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  • Ian Brossat Chef de file des communistes

    Européennes

    Le nouveau monde :
    D'un coté, on prétend "responsabiliser" les gens modestes en augmentant le prix du #carburant.
    De l'autre, on déresponsabilise les riches en baissant leurs impôts sans rien leur demander en échange.
    Moins tu as, plus tu donnes.
    Plus tu as, moins tu donnes.

A propos des violences et des peurs subies entre autres par les femmes

Posté par jacques LAUPIES le 17 novembre 2018

 

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Globalement les femmes sont les victimes d’une criante inégalité entre les sexes. C’est une fait acquis et il faut y remédier !

Pour la plupart d’entre elles, elles subissent la double peine constituée par d’une part la place de soumission qui résulte de leur position dans leur relation avec les hommes. Bien que donnant la vie elles sont dans la plupart des civilisation un objet d’exploitation au sein de  la famille et du  couple et d’autre part l’immense majorité d’entre elles subissent l’exploitation de la classe à laquelle elles appartiennent.

Cependant comme les hommes elles sont soumises aux préjugés ancestraux, aux religions, aux idéologies qui les éloignent d’une prise de conscience de leur condition sociale  et souvent leur combat pour s’émanciper en souffre et ne les met pas à l’abri de se ranger aux côtés des dominants, que cela soit dans leur vie individuelle ou sur le plan social. Ce qui n’est pas sans effet sur leur réaction face à cette adversité !

Un positionnement qui n’a rien à envier aux pratiques de ceux que l’on présente comme leur moitié ! C’est évidemment un argument que ne se privent pas de mettre en avant, dans l’espoir de le généraliser, tous ceux et celles qui s’accommodent  du vieux monde !

Le titre de l’article qui suit : « érotiser l’égalité plutôt que la violence et la domination » peut constituer un grand souhait pour en finir avec les comportements que l’on nous flanque à la figure tous les jours et qui font naitre les peurs. Comme les peurs ne font pas naitre l’amitié, l’amour et la paix, on est plutôt mal barré. 

Les plus belles lois, les meilleurs procès et jugements peuvent ils fondamentalement changer quoique ce soit d’injuste et d’irrespectueux dans une société ou règne l’inégalité et l’exploitation, ou l’ignorance persiste faute d’éducation ? Il en faut, ne serait-ce que pour remplir parfois inutilement les prisons.

Ne faudrait-il pas d’abord en finir avec cette double  domination : l’exploitation qui est le facteur essentiel de sa conséquence l’inégalité  ? Ce serait sans doute un bon moyen de  réhabiliter l’amitié, la fraternité, l’amour sous ses multiples formes tout autant que le sexe lorsqu’il les accompagne (ou pas !)

 

Laure Murat : « Érotiser l’égalité plutôt que la violence et la domination »

Photo : Ph. Matsas / Editions STOCK

Photo : Ph. Matsas / Editions STOCK
Vendredi, 16 Novembre, 2018

Historienne et professeure à l’université de Californie-Los Angeles (Ucla), elle publie un an après #MeToo Une révolution sexuelle ? (Stock), un essai sur les suites de l’affaire Weinstein, du point de vue américain et français. Elle analyse la persistance de la domination masculine et la construction du regard, notamment dans le cinéma.

Votre livre s’intitule Une révolution sexuelle ? , le point d’interrogation signifie-t-il que la révolution sexuelle est inachevée ?

LAURE MURAT Est-ce la continuation de la première révolution sexuelle, celle des années 1970, ou s’agit-il d’un mouvement connexe, certes, mais différent dans sa nature ? Nous sommes beaucoup trop près, temporellement, de l’événement pour évaluer l’impact du mouvement #MeToo sur le changement en profondeur qui semble se dessiner dans la société. Il me semble néanmoins que cette « révolution sexuelle ? » contemporaine s’attaque très précisément à une citadelle que le féminisme n’a pas réussi à faire tomber, malgré les avancées considérables depuis cinquante ans : la persistance de la domination masculine. Pourquoi ? J’avance cette hypothèse (mais il y en a bien d’autres) : l’urgence à remporter certains acquis cruciaux (avortement, loi Neuwirth, etc.) a autorisé une circulation des désirs qui libéraient les femmes et dont les hommes ont largement profité. Cette priorité donnée à « l’amour libre » a relégué au second plan le problème politique plus insidieux de la domination masculine, dont on voit partout la persistance, des inégalités salariales à la « charge mentale » liée aux travaux domestiques, qui incombent encore, à 80 %, aux femmes. En s’attaquant au harcèlement, aux abus de pouvoir, #MeToo s’attaque frontalement à un problème systémique et universel, qui pose aussi, inévitablement, celui de la soumission et du consentement.

L’affaire Weinstein n’est pas une mèche qui s’est soudain enflammée. Quelles étapes, en France et aux États-Unis, ont-elles permis la prise de parole (Geneviève Fraisse) massive des femmes ?

LAURE MURAT Je crois que l’affaire Weinstein est surtout la cristallisation d’un problème systémique qui remonte… à la nuit des temps. J’ai reçu récemment un article, publié en 1986, sur une grève des ouvrières de Limoges en 1905 contre le « droit de cuissage ». Mais qui entendait ces femmes ? Car c’est là que le bât blesse : les femmes prennent la parole depuis longtemps, mais qui les écoute ? En France, il faudra attendre les travaux pionniers de Michelle Perrot, fondatrice du Groupe d’études féministes en 1974, pour que les questions du viol, de l’avortement, de la prostitution, du travail domestique, etc., entrent finalement, des années plus tard, à l’université. Aux États-Unis, Catharine MacKinnon, juriste, est longtemps restée controversée dans son combat contre le « harcèlement sexuel », dont la notion est néanmoins entrée dans la loi. Quel est le chemin parcouru depuis lors ? En 1991, le juge Clarence Thomas avait été nommé à la Cour suprême, malgré les accusations de harcèlement par Anita Hill. En 2018, le juge Kavanaugh est lui aussi nommé à la Cour suprême, malgré les accusations d’agression sexuelle portées par le Dr Christine Blasey Ford. Est-ce la preuve que rien ne change ? On pourrait le penser. Néanmoins, j’observe qu’Anita Hill avait été massivement conspuée, y compris en France par Élisabeth Badinter, quand Christine Blasey Ford, dont la parole a été partout prise au sérieux, a été massivement soutenue. En France, l’affaire DSK a marqué un tournant. Ce qui n’a pas empêché une tribune du Monde, dite tribune Deneuve, d’encourager au maintien d’une « liberté d’importuner » les femmes. Malgré tout, on sent bien que la barque prend l’eau et qu’il devient de plus en plus compliqué de maintenir un système dysfonctionnel et indigne. Les mentalités changent, mais avec une lenteur dont il ne faut pas désespérer.

La tribune Deneuve, parue en France, a presque coïncidé avec le mouvement Time’s Up aux États-Unis, porté par Oprah Winfrey, star noire, née dans un milieu très modeste et victime du racisme. Que disent ces deux événements des différences entre les deux pays ?

LAURE MURAT Time’s Up et la tribune Deneuve sont les deux faces presque caricaturales d’une différence culturelle qui s’enracine dans un problème politique. Aux États-Unis, l’absence d’un État providence encourage un modèle communautariste solidaire, militant, diversifié et inclusif pour pallier les défaillances du libéralisme, d’une forme de dérégulation et de cette fameuse liberté individuelle qui se confond un peu trop souvent avec le chacun pour soi. En France, la tradition universaliste, jacobine, centralisée veut porter un regard non différencié sur les discriminations, où « le citoyen » serait ce sujet neutre, sans appartenance religieuse ou ethnique, et sans couleur de peau. Mais l’on sait bien que cette fiction politique, tout admirable qu’elle soit dans sa visée, revient toujours à favoriser un modèle masculin, blanc et hétérosexuel. J’ajoute que si les deux pays ont une histoire commune dans l’avènement de la démocratie et de l’élaboration du contrat social, leurs rapports au racisme, à la tolérance religieuse et à l’antisémitisme sont radicalement différents. Quand les États-Unis prennent en compte la singularité des communautés et la communauté des singularités, la France, terrorisée par l’idée de « ghettoïsation », en appelle à un modèle supposément impartial – qui en réalité reconduit les privilèges d’une classe ou d’un groupe. La diversité du monde dans lequel nous vivons, l’accélération du temps et des mouvements migratoires, les nouvelles technologies, appellent à constamment repenser ces luttes politiques, qui s’avèrent, c’est un fait inéluctable, beaucoup plus efficaces et pragmatiques aux États-Unis. Le mouvement #MeToo l’a montré. Aux États-Unis, il y a eu réactivité. En France, réaction.

Dans quel contexte historique faut-il entendre ce que vous appelez la « dissidence française » au mouvement #MeToo ?

LAURE MURAT Elle s’ancre dans plusieurs problèmes, dont les racines sont historiques. Si je voulais les résumer d’une formule brutale et un peu trop dense, je dirais ceci : l’hétérosexualité comme régime politique s’est construite sur la croyance militante en la différence des sexes comme donnée naturelle, que la religion, l’anthropologie, l’ordre symbolique lacanien et le mythe de la galanterie ont servi, théoriquement et culturellement, à justifier. Remettre en question la hiérarchisation des sexes et analyser leur construction dans l’espace social, en bref, interroger la norme, c’est bien sûr faire s’écrouler ce château de cartes, qui a pour mission et résultat d’essentialiser, artificiellement, les rapports de pouvoir. D’où les résistances françaises, quasi hystériques, aux études de genre et au mariage pour tous et toutes.

Comment faire entrer l’égalité dans le champ des rapports amoureux ?

LAURE MURAT C’est une question passionnante. J’aime beaucoup cette injonction de la féministe américaine Gloria Steinem : « Eroticize equality .» Érotiser l’égalité, sous-entendu : plutôt que la violence et la domination. Or ceci est plus simple à dire qu’à faire, la sexualité étant ce continent trouble où la violence peut être consentie, le malaise revendiqué, les provocations recherchées. C’est un chantier considérable et très excitant, en ceci qu’il raffine et complexifie, bien plus qu’il ne réduit et simplifie, les relations entre les êtres, quel que soit leur sexe, dans tout ce qu’elles ont de passionné, d’impur et d’exaltant. Il me semble même que c’est le nœud et le pivot, qui nouent et organisent le rapport de la sexualité à l’amour – l’amour, un mot qu’on n’entend pas beaucoup dans ces débats, et qui est pourtant la seule chose intéressante de l’existence.

Comment expliquer que, malgré une extrême réglementation des rapports entre les sexes, les États-Unis n’aient pas endigué le harcèlement sexuel et les viols ? On en est au même point de part et d’autre de l’Atlantique.

LAURE MURAT Cela a été une des grandes découvertes de mon enquête. Aux États-Unis comme en France, malgré un système juridique très différent, les chiffres sont à peu près les mêmes sur les pourcentages de femmes harcelées ou violées. Dans les deux pays, 1 % des violeurs sont derrière les barreaux. Se pose une très vieille question : est-ce la loi qui change les mentalités ou les mentalités qui changent la loi ? La nécessité d’un débat national sur ces questions de violences sexuelles est plus que jamais d’actualité.

L’affaire Weinstein n’a pas seulement mis en lumière des pratiques, mais aussi des représentations, notamment dans le cinéma. Que peut apporter une critique féministe de l’histoire du cinéma et de l’art ?

LAURE MURAT Beaucoup. Car elle peut nous permettre de nous déssiller les yeux sur des problèmes pourtant évidents. Il suffit de vous reporter au site de Geneviève Sellier, « Le genre et l’écran ». C’est un peu l’histoire de la Lettre volée d’Edgar Poe : ne pas voir ce qui est pourtant sous vos yeux. Cela porte un autre nom : le déni. Je vais vous faire ici une confidence, à la fois indiscrète et immodeste. Il y a peu, j’ai reçu une lettre d’Annie Ernaux, à qui j’ai envoyé mon livre. À propos de mon chapitre sur le cinéma, elle me remercie « de nous ouvrir les yeux sur ce qui pourtant les crève ». C’est une formule admirable. Car le cinéma a pour fonction – entre autres – de montrer. Mais on peut montrer en dissimulant, notamment sous des sophistications esthétiques… Une relecture des films des années 1970 est à cet égard fascinante : tout notre arsenal imaginaire des rapports très inégalitaires entre hommes et femmes est exposé de façon exponentielle. Comment cela nourrit-il nos fantasmes ? Quel impact cela a-t-il dans nos vies ? Que cela nous dit-il de la société et de notre propre comportement ? Le cinéma n’a pas de responsabilité morale. Mais il a une responsabilité politique. Tout loge, je crois, dans cet interstice très subtil.

Quels risquent pèsent aujourd’hui sur #MeToo ? Doit-on craindre un « backlash », un contrecoup ? Les récentes affaires qui ont mis en cause Asia Argento, accusatrice de Weinstein, et l’universitaire Avital Ronell vont-elles dans ce sens ?

LAURE MURAT Les risques sont considérables, et le backlash déjà très bien installé. J’ai été très frappée, lors de mon séjour en France pour la promotion de mon livre, que tous les entretiens, notamment à la radio, commençaient par : « Que pensez-vous des dérives du mouvement #MeToo ? » Un scandale hollywoodien provoque une onde de choc mondiale, des millions de femmes à travers le monde dénoncent une situation inique et universelle qu’il est urgent de traiter, et on commence par me parler des débordements, des femmes qui peut-être ont menti ou ont profité de la promotion canapé… L’une des premières émissions à laquelle j’ai participé s’est achevée sur une chanson dont le refrain répétait : « Les hommes viennent de Mars, les femmes de Pigalle… ». Une façon de dire : racontez ce que vous voulez, vous n’êtes que des putes. Ce que révèle #MeToo, c’est aussi l’extraordinaire et incurable misogynie du monde. Marie Laguerre, cette jeune femme frappée pour avoir répondu à un agresseur, a reçu un tombereau d’injures sur son site. Patti Davis, fille de Ronald Reagan, vient de se faire incendier après avoir raconté l’agression sexuelle qu’elle a subie trente ans plus tôt. En ce qui concerne Asia Argento et Avital Ronell, je remarque que, aussitôt les faits connus, l’actrice Rose McGowan (l’une des premières femmes à avoir témoigné contre Harvey Weinstein) et la philosophe Judith Butler ont pris leurs distances avec le dossier. Bien évidemment, les femmes sont capables de mensonges et d’abus de pouvoir. Une fois encore, l’essentialisation de la violence est une aporie théorique. Mais soyons sérieux et traitons les urgences dans l’ordre. Une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son compagnon.

Entretien réalisé par Sophie Joubert

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Gilets jaunes : signe de maturité ou d’immaturité ?

Posté par jacques LAUPIES le 16 novembre 2018

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Chacun voit à sa manière les rassemblements de foule et après tout il est permis de penser que certains ne servent pas à grand chose…Si ce n’est à brouiller les cartes !

 

Quand on est exaspéré par les dégradations générales qui frappent notre société et que l’on voit « soudain » naitre une vague de protestation contrer une augmentation de prix des carburants on peut s’étonner ! S’étonner de ce motif de mobilisation alors que tant de familles sont victimes des carences du système éducatif et de santé, des déremboursements de la sécurité sociale, des blocages des salaires et des pensions, de l’augmentation des prélèvements de la CSG. Sans compter les privatisations envisagées ou réalisées, notamment de la SNCF, des aéroports et les fermetures d’entreprises et au bout de cela une attaque d’envergure au système de retraites, aux diverses allocations familiales et aides sociales, aux emplois soutenus, de la menaces parfois devenu réalité de la mise en cause des services publics. Que sais-je encore.

Et le tout au nom de la dette et des déficits dont les principales cause sont des impôts injustes dont la TVA, la suppression de l’ISF et quelque 80 milliards de fraude fiscale et lorsque les dividendes distribués aux actionnaires sont démesurés et en progression constante !

On peut s’étonner que ma voisine qui ne voit en politique généralement pas plus loin que le bout de son nez, ose me dire : « je vais aller à cette manifestation » et ajoute tout de même, prudente :  « je laisserai le gilet dans ma voiture » un peu effrayée de sa subite révolte en solidarité avec des inconnus, sans pour autant avoir fait le constat qui précède. 

Comme je n’ai pas envie de décourager son  « bizarre » geste de soutien je la rassure et lui précise que peut-être j’irai moi aussi observer les éventuels « barrages », sans gilet jaune.

Les gouttes qui font déborder les vases de mécontentements   ne sont pas inintéressantes mais il faudrait être en mesure de vider le vase en entier et il n’est pas sur que la manifestation « spontanée »  puisse aboutir à cela. Même si cette manifestation est particulièrement été jugée avec bienveillance par les médias et a le soutien des trois quart des français ! Faut toujours penser à l’audimat et aux élections futures…

Je raconte à ma révolutionnaire d’un jour qu’évidemment la revendication la plus insignifiante, la plus mal argumentée, ne reposant sur aucune contre proposition sérieuse peut jouer un rôle de détonateur protestataire.

J’ai en effet vu un conflit  démarrant sur la revendication d’un placard et de lavabos décents pour des salariés (mal payés et soumis à des heures supplémentaires mal compensées), aboutir à une grève permettant certes à la mise en place de nouveaux sanitaires mais également déclencher une augmentation générale des salaires et le respect de la dignité des travailleurs de l’entreprise. Sauf que sans la présence de  l’Union locale des Syndicats CGT et des syndicats de l’entreprise (CGT et FO) unis, cela n’aurait pu se faire.

Moralité : Malgré les récupérations peu ragoutantes  du RN et de « Demain la France » et si, à juste titre, la Cgt prend ses distances comme la plupart des organisations politiques et syndicales, le détonateur que pourrait constituer les gilets jaunes risque bien de faire pschitt. Et plus grave encore servir leur principal adversaire Macron et son gouvernement…et sa classe. Malgré les apparences !

Mais rien n’est couru d’avance !  

 

Ci-dessus, les «	gilets jaunes	», mouvement de protestation né ces dernières semaines, s’est traduit par des pétitions en ligne et des appels à manifester, comme ici, à Clermont -Ferrand (Puy-de-Dôme). Richard Brunel/<br /><br />
La Montagne/MaxPPP Ci-contre, distribution de tracts contre l’augmentation des prix au pont de Nogent (Val-de-Marne), jeudi, avec, de gauche à droite, Ian Brossat, chef de file du PCF aux européennes, et Pascal Savoldelli, sénateur PCF du Val-de-Marne. Iahcène Abib<br /><br />

 

du carburant se nourrit sur les parkings

Vendredi, 16 Novembre, 2018

À l’image de nombreux initiateurs des appels de samedi, ceux de Mer (Loir-et-Cher) se sont réunis devant un supermarché pour s’organiser. Si le mécontentement est légitime, le refus des taxes et le recours à l’extrême droite se font aussi entendre.

En empruntant la route départementale qui borde la Loire de Blois à Mer, difficile de ne pas apercevoir les gilets jaunes derrière les pare-brise de près d’un véhicule sur deux désormais. Beaucoup sur les tableaux de bord des berlines du début des années 2000, mais aussi et surtout sur ceux des camionnettes et des fourgons des artisans. Si les « gilets jaunes » se klaxonnent sur la route sans pour autant s’arrêter pour se parler, ils se rattrapent sur les réseaux sociaux. C’est d’ailleurs sur un des nombreux groupes Facebook, intitulé celui-ci « Blocage national contre la hausse des carburants (Loir-et-Cher) », que Thierry (1) a proposé une réunion en vue de préparer la journée du 17 novembre dans sa ville de Mer. Une commune de 6 200 habitants située entre une sortie d’autoroute et la centrale nucléaire de Saint-Laurent-des-Eaux.

Sur le parking, ouvriers, employés, retraités… ont répondu présent

Quelques entreprises, « mais beaucoup ont été transférées ici, sans véritables créations d’emplois, comme ColiPoste ou Treca », explique Pascal Boutron, de l’union locale CGT. « Et leur transfert a même été l’occasion de remplacer des postes en CDI par des intérimaires », ajoute-t-il. Les grands hangars de logistique qui bordent l’A10 n’embauchent pas autant que l’usine de matelas Epeda qui a fermé au début des années 2000, ce dont la ville peine encore à se remettre. En témoignent les commerces du centre qui ferment les uns après les autres. « Plus de boucherie, ni de charcuterie. La librairie et la bijouterie ont fermé cette année », décrit le syndicaliste, circonspect vis-à-vis de la mobilisation des gilets jaunes.

Mercredi soir dernier, sans invitation plus formelle qu’un simple post sur le réseau social, ils étaient près de 25 à se réunir sur le parking du supermarché discount Ed, désormais fermé, pour préparer la journée de samedi. Sous les lampadaires éteints, chasuble réfléchissante sur le dos, Thierry prévient les ouvriers, les employés, mais aussi les artisans et quelques retraités qui ont répondu présent : « Nous sommes un mouvement citoyen et populaire, nous ne voulons pas être récupérés par les partis politiques. Certains d’entre eux m’ont déjà contacté pour nous proposer leur soutien, mais pour moi, c’est un non catégorique ! » Ce salarié d’une société d’exploitation de l’autoroute, toute proche, exhibe une lettre à en-tête de la préfecture de Loir-et-Cher : « J’ai fait la demande pour notre mobilisation du 17, mais elle a été refusée. » Un jeune homme, cheveux ras, vient de descendre d’un fourgon blanc et crie : « Il faut y aller quand même, sinon ça montre qu’on se couche ! » Thierry renchérit : « Oui, nous allons faire des barrages filtrants sur trois ronds-points autour de Mer, mais si on vient vous demander qui est le responsable, dites bien que c’est Emmanuel Macron. C’est à cause de lui si on en est là ! » Rires et approbation dans l’assistance. Un homme, bonnet noir vissé sur le sommet du crâne, lance : « Ils l’ont voulu, Macron ! Les Français n’ont pas voulu de Marine, ils ont élu un fou et voilà le résultat ! Moi, j’ai voté Marine ! » Un autre lui met un coup de coude : « Chut ! Le journaliste… » Thierry reprend : « Le mot d’ordre est large maintenant, il s’agit de dénoncer la baisse des APL, la suppression de l’impôt sur la fortune, la baisse des retraites pour nos anciens et, surtout, toutes ces taxes ! » Et le prix des carburants ? Pour beaucoup, c’est l’étincelle qui a mis le feu aux poudres. Chantal (1) travaille dans la restauration à Beaugency, dans le département voisin du Loiret. « Ça fait vingt ans que je fais ça. Avec souvent 4 allers-retours par jour puisqu’il y a le service du midi et celui du soir. J’ai bien vu l’évolution des prix du carburant et du reste ! » Quant au salaire versé par son patron « ce n’est pas le sujet », coupe-t-elle. Au reste, à part la suppression de l’impôt sur la fortune, vaguement citée, personne n’évoque le coût du capital, la responsabilité du patronat, ni la nécessité d’augmenter les salaires.

Alors que Thierry tente d’organiser la logistique de la journée, un participant, la quarantaine, veste orange fluo floquée aux couleurs d’un marchand de matériaux pour le bâtiment et les travaux publics, propose ses services : « Je peux couper des bidons métalliques pour faire des barbecues si on reste la journée. » Hochement de tête du reste de l’assistance. Certains font alors part de leurs craintes vis-à-vis des autorités. Thierry les rassure : « J’ai discuté avec des gendarmes. Vous savez, quand ils retirent l’uniforme, ils sont comme nous. Ça se passera bien avec eux. Ils seront tolérants. Beaucoup nous soutiennent. »

Les prises de parole sont spontanées, désordonnées. « On sait si les partis politiques viennent aux mêmes endroits que nous ? Moi, ça me gêne de manifester avec eux », annonce une jeune fille. « Peu importe, ça fera toujours du bordel en plus ! » renchérit un homme au bouc grisonnant. Le jeune aux cheveux ras lance à son tour à qui veut l’entendre : « Ça fait un moment que le drapeau n’est plus bleu, blanc, rouge, il y a du rouge avant le bleu maintenant. » Des rires gênés, mais personne ne reprend l’individu au fourgon blanc. Trois quarts d’heure ont passé. Sans trop de poignées de main, chacun remonte dans sa voiture en se donnant rendez-vous de bon matin, samedi, sur les ronds-points.

(1) Les prénoms ont été modifiés à la demande des intéressés.
Olivier Morin

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A propos de défense ?

Posté par jacques LAUPIES le 15 novembre 2018

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Moi vous savez je regarde les humains d’un drôle d’air parce qu’ils ont un air drôle

 

Tant qu’un désarmement général n’est pas décidé il est difficile pour une nation de ne pas se doter de moyens militaires pour dissuader les adversaires potentiels même si évidemment ces derniers peuvent, dans le présent, ne pas pouvoir être décelés clairement !

Donc cette nation doit être armée. Au besoin elle peut s’allier pour cela dans le cadre d’institutions offrant des garanties sur  des intérêts partagés et communs en matière économique, politique et sociale. Le moins que l’on puisse dire c’est que l’Europe ne répond pas encore à cela ! Ce serait plutôt l’inverse et on peut le regretter car elle est dépendante des puissances économiques, industrielles et financières qui, de fait, en font un instrument à leur service.

Les politiques réformistes que prônent les deux forces essentielles que constituent, jusqu’ici, la droite et la social-démocratie sont inefficaces depuis des lustres. Malgré les beaux discours de solidarité elles gèrent les états dans l’intérêt du capital laissant libre cours à la mise en cause de la rémunération du travail, des services publics et accentuant les inégalités entre classes et entre peuples. Ce qui, soi dit en passant, fait les beaux jours des « populistes » qui eux font feu de tout bois des mécontentements. Ce soir j’entends aux « infos » une Marine Le Pen qui s’indigne des bas salaires, des allocation familiales ratiboisées, et bien sur des taxes frappant les carburants, histoire de faire un peu de récupération…On croit rêver !

Tout cela suffirait à être dégoûté de l’Europe sauf si on estime que l’Europe est un lieu ou la lutte émancipatrice des peuples peut être conduite contre un libéralisme économique dévastateur, que la lutte des classes y a droit de cité, et que cela n’est pour autant pas un atout pour les nationalisme renaissants. Sachant de cette lutte doit prendre appui sur celle que chaque peuple est amené à engager chez lui.

Mais comme l’indique Fabien Roussel, Député communiste, dans l’interview paru hier da l’Humanité et reproduit ici :  « Nous avons deux adversaires : la finance, mais aussi l’abstention, l’indifférence. Parmi ceux qui se détournent de la politique, beaucoup sont de gauche et ont été déçus. Nous devons nous adresser à eux. Tout comme à ces millions de salariés qui n’ont pas les moyens de vivre dignement. Montrer qu’une autre vie, une autre société, est possible. Mais ça ne se décide pas d’un claquement de doigts, ça se construit. »

Et j’ajouterai : il faut une organisation adéquate pour une telle entreprise !

Cela vaut pour l’Europe. Pour en revenir la question de l’instauration d’une politique commune défense européenne, celle-ci ne peut- être envisagée que si l’Europe se libère des pressions libérales et ultra libérale lesquelles sont de fait placées sous tutelle américaine avec l’OTAN, ce qui implique le retrait de la France. 

 

A propos de défense ? dans POLITIQUE

Julien Salingue

Docteur en Science politique spécialiste du Proche et du Moyen-Orient,

Membre du NPA,

Il était l’invité de La Midinale de Regards,

Ce mercredi 14 novembre 2018

https://youtu.be/AMFaMZB8f1Q

2vr5u dans POLITIQUE

« Les postures pacifistes de Macron, c’est de la poudre aux yeux »

 

Sur les tweets de Trump à l’endroit de Macron
« Entre les tweets compulsifs de Donald Trump et les enjeux réels qui sont derrière, c’est difficile de s’y retrouver. »
« Ce qui s’exprime derrière [les échanges de tweets], c’est un renforcement des tensions au niveau international, y compris tension impérialiste. »
« L’idée de Macron d’une défense européenne est vue par Trump comme une remise en question de l’hégémonie étasunienne. »
« Entre la montée de la Chine, les difficultés des Etats-Unis aux Moyen Orient, la puissance des Etats-Unis est en recul. »

 

Sur l’armée européenne
« Je suis plutôt partisan d’un désarmement unilatéral de la France et d’une baisse des tensions militaires. »
« Qui menace l’Europe ? Pourquoi une armée ? Pour se défendre contre qui ? »
« Pour Macron et d’autres dirigeants européens, cette idée d’armée européenne, c’est l’idée d’affirmer l’existence d’une puissance diplomatique et militaire européenne. »

 

Sur le désir de « paix » de Macron
« Les postures pacifistes de Macron, c’est de la poudre aux yeux. »
« S’agissant du Yemen, la France a une responsabilité énorme dans ce qui est, d’après l’ONU, la plus grande tragédie humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale. »
« Les gesticulations de Macron sur son Forum pour la Paix ne cachent pas que la France est complice de crime de guerre. »

 

Sur le conflit israélo-palestinien 
« Quand un ou plusieurs Israéliens sont tués, il y a un focus médiatique, mais le quotidien de la bande de Gaza, c’est des morts. »
« Ce type de confrontations courtes peut avoir une utilité politique à court terme : le Hamas montre à la population de Gaza qu’il ne se laisse pas faire. »
« Une partie du gouvernement israélien était hostile à un cessez-le-feu. Il y a des rumeurs de remaniement en Israël mais il ne faut pas oublier qu’il y a des élections l’année prochaine et ça rentre aussi en compte. »

 

Sur le rôle de l’ONU en Israël/Palestine
« Il faut arrêter de se contenter de réagir à chaque fois qu’il y a une montée des tensions militaires : ces tensions ne sont que l’expression de tensions politiques. »
« Les rapports de l’ONU disent que Gaza ne sera bientôt plus viable, que ça ne l’est d’ailleurs peut-être déjà plus. »
« Il faut s’attaquer aux causes : l’occupation, le blocus, la négation des droits politiques des Palestiniens. »
« Les résolutions du conseil de l’ONU ne sont jamais appliquées donc il n’y a pas grand chose à attendre de l’ONU – et pas plus de la France d’ailleurs. »

 

Sur le rôle de la France en Israël/Palestine
« Le Quai d’Orsay a récemment condamné les tirs de roquettes et de missiles du Hamas mais ne dit pas un mot sur l’intervention israélienne. »
« Il y a une volonté de la France d’exister politiquement et diplomatiquement dans cette région du monde. »
« Plus ça va, plus les positions de la France ressemblent à celles des Etats-Unis pour ne pas dire du gouvernement israélien. »
« Le gouvernement français a noué une alliance solide avec l’Etat d’Israël. »
« Aujourd’hui, dire qu’on est pour la création d’un Etat palestinien, ne veut rien dire – même Netanyahu pourrait le dire. »
« Il faut inverser la logique, ça veut dire en finir avec un dispositif politique et militaire dont l’objectif est d’assurer un système discriminatoire et d’assurer la supériorité des Juifs israéliens. »
« Les torts ne sont pas partagés, il n’y a pas une co-responsabilité dans la situation entre Israël et la Palestine. Le responsable, c’est l’occupant. Le responsable, c’est l’oppresseur. »

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Un congrès de changement dans l’unité

Posté par jacques LAUPIES le 14 novembre 2018

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Selon moi il n’est pas pensable que les communistes puissent se diviser. Trop de choses les unissent, le passé certes mais aussi le présent où ce parti exprime des orientations largement partagées par ses adhérents et au delà !

Certes il y a des différences notamment sur la manière de conduire la vie du parti, de l’organiser, sur la manière de se rassembler avec d’autres forces, de lui assurer une lisibilité capable de lui faire gagner des forces populaires qui ne trouvent nulle part ailleurs autant de cohérence dans les idées. Bref sur des questions de stratégie, de développement et d’organisation.

Notre affaiblissement ne peut-être seulement imputable à la domination médiatique des forces du capital que nous combattons fussent-elles réformistes de droite ou de gauche, carrément réactionnaire comme il s’en trouve à droite et à l’extrême droite. Il résulte aussi d’un manque d’affirmation et de confiance en nous mêmes !

Il est possible, y compris s’il faut s’en donner le temps, de reprendre l’influence méritée et nécessaire pour non seulement stopper les politiques libérales de droite qu’incarne le pouvoir actuel mais d’aller vers de nouvelles conquêtes tant sur le plan social, que sociétal, que pour assurer et mobiliser pour la paix.

Alors effectivement se pose la question de l’élection de « dirigeants » ou comme on dit aujourd’hui des « animateurs », femme et hommes, qui vont s’atteler à mettre en œuvre les idées choisies majoritairement.

Cette élection doit aboutir à des changements et  impérativement traduire les idées que va adopter le Congrès lequel lui même ne pourra ignorer la volonté exprimée avec la base commune.

Bien entendu cela ne veut pas dire que ceux qui ne s’y sont pas ralliés doivent s’effacer. Nous avons besoin de toutes les compétences et il serait vraiment inopportun de ne pas travailler ensembles. Par contre il ne parait pas envisageable  d’élire des Directions, surtout au plan national, qui ne s’engageraient pas fermement à procéder à la mise en œuvre des nouvelles orientations.

Notamment dans la vie du parti mais également dans nos stratégies électorales où le Parti doit, tout en recherchant une représentation élargie, assumer ses responsabilités. Concernant les Européennes le Chef de file des communistes doit devenir la tête d’une liste de rassemblement assurant l’élection d’un grand nombre de Députés Européens communistes. C’est ma conviction d’ancien…

 

 

Congrès. « Le PCF doit reconquérir les cœurs et les têtes »

«	Montrer qu’une autre vie, une autre société, est possible. Mais ça ne se décide pas d’un claquement de doigts, ça se construit	», souligne Fabien Roussel. Jaulin/Hans Lucas<br /><br />

« Montrer qu’une autre vie, une autre société, est possible. Mais ça ne se décide pas d’un claquement de doigts, ça se construit », souligne Fabien Roussel. Jaulin/Hans Lucas
Mercredi, 14 Novembre, 2018

Après le vote qui a placé en tête un texte alternatif à celui proposé par la direction, le député du Nord Fabien Roussel s’est déclaré candidat pour le mandat de secrétaire national. Il explique son choix et le projet qu’il veut porter.

Le PCF est dans une situation inédite, avec deux candidats pour le mandat de secrétaire national. Pourquoi avez-vous proposé votre candidature ?

Fabien Roussel En plus d’une aspiration à un changement de nos orientations exprimée par le vote du manifeste, s’exprime également un besoin de changement de direction, laquelle doit être en phase avec les orientations actuellement en discussion. J’ai donc proposé à Pierre Laurent de se rencontrer. Nous nous sommes vus et allons encore échanger. Car j’aspire à sortir de la confrontation. L’objectif doit être de construire une direction collégiale, qui réponde au besoin de changement et d’unité qu’expriment les communistes. Je n’envisage pas d’autre scénario qu’une seule liste, qui doit incarner ce renouveau, avec un nouveau secrétaire national. S’il en était autrement, nous serions tous perdants.

Le manifeste dénonce l’effacement du PCF. Comment préconisez-vous d’y remédier ?

Fabien Roussel C’est un cri de colère. Mais comment cela peut se traduire concrètement ? D’abord avec un parti qui agit davantage. Mener des actions extraordinaires, originales, démonstratives, sur des questions comme le pouvoir d’achat, le coût du capital, l’évasion fiscale, rendrait notre parti plus visible. Ensuite, nous devons créer les conditions pour être présents aux élections. Les communistes s’expriment largement pour que nous participions aux rendez-vous nationaux. Notre absence, lors des deux dernières présidentielles, nous a mis en retrait. Et la peur n’évite pas le danger. Pour les élections locales, il faut tenir compte des contextes politiques, des rapports de forces. Ce qui compte, ce sont les idées que nous allons défendre. Nous pouvons être présents sur une liste avec d’autres, pas forcément en tête. Mais à condition que nos idées soient présentes, et notre parti respecté.

Face aux offensives macronistes, la riposte, sociale et politique, peine pour l’heure à engranger des victoires. Quel rôle doit jouer le PCF pour inverser le rapport de forces ?

Fabien Roussel Aujourd’hui, la colère domine. Si elle n’est pas nourrie par l’espoir, elle peut se traduire par le pire. Le Parti communiste doit être force de proposition pour montrer que la politique menée par Macron n’est pas une fatalité, que l’argent existe et qu’il faut de manière urgente mieux répartir les richesses. Sinon, je crains que le fascisme ne se rapproche encore du pouvoir. Notre mission est de reconquérir les cœurs et les têtes dans le monde du travail et de la création. Pouvoir d’achat, conditions de travail, vie digne, droit au bonheur… Ce sont toutes ces idées que l’on doit décliner. Le deuxième défi porte sur le climat. Une véritable révolution doit être engagée. Elle ne passe pas par des mesurettes et encore moins par une fiscalité punitive. Le dernier défi, c’est la paix, qui n’a jamais été si fragilisée. Ne nous dispersons plus, soyons à l’offensive sur ces thématiques, à mon avis, structurantes pour le Parti communiste d’aujourd’hui.

Le débat porte également, chez l’ensemble des ­communistes, sur la conception du rassemblement à gauche. Quelle vision en défendez-vous ?

Fabien Roussel À gauche, des forces politiques ne croient plus dans le clivage gauche-droite. Moi, j’y crois. Récemment, la gauche au pouvoir a déçu. Mais il existe encore des hommes et des femmes de la vraie gauche, sincères et authentiques, qui militent pour le progrès social, pour l’égalité, pour la laïcité, pour la République. Ils se sentent certainement orphelins dans le paysage politique qui domine. Le Parti communiste a la responsabilité de s’adresser à eux.

Et pour les élections européennes, le rassemblement à gauche avec d’autres formations est-il nécessaire ?

Fabien Roussel Notre congrès aborde ce sujet, et le choix des communistes doit être respecté. Il faut envoyer un maximum de députés communistes au Parlement européen pour rejeter, avec d’autres, le pacte budgétaire. Bien qu’adopté en 2013, il doit désormais être traduit dans le droit européen. Il impose aux États de réduire leur déficit jusqu’à 0,5 %. C’est la fameuse règle d’or. C’est en son nom que des économies sont faites dans nos hôpitaux, nos services publics, que beaucoup d’efforts sont demandés aux Français. Nous avons l’occasion de le rejeter, de contraindre les chefs d’État à plancher sur d’autres traités qui répondent aux besoins humains et aux défis écologiques. Comment fait-on pour y parvenir ? Ian Brossat est aujourd’hui en campagne. On doit continuer de discuter avec tout le monde pour avoir la liste la plus large possible. On doit aussi pouvoir confirmer rapidement Ian Brossat pour conduire cette liste.

Face à la crise politique, quelles réponses devraient apporter le PCF ?

Fabien Roussel Nous avons deux adversaires : la finance, mais aussi l’abstention, l’indifférence. Parmi ceux qui se détournent de la politique, beaucoup sont de gauche et ont été déçus. Nous devons nous adresser à eux. Tout comme à ces millions de salariés qui n’ont pas les moyens de vivre dignement. Montrer qu’une autre vie, une autre société, est possible. Mais ça ne se décide pas d’un claquement de doigts, ça se construit. Le Parti communiste doit avoir la tête toujours dans les étoiles, mais les pieds dans la glaise. Pour convaincre, on doit toucher, parler du quotidien, de ce que nous vivons nous-mêmes. Y mettre des mots et des visages. Construire dans les luttes et l’action. En bref, éveiller les consciences.

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Livre. Des pistes pour refonder une « Europe des peuples »

Posté par jacques LAUPIES le 13 novembre 2018

Marie-Pierre Vieu	met en débat des «	propositions chocs pour changer l’Europe	». Laurent Dard/La Dépêche du Midi/MaxPPP<br /><br />

Marie-Pierre Vieu met en débat des « propositions chocs pour changer l’Europe ». Laurent Dard/La Dépêche du Midi/MaxPPP
 
Mardi, 13 Novembre, 2018

Dans Bruxelles ne répond plus, Marie-Pierre Vieu met son expérience d’eurodéputée PCF au service du débat à gauche.

L’entrée dans le vif de la campagne européenne approche à grands pas tandis qu’à gauche les cartes ne sont pas définitivement distribuées même si les contours des listes se précisent pour certaines formations (lire page 6). La scène pourrait être occupée en mai par pas moins de six listes de gauche, dont celle du PCF. C’est dans ce contexte que la députée européenne communiste Marie-Pierre Vieu a pris la plume : « Je continue à ne pas me résoudre à cet horizon destructeur », écrit-elle, dessinant, dans Bruxelles ne répond plus (1), « un certain nombre de réflexions et propositions pour redresser la barre en France, dans l’UE, à gauche ». L’objectif ? Éviter « la victoire des logiques identitaires au détriment de l’égalité et de la redistribution sociale ».

Trois options stratégiques sont sur la table

Dans cet ouvrage, l’élue, entrée au Parlement européen en 2017, part de son immersion dans les rouages de cette Europe minée par la pauvreté et les inégalités dont elle décrit les mécanismes. Au-delà du « dogme de la concurrence et du libre-échange » ou du diktat de l’austérité, la question de la démocratie devrait occuper, souligne-t-elle, une place toute particulière dans le combat de la gauche. Persuadée que le Parlement européen devrait obtenir plus de pouvoir en tant que « relais dont peuvent bénéficier les peuples », elle fait part des combats d’ores et déjà menés ces derniers mois aux côtés des syndicats des transports ou encore des ONG sur les enjeux énergétiques. En écho aux quatre axes de campagne (travail, service public, argent, écologie) listés par sa formation, l’eurodéputée met en débat « 36 propositions chocs pour une Europe des peuples », de l’interdiction du détachement des travailleurs à l’abolition du marché carbone, en passant par l’harmonisation fiscale.

Mais, à gauche, si nombre de ces propositions pourraient faire consensus, le différend s’exprime sur le chemin à suivre pour en finir avec l’Union européenne actuelle. Alors qu’un tel débat s’ouvre au sein de son propre parti à l’occasion du congrès du PCF, la députée n’élude pas la question. « Trois options stratégiques sont sur la table : menacer de sortir de l’Union, pratiquer la politique de la chaise vide ou utiliser tous les leviers d’action à disposition d’élus et de gouvernements progressistes », décrypte-t-elle, se prononçant pour la dernière. La rupture est-elle pour autant consommée ? Pas sûr de son point de vue, à condition de consacrer « comme exigence prioritaire la sortie des politiques libérales et la primauté du rassemblement contre l’austérité ».

(1) Éditions Arcane 17, 110 pages, 9 euros.
Julia Hamlaoui

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