Belle journée : tout va bien : intox à tout vent !

Posté par jacques LAUPIES le 20 février 2018

 

 

Je me  lève un peu tard. Normal car je me couche très tard. Mais comme je dors relativement bien me voilà prêt à encaisser  la première épreuve de la journée : l’actualité du jour sur l’une des chaînes d’info. Peu importe laquelle puisqu’elles  « disent » toutes la même chose 

Bref un peu d’info sur l’affaire d’héritage Johnny Halliday revue et corrigée au gré des jours qui se suivent pour  nous faire pleurer sur les déshérités et détester l’héritière privilégiée. Sordide et qu’est ce qu’on s’en fout ! Puis on nous sert les dernières mises au point concernant l’assassin Nordahl Lelandais qui, comme le non moins célèbre, sur un autre registre, Tariq Ramadan le pseudo violeur, se trouve en consultation psychiatrique. Pas de quoi s’étonner de l’évolution médicale qui va évidemment faire enrager les justiciers des cafés du commerce !

Pour clore la rubrique faits divers, nous est signalé  un accident mortel provoqué par une avalanche. Cela nous rappelle que dès qu’une mort accidentelle survient et est « exploitable » elle va hanter les médias.

Côté politique le débat « s’élève » avec la mise à l’index de Vauquiez dont certains prétendent que l’enregistrement de ses propos n’était pas aussi clandestin qu’on le dit mais qui, en tout cas nous confirme ce que tout le monde, ou presque, sait. Bref si l’on y ajoute  les hostilités entre  Le Pen et Phillipot on peut s’interroger sur le but de la médiatisation de ces querelles droitières et extrêmes droitière qui occupent un terrain que semble bouder la « droite modérée »  et le centre et que le macronisme occupe gaillardement en répondant aux vœux du patronat ! 

Enfin les infos du jours vont se consacrer, toutes télés confondues à préparer l’opinion sur la mise en pièce de la SNCF dont elles ont le culot de dire que le statut de son personnel serait la cause de sa mauvaise gestion et de ses difficultés.

Cheminots debout, debout, la déraison tonne !

Tout va bien ! Me voilà dispo pour la douche, avaler les médicaments et boire un café, prendre la route pour rendre visite à une amie qui craint de se faire arnaquer par un opérateur de téléphone qui lui a suggéré la connexion au réseau « fibre » gratuitement et lui a donné rendez-vous à cet effet. Tout va bien !

Sur la route pas de surprise sauf que pas mal d’automobilistes me doublent à plus de cent à l’heure. Histoire sans doute de se défouler avant que la limitation portée à 80 KMH ne les appelle à plus de modération. Comme d’habitude ils n’en feront rien et je continuerai à payer pour eux si par malheur je dépasse les 85 kmh. Tout va bien !

Arrivé sur les lieux je découvre que les techniciens et moi même se sont déplacés pour rien car les boites de connexion sont trop éloignées du répartiteur téléphonique de l’immeuble. Du coup rien à faire. Tout va bien je reviendrai !

J‘en profite pour aller acheter une paire de chaussures, alléché par un magasin qui solde à 50 %. Bien que l’arnaque soit évidente je dépense 58 euros pour une paire qui ne vaut guère mieux et qui est affichée à 116 euros. Tout va bien je ne suis pas dupe malgré ce que doit penser la vendeuse qui doit assurer son salaire et payer charges et loyer !

Sur le chemin du retour toujours autant de « pressés » qui se foutent bien des limitations de vitesse. Arrivé je retrouve le super marché  pour acheter des éponges. Au milieu des rayons les quatre valent 2,50 euros, en bas de l’étal les mêmes sont vendues 0.55. La caissière me dit que c’est une différence de marque. Tout va bien j’ai gagné 2 euros !

 

 

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Depuis plusieurs jours et même avant la publication du rapport sur l’état de la SNCF journalistes et commentateurs croupions ne cessent de discréditer l’entreprise et d’en rendre les cheminots coupables. Seule la CGT mène la bataille pour démentir cela !

 

Syndicalisme. 300 luttes victorieuses en 2016 et 2017 pour la CGT

Clotilde Mathieu
Lundi, 19 Février, 2018
L’Humanité
Paris, en 2015. Manifestation des travailleurs sans papiers pour l’obtention du permis de séjour. CrowdSpark/J. Seddiki/AFP<br /><br /><br />

Paris, en 2015. Manifestation des travailleurs sans papiers pour l’obtention du permis de séjour. CrowdSpark/J. Seddiki/AFP
 

Le syndicat tenait, la semaine dernière, une journée des « luttes gagnantes ». Philippe Martinez appelle à rendre partout visibles les victoires des salariés.

Après sept jours de grève, les salariées du secrétariat médical de l’Institut Gustave-Roussy de Villejuif (Val-de-Marne) ont obtenu une prime mensuelle de technicité de 60 euros brut pour les assistantes médicales et les secrétaires médico-administratives, mais aussi les aides-soignantes, plusieurs postes en CDI, le paiement des heures supplémentaires. Ce même jour, le 14 février, la CGT organisait une journée des luttes gagnantes. Une victoire de plus à mettre au compteur.

Après l’échec des dernières mobilisations contre les ordonnances ou la loi El Khomri, la CGT cherche à dynamiser, positiver l’image des luttes. Et donner à voir une « CGT qui gagne » au moment où de nombreuses batailles se préparent, dans la fonction publique, dans la santé, chez les cheminots. « On nous montre souvent l’image de salariés qui pleurent parce que leur boîte ferme et qu’ils n’arrivent pas à l’empêcher, et non ceux qui luttent et qui gagnent, a affirmé Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT. Or, lorsqu’on gagne, trop souvent, on ne le dit à personne. Car les salariés sont modestes. Alors qu’un plus, même un tout petit plus, est loin d’être misérable. »

Entre 2016 et 2017, « plus de 300 luttes » ont été gagnantes, a compté son organisation. Et ce « dans tous les secteurs d’activité ». Les nombreux témoignages qui ont jalonné cette journée, au côté des luttes emblématiques comme celles du salon de coiffure du boulevard de Strasbourg de Paris 10e, de la clinique de l’Ormeau à Tarbes (Hautes-Pyrénées), ou encore des routiers, puis de la fonction publique pénitentiaire, ont montré la diversité des modalités d’action. Comme en Haute-Garonne, où la mobilisation citoyenne, l’implication des élus locaux et le soutien de députés ont permis, au bout de six mois, la réintégration d’une femme de ménage travaillant pour Onet, sous-traitant de la SNCF. Et ce « sans aucune journée de grève », rapporte un cheminot. Idem aux douanes d’Évreux (Eure), où la mobilisation des élus syndicaux, en refusant de donner un avis dans les instances du personnel, a bloqué le processus de fermeture du bureau des douanes et a rendu possible la bataille juridique.

Parfois, la naissance d’un syndicat CGT est une condition suffisante à l’obtention de nouveaux droits. C’est le cas dans cette usine de textile, où le patron décomptait les « RTT, les jours fériés ». « Nous sommes allés voir la CGT pour demander quels étaient nos droits, explique un jeune militant. En un mois, avec l’aide de nos structures, nous avons monté un syndicat, une liste. Nous avons tous été élus. Trois mois plus tard, un nouveau calendrier sur les RTT était négocié. Et un quart des salariés se sont syndiqués », raconte-t-il.

Autre lutte, nouvelle histoire, dans cette entreprise de la métallurgie spécialisée dans la rénovation de matériels roulants. « Nouveaux dans le syndicalisme », les cégétistes se sont rendu compte rapidement que leur organisation « était partout ». Un « véritable atout ». « Nous avions les informations avant notre patron », comme lorsque la RATP décide de mettre fin au contrat. « Nous n’avons pas fait de grève, la direction était avec nous. » Leur revendication : obtenir un contrat pour éviter la fermeture. Avec des administrateurs salariés dans les deux groupes de transport public et l’appui de la fédération syndicale auprès des ministères, ils ont obtenu « au final la rénovation des lignes 7 et 8 du métro parisien ».

Philippe Martinez appelle à multiplier la compilation de ces témoignages dans « les territoires, les départements » et à poursuivre le travail de syndicalisation. Et le dirigeant de conclure : « Imaginez si la CGT était partout. »

Journaliste à la rubrique social-économie

 

En témoigne

 

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Petit aperçu. La « pensée Marx » à tous les étages et de toutes les générations

Posté par jacques LAUPIES le 19 février 2018

https://www.facebook.com/humanite.fr/videos/10156139812133695/

 

 

Pierre Chaillan et Jérôme Skalski Photos de Julien Jaulin/Hanslucas
Lundi, 19 Février, 2018
L’Humanité
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Durant plus de douze heures, la trentaine d’intervenants invités par l’Humanité au Forum Marx ont nourri les échanges autour d’une pensée en mouvement. La forte affluence affirme un appétit rehaussé pour la politique. À suivre.

Plus de 2 000 personnes ont participé, dans la journée de samedi, qui avait pris des allures printanières, au Forum Marx organisé par l’Humanité en ce lieu mythique du monde du travail et de la création, la Bellevilloise. Des centaines de visiteurs par arrivées successives. Attentifs, curieux, discutant, débattant, annotant, prenant la parole, interpellant, tous s’interrogeant à la rencontre de la trentaine de personnalités intellectuelles invitées par le journal fondé par Jean Jaurès pour s’entretenir de l’actualité de la pensée de Marx. Beaucoup de jeunes aussi, qui avaient pris place jusque dans les travées de la grande salle chargée d’histoire, aujourd’hui baptisée « le loft ». Un lieu où Jean Jaurès prononça un discours en 1906. Au fil de la journée, l’événement prend la forme d’un rendez-vous populaire où un large public envahit les différents lieux de rencontre : deux salles de débat, un espace dédié aux partenaires de l’événement (1), un véritable petit « village du livre », sans oublier le stand de l’Humanité où le hors-série Marx, un coup de jeune, présenté en avant-première, et l’Humanité des débats du week-end sont partis… comme des petits pains.

Intervenant pour lancer le forum et sa dizaine de rencontres et de débats, Patrick Le Hyaric n’a pas caché sa satisfaction devant la foule rassemblée malgré l’heure matinale. Le directeur de l’Humanité, soulignant l’étonnement des organisateurs de ce premier pas d’une année Marx engagée par le journal avec le collectif Marx 2018, y a vu un encouragement « à faire preuve d’encore plus d’audace ».

Bon augure pour ce bicentenaire

De son côté, l’historien Jean-Numa ­Ducange, membre de l’animation du collectif Marx 2018, a salué cette affluence comme augure d’« une dynamique » pour ce bicentenaire. Cet élan nouveau pour Marx, qui s’est traduit en amont par la participation de nombreux jeunes ­chercheurs, se confirme et s’amplifie donc en aval par une participation aux débats digne des meilleurs crus de la Fête de l’Humanité.

Marx à tous les étages, dans tous ses états et sur tous les fronts des débats actuels. Au forum (rez-de-chaussée), c’est la découverte du philosophe à la plume littéraire acérée souvent méconnue, grâce à Pascale Fautrier, Jean Quétier et Jean-Pierre Lefebvre (2). De profil sur la couverture de plusieurs parutions et rééditions de référence au stand des Éditions sociales ou du Temps des cerises, c’est encore Marx qui est mis en discussion dans les ouvrages présentés par la librairie de la Renaissance qui donne au « sas » de la Bellevilloise des allures de « village du livre ». Au loft (deuxième étage), Jean Marie ­Harribey, Michael Löwy et Alain Obadia argumentent sur les analyses marxistes d’aujourd’hui, ainsi que sur la nécessité, pour le mouvement social, d’une prise en compte de la nature et des enjeux environnementaux. Lors de la table ronde intitulée « Marx et la France », Françoise Blum, Marie-Cécile Boujou, Jean-Numa Ducange et Stéphanie Roza explorent la « pensée Marx », entre hier et aujourd’hui pour construire « demain au présent ». La puissance de la critique du capitalisme par Marx et les ressources à y puiser pour comprendre les évolutions du travail et du capital traversent aussi les interventions de Frédéric Boccara, Anne Eydoux et Bernard Friot ou encore l’échange, fructueux, sur les luttes des classes, entre Pierre Khalfa, Saliha ­Boussedra et Nasser ­Mansouri. Et toujours, des jeunes à la tribune ou dans la foule, même si ce sont toutes les générations qui investissent les salles archicombles.

Le temps des révolutions ?

Au regard de ce succès éclatant, ce moment fort de rencontres pourrait bien décrire un appétit rehaussé pour la politique. Marx et le communisme retrouvent des couleurs, une pertinence dans les enjeux actuels (crise écologique, sociale et financière) et la recherche d’« une visée » qui s’appuie sur la pensée de Marx, comme l’explique le philosophe Lucien Sève dans son entretien filmé, présenté en primeur. Le temps des révolutions serait-il dépassé ? Mathilde Larrère, Guillaume Roubaud-Quashie et Pierre Serna, en tout cas, mettent en garde tous ceux, momifiés dans leurs préjugés, qui souhaiteraient imposer une date de péremption aux aspirations révolutionnaires. Un peu auparavant, Jacques Bidet, Isabelle Garo et Michèle Riot-Sarcey avaient ouvert l’atelier « Penser un monde nouveau avec Marx ». Un chantier à ciel ouvert des révolutions à comprendre et à mener.

À tous, maintenant, d’en faire autant pour cette année Marx. « Vous vous demandez sans doute comment je suis arrivé jusqu’ici ? » demande le Marx d’Howard Zinn aux spectateurs médusés. « Il est des morts qui font germer les fleurs des champs », chantait Léo Ferré.

(1) Espaces Marx, la Fondation Gabriel-Péri, l’Institut CGT d’histoire sociale, la Fondation Copernic, les revues Cause commune, la Pensée et Économie & Politique, les Cahiers d’histoire, Livres en lutte. (2) Raoul Peck, le réalisateur du Jeune Karl Marx, et le philosophe Étienne Balibar se sont fait excuser.

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Le voyageur de l’espoir

Posté par jacques LAUPIES le 18 février 2018

 
En bas de la colline
Il ne voit que bosquets
Les arbres qui dominent
Estompent la forêt
 
Apparaît le ciel bleu
Et il se croit sauvé
Mais le regard ne peut
Voir  l’horizon caché
 
Ni les sombres montagnes
Ni le monde voisin
Ni la proche campagne
Ne sont sur le chemin
 
Tout devient inconnu
Par delà les lisières
De ces forêts touffues
Ou planent les mystères
 
Il a des certitudes
Et en vient à penser
Qu’aucune latitude
Ne pourra les ôter
 
Partir est un scandale
Bien pire que rester
Car partout une étoile
Peut être regardée

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Les jardins de la fontaine

Posté par jacques LAUPIES le 18 février 2018

La pause de midi

 

Dans la forêt des jardins
Existe un vert pré
Surplombé d’immense pins
Mis la tout exprès

Arrivent les promeneurs
De la ville toute proche
A la recherche des senteurs
Mains dans les poches
Rehaussant leurs épaules
Bras ballants
Derrière les herbes folles
Ils traînent leur corps nonchalant

Un groupe de jeunes filles
Avec un seul garçon
Coquelicot parmi les jonquilles
S’assied et fait un rond

Mars est à moitié
Et la douceur caressante
Donne à ce mois printanier
Une nature renaissante
Les femelles batifolent
Autour du jeune male
L’une d’elles un peu folle
En fait une étoile

Indifférent il s’assied
Et prend une pose
Genoux dressés
Sur lequel le front se pose

Au bas de l’échine
Apparaît le nu blanc
D’une taille fine
Sous laquelle s’étend
Une croupe divine
S’arrêtant au moment
Ou un caleçon noir
Fait perdre tout espoir

Le désir aussi appartient
A ceux dont l’attrait
Est de voir le sein
Lorsqu’il est caché

 

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Pourquoi Marx rajeunit au présent et au futur

Posté par jacques LAUPIES le 18 février 2018

 

Pierre Chaillan
Vendredi, 16 Février, 2018
L’Humanité
  Pourquoi Marx rajeunit au présent et au futur dans POLITIQUE

Le hors-série exceptionnel de 84 pages édité par l’Humanité est proposé avec en cadeau la dernière traduction du Manifeste du Parti communiste.  Commander en ligne

Dix ans après le « retour de Marx » lors de la crise de 2008, un récent rapport de la banque Natixis explique en quoi son analyse des crises du système capitaliste se trouve avalisée. Quelle actualité ! Déjà, depuis le coup de maître du cinéaste Raoul Peck, c’est un jeune Karl Marx qui s’affiche. Jeune et très actuel, Marx l’est en raison de sa grille de lecture de classes ! Face aux réponses austéritaires et inégalitaires des pouvoirs politiques et aux semeurs de divisions et de guerre, l’économiste des crises, l’historien de la lutte des classes et le philosophe de l’émancipation humaine revient totalement rajeuni dans les débats qui agitent la vie politique, économique et sociale.

Grâce aux travaux universitaires récents, il devient même pertinent pour répondre à des questions dont il semblait éloigné tels les défis environnementaux, les enjeux humains et sociétaux. Pour souffler ses 200 bougies, l’Humanité, journal de Jean Jaurès, a donc décidé d’éditer un hors-série. Notre directeur-fondateur aimait dialoguer avec le penseur, à qui il attribuait l’expression « l’évolution révolutionnaire », qu’il a faite sienne. Démarche moderne s’il en est pour qui veut transformer le monde. Marx, le coup de jeune fait donc la part belle à la jeune génération d’universitaires avec les contributions des doctorants en philosophie Saliha Boussedra, Jean Quétier et Guillaume Fondu, de l’historien Jean-Numa Ducange, du professeur de philosophie Florian Gulli, des philosophes Emmanuel Renault et Franck Fischbach ou encore de l’économiste Frédéric Boccara. Et parce que Marx et le marxisme ne sont pas conçus comme une icône à vénérer ou comme la recette magique qu’il faudrait de façon mécanique appliquer à la lettre, ce numéro donne de la place au débat dans une table ronde avec l’écrivaine Pascale Fautrier, auteure des Rouges, Alain Bergounioux, président de l’Office universitaire de recherche socialiste (Ours), et Guillaume Roubaud-Quashie, le directeur de la revue Cause commune. C’est aussi une formidable invitation à (re)découvrir Marx, à savoir d’où il parle, en suivant le récit des grandes périodes de sa vie d’intellectuel, de mari, de père et d’ami. Son dialogue avec Friedrich Engels est ainsi retracé par Mohamed Moulfi, professeur de philosophie à l’université d’Oran. Plusieurs autres spécialistes de Marx, au travers d’articles de référence, apportent leur pierre à une pensée toujours en construction.

Au-delà des idées reçues, le philosophe Lucien Sève aborde la question de l’individu. Le sociologue et philosophe franco-brésilien Michael Löwy relève le gant du débat sur Marx écologiste. Tel un hommage rendu à Gramsci et à André Tosel, la réflexion de la philosophe Isabelle Garo définit les idées comme « langage de la vie réelle ». Débat actuel encore sur la démocratie et le communisme, avec les contributions des philosophes Étienne Balibar et Yvon Quiniou et du secrétaire national du PCF, Pierre Laurent. La vitalité des concepts marxiens sera rappelée dans des domaines inattendus ou plus connus avec onze pages, « Les mots pour dire Marx de A à Z », concoctées par Maurice Ulrich et Pierre Ivorra. Le docteur en philosophie Claude Morilhat revient sur la pertinence de la théorie de la plus-value. Enfin, deux pépites : un extrait du texte fondateur du philosophe Daniel Bensaïd sur le vol de bois et le poème Karl Marx blues de Jean-Pierre Lefebvre. Si l’historien Raymond Huard revient sur le centenaire en 1918, le philosophe Jacques Bidet s’interroge, lui, sur la « trace féconde » de Marx, évoquant Foucault, Althusser et Bourdieu. L’entretien de Raoul Peck place ce hors-série dans le faisceau de lumière du film le Jeune Karl Marx. Un numéro à se procurer absolument.

 dans POLITIQUE
Tribunes & idées

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Et si le coupable c’était lui : l’électeur imbécile

Posté par jacques LAUPIES le 17 février 2018

Résultat d’images pour electeur caricatureEn 1968 on disait bien : « élections pièges à cons » Que dire aujourd’hui ?

Comme il serait confortable, chaque fois que nos gouvernants nous roulent dans la farine, de s’en prendre même pas aux bourgeois qui tirent les ficelles mais à ceux qui gesticulent à leur extrémité !

Douce tentation que d’aller, non pas  engueuler le politique du coin qui, comme un perroquet, répète inlassablement que la dette et les immigrés nous ruinent et hypothèquent l’avenir de nos enfants mais plutôt, de s’en prendre à celui qui se fait cocufier à chaque élection croyant qu’un nouvel arrivant va solutionner ce que précisément il dit impossible à réaliser.

Vaine tentation que de traiter d’imbécile celui  qui prétend qu’on ne l’y prendra plus et que désormais il n’ira plus voter puisque « c’est tous pareil  » car il est incapable d’un retour en histoire qui lui prouverait que le « tous pareil » est constitué des pareils et de leurs contraires. Des contraires qui existent et grâce à qui il survit.

Vaine  tentation que de lui rappeler que son smic, son RSA, ses allocs, c’est juste pour qu’il ferme sa gueule, que la télé et ses faits divers ou les histoire de cul côtoient les crimes les plus abominables, triés, sélectionnés au beau milieux d’autres c’est pour faire oublier les guerres et les génocides mais aussi les révoltes ou révolutions salutaires ou simplement ses droits !

Vaine tentation que de lui dire  : « au fond tu as peur car tu doutes » Ce serait déjà pardonner  son imbécillité maladive. 

A quoi bon, avec lui verser dans la philosophie ou la psychologie ? Ce qu’il espère d’où que cela vienne c’est que son sort soit amélioré ! Il en sera peut-être reconnaissant à celui qui n’a que deux solutions pour le soulager : la charité ou l’instigation  à la lutte bien ciblée.

On peut toujours combiner les deux…

Mais attention il lui faudra  apprendre à reconnaître les siens car sa maladie chronique : l’ingratitude est sujette à rechute !

 

Transports. Le rapport Spinetta, scénario catastrophe pour le ferroviaire

Clotilde mathieu
Vendredi, 16 Février, 2018
L’Humanité
Dans le cas des lignes régionales, celles-ci seraient regroupées en lots, et plusieurs opérateurs devront répondre à un appel d’offres. Jacky Naegelen/Reuters<br /><br /><br /><br /><br /><br />

Dans le cas des lignes régionales, celles-ci seraient regroupées en lots, et plusieurs opérateurs devront répondre à un appel d’offres. Jacky Naegelen/Reuters
 

L’ex-PDG d’Air France a lancé une bombe contre le service public et la SNCF : transformation en société privatisable, ouverture à la concurrence, fermeture de lignes, fin du statut de cheminot… Décryptage des dangers.

Le premier ministre a sifflé le départ de la bataille du rail, en rendant public, jeudi, le rapport de mission confié à Jean-Cyril Spinetta et visant à préparer la « refonte du transport ferroviaire ». Avec 43 propositions, le rapport de l’ex-patron d’Air France est une véritable bombe contre le service public et l’entreprise nationalisée. Pour le gouvernement, il représente « un diagnostic complet et lucide », alors que, pour la CGT cheminot et SUD rail, il signe la fin du « système public ferroviaire ». Fin du statut, transformation de la SNCF en société anonyme privatisable, ouverture à la concurrence et fermetures de lignes, abandon du fret au privé… les inquiétudes sont grandes. « Ces propositions doivent désormais faire l’objet d’un examen approfondi par le gouvernement et d’un dialogue avec l’ensemble des acteurs concernés », a expliqué le premier ministre, promettant qu’une « première phase de concertation aura lieu dès la semaine prochaine » avec les acteurs, dont les organisations syndicales, « afin de recueillir leurs réactions à la suite de ce rapport ».

Pour la CGT cheminots, ces préconisations « constituent une attaque inédite contre le transport ferré public et contre celles et ceux qui, au quotidien, font le choix du train, quelle que soit la région ou le territoire.(…) Le gouvernement s’apprête à confisquer à la nation son entreprise publique ferroviaire ». L’Unsa ferroviaire anticipe de son côté un « séisme pour les secteurs du rail, ses salariés, ses usagers (…) au détriment du service public ».

1. La vertu de la concurrence, un dogme indiscutable

Pour Jean-Cyril Spinetta, l’ouverture à la concurrence n’est pas sujette à débat. Même si « le système français ne semble toujours pas prêt pour la concurrence », il s’agit désormais de définir « les conditions de la réussite » de l’ouverture du marché du transport de voyageurs, prévue à partir de 2019 et jusqu’en 2023 pour les TER et Intercités (subventionnés par l’État et les régions), et, à partir de 2020, pour les TGV (qui dépendent directement de la SNCF). Car, promet, l’ex-PDG d’Air France, « l’ouverture à la concurrence apportera une partie de la réponse aux difficultés du système ferroviaire français ». À condition, insiste-t-il, que la concurrence soit « préparée et organisée », à la différence de ce qui s’est passé pour le fret ferroviaire, cité comme contre-exemple. Le dogme du privé comme modèle vertueux est donc bien ici le préalable. Car aucune piste d’amélioration du système, en dehors du cadre d’une mise en concurrence, n’est envisagée. Or, selon la CGT cheminots, celle-ci n’a rien d’inéluctable, le gouvernement ayant le pouvoir de la refuser (voir l’Humanité du 8 février).

Pour organiser le passage à la concurrence, les auteurs du rapport préconisent deux systèmes. Dans le cas des lignes régionales, celles-ci seraient regroupées en lots, et plusieurs opérateurs devront répondre à un appel d’offres. Celui retenu sera sur cette portion en situation de monopole. Pour le TGV, le rapport opte pour une concurrence en accès libre (ou open access), où plusieurs opérateurs différents pourront exploiter la même ligne.

2. 9 000 km de lignes à abattre au nom de la rentabilité

Le rapport propose de recentrer le réseau ferré sur « son domaine de pertinence », à savoir les agglomérations et le TGV entre les principales métropoles françaises. Jean-Cyril Spinetta tient dans sa ligne de mire les petites lignes, en agitant l’argument selon lequel elles « coûtent 1,7 milliard d’euros par an », soit 16 % des concours publics du secteur ferroviaire, « pour 2 % des voyageurs ». Ainsi, « chaque kilomètre parcouru par un voyageur coûte 1 euro à la collectivité », insiste le rapport. Le rapport préconise donc un audit complet du réseau, afin que la SNCF puisse sélectionner les lignes à abattre. Charge ensuite aux régions de reprendre ou non ces lignes. Dans un communiqué, ces dernières ont estimé, jeudi, qu’« elles s’opposent à leur fermeture par l’État et à leur transfert unilatéral aux régions ».

Les auteurs du rapport estiment, quant à eux, que « l’économie liée à la fermeture des petites lignes pour le système s’élèverait au minimum à 1,2 milliard d’euros annuels (500 millions d’euros sur l’infrastructure et 700 millions sur l’exploitation des trains) ». Une somme qui pourrait être redéployée vers « la partie la plus circulée du réseau ». Les usagers concernés par les fermetures n’auront qu’à trouver d’autres moyens de se déplacer…

3. « Départs volontaires » et fin du statut de cheminot

Transferts obligatoires, fin du statut pour les nouveaux entrants, plans de départs volontaires : les cheminots sont clairement mis à l’amende. Là encore, les dogmes libéraux priment sur toute recherche d’alternative. Face aux futurs concurrents, anticipant un futur dumping social, Jean-Cyril Spinetta cible les agents. « À la recherche d’un accroissement de la compétitivité de l’entreprise », les auteurs du rapport, citant les cas d’Orange et de La Poste, préconisent qu’il soit « mis un terme au recrutement au statut des nouveaux » embauchés. Le statut de cheminot s’éteindrait ainsi « naturellement » dans une trentaine d’années. Reste que, pour l’ex-PDG d’Air France, la mesure n’est pas suffisante. Il suggère de redéfinir un « nouveau contrat social » à la SNCF, afin de permettre une « évolution du statut ». Pis encore, pour un « gain de compétitivité rapide », Jean-Cyril Spinetta suggère la suppression de 5 000 postes, en recourant pendant deux ans à la « procédure des plans de départs volontaires ». Des « attaques contre les conditions sociales des cheminots inacceptables ! » a réagi la CGT cheminots, l’Unsa ferroviaire estimant pour sa part que ces préconisations visent à « stigmatiser des salariés (…) dévoués au service public ».

Dans le cadre de l’ouverture à la concurrence des TER, des transferts de personnels sont envisagés vers les nouveaux opérateurs. Les cheminots concernés pourront refuser, mais à la condition d’accepter une nouvelle affectation, sous peine d’être considérés comme démissionnaires.

4. Des préconisations floues sur le problème de la dette

La dette de la SNCF a augmenté de 15 milliards d’euros entre 2010 et 2016, pour atteindre près de 45 milliards d’euros fin 2016, décrit le rapport. Et, tous les ans, celle-ci se creuse de 3 milliards. À cela s’ajoute le 1,5 milliard d’intérêts d’emprunt versé chaque année aux marchés financiers. Pour le rapport, « le traitement de la dette est une condition préalable et nécessaire à un retour à l’équilibre du gestionnaire d’infrastructures ». Jean-Cyril Spinetta estime que l’État devrait reprendre « une part » du passif de SNCF Réseau. Le rapport reste cependant particulièrement flou. Pour les syndicats, la dette est le résultat des politiques de l’État. « Ce n’est pas aux cheminots d’en payer le prix aujourd’hui », a réagi le secrétaire général de la CFDT, Didier Auber.

5. La SNCF changée en société anonyme privatisable

La SNCF est, depuis la réforme ferroviaire de 2014, composée de trois établissements publics à caractère industriel et commercial (Epic) : l’Epic SNCF de tête, SNCF Mobilités (les trains) et SNCF Réseau (les rails). Pour se conformer prétendument aux exigences européennes, Jean-Cyril Spinetta souhaite « faire de SNCF Mobilités » une société anonyme « à capitaux publics détenue en totalité par l’État ». Une faible garantie, car cette SA sera bel et bien privatisable, si une nouvelle loi en décide ainsi. Mais, l’ancien haut fonctionnaire ne s’arrête pas là et préconise également la transformation de SNCF Réseau. Car, le statut d’Epic permettant de disposer d’un taux d’intérêt plus faible et d’une capacité d’endettement plus élevée, celui-ci serait une incitation au surendettement. Alors même que, au vu des besoins de financements, il serait sans aucun doute plus intéressant de bénéficier des avantages du statut d’Epic.

A lire :

Le rapport Spinetta sur l’avenir de la SNCF

Journaliste à la rubrique social-économie

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Marx, enjeu collectif

Posté par jacques LAUPIES le 16 février 2018

 Difficile pour ce qui me concerne de me déplacer à Paris : âge, frais, etc.

Je recommande cependant à ceux qui sont fidèle de ce blog d’aller y jeter un œil, voire d’y participer...

Jérôme Skalski
Vendredi, 16 Février, 2018
L’Humanité
Photo : Alvaro Barrientos/AP/SIPA

Photo : Alvaro Barrientos/AP/SIPA
 

À l’occasion du bicentenaire de la naissance de Karl Marx, l’Humanité célèbre une année anniversaire avec la publication du hors-série Marx, le coup de jeune et la co-organisation du Forum Marx à la Bellevilloise.

« Il y a une guerre des classes, évidemment, mais c’est ma classe, la classe des riches, qui fait la guerre. Et nous sommes en train de gagner », déclarait le milliardaire américain Warren Buffett en 2005. Il aurait pu préciser, « en équipe » . Une équipe entraînée au grand air sur les hauteurs du Mont-Pèlerin avec Ludwig von Mises, Friedrich Hayek et Milton Friedman comme sélectionneurs en titre, prédicateurs inflexibles de la foi néolibérale. Une équipe ressoudée qui, après trente ans de retraite forcée, teste ses crampons en seconde division dans les années 1970 avant de se hisser en ligue 1 dans les années 1980, pulvérisant coup sur coup une partie de l’État social et de l’appareil productif industriel britannique et états-unien sous la houlette de Margaret Thatcher et de Ronald Reagan. Malgré les résistances, les temporisations, les buts arrêtés, le jeu de massacre macabre combinant privatisations, démantèlements des services publics, financiarisation de l’économie, irresponsabilité environnementale, remaniement permanent de la division internationale du travail, mise sous contrôle des souverainetés fiscale et monétaire des États, précarisation, chômage de masse, exclusion et accroissement des inégalités à une échelle inédite dans l’histoire se veut toujours « en marche ».

Parmi les forces de résistance, en défense et en attaque, la pensée de Karl Marx, dont la présence spectrale avait été soulignée, en plein marasme, par Jacques Derrida au début des années 1990. « Pas d’avenir sans Marx ! » avait-il déclaré au cours d’une conférence donnée en 1993 en mémoire du secrétaire général du Parti communiste sud-africain et militant anti-apartheid Chris Hani, assassiné le 10 avril de la même année. « En tout cas d’un certain Marx, de son génie, de l’un au moins de ses esprits. » (1)

À la suite de la crise économique asiatique déclenchée en 1997 qui, à nouveau, selon l’expression de Marx, fit réapparaître, « même dans les classes sociales régnantes », « le pressentiment que la société actuelle, bien loin d’être un cristal solide, est un organisme susceptible de changement et toujours en voie de transformation » sur la base de ses « contradictions » (2), les « spectres de Marx » se feront tout d’abord entendre dans les années 2000, faisant bouger « l’arrière-cour » latino-américaine placée sous la coupe réglée du FMI, de la Banque mondiale et du Département du Trésor des États-Unis dans les années 1980 et 1990.

Hugo Chavez, élu président du Venezuela en 1999, proclame le réveil de l’idée de la construction du socialisme pour le XXIe siècle. Dans le sillage du lancement du premier Forum social mondial à Porto Alegre en 2001, les élections de Lula da Silva au Brésil en 2002, de Néstor Kirchner en Argentine en 2003, de Daniel Ortega au Nicaragua et d’Evo Morales en Bolivie en 2006 ou encore de Rafael Correa en Équateur en 2007 sont l’occasion, à des degrés divers, de l’affirmation de l’existence d’alternatives aux politiques néolibérales s’incarnant notamment dans le lancement de l’Alba, en 2004, à La Havane. Un premier retour de Marx teinté des problématiques politiques, économiques et sociales de l’Amérique latine, ainsi que des perspectives de l’altermondialisme.

Depuis le déclenchement de la crise bancaire et financière de l’automne 2008, qui a mis là l’ingénue Fin de l’histoire, de Francis Fukuyama, sur le banc de touche, la participation de la pensée de Marx à la prise de conscience d’autres voies possibles du progrès social s’est approfondie dans de nombreuses directions théoriques, corrélativement à un renouvellement de sa lecture, de son in­terprétation et de son appropriation.

L’Humanité, pour les deux cents ans de la naissance du penseur allemand, fait le pari de ce coup de jeune et tire droit dans les filets avec le hors-série Marx, le coup de jeune qui lui est dédié, ainsi qu’avec le Forum Marx, qui lancera, samedi 17 février, à la Bellevilloise à Paris, l’année d’initiatives qu’elle lui consacrera.

Balle au centre, évidemment, la question du travail, qui fut l’un des objets constants de la recherche de Marx depuis ses articles publiés dans la Gazette rhénane jusqu’au Capital, où sont explicités les mécanismes fondamentaux de son exploitation en régime capitaliste, tandis que le Forum Marx mettra la question des enjeux contemporains du travail en débat avec Frédéric Boccara, Anne Eydoux et Bernard Friot, le promoteur du « salaire à vie ».

Lutte de classe, dominations, discriminations, inégalités et révolution feront l’objet de trois rencontres réunissant Domenico Losurdo, Pierre Khalfa, Saliha Boussedra, Nasser Mansouri, Mathilde Larrère, Pierre Serna, Guillaume Roubaud-Quashie, Étienne Balibar, Jacques Bidet et Michèle Riot-Sarcey.

Un coup franc dans les règles sera également tiré dans ce cadre avec les interventions de Mohamed Moulfi, Jean-Numa Ducange, Marie-Cécile Bouju, Françoise Blum et Stéphanie Roza sur « Marx et la France », l’événement de la Bellevilloise se plaçant dans le faisceau de lumière du film le Jeune Marx, de Raoul Peck, pour éclairer, dans une perspective historique, la relation intime des fondateurs du socialisme scientifique avec le lieu de naissance, le 14 juillet 1889, de l’Internationale ouvrière.

Deux thèmes de la pensée de Marx seront mis en exergue en vue de suggérer la vitalité des concepts marxiens, au-delà des idées reçues, dans des domaines inattendus. Le premier, articulé aux travaux de Lucien Sève, présent par l’intermédiaire d’un entretien filmé, a trait à la question de l’individu et de son émancipation. Le second – voir ci-contre l’entretien de Kohei Saito et, tel quel, le texte d’Engels extrait des manuscrits de sa Dialectique de la nature – concerne la question de l’implication des concepts marxiens dans l’approfondissement des problématiques écologiques qui feront l’objet du débat « Marx, productiviste ou précurseur de l’écologie » au cours duquel dialogueront Michaël Löwy, Alain Obadia et Jean-Marie Haribey. Le Forum Marx, ouvert par le débat « Découvrir Marx aujourd’hui » avec Pascale Fautrier, Jean Quétier et Jean-Pierre Lefebvre, traducteur du premier livre du Capital, dont une réédition revue et corrigée vient d’être publiée aux Éditions sociales (3), s’achèvera en soirée avec la pièce d’Howard Zinn, Karl Marx, le retour, mise en scène par Denis Lannoy et produite par Triptyk-Théâtre.

Impossible d’être exhaustif sur la piste des « traces fécondes » laissées par Marx et reprises par des auteurs aussi divers que Walter Benjamin, Michel Foucault, ­Simone de Beauvoir, Pierre Bourdieu, Louis Althusser, Theodor Adorno, Henri Lefebvre, Lucien Goldmann ou, parmi des dizaines d’autres encore, David Harvey, Slavoj Zizek ou Alain Badiou, sans parler de tous ceux qui ont prétendu ou prétendent le mettre hors jeu de manière plus ou moins « imaginaire ».

Mais, à côté de ce collectif en débat, peut-être suffit-il de se figurer ce retour de Marx, redoutable devant le tableau noir, comme celui d’un entraîneur qui s’appliquerait à répéter sans cesse la formule oublieuse des « gestes automates », selon l’expression d’Aragon. Elle avait été celle de Benjamin Franklin à la veille de la révolution américaine dans une perspective nationale et anticolonialiste : « S’unir ou périr. » Elle vient de faire mouche outre-Rhin et perturber le « consensus » patronal européen (4). Devant l’équipe abasourdie par la dernière raclée en déplacement ou à domicile, les yeux baissés vers ses crampons blessés, devant l’équipe enthousiaste qui s’apprête à fouler le gazon du stade du prochain match, devant l’équipe de celles et de ceux dont la vie ne dépend pas des profits et autres addictions dérivées, de n’importe quel pays de n’importe quelle couleur, en écho à la formule conclusive du Manifeste du parti communiste et du programme de l’Association internationale des travailleurs : « Jouez col-lec-tif ! » 

(1) Jacques Derrida, Spectres de Marx, Éditions Galilée, 2006. (2) Une prise de conscience qui s’exprime périodiquement avec le retour des crises financières. Voir l’Humanité du 6 février, « Patrick Artus “Marx avait raison” : l’avertissement d’un économiste libéral ». (3) Karl Marx, le Capital – Livre I, Éditions sociales, coll. « Les essentielles », 2016, traduction Jean-Pierre Lefebvre. (4) Voir l’Humanité Dimanche n° 596. Du 8 au 14 février 2018. « + 4,3 % de salaire, semaine de 28 heures : l’autre modèle allemand  ».
Au programme du forum marx à la bellevilloise, le samedi 17 février

9 heures Accueil Intervention de Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité, et de Jean-Numa Ducange, membre du réseau Marx 2018

10 h 15-11 h 45 Découvrir Marx aujourd’hui Avec Pascale Fautrier, écrivaine, auteure de les Rouges, Jean-Pierre Lefebvre, traducteur du Capital, et Jean Quétier, doctorant en philosophie

11 heures-12 h 30 Marx, productiviste ou précurseur de l’écologie ? Avec Michael Löwy, philosophe et sociologue, Alain Obadia, président de la Fondation Gabriel-Péri, et Jean-Marie Harribey, économiste

12 heures-13 h 30 Dominations, discriminations, inégalités : quelles luttes des classes ? Avec Domenico Losurdo, philosophe, Pierre Khalfa, coprésident de la Fondation Copernic, Saliha Boussedra, doctorante en philosophie, et Nasser Mansouri, économiste de la CGT

14 h 30-16 h 30 Marx face aux enjeux contemporains du travail Avec les économistes Frédéric Boccara, membre du Conseil économique, social et environnemental, Anne Eydoux, membre des Économistes atterrés, et Bernard Friot

16 h 05 Vidéo Entretien filmé avec Lucien Sève, philosophe

17 heures-19 heures Penser un monde nouveau avec Marx Avec Étienne Balibar, philosophe, Jacques Bidet, philosophe, Isabelle Garo, philosophe, et Michèle Riot-Sarcey, historienne

18 heures-19 h 30 Marx et la France Avec Jean-Numa Ducange, maître de conférences en histoire contemporaine à l’université de Rouen, Marie-Cécile Bouju, maître de conférences en histoire contemporaine à l’université Paris-VIII, Françoise Blum, historienne, et Stéphanie Roza, chercheuse au CNRS

19 h 30-21 heures La révolution, un projet périmé ? Avec Mathilde Larrère, historienne des révolutions et de la citoyenneté, Pierre Serna, historien, membre de l’Institut d’histoire de la Révolution française de l’université Paris-I, et Guillaume Roubaud-Quashie, historien, directeur de la revue Cause commune

20 h 15-21 h 30 Soirée théâtre Karl Marx, le retour, pièce de théâtre d’Howard Zinn, mise en scène par Denis Lannoy et produite par Triptyk-Théâtre

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Un Député au service des travailleurs.

Posté par jacques LAUPIES le 15 février 2018

Sa venue à Tarascon remonte à quelques mois lorsqu’il nous a  présenté son ouvrage sur la laïcité.

Depuis son élection dans la circonscription de Martigues il contribue à défendre notamment les droits sociaux des français. En témoigne l’une de ses dernières propositions concernant les EHPAD (nous y reviendrons)

RELEVE DANS LE JOURNAL « LA CROIX »

Pierre Dharréville, communiste et sans complexe

 

NOUVELLES FIGURES POLITIQUES (1/7) À 42 ans, le nouveau député communiste des Bouches-du-Rhône, Pierre Dharréville s’est illustré lors des débats sur les ordonnances travail.

Pierre Dharreville. 

Pierre Dharreville.  / Jacques Demarthon/AFP

Des murs blancs et des étagères vides. Pierre Dharréville, député communiste de la 13e circonscription des Bouches-du-Rhône, n’a pas encore pris le temps de décorer son bureau à l’Assemblée nationale. Sur les meubles en bois sombre, pas un papier ne traîne à l’exception d’un exemplaire de la première édition du journal l’Humanité et des 159 pages d’ordonnances travail, fraîchement imprimées.

 

 

Le journalisme et la politique, ce sont les deux vies de Pierre Dharréville. Après avoir milité à la jeunesse ouvrière chrétienne, ce fils d’une institutrice syndiquée à la CFDT et d’un agent de la sécurité sociale engagé à la CGT, fait ses premiers pas dans le monde professionnel au sein du quotidien fondé par Jean Jaurès. « Je voulais lever le voile sur des réalités qui ne sont pas mises en lumière par les médias. J’estimais qu’il fallait dans cette profession des gens issus des milieux populaire et ouvrier », explique-t-il d’une voix posée.

Un passionné d’histoire politique

À 24 ans, ce passionné d’histoire politique se retrouve à suivre le premier ministre Lionel Jospin. Mais en 2002, le journaliste qui a adhéré trois ans plus tôt au PCF, se voit proposer de conseiller Marie-George Buffet, alors secrétaire nationale. « J’ai hésité, j’ai pris au moins deux mois à répondre. La gauche venait de subir un séisme avec la qualification de Jean-Marie Le Pen au second tour. Je ne voyais pas comment moi je pouvais aider à relever ces défis. Mais j’avais envie d’être davantage dans l’action que dans le commentaire, même si je ne mésestime pas la force des mots », précise cet ancien critique de bande dessinée.

Les années passent et Pierre Dharréville ressent le besoin de retourner à ses racines, dans le Midi. Il quitte alors Paris et prend la tête de la fédération du PC des Bouches-du-Rhône. Tous les éléments étaient réunis pour qu’on lui demande de se porter candidat aux élections législatives. « J’ai accepté parce que ça s’inscrivait dans une démarche collective, ce qui très important pour moi ; je n’étais pas le représentant de moi-même. »

Membre de la commission des affaires sociales, Pierre Dharréville a combattu, dès les premiers jours de la législature, le projet de loi habilitant le gouvernement à réformer le Code du travail. « Ça ne me donne pas de complexe d’être minoritaire, au contraire. La majorité a le devoir d’entendre que la société est plurielle. Elle est obligée de tenir compte d’un certain nombre de réalités sociales, politiques ; ce qu’elle fait assez mal. »

Relire aussi : Quel avenir pour le Parti communiste ?

À ses yeux, le nouveau texte est « une loi de démolition sociale » qui « mérite un grand débat dans la société ». Le 10 juillet, il a tenté de faire entendre ce message à la tribune en déchirant les feuilles de son discours. En vain.

Dans les prochains mois, il entend continuer à défendre ses convictions notamment sur la sécurité sociale et la santé au travail. « L’élection d’Emmanuel Macron n’a pas réglé la crise politique profonde de notre société. Ce n’est qu’un vernis de renouveau », assure-t-il. Il entend également prendre part à la refondation du PCF, fragilisé par l’émergence de La France insoumise.

« Je pense toujours qu’il y a des forces de l’argent qui exercent un pouvoir exorbitant, une domination même qui n’est guidée que par le profit. Ce sont ceux qui travaillent ou qui en sont privés qui le paye. Je défends la dignité humaine », résume-t-il.

Il enracine son engagement dans la foi qu’il entretient depuis son enfance passée au sein de l’action catholique. De ses années de jeunesse, Pierre Dharréville, 42 ans, conserve une boucle d’oreille qu’il porte à l’oreille gauche. Ce petit anneau, l’homme à la silhouette longiligne l’a gardé en entrant dans l’hémicycle. « Ça fait partie de ma personnalité, c’est une manière de cultiver ma différence, de ne pas être complètement dans le moule. »

Alban de Montigny
 

[Pierre Dharréville] Un grand plan national pour les EHPAD

Communiqué de presse – 30 janvier 2018

 
Un grand plan national pour les EHPAD
 
La situation des EHPAD est extrêmement préoccupante. Les personnels sont à bout et la colère qu’ils expriment aujourd’hui est légitime. Ils ne demandent qu’à exercer leurs missions de la meilleure des façons auprès de nos aînés.Soigner l’humain, cela mérite un peu de temps, un peu de délicatesse, un peu d’égards, surtout lorsqu’il s’agit des plus fragiles. Cela demande des moyens à la hauteur. Or ; le compte n’y est pas ! 
Le gouvernement a bien été contraint de rallonger le budget de la prise en charge de l’autonomie de 100 millions d’euros et d’annoncer une rallonge de 50 millions mais il confirme a poursuite de la réforme du financement des EHPAD et de la tarification dont les organisations salariales demandent l’abrogation. Les EHPAD publics souffrent de cette austérité comme l’ensemble des services publics et entreprises publiques.
Le secteur privé quant à lui se porte bien : trois groupes cotés en Bourse concentrent 65 % des lits du secteur et ont entrepris de se déployer à l’étranger. Un autre propose des résidences de luxe pour seniors inaccessibles à la majorité de nos concitoyens. Les uns comme les autres, poussés par la frénésie du rentable, s’inscrivent dans une logique marchande là où il faut, au contraire, développer l’humanité.
C’est ce retour à l’humain qu’exigent aujourd’hui les salariés des EHPAD et ils doivent être entendus. Pour cela, il faut mettre en place un grand plan national pour les EHPAD capable de mobiliser les politiques publiques et l’ensemble des acteurs publics pour offrir à nos seniors un accueil et des soins dignes et aux personnels les moyens de leurs missions. Il peuvent compter sur ma mobilisation pour porter leurs revendications et sur ma détermination à obtenir des avancées.
 
Pierre Dharréville
Député des Bouches du Rhône

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A propos des migrants

Posté par jacques LAUPIES le 14 février 2018

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La Croix analyse la position des catholiques concernant les migrants

 

La force des idées pour changer…(mon commentaire)

Il est fort heureusement des voix qui s’élèvent contre cette politique migratoire  complètement stupide menée par un Ministre de l’intérieur au nom d’un gouvernement dont les membres, qu’ils le veuillent ou nom, par leur silence ou le prétexte de la solidarité gouvernementale, sont ses complices.

J’interpelle donc également la Députée de la 16ème circonscription Madame Monica Michel et tous les élus dont la position dépend de ma fonction d’électeur afin qu’ils se prononcent clairement sur la nécessité de ne plus laisser aucune de ces personnes qui demande à être déclarée réfugiée et au delà à tous ces jeunes en particulier qui sont exposés dans cette France qu’ils ont la charge d’administrer ici ou là.

Je n’ai, pas les moyens de réunir devant les instances élues les foules qui seraient nécessaires pour réveiller les endormis de nos institutions qui se contentent une fois élus de s’installer dans la soumission au pouvoir directement mis en place par un capitalisme prédateur.

Leur élection arrachée par de honteux compromis et grâce à un électorat défaillant et trompé par des discours démagogiques ne leur donne aucun pouvoir de transformation radicale qui s’imposerait, notamment grâce une répartition équitable des richesses  produites.

Il reste fort heureusement la force des idées pour mettre en mouvement une population qui s’installe trop dans la résignation et la division.

Si modeste soit elle notre contribution à cette force doit demeurer ! Et nous savons bien qu’elle produira des effets…

 

 

Robin Renucci : « Nous déclarons à présent nous rendre coupables de délit de solidarité »

Robin renucci
Mardi, 13 Février, 2018
Humanite.fr
« Nous faisons, nous, artistes, acteurs et actrices culturelles, tout ce qui est en notre pouvoir pour soulager la misère.» Photo : Pierre Pytkowicz

« Nous faisons, nous, artistes, acteurs et actrices culturelles, tout ce qui est en notre pouvoir pour soulager la misère.» Photo : Pierre Pytkowicz

Lettre de l’acteur et réalisateur, Robin Renucci adressée à la ministre de la Culture, Françoise Nyssen.

Madame la ministre de la Culture,

Vous avez convié certain.e.s d’entre nous à la fin de l’automne à un dîner pour parler de nos différentes actions auprès des exilé.e.s qui cherchent actuellement refuge en France. Nous vous avons proposé alors d’organiser une commission dont nous étions prêt.e.s à prendre la charge, afin d’établir un dialogue avec le ministère de l’Intérieur. Nous avons insisté sur la nécessité et l’urgence d’ouvrir ce dialogue entre les artistes, les acteur.trice.s culturel.le.s et le ministère de l’Intérieur, dialogue sans lequel tous nos efforts, tout notre travail en direction des milliers d’éxilé.e.s restent une goutte d’eau dans l’océan des violences qu’ils et elles subissent aujourd’hui sur notre territoire, dans cette France qui pour elles et eux représentait pourtant la patrie des droits de l’homme, une terre d’asile et de refuge, et qui n’est plus aujourd’hui, pour ces femmes, ces enfants et ces hommes, qu’un endroit de violence et de rejet.

Notre demande est restée lettre morte.

Vous avez lancé récemment un appel au milieu culturel et artistique à faciliter aux éxilé.e.s l’accès à la culture, à développer des ateliers artistiques avec elles et eux, pour les aider à patienter le long des files d’attentes administratives.

Madame la ministre, sachez que voici des mois, des années, que nous menons ces actions, que nous faisons, nous, artistes, acteurs et actrices culturelles, tout ce qui est en notre pouvoir pour soulager la misère, l’impact des violences subies, à tous les endroits où nous pouvons agir, que ce soit en tant que directeur.trice.s de structures culturelles, de lieux de création, que ce soit en tant qu’artistes. Quels que soient nos moyens, nous sommes des milliers en France à tenter d’agir avec d’autres citoyen.e.s et des associations qui luttent quotidiennement, pour aider, soutenir, accompagner ces vies blessées, ces parcours meurtris, ces frères et sœurs humaines qui ont tout perdu, tout laissé derrière eux, non pas pour « profiter » des « pavés dorés » de notre République, mais par nécessité vitale. On ne quitte pas son pays, ceux qu’on aime, son histoire et sa vie, par envie de confort, mais parce qu’on ne peut pas faire autrement.

Nous ne menons pas ces actions parce que nous sommes artistes et gens de culture, nous le faisons, Madame la ministre, parce que nous sommes avant tout des citoyen.ne.s, qui, comme des milliers d’autres citoyen.ne.s, de tous bords, de tous milieux, voient en ces exilé.e.s des frères et sœurs humains en souffrance. Nous le faisons en ayant chaque jour un peu plus honte de notre pays, de la façon dont ce pays que nous aimons et dont nous défendons avec fierté et force l’expression culturelle, trahit ses engagements, sa devise et son histoire, ampute son avenir. Nous le faisons en ressentant de la honte devant l’étonnement et le désespoir de ces femmes et hommes qui ne parviennent pas à comprendre que ce soit ça, la France, un pays où on fait la chasse aux éxilé.e.s, aux réfugié.e.s, où on brutalise des enfants, où on use de la matraque contre eux, où on détruit les pauvres tentes dans lesquelles se réfugient des familles, ces tentes posées au milieu de l’hiver glacé sur l’asphalte de nos grandes villes, au milieu de nos illuminations de Noël.

On ne mène pas un atelier de théâtre, de danse, d’art plastique, d’écriture, de vidéo, avec des enfants en exil pour ensuite les remettre dehors dans le froid sans se soucier de ce qu’ils mangeront le soir et s’ils dormiront dans la rue. On n’accueille pas des femmes et des hommes à un spectacle ou à un film pour ensuite les mettre à la porte sans se soucier de la faim et de la peur qui les tenaillent. On ne monte pas une chorale avec des femmes et des enfants pendant des mois pour ensuite leur tourner le dos quand ils reçoivent contre toute attente une injonction de reconduite à la frontière, vers la prison, la faim, les tortures, le viol ou une mort certaine.

Non, Madame la ministre, on ne fait pas du théâtre ou de la musique avec des femmes, des enfants et des hommes dans cette situation, en se contentant de leur apporter un peu de la « culture française ». Et, non, Madame la ministre, on ne leur ouvre pas les portes de notre culture. Ce sont des rencontres, des échanges permanents, d’une richesse et d’une complexité infinie, qui nous bousculent autant qu’eux alors. C’est magnifique, puissant et fragile. Et dans cette rencontre, comme dans toutes formes d’art véritable, ce qu’on rencontre avant tout c’est l’humain. Chaque personne que nous rencontrons ainsi est une personne avec sa vie, son parcours, sa richesse, ses blessures, et pas un numéro ou une statistique. Chaque personne rencontrée alors devient un frère ou une sœur, et cela nous engage humainement.

Un frère ou une sœur, et encore d’avantage un enfant, on ne le laisse pas à la rue une fois la rencontre faite. On ne le laisse pas se débrouiller seul.e devant des policiers qui chargent, qui gazent, devant des circulaires qui font la chasse à l’homme. Non ! On l’aide comme on peut, on l’accompagne, on l’héberge, on lui ouvre nos théâtres, nos salles de répétition, nos maisons, pour le ou la protéger de la rue et de ses violences, on évite les contrôles de police avec lui ou elle, on le fait ou la fait changer de domicile en pleine nuit quand on sait qu’il va y avoir une descente de police, on monte des dossiers, des recours, on le ou la cache, on l’aide à circuler, à trouver de quoi manger. On noue des solidarités, avec tel.le policier.e qui vous prévient anonymement qu’un tel va être arrêté, avec tel.le enseignant.e qui fait l’impossible pour empêcher qu’un enfant soit retiré de son école, qui passe son temps libre à donner bénévolement des cours de français, avec telle famille qui va accueillir chez elle un mineur isolé sans papier et tenter de l’accompagner dans la jungle administrative actuelle, avec tel médecin, qui va soigner sans rien demander en retour, et surtout pas les «papiers».

Aujourd’hui il ne s’agit pas de faire des ateliers de théâtre ou de dessin. Aujourd’hui, Madame la ministre, nous luttons contre les pouvoirs publics, contre les injonctions et les blocages kafkaïens des administrations, contre les contrôles, contre les refus de protection des mineur.e.s, contre les violences policières.

Aujourd’hui, nous nous retrouvons dans l’obligation morale de désobéir pour compenser l’indignité d’une politique migratoire parmi les plus inhumaines de notre histoire contemporaine.

Aujourd’hui, nous sommes, nous, artistes, acteurs et actrices du monde de la culture, en lutte et en résistance contre l’état français, par solidarité humaine, par fierté d’être de ce pays, non pas de la France qui rejette et pourchasse, violente et opprime les plus démuni.e.s, les plus pauvres, celles et ceux qui demandent aide et assistance, mais la France terre d’asile, la France pays des droits humains, la France telle que l’ont imaginée ces milliers d’éxilé.e.s, ces milliers de personnes fuyant la violence sous toutes ses formes et qui trouvent ici une violence qu’ils ne comprennent pas et qui les terrorise. Nous le faisons aussi parce que l’histoire nous jugera et que le jugement de nos enfants et de nos petits enfants sera terrible si nous ne faisons rien.

Aujourd’hui nous sommes devenus, par la force des choses, coupables de délit de solidarité, nous sommes passibles de sanctions pour aider, soutenir, de toutes les manières possibles, des gens en souffrance qui sont pourchassés de manière inique par l’État français.

Aujourd’hui, donc, Madame la ministre, nous nous dénonçons.

Votre appel au milieu de la culture et de l’art nous permet de nous avancer à la lumière et d’affirmer haut et clair ce que nous faisons aujourd’hui. Nous sommes fier.e.s et heureux.ses de vous compter parmi nous, comme résistante à la violence actuelle instaurée par l’état, car nous comptons sur vous pour aller au bout de la logique de votre appel.

Ainsi nous vous invitons à nous prêter main forte en exigeant l’ouverture d’un réel dialogue avec le ministère de l’intérieur, d’exiger que ses circulaires ne viennent pas détruire tout ce que nous tentons de mener jour après jour, d’exiger au contraire que tous les moyens soient mis en place pour soutenir l’effort des citoyens et citoyennes qui chaque jour partout dans ce pays œuvrent pour tenter de suppléer avec leurs faibles moyens aux manquements criminels de l’État. Nous demandons à l’État d’ouvrir un véritable dialogue avec la société civile, avec toutes celles et tous ceux qui œuvrent auprès des réfugié.e.s dans notre pays, pour réfléchir et mettre en œuvre concrètement des solutions d’accueil.

Nous en appelons à un réveil de la conscience de celles et ceux qui ont été élu.e.s par le peuple face à ce drame humain et sociétal que l’État orchestre à l’intérieur de ses frontières. Nous vous appelons à soutenir nos actions en permettant qu’elles ne soient pas annihilées par des contre-mesures de répression d’État et à peser de tout votre poids pour cela.

Si notre appel n’est pas entendu, Madame la ministre, sachez que nous poursuivrons notre action et que nous déclarons à présent nous rendre coupables de délit de solidarité.

acteur et réalisateur

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Strategie : d’abord l’outil qu’est le Parti et le renforcement de son influence !

Posté par jacques LAUPIES le 13 février 2018

 

Je n’ai pas entendu ce qui s’est dit à ce Conseil National mais j’imagine quel a été le débat et je suppose que les désaccords sur la stratégie passée dont le bilan est plutôt négatif n’ont pas du manquer de se manifester.

Ce qui me rassure est que les communistes débattent et se demandent, pour certains un peu tardivement, si le fait de nous en être remis à un Mélenchon et quelques uns de ses conseillers qui n’ont pas vraiment joué le jeu du rassemblement, n’a pas été une erreur historique, autant en 2012 qu’en 2017.

Le poids des directions sortantes a certainement contribué à ce que soit majoritaire les partisans de cette candidature qui n’a cessé de marquer ses distances (et je modère mon propos) d’avec des communistes qui le soutenaient bec et ongle malgré des doutes évidents gardés au fond de leur conviction.

Au mieux on peut affirmer deux conception – avec chacune ses variantes – s’affrontent à égalité. On pourrait très bien dire : c’est du passé on s’est trompé et reprenons nous, retrouvons notre identité et notre présence dans les combats électoraux et autres.

On peut également considérer que la société s’est transformée économiquement (adaptation du capitalisme et mondialisation) socialement (modifications des composantes « prolétariennes ») culturellement (par pression médiatique et apparition des nouvelles technologies de communication) mais une chose est certaine  la lutte des classes demeure et on ne la mène pas sans une organisation, fut elle réduite, se diluant à tous les niveaux avec des organisations issues de couches sociales par essence fluctuantes (si j’osais je dirais « le cul entre deux chaises »)

Je parle évidemment du combat idéologique, politique et social. Ce que les couches populaires désirent, qu’il s’agisse de la classe ouvrière, des salariés modestes et « moyens » et de cette multitude installée par nos dirigeant dans la précarité, le chômage et l’assistanat, c’est une parole forte, claire, radicale, généralisée.

Les propositions fortes existent en grande partie émanant du PCF. Mais l’activité de ce parti s’est considérablement affaiblie. Faisons de lui un outil efficace, pénétrant la société, expliquons nos bases théoriques que confirme l’état actuel de notre pays et du monde entier.

Rajeunissons le mais apportons à la jeunesse qui le rejoint non seulement le discours du jour mais celui de toute une culture communiste qui leur permette de mieux appréhender la réalité et les contradictions essentielles qu’elle porte ! 

A propos de la jeunesse…

La jeunesse comme toute les autres catégories d’âge ne saurait agir sans que nous apportions des réponses précises à ses préoccupations, faisant apparaître que sans leur engagement dans le combat de classe, rien ne se fera à leur avantage mais seulement à celui de la classe dominante. Les projets concernant l’apprentissage en sont une démonstration car ils visent à élaborer une force de travail dans la seule logique patronale

 

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Œuvre de Rodin : une main sur la tête, l’autre le poing serré, tout un symbole par delà la beauté…

C’est bien pourquoi ils doivent s’engager dans la lutte pour la défense de leurs droits mais plus généralement dans la lutte pour transformer la société.

 

Gauche. Le PCF parle de stratégie

Julia Hamlaoui
Lundi, 12 Février, 2018
L’Humanité
Photo : Patrick Nussbaum

Photo : Patrick Nussbaum

Après un Conseil national, le débat est ouvert localement sur la démarche et les alliances du parti, dans la perspective de son congrès.

Après ses états généraux du progrès social, la semaine précédente, le PCF est entré dans le dur, ce week-end, avec un Conseil national. Lancée autour de cinq chantiers (l’état des lieux de la société française, la démarche stratégique, les luttes et le sens du combat communiste, la transformation du parti et l’élection européenne), la préparation de son congrès qui doit se tenir en novembre est appelée à se décliner localement, avant l’écriture d’un texte d’orientation en juin prochain. La commission qui aura la charge de sa rédaction a vu, ce samedi, son élection différée. La question stratégique a occupé une bonne place dans les échanges de ce week-end, le parti ayant été secoué par un vote serré pour le choix de son dernier candidat à la présidentielle, par les bouleversements du paysage politique et les relations tendues avec la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon. Si la question du bilan des décisions récentes a été pointée à plusieurs reprises, « ce débat ne se réduit pas au bilan de nos expériences d’alliances électorales, a insisté Pierre ­Laurent, le secrétaire national du PCF. Il doit d’abord porter sur ce qu’est une stratégie de dépassement du capitalisme dans la France d’aujourd’hui ». Plusieurs pistes sont ouvertes dans un document mis à disposition des adhérents, notamment l’idée que c’est à partir des luttes concrètes que peut « advenir une société nouvelle d’égalité et de partage des richesses, des savoirs et des pouvoirs ». Une dimension qui pourrait avoir des conséquences sur l’organisation même du PCF avec la possibilité soumise au débat de l’organisation de « réseaux de batailles » thématiques.

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