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Et si on parlait de « Nouvelle Démocratie » et de « Nouvelle société »

Posté par jacques LAUPIES le 28 juillet 2011

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Il pense donc il est…

La démocratie pour être la mieux appliquée possible nécessite en priorité que chacun puisse donner et soumettre son point de vue pour qu’au niveau ou elle s’exerce (groupe, parti, institutions diverses, nation, union d’états ou états unis, et demain, espérons-le, planète tout entière) il ait accès à la connaissance et à la liberté d’expression.

Mais ces mêmes conditions en supposent d’autres essentielles c’est qu’il y ait égalité dans la possibilité d’exercice de ces droits : des conditions matérielles de vie excluant toute aliénation.

Le salarié modeste et parfois moyen, le paysan qui trime toute l’année pour produire ses fruits et légumes, le commerçant accablé par la concurrence et l’insuffisance de pouvoir d’achat grandissante, ont de la peine à s’informer autrement que par l’accès facile aux médias, notamment à la télévision. Le poids des obscurantismes, des peurs entretenues, paralysent les esprits critiques. Ils rendent plus sensibles aux apparences qu’au fond des choses.

Devant l’évidence des injustices, la culpabilisation est entretenue : « il y en a  de plus malheureux que nous, ne nous plaignons pas trop ! » Il en résulte souvent démission ou soumission et quand n’y tenant plus, la révolte habite les opprimés, elle s’exprime sans projet cohérent et à la merci de toutes sortes de manipulations.

Pour les moins défavorisés, ou même en position confortable, toute idée de changement les effraie à la seule pensée de perdre leur position.

Autant de phénomènes qui éloignent des analyses objectives conduisant à des solutions de mise en œuvre de solidarités dans l’action (le travail, la gestion de la cité, etc.) car par delà la conscience du bien commun demeure enfoui en chacun le besoin de satisfaction des désirs immédiats, la sortie des échecs par des voies individuelles contre une société qui ne nous apporte pas ce que nous espérons.

La démocratie souffre de tout cela qui donne à ceux qui sont en position de domination la possibilité de manipuler. Ainsi elle peut devenir un instrument d’oppression sous des apparences libertaires. Laissant la place à la tyrannie : César ne valait-il pas mieux pour la plèbe que la république des riches ?

Nombre de dictateurs modernes jouent ce registre où le populaire sert leurs ambitions politiques et celles – plus économiques – des castes qui les entourent.

On assiste à cette démarche toutes droites confondues, extrême ou pas. A gauche certains rêvent, sous des formes modernes d’un triomphe à la Spartacus où les foules les plus exploitées se rallieraient à un groupe de gladiateurs en rébellion.

La solution n’est ni dans l’utilisation tronquée de la démocratie où seulement, sous l’égide du suffrage universel, un cinquième de l’électorat trouve le pouvoir, ni dans le grand soir qui peut conduire à une situation pire et sans issue. Elle est bien dans un suffrage universel à la proportionnelle qui place les forces vives de la nation au sein d’une assemblée nationale, où chaque parti (expression organisée des différents intérêts du peuple) aura, y compris avec des appuis populaires constants, le devoir et le droit de légiférer et de contrôler le gouvernement qui en sera nécessairement l’émanation.

Alors, me direz-vous, comment comptez vous l’imposer, en l’état actuel de nos institutions et compte tenu que las partis politiques dans leur majorité ne préconisent pas ce passage à un système électoral de ce type.

Républicain je vous répondrais : par le peuple ! S’il s’empare de ce mot d’ordre il en est seul capable. Il a seul la légitimité et le moyen  pour que  cela se fasse, quelles que soient les formes à utiliser. Et elles ne peuvent-etre que pacifiques !

Compter sur les effets d’une révolution spontanée et dépourvue d’objectif précis est un leurre. Par contre faire pénétrer l’idée que les institutions actuelles sont dépassées et qu’elles doivent-être remplacées par ce que viens d’énoncer, qui revient à élire une assemblée constituante qui comme le suggérait Rousseau, ne devait en aucun cas devenir législative, ne peut que trouver l’assentiment de tous. Certes les effets de classe, les affrontements qui en résulteront, le poids de l’argent, la corruption matérielle et intellectuelle seront toujours là pour empêcher la véritable émancipation populaire, mais la force du peuple est irrésistible. Encore faut-il qu’il l’exerce dans le sens de ses intérêts avec vigilance et unité.

Cela demande un travail en profondeur, une implication populaire sans précédent, à la hauteur  des grandes révolutions qu’a connu la France, et ne soyons pas chauvins qu’ont ou que connaissent d’autres pays. Mais le peuple doit savoir ce qu’entend défendre comme objectif cette révolution que certains ont baptisé de citoyenne.

L’élection présidentielle peut être un temps pour favoriser cette prise de conscience qui doit créer les conditions de l’intervention populaire souveraine  car rien ne sera possible avec le simulacre de démocratie que constitue la Vème République.

Serait-il compliqué, pour commencer, de dire à l’issue d’une élection présidentielle :

Elu je dissoudrais l’assemblée nationale et je ferais procéder à l’élection d’une  assemblée constituante dont la mission serait de rétablir la souveraineté populaire pour permette d’atteindre  des objectifs économiques, sociaux et culturels précisés, dans le cadre d’une juste répartition des richesses. Primat de l’intérêt général et collectif sur l’intérêt particulier et individuel.

Serait-il incompréhensible de dire : je décrète dans l’attente de la nouvelle constitution 3 secteurs d’orientation où  s’imposent des mesures essentielles et immédiates et qui concernent.

1 – LE BUDGET DE L’ETAT

POUR LES RECETTES

-          Le contrôle des banques à qui je fixe des objectifs clairs en matière d’utilisation de leurs avoirs (crédits à l’investissement productif des entreprises, soutien aux services publics, rémunération correcte de l’épargne populaire, etc.)

-          Une fiscalité élaborée en fonction des revenus des personnes mais aussi de ceux du capital (bénéfice des entreprises, actionnariat, rente, produits du patrimoine, etc.) garantissant les ressources nécessaires à l’état et aux organismes de Sécurité sociale (santé, logement, garantie de ressources en cas de perte d’emploi, de situation de formation et d’études, etc.)

POUR LES DEPENSES

-          Augmentation générale des salaires dans la fonction publique (avec institution d’une hiérarchie de 1 à 15)

-          Affectation immédiate d’une dotation conséquente à la protection sociale, à la santé, à l’éducation nationale et à la recherche, à la justice et à la police (secteurs vitaux pour garantir le développement de la nation)

2 – L’ENSEMBLE ECONOMIQUE SOCIAL ET CULTUREL DU PAYS

-          Augmentation générale des salaires que provoquerait une augmentation du SMIC à 1600 € net qui relève de la responsabilité de l’état et sur lesquelles les entreprises devraient négocier et élaborer des augmentations générale de salaires.

-          Indexation des minimas sociaux à un niveau inférieur au SMIC mais valorisés (par exemple minimum vieillesse à 1200 €, institution d’une allocation d’autonomie pour les jeunes en formation à 900 € et pour toute personne sans emploi, non indemnisée à ce titre mais en capacité de suivre une formation ou des stages en entreprise) Le principe d’inactivité étant à proscrire

-          Mise en élaboration par des débats citoyens des grands sujets concernant, l’éducation et la formation professionnelle, la santé, la sécurité sociale, la police, la justice, l’armée.

-          Dans le cadre des institutions : débat sur la garantie des libertés individuelles, la démocratie dans la société (au sein des institutions et des collectivités publiques par l’élection des instances dirigeantes mais aussi dans l’entreprise par des pouvoirs étendus aux Comités d’Entreprise, déjà existants et en capacité d’intervenir dans le contrôle de la gestion)

3         - LA POLITIQUE INTERNATIONALE

On ne  peut pas construire une nation et la consolider hors d’une action sur le plan international :

-          Sur le plan économique en établissant des partenariats et des coopérations libérés du carcan  des marchés financiers et de la pression des entreprises multinationales.

-          Sur le plan social en incitant à l’harmonisation des systèmes de protection sociale

-          Sur le plan politique en prônant et en respectant la non ingérence dans les affaires intérieures, ce qui ne saurait exclure des prises de positions unilatérales ou au niveau de l’organisation des nations unies en bannissant hors de cette institution nationale toute intervention militaire

-          Ces orientations doivent être défendues au plan européen au sein duquel la France est une force non seulement économique mais aussi politique, pour faire de l’UE un lieu de coopération économique et d’action pour la liberté et la paix dans le monde.

Pourquoi en dire plus et en proposer confusément plus à un peuple qui veut la prise en compte de ses intérêts et, pour grand nombre, être dégagé de ses souffrances et de sa mise à l’écart ? Il y aurait là de quoi faire, de quoi mobiliser, plutôt que, comme le font nombre de politiques dans ce pays, de noyer le poisson dans des querelles, des discours d’apparatchik de toutes sortes que les médias relaient généreusement quant ils sont sur ce registre.

Ne serait-il pas nécessaire simplement de lui dire qu’il s’impose à lui-même l’obligation d’intervenir par le vote, mais également par l’action révolutionnaire, et donc de se mettre en condition de réflexion et de choix pour son avenir sans tarder ?

Nous sommes des millions, encartés ou pas, électeurs ou abstentionnistes, à attendre que perce celui, celle ou ceux qui seront capables de cesser de naviguer à vue et seront les vrais porte parole de la volonté populaire de changement qui ne demande à qu’a s’exprimer dans la cohérence !

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Famine: la France brasse de l’air, malheureusement

Posté par jacques LAUPIES le 27 juillet 2011

Paru dans l’Huma

La France ne fait-elle que de la gesticulation diplomatique alors que 350 000 Somaliens sont en prise avec la famine et que 10 millions d’habitants de la Corne de l’Afrique sont touchés? C’est ce que pense Oxfam. L’Organisation non-gouvernementale met en cause ce mercredi « l’activité diplomatique » française, après l’annonce par le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire de la tenue d’une conférence, à Nairobi ce mercredi, de donateurs au bénéfice des pays africains victimes de la sécheresse qui, « fait pschiiitt » et même « n’existe pas ».

« Au cours des derniers jours, le gouvernement français, et en particulier le ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire, a déployé une activité diplomatique intense pour répondre à la crise alimentaire dans la Corne de l’Afrique, constate un communiqué d’Oxfam. Après un déplacement dans l’une des régions les plus touchées par la crise et la convocation d’une réunion extraordinaire de la FAO, la France annonçait depuis plusieurs jours une importante conférence des donateurs aujourd’hui à Nairobi, » poursuit-elle. « Problème: cette conférence n’existe pas ».

Famine: la France brasse de l'air, malheureusement dans POLITIQUE 2011-07-27famine-afrique

« L’activité diplomatique déployée par la France ces derniers jours n’est-elle qu’un écran de fumée pour cacher la faiblesse de ses engagements financiers? » s’interroge Jean-Cyril Dagorn, d’Oxfam France. Mercredi, le Bureau de coordination des Affaires humanitaires des Nations unies (OCHA) réunissait bien les ambassadeurs à Nairobi des pays donateurs, mais simplement pour faire un point régulier et technique de la situation en Somalie.

L’issue de la conférence organisée lundi à Rome par l’Agence de l’ONU pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO) à l’initiative de la présidence française du G20 a frustré les organisations humanitaires. Le chef de la FAO, Jacques Diouf, a certes demandé une « aide internationale massive et urgente » pour la Corne de l’Afrique. Mais les contours de cette aide sont restés flous. Les Nations unies estiment à quelque 12 millions les personnes touchées par l’actuelle sécheresse dans la Corne de l’Afrique, la pire en des décennies selon elles.

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A quand un dimanche matin consacré aux philosophies ?

Posté par jacques LAUPIES le 26 juillet 2011

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Pourquoi toujours du blanc et jamais de rouge ?

Le journalisme instrumentalisé nous met rarement  en relation avec des évènements qui mériteraient bien plus d’attention que celle que nous leur accordons.

Il  en est un de taille qui vient d’être évoqué : la situation dramatique des populations d’Afrique de l’ouest où meurent de faims vieillards, enfants dans notre indifférence.

Le colmatage de cet enfer par les associations humanitaires ne semble hélas pas solutionner la profonde misère qui règne la bas. Et je ne peux y penser sans faire un rapprochement avec  ce j’ai entendu au cours de cette émission hebdomadaire consacrée aux cultes.

J’écoutais un  de ces réalisateurs,  sur la chaine publique, disserter avec une philosophe sur le lien entre sa religion et la philosophie. Peu importe la religion je ne le citerai même pas car elles raisonnent toutes à peu près de la même manière.

Ces doctes personnes dont je ne nie pas qu’elles fussent pleines de bonne volonté et d’une connaissance bien supérieure à la mienne, semblaient s’étonner que l’espèce humaine fût marquée par la compassion qui conduirait chacun de nous à vouloir aider l’autre. Evidemment on en concluait parfois que c’est le regard vers Dieu qui nous rendrait ainsi solidaire.

Et de ce réjouir de cette formidable aspiration (ou inspiration) qui nous ferait « naturellement » meilleurs.

J’ai déjà dit ce que je pensais des religions, les aspects positifs que peuvent avoir leur démarche.  Mais je ne partage pas leur raisonnement lorsqu’il consiste à faire appel de manière si abstraite à une solidarité qui nous habiterait du fait que nous sommes pénétrés d’une bonté divine.

Cela présente le danger de nous éloigner du vrai fondement de la solidarité qui selon moi repose sur l’activité propre de l’homme, le travail comme nécessité pour assurer sa vie et qui dans son évolution a fait naitre sa « sociétalisation » et donc  l’obligation de solidarité.

Cela nous éloigne de cette nécessité d’agir pour que la vie en société prenne en compte, à la fois pour se développer mais aussi pour harmoniser nos rapports et donc partager, la maitrise de ce que produit notre travail collectif.

Et donc cela nous empêche d’en finir avec l’appropriation qu’en font des classes et des castes en situation de propriété des moyens de production qui n’est en fait comme le disait Proudhon qu’une forme de vol !

C’est bien la précisément le seul moyen de garantir ce qui nous appartient individuellement de droit : la nourriture, le logement, l’éducation, les soins, etc.

Que le Christ, Moise ou Bouddha ou encore Mahomet aient prêché, en prophètes clairvoyants, la nécessité d’établir ces droits au nom d’un Dieu miséricordieux cela est  fort possible. C’était une prise en compte d’une réalité, une prise de conscience que les choses ne tournaient pas rond quand régnait esclavages et prémisses de la féodalité. Mais l’appel  à Dieu, à défaut de s’en remettre aux capacités de l’humanité, n’es-il pas  une  fausse solution à un vrai problème. Ce que  les puissants ont bien compris et dont ils ont su d’ailleurs  s’accommoder.

On peut accorder aux religions le droit de s’exprimer sur la télé publique, mais les agnostiques et les athés au moins aussi nombreux, aimeraient bien, eux aussi se ressourcer à des moments de grande écoute, pas seulement en exercices critiques comme je viens de le faire.

Alors à quand une matinée hebdomadaire de télévision consacrée à présenter les grands courants de pensée qui mettent l’homme au centre de son destin ? Tous les courants, car les uns alimentent les autres, et ce n’est que par la synthèse de leurs apports respectifs à la pensée moderne que nous pourrions peut être sortir d’un idéalisme philosophique qui inspire les  »théologiens modernes », un idéalisme encore ravageur et qui est maintenu en surface toujours par les puissants de ce monde.

L’opium du peuple a des dealers  qui même pétris de bonnes intentions ne font pas fondamentalement avancer les choses !

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A propos de l’armement de la police municipale

Posté par jacques LAUPIES le 24 juillet 2011

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La délinquance, qui peut le contester, trouve  son origine dans l’injustice sociale et la marginalisation qui en découle pour toute une partie de la population.

Il en résulte bien entendu une insécurité : vols, cambriolages, agressions de toutes sortes dont certaines sont quasiment « gratuites » puisant leur cause dans la perte de valeurs de solidarité d’une part et des formes de révoltes d’autre part.

Une telle situation alimente la xénophobie et certaines formes de racisme dans la mesure où les familles d’origine étrangère sont les plus pauvres et ainsi exposées à l’intrusion de la délinquance

Donc soyons clairs, il s’agit plus d’un  problème de prévention à résoudre que de répression. Mais la réalité est là et les faits qui en découlent appellent des réponses. Car il faudra attendre, pour que soient rétablis de nouveaux rapports sociaux qui dépendent d’une transformation des rapports économiques, une autre logique d’utilisation et de répartition des richesses produites.

Il ne faut donc pas négliger ou passer sous silence le besoin sécuritaire.

Alors nous devons doter la police et tous ceux qui sont selon l’expression convenue responsable du maintien de l’ordre, de moyens adéquats ! La rendre opérationnelle, ce qui n’est hélas pas toujours le cas.

Ce n’est certes pas en laissant chaque ville avoir, en fonction de ses possibilités, des moyens propres que l’on y parviendra. Par contre son implication dans la mission donnée à la police, en particulier du fait de la proximité et de la connaissance du terrain qu’ont les élus locaux (Maires et conseillers municipaux) s’avère nécessaire, voire indispensable. Donc ils doivent pouvoir être institutionnellement  consultés.

Cela signifie que la police doit avoir un lien étroit avec les citoyens et leurs élus mais elle ne peut,   en définitive,  bien  jouer son rôle que pourvue  de moyens et en premier lieu de personnels ayant un statut national et toutes les compétences requises. Ce qui implique une formation commune complétée par des formations adaptées aux lieux et secteurs ou elle doit intervenir.

La dotation en en armes ne peut être examinée que sous cet angle et elle ne doit pas être l’arbre qui cache la forêt.

Conçue comme un secteur régalien au service de la république, la police (gendarmerie comprise) rapprochée des citoyens à tous les niveaux doit pouvoir accomplir des missions au service  de ces citoyens ce qui implique bien  diversification de ses services en fonction des missions ces requises (enquêtes judiciaires, répression de la délinquance, sécurité civile et routière, protection des biens et des personnes, etc.)

Cela à un coût en équipements, en salaires, en formation du personnel ! Comme l’Education, la Santé et la Protection Sociale, la Justice et même l’Armée. Raison de plus pour prévenir ce qui ne saurait se faire sans aller chercher les financements dans une autre vision sur notre économie, en France comme en Europe et sans le monde. Une vision qui en finirait avec l’exploitation PLANETAIRE du travail au profit de quelques uns. Nous pourrions donner l’exemple de cette démarche.

C’est dans ce sens que mon vote ira à Jean Luc Mélenchon candidat présenté par le PCF qui offre une transition intéressante ce dont des millions de français doivent-être conscients.

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A chacun son histoire

Posté par jacques LAUPIES le 23 juillet 2011

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La vallée du Gardon vue du Col de la Jalcreste

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Citation accordée au village martyr de Saint Michel de Dèze

La résistance contre l’occupant a fortement marqué cette région que j’évoquais hier à propos de la situation du tourisme.

St Michel-de-Dèze un village fut incendié parce que sa population avait ravitaillé les maquis et  en représailles d’une embuscade dont furent victimes des soldats allemands,  des noms de village comme Mandajor, St Martin de Boubaux, le Collet-de-Dèze, La Levade, St Paul La Coste, etc. résonnent dans ma mémoire de juillet 1944 et qu’évoquait la famille pour se réjouir de  la proximité de ceux qui allaient  libérer Alès.

A ce propos trois  images sont gravées demeurent très fortes et que j’ai, enfant, enregistrées pour toujours. Images d’un lieu dans une vallée baignée elle aussi par le Gardon, face à un puits de mine de charbon mais épargné par la grisaille qui sévissait plus au sud.

La première image est celle d’un proche parent, le Roger,  qui devait avoir une vingtaine d’année et cachait une arme dans un mur, vestige des équipements de traitement des minerais de fer extraits à la fin du 19ème siècle.  Evidemment notre présence de gamins curieux de tout lui fit, dans les jours qui suivirent, déplacer ce pistolet.  Mais bien entendu nous avions, avec Jeannot le petit copain de mon enfance, bien compris qu’il fallait se taire sur le sujet.

Deuxième image,  du même endroit surplombant la route nationale toute proche : un convoi de camions militaires dans lequel je pus apercevoir les soldats allemands blessés et couverts de sang. Peut-être les mêmes frappés par l’embuscade que j’évoquais plus haut.

Troisième image, également du même endroit, ou nous jouions du matin au soir, celle ou je vis pleurer mon grand-père observant les convois  de véhicules qui descendaient de ces montagnes, chargés de toute une jeunesse brandissant des drapeaux tricolores, brandissant des armes  aussi hétéroclites que leurs tenues  en chantant. C’était la libération. Les larmes étaient celle de l’émotion et de la joie.

Bien d’autres souvenirs sont encore présents et me rappellent cette période où, à cet endroit précis entre Alès et La Grand combe, je découvrais ce qui finalement détermine bien des  vies : la lutte pour la liberté que suivit celle pour le mieux vivre, dans le travail, et cela dans la chaleur d’un  foyer protecteur malgré la dureté des temps. C’est aussi la que je connus ces premiers émois sur qui se fondent sans doute bien de nos comportements futurs. Ah l’enfance !

A chacun son histoire ! Même si elle a pour origine la gloire des autres, pour beaucoup disparus ou oubliés et dont aucun film ni livre ne restitueront vraiment la vérité de leur vie…

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Vacances pour tous ?

Posté par jacques LAUPIES le 21 juillet 2011

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Le phénomène d’exclusion des vacances pour une grande partie de la population n’est pas nouveau mais il s’accentue.

 

Trois jours passés dans une vallée des Cévennes viennent confirmer à la fois les immenses possibilités qu’il y aurait d’offrir des séjours et un tourisme de qualité dans cette région désertée par les vacanciers.

 

Les amateurs de solitude, de détente loin des lieux de gros afflux tel sur les côtes de la Méditerranée, même s’ils étaient  plus nombreux à vouloir savourer cette recherche de tranquillité, peuvent se rassurer : il y a de la place, même pour eux, sans que soit altérée leur recherche de calme !

 

Enfin ! De la place c’est beaucoup dire car d’évidence s’il leur venait à l’idée d’aller partager ces lieux pittoresques, il se pourrait bien qu’ils manquent d’hébergements.

 

Mais qui oserait se risquer dans des investissements en pareils endroits où, même en pleine saison ;nous avons vus des restaurants fermés sur une route pourtant splendide, bien aménagée, reliant Alès à Florac, deux importantes agglomérations du Languedoc Roussillon..

 

Mais la raison de ce marasme que nous ont confirmé quelques petits hôteliers est que les « gens n’ont pas d’argent et que nous, commerçants, croulons sous les charges ». J’ai tenté de leur expliquer que c’était surtout le manque de pouvoir d’achat qui était la cause de leur malheur plutôt que le fisc ou les organismes sociaux.

 

D’évidence la responsabilité est portée d’abord sur les charges sociales et bien entendu le sempiternel  refrain sur « ceux qui reçoivent des aides sans rien faire». De quoi rassurer  les pécheurs de voix qui même s’ils ne croient pas à cette mise en accusation des assistés sociaux, enfoncent le clou de la division entre français, en  rendant coupables rémiste et autres bénéficiaires d’allocations diverses.

 

Rares sont ceux qui évoquent une solution possible. Par exemple développer une grande politique d’aide à la personne pour des vacances et un tourisme social s’appuyant sur des équipements capables d’accueillir ces millions d’enfants ou de familles totalement démunies et condamnées à rester chez elles. Parallèlement inciter  les familles plus aisées en leur offrant une hôtellerie de qualité à des coûts raisonnables.

 

Les deux hôtels que j’ai visités, non étoilés, sans doute surbookés en cette période estivale, offraient des chambres à 50/60 € la nuit,  avec un prix des repas avoisinant les 20 €. Autrement dit pour un couple 140 € jour. 

 

Peu satisfaisants pour une clientèle habituée à une hôtellerie plus performante ces prestations sont inaccessibles pour les familles à revenus modestes. 

 

On peut certes rétorquer que la saison hivernale n’est pas propice à une rentabilisation de telles installations. Bien entendu l’argument est de poids car l’on sait que des équipements ouverts quatre mois de l’année nécessitent un entretien et une maintenance  coûteux.

 

C’est pourquoi la formule de centre de vacances engagée par le secteur social du tourisme en coopération avec les comités d’entreprise ou (et) les municipalités aurait du être poursuivie dans le cadre d’une réponse du droit aux vacances pour tous. L’état pouvant jouer un rôle de soutien notamment par un appui  (exonération de la TVA, participation aux financements, coordination des projets, etc.). Mais nous assistons au contraire depuis les années 80 à des abandons  en ce domaine.

 

Le coût des investissements trouverait un retour dans l’amélioration de l’emploi saisonnier et même permanent  et les retombées économiques profiteraient aux populations de ces régions.

 

Il s’agit là d’un choix qui, bien que compatible avec le développement des résidences secondaires, n’a pas la même portée économique et sociale. D’autant qu’il n’est pas rare de voir dans les sites touristiques ces résidences  fermées 11 mois sur 12 et parfois plus, ce qui n’est ni plus ni moins qu’un gaspillage de moyens énorme  et répond seulement  à une sorte de vision égoïste des loisirs et des vacances.

 

En rentrant chez moi j’écoutais « France Culture » ou l’on dissertait sur le bonheur et il en ressortait pour la plupart des personnes interrogées que le bonheur passe d’abord par la possibilité à chacun d’avoir les moyens de vivre des instants de repos, sans stress et en ayant confiance en l’avenir.

 

Les vacances ça pourrait aider à cela…

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C »est un peu long mais instructif…

Posté par jacques LAUPIES le 16 juillet 2011

http://humanite.fr/16_07_2011-les-agences-de-punitions-476418

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14 Juillet d’Eva joly…

Posté par jacques LAUPIES le 15 juillet 2011

Dernière trouvaille politico-médiatique : le débat sur le défilé militaire du 14 juillet !

A vrai dire, et n’y voyez aucune  prétention de ma part, en regardant le « beau spectacle » à la télé ce jeudi matin je m’étais promis de dire ce que j’en pensais ici. Et rappeler que les chars sur les Champs Elysées avec en préliminaire les militaires curieusement pour certains dans une tenue plutôt deuxième empire que première république, n’étaient pas la meilleure façon de traduire les idées en accord avec la prise de la Bastille. 

Evidemment mes   états d’âmes sur la question n’auraient certainement pas été perçus au-delà  des quelques dizaines de visiteurs qui  consultent ce blog quotidiennement. Je dois donc remercier Eva Joly de m’avoir prêté  main-forte dans ma démarche qui à tout de même quelque chose à voir avec ce qu’elle a dit.

Grandement conscient que dans ce pays tout est fait pour mettre en exergue tout ce qui peut faire dévier le débat politique de son contenu économique et social, domaine qui intéresse les français bien plus que tout le reste, je cèderai donc tout de même au piège d’une diversion.

Enfin une diversion qui appelle quand même que l’on s’y attarde un peu !

De  mon premier 14 juillet célébré,  je devais avoir 9 ou 10 ans (1945 ou 46) j’ai un souvenir très particulier parce que précisément  j’en fus un acteur direct : mobilisé par mon institutrice pour défiler coiffé d’un bonnet phrygien et d’une culotte rayée que je ne suis pas prêt d’oublier, pour ensuite danser la carmagnole sur une scène dressée en plein cœur des arènes de Nîmes.

Les temps ont changé et il est plus courant d’offrir pour célébrer le spectacle de porte-drapeaux septuagénaires, certes respectables au titre d’exécutant, mais pour beaucoup rescapés de quelque guerre coloniale dont la quatrième république s’est accommodée.

A préciser qu’avec l’Afghanistan, la Libye, et  qui sait quoi demain, la relève sera assurée.

Qu’évidemment les hommes politiques, de nombreux bords, pensent qu’il y a lieu d’associer l’armée à la célébration du 14 juillet, instituée depuis 1919 peut se comprendre. Certains par conviction d’autres peut-être par crainte ou bien les deux à la fois.

Si l’armée doit servir la République et être honorée en conséquence, il parait cependant qu’elle doit bien être située dans ce rôle. Dire, comme l’a fait le Premier Ministre, que l’armée défend les valeurs de la République alors qu’elle obéit à un gouvernement qui exprime et défend toujours les intérêts de classe évidents est tout aussi  aberrant que de considérer qu’elle serait, « par nature » à écarter et à effacer d’une manifestation dont le peuple souverain est par essence le fondement.

Eva Joly a donc bien raison de rappeler que le 14 juillet doit prendre une autre allure qu’une célébration militaire qui soit dit en passant peut avoir des allures belliqueuses aux yeux d’autres peuples, même lorsque ces derniers disposent d’armements et d’écoles militaires très largement aussi sophistiqués que les nôtres mais ne l’affichent pas. Pour les autres il serait de bon ton qu’ils aménagent leurs célébrations militaires d’un autre temps.

Curieusement les médias ont fait état d’une opposition unanime à l’idée exprimée par Eva  Joly. Certains et certaines s’en prenant à des origines,  marque détestable d’une xénophobie à peine dissimulée.  

Mais rien sur les réactions du PCF, à moins qu’il n’y en ait pas eu à l’heure ou j’écris.

Mais si il y en a une, les rédactions, hormis l’humanité, ne l’auraient-ils pas reçue ? Je la publie évidemment !

Celle qu’exprime Jean Luc Mélenchon et que je publie ci-dessous également me parait toutefois sérieuse en prise avec les réalités de notre nation. Mais cela intéresse-t-il les journalistes au point qu’ils préfèrent la taire ?

Défilé du 14 juillet : communiqué de Jean-Luc Mélenchon

Le 14 juillet est avant tout l’anniversaire de la grande Révolution de 1789. Le défilé militaire rappelle à toute puissance étrangère ce qu’il lui en couterait de s’en prendre à la France et à sa République.

Un défilé citoyen, à la suite du défilé militaire, serait une belle démonstration pour dire à l’oligarchie et à la finance internationale que la première force de dissuasion de la France c’est son peuple

Défilé: le PCF déplore la « polémique » alors que 6 soilsldats sont morts en Afghanistan

Le PCF a estimé vendredi que le défilé militaire du 14 juillet avait perdu « depuis bien longtemps sa raison d’être », mais déploré que « la polémique » fasse passer « au second plan les six nouveaux décès de soldats » français en Afghanistan dans « une guerre qu’on n’aurait jamais dû faire ».

« Il y a bien longtemps que le défilé du 14 juillet a perdu sa raison d’être: celui de la rencontre d’un peuple et de son armée dans la célébration des valeurs de la République: Liberté, Égalité, Fraternité », affirme le Parti communiste dans un communiqué. Selon lui, « sa conception est pour le moins à revoir ».

Mais « pour autant, la polémique qui se développe sur la nécessité ou non de maintenir une manifestation militaire lors de la Fête nationale a pour conséquence de faire passer au second plan les six nouveaux décès de soldats, morts pour une guerre qu’on n’aurait jamais dû faire, celle d’Afghanistan », déplore-t-il.

« C’est tragique. Surtout en pensant aux prochains drames et souffrances que peuvent connaître notre armée et les familles des soldats engagés dans des opérations pour des motifs souvent troubles », ajoute le PCF.

« La priorité est de s’en prendre à toutes ces guerres inutiles dont le plus souvent on tait le nom. La France doit s’engager au plus vite dans un processus de désarmement. Le combat pour un monde plus pacifique, désarmé, a tout à y gagner », affirme-t-il.

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Notre belle époque ?

Posté par jacques LAUPIES le 15 juillet 2011

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Ne le regarde pas ainsi il ne fait que nous prendre en photo !

 

  • Dans la ville déserte

  • L’esprit s’est envolé

  • Et c’est en pure perte

  • Que je veux le trouver

  • Dans le temps d’autrefois

  • Il y avait des lumières

  • Eclairées par les joies

  • Des enfants qui espèrent

  • Des espoirs de bonheur

  • Se dressaient dans les luttes

  • Nous n’étions pas  sans peur

  • Mais nous avions un but

  • Aujourd’hui  la peur saigne

  • Le malin le sait bien

  • Espérant que son règne

  • Se prolonge demain

  • Et les fils qui n’ont rien

  • Dans les rues se déversent

  • Pissant comme des chiens

  • Sous les feux d’une herse

  • Et les fils qui ont peu

  • Dans des cages s’enferment

  • En allumant des feux

  • Qui éjectent leur sperme

  • Et les fils qui ont tout

  • Dans le monde s’en vont

  • Pour nous faire des coups

  • De mondialisation

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L’exception confirmerait-elle la règle ? ( ci dessous lu dans l’Huma)

Posté par jacques LAUPIES le 14 juillet 2011

L'exception confirmerait-elle la règle ? ( ci dessous lu dans l'Huma) dans POLITIQUE imanePhoto : Pierre Pytkowicz

Sociétéhumanite dans POLITIQUE le 11 Juillet 2011

Avoir vingt ans dans les quartiers 1/9

Une fille des cités à l’assaut de la gendarmerie

Les séries d’été de l’Humanité

 

C’est un petit bout de femme de pile un mètre soixante. La taille minimale requise pour entrer dans la gendarmerie nationale. Depuis à peine un an, Imane (prononcez Imen) Assidi officie au fort de Rosny-sous-Bois, plus précisément dans le centre technique et scientifique de la gendarmerie nationale. À peine âgée de vingt-deux ans, Imane compte déjà plusieurs vies. Mariée, divorcée… Débrouillarde, elle a eu aussi plusieurs métiers : aide-soignante dans le sud de la France, puis à Paris, auxiliaire de puériculture, commerciale, chef de rayon chez Maxim’s à Roissy, jusqu’à atteindre ce rêve de stabilité si convoité par 90 % des jeunes : un CDI comme agent immobilier. Mais non. Imane explique qu’avec son « sale caractère », il lui fallait « un truc autoritaire, cadré ». Ce sera la gendarmerie nationale. Jamais elle n’y avait songé, même si sa mère le lui suggérait de temps à autre : « Il n’y a qu’eux qui arriveront à te gérer. »

« À force, on s’y fait 
et on aime ça » !

Par défi, elle s’inscrit au concours en juillet 2010, passe les tests et les réussit. Et, pour ne pas « rater une expérience », elle décide d’y aller. Le 4 octobre 2010, elle troque son petit bureau de commerciale pour une place à l’école de gendarmerie de Chaumont : « J’étais perdue, je ne connaissais rien de ce milieu. » Trois mois de stage intensif. Beaucoup craquent en cours de route. Imane, elle, avec son mental d’acier et son « sale caractère de merde », précise son lieutenant, tient bon. Les pompes, les tractions, les réveils intempestifs à 3 heures du matin dans le froid, les entraînements dans la boue et la neige, les cours de droit de 18 heures à 22 heures… rien ne la déstabilise. Et même, « à force, on s’y fait et on aime ça » !

Franche du collier, le débit rapide, la jeune femme de vingt-deux ans a gardé ces petites intonations de banlieusarde, statut qu’elle revendique fièrement. Fille d’immigrés tunisiens, Imane est la petite dernière d’une famille de quatre enfants. C’est à Limeil-Brévannes, dans un appartement HLM de la cité de la Hêtraie, qui jouxte la ville de Boissy-Saint-Léger, qu’elle a grandi. Élevée par sa mère, femme de ménage dans de grands hôtels parisiens pendant quinze ans, Imane lui voue une admiration sans bornes. Sans elle, pas d’énergie, pas de force pour avancer. De son enfance, elle garde de bons souvenirs avec en cours de route une cassure de taille, la mort de son père. « J’avais sept ans. J’étais persuadée qu’il allait revenir. Ma mère a tout fait pour m’aider. Elle m’a acheté un chat. Je suis même allée voir un psychologue. Elle l’a payé alors qu’on ne devait pas rouler sur l’or », se souvient-elle, émue. La vie reprend le dessus, malgré tout. Au rythme des activités et des engagements associatifs de sa mère Najia.

On n’est pas là pour faire la loi ou juger les gens

« C’était incroyable. Elle faisait des couscous pour 50 personnes. Elle a créé une association de femmes tunisiennes pour les aider à sortir de l’isolement. Pour les accompagner dans les démarches administratives. Elle récupérait toutes les lunettes que les opticiens jetaient pour les envoyer en Tunisie. Un jour, on a même réussi à trouver une ambulance et à l’envoyer là-bas ! » Imane n’a jamais ressenti le manque. Subitement, une émotion l’envahit. Elle s’arrête net. Puis explique que, au fond, elle ne s’était jamais posé la question : « Je m’en rends compte maintenant, mais ma mère a tout fait pour qu’on ne manque jamais de rien. Chaque été, on partait un mois en vacances en Tunisie, à Thala, dans le village d’origine de toute ma famille maternelle. Franchement, on a eu une éducation exemplaire. »

Seule élève gendarme de sa promo à être « issue de l’immigration », Imane affronte les allusions racistes de certains. « Les racistes sont des gens qui ne sont pas cultivés, ni ouverts. Ils ne lisent pas, ne connaissent pas l’histoire de leur pays. Moi, je la connais. Et pour moi, le savoir est une arme. Je suis musulmane, arabe et française, et tout ça coule dans mes veines sans problème. » Là encore, ce goût pour l’histoire qu’Imane décrit, elle le doit à sa mère : « C’est une femme très intelligente, elle adore la politique, l’histoire, elle aime le débat. C’est sa passion et elle nous l’a transmise. »

En janvier 2011, en pleine révolution tunisienne, Imane, la petite banlieusarde, endosse l’uniforme. Ce qui ne l’empêche guère de vivre pleinement, à distance, avec sa famille, un bouleversement historique. « C’était magnifique, incroyable. Il était grand temps que le peuple se révolte. On était scotchés à la télévision. » Bizarre de vivre ces moments comme gendarme ? « Non, je me sens très tranquille. Au début, mes copines du quartier n’ont pas compris. Mais elles s’y sont faites. Puisque je reste la même ! » Et pourquoi la police ? « Parce que les gendarmes sont plus respectés, surtout dans les cités. Ils sont mieux perçus et c’est normal parce qu’ils ont une éducation militaire, ils ont l’honneur. On doit donner l’exemple. Quand on a quelqu’un en garde à vue, on ne le présume pas coupable mais innocent. On n’est pas là pour faire la loi ou juger les gens. À la gendarmerie, tout est dans la cohésion. »

Imane n’a pas l’intention de s’arrêter en si bon chemin. Déterminée qu’elle est à devenir militaire de carrière, à passer des concours pour intégrer les brigades du contrôle aérien ou les douanes… Et compte bien ainsi relever le niveau de mélanine de la gendarmerie nationale.

Imane Assidi a grandi au milieu du quartier de la Hêtraie, à Limeil-Brévannes (Val-de-Marne). Avec son caractère bien trempé, la jeune femme a trouvé son équilibre sous l’uniforme.

Mon coup de gueule. Je ne supporte pas qu’on dise que les jeunes des cités sont des racailles ou des cas sociaux. Les gens ne savent pas de quoi ils parlent. J’ai beau être gendarme, je reste banlieusarde. Je suis fière de dire d’où je viens. Quand on dit qu’il y a de la drogue dans les cités, pourquoi on ne dit pas qu’il y en a autant dans les beaux quartiers ? Il y a un double traitement. Je trouve ça profondément injuste.

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