ? Sans doute : c’est le b.a.-ba !  Je me souviens d’un temps où l’on discutait ferme sur l’importance qu’il y avait à cibler telle ou telle catégorie de la classe ouvrière, plutôt que telle autre pour plus d’efficacité dans la diffusion de nos idées, tant du point de vue électoral que dans les luttes revendicatives.

Une démarche contraire au populisme qui exploite un ressenti alors qu’il convient modifier ce ressenti en lien avec l’intérêt de classe.

Je ne prétendrai pas que cette démarche ne se fait pas, bien qu’aussi juste soit-elle, il faut avoir les moyens de l’appliquer pour en vérifier la justesse. Pour atteindre des objectifs idéologiques et d’actions concrètes, par la lutte ou le vote, il faut que l’on puisse se faire entendre. Donc des moyens dont l’essentiel (le nombre de militant, un accès et une utilisation judicieuse des médias) nous fait défaut ou n’est pas au niveau de nos besoins.

C’est un sujet sur lequel il nous faudra revenir et qui détermine et explique nos échecs.

1.1 – Comportement des classes sociales et catégories sociales tel que nous pouvons le ressentir

Comme il se doit la première interrogation porte sur la perte d’influence que les communistes subissent dans la classe ouvrière. Sans entrer dans une vision théorique mais plutôt en partant de nos expériences quotidiennes nous pouvons faire quelques constats qui expliquent ce recul. Il y a à cela deux raisons essentielles par delà le discrédit organisé par la classe dominante en exploitant la chute du régime soviétique trop longtemps insuffisamment critiqué et, à l’inverse, nos compromis avec la social démocratie (1981 et 1997) insuffisamment « productifs » sur le plan social et marqués par des abandons sur le plan économique.

Ces deux raisons résultent de nos choix stratégiques de développement et d’organisation  et relèvent de notre propre responsabilité :

-       Une insuffisance d’intérêt porté et à la reconnaissance du rôle de la classe ouvrière, dont nombre d’anciens militants se plaignent, en évoquant les abandons concernant l’organisation du parti à l’entreprise.

-       L’absence d’une approche globale et plus fine de la condition salariale en général

 

L’insuffisance de prise en compte du rôle de la classe ouvrière, et de son organisation politique, est provoquée par divers éléments que nous ne contrôlons pas : l’adaptation de l’entreprise à des formes nouvelles d’organisation du travail, dictées par des nouvelles techniques de production (robotisation, numérique, etc.) l’éloignement des centres de décision provoqué par la modification de l’apport des capitaux donc de l’actionnariat, diversifié et mondialisé, qui expliquent les difficultés rencontrées dans les luttes revendicatives. Cela conduisant le parti qui prétend les défendre à en subir les conséquences dans l’action politique nécessaire pour en expliquer les causes.

De cela résultent des conséquences politiques non négligeables dont le glissement vers les  orientations des partis ouvertement ou non libéraux (Social démocratie, social libéralisme, libéralisme sous ses formes classiques, modérées ou extrêmes, et même dans une partie de la  gauche radicale) qui n’ont de justification que dans l’acceptation de réduire le cout du travail ou, pour le moins de refuser la mise au pas des banques (BCE comprise) et des grands groupes multinationaux qui faciliterait les investissements productifs et une politique économique axée sur la demande par l’amélioration des pouvoirs d’achat.

Par exemple :

-       La social démocratie n’est pas insensible à la situation des PME dont elle prétend défendre les intérêts bien souvent en abandonnant ses attaches électorales classiques (cadres, fonctionnaires, etc.) car elle dispose de réseaux qui lui permettent le glissement droitier de ses sphères d’influence.

 

-       Les réformistes de droite qui occupent un terrain semblable mais, traditionnellement attachés à une démocratie chrétienne, semblent mieux résister sauf que le poids et l’instrumentalisation d’une grande bourgeoisie industrielle, commerciale et financière suscite la méfiance de cette petite bourgeoisie et surtout de la base appartenant au mode salarial (la candidature Fillon à bien illustré ce phénomène)

 

-       Reste la Front National qui, partant de ses attaches avec une grande bourgeoisie sensible au discours d’extrême droite, étend son audience vers les couches non salariées (d’origine poujadiste) et le petit patronat. Usant de l’échec des deux courants précédemment évoqués et des réseaux les plus intégristes sur le plan religieux (catholiques notamment) du malaise provoqué par l’immigration qu’elle stigmatise, pénètre toutes les catégories sociales en souffrance (classe ouvrière, salariés précaires et chômeurs ou en passe de le devenir)

D’autres facteurs plus maitrisables ne semblent pas être pris en compte ou, par défaut de moyens et de volonté politique, abandonnés : l’action et la relation parti/syndicat ou, pour le moins, un rôle actif des communistes au sein l’organisation syndicale en respectant la démocratie inhérente à cette dernière  et en s’efforçant de la faire vivre, qu’il s’agisse des niveaux verticaux (corporatifs) ou horizontaux (territoriaux)  

La question soulevée par Jean Luc Mélenchon  sur le comportement des syndicats n’est pas sans intérêt mais les deux réponses contradictoires qu’elle suscite sont aussi inefficaces  l’une que l’autre : les uns prônant une démarche commune en travaillant ensemble, les autres le ralliement au leadership d’un homme ou d’un parti.

La première prônée par la Direction du PCF n’a pu aboutir ce qui pose la question de savoir s’il faut persévérer à réclamer un rassemblement autre que celui qui émanerait d’une volonté populaire suscitée par son offre politique bien claire de ce parti popularisée en préalable à des accords unitaires.

 

1.2 – Pour une approche convenable du salariat en général nous devons nous pencher sur les transformations qu’a subi la classe ouvrière et, sans privilégier telle ou telle catégorie, bien discerner les différences qui les affectent tant sur l’origine et le niveau de leurs ressources que sur leurs conditions de travail ou encore sur les différences culturelles qui nécessairement interviennent dans leur conscience de classe.

Les salariés des grandes entreprises ne peuvent réagir de la même manière à l’exploitation de leur force de travail que ceux des moyennes et petites, de même que ceux exposés à la précarité et ceux qui bénéficient d’un statut plus protecteur (grandes entreprises et secteur public ou nationalisé), de même que ceux qui doivent affronter des travaux pénibles ou domine la main d’œuvre immigrée, de même ceux qui relèvent du secteur industriel et ceux du secteur dit « tertiaire » commercial,  bancaire, assurances,  etc.

Et les distinctions vont au delà des actifs et concernent les retraités dont bon nombre, sans pour autant être des privilégiés, comme le laissent supposer les propagandistes du pouvoir vivent plus aisément en disposant de retraites dont le montant est supérieur à la moyenne des salaires, en particulier de ceux des jeunes accédant à l’emploi sans omettre la multitude de condamnés au chômage et à la précarité. La pénétration de la « rente » dans certaines catégories aggrave, lorsque la culture politique n’y met un frein, le déplacement vers les populismes de droite.

Il est aisé de dire que nous enfonçons une porte ouverte en rappelant succinctement  qu’un parti qui se dit révolutionnaire se doit d’avoir une action privilégiée en direction de toutes ces catégories ouvrières (à distinguer dans le monde des salariés) Encore faut-il que ce parti se donne une organisation adéquate avec des responsabilités  bien assumées et contrôlées (voir nos propositions plus loin)

S’il est relativement juste de considérer que notre société compte 99 % de victimes de la domination d’un 1% qui les exploite, on ne peut faire l’économie, dans un parti qui veut transformer fondamentalement la société, d’analyser la diversité et les différences des classes et catégories qui composent ces 99 %. Ne serait-ce que pour dégager des priorités dans l’action pour convaincre de notre politique.

N’est-il pas paradoxal de voir une partie de la classe ouvrière se laisser berner par le FN ? Ce parti est très peu présent dans l’action syndicale et politique de l’entreprise mais son discours démagogique y fait des ravages et ce n’est pas la stigmatisation prononcée par ces organisations syndicales qui réussira à stopper son succès relatif pas plus que les cris apeurés des esprits bobos en mal de résistance tardive.

Il manque tout simplement l’organisation politique de classe dont nous sommes l’essence ! L’extrême droite n’a pas besoin d’être présente, elle a d’autres atout pour convaincre : son discours démagogique et simpliste non dénué d’un certain mimétisme à l’égard du PCF lui-même !

Le même phénomène se produit s’agissant des catégories les plus défavorisées, dans les quartiers ou elle domine sur le plan démographique. Se pose donc la question de l’action à mener dans ces quartiers, qu’ils soient en périphérie ou au centre des villes.

1.3 – Tous les électorats nous intéressent…

Pour être plus efficace et donc réaliste il faut inverser la méthode qui consiste à prendre en compte seulement les intérêts de classe pour fonder notre politique et apporter à chacune de ces classes ou catégories de classe une offre politique   mais partir plutôt des comportements actuels des français vis-à-vis des offres politiques qui les sensibilisent pour les ramener  à la prise de conscience précisément de leurs intérêts de classe. Et donc de notre offre !

Un exemple criant : établir une comparaison  entre un vote FN et un vote communiste et mettre au premier plan ce qui peut rassembler sur des objectifs communs pour un projet progressiste. Car qui peut stupidement croire que ce qui les sépare est uniquement de nature idéologique quand l’un et l’autre réclament plus de justice sociale, nient une Europe fondée sur les intérêts des multinationales et des Etats Unis. Il s’agit bien entendu d’une prise en compte du comportement des électeurs du Front National même lorsqu’ils sont imprégnés de la propagande anti immigration dont il faut démontrer l’inanité tout autant qu’il faut mettre en garde sur la démagogie des propositions FN en matière sociale et dans bien d’autres domaines.

La menace de l’extrême droite qui conduit .les partis réformistes de tout poil à hurler au risque fasciste un jour tout en créant de manière permanente, par leur politique asociale, les conditions du renforcement idéologique et politique du FN, rend ceux-ci  bien plus coupables de ce risque.

Est à faire également la comparaison entre un vote communiste et un votre réformiste de gauche. Car qui peut, aussi stupidement, croire que ce qui les sépare est uniquement lié à des aspects idéologiques quand les aspirations à de meilleures conditions de vie et de travail sont très proches.

Dans une moindre mesure la comparaison entre un vote communiste et un vote réformiste de droite nous ramène toujours à la motivation de l’électeur qui peut placer bien au-delà de ses aspirations sociales ses considérations idéologiques.

Ces trois exemples montrent bien qu’il y a, dans la situation présente un comportement électoral rejetant le vote communiste pour des raisons essentiellement d’ordre idéologique, alors que la motivation économique et sociale aurait toutes les raisons de s’imposer, malgré les difficultés rencontrées dans le travail de propagande (ou de communication)

L’obstacle n’est pas seulement, et je dirai essentiellement, dans notre conception de la réponse aux besoins, facteur d’union qui rassemble mais bien dans l’incompréhension de notre idéal et de ce que nous sommes. Les 99 % sont à gagner mais avant tout en rappelant cet idéal sans perdre trop de temps à changer l’emballage de nos propositions reformulée d’une élection à l’autre.

Nos programmes, nos professions de foi ne passeront pas si par un travail intense de fourmi nous n’allons pas vers les gens pour leur dire : voilà ce que nous proposons pour aujourd’hui, demain et après demain en l’étayant de nos raisons, de nos concepts généraux qui marquent notre différence avec nos adversaires mais également avec nos partenaires.

Sur la priorité du renforcement du parti communiste

Le débat est bien ouvert parmi les communistes et au delà tous ceux qui cherchent à en finir avec des pouvoirs contrôlés par la bourgeoisie et son arsenal de moyens sur le plan économique, politique et médiatique, sans compter l’instrumentalisation des idéologies et religions en particulier.

Avant de réinventer la gauche il faut réinventer le Parti Communiste car il est bien périlleux de croire que l’union peut se réaliser autour d’un regroupement hétérogène au sein duquel perdurent des contradictions mortifères et des  intérêts de chapelle

Qu’il faille prendre appui sur le peuple en entier et donc lui faire une offre politique pour le rassembler ne peut être contesté en l’état. Estimer que la classe ouvrière de ce fait ne peut-être considérée isolément comme étant le fer de lance de la transformation de la société parce qu’elle n’a rien à perdre, n’a rien de bien nouveau. A moins de considérer que seul un noyau dur, celui des producteurs  de plus value au sens où on l’entend du point de vue marxiste, est le seul apte à porter l’étendard de la « révolution ». D’ailleurs relativiser ce point de vue n’exclut nullement une organisation politique d’essence essentiellement ouvrière prenant appui sur les éléments les plus conscients  de la société comme notamment les intellectuels. 

Cette vision est théoriquement juste concernant le rôle des ouvriers. Elle prend cependant, aux yeux d’une population prolétarisée à 90 %, n’ayant que sa force de travail à vendre, un tournant plutôt dogmatique. La petite bourgeoisie intellectuelle quant à elle ne s’y retrouve pas non plus, pas plus que ces prolétaires ayant accès à la rente (symbole erroné sans doute mais symbole pour elle du mérite  !

Que certains prétendent contourner  le dogme  de la classe ouvrière  au pouvoir en faisant appel au peuple leur fait la part belle et conforte la démarche populiste qui consiste  à flatter ledit peuple en répondant à ses aspirations essentielles : de meilleurs revenus (salaires et pensions), une durée du travail réduite, du travail pour tous, un logement, une éducation, une sécurité sociale régénérée et étendue  une fiscalité plus juste, la paix, etc.

Mais chacun sait que, donner satisfaction « aux revendications » ne peut suffire pour asseoir une société plus juste. Il faut répondre à d’importantes questions concernant  la place de la France dans le  monde, l’écologie et ses implication sur la production de l’énergie, la conception de défense nationale, la modification radicale des institutions et d’une constitution au service des dominants, etc. Même l’aspect « revendicatif » comporte des formes à définir et dont il faut  débattre !

Les classes dominantes exploiteuses (qu’il convient de mieux cerner et d’analyser) sont à isoler en leur ôtant les pouvoirs exorbitants dont elles disposent notamment en matière de finances.

Actuellement, et là encore ce n’est pas nouveau, trois tendances sont électoralement identifiables sur le plan « politico-idéologiques ». Elles apparaissent et émergent électoralement dans la population qui, peu ou prou, ne peut se passer d’une représentation en parti :

-  l’une prenant appui sur un réformisme de gauche représenté par les idées social démocrates et social libérale qui se retrouvent aujourd’hui sous d’autres formes que celle d’un PS hégémonique et ne remettent pas fondamentalement en cause la domination capitaliste. Le parti de Macron LRM en est à ce jour l’expression essentielle et le PS une expression secondaire.

- l’autre recourant au réformisme de droite, semblable au précédant mais ouvertement axé sur la démarche libérale  parfois « ultra libérales » (LR et L’UDI incarnent ce courant)

- enfin une tendance d’opposition prenant appui sur des démarches d’apparence plus radicales ou se retrouvent les catégories les plus défavorisés ou fragilisées qui se perdent dans des offres totalement opposées sur le plan idéologiques et qui ont recours à  un enfumage de gauche, à un enfumage écologique et à un enfumage pseudo patriotique et souverainiste. S’y ajoutent le monde des abstentionnistes. Cette tendance d’opposition rassemblant des opposants à une vision politique  et une pratique qui on prévalu depuis plusieurs décades, a bien entendu ses composantes révolutionnaires porteuse de l’idéal communiste : sans doute les plus importantes mais diluées et dont le PCF demeure une représentation potentiellement la plus conséquente sur le plan idéologique.

Sans doute est-il possible de traduire en terme de classe (ou de catégorie de classe) ces trois tendances. Sans doute peut-on leur attribuer des dominantes idéologiques voire religieuses ou philosophiques qui les « manipulent » ou tout simplement les influencent.

Mais il est clair qu’en direction de chacune d’elles un travail peut et doit-être fait pour en extraire les éléments les plus motivés sur le plan économique, social et culturel et constituer un courant révolutionnaire qui DOIT AVOIR sa propre représentation. 

 

Le Parti Communiste Français a les moyens de s’adapter à cette démarche de clarification de la représentation politique de la société et la concrétiser en se démarquant durablement des autres. Représentations.  

Il convient donc d’adapter au présent d’abord le parti révolutionnaire avant de se perdre dans des compromis illusoires et qui font reculer, sauf quand les conditions imposées par le suffrage universel ou par les mouvements sociaux nous y contraignent « juridiquement ».

Que faire face à un tel enjeu  

1 – Avec les forces dont nous disposons : élus (groupes parlementaires, élus des collectivités locales, organisations du parti) exprimer et agir en conséquence sur tous les sujets où se posent les questions économiques et sociales, nationales et internationales, en priorité et, avec beaucoup de discernement sur les questions sociétales qui doivent être appréciées  sans polémiquer ni surenchères comme le font les médias qui placent ainsi les questions sociales au second plan.

2 – Nous préoccuper avec les mêmes forces mais essentiellement avec notre organisation, du renforcement du parti,  de la formation des militants et de tous ceux qui manifestent un intérêt pour notre action et peuvent devenir des adhérents.

3 – Reconsidérer nos modes de fonctionnement pour être au plus près de la population au quotidien mais aussi lors des consultations électorales et dans les luttes sociales.

‘4 – Reconquérir les territoires en créant au plus près des organisations du parti (cellules locales et d’entreprises) ou en investissant des représentants (dans les villages, quartiers, villes et cantons)

5 – Mettre en place à tous les échelons (national, départemental, dans chaque circonscription électorale) un délégué au développement du parti, chargé d’aider à la réalisation des objectifs de renforcement et d’organisation de la vie du parti afin de « couvrir » l’ensemble du territoire.

6 – Ce qui signifie donner les moyens en fonction des possibilités matérielles et financières à ces Délégués qui bien entendu auront à rendre compte à leur instance d’attache : Fédérations ou regroupement de Fédérations, Sections, ou regroupement de Sections.  L’objectif étant de décentraliser le travail de recrutement, et de formation le cas échéant, de propagande (communication) en donnant une « autorité » à ces Délégués qui doivent être mandatés par les instances statutaires.

Cela doit conduire à apporter des solutions à l’abandon progressif de territoires frappés par la pénurie de militants et à leur éloignement des grandes concentrations urbaines qui conduisent les organisations politiques à recentrer sur les instances fédérales ou sur les sections les plus conséquentes l’activité du parti. Un recentrage qui bloque les initiatives, réduit l’écoute de la base.

7 – Etablir une complémentarité entre élus et militants responsables dans le parti. La présence et le rôle des élus en matière de développement du parti ne peuvent se substituer à l’activité propre de celui-ci. Ils ont d’autres tâches, d’autres objectifs, en un mot une mission, certes indispensable mais qui ne peut être en totale adéquation avec la conduite de l’action politique du parti et son développement et ses choix stratégiques. Ne serait ce que parce que l’on ne peut pas tout faire en même temps et que le contact de l’élu avec la population est de nature différente que celle du simple militant !

Bien que l’exemple de la  Fédération des Bouches du Rhône ne soit pas à généraliser il est clair, à l’examen des derniers évènements électoraux : pas de candidature aux législatives dans la 16ème circonscription du département,, que si des mesures d’organisation, de renforcement, de fonctionnement démocratique impliquant la participation  des communistes ne sont pas prises, le parti se trouvera dans une situation qui hypothèquera son développement et aura de lourdes conséquences sur ses implantations électorales.

 

Cet ensemble de mesures concernant l’activité du Parti doit prendre appui sur le contact permanent avec la population en utilisant largement la diffusion de tracts, journaux en lien avec une meilleure maitrise de la communication par le net qu’il faut promouvoir, y compris en formant les militants à son usage.

Une réflexion doit permettre à ce sujet d’évaluer l’impact de l’utilisation des réseaux sociaux combiné avec la tenue de blogs aux contenus plus sophistiqués faisant office de moyen d’information mais aussi d’éducation populaire.

 

Elaboré par Jacques LAUPIES, Secrétaire de Section de Tarascon

Le 15 novembre 2017

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Une contibution de Frédéric Boccara qui me convient pour la préparation du Congrès

Posté par jacques LAUPIES le 15 novembre 2017

 

Notre responsabilité le 18 novembre pour un congrès de choix clairs

Frédéric Boccara

Membre du Comité exécutif national du PCF

Les motifs qui ont conduit à convoquer un congrès extraordinaire du PCF ne doivent pas être perdus de vue : une perte d’influence électorale catastrophique, que la préservation de deux groupes parlementaires ne peut compenser même si c’est un appui pour rebondir ; un délitement de la gauche, et son recul global, qui favorisent l’entreprise autoritaire de démolition sociale du pouvoir macroniste, tandis que l’influence électorale de l’extrême-droite est au plus haut. Le PCF n’a pas pu peser sur le débat de la présidentielle qui a construit cette configuration politique car on l’a amené à être absent de cette bataille en n’y présentant pas de candidat communiste. Le Parti est devenu quasi-inaudible depuis notre effacement dans la campagne présidentielle derrière JL Mélenchon, contrairement à nos décisions de congrès. Ce dernier choix prolonge des errements qui ne datent pas de 2017.

Alors qu’il y aurait tant besoin d’une voix forte pour porter la cohérence de réponses ouvrant des perspectives de transformation radicale de notre société, notre Parti, s’il est maintenu debout par ses militants, semble privé de capacité d’initiative effective. Il a perdu en autonomie. Au-delà d’annonces de campagnes jamais véritablement conduites – sa direction a systématiquement refoulé toute bataille tenace sur le projet et les propositions (coût du capital, sécurité d’emploi et de formation, financement de la sécu et des services publics, BCE et euro, …). Nos idées ne sont plus identifiées.

Pourtant, la demande de radicalité exprimée par le vote à l’élection présidentielle puis la montée du mouvement social montrent un potentiel de luttes et une recherche de réponses nouvelles. Au cœur de cette recherche, la volonté, malgré les échecs  et désillusions, de sortir de la crise systémique et de civilisation, que le PCF a été le premier à repérer, au début des années 1970. Au cœur de ces réponses, l’exigence d’une tout autre démocratie réelle, en libérant les femmes et les hommes de la domination du pouvoir de l’argent pour des buts de vie et de partage, sans hésiter à changer les entreprises, les services publics, les banques ou la protection sociale. Un tel contenu, clair et de haut niveau, est un atout pour le rassemblement.

Plus que jamais on a besoin d’un parti communiste révolutionnaire, donc agissant, autonome, créateur et rassembleur. Ceci a contrario de tous ceux qui, peu ou prou, « n’y croient plus », préconisent d’en finir avec le PCF et y travaillent. Certains vont jusqu’à sommer les communistes de se fondre dans une « nouvelle force », où serait admise par tous « la place centrale » de la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon, où les seules différences seraient de « sensibilité ». Avec des phrases fourre-tout, ils évitent les enjeux si décisifs des pouvoirs à conquérir sur l’utilisation de l’argent et s’en tiennent à la répartition des richesses.

D’autres veulent nous convaincre qu’encore une fois un simple assemblage de mots et d’idées disparates ou vagues permettrait de réussir le congrès et de relancer le parti.

Un véritable renouveau pour le PCF est nécessaire et possible. Pour cela, le congrès doit pouvoir faire des choix clairs. Cette fois-ci, les élaborations collectives qui résulteront du débat de congrès doivent être suivies d’effet, sans quoi la poursuite du déclin actuel peut déboucher très vite sur la disparition du Parti.

C’est pourquoi, avant la réunion des animateurs de section du 18 novembre, étape importante de notre congrès, je souhaite alerter sur trois points importants des décisions à prendre

Un, le questionnaire est un élément de consultation. Il ne doit pas dispenser la direction de prendre ses responsabilités. Un texte d’orientation où la direction nationale prend position (à la majorité) doit être proposé aux communistes le plus tôt possible afin que nous ayons le temps de nous l’approprier collectivement et de l’amender, voire de proposer des options ou des textes alternatifs.

Pierre Laurent et la direction doivent dire d’emblée où ils proposent d’aller. On ne doit pas diluer la préparation du congrès par des « chantiers » qui retarderaient sa tenue et la mise à disposition des communistes du texte de base.

Deux, le congrès doit avoir lieu au plus tard en juin 2018. En effet, des décisions stratégiques sont à prendre dès juin pour les élections européennes. Elles ne sauraient être traitées avant le congrès et dissociées de ses choix fondamentaux.

Trois, je suis convaincu qu’une volonté commune peut rassembler l’immense majorité des communistes : affirmer haut et fort la nécessité d’un Pcf révolutionnaire, porteur d’idées transformatrices pour la France, l’Europe, le monde de notre temps. C’est la première question qui doit figurer à l’ordre du jour du congrès, sans biaiser.

La réponse apportée à cette question devra avoir des conséquences réelles dans la conception, l’action, l’organisation du Parti.

C’est pourquoi l’ordre du jour du congrès devra également porter, à mon sens, sur

  • ·      l’analyse critique des décisions prises, du congrès de Martigues jusqu’à l’élection présidentielle de 2017 ;
  • ·      l’orientation politique, de fond et de rassemblement (au plan politique et de la base sociale) à adopter face au défi posé par E. Macron
  • ·      la stratégie électorale, d’action, la bataille d’idées et les décisions d’organisation du PCF
  • ·      le renouvellement de la direction du Parti.

Révolutionner le PCF ? Bien sûr. Mais au-delà des mots engager en pratique un renouveau dans un sens clair pour une révolution à la hauteur des véritables enjeux du 21ème siècle. Si nous le décidons ensemble, la délibération des communistes peut produire sur tous ces points des décisions précises, efficaces, capables de réaliser l’unité du Parti et de lui redonner sa capacité d’initiative pour conjuguer idées, luttes, élections, bataille politique dans les entreprises, la société et les institutions.

 

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Tu me fends le coeur

Posté par jacques LAUPIES le 15 novembre 2017

 

L’un de mes meilleurs amis et ancien camarade de travail me faisait part il y a deux jours de sa sympathie pour Macron.

Ce qui était intéressant dans son propos est, que pour justifier cette confiance alors qu’il avait été de tous les combats que j’avais pu mener avec lui et d’autres camarades, tous syndiqués à la CGT – eh oui cela fut avec plus de 85 % de voix aux élections professionnelles – il m’a étalé tous les arguments matraqués dans les médias par journalistes et autres intervenants, soutiens plus ou moins affichés de Macron.

Tout y est passé : le poids de la dette, l’idée selon laquelle  le Président incarne une tentative de renouveau (parlons en : le renouveau réactionnaire et droitier,  oui en effet mais mon interlocuteur ne parle pas de celui là) Jusqu’à croire que sa générosité irait jusqu’à renoncer à l’augmentation de la CSG alors que l’initiative incombe au Sénat lequel n’a que le pouvoir d’interpeller l’assemblée nationale pour cela !

Bref mon excellent Camarade de lutte semble avoir tout oublié sauf peut être que le syndicat n’a pu obtenir de le placer dans une durée de carrière suffisante pour optimiser sa retraite.

Si je raconte cela ce n’est pas pour l’accabler mais simplement pour lui recommander de ne pas attendre de bons résultats du successeur de Hollande et de Sarkozy, et les présidents précédents qui ont comme lui entonné le refrain du patronat : donnez nous l’argent public pris dans la poche des pauvres et en l’occurrence des moins pauvres !

Comme disait César à Panisse je dirai à mon copain : « tu me fends le cœur »

 

CSG, le Sénat vote contre la hausse de 1,7 point sur les retraites

 

Daniel Roucous avec AFP et Public Sénat
Jeudi, 9 Novembre, 2017

Le Sénat a voté mercredi soir la suppression de la hausse de 1,7 point de la CSG sur les retraites. Que vont décider les députés qui ont le dernier mot ?

Adopté la semaine dernière par les députés qui ont acté la hausse de la CSG pour tout le monde notre article CSG-la-commission-des-affaires-sociales-vote-pour-la-hausse-de-1,7 points le budget de la Sécurité sociale (projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2018) est actuellement en examen au Sénat.

Il a été adopté en 1ère lecture, avant son retour à l’Assemblée nationale – navette parlementaire - sauf l’augmentation de 1,7 point sur les retraites.

Explication du  rapporteur général du budget de la Sécu au Sénat, Jean-Marie Vanlerenberghe sur Public Sénat : « Ça paraît injuste de relever la CSG de 1,7 point pour les retraités, (…) alors qu’ils n’ont pas de compensation. Dans le dispositif, les actifs sont compensés par la baisse des cotisations salariales, à la fois maladie et chômage. Il y a des mesures qui ne sont pas très cohérentes. C’est au nom de la cohérence que j’ai porté cet amendement, demandant au gouvernement de revoir un peu sa copie ».

Dans un communiqué (AFP du 8 novembre 2017), la commission des affaires sociales du Sénat souligne que « la hausse de la CSG représenterait 4,5 milliards de prélèvements supplémentaires sur les retraités, alors que la seule compensation envisagée par le gouvernement réside dans une exonération de taxe d’habitation dont tous ne bénéficieront pas et qui ne représente que 3 milliards pour l’ensemble de la population. »  

Question : les députés vont-ils acter le vote de la suppression de la hausse de la CSG sur les retraites décidée par les sénateurs ? Car c’est eux qui auront le dernier mot.

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