Sécurité contre qui ?

Posté par jacques LAUPIES le 20 juillet 2017

 

 

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Christian Favier : « On se dirige vers la République des préfets »

Entretien réalisé par Julia Hamlaoui
Mercredi, 19 Juillet, 2017
L’Humanité

Entretien. Le projet de loi sur la sécurité est examiné jusqu’à aujourd’hui au Palais du Luxembourg. Les sénateurs PCF voteront unanimement contre.

Pourquoi considérez-vous que le projet de loi « renforçant la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme » pérennise l’état d’urgence ?

Christian Favier Le gouvernement, qui craint d’être accusé de faiblesse par rapport au terrorisme, ne sait plus comment sortir de l’état d’urgence. Alors, plutôt que d’en finir réellement avec cet état d’exception prolongé pour la 6e fois jusqu’en novembre prochain, il a décidé de l’inscrire dans la loi, dans le droit commun. C’est la République des préfets. Avec cette loi, ce seront eux qui, comme sous état d’urgence, pourront déclencher une série de mesures comme la mise en place de périmètres de protection avec des contrôles, des fouilles, des palpations qui pourraient, puisque l’État ne se donne plus les moyens de sa politique, être effectués par des agents de sécurité privée venant compléter les effectifs de police. Avec de telles dispositions, on entre dans une forme d’état d’urgence permanent et de rupture de l’équilibre entre les pouvoirs judiciaire et administratif. Cet arsenal n’est pourtant pas très efficace contre le terrorisme, comme le montre la chute drastique au fil du temps du nombre de perquisitions ou d’assignations, que permet pourtant déjà l’état d’urgence.

Des voix s’élèvent pour dénoncer le changement de conceptions de la justice, qui punirait désormais préventivement. Partagez-vous ces critiques ?

Christian Favier C’est un vrai danger. Au nom de la lutte contre le terrorisme, cette loi banalise des mesures attentatoires aux libertés prononcées sans procès ni condamnation, mais uniquement sur la base du soupçon. Nous ne pouvons l’accepter surtout que ce texte, présenté comme le moyen de renforcer la lutte contre le terrorisme, porte aussi sur la sécurité intérieure. Nous nous inquiétons du risque de dérive, qu’il soit utilisé à d’autres fins que la prévention des attentats. Par exemple en cas de conflits sociaux, comme on l’a observé au moment de la mobilisation contre la loi El Khomri ou lors de la COP21, toujours au prétexte d’un risque de trouble à l’ordre public. Il ne s’agit pas de sous-estimer le risque réel, mais ce texte porte au-delà de la période de la menace terroriste. De par la loi, ces mesures pourront s’appliquer tout le temps.

La droite sénatoriale estime préserver les libertés publiques avec l’adoption d’amendements restreignant certaines dispositions gouvernementales. Qu’en pensez-vous ?

Christian Favier Les critiques qui montent de partout ont obligé le gouvernement lui-même à tenter de trouver quelques pare-feu, loin d’être suffisants. Quant à la droite, elle espère se donner le beau rôle dans une mise en scène politicienne. Nous lui avons connu lors de débats précédents une volonté d’aller beaucoup plus loin. Des élus socialistes hurlent aussi leur désaccord et présentent des amendements de suppression de certains articles. Or ce projet s’inscrit dans la continuité des précédentes lois, en particulier celles votées sous le gouvernement Valls. Les amendements adoptés en commission des Lois du Sénat ne sont pas suffisants parce qu’ils ne remettent pas fondamentalement en cause le basculement opéré entre les pouvoirs judiciaire et administratif. En revanche, d’autres mesures seraient nécessaires comme le développement du renseignement, de la police de proximité, qui permet un lien étroit avec la population complètement disparu sous Sarkozy… Cela passe également par une sécurité réelle des individus en matière de travail, de protection sociale, d’études. Cela permettrait de créer dans la population le climat de confiance indispensable.

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Essayez d’y voir clair sur la situation au Vénézuéla !

Posté par jacques LAUPIES le 19 juillet 2017

 Les deux articles ci dessous ont un contenu singulièrement différent de ce que nous racontent régulièrement la plupart des médias français.

Quand la lutte des classes dans  un pays atteint cette dimension politique mettant en opposition conservateurs et progressistes cela n’a rien d’étonnant et si Trump soutient les séditieux point n’est besoin de tergiverser pour choisir son camp entre le capital et le travail.

A moins de vouloir à tout prix enfiler les mouches !

 

Venezuela. Washington intimide Caracas

 

Cathy Dos Santos
Mercredi, 19 Juillet, 2017
L’Humanité

Trump menace de sanctions le pouvoir socialiste alors que l’opposition veut instaurer un exécutif parallèle.

La Maison-Blanche fait le choix de la sédition. Après avoir salué la consultation pourtant dépourvue de valeur juridique organisée dimanche au Venezuela par les dirigeants de la Mesa de Unidad Democratica (MUD), Washington poursuit son ingérence. Lundi, Donald Trump a brandi la menace de sanctions contre Caracas, emboîtant ainsi le pas à l’opposition de droite qui cherche à déloger, par tous les moyens, le Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV) et le président, Nicolas Maduro, du pouvoir. « Si le régime Maduro impose son Assemblée constituante le 30 juillet, les États-Unis adopteront des mesures économiques fortes et rapides », a averti le chef de l’État dans un communiqué contre le processus constituant présenté par les autorités comme une issue à la grave crise politique et économique que connaît le pays.

L’interventionnisme américain dans les affaires internes vénézuéliennes se fait des plus pressants. Ainsi, le républicain est allé jusqu’à demander la tenue « d’élections justes et libres ». Comme si le pays n’avait pas connu ces deux dernières décennies près de vingt scrutins scrutés à la loupe par une kyrielle d’observateurs internationaux, dont l’ancien président Jimmy Carter, qui n’ont rien trouvé à redire au système électoral.

Appel à la grève générale

Coutumier des déclarations injurieuses, le locataire de la Maison-Blanche a cru de bon ton de qualifier le président Maduro de « mauvais dirigeant rêvant de devenir dictateur », confortant ainsi les outrances de la droite vénézuélienne. Les dirigeants de l’opposition, forts du soutien de la première puissance mondiale qui lorgne sur les importantes réserves pétrolières du Venezuela, ont appelé à une grève générale jeudi. Plus inquiétant encore, ils ont annoncé qu’ils nommeraient aujourd’hui un gouvernement « d’union nationale » à leur main. Façon de créer un exécutif parallèle dans un État parallèle. Illégal, certes, mais avec le soutien de la Maison-Blanche.

Venezuela. Insurrection de droite contre la Constituante

 

Cathy Dos Santos
Mardi, 18 Juillet, 2017
L’Humanité
Caracas, 16 juillet. Des électeurs patientent devant un bureau de vote, lors de la journée de test organisée par le conseil national électoral, avant le scrutin de la Constituante du 30 juillet. Federico Parra/AFP<br /><br /><br />
Caracas, 16 juillet. Des électeurs patientent devant un bureau de vote, lors de la journée de test organisée par le conseil national électoral, avant le scrutin de la Constituante du 30 juillet. Federico Parra/AFP

À la suite de sa consultation militante de dimanche, qui n’a pourtant aucune valeur juridique, l’opposition entend renforcer sa stratégie à hauts risques contre le gouvernement.

La polarisation ne connaît pas de trêve au Venezuela. La journée de dimanche en a été une inquiétante démonstration avec la tenue de deux consultations.

La première, officielle, promue par le Conseil national électoral, avait pour but de tester les bureaux de vote avant l’élection d’une Constituante le 30 juillet, était présentée par le président, Nicolas Maduro, comme une issue à la crise économique et politique que connaît le pays.

La seconde, militante, organisée et supervisée par l’hétéroclite coalition de la Mesa de la Unidad Democratica (Table d’unité démocratique – MUD), avait justement pour objectif de contrecarrer le processus constituant. À Caracas, dans les quartiers populaires, où la mobilisation chaviste avait fait défaut lors du scrutin législatif de décembre 2015 remporté par la droite, des foules compactes se sont pressées devant les centres de votation dès les premières heures du matin. « Je ne sombre pas dans des triomphalismes excessifs, mais il est nécessaire de reconnaître le talent démocratique du peuple », a estimé Jorge Rodriguez, le responsable de la communication du commando de campagne Zamora.

Un message inaudible pour la droite qui crie victoire, en revendiquant une participation de 7,2 millions d’électeurs sur les 19,5 millions que compte le corps électoral mais sans aucune vérification possible.

Objectif : renverser le président Nicolas Maduro

Cette consultation militante et contrôlée de bout en bout par la MUD n’a aucune valeur juridique. L’issue des résultats, que l’on ignorait encore à l’heure où nous rédigions ces lignes, n’est d’ailleurs pas essentielle. L’opposition entendait surtout montrer ses muscles afin de conforter sa stratégie d’isolement du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) et des structures de l’État où ce dernier est majoritaire.

Les trois questions posées aux Vénézuéliens l’illustrent. L’objectif premier est de rejeter la Constituante qui a vocation à remplacer l’Assemblée nationale dominée par la droite. Le deuxième est d’imposer, par tous les moyens, la tenue d’élections dites « libres ». Enfin, le dernier consiste à jouer sur d’éventuelles dissensions au sein des forces armées, en leur demandant de défendre l’actuelle Constitution.

Promue en 1999 par le président défunt Hugo Chavez et pourfendue à l’époque par l’opposition, cette dernière veut faire du Parlement le lieu exclusif des décisions politiques au mépris pourtant de l’actuel texte fondamental qui consacre cinq pouvoirs (exécutif, législatif, judiciaire, moral et électoral). Plus inquiétant encore, les principaux dirigeants de la MUD parlent désormais d’« heure zéro » que l’on peut qualifier de tournant dans leur politique insurrectionnelle visant à redoubler la pression dans les rues mais également dans les institutions qu’ils contrôlent.

Le but est de renverser le président, Nicolas Maduro, avant que n’expire son mandat en 2018. Cette tactique est à l’origine de violences qui ont fait au moins 100 morts et plus de 1 000 blessés depuis le mois d’avril. Les responsables de l’opposition en appellent également à « l’international », forts du soutien de l’Organisation des États américains, des gouvernements conservateurs de la région et, dans une moindre mesure, de l’Organisation des Nations unies.

Le Parti socialiste a annoncé un recours contre la consultation

« Après cette impressionnante consultation pacifique, constitutionnelle et démocratique, ce que devrait faire Maduro, c’est arrêter la Constituante dès les prochaines heures », a exhorté Henrique Capriles, candidat malheureux de la MUD à deux élections présidentielles. Au terme de la journée de dimanche, les autorités ont déploré la mort d’une femme devant un bureau de vote. Quant à la légalité constitutionnelle, l’affaire est tout autre.

La direction du PSUV a annoncé qu’elle déposerait aujourd’hui un recours devant le Tribunal suprême de justice, au titre que la consultation de dimanche n’est pas constitutionnelle. « Donnons une chance à la Constituante, à l’unique chemin pour consolider le modèle social, récupérer l’économie au sein d’un modèle économique productiviste socialiste, véritablement humaniste », a répondu le chef de l’État à l’opposition.

Une même ligne séditieuse

L’opposition entend « matérialiser le mandat » qu’elle aurait reçu, dimanche, à l’issue de la consultation qu’elle a organisée, a déclaré hier Julio Borges, le président du Parlement. L’ « heure zéro », prônée par nombre de dirigeants de droite bien avant la tenue de cette journée consultative, vise à approfondir la sédition à l’œuvre dans les espaces publics et institutionnels. Cette tactique n’est pas nouvelle. En 2014, déjà, l’opposition lançait « l’issue », une stratégie de violence de rue afin de renverser le pouvoir socialiste, faute d’y être parvenue dans les urnes, et qui a provoqué la mort d’une quarantaine de personnes.

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Les femmes ont bon dos !

Posté par jacques LAUPIES le 18 juillet 2017

 

Les systèmes d’exploitation de l’homme par l’homme ont évolué avec la marche en avant de l’humanité depuis les sociétés primitives où, dit-on les humains pouvaient renouveler leur force de travail en consommant moins que cette force lui permet de créer.

Quelle place pour la femme dans ce processus où il n’est pas question d’elle selon la formule, où elle se trouve marginalisée pour une simple affaire de sémantique ?

Evidemment la même place que l’homme, ce qui devrait nous conduire à ne pas nous emberlificoter, comme on le fait trop souvent, à considérer que les femmes au pouvoir sont exemptes de cruauté et auraient une manière plus atténuée de mener le combat de classe. Il y a suffisamment  d’exemple, passés ou présents pour affirmer pour démontrer que certaines d’entre elles n’ont rien à envier à leurs compagnons de classe.

Par contre la femme a été placée par l’évolution de, « clouée » dans sa fonction reproductrice de notre espèce dans une situation qui la rend souvent dépendante de l’homme. De là à mettre dans le même sac la bourgeoise chargée d’assumer la descendance, la prolétaires clivée au foyer, ou encore la prostituée sacrifiée à la vente de ses charmes, il y a un pas qu’il est préférable de ne pas franchir ! Les mœurs évoluent !

a suivre

 

 

 

 

« Macron et le ventre des femmes africaines, une idéologie misogyne et paternaliste »

Entretien réalisé par Rosa Moussaoui
Lundi, 17 Juillet, 2017
Humanite.fr

Désigner la fécondité des femmes africaines comme une entrave au développement du continent, c’est leur faire porter la responsabilité de la misère et du sous-développement, pour absoudre l’Occident, estime la politologue Françoise Vergès*. 

Lorsqu’Emmanuel Macron désigne la fécondité des femmes africaines comme une entrave au développement du continent, dans quelle tradition idéologique s’inscrit-il ? 
 
Françoise Vergès. Disons déjà que les États ont toujours voulu contrôler la fécondité des femmes. Mais la déclaration selon laquelle le développement du continent africain serait freiné parce que les femmes africaines feraient trop d’enfants est directement liée à l’idéologie occidentale d’après-guerre qui attribue aux femmes du Tiers monde la responsabilité de la misère et du sous-développement, ce qui évidemment absout l’Occident.
Traite et colonialisme – travail forcé, déplacement de populations, guerres, massacres – n’auraient donc eu aucune conséquence. Dès les années 1950, cette idéologie, dans laquelle les États Unis jouent un grand rôle, va devenir vérité et autoriser de vastes campagnes antinatalistes (stérilisation forcée, contraception sans consentement) visant minorités, peuples autochtones, peuples sous domination.
Notons que des États du Tiers monde vont adopter cette idéologie. Parmi les arguments de cette idéologie, il y a aussi la menace que ferait peser cette fécondité sur la sécurité – les enfants devenus adultes seraient tentés par la migration vers les pays riches ou par la révolution. Dans les congrès sur la population mondiale, des hommes, religieux, hommes d’Etat, experts en tous genres, dissertent sur le ventre des femmes, elles-mêmes étant en général absentes des débats. C’est une idéologie misogyne – les femmes seraient irresponsables – et paternaliste – les femmes seraient des victimes – à laquelle se mêle une idée de la supériorité de l’Occident (les femmes en Europe qui ont eu à une époque pas si lointaine beaucoup d’enfants n’auraient elles jamais entravé le développement). 
 Si l’Afrique connaît un taux de croissance démographique important, il faut savoir que le continent a longtemps été sous-peuplé, et que ce continent comparé à certains pays (Inde, Chine) a eu un taux de croissance démographique très bas. Il faut, aussi, reconnaitre que le taux de fécondité n’est pas le même d’un pays à l’autre, qu’il est assez faible dans certains pays, l’Afrique n’est pas « un pays ». Enfin, les femmes africaines, dès qu’elles ont le choix,  font moins d’enfants. 43% des naissances ne sont pas désirées, l’accès à la contraception étant difficile. 
 
Quelles authentiques entraves ce discours sur la fécondité des femmes africaines passe-t-il sous silence ? 
 
Françoise Vergès. L’Afrique a été pillée, elle continue à être pillée avec la complicité de gouvernements africains, on le sait. Elle n’est pas à l’abri du capitalisme mondial qui repose sur l’économie d’extraction et le productivisme. Cela fait longtemps que des Africaines et Africains ont fait la critique de l’idéologie du développement à l’occidentale, que de jeunes intellectuels, artistes, économistes, philosophes, sociologues, partant de l’analyse des contradictions locales, régionales et transnationales, font des propositions. Cela fait longtemps que tout une jeunesse ne se tourne plus vers l’Occident. Il y a de formidables énergies sur le continent, des groupes, des associations, des entrepreneurs qui cherchent des voies de développement à partir des ressources et des savoirs du continent, dans le respect de l’environnement et de la dignité de chaque personne, loin des idéologies occidentales de développement basées sur le PIB. L’Europe veut continuer à croire qu’elle est indispensable, mais elle est de plus en plus seule à le croire. 
 
En soi, la croissance démographique freine-t-elle mécaniquement la possibilité d’un développement durable, respectueux des êtres humains et de l’environnement? 
 
Françoise Vergès. Les femmes, il faut le dire et le répéter, font moins d’enfants dès qu’elles en ont le choix. C’est d’abord à elles qu’il faut penser, aucune femme n’a envie d’avoir des grossesses successives qui l’épuisent et n’assurent pas aux enfants qu’elles ont de vivre pleinement. Quel mépris de parler des femmes de cette manière! Le respect des êtres humains et de l’environnement n’est pas d’abord menacé par le nombre d’enfants mais par un système économique et politique qui ne cherche pas à améliorer la vie de chaque être humain mais à continuer à distinguer entre des vies qui comptent et des vies qui ne comptent pas. Quand les vies qui ne comptent pas sont si nombreuses, c’est là qu’est le danger. Il y a péril en la demeure mais les dirigeants continuent à pérorer sur de vieilles idées, à rivaliser entre eux en adoptant des postures plus insignifiantes les unes que les autres. Que des dirigeants multiplient les obstacles au contrôle des femmes sur leur fertilité, qu’ils les encouragent à faire des enfants mais sans offrir services de santé et d’éducation, ou qu’ils les accusent de favoriser la misère, dans tous les cas, ils instrumentalisent le ventre des femmes. 
 
*Le ventre des femmes. Capitalisme, racialisation, féminisme, Françoise Vergès, Albin Michel, 2017.

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Macron au plan international : c’est comme les autres !

Posté par jacques LAUPIES le 17 juillet 2017

 

Je trouve erronée cette propension à attribuer à un seul homme des orientations politiques fondamentales dont il serait l’instigateur providentiel.

Qu’il y ait un lien entre les choix politiques d’un individu  et son action confortée  par le pouvoir dont il dispose pour les appliquer je veux bien l’admettre. Je crois même que c’est une évidence mais ses choix personnels sont toujours liés au possible que donne des contextes historiques donnés. 

Ce qui dépend  les conditions de développement  économique (résultant de celui des forces productives) de l’état des développements particuliers à chaque pays qui expriment des inégalités indiscutables, de la nature des pouvoirs politiques à l’échelle nationale et internationale, des différents degrés d’exploitation et des résistances qui s’y opposent donc de la nature des rapports sociaux 

Autant d’élément dont un chef d’état doit tenir compte, à supposer qu’il veuille servir son peuple.

Le premier de ces éléments et non des moindres est qu’il ne soit pas au service de la classe des possédants, et s’il prétend ne pas y être parce que prônant la défense de l’intérêt général, qu’il affirme sa neutralité par une théorie et des actes appropriés.

Le nouveau Président n’offre évidemment aucune de ces garanties. Sur le plan économique il est libéral et donc, de fait, soutient un système fondé sur l’aliénation du travail et la recherche du profit ce qui le conduit sur le plan social  malgré des effets d’annonce trompeurs à réduire la part consacrée à la rémunération du travail à l’avantage du capital, comme la plupart de ses prédécesseurs.

Au plan  international il veut incarner une stratégie qui parait différente de celle des courants politiques qui émergent au niveau des grandes puissances économiques mondiales, ou les oligarchies financières et industrielles imposent leur dictat en fonction des conditions  politiques propres à chacune de ces puissances (USA, Russie, Allemagne, voire Chine) En réalité c’est pour tous la même démarche : recherche d’un pouvoir politique plus fort au services des tenants du capital  dans les secteurs où ils interviennent (énergie, armement, agro alimentaire, numérique, transports, etc.) ce qui explique les luttes d’influence géopolitique et parfois des contradictions source de conflits. Les peuples sont bernés !

 

 

 

 

 

Diplomatie. De l’atlantisme au gaullisme, Macron incarne toutes les lignes

 

VADIM KAMENKA
Samedi, 15 Juillet, 2017
Humanité Dimanche

Deux mois après son élection, le nouveau chef de l’État français a déjà multiplié les sommets ­ Otan, G7, UE… ­ et les rencontres ­ Donald Trump, Vladimir Poutine, Angela Merkel et Narendra Modi. Depuis le début de son quinquennat, ce président a décidé d’investir le champ de la politique étrangère et européenne. Mais quelle ligne va-t-il incarner ?

Le président Emmanuel Macron se rendra en Allemagne pour son premier G20, les 7 et 8 juillet. Depuis le début de son mandat, le chef de l’État entend incarner une nouvelle politique étrangère et européenne : la sienne. Elle passe par une rupture avec ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy et François Hollande. Estce pour renouer avec une ligne gaullo-mitterrandienne ? Pour Christian Lequesne, chercheur au Centre de recherches internationales (Ceri), cela ne fait guère de doute : « Emmanuel Macron en reprend les standards. Il y a une forme de rupture avec les deux précédents quinquennats, qui basaient en grande partie leur diplomatie sur la question du respect des grands principes et de valeurs démocratiques. Il semble y avoir chez le président français une tendance à la diplomatie des intérêts. On peut la caractériser comme une sorte de pragmatisme » selon lequel « la France doit pouvoir discuter avec tout le monde ».

FINI LE NÉOCONSERVATISME ?

Le président français l’a clairement affirmé. Dans son entretien accordé à huit titres de presse européens (« le Figaro », « Süddeutsche Zeitung », « le Soir », « The Guardian », « Corriere della Sera », « El Pais », « Gazeta Wyborcza » et « le Temps »), le 21 juin dernier, Macron y affirme : « Avec moi, ce sera la fin d’une forme de néoconservatisme importée en France depuis dix ans. La démocratie ne se fait pas depuis l’extérieur à l’insu des peuples. La France n’a pas participé à la guerre en Irak et elle a eu raison. Et elle a eu tort de faire la guerre de cette manière en Libye. » De son côté, Pascal Boniface (géopolitologue) y voit un moyen de se référer « à deux présidents emblématiques de la Ve République, un double patronage et de droite et de gauche. Sur le fond, le gaullo-mitterrandisme est une rupture avec la politique étrangère de la IVe République, marquée par les guerres coloniales et l’atlantisme.
La question de l’indépendance en est le point central : la France est un pays occidental, mais pas seulement. Elle parle librement, en alliée, pas en alignée. Le gaullo-mitterrandisme s’oppose à ce qu’on nomme le courant atlantiste pendant la guerre froide, néoconservateur ou occidentaliste désormais (1). »

RENOUER AVEC LE KREMLIN

La réception de Vladimir Poutine en grande pompe à Versailles, le 29 mai, est apparue comme une volonté de renouer un dialogue apaisé avec la Russie. Sous la présidence Hollande, les relations ont été particulièrement tendues sur un certain nombre de dossiers : Iran, Syrie, Ukraine. Cela avait même débouché sur un report d’une visite de Vladimir Poutine à Paris, le 19 octobre 2016. Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, qui s’est rendu fin juin à Moscou, voit des points de convergence avec la Russie sur la diplomatie et parle d’« une fenêtre d’opportunités » sur la Syrie (2). Poutine voulant éviter l’enlisement et la France ayant largement évolué puisqu’elle ne fixe plus le départ de Bachar Al Assad comme un préalable à toute négociation pour le processus de paix.

TOUT TENIR

Mais cette rupture avec le néoconservatisme et l’interventionnisme d’Emmanuel Macron apparaît surjouée. Le président français assume aussi la politique musclée de Nicolas Sarkozy et François Hollande, qui ont participé à de nombreux conflits (Libye, Côte d’Ivoire, Mali, Irak…). Le nouveau chef de l’État serait prêt sur la Syrie à des représailles militaires contre le régime en cas d’attaques chimiques.
La France n’hésiterait pas à agir seule pour faire « respecter sa ligne rouge », a-t-il affirmé, à l’instar de Donald Trump qui a ordonné une frappe militaire contre l’armée syrienne, le 4 avril dernier. Macron ne rompt donc aucunement avec l’atlantisme. Et le président va jusqu’à inviter Donald Trump pour les célébrations du 14 Juillet, à Paris. Un geste hautement symbolique, que l’Élysée explique par une volonté de ne pas rompre le dialogue après une « opposition » sur la COP21.
Reste que la rupture d’Emmanuel Macron avec le néoconservatisme et l’interventionnisme semble surjouée.
 
L’objectif officiel est de célébrer « les 100 ans de l’entrée en guerre des États-Unis aux côtés des troupes françaises pendant la Première Guerre mondiale ». Officieusement, l’Élysée entend faire revenir les États-Unis dans le processus de lutte contre le réchauffement climatique et travailler ensemble sur les conflits au Moyen-Orient, notamment sur le dossier syrien et la lutte contre le terrorisme.
Emmanuel Macron semble donc vouloir s’inspirer de l’ensemble des lignes diplomatiques. Une méthode qui pourrait fonctionner un temps, mais qui « pourrait se compliquer si l’aura qui l’entoure venait à se fragiliser. Pour l’instant, son succès à la présidentielle le sert encore, mais si ses réformes en France deviennent problématiques, alors il pourrait perdre en crédibilité auprès des autres dirigeants », prévient Christian Lequesne (3).
 
(1) « L’Opinion » du 29 juin 2017. (2) entretien au « monde » du 29 juin 2017. (3) « politique étrangère de la France : quels défis pour le prochain président ? », site du ceri.
 

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Un affaire qui en dit long sur la justice…et ses erreurs

Posté par jacques LAUPIES le 16 juillet 2017

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Le énième rebondissement que constitue le suicide du juge Lambert interpelle effectivement sur la difficulté de tout individu confronté à des soupçons portant sur sa culpabilité dans une affaire non élucidée.  l

En l’occurrence il s’agit d’accusations portant sur sa compétence professionnelle, mise en cause à propos de ses différentes décisions concernant le déroulement de l’instruction.

Comme souvent cela renvoie à la publicité faite sur l’ »affaire » concernée. Comme le déclarait en substance une magistrate dans un débat à la télé : des crimes aussi abominables que celui – ci se produisent hélas fréquemment au fil des années mais tous ne bénéficient pas d’une publicité aussi intense.

Une publicité qui fait apparaître les erreurs de l’instruction. Provoquant ainsi la fragilisation des différents acteurs de ce drame. Ce qui  constitue qu’une erreur devient une faute impardonnable dont les intéressés se voient crédités par une opinion dépendante  d’informateurs plus ou moins compétents. Les gendarmes eux-mêmes ayant été mis en cause !

C’est ce qui semble  s’être produit pour ce juge.

On peut toujours considérer que l’homme était vulnérable, d’une pirouette ainsi renvoyer négligemment son geste à sa fragilité psychologique ! L’opinion et plus particulièrement cette bande d’abrutis qui se laisse aller à jouer les enquêteurs et les juges devant les délires journalistiques, condamnant en fonction de leur déterminisme social étriqué, cette opinion va tuer ! Non pas l’arme au poing (quoique parfois !) mais en alimentant la rumeur et faisant du mis en cause la cible à abattre.

Certains iront même jusqu’à en faire le bouc émissaire dans leurs petits calculs  et intérêts sordides. Rien n’est plus facile pour sortir de sa propre merde d’aller fouiller dans celle des autres…

On peut supposer que le juge Lambert, tout autant que d’autres victimes de cette sombre affaire n’ont pas résisté à cette conjonction entre une justice défaillante et une opinion fabriquée, entretenue, dans une fonction d’où le pire – et parfois le meilleur – peuvent émerger. En l’occurrence c’est le pire qui triomphe : la déconstruction d’une vie qui s’achève par l’autodestruction présumée de l’intéressé.

Comme disait . Gide : « Le présent serait plein de tous les avenir si le passé n’y projetait déjà une histoire » Le  petit juge avait la sienne et elle l’a bel et bien tué.

Affaire villemin. Le juge Lambert et « la machine à broyer »

Entretien réalisé par Marie Barbier
Jeudi, 13 Juillet, 2017
L’Humanité

Après avoir couvert le dossier Grégory pour l’Humanité Dimanche, Serge Garde était resté ami avec le magistrat retraité, retrouvé mort mardi soir.

Le corps de l’ancien juge Jean-Michel Lambert, 65 ans, a été retrouvé mardi soir, à son ­domicile du Mans, la tête recouverte d’un sac plastique. Une autopsie doit se tenir ce jeudi matin, mais le suicide fait peu de doutes. Jean-Michel Lambert avait été le premier juge chargé, en 1984, d’instruire l’affaire Villemin, devenue un des plus grands fiascos de l’histoire judiciaire française.

Après avoir écrit sur l’affaire Villemin pour l’Humanité Dimanche, vous étiez resté proche de Jean-Michel Lambert…

Serge Garde. On avait gardé un lien de confiance. C’était un homme sensible, honnête, qui se réfugiait souvent derrière l’humour. Il m’avait téléphoné il y a quelques jours pour me dire son effarement de l’incarcération de Murielle Bolle. Il était bouleversé. Les médias la présentaient comme un « témoin clef » de l’enquête, c’était insupportable pour lui. Jean-Michel Lambert restait persuadé de l’innocence de Bernard Laroche. Quand on vérifie sur le terrain, comme je l’ai fait en décembre 1984 avec un chronomètre, Laroche ne peut pas avoir fait ce qu’on lui reproche. Auquel cas Murielle Bolle ne serait vraiment au courant de rien. Jean-Michel Lambert regrettait que beaucoup de journalistes recommencent à se faire les porte-micros des gendarmes dans un dossier qui est accablant pour eux.

Jean-Michel Lambert a été beaucoup critiqué sur la façon dont il a instruit cette affaire ; le juge qui lui a succédé parle même d’« erreur judiciaire »…

Serge Garde. Je suis journaliste, je ne suis pas qualifié pour porter un jugement sur le travail du juge Lambert. Ce qui est sûr, c’est qu’il a été victime d’un lynchage médiatique. Il faut rappeler qu’en 1984, il était le seul juge en poste à Épinal, il avait plus d’une centaine de d en même temps. Il a eu le courage de libérer Bernard Laroche, alors que le dossier s’était effondré comme « un château de cartes », selon son expression. Il a assumé. Ensuite, journalistes et ­gendarmes ont armé le bras de Jean-Marie Villemin (le père de Grégory a tué son cousin ­Bernard ­Laroche en mars 1985 – NDLR). C’était le premier dérapage de cette affaire ignoble, qui vient de tuer une deuxième fois. Il y a quelques jours, au téléphone, Jean-Michel Lambert m’a dit : « Ça va recommencer comme en 1985, la machine à broyer est relancée. Et je suis le prochain sur la liste. » Il était effaré de constater que la presse n’avait tiré aucun enseignement de ce fiasco. J’ai senti chez lui un certain désespoir.

journaliste

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Ceux qui souffrent le plus du système ont besoin de nous…

Posté par jacques LAUPIES le 15 juillet 2017

Je suis de ceux qui pensent que le vote FN capte une grande partie de l’électorat populaire, ce qui n’a rien à voir avec un pseudo glissement de l’électorat communiste (ou e gauche en général) mais cependant correspond bien a des catégories sociologiques qui autrefois se tournaient vers un soutien au PCF et à l’extrême gauche.

Cette vision n’exclut pas un retour d’un électorat de droite et évidemment d’extrême droite qui – tradition oblige – trouve dans le FN les valeurs obsolètes auxquelles ils sont attachés.

Si chez ces derniers la lutte idéologique que nous devrions conduire, aura des effets limités, il en ira autrement pour les électorats perdus parmi les couches les moins politisées fondamentalement (notamment abstentionniste, au sein de la classe ouvrière mais aussi dans les couches non salariées) au sein desquelles il est possible d’être entendu. A condition de pratiquer un ciblage adéquat, catégories par catégories en même temps que global car trop absents dans l’entreprise notamment.

Des transformations profondes sur le plan économique ont tenu dès les année 80 nombre de générations hors des lieux où la conscience de classe se développe tout naturellement (entreprises du privé et du service public) La précarité et l’accès à l’emploi tardif, le chômage accompagné d’une dépendance familiale favorisant les rapports conflictuels plus que de solidarité, mettent en opposition ceux qui travaillent et ceux qui sont sans emplois : jeunes et retraités, immigrés et « non immigrés », etc.

Le recours à la rente immobilière pour certains salariés et surtout retraités a pu parfois aggraver la divisions entre locataires et petits propriétaires favorisant une rupture de solidarité.

Les jeunes générations n’ont de ce fait plus de référence claire sur les rapports sociaux qu’il faudrait ramener à des rapports d’exploitation du travail, réalité incontournable et cependant pas toujours perçue par tout un peuple qui en est finalement la victime.

Le Parti Communiste, critique ferme du capitalisme, et de tous ceux qui tentent de l’aménager pour perpétrer ou  aggraver cette exploitation du travail,t accroitre les profits des classes dominantes, porte l’idéal du socialisme scientifique et à un rôle historique dans la marche en avant de l’humanité. Il est irremplaçable, doit vouloir être une force déterminante mais non hégémonique et capable de rassembler.

De bien grands mots direz vous ! Sans doute, mais des mots qu’il faut inscrire avant tout dans le cœur de ceux qui souffrent !

 

 

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Macron : un agent de l’impérialisme américain ?

Posté par jacques LAUPIES le 14 juillet 2017

Ecoutez cette vidéo : elle confirme notre titre ! 

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Bruno Odent, journaliste de l’Humanité, analyse dans notre interview la gravité du moment de la venue de Donald Trump en France pour assister au défilé du 14 juillet sur les champs Elysées. Le président Français a mis les petits plats dans les grands, alors même que le nationaliste de la Maison-Blanche représente un terrible danger pour la paix et le climat. La démarche n’est pas seulement indigne : elle révèle nombre de honteuses convergences. Réalisation : Abrahim Saravaki

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Répression au Maroc

Posté par jacques LAUPIES le 13 juillet 2017

 

 

Maroc. Nasser Zefzafi, l’icône du Rif devant les juges

Rosa Moussaoui
Mercredi, 12 Juillet, 2017
L’Humanité
Le 29 mai, à Al Hoceïma, malgré la répression, les manifestants clamaient : « Nous sommes tous Zefzafi. » Fadel Senna/AFP

 

Le régime hésite sur la marche à suivre pour casser cette figure de la contestation rifaine. La diffusion d’une humiliante vidéo du prisonnier a soulevé, lundi, une vague d’indignation.

Ses diatribes, en arabe dialectal ou en tarifit, la langue berbère du Rif, ont touché les cœurs et nourri, pendant huit mois, la flamme de la révolte dans le nord du Maroc. Nasser ­Zefzafi y a gagné un respectueux surnom : « Amghar » (« le Sage »). Dans ses discours sans concession, il ­dénonce la marginalisation politique, ­sociale et culturelle de sa région, avec, toujours, ce leitmotiv : le pacifisme. Depuis son arrestation, le 29 mai, ce chômeur de 39 ans, leader du hirak, est incarcéré à la prison d’Oukacha, à Casablanca, avec une quarantaine d’autres figures du mouvement rifain. Au total, 239 protestataires font l’objet de poursuites judiciaires. Parmi eux, 176 sont détenus. De très lourdes charges pèsent sur Nasser Zefzafi : il est accusé de « complot, de propagande visant à porter atteinte à la sécurité intérieure de l’État, à l’intégrité du royaume et sa souveraineté », à travers « la perception de sommes d’argent », en menant « une ­attaque ayant pour but la dévastation, le massacre et le pillage dans plusieurs régions ».

Un mouvement social qui n’a pas connu de trêve depuis neuf mois

Lundi, il a été présenté à un juge d’instruction, qui l’a interrogé pendant plus de six heures. « Il a rejeté toutes les accusations portées contre lui et affirmé qu’il avait signé des PV qu’il n’avait pas lus », a indiqué à l’AFP l’un de ses avocats, Said Benhammani, à l’issue de l’audition. Quoi qu’il en soit, cette instruction est entachée par les allégations de torture et de traitements inhumains et dégradants infligés au détenu politique. Depuis la fuite d’extraits d’un rapport de médecins légistes demandé par le Conseil national des droits de l’homme (CNDH), une instance officielle qui corrobore ces affirmations, la guerre semble déclarée entre l’aile sécuritaire du régime et les tenants d’une politique d’apaisement dans le Rif. Dernier épisode de ce conflit larvé, lundi, un site connu pour être un relais des services marocains (barlamane.com) a diffusé une vidéo muette de Nasser Zefzafi filmé et photographié (on entend les clics de l’appareil), en train d’exposer différentes parties de son corps : jambes, dos, ventre, bras…

Le texte accompagnant la vidéo prétend, à l’appui de ces images, que le détenu ­politique ne porte pas de traces de violences, qu’il n’aurait donc pas subi de tortures. Contraindre un prisonnier à dévoiler son corps, le filmer et diffuser publiquement ces images pour alimenter la propagande des tortionnaires… le procédé a déclenché un tollé. « La publication d’une vidéo humiliante de Nasser Zefzafi est une atteinte à ses droits de prisonnier. Nous condamnons cet acte », a réagi l’Association marocaine des droits humains (AMDH). Le site d’information francophone le Desk a vu dans cette séquence « un nouvel épisode du climat délétère que traverse le pays avec son chapelet de barbouzeries continuelles ». L’administration pénitentiaire, elle, décline toute responsabilité, assurant que ces images ont été tournées avant le transfert du détenu à Casablanca. Mais le directeur de la prison d’Oukacha a été relevé de ses fonctions et muté… « Immédiatement après avoir pris connaissance de cette vidéo », le procureur général du roi à Casablanca a « ordonné l’ouverture d’une enquête pour élucider les circonstances de son enregistrement et la finalité de sa publication », indique un communiqué diffusé lundi soir. Le ministre des Droits de l’homme, Mustapha Ramid, a exprimé son « indignation ». Entre-temps, la ­vidéo controversée a été retirée,

Signe que le régime marocain, divisé, hésite sur la marche à suivre pour étouffer un mouvement social, ­politique et culturel qui n’a pas connu de trêve depuis neuf mois. La diabolisation de Nasser Zefzafi, d’abord présenté comme un séparatiste amazigh (Berbère) à la solde de l’Algérie, a laissé place à la stratégie de l’humiliation. Objectif : casser le militant, dissiper l’aura de cette figure charismatique et très populaire qui fustige la corruption, dénonce sans relâche la hogra (le mépris de l’État pour le peuple) et revendique fièrement ­l’héritage de la République ­d’Abdelkrim El Khattabi, héros de la première guerre anticoloniale du XXe siècle. Peine perdue. À Al Hoceïma, malgré la répression, les protestations se poursuivent. Avec ce slogan : « Nous sommes tous Zefzafi. »

Tapis rouge pour Hammouchi

Visé, en France, par une plainte  pour complicité de torture, Abdellatif Hammouchi, le patron de la direction générale de la sûreté nationale (DGSN)  et de la direction générale de la surveillance du territoire marocaines,  était reçu, il y a deux semaines, à l’Élysée. Proche du roi, ce sécurocrate défend  une ligne dure de répression dans le Rif. La DGSN est mise en cause par le Conseil national des droits de l’homme pour  les actes de torture infligés aux détenus du Hirak. Pas de quoi émouvoir Paris.  Au Quai d’Orsay, on affirme que  « la France est attentive à la situation complexe dans le Rif ».

Journaliste à la rubrique Monde

Maroc. Silya Ziani, voix bâillonnée du hirak

Rosa Moussaoui
Mardi, 11 Juillet, 2017
L’Humanité
 Le 11 juin, des centaines de femmes ont défilé dans les rues de Rabat pour exiger que soient relâchés la chanteuse et tous les détenus politiques du Rif. Ayoub Benkarroum<br /><br /><br />
Le 11 juin, des centaines de femmes ont défilé dans les rues de Rabat pour exiger que soient relâchés la chanteuse et tous les détenus politiques du Rif. Ayoub Benkarroum
 

La militante et chanteuse rifaine de 23 ans est détenue à la prison d’Oukacha, à Casablanca, depuis plus d’un mois. Elle ne supporte plus son incarcération, à l’isolement.

Al Hoceïma (Maroc), envoyée spéciale.

Elle doit être extraite de son étroite et sombre cellule, demain, pour être présentée à un juge d’instruction à Casablanca. Le crime de Silya Ziani ? Avoir bercé de ses chants la révolte populaire du Rif. Le régime marocain ne pardonne pas à la jeune femme d’avoir scandé, dans les rassemblements d’Al Hoceïma, cet irrévérencieux slogan : « Jalalat echaâb ! » (« Sa Majesté le Peuple ! »), jugé attentatoire à la « sacralité » de la monarchie. Visage féminin du soulèvement rifain, elle est devenue le symbole de l’arbitraire et de la répression qui s’est abattue sur les contestataires.

Parmi les 176 personnes détenues pour leur implication dans le hirak, le mouvement social, politique et culturel qui secoue la région depuis neuf mois, elle est la seule femme. « Silya a été enlevée par des hommes en civil qui, sans se présenter, l’ont poussée dans une voiture banalisée en l’insultant. Elle n’a pris conscience de son arrestation qu’une fois arrivée au commissariat d’Al Hoceïma », relate son père, Mohand Ziani. Là, son calvaire ne fait que commencer. Un commissaire de police prénommé Issam, mis en cause par de nombreux manifestants qui l’accusent de violences, de traitements inhumains et dégradants, commence, sur elle, une séance de tortures psychologiques. Il la menace de viol. Lui répète que son père, atteint d’une affection cardiaque, plusieurs fois opéré, succombera lorsqu’il apprendra son arrestation. En plein ramadan, la jeune femme, aux mains de ces sinistres policiers, n’est pas autorisée à rompre le jeûne. Et c’est le ventre vide, déshydratée, que Silya est conduite en voiture à Casablanca. Un pénible trajet de 600 kilomètres, qu’elle endure les mains menottées dans le dos.

« L’État sera tenu pour responsable de tout ce qui peut lui arriver »

Depuis le 10 juin, Silya Ziani est incarcérée à la prison d’Oukacha, à Casablanca, dans une cellule d’isolement. La scène de son arrestation hante, comme un cauchemar, ses nuits sans sommeil. « Elle a sombré dans la dépression. En proie à de violentes crises de nerfs, elle a dû être transportée à l’hôpital à plusieurs reprises. Son état physique et psychologique est très préoccupant. Elle est brisée. L’État sera tenu pour responsable de tout ce qui peut lui arriver et des séquelles qu’elle gardera de cette épreuve », prévient, très émue, son avocate, Me Souad Brahma. La jeune femme est aujourd’hui sous antidépresseurs. Elle ne supporte plus le moindre contact physique, même avec son père, qui ne peut la prendre dans ses bras lors des visites hebdomadaires consenties par l’administration pénitentiaire, chaque mercredi.

Silya n’a rien d’une militante aguerrie. Le 28 octobre 2016, le choc de la mort de Mouhcine Fikri, le jeune poissonnier d’Al Hoceïma broyé dans une benne à ordures en essayant de sauver sa marchandise saisie par des agents de la municipalité, a suscité chez elle une douloureuse prise de conscience. « Je suis descendue spontanément dans la rue. J’ai voulu démontrer que les femmes sont présentes sur la place publique. Car, nous vivons dans une société patriarcale, alors que les Rifaines sont connues pour leur engagement », expliquait-elle avant son arrestation.

Dès les premières manifestations, elle a interrompu le cursus de langue et de culture amazigh (berbère) qu’elle suivait à la faculté de lettres d’Oujda. Pour l’état civil, elle se prénomme Salima. Avant 2011, il était interdit, au Maroc, de baptiser les nouveau-nés d’un prénom berbère… Alors elle s’est elle-même choisi un prénom d’usage, puisé dans la tradition amazigh, Silya. Elle chante dans sa langue des mélopées dont elle compose la musique, écrit les paroles.

« C’est une artiste. Elle n’était pas du tout préparée à subir un traitement d’une telle violence. Elle ne comprend pas ce qui lui arrive. C’est pour elle un traumatisme profond », remarque Khadija Ryadi, militante des droits humains, très impliquée dans la campagne lancée par des femmes marocaines pour sa libération.

Le sort de cette jeune voix de la révolte du Rif suscite l’émotion bien au-delà des frontières du Maroc. En Europe, en Tunisie, en Algérie, les appels en faveur de son élargissement se multiplient. Vendredi, des centaines de femmes ont défilé dans les rues de Casablanca pour exiger que soient relâchés la chanteuse et tous les détenus politiques du Rif. Le lendemain, une manifestation similaire était brutalement réprimée à Rabat.

Le même jour, le ministre des Droits de l’homme, Mustapha Ramid, muet sur la répression, se disait favorable au placement de la jeune femme en « liberté provisoire », pour raisons de santé. Depuis, des rumeurs sur sa libération vont bon train. « Je n’y crois pas. Il n’y a aucun signe tangible en ce sens. Jusqu’ici, ils se sont comportés avec nous comme si nous n’étions pas des Marocains », soupire le père de la prisonnière. « Ce régime est imprévisible, mais il est sensible aux pressions, nuance Khadija Ryadi.

Malheureusement, les sécuritaires se montrent impitoyables dans le dossier du Rif et s’ils mettent leur veto, la libération de Silya sera compromise. » Du fond de leurs geôles, ses camarades ont exprimé leur solidarité avec la jeune femme. Hier, s’ouvrait le procès du leader du hirak, Nasser Zefzafi, poursuivi pour « atteinte à la sûreté de l’État ».

« Toutes les accusations qui pèsent sur eux sont mensongères ! s’indigne Me Souad Brahma. Il n’y a aucune preuve contre ces militants qui réclament, simplement, une vie digne. »

Journaliste à la rubrique Monde

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Vacances pas pour tous…Et c’est bien là le drame

Posté par jacques LAUPIES le 12 juillet 2017

 

 

Bien sur les gamins et les adolescents disposent d’une vitalité et d’une capacité d’adaptation qui, sous réserve d’un environnement familial équilibré, les conduit  à profiter de ce temps de liberté  que donnent les vacances scolaires d’été. Pour peu qu’il y ait un environnement où la campagne est proche, où des ballades sont possibles à vélo, des lieux de baignades accessibles et protégés et une bande de copains pour partager cela, la joie de vivre s’exprime, le corps se développe. Bref la vie peut être belle  dans une parfaite insouciance.

J’ai connu cela et pour pas cher, dans une campagne merveilleuse où pentes abruptes et boisées des Cévennes naissantes, où le Gardon, la rivière si attrayante du matin au soir,  rafraichissante, captivait l’essentiel de nos jeux, tout autant que les jeux inventés dans les vestiges d’une exploitation minière abandonnée depuis  un demi siècle, sans compter les excursions dans la partie sauvage et sauvegardée de ces montagnes qui savaient résister au soleil brûlant de juillet et d’aout.

Il y avait du danger à courir dans ces forêts de châtaignier que nous escaladions en véritable casse-cou, tout autant qu’à jouer les équilibristes sur de vieilles et hautes murailles d’anciens hangars de stockage de minerai ou encore en apprenant à nager dans des courants profonds que nous appelions improprement des gours. Des risques pris comme autant de défis que personne ne nous fabriquait.

Les vacances loin de la ville, pour ce qui nous concernait, débutaient assez tôt ! En 1944 à cause des bombardements elles ont duré d’avril à octobre mais par la suite elles se sont prolongées les trois mois d’été et, jusqu’à mes quatorze ans, elles furent une sorte de vie inconsciente au paradis.

Les enfants puisent dans ces instants de liberté bien des éléments qui leur permettront d’aspirer toute leur vie à cette liberté. Comment ne pas être reconnaissants à l’égard de ces aïeux qui m’ont laissé vivre ce temps. Bien que bousculés par des années de guerre de privation, livrés à une pauvreté au sein de laquelle grondait une révolte qui me parait aujourd’hui parfois éteinte ! Est ce une illusion et les choses n’auraient pas tellement changé depuis ?

Je me garderai bien d’opposer ces vacances à celles organisées, parfois aseptisées, dont rêvent pour leurs enfants des parents emprisonnés dans leur travail ou leur activité, dans leur habitat et les transports des grandes villes, car il ne serait pas juste de croire que ces enfants peuvent connaître, notamment dans les grandes villes, les cités, cette liberté qui fut la mienne. La prise en charge par la société des dépenses qu’implique les loisirs pour les jeunes est une nécessité. Cela implique d’importants moyens que les pouvoirs publics doivent assurer : centre aérés, sorties et visites, découverte de sa région pour les plus jeunes, accès au sport, aux activités et traditions régionales, au voyages, aux rencontres pour les adolescents.

Tout cela a un coût mais n’a pas de prix et couteraient bien moins cher que de réparer ensuite les dégâts provoqués par l’abandon de tous ces jeunes qui de treize à 18 ans et au delà parfois se livrent à des « loisirs » particulièrement malsains pour leur santé physique et psychique…L’un des plus à craindre étant la  consommation de cannabis !

 

 

 

Vacances pas pour tous...Et c'est bien là le drame dans POLITIQUE desmoyensurgents-left
  • Le Secours populaire français a organisé hier son premier grand départ en vacances pour une centaine d’enfants issus de familles modestes. Une opportunité que n’aura pas un Français sur deux, privé de ce droit fondamental. Lire la suite

     

    Le Secours populaire organisait, hier, son premier départ pour les familles modestes. Photo Charly Triballeau/AFP

    Solidarité. Ces familles qui prennent le train des vacances

    Solenne Bertrand, avec Ixchel Delaporte et Laurent Mouloud
    Mardi, 11 Juillet, 2017
    L’Humanité

    Le Secours populaire français a organisé hier son premier grand départ en vacances pour une centaine d’enfants issus de familles modestes. Une opportunité que n’aura pas un Français sur deux, privé de ce droit fondamental.

    «Rendez-vous à 10 h 15. Voie 43 en gare de Lyon. » Ce lundi 10 juillet, le grand jour du départ en vacances est arrivé pour la centaine d’enfants âgés de 4 à 16 ans invités par le Secours populaire français (SPF). Direction la Suisse pour deux longues et belles semaines. Dans une salle d’attente, aux abords du quai, parents et valises attendent sous de petits écriteaux indiquant la ville de destination. Certains iront à Vallorbe, d’autres à Lausanne. Le moment crucial de la séparation approche. « Nous avons prévu des jeux dans le train, des bandes dessinées et des cartes de la Suisse pour se familiariser avec la géographie », rassure Agathe, l’une des animatrices du SPF, au milieu des cris des petits vacanciers… Pour la plupart de ces familles, venues de quartiers populaires, ce moment reste d’autant plus magique qu’il leur fut longtemps inaccessible. « C’est génial qu’ils puissent partir », glisse une maman, bien consciente des difficultés financières que représentent ces voyages pour beaucoup. Aujourd’hui, en France, un enfant sur trois reste privé de vacances. Des chiffres malheureusement stables, souligne l’Observatoire des inégalités. Voyage, location, loisirs… l es milliers d’euros que représentent deux à trois semaines de congés restent un frein pour des millions de Français, dont certains ont abandonné l’idée même de s’évader de leur quotidien.

    Ce sacrifice, Berthe Lemarec, grâce à l’aide du Secours populaire français (SPF), n’aura pas à le faire cette année encore. À 11 h 57, sa fille Maria, 11 ans, est montée dans le TGV et a quitté sa mère pour deux semaines de vacances du côté de Lausanne. Elle y sera accueillie par Joana et ses parents, sa famille d’accueil. Munie de son sac à dos rose et de sa valise bleue, Maria connaît bien cette agitation. C’est la cinquième année consécutive qu’elle a la chance de découvrir d’autres destinations. « Je ne veux pas trop connaître le programme mais je sais que la famille m’emmène à chaque fois dans d’autres villes. On fait des randonnées, on va au zoo, on visite des grottes ! » s’enthousiasme-t-elle.

    Cette petite fille qui passe en sixième à la rentrée habite un rez-de-chaussée dans un quartier résidentiel de Puteaux (Hauts-de-Seine). Sa mère y est gardienne d’immeuble. Maria vit dans ce trois-pièces avec son frère, âgé de 16 ans, et sa sœur de 23 ans. Elle dort dans la même pièce que sa mère. « Je ne connaissais pas le Secours populaire, c’est par ma sœur que j’en ai entendu parler en 2011, explique la maman. Avant, je devais occuper ma fille tout le mois de juillet car je travaillais. Je l’inscrivais à des activités à droite à gauche et au centre aéré, mais elle n’était pas heureuse. » Le SPF lui paye le billet de train. Et la famille d’accueil prend en charge le reste du séjour. Une aide indispensable sans laquelle tout départ serait impossible. Car, chez les familles populaires, notamment monoparentales, le non-départ est la norme : 60 % des foyers gagnant moins de 1 200 euros par mois restent chez eux.

    La famille suisse n’a jamais oublié son anniversaire

    Berthe reconnaît l’importance cruciale des vacances pour sa fille. Malgré la peur de confier son plus jeune enfant à des inconnus, elle a décidé d’y inscrire Maria dès l’âge de 5 ans. « J’avais peur de l’envoyer là-bas, c’est normal quand on est maman de s’inquiéter. Mais Maria m’a appelée, une fois en Suisse, et j’ai été rassurée. » Pour des familles qui ne partent jamais, il faut aussi vaincre une certaine réticence psychologique. « Il y a une part d’inquiétude qui entrave certaines familles, qui n’imaginent même pas pouvoir prendre des vacances, souligne le sociologue Bertrand Dubreuil. Pour qu’elles l’envisagent, il faut qu’elles se sentent en sécurité, ce qui n’est pas simple quand on est au chômage ou en situation précaire… »

    Depuis cette décision, Maria est partie chaque année dans sa « deuxième famille » avec laquelle elle garde toujours le contact. La famille suisse n’a jamais oublié un seul de ses anniversaires et lui envoie des cadeaux. L’année dernière, ce sont les Helvètes qui sont montés à Paris. « Ils sont venus dormir à la maison l’année dernière, ils sont simples et bien. Ils m’ont même invitée à venir chez eux », se souvient la mère. Une amitié qui n’aurait pas vu le jour sans l’ouverture sociale que permettent les vacances. « Les effets des vacances vont bien au-delà du simple rite, elles impactent aussi les comportements, elles influent sur la relation à l’autre, sur la perception de soi et de son environnement », rappelle Michelle Demessine, sénatrice (PCF) du Nord et ancienne secrétaire d’État au Tourisme.

    Reste à pouvoir partir. Or, en dehors de l’action des associations comme le SPF, les aides financières restent insuffisantes. D’après une étude de 2014 du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc), un peu moins d’un quart des Français déclarent en avoir bénéficié pour partir en vacances. Un chiffre qui progresse (il était de 19 % en 2008) sous l’effet du développement des chèques vacances. Sauf que ces aides bénéficient en priorité aux plus aisés : 25 % des personnes gagnant plus de 3 000 euros ont reçu un coup de pouce pour partir en vacances, contre seulement 22 % des revenus inférieurs à 1 200 euros…

    Si Maria peut prendre le large, Berthe ne se le permet pas encore

    « C’est d’abord la taille ou le secteur d’activité où l’on travaille qui compte pour pouvoir bénéficier de telles aides et qui crée les écarts, relève l’Observatoire des inégalités. Cette situation résulte d’abord de salaires en moyenne supérieurs dans les grandes sociétés et de la présence de comités d’entreprise. » À titre d’exemple, seuls 19 % des chômeurs bénéficient d’un soutien pour partir en vacances, contre 31 % des personnes en emploi…

    Si Maria peut prendre le large, Berthe, elle, ne se le permet pas encore. L’envie ne lui manque pas. Mais, entre les crédits et les factures, ce n’est pas facile pour cette mère célibataire de mettre de l’argent de côté. Elle aimerait emmener ses enfants découvrir son Afrique natale, en Guinée. Trop cher. À la veille du départ, elle supervise la préparation de la valise avec attention. Entre le rangement des piles de tee-shirts et des masque et tuba, Maria rêve à son avenir. Elle s’imagine avocate. « Afin de défendre les gens comme nous », glisse-t-elle. « Tu travailleras bénévolement pour le Secours populaire français car il nous a beaucoup aidés », lui rétorque dans un sourire sa maman. Avant de boucler son bagage, Maria ressort les petits albums où elle a soigneusement consigné cinq années de vacances. Elle aime les feuilleter toute l’année et y noter ses meilleurs souvenirs. « Si je pouvais, je partirais tous les ans là-bas », rigole-t-elle.

    Le droit aux vacances, c’est pourtant la loi…
    Le droit aux vacances est inscrit dans le droit français. C’est la sénatrice PCF du Nord Michelle Demessine, qui, alors qu’elle était secrétaire d’État au Tourisme, a fait inscrire le droit aux vacances dans la loi contre les exclusions de 1998. À l’époque, elle avait mis l’accent sur le tourisme social pour faciliter le départ en vacances des personnes qui en étaient privées. Avec la création de la Bourse Solidarité Vacances, elle a mis en place les États généraux du tourisme social, en 1997, qui ont permis de montrer que des millions de personnes qui ne travaillent pas estimaient qu’elles n’avaient pas le droit de partir. Malgré les nombreux freins, la loi a formalisé l’importance d’un accompagnement social permettant de les lever et d’affirmer haut et fort que les vacances font bien partie d’un droit du citoyen.

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Une opposition se manisfeste dans le PCF face aux orientations et à la stratégie adoptées par la direction nationale.

Posté par jacques LAUPIES le 11 juillet 2017

Dans le débat qui s’engage portant essentiellement sur la stratégie du PCF en matière de développement mais aussi de recherche de rassemblement il est évident que l’échec que nous venons de subir et la perte de représentativité qui l’accompagne pour nombre de français, ne peuvent conduire à occulter  les erreurs commises. 

Ce qui naturellement pose la question des responsabilités et devrait nécessairement conduire à de sérieuses autocritiques de la part de dirigeants qui n’ont pas entendu les avertissements et ont persisté dans des prises de décisions lourdes de conséquences (engagement dans l’idée d’une candidature non communiste à la présidentielle en 2012 et 2017 que la position de la Conférence nationale à rejeté et qui n’a pu être réhabilité que par un vote partage quasi également) !

Certes cette seule « faute » stratégique qui ne réduisait en rien une politique de rassemblement, n’explique pas tout !

L’opiniâtreté de nos adversaires ou concurrents à s’en prendre à nous et à s’accommoder d’un anti communisme latent, cultivé avec des mots et en exploitant les visions caricaturales de faits historiques sélectionnés pour nous discréditer tant au plan national qu’international , sont des éléments à prendre en compte.

Mais quand un peuple souffre et que des catégories sociales (les plus nombreuses) sont privées de l’essentiel et voient les acquis sociaux – dont la plupart ont été obtenus dans des luttes avec l’appui des communistes, de leurs élus – ce peuple sait reconnaître les siens et rejeter ses ennemis de classe.

Encore faut-il qu’ils puissent nous entendre; Cela doit être notre préoccupation et cela passe par une révision complète de notre façon de « travailler en politique »

 

Document reçu de Nicolas Marchand le 5 juillet 2017

 

Intro réunion du 1/7/2017

 

Notre réunion va permettre un échange de vue sur la situation, nouvelle et grave, issue des élections présidentielles et législatives et d’envisager ce que nous devons faire.

 

Il y a, je pense, 2 questions principales:

  • ·       l’apport des idées communistes, avec des initiatives, pour des luttes offensives face à la politique du nouveau pouvoir
  • notre rôle pour contribuer à un rassemblement majoritaire des communistes pour un bilan critique sérieux des causes de notre échec, une réorientation stratégique et une nouvelle direction capable de porter avec confiance les idées communistes

 

La première question est en fait le sujet de la réunion organisée par « Économie et Politique » cet après-midi. Je ne vais pas développer ce point. Le pouvoir veut avancer très vite, avec les ordonnances, pour parachever le bouleversement libéral du code du travail, tout en cherchant à désamorcer les résistances en divisant. Sont déjà sur la table des sujets comme de nouvelles réductions des dépenses publiques, le financement des retraites. Macron est aussi très actif sur le terrain de l’Europe.  Autant de sujets sur lesquels il va y avoir besoin d’une intervention communiste forte de toute l’originalité et la cohérence de nos apports.

 

Dès maintenant il y a le défi de rassembler non seulement pour protester contre les ordonnances, mais sur des propositions alternatives. C’est le moment de s’emparer de la proposition de loi Chassaigne pour la sécurisation de l’emploi et de la formation. Cette intention est annoncée dans la résolution du CN, avec la relance de la campagne « l’été n’est pas fait pour casser le code du travail », l’invitation à des initiatives et à un travail de popularisation durant tout l’été. Contribuons partout au passage à l’acte, avec esprit de suite.

Quelques mots sur les enjeux du débat qui s’engage dans le parti, en vous renvoyant à  la tribune que nous avons rédigée avec Frédéric, Denis et Yves, et aux  interventions au CN.

Dès le lendemain du 2eme tour des législatives, nous avons formulé, les premiers, l’idée que la gravité de la situation du parti, son échec stratégique, rendait nécessaire un Congrès extraordinaire, pour un bilan, une réorientation et un changement de direction.

La demande d’un Congrès, formulée aussi par d’autres camarades, a été reprise par Pierre Laurent et par le CN, Pierre Laurent cherchant à éloigner le plus possible, fin 2018, la date du Congrès.

Cette question n’a pas été tranchée au CN, la résolution situant le Congrès soit au printemps soit à l’automne.

Notre proposition de réunion d’une assemblée des délégués des sections a également été retenue.

Par contre, sans surprise, la proposition de mise en place d’une direction provisoire, portée par notre tribune, et par plusieurs camarades au CEN et au CN n’a pas été retenue par Pierre Laurent.

La poser a permis cependant de prendre date.

 

S’il est positif qu’un Congrès extraordinaire ait été décidé – et si Pierre Laurent a été quelque peu bousculé lors du CN – la conception avancée pour le Congrès, avec la multiplication des sujets à traiter,  indique une volonté de tenter de marginaliser ou d’éviter le débat sur la stratégie et sur la direction. Il est fait grand bruit sur la question des transformations, déjà à l’ordre du jour de chacun des précédents congrès, … et plusieurs fois déjà déclarées accomplies … Surtout il s’agirait de chercher à améliorer des pratiques, en contournant le besoin d’un bilan de la stratégie et de la direction, pour des changements en phase avec l’actualité du combat révolutionnaire, l’actualité de l’action politique visant un rassemblement agissant et majoritaire pour dépasser le capitalisme.

C’est à l’assemblée des sections qu’est renvoyée la décision de préciser l’ordre du jour du Congrès. Cette assemblée va être très importante ; à plusieurs reprises de telles réunions ont pu bousculer la direction. Il faut prendre sa préparation, toute la phase qui va la précéder, très au sérieux. Et dans ce cadre, voir comment déjouer les tentatives de manipulation.

Le groupe dirigeant, qui veut absolument garder la maîtrise des décisions du congrès et le pouvoir, et qui a été alerté par sa défaite lors de la Conférence Nationale, va tout faire pour contrôler ce qui sortira de cette assemblée.

 L’assemblée des sections sera préparée par un questionnaire aux adhérents.

Cela serait, répondent certains, plus démocratique que des comptes-rendus de discussion, puisque beaucoup d’adhérents ne participent pas aux réunions

Ce questionnaire sera établi lors d’un séminaire du CN pendant l’université d’été, le 25 août.

Une demande d’engagement précis de transparence sur cette consultation a été refusée, la formule de la résolution sur ce point étant très vague et non contraignante pour la direction :

« les débats, propositions et demandes des communistes [devront être] consignés par écrit et transmis à la présidence du Conseil national pour une diffusion plus large ».

Il faut mettre ce processus sous la pression de l’exigence de transparence et de démocratie : quelle conception et contenu du questionnaire ? Où iront les questionnaires, qui en aura connaissance, qui les traitera et en fera la synthèse, sous quel contrôle démocratique ?

 

Il ne faudrait pas laisser faire une tentative de centralisation de la consultation, sous maîtrise du groupe dirigeant, avec des moyens, comme pour les sondages, d’orienter les réponses, et de déterminer centralement ce qui sera annoncé comme prédominant.

Cette méthode a déjà été expérimentée avec la pratique des « ruches », débouchant sur des synthèses déformant totalement ce qui s’était exprimé.

Nous devons contribuer au débat collectif le plus large, à son contenu, à sa remontée objective et à une transparence réelle ; encourager les dirigeants de section, de fédération à agir dans ce sens, à leur échelle, et vis à vis de la direction nationale. L’idéal serait, que la tentative de corseter le débat puisse être débordée, dès le processus de cadrage du Congrès.

Il faut faire monter l’exigence d’un bilan critique.

Pour l’élection présidentielle, les communistes ont été très partagés. Et leur vote final, qui a eu lieu sous pression de la prise de position de Pierre Laurent et de la majorité du CEN en faveur de la non-présentation d’un candidat communiste à l’élection présidentielle, malgré la décision de Congrès d’engager un communiste « dans le processus » , et le vote majoritaire de la Conférence nationale dans ce sens, a été quasiment 50/50. Depuis, une partie des camarades ont évolué, changé d’avis ou se posent des questions. D’autres trouvent une justification dans l’atterrissage à 11 députés et pensent que la situation aurait été pire avec un candidat communiste.

Cependant le constat de la réalité de notre effacement et de ses conséquences nationales aux législatives semble largement partagé. Il est en tout cas difficilement contestable.

Pierre Laurent, qui avait dans un premier temps qualifié nos résultats de, seulement, « décevants », est obligé de reconnaître un échec, de parler de notre « manque de crédibilité nationale » et de dire : « il est évident que les choix que nous avons faits pour l’élection présidentielle ne nous ont pas permis de dénouer les difficultés et de déjouer les dangers que nous avions identifiés ». Néanmoins il ne va pas jusqu’à admettre que tout cela était prévisible ni à engager sa responsabilité personnelle, ni celle du CEN. La nécessité d’un bilan est actée, mais en marge, et pas incluse dans les chantiers dits de transformation proposés au Congrès. Il va falloir que les communistes poussent.

 

Il ne s’agit pas d’incriminer les camarades qui ont été influencés par les arguments que nous jugeons défaitistes, mais de nourrir la critique de fond d’une orientation politique, et de dirigeants qui n’ont pas respecté la démocratie et ont mené le parti à un échec qui met notre existence en danger.

Malgré la promesse d’une campagne autonome, malgré les efforts de terrain de nombreux militants communistes, la campagne présidentielle n’a mis en avant que le candidat, et ses propositions, dans des conditions où s’est instauré une quasi totale confusion entre les programmes et les idées du PCF et de FI. En outre, la dynamique que le parti a lui-même nourri en faveur de JLM, a été retournée par lui avec, comme il l’avait annoncé, des candidats FI contre nous aux législatives, à l’exception de quelques circonscriptions qu’il a choisi.

La confusion n’a pas été seulement le résultat du système de l’élection présidentielle et d’une censure médiatique. Nos dirigeants ont eux-mêmes alimenté cette confusion, répétant que pour l’essentiel nos propositions étaient les mêmes.

Encore le 12 juin, Pierre Laurent était questionné sur Cnews :

Le journaliste lui dit_ « Vous avez les mêmes idées que JLMélenchon, donc c’est pas un problème d’idées, c’est un problème de nom et un problème de personne éventuellement ? »

Pierre Laurent répond_ :  « On a une partie des idées en commun » … puis il ajoute « on a des choses qui sont différentes : il y a dans notre parti une culture politique, des pratiques politiques, une expérience dans la proximité locale »

En fait, niant ou minorant la différence sur les idées, on prétendait la faire sur notre volonté unitaire. Cela ne pouvait suffire. Cela n’a pas marché.

Mais cela ne prolonge-t-il pas une démarche à l’œuvre depuis plus longtemps ; une démarche qui fait primer la recherche du rassemblement sur la bataille d’idée propre à conditionner un rassemblement au niveau nécessaire ; et même oppose l’une et l’autre, avec l’idée qu’avancer nos propositions fait obstacle au rassemblement.

Une démarche qui est en pratique une démarche d’effacement de nos idées, de notre originalité.

Cela renvoie aussi à l’incapacité, ou au refus, de la direction d’impulser des campagnes durables, tenaces permettant la promotion, la pédagogie, l’ancrage de nos idées, la perception de leur cohérence et de leur originalité

Dernier exemple en date, la « campagne » sur le coût du capital, qui, malgré les efforts de quelques uns, notamment les camarades de la commission économique, malgré l’intérêt suscité dans le parti, s’est enlisée, puis arrêtée faute d’une volonté politique au sommet de l’impulser. Et cela en même temps qu’étaient en pratique fermées les portes de ce qu’on appelait «le secteur entreprises ».

Il ne suffit pas de prononcer des formules sur la sécurité de l’emploi et de la formation, ou sur la finance, d’ailleurs, souvent déviées vers des enjeux de fiscalité, plutôt que vers le principal, la maîtrise des banques et du crédit : elles sont sans impact, incompréhensibles, sans explications, précisions, pédagogie. Les idées novatrices, qu’elles recouvrent ont besoin d’être portées dans la durée, avec conviction, et dans l’action. De même que nos propositions concernant l’Europe.

Cela supposerait aussi d’en finir avec la culture (comment la qualifier ? réformiste ? sociale-démocrate?) consistant à limiter notre ambition à un autre partage des richesses, en omettant de faire le lien, qui donne à cette idée sa dimension révolutionnaire, et sa crédibilité, à la nécessité d’une transformation de la manière de les produire, de conquérir les moyens de changer la gestion des entreprises et de les responsabiliser. (Sujet sur lequel Mélenchon fait l’impasse totale au profit d’un impossible et archaïque « tout par l’État »).

Cette conception limitée à un partage des richesses, ne serait-elle pas justement, en l’état, le « programme commun » de la « radicalité » ?

Or le projet de recomposition visant à nous entraîner sous une forme ou une autre au sein d’une « nouvelle force politique » de la gauche dite radicale, ou de transformation, est en train d’être relancé. Des idées qui ressemblent fort à celles que les communistes ont battu en 2007, refusant la dilution du PCF au sein d’une nouvelle force politique, reviennent. Frédéric Genevée, et d’autres proposent « un dépassement du PCF » ; Alain Hayot relance l’idée d’une « métamorphose ». Mais aussi, au sein du groupe dirigeant, Marie-Pierre Vieu, soulignant qu’elle n’a pas de tabou, dit ne pas avoir un avis tranché sur la question de savoir s’il faut rester le parti communiste ou aller vers « une autre force politique ».

Quant au discours de Pierre Laurent, il est trop variable, vague et ambigü …

Que penser à ce propos de la nouvelle piste avancée par Pierre Laurent comme mot identificateur du communisme : le commun ?

C’est articulé à un traitement assez bizarre de la question du changement de nom du PCF, abordée pour dire que ce n’est pas le principal, mais pas tabou non plus … On avait remarqué le questionnement insistant des journalistes pendant la campagne …

Déjà la Revue du projet, va changer de nom, mais pas pour introduire une référence au communisme, pour devenir « Cause commune ».

Il ne s’agit pas de dire que le mot « commun » nous déplaît. Nous parlons de « biens communs de l’humanité » à propos d’enjeux d’appropriation sociale mondiale.

Les « communs » est un concept auquel se réfèrent certains groupes antilibéraux qui ne veulent pas, ou plus, se référer au communisme. Il est substitué parfois à « service public », ce qui n’est pas forcément un progrès.

Mais « commun » est-il substituable à « communisme » ?

S’agirait-il d’ouvrir la voie à une prise de distance avec le communisme comme visée révolutionnaire, de transformation radicale de la société, d’une nouvelle civilisation dépassant le capitalisme ?

Là j’ai envie, sans épuiser le sujet de citer la conclusion d’un article de Paul Boccara, le 9 octobre 2007, titré « Novation, non dilution du PCF »:

«Face à l’assimilation du communisme au stalinisme ou même à l’Union Soviétique, nous pouvons discuter d’une grande campagne, avec des actes symboliques, sur les valeurs  humanistes des communistes de notre époque : pour un dépassement du capitalisme, de ses  libertés dans l’inégalité, pour un partage des pouvoirs, des ressources, des informations, des  rôles, pour un PCF d’un communisme de liberté pour chacun, de démocratie participative et  d’intervention de tous ».

Une reconstruction-refondation de la gauche est nécessaire.

Tout ne dépend pas de nous, et beaucoup de choses sont en mouvement, et incertaines.

Ne faut-il pas considérer avec conviction, et travailler à étayer l’idée qu’elle a besoin de l’apport autonome d’un parti communiste offensif, novateur, révolutionnaire.

Ni la dilution, ni le repli.

L’autonomie pour avoir les moyens, avec nos idées et nos initiatives, de contribuer à un rassemblement transformateur.

Au delà, ce serait aussi la question de l’autonomie des autres composantes, et de recherche de modalités d’alliances rompant avec les logiques de sommet.

Je signale au passage que c’est une idée que nous avons porté dans les débats du collectif unitaire auquel nous avons participé pendant la campagne présidentielle, dans la phase de mobilisation pour une candidature commune. Ce cadre politique est complexe, avec la diversité des participants, les intentions fusionnelles de certains. Mais il permet des liens qu’il nous paraît utile d’entretenir.

Parmi les questions mise en avant par la résolution du CN, j’attire l’attention sur la première :

« Comment redevenir le parti des classes populaires, au travail, à l’entreprise, dans les quartiers populaires et la ruralité ? »

Cette question peut plaire. Elle peut même chercher à réveiller, avec son « redevenir », la nostalgie du « parti de la classe ouvrière ». Mais elle porte une conception fausse, réductrice, de la base sociale qu’un parti communiste aujourd’hui doit chercher à se donner. Peut-on isoler la question des couches (doit-on dire classes?) populaires, de celle de leur rapprochement, avec les couches  moyennes salariées, voire une partie des couches supérieures. Ça concerne les entreprises, les services publics et aussi, de façon vitale pour la pérennité et la reconquête de notre influence, la plupart des communes, qu’on qualifiait autrefois « ouvrières », où notre parti est influent.

Une relance du parti communiste, dans la société de classe telle qu’elle est et se développe aujourd’hui, est-elle concevable avec une ambition limitée à influencer les couches populaires, en continuant de laisser les couches moyennes salariées à l’influence des autres forces politiques. Un rassemblement populaire majoritaire est-il concevable sans le rassemblement des ouvriers, des employés, des cadres, des intellectuels face au grand patronat et aux marchés financiers.

Enfin, la question de la direction. Le sujet a été ajouté dans la liste qui figure dans la résolution, mais sous la formule « quelle conception des collectifs de direction ? ». 

Attention : ce n’est pas l’inscription à l’ordre du jour de l’élection d’une nouvelle direction.

Pourtant si un bilan critique met en évidence l’échec du groupe dirigeant actuel, et conduit à des décisions de changement politiques, en toute logique il y aura besoin d’une nouvelle direction, vraiment acquise aux décisions du Congrès, composée de camarades plus combatifs, plus convaincus de nos idées, mieux à même d’impulser un renouveau, une renaissance du parti communiste. Cela ne pourra pas attendre le Congrès suivant. Mais cela ne pourra se faire que si l’élection de la direction est inscrit à l’ordre du jour.

Je pense qu’il faut pousser cette question, tranquillement, mais avec exigence, comme l’ont fait plusieurs camarades au CN, en tenant compte du souci d’unité des communistes, mais aussi de la nécessité de vaincre les réflexes suivistes qui ont permis aux groupes dirigeants successifs de s’auto-renouveler. On remarque d’ailleurs que Pierre Laurent et son équipe mettent beaucoup en avant Marie-Pierre Vieu et Pierre Dhareville.

Ce travail est inséparable du travail à mener ensemble pour préciser avec les communistes, les bases politiques précises de la réorientation nécessaire.

Il s’agit de poursuivre, de prolonger, sous des formes appropriées le rassemblement qui a porté très haut l’exigence d’un candidat communiste à l’élection présidentielle. Et de l’élargir.

Notre action est très utile et va être indispensable pour le Congrès qui vient.

Il nous faut voir comment gagner en efficacité, mieux fonctionner, étendre notre réseau de contacts, dans un plus grand nombre de départements et de sections.

Je pense qu’il faudrait prolonger cette réunion par des réunions décentralisées, pour lesquelles nous pourrons, avec les camarades du CN notamment, nous déplacer.

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