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    D'un coté, on prétend "responsabiliser" les gens modestes en augmentant le prix du #carburant.
    De l'autre, on déresponsabilise les riches en baissant leurs impôts sans rien leur demander en échange.
    Moins tu as, plus tu donnes.
    Plus tu as, moins tu donnes.

Une manifestation unitaire contre la précarité

Posté par jacques LAUPIES le 15 décembre 2018

Une manifestation unitaire contre la précarité dans POLITIQUE

Photo : Stéphane Guerard
Vendredi, 14 Décembre, 2018
Fonctionnaires, lycéens, salariés du privé… Plusieurs milliers de personnes ont battu le pavé vendredi dans toute la France pour réclamer des hausses de salaires à l’appel de la CGT, rejointe par quelques « gilets jaunes. Les manifestants étaient 15.000 à Paris
 
 
« Les mobilisations ne s’opposent pas. C’est bien qu’il y ait des actions collectives, des gilets jaunes, gilets rouges, gilets bleus, peu importe. Maintenant, il faut que ces actions puissent converger », s’est exclamé le numéro un de la CGT Philippe Martinez juste avant de manifester à Paris, de la place de la République à la Nation, où la fin du cortège est arrivée vers 15H00.
 
Solidaires et la FSU, premier syndicat dans l’Éducation nationale, participent à cette journée d’action, ainsi que les étudiants de l’Unef et les lycéens de l’UNL. Des unions départementales de FO étaient également présentes dans les cortèges, de même que des représentants du PCF, de La France insoumise (LFI) et du NPA.
 
À Lyon où ils étaient 2.500 selon la police, Saint-Etienne, Grenoble (1.400 personnes dans chaque ville selon des sources policière et préfectorale), Bordeaux ou encore au Puy-en-Velay, les manifestants s’étaient ralliés au mot d’ordre du jour : « Tous mobilisés pour le libre accès à l’éducation, l’emploi, les salaires, les services publics, la retraite par répartition ».
 
Parmi les pancartes, certaines dénonçaient la « poudre aux yeux » et « l’enfumage » des annonces d’Emmanuel Macron, notamment sur « l’augmentation bidon du Smic ».
 
Les lycéens étaient nombreux partout, affichant des banderoles comme « Sélection, piège à cons ». Certains chantaient : « Un pas en avant, et deux pas en arrière, c’est la politique du gouvernement ».
 
« ParcourSup, c’est vraiment galère. On a beaucoup d’amis qui sont déscolarisés cette année parce qu’ils n’ont pas eu ce qu’ils voulaient après le bac », a expliqué à l’AFP Elya Rebet, 17 ans, en première année de droit à Lyon 3.
 
« Je trouve inadmissible qu’on disperse des options comme l’art ou la musique et qu’on rende ParcourSup plus sélectif », a renchéri Céleste, 17 ans, élève au lycée Saint-Exupéry à Lyon, et qui souhaite rentrer aux Beaux-Arts.
 
À Paris, des dizaines de lycéens se mettaient en scène, s’agenouillant mains sur la tête, en écho aux interpellations de Mantes-la-Jolie la semaine dernière, avec une pancarte: « Alors les CRS, ça gaz ? »
 
À Rennes, près de 400 personnes ont défilé sans incident dans le froid et sous un grand soleil, dont des enseignants, des pompiers-secouristes, des personnels des hôpitaux, a constaté l’AFP.

« Aller au devant » des « gilets jaunes » 

Les syndicats, et la CGT en particulier, sont bousculés depuis un mois par le mouvement des « gilets jaunes ». »Il est évident que l’avenir est sombre pour les organisations syndicales, car les +gilets jaunes+ ont fait la démonstration que, par des mobilisations horizontales via les réseaux sociaux, il est possible de parvenir à créer des dynamiques ou des rapports de forces, qu’elles-mêmes n’arrivent plus à créer », expliquait récemment à l’AFP Stéphane Sirot, spécialiste du syndicalisme.
 
Seul Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, qui a par ailleurs détrôné cette semaine la CGT comme premier syndicat, tous secteurs confondus, après les élections dans la fonction publique, a essayé de se placer dans le jeu gouvernemental depuis le début.
 
La stratégie de la CGT est quant à elle difficilement lisible : la centrale de Montreuil paraît dépassée par un mouvement social inédit, qui compte à certains endroits des militants CGT dans ses rangs, tandis qu’ailleurs, la discussion est impossible. « La majorité des +gilets jaunes+ n’ont jamais croisé de syndicats, donc ils sont très réservés, donc on essaie d’aller au devant », a reconnu M. Martinez, qui dit partager leur colère.
 
En interne, plusieurs fédérations ont souhaité que « des discussions puissent se tenir partout » avec les « gilets jaunes », pour que « chacun contribue dans son domaine à développer le rapport de forces ». « La CGT ne peut pas détourner le regard de cette colère sociale », ont écrit plusieurs dizaines de ses militants, dont l’ancien délégué des « Conti » Xavier Mathieu, dans une « lettre ouverte » relayée par le quotidien Libération.

 

 

 

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Les aides publiques aux entreprises privées, c’est 200 milliards d’euros !

Posté par jacques LAUPIES le 14 décembre 2018

Les aides publiques aux entreprises privées, c’est 200 milliards d’euros ! dans POLITIQUE carrefour_-_copie

 

Lundi, 10 Décembre, 2018

Oui vous avez bien lu, l’aide publique aux entreprises privées se monte chaque année à environ 200 milliards d’euros. Les grands groupes encaissent ces sommes astronomiques destinées à aider l’emploi, après avoir pleuré sur le coût du travail, ce qui ne les empêche pas de licencier, à l’exemple de Carrefour.

200 milliards d’euros, c’est à peine moins que le budget de l’Etat  qui se chiffre à 241,5 milliards d’euros en 2018… dont 15 millions seulement pour le Travail contre 16,68  millions en 2017 et 12 millions programmés pour 2019.

Ces chiffres sont confirmés par le pôle économique de la CGT dans un communiqué intitulé l’argent des contribuables dans les poches des actionnaires et par son secrétaire confédéral Mohammed Oussedik dans un interview qu’il nous a accordé.

Des milliers de dispositifs

Ce montant comprend les aides de l’Etat, les exonérations de cotisations sociales ainsi que les aides régionales et européennes, soit des milliers de dispositifs (6 000 selon certaines sources comme Deficreation)  dont la plupart se cumulent et dont on peut avoir une idée sur le site officiel du ministère de l’économie www.economie.gouv.fr/cedef/aides-publiques-entreprises ou encore celui de l’Urssaf https://www.urssaf.fr/portail/home/employeur/beneficier-dune-exoneration/exonerations-generales/la-modulation-assurance-chomage.html ou sur le site de la direction de l’information légale et administrative https://www.service-public.fr/professionnels-entreprises/vosdroits/F23922

Il existe même un site dédié http://www.aides-entreprises.fr/ En cliquant sur ce lien vous aurez le choix, souvent cumulable, de  1 624 aides publiques dans  10 domaines. Il suffit de taper son lieu d’implantation et le domaine concerné par la demande d’aide, par exemple emploi-formation ou gestion financière et exonération et s’affiche la liste des aides possibles.

Tout ça pour écrire que  l’info numérique sur les aides publiques (c’est-à-dire issues de nos impôts) abonde… bien plus que l’info sur les aides sociales aux personnes les plus nécessiteuses. En effet 1 personne sur 3 y a droit mais ne le sait pas !

Cice et cie

L’aide  qui fait le plus parler d’elle tant par son montant (plus de 20 milliards d’euros) que par son emploi controversé (destiné notamment à alléger le coût du paiement des salariés jusqu’à 2,5 SMIC) est le CICE – Crédit Impôt Compétitivité Emploi

Vous le lirez il est en baisse cette année et sera supprimé en 2019… pour être remplacé par un allègement de cotisations patronales de 6 points sur les salaires inférieurs à 2,5 SMIC complété par un allègement de 4,1 points du Smic à 1,6 SMIC !

Car le comble dans cette histoire de gros sous dont on s’interroge sur leurs utilisations finales est que l’Etat aide les entreprises (d’autres aides existent pour cela) à payer leurs salariés un peu plus que le SMIC alors que c’est une obligation légale de les payer au moins au SMIC ! Notre article SMIC 2018-cest-1498-euros-bruts-par-mois-et-pas-moins-pour-toutes-et-tous-les-salarie-e-s

Depuis le 1er janvier 2017 et jusqu’à la fin de cette année, les entreprises peuvent également bénéficier du CITS-crédit-d’impot-sur-la-taxe-sur-les-salaires

Ce coup de pouce permet aux entreprises d’allèger la taxe sur les salaires parce qu’elles ne paient pas la TVA. Il se cumule avec le CICE et autres allègemetns fiscaux notamment sur les cotisations sociales.

Dans le même temps, la loi de finances pour 2018 (article 84) poursuit le programme de la baisse progressive du taux l’IS – impôt sur les sociétés jusqu’à 25 % en 2022.

Aides à l’emploi ou aux bénéfices ?

Destinées à soutenir l’emploi par un « allègement du coût du travail »,  il n’existe aucun contrôle et aucune sanction en cas de non respect des conditions quand elles existent (certaines aides sont données sans condition). De plus, si la plupart des aides sont imposables, des dérogations permettent d’alléger ou d’exonérer cette imposition.

Par exemple :

- la déduction forfaitaire pour paiement des heures supplémentaires (parce que les employeurs sont aidés à payer les heures sup !) doit respecter deux conditions : respect par l’employeur des dispositions légales et conventionnelles relatives à la durée du travail et les rémunérations afférentes aux heures supplémentaires ne se substituent pas à d’autres éléments de rémunération, sauf si un délai de douze mois s’est écoulé entre le dernier versement de l’élément en tout ou partie supprimé et le premier versement des éléments de rémunération relatifs aux heures supplémentaires.

- pas de conditions pour bénéficier du CICE comme expliqué sur le site du ministère de l’économie Qui a droit au CICE ?

- pas de conditions pour l’aide à l’embauche des travailleurs handicapés

Certes ces aides sont bienvenues pour aider les TPME, PME et PMI, les agriculteurs, artisans et commerçants en difficulté ou encore pour s’installer auto-entrepreneur. Or ce sont surtout les grosses entreprises, affichant d’énormes bénéfices, comme carrefour qui en profitent.

Le cas Carrefour

Ce groupe vient d’annoncer 4 500 suppressions d’emplois et d’empocher 400 millions d’aides publiques par an pour l’essentiel destinées à diminuer les charges salariales. Alors que ses bénéfices tournent autour d’un milliard d’euros !

Se plaindre du cout du travail, la belle et juteuse affaire.

Questionnés à ce sujet,  Philippe Allard, délégué syndical du groupe Carrefour et Amar Lagha, secrétaire général de la CGT commerce, nous ont confirmé que « Carrefour  a touché successivement 350 millions d’euros d’aides publiques consistant en exonération de cotisations salariales et en CICE (crédit d’impôt compétitivité emploi) en 2018, 380 millions en 2017, 390 millions en 2016, 423 millions en 2015, 400 millions en 2014, soit un total de près de 2 milliards d’aide publique en 5 ans dont 744 millions au titre du CICE  ! »

Dans le même temps ils nous expliquent que « le groupe Carrefour, 1er employeur de France avec 115 000 salariés, c’est 88 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2017 et 980 millions de bénéfice (6 milliards de 2012 à 2016) dont 500 millions ont été distribués aux actionnaires (2,379 milliards de 2012 à 2016). »

2 milliards d’aide publique en 5 ans ont servi à verser 2 milliards de dividendes aux actionnaires. Pour faire court les 2 milliards d’aide publique sont allés directs dans la poche des actionnaires, pas de l’emploi ni de la compétitivité.

« Le CICE destiné au maintien de l’emploi, c’est en fait 2 400 suppression de poste au siège social, 2 100 emplois menacés  par la fermeture de magasins DIA si pas de repreneurs.  Ajoutons les menaces qui pèsent sur les salariés des magasins qui vont passer en location-gérance, les vendeurs concernés par la réduction de 100 000 m2 des surfaces des hypermarchés etc. Déjà les effectifs avaient baissé de 2 050 salariés », précise Philippe Allard.

Ces chiffres il n’a pas manqué de les rappeler avec la délégation CGT Carrefour au représentant du ministère du travail qui les recevait ce mercredi 31 janvier.

Conclusion d’Amar Lagha : « c’est avec nos impôts qu’on licencie aujourd’hui en France».

C’est pour toutes ces raisons que la CGT Commerce et Services appellait tous et toutes les salarié-e-s du groupe Carrefour à un rassemblement devant Carrefour à la Porte de Montreuil lundi 5 février à 10 heures. Présent, Alexis Corbière, député FI, a demandé que l’argent versé par l’Etat pour créer des emplois et non les supprimer, soit rendu. Il a appelé les cotoyens et les consommateurs à se mobiliser avec les Carrefour.

En lien

- analyse du budget 2018 par la CGT

- Notre article carrefour-solde-l-emploi-pour-ses-profits

Daniel Roucous

 

Mobilisation. « Les gilets jaunes, c’est un chamboule-tout ! »

Jeudi, 13 Décembre, 2018

Fonctionnaire territorial, Pascal Louis s’est engagé depuis le début dans le mouvement, apportant avec discrétion ses compétences syndicales.

«On n’est pas fachos, on est fâchés. » C’est cette petite phrase qui a plu le 11 novembre dernier, sur le parking du centre commercial de Gaillon, dans l’Eure. Son auteur ? Pascal Louis, fonctionnaire territorial, investi dans la vie associative et sportive, représentant syndical CGT depuis vingt ans, et invité par Facebook à répondre à l’appel des gilets jaunes locaux. « On m’a contacté pour intervenir sur mon expérience, mes connaissances juridiques : a-t-on le droit de manifester ? Qu’est-ce qu’on risque en bloquant un rond-point ? » Tranquillement, devant cent personnes du coin, des parents d’élèves, des amis sportifs, ce juriste militaire devenu fonctionnaire explique ce jour-là « qu’il ne faut pas bloquer les routes mais filtrer les véhicules, sinon on encourt quatre mois d’emprisonnement, 15 000 euros d’amende ; et puis si votre voiture est abîmée, l’assurance ne marchera pas… ». Deux heures plus tard, les curieux discutent encore. « Et pourtant il flottait », s’en amuse aujourd’hui Pascal Louis. L’occupation du rond-point est mise au vote. Ils seront cent à lancer le mouvement le 17 novembre au petit matin, 400 dans la journée. « L’idée de Facebook, c’était qu’un “jaune” amène “un jaune” ». Et que l’événement virtuel devienne réel.

À l’issue du premier week-end, une assemblée générale est organisée à la nuit pour la reconduction du mouvement. « J’ai envoyé une lettre aux maires de Gaillon et du Val-d’Hazey, d’autres ont contacté la préfecture, raconte le syndicaliste entre deux Klaxon de chauffeurs sympathisants. Mais je ne tenais pas à être pris sur la photo pour ne pas monopoliser la parole de ce mouvement populaire citoyen. Nous ne voulons pas avoir une autorité administrative au-dessus, pas de chef. Je mets juste mon savoir-faire à disposition du groupe. » Sans cacher son étiquette syndicale, Pascal Louis tient à rester en retrait parmi « toutes les personnes de bonne volonté ». II ne s’est pas présenté aux élections des porte-parole, deux femmes et trois hommes, dont Karl Tocquard, un forain au gilet jaune customisé d’une Marianne et d’un hérisson, clin d’œil aux gens du voyage. « Nous remontons la parole mais chacun ici est responsable de ses actes », précise l’homme des manèges, fidèle au rond-point depuis 26 jours.

« Il faut faire attention au déchirement social »

Pascal Louis ne chôme pas non plus : dès potron-minet, il prend son café sous l’un des barnums bricolés du carrefour qui abritent les dons, victuailles et café légués par les soutiens de passage. Puis se rend à son travail, en délégation au conseil d’administration de la CAF, à la coordination syndicale départementale des territoriaux de l’Eure. Sans jamais oublier les gilets jaunes : « C’est un chamboule-tout !, s’anime Pascal Louis. Un phénomène de société sous-jacent depuis 40 ans mais intensifié par un président de la République qui défend l’outil financier, pas l’humain. À la coordination syndicale, j’ai expliqué qu’il y avait des fonctionnaires territoriaux, surtout de catégorie C, parmi les gilets jaunes. Dans mon service, j’ai deux agents qui vivent encore chez leurs parents. Il faut faire attention au déchirement social, qui peut mettre en péril une société basée sur la liberté, l’égalité, la fraternité, principes dont les fonctionnaires sont les garants. » Lui-même a perdu 416 euros entre 2016 et 2017 et gagne 1 800 euros au bout de vingt ans de carrière. Heureusement, sa retraite militaire rajoute un peu de beurre dans les épinards, comme les panneaux solaires de sa maison, payés depuis l’an dernier. Alors, ne lui dites pas que ce mouvement s’est construit contre la transition écologique. Tout cela, il l’explique aussi aux maires de la communauté de communes, au député LaREM du département avec d’autres gilets jaunes en remontant les doléances sur un Smic à 1 500 euros net, l’instauration d’un référendum citoyen, la démission de Macron, contre la retraite à points…

« Les gens qui nous représentent ne sont pas assez proches de nous »

Quand en fin d’après-midi, le syndicaliste revient au rond-point, c’est ici qu’il explique que les fonctionnaires ne sont pas des nantis. À d’autres qui ne le sont pas plus, quelles que soient leurs origines et divergences : Jean-Jacques, le jeune retraité, Simon, chômeur de 26 ans, Abdelillah, intérimaire de 40 ans, Fabienne, employée de banque de 53 ans… « Les gens qui nous représentent ne sont pas assez proches de nous, estime Reynald Dannebey, patron de TPE. La première semaine sur le rond-point, j’ai pris la misère en pleine gueule : des jeunes qui vivent avec 800 euros par mois, d’autres dormant dans leur camionnette. Depuis que je travaille, c’est la première fois que je fais une pause, que je m’arrête, que j’écoute. Et on arrive tous au même constat : il faut changer ce pouvoir déconnecté. » Avec ses sept salariés, il a fini par reprendre l’activité mais Reynald retourne régulièrement sur le carrefour. « Ici on n’est ni fonctionnaire, ni ouvrier, ni chômeur, mais tous citoyens. Je ne peux pas mieux dire : c’est le peuple qui se révolte ! », résume Dédé à l’abri de son chapeau de cow-boy. La polyphonie de Klaxon interrompt régulièrement les discussions. Les routiers les soutiennent, stationnant longtemps en lisière de rond-point, endiguant un temps le flux des voitures. Chacun participe à son niveau. Une camionnette débarque des palettes pour alimenter le feu, pour le déjeuner du midi. Charley et Christiane Leguay, 90 et 78 ans, se sont arrêtés en rentrant de l’hôpital. Dans leur coffre, une pancarte à la peinture encore fraîche « Merci aux gilets jaunes de se battre pour nous les vieux ». La bataille n’est pas terminée. Les annonces du président n’ont rien changé : « Des miettes de mesurettes, concluent Pascal Louis et les gilets jaunes de Gaillon. On donne d’un côté ce qu’on récupère de l’autre. » Et déjà, certains pensent à commander des huîtres pour passer les fêtes sous les cahutes du rond-point.

Kareen Janselme

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L’apolitisme ne peut exister, seule la confusion et l’amalgame lui donnent existence !

Posté par jacques LAUPIES le 13 décembre 2018

 

 

Pour un militant politique, communiste de surcroit, il y a de quoi s’interroger sur l’apolitisme qui existerait au sein mouvement de Gilets Jaunes ou, pour le moins, sur l’idée que peuvent se faire les français sur la notion d’apolitisme.

En effet alors que la plupart des revendications  que nous formulons depuis des décades, y compris du temps de la gauche plurielles, pour répondre aux aspirations du monde des salariés, resurgissent soudain, comme si personne ne les avait déja exprimées. Que ce soit les organisations syndicales, le parti communiste et quelques alliés de celui-ci au sein du Front de Gauche notamment ! 

Lorsque je me suis rendu sur un rond point la semaine dernière, tout autant d’ailleurs lorsque j’ai entendu les premiers témoignages au tout début de cette action, il était facile de comprendre que ce mouvement concernait ce pourquoi nous luttons depuis des années et que les initiateurs, quel que soit le position sociale étaient des victimes des pouvoirs politiques qui se sont succédés.

Alors pourquoi au fil de ces années n’avons nous pu incarner cette sorte de révolte qui apparaît et traduit l’accumulation de souffrances dues à un libéralisme de plus en plus cohérent dans sa démarche d’exploitation dans un cadre mondialisé ? 

Au fond c’est quoi ce système sinon la généralisation de la recherche du travail à bas cout et de la rémunération toujours plus grande du capital ! Et cela est permis parce qu’aucune harmonisation ne se fait sur le plan social qu’il s’agisse des salaires direct, des salaires indirects (notamment de la sécurité sociale) de la fiscalité entre les divers pays de la planète dont les développements économiques sont inégaux certes mais également dont les pouvoirs politiques dépendent des classes possédantes ?

Ainsi le développement des forces productives (travailleurs et moyens de production en évolution technique constante) sert une poignée de possédants (mis en situation de concurrence) en s’appropriant la richesse  produite par le travail de millions d’individus (placés également en état de concurrence entre eux)

D’ou cette notion de compétitivité, si chère aux politicards de droite et de la social-démocratie, qui serait, selon les libéraux,  incontournable et n’aurait de solution que dans la réduction de la rémunération de la force de travail pour « vendre moins cher » que son voisin. Le résultat est que seul le profit guide la production, oriente la consommation et fait fi des besoins fondamentaux des populations : nourriture, logement, soins, éducation,  culture et bien entendu du besoin de protéger la nature et de ne pas la piller !

En se battant pour de meilleurs revenus, plus justes, les différentes catégories portent évidemment un grand coup à la logique libérale et  ameutent des représentants politiques choisis souvent  sous la pression médiatique, sans discernement et bénéficiaires d’une abstention massive.

Point n’est besoin d’être un fin psychologue pour les voir apeurés face aux gilets jaunes et déployant leurs talents d’universitaires, d’énarques, bien installés et formés dans la défense du libéralisme ou de quelque idéologie fabriquée pour les besoins de la cause.

Que ceux-là aient bien pu inspirer à une masse d’électeurs le dégout de la politique nous pouvons le comprendre mais nous, et tous ces militants et élus qui sont restés attachés à l’esprit de classe et se sont toujours trouvés en position de défendre les exploités, notamment les plus pauvres, ne devrions nous pas avoir gout amer d’ingratitude ?

C’est bien précisément de cela qu’il faut se préserver. J’ai entendu un cheminot me dire : « pourquoi je soutiendrais les gilets jaunes ils ne nous ont pas soutenus ? » Outre que cela reste à démontrer, n’est-ce pas avoir une vision un peu étroite de ce qui fonde la solidarité et les conditions qui lui permettent de s’exprimer ? Les gilets jaunes d’avant le mouvement ne seront pas ceux d’après le mouvement car la lutte leur aura appris qu’un cheminot est un allié objectif et notamment s’il est retraité, a toute sa place dans leur combat. Pour grand nombre d’entre eux ils ont d’ailleurs rejoint le mouvement. La réalité de terrain balaie parfois le poids des idées reçues…

Mais attention si le combat est juste et doit prendre une forte dimension il ne saurait se priver de cette réponse : prendre la parole et prendre le pouvoir pour changer de système.

Oeuvrer pour  que nous vivions mieux et donc nous permettre d’avoir de meilleurs salaires, de meilleures pensions, de meilleures allocations est déja un acte politique. Mais cet acte premier en appelle d’autres tout aussi politiques pour consolider les acquis : faire des lois équitables, modifier les institutions, modifier les rapports sociaux, contrôler les  productions, harmoniser les consommations, etc.

Alors inutile de tenter de cultiver  l’idée d’apolitisme pour tenter d’opposer les gilets jaunes aux syndicats et aux partis politiques de gauche ! 

Ce soir à la faveur du débat sur le terrorisme le choix est facile à faire entre les politiques car l’on voit d’ardents pseudo  défenseurs de la nation réclamer la cessation de la lutte des sans papier (des Wauquiez et Hortefeux (LR) jusqu’à Dupont d’Aignan (Demain la France) en passant par les alliés de Macron (MODEM, UDI) Quant à Marine Le Pen elle marque ses attaches avec sa classe bourgeoise  en se risquant à rejeter toute augmentation du SMIC mais, pour préserver son électorat populaire, ne manque pas d’afficher sa démagogie habituelle et un soi disant soutien à cet électorat.

 

 

"Il nous semble que cette opération relève un petit peu du coup monté», a commenté le secrétaire départemental du PCF, Jean-Marc Durand. Photo  d'illustration : AFP

« Il nous semble que cette opération relève un petit peu du coup monté», a commenté le secrétaire départemental du PCF, Jean-Marc Durand. Photo d’illustration : AFP

Gilets jaunes. Une militante du PCF détenue dans la Drôme

Mercredi, 12 Décembre, 2018

Dans un contexte de tensions entre police et gilets jaunes, la militante a été arrêtée sur la base d’éléments minces. Elle sera jugée après Noël. 

 

Le PCF de la Drôme dénonce le placement en détention provisoire d’une de ses militantes, suspectée d’avoir agressé le directeur départemental de la police alors qu’il intervenait samedi sur un blocage de gilets jaunes. L’agression du responsable policier a eu lieu samedi à la mi-journée dans une zone commerciale bloquée au nord de Valence. Le patron de la police de la Drôme, présent en personne sur l’opération, a ceinturé l’un des manifestants qui prenait la fuite et, selon la police, « une dizaine de gilets jaunes lui sont alors tombés dessus, des coups de pied et des coups de poing le faisant chuter au sol », rapporte l’AFP. Deux suspects ont été arrêtés dans un premier temps, puis deux autres plus tard dans l’après-midi – dont la militante – lors d’une marche pour le climat organisée dans la ville. Une vidéo, postée sur la page Facebook du PCF de la Drôme, montre une arrestation musclée de la militante.

Ces trois hommes et une femme ont été déférés lundi au parquet de Valence en vue d’une comparution immédiate, finalement repoussée au 26 décembre, pour qu’ils puissent préparer leur défense. Aucun n‘imaginait alors être placé en prison. Pour l’avocat de la militante, Me Bertrand Beaux, « le contexte a joué » – un jour de mobilisation de gilets jaunes-, pour ainsi placer en détention pour une quinzaine de jours des individus sans casier judiciaire. Les délais de justice faisant qu’une demande de remise en liberté n’est pas  sûre d’être examinée avant le procès.

« Elle conteste avoir frappé qui que ce soit »

Tant les images de vidéo-surveillance du centre commercial que celles tournées par les policiers, qui ont servi de base aux arrestations, ne montreraient pas la militante en question au moment de l’incident. Pour Me Beaux, « moi je n’ai pas d’images où l’on voit ma cliente frapper un fonctionnaire de police. Elle était sur place, elle ne le nie pas, mais conteste avoir frappé qui que ce soit ».

« Nous n’avons pas l’habitude de laisser incarcérer nos militants, d’autant plus que d’après les éléments en notre possession, les faits qui lui sont reprochés sont loin d’être avérés », a commenté le secrétaire départemental du PCF, Jean-Marc Durand. « Il nous semble que cette opération relève un petit peu du coup monté », a-t-il ajouté en réclamant sa libération. Un rassemblement de soutien devait se tenir ce mercredi soir, devant la préfecture. L’appel pour sa libération écrit ainsi que «  Il ressort  du dossier que le traitement dont elle est la victime serait en quelque sorte pour l’exemple. Nous voulons rappeler la violence de l’intervention policière de samedi matin au plateau des couleurs qui s’est soldée par l’hospitalisation de plusieurs manifestants dont certains dans un état grave ».

 

Décès d’un figure politique de Tarascon

 

Avec tristesse j’ai appris le décès de Philippe Giraldi – Delmas  bien connu dans notre ville à divers titre, notamment pour l’exercice d’une activité d’antiquaire. Nous avions des conceptions souvent  radicalement opposées en politique et dans bien des domaines touchant à la religion, la philosophie, etc.

Néanmoins nous parlions ! Nous parlions souvent, presque chaque jour, lorsque je marquais, dans mon tour de ville quasi quotidien, une pose devant sa boutique encombrée de mille vieilles choses.  Il se référait à son gaullisme comme pour marquer son amitié et aimait à dire que nous avions ce point commun issus de la résistance. Ce qui est vrai ! Et c’est probablement cette idée qui maintenait un lien qui cependant avait bien d’autres justifications, entre autre un besoin d’échanger.

Mais pour nombre de Tarasconnais Philippe Giraldi incarnait un engagement politique bien ancré à droite et le manifestait souvent, à sa façon, de manière parfois originale. Depuis plus de cinquante ans nous nous retrouvions, en opposition, pour des élections tans locales que nationales.

Cela ne nous  pas empêché, parfois,  malgré nos divergences d’en sourire.

Pour le temps qui me reste je ne vous oublierai pas Monsieur Giraldi !

 

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Les gilets jaunes ont à choisir pour la poursuite ou non de leur action. Pour ce qui me concerne, à n’en pas douter, ils doivent poursuivre et amplifier leur lutte. C’est aussi la meilleure réponse à faire aux terroristes qui veulent destabiliser nos institutions !

Posté par jacques LAUPIES le 12 décembre 2018

 

 

Thomas porcher

Économiste, co-fondateur de Place Publique

Il était l’invité de La Midinale de Regards,

Ce mardi 11 décembre 2018

https://youtu.be/yq76bWDk7ls

Les gilets jaunes ont  à choisir pour la poursuite ou non de leur action. Pour ce qui me concerne, à n'en pas douter, ils doivent poursuivre et amplifier leur lutte. C'est aussi la meilleure réponse à faire aux terroristes qui veulent destabiliser nos institutions ! dans POLITIQUE 26w5l

« Macron a fait un chèque en blanc pour dire aux gilets jaunes de continuer. »
Sur l’allocution présidentielle
« Il a fait un effort pour faire un tournant un peu plus social dans son logiciel. »
« Encore une fois, on ne demande aucun effort aux entreprises alors qu’elles ont déjà bénéficié de baisse de la fiscalité et du CICE qui va être gravé dans le marbre. »
« Il relâche un peu sur les retraités mais il ne revalorise pas les retraites au-dessus de l’inflation. »
« On est dans l’ordre de la mesurette, sans changement de cap et on est face à une crise qu’on n’a jamais connu auparavant qui mériterait des changements plus radicaux. »

Sur la crise de la démocratie
« Il a dit qu’il allait faire des efforts et notamment rencontrer les maires. »
« C’est contradictoire, il rencontre les maires et en même temps il retire douze milliards sur les collectivités territoriales. »
« Il dit qu’il faut lutter contre l’évasion fiscale mais il va supprimer 120000 postes de fonctionnaires qui sont principalement à Bercy et aux impôts. »
« Il faut que la démocratie puisse s’affirmer de plus en plus et il faut pour cela changer la Constitution, pour un recours à plus de référendums. »

Sur l’exercice du pouvoir par Macron
« C’est une séquence intéressante parce qu’il y a eu de grosses manifestations contre la loi Travail ou la libéralisation de la SNCF et là, ce que disait Emmanuel Macron, c’était : ‘vous avez le droit de manifester mais je garde le cap’. »
« Avec la manifestation des gilets jaunes, le président recule pour la première fois. »
« Je pense que dans l’esprit de Macron, dans son esprit libéral, il pense qu’il a fait un vrai pas en avant. »
« Emmanuel Macron a fait un chèque en blanc pour dire ‘continuez parce que je suis en train de reculer’ alors qu’il n’avait pas fait ça avec les syndicats. »

Sur la fiscalité
« Le problème, c’est qu’Emmanuel Macron dit qu’il faut une fiscalité plus juste or là c’est tout le contraire. »
« Emmanuel Macron a baissé les impôt des 1% les plus riches qui détiennent 25% du patrimoine. Il leur a offert la réforme de l’ISF sur les placements financiers. »
« Il a juste fait une mesure où le SMIC augmente de 100€, financé par les contribuables et pas par les entreprises qui ont le CICE et les baisses d’impôts. »
« Ce sont toujours les classes moyennes qui payent. »
« Ce que l’on donne d’un côté à une main, on le retire trois fois plus de l’autre. »

Sur les gilets jaunes
« Il faut que la mobilisation se poursuive pacifiquement. »
« Ca fait trente ans que vous avez une classe moyenne qui a subit les effets délétères de la mondialisation, du retrait de l’Etat et que Macron accélère. »
« La transition écologique ne peut pas reposer que sur les classes moyennes. Les entreprises doivent prendre leur part. »

Sur Place publique
« Autour des quatre urgences, sociale, économique, démocratique et écologique, il faut trouver des solutions et on invite l’ensemble des partis de gauche à se réunir le 20 décembre pour trouver des solutions à cette crise. »

Sur les européennes et la division à gauche
« Je me réjouis que Manon Aubry ait été désignée tête de liste de la France insoumise. »
« Comment on peut ne pas créer des liens entre nous alors qu’on partage 80% des solutions ensemble ? »
« Je pense qu’une liste commune – qui ferait un score énorme – serait un message très fort envoyé à Macron. »
« Nos divergences sont beaucoup plus faibles que nos points de convergences. »
« Ce que défendent les gilets jaunes a déjà été proposé par tous les partis de gauche depuis vingt ans. »
« Si la seule différence c’est le plan B ou le revenu universel, c’est des différences mineures comparé à la crise que nos visons aujourd’hui et des réponses que nous pouvons apporter collectivement. »
« Si on continue comme ça, on prépare l’arrivée de Marine Le Pen et on ne veut pas ça. »

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Acte v. Macron n’a pas éteint la contestation

Posté par jacques LAUPIES le 12 décembre 2018

Rassemblés autour du feu, près de Saint-Étienne, les gilets jaunes ont suivi l’allocution du président, mais n’ont pas été convaincus. Jean-Philippe Ksiazek/AFP<br />

Rassemblés autour du feu, près de Saint-Étienne, les gilets jaunes ont suivi l’allocution du président, mais n’ont pas été convaincus. Jean-Philippe Ksiazek/AFP
 

Après le discours présidentiel et malgré le service après-vente assuré par la majorité, nombre de gilets jaunes continuaient à dire leur détermination hier sur les ronds-points. La gauche et des syndicats appellent aussi à la mobilisation.

Tout avait été bien orchestré pour ménager la surprise et désamorcer le mouvement. Devant les 23 millions de téléspectateurs qui ont suivi l’allocution d’Emmanuel Macron lundi soir, les 100 euros annoncés pour les salariés au Smic étaient censés faire leur petit effet. « On n’est pas dupes », pouvait-on entendre dans la foulée sur les ronds-points occupés. Et pour cause, de l’aveu même hier du président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, les annonces présidentielles sont « une accélération, ni (un) virage, ni (un) changement ».

Alors parmi les gilets jaunes, nombreux sont ceux qui restent déterminés. Sur le rond-point de Loches (Indre-et-Loire) où des cabanes de palettes sont érigées depuis le 17 novembre, les occupants sentent l’entourloupe à propos de ces fameux 100 euros supplémentaires. « Il va prendre aux pauvres pour donner aux pauvres », résume Michel (*), en touillant les plats de choucroute et de couscous qui chauffent sur les braises du barbecue. Après avoir travaillé dans les fermes à 14 ans, dans les champignonnières, puis en usine, le retraité se mobilise pour la première fois. « J’ai 1 080 euros de retraite après quarante-six ans de boulot. On ne s’en sort pas », souffle-t-il pudiquement.

« Je savais que ce serait du pipeau »

La prime de fin d’année au bon vouloir des patrons ne convainc pas non plus. « Au bout de dix ans d’ancienneté, je ne touche que 10 euros de prime de fin d’année. Même si elle est augmentée, ça ne fera pas grand-chose, mais je n’y crois même pas », commente Laure qui travaille dans un centre d’appels. À des centaines de kilomètres plus au nord, l’accueil des annonces d’Emmanuel Macron n’est pas plus chaleureux. « Je ne le regarde pas, je ne peux plus le voir. Je savais que ce serait du pipeau. La colère se reporte sur lui car il représente ce qu’on déteste. Je vois de la souffrance humaine partout », raconte Patricia, en invalidité après avoir été ouvrière dans une usine agroalimentaire. Avec elle sur le rond-point des Quatre-Chemins à Somain, dans le Nord, Sébastien, au chômage depuis deux mois, ajoute : « La fameuse prime, tout le monde ne l’aura pas. Celui qui touche 1 350 euros par mois l’aura-t-il ? Et pourtant, il ne s’en sort pas mieux. La solution, c’est d’augmenter tous les salaires, en majorant le taux horaire. » Ici, non plus la motivation n’est pas entamée : « Certains font des crédits pour vivre et manger, la misère grandit. Mais les moutons se sont réveillés, tant mieux », lance Gilbert qui sera en retraite à la fin de l’année.

Sur les plateaux de télévision, en revanche, des gilets jaunes « libres » tentent de temporiser. « On est à l’heure où il faut sortir intelligemment du mouvement », plaide ainsi Jacline Mouraud appelant à une « trêve ». « Il faut transformer le mouvement car on ne peut pas décemment le continuer à deux pas de Noël, plein de commerçants vont mettre la clé sous la porte, je ne veux pas me rendre responsable de dépôts de bilan », ajoute-t-elle. Le discours n’est pas sans rappeler celui de la majorité : « Si les gilets jaunes veulent continuer leur mobilisation, je pense qu’ils doivent trouver un type de mobilisation qui ne pénalise pas les commerces des centres-villes et des centres-bourgs en cette période de fin d’année très importante pour notre activité économique et pour l’emploi. Nous avons déjà des pertes de plusieurs milliards d’euros », insistait, hier, le député LaRem, Matthieu Orphelin.

« Comme tous mes camarades gilets jaunes j’appelle à l’acte V »

Tandis que les marcheurs sont occupés à faire le service après-vente, à l’instar du premier ministre hier devant les députés, le reste de la droite tente de tirer son épingle du jeu. Difficile quand une des mesures phares, la défiscalisation des heures supplémentaires, est ressortie des limbes de la Sarkozye et de son « Travailler plus pour gagner plus » de 2007. Ou encore quand le spectre du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale plane sur le discours présidentiel (lire page 11). Mais LR a trouvé son angle d’attaque : « Pas un mot sur le financement ou la baisse des dépenses publiques, on met la poussière sur le tapis, on repousse les choses », n’a pas manqué de relever le président du groupe des députés LR, Christian Jacob, hier matin, sur France Inter. Le chef de l’État, dont les ministres n’ont cessé de le marteler, a pourtant prévu le coup et glissé la « maîtrise des dépenses publiques » entre deux signaux rassurants pour le patronat et les plus riches. Pour faire bonne mesure, l’Élysée a précisé, dans la foulée de son discours, que les annonces ne « remettent pas en cause la maîtrise de la dépense publique ». Comme le Modem dont la porte-parole Sarah El Haïry estime que « l’acte V ne doit pas être dans la rue », mais « autour de la table des concertations », LR est raccord avec LaRem sur ce point : « Je pense qu’à un moment donné, il faut lever le camp des ronds-points, il faut reprendre la vie », a déclaré Éric Woerth.

À gauche, au contraire, le « président des riches » en a pris pour son grade. « Toutes les mesures annoncées » seront « payées par les contribuables et les assurés sociaux, aucune par les grandes fortunes, ni les profits », dénonce Jean-Luc Mélenchon (FI). « C’est trop tard et c’est trop d’entourloupes et c’est pour ça que la mobilisation va continuer », renchérit Olivier Besancenot (NPA). « Le cap n’est pas modifié ! Le nouveau monde, c’est “retour vers le futur” », juge aussi Olivier Faure dont la formation a finalement décidé de se joindre à la motion de censure (lire ci-contre) des communistes et des insoumis. Dans ce camp-là, on estime que des points ont d’ores et déjà été marqués et qu’il faut pousser l’avantage. « Avec l’annonce de l’annulation de la hausse de la CSG pour les retraité·e·s modestes, le président de la République a opéré un premier recul. Preuve est faite que la mobilisation actuelle est décisive », constate notamment Fabien Roussel (PCF), qui appelle à ce qu’elle se poursuive.

À l’inverse, bien sûr, « il est temps de se remettre au travail », selon le Medef. Sans surprise, l’organisation patronale se félicite de mesures « de nature à répondre aux attentes exprimées sans pénaliser la compétitivité des entreprises ». Côté syndicats de salariés, l’avis n’est pas tout à fait le même. Si la CFDT salue une « première réponse pour les plus modestes » qui en appelle « d’autres à l’issue du débat national et des débats territoriaux que le président a confirmés », Solidaires et la CGT se montrent beaucoup plus critiques et mobilisés. « Ses petites phrases dont il s’est repenti, ou presque, ce ne sont pas des erreurs de communication, c’est naturel. Parce qu’il ne comprend pas les problèmes des Français, il ne comprend pas les problèmes de fin de mois, de chômage », juge Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT. C’est d’ailleurs « un discours pour rien pour toutes celles et ceux qui ont du mal à vivre au quotidien », que dénonce le syndicat. La CGT appelle donc « à poursuivre les mobilisations et à agir par des grèves dans les entreprises et des manifestations le 14 décembre ». « Les seules “réponses” de Macron à la souffrance sociale se limitent donc à de la poudre aux yeux et à des miettes », estime également Éric Beynel, de Solidaires. « Constat sans surprise qui confirme si besoin était qu’il faut amplifier et faire converger les mobilisations actuelles pour la justice sociale et fiscale », ajoute-t-il, appelant « à faire du vendredi 14 décembre une journée de grève interprofessionnelle et à rejoindre le samedi 15 décembre les mobilisations des gilets jaunes ». Loin d’être satisfaites de la seule annulation de la hausse de la CSG pour les pensionnés qui touchent moins de 2 000 euros, neuf organisations de retraités (CGT, FO, CFCT, CFE-CGC, Solidaires, FSU, FGR-FP, LSR, UNRPA Ensemble & solidaires) invitent elles aussi à gagner la rue, le mardi 18 décembre. Dès hier, lycéens et étudiants organisaient un « mardi noir » (lire page 6). Et samedi, un nouveau rendez-vous demeure bien à l’ordre du jour. « Ils peuvent toujours faire des mesurettes, nous faire croire qu’ils augmentent le Smic alors qu’en réalité ils vont taper dans les cotisations sociales (…). Pour moi, c’est complètement bidon et comme tous mes camarades gilets jaunes de France j’appelle à l’acte V, samedi prochain, à Paris », résume Christophe Couderc, un gilet jaune de Paris. Macron n’en a pas fini avec les mobilisations.

(*) Le prénom a été modifié.
Julia Hamlaoui avec Ludovic Finez et Olivier Morin

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