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Amnistie: une première victoire qui en appelle d’autres (Pierre Laurent)

Posté par jacques LAUPIES le 28 février 2013

TEXTE PUBLIE SUR LE SITE DU PCF

Une première marche a été franchie et elle est un signe d’espoir pour de très nombreux militants qui attendaient ce vote. La proposition de loi du Front de gauche visant à amnistier les faits commis lors de mouvements sociaux et revendicatifs a été adoptée hier à l’issue de son examen en séance publique. C’est une première victoire pour les luttes sociales et associatives. Cette amnistie arrachée au Medef qui hurle déjà à la mort, est un point d’appui pour gagner, toujours en lien aux militants syndicalistes et associatifs, un élargissement de la loi dans les prochaines semaines.

 Enfin, après des années de criminalisation de l’action syndicale, des personnes qui n’ont fait que se battre pour le respect de leur droit pourront reconquérir cette dignité largement piétinée. Après le vote pour le mariage pour tous, c’est une nouvelle démonstration : Quand la gauche travaille et se rassemble sur des valeurs, avec la justice sociale comme boussole, elle peut faire de belles choses.

 La bataille est loin d’être finie. Elle doit se prolonger à l’Assemblée nationale où cette fois aucune personne ne doit être écartée de cette amnistie, qu’elle soit militante écologiste ou associative. Cette bataille à l’issue positive peut être, par effet d’entrainement, une victoire qui en appelle d’autres. Plus que jamais l’heure est à la mobilisation.

 Pierre Laurent, secrétaire national du PCF

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Italie : éclairage

Posté par jacques LAUPIES le 27 février 2013

 Il y a de cela deux jours, au lendemain du scrutin italien je mettais en parallèle l’effet Beppe Grillo en Italie avec celui de Le Pen en France.

En évoquant toute autre manoeuvre que fait la bourgeoisie pour détourner les couches populaires des seules solutions valables pour sortir de la crise : en finir avec la domination des marchés financiers et des politiques d’austérité.

Les libéraux et certains sociaux démocrates ont tellement peur d’être débordés par l’arrivée au pouvoir d’une alliance qui serait porteuse de ces propositions que toute initiative « populiste » de droite ou teintée de gauche les sert et leur permet de renforcer le bipartisme et l’alternance dont évidemment ils sont bénéficiaires en neutralisant ainsi le mécontentement.

Jeu dangereux qui consiste à laisser se propulser des Marine Le Pen et des Beppe Grillo. Si en France, pour la Présidentielle, n’avait émergé le Front de Gauche l’opération aurait réussi à 100 % comme en Italie ou les communistes se sont littéralement fait plumer.

Alors ceux (*) qui tergiversent sur la nécessité de l’Union des forces de gauche sur des programmes permettant de sortir non de l’Europe mais d’y imposer demain les aspirations populaires et de la dégager de la domination des banques privées et de la pression des orientations libérales anglo-saxonnes, ceux là, si on les écoutait nous conduiraient comme je le soulignais dans un récent article dans l’isolement tant espéré par eux.

Cela ne nous empêche pas de soutenir la demande plutôt que de l’étouffer, de mener pied à pied le combat parlementaire, sans compromission, avec le social libéralisme du PS, pour défendre et parfois faire avancer, les acquis sociaux et même les réformes à caractère sociétal.

Le résultat des élections italiennes qui peuvent étonner quand l’on connait l’influence qu’ont eu les communistes dans ce pays sont un élément de plus à verser au dossier des stratégies à adopter pour en finir avec le libéralisme économique : ni la compromission de centre gauche (ou droit) ni un populisme d’extrême gauche réducteur.

Le Front de Gauche a évité cela en conjuguant la capacité de mobilisation d’une gauche plus radicale et notamment (pourquoi ne pas le dire, du potentiel que représentent les militants communistes) et une médiatisation excellement accomplie par le candidat Jean Luc Mélenchon.

Il faut continuer ainsi et aller au dela des forces déja rassemblées.

Pour paraphraser un intellectuel gaulliste, André Malraux, qui s’est un peu perdu dans les discours politiques : le 21 ème siècle sera communiste ou ne sera pas !

(1) – voir le commentaire d’un lecteur de mon blog, entre autre un ami, qui ne cesse de s’indigner contre toute perspective d’alliance avec le PS et ne semble pas être conscient que le rassemblement à gauche n’est ni soumission au PS, ni renoncement à nos objectifs.

Oublie-t-il  que dans sa ville (Arles) comme dans la mienne (Tarascon) des hommes qui se disent plus à gauche que nous n’ont d’autres soucis que de drainer des électeurs de gauche dans des voies garage qui font autant le jeu de la Droite (UMP ou UDI) que du PS  (tendance social-démocrate) et surtout du Front National.

Pourquoi refuserait-on aux populations locales la possibilité de s’offrir une gestion municipale marquée par notre présence et notre influence ? Nombre de socialistes, sympathisants ou adhérents de ce parti, le souhaitent, par dela des appréciations différentes des nôtres sur l’action gouvernementale. Quand elles ne se rejoignent pas…

PARU DANS L’HUMANITE CES DEUX DERNIERS JOURS

Beppe Grillo est-il dangereux pour la démocratie?

Mots clés : italie,           austérité,           silvio berlusconi,           élections italiennes,           beppe grillo,           giovanni favia,      

Le Mouvement 5 étoiles, troisième force du pays avec 25% des voix dans chacune des deux chambres, n’a pas de démocratie interne. Il refuse de se dire antifasciste. Sa démagogie affaiblit le pluralisme politique.

Beppe Grillo, comique génois, a été la révélation de la campagne. C’est lui qui a attiré le plus de monde, vendredi dernier, pour son meeting de clôture. Cent mille personnes étaient rassemblées pour son meeting-spectacle à Rome. Avec 25 % des voix au Sénat à l’heure où nous écrivions ces lignes, son Mouvement 5 étoiles (M5S) devient le troisième parti de la Péninsule.

les coûts de la politique

Difficile à classer que ce mouvement populiste. Au niveau local, il s’empare des thèmes environnementaux. Au niveau national, il appelle à moderniser la démocratie au moyen d’Internet, en facilitant notamment le recours au référendum. Mais Beppe Grillo doit surtout son succès à ses diatribes contre «les coûts de la politique». Dans ses interventions, il vilipende les émoluments des élus, ainsi que le nombre de parlementaires. Il pointe les responsabilités des différents partis dans les scandales financiers. Tout cela pourrait paraître juste. Il n’en est rien. Rassemblant des électeurs de gauche comme de droite, mais lui-même «ni de droite ni de gauche», Grillo est prêt à toutes les compromissions. Lui qui attaque violemment les syndicats a déclaré à des militants d’extrême droite de Casapound, auquel il a dit ouvrir ses listes, que «l’antifascisme n’est pas de (sa) compétence».

À Mira, le maire M5S a viré une assesseure dont la faute est d’être enceinte. Nul mot de réprobation de la part du grand chef. Logique, estime Giovanni Favia, conseiller régional d’Émilie-Romagne, élu dans la liste M5S et exclu pour avoir demandé un fonctionnement plus démocratique du M5S. 
«Il ne peut contrôler l’activité du mouvement au niveau communal. Car, pour cela, il faudrait une organisation démocratique, ce qui n’est pas le cas» Ce mouvement est en effet unique en son genre: il n’existe pas. C’est un logo et un site rempli de publicité, propriétés personnelles de Beppe Grillo.

Agence de communication

Si, au niveau local, le M5S a une véritable vie démocratique, avec des élus qui se confrontent à des assemblées citoyennes, au niveau national la ligne politique est définie par Grillo en lien avec une agence de communication, Casaleggio… au point que certains croient que le patron de celle-ci est «le gourou du gourou». La spécialité de Casaleggio, prévient Favia, maintenant candidat pour la liste de gauche anti-austérité Révolution civile, est «d’influencer l’opinion des personnes par Internet».

Ainsi, le message – délivré lors de one-man-show sur les places de la Péninsule – est calibré et ne souffre aucun contradicteur. Grillo a réussi l’exploit de faire une campagne sans interview aucune. Celle annoncée sur Sky TV a été annulée à la dernière minute jeudi. Plus grave, sa campagne contre les coûts de la politique n’est pas sans effets. Au nom du combat contre les coûts de la politique, les listes qui n’obtiennent pas 4% des suffrages ne verront pas leur campagne remboursée cette année. Ce n’est pas fini. Le M5S a annoncé qu’il souhaite l’interdiction du financement public des partis. Les formations sensibles aux lobbies, ou comptant des riches – tels Beppe Grillo ou Silvio Berlusconi – dans leurs rangs seraient favorisées. Concernant la loi électorale, le programme du M5S est en syntonie avec celui du Parti démocrate, qui veut mettre fin au mode de scrutin proportionnel.

  • A lire aussi:

L’Italie sous la pression des marchés et des tenants de l’austérité

Un nouveau populisme, écolo et branché

Italie : éclairage dans POLITIQUE 2013-02-27beppe-grillo-italie

Beppe Grillo en campagne

 

-   humanite dans POLITIQUE le 27 Février 2013

 

Italie: le programme de Beppe Grillo décrypté

Mots clés : italie,           élections italiennes,           beppe grillo,      

Quel est le contenu du projet Grillo?

 

 

Le Parti populiste pour plus d’écologie et de démocratie directe compte désormais 108 sièges à la Chambre des députés et 54 au Sénat. La troisième formation politique du pays, qui a attiré les électeurs de droite comme de gauche, est au centre des tractations pour la formation d’une nouvelle majorité.

Le Mouvement cinq étoiles (M5S) de Beppe Grillo a obtenu 25,5 % des voix pour l’élection des députés et 23,8 % pour celle des sénateurs. Le M5S récolte les fruits du mécontentement vis-à-vis des politiques austéritaires et du discrédit des partis au pouvoir, incapables de juguler la crise et perçus comme s’accaparant des privilèges. Même si Beppe Grillo estime que « l’antifascisme n’est pas de (sa) responsabilité », difficile de classer ce parti à l’extrême droite.

coûts de la politique

Sa principale revendication est la diminution des coûts de la politique par l’abolition du financement public des partis, l’abolition des départements, le regroupement des petites communes. Le M5S réclame plus de démocratie directe. Cela passe par l’abrogation du quorum pour les référendums. Les citoyens doivent participer, via Internet, aux rencontres publiques ou à l’élaboration des lois. Beppe Grillo se fait également chantre d’un référendum sur la sortie de l’euro, sans 
exprimer sa propre position.

Le cheval de bataille du M5S est la moralisation de la politique. Un parlementaire ne doit pas faire plus de deux mandats, ni exercer une autre profession afin d’éviter les conflits d’intérêts. Les 
citoyens condamnés doivent être inéligibles… Ce qui explique que Beppe Grillo n’ait pas été lui-même candidat, 
car jugé responsable d’un 
accident de la route.

Thèmes écologiques

Outre ce chapitre qui permet de vilipender les autres forces politiques, le M5S est très attentif aux thèmes écologiques, notamment les transports ou les énergies renouvelables. Alors que certains syndicats sont interdits (par la Fiat) de se présenter aux élections de représentants du personnel, on ne trouve aucun nouveau droit pour les salariés dans le programme. Au contraire, dans un discours en janvier, Beppe Grillo demandait : « Éliminons les syndicats qui sont une structure vieille comme les partis. » Les mots ont un sens.

 

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Italie : on n’est pas sorti de l’auberge !

Posté par jacques LAUPIES le 26 février 2013

Les élections italiennes font les unes en ce mardi !

Evidemment la surprise vient d’un candidat qui doit sa réussite en mettant en cause les partis politiques traditionnels de la droite et de la social démocratie à la sauce italienne.

La gauche plus radicale qui comprend des communistes n’émerge pas.

Ces résultats sont la conséquence de l’affaiblissement idéologique qui sévit en Italie et que l’on peut retrouver en France avec la progression du FN. Surgissent ainsi des oppositions de mécontentement exacerbé qui touvent leur expressions dans des partis que l’on a coutume de qualifier  de « populistes ».

Que ce soit un  populisme de gauche ou de droite l’effet est toujours le même : canalisation d’une fraction importante de la population écoeurée par les politiques des partis de droite, du centre et d’une gauche réformiste qui n’a pas le courage de s’en prendre aux marchés financiers.

On peut donc se poser la question  de la difficulté qu’ont les alliances auxquelles participent des communistes, en étant nettement tenues à l’écart. Il n’y a de ce point de vue, qu’on le veuille ou non, la continuité d’un processus qui n’est pas particulier à l’Italie qui est alimenté par la transformation des moyens médiatiques et met au devant de la scène les démagogies « populistes »

Cela étant constaté il faut tout de même se poser la question de l’incapacité à responsabiliser des catégories sociales excédées par ceux qui ont ou ont pu avoir une rôle politique essentiel dans le passé.

Car enfin en Italie comme en France, certes avec de fortes nuances et des histoires bien différentes, se substituent à une conscience de classe  globale, prolétarienne (ensemble des salariés) qui devrait rassembler, des visions catégorielles étriquées qu’exploite évidemment la classe dominante.

Peut-être cela devrait nous faire réfléchir sur les dangers qu’il y a, pour la « vraie gauche », à ne pas disposer des moyens (et peut-être même de la volonté politique) de mettre en place une véritable éducation populaire.

A l’heure ou existe un fatras médiatique où le spontané domine, si l’on prétend faire des élections un des éléments de la transformation révolutionnaire de la société, nous avons à réfléchir comment sensibiliser la classe ouvrière et l’ensemble des salariés à nos propositions !

L’Espagne et la Grèce fort heureusement semblent dégager des forces politiques mobilisatrices sur des thèmes de transformations sociales que défend la gauche anticapitaliste.

Partout se pose le problème des alternances de droite et social-démocratie avec le risque d’émergence des populismes, véritables voie de garages.

 

 

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Après la Grèce, l’Espagne se rebiffe ! A quand la France ?

Posté par jacques LAUPIES le 25 février 2013

Les peuples européens en général et français en particulier n’ont d’autre solution que de se mobiliser s’ils ne veulent pas être les dindons de la farce qu’organisent les gouvernements sociaux démocrates et libéraux de l’Europe. Une farce qui est plus une mystification qu’une plaisanterie.

Un mystification qui laisse désarmées différentes couches de la population. Pourtant le choc est grand et frappe tout le monde y compris ceux qui pourraient avoir espéré être à l’abri du besoin, comme on dit.

Ils n’en ont pour autant pas compris ce qu’il leur arrivait, préférant parfois s’acharner contre tous ceux qui les avaient mis en garde, allant parfois jusqu’à les rendre responsables de leurs maux.

Leur propension à ne pas vouloir admettre qu’ils ont été trompés en leur espérance d’une société, pourtant figée, et qui contenait tous les prémisses de leur future déception. Je ne peux cesser de m’interroger sur ce réflexe qui frise parfois l’ingratitude, lorsque j’entends des personnes de mon entourage ignorer le profit qu’ils ont pu tirer, tout au long de leur vie, des luttes sociales passées et donc des luttes politiques qui les ont accompagnées.

Ne serait-ce pas pour justifier leur indifférence, leur laxisme, leur abandon, leur désertion dans un combat à mener alors qu’il en était encore temps.

C’est ainsi que sombrent parfois les membres de la société qui à force de manquer à leurs devoirs de lutte et de vigilance, se jettent dans les bras armés de leurs adversaires, les uns par faiblesse d’esprit, les autres par lacheté, certains encore par ignorance et naîveté.

Mais un jour il y a l’éveil salutaire, heureusement !

« Marée citoyenne » contre l’austérité et la corruption : le volcan espagnol

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Une chronique de Jean Ortiz. « Ça ne va pas péter… çà pète ». Ainsi s’exprime mon amie Concha, coquille de Séville…  çà gronde… comme un « zapateado » flamenco… les premières secousses d’un « terremoto » (tremblement de terre) social…

Le 23 février 1981, la jeune démocratie (restreinte) espagnole subissait une tentative de coup d’Etat (le « Tejerazo ») encore assez opaque.

32 ans plus tard, fort symboliquement, un 23 février 2013, des centaines de milliers d’Espagnols ont envahi les rues de 80 villes espagnoles. Et ce pour s’opposer à ce que les 300 organisations, associations, citoyennes, sociales…organisatrices, appellent: « un coup d’Etat financier ». Bien vu ! La « gauche d’en bas » dit « basta! » avec une force tempétueuse.

Un ras-de-tempête sans précédents. De Madrid, quatre colonnes immenses se sont déployées et ont « pris » la ville… Au premier rang, Puerta del Sol, Cayo Lara et une foule de militants et dirigeants de Izquierda Unida, du PCE, des syndicats anarchistes, des « Indignés » d’hier et d’aujourd’hui, beaucoup de jeunes (56% sont au chômage), de multiples collectifs, les victimes des expulsions locatives des « hypothèques » après l’explosion de la bulle spéculative immobilière, un arc-en ciel- politique et social (les principaux dirigeants socialistes étaient aux abonnés absents), des « camisetas » multicolores, en révolte, qui enfin convergent : le violet des associations féministes, le bleu des travailleurs « de l’eau », le vert des enseignants, le blanc des personnels de la santé, l’orange des employés des services sociaux, etc et j’en oublie et beaucoup, beaucoup de drapeaux républicains…Une jonction commence à s’opérer entre le mouvement social et la revendication d’une République sociale et fédérale…Attention, danger!

Après la Grèce, l'Espagne se rebiffe ! A quand la France ? dans POLITIQUE

Les deux grandes centrales syndicales sont restées en retrait… mais lorsque la marée monte, monte… Et elle n’exige pas seulement la démission du gouvernement, la fin des « recortes », l’éradication de la corruption, (qui n’épargne pas le roi et la famille royale…comme nous l’écrivons depuis longtemps). La vérité est têtue…

Pour ces millions d’Espagnols, saignés à blanc, et qui refusent les nouvelles saignées à venir, « la dette », « la réduction des déficits », ne sont qu’un prétexte des capitalistes, des classes dominantes, et de la droite, pour en finir avec « l’Etat social », les acquis des luttes, pour casser les résistances, et empocher un maximum de « parné » (« blé »). Il faut chantent-ils, »renverser l’omelette ».

« Je me révolte donc nous sommes » disait Camus. Le vieux monde européen commencerait-il à trembler ?…le capitalisme n’est pas amendable… les Espagnols mettent de plus en plus en cause « le système », et la colère vise les banques, les marchés, les politiques austéritaires, les affameurs de peuples, la BCE, le FMI, et même la monarchie…

« Ecoutez! Si on allume les étoiles, c’est qu’elles sont à quelqu’un nécessaires ». (Vladimir Maïakovski) A quelqu’un? Aux peuples.

  • Lire aussi :

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De la crise économique à la crise de régime

 

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La lutte ne sera jamais finale ?

Posté par jacques LAUPIES le 24 février 2013

Nous vivons une époque de fantastiques progrès dans tous les domaines. Cela, et c’est heureux, permet d’une manière générale d’offrir aux populations de la planète l’oppportunité de vivre mieux avec la satisfaction de besoins aussi essentiels tels que la nourriture, le logement, la santé, l’éducation, la communication, voire  même les loisirs et la culture. Bien inégalement certes !

Mais il y a l’éternel couac (terme à la mode que je reprends par un mimétisme stupide du langage qui nous envahit). Un couac qui fausse les immenses possibilités qu’offrent les avancées extraordinaires de la science et des techniques.

En musique c’est un son faux. En l’occurence ici il s’agirait plutot de l’instrument qui est faux. cet instrument qui perturbe tout n’est autre que le capitalisme en général et sous sa forme mondialisée bien entendu.

Il n’est pas un secteur de la production ou des services qui ne soit perturbé, malmené, défiguré par des  des méthodes que ne renieraient pas des maffieux.

La maitrise  des finances par le privé et les disparités sociales résultant des inégalités économiques d »un pays à l’autre encouragent ces pratiques.

D’aucuns diront que que la « nature humaine », qui serait prédisposée à la triche, règne partout et qu’il se trouvera toujours des délinquants pour confirmer cette règle. D’autres pensent qu’au contraire l’être humain est naturellement bon et que sa générosité prévaut sur son égoîsme.

On se demande alors à quoi peuvent servir le fatras de lois, dont il a du doter sa vie sociale, que certains passent leur temps à violer ou à contourner. Mais il est vrai que selon la formule célèbre les lois sont émancipatrices. Oui !

A condition qu’elles soient justes ce qui suppose que ceux qui les font soient soucieux de l’intérêt général et donc ne représentent pas des intérêts particuliers.

Ces visions idéalistes de l’être humain, qui serait avant tout prédateur ou au contraire bon naturellement, sont tout aussi stupides l’une que l’autre car il doit sa sociabilisation au travail et à la coopération que seule des règles d’organisation de partage rendent possible. Ces règles impliquent en premier lieu l’équité et l’égalité, impossible dès lors que s’est instaurée la propriété privée  des instruments de production (depuis les terrains de chasse ou de cueillette, jusqu’à celle des usines en passant par celle de la terre nourricière).

 Sachant que cette forme d’organisation a provoqué la spoliation du plus faible, le vol, l’exploitation et alimenté les conflits, les guerres et les génocides, il est bien normal qu’en ait résulté, dans les esprits des idéologies de tricherie et de violence qui pénètrent même les plus acquis à la recherche d’une société meilleure.

Alors comment s’étonner que la corruption soit partout ?  Même parmi ceux qui préconisent le retour à la propriété sociale ! Il y en aura, longtemps encore, qui s’infiltreront pour détourner ou changer les règles et les lois forçant l’égalité et la justice.

Il y aura longtemps encore des peuples manipulés et soumis par des coquins. Mais la marche vers un monde nouveau, peut-être même en passant par une gouvernance mondialisée, où seule prévaudront le partage des richesses du travail, la justice et l’égalité, cette marche est irréversible.

A condition que la lutte continue pour cela !

PARU DANS L’HUMANITE

 Alimentation

Le grand business de la mal-bouffe

Mots clés : agriculture,           sécurité alimentaire,           roumanie,           agroalimentaire,           fraude,           élevage,           nestlé,           findus,           spanghero,           mal-bouffe,

Viande de cheval ou farines animales… Au moment où le Salon de l’agriculture ouvre ses portes, ces deux affaires qui jettent une lumière crue sur les dérives d’une mécanique agroalimentaire happée par les appétits financiers.

Quel est le point commun entre un cheval roumain et un poisson d’élevage ? La réponse n’a rien d’une rigolade et vient polluer l’ambiance, à l’heure où s’ouvre le cinquantième Salon international de l’agriculture (lire repères ci-après). Scandale dit de la viande de cheval ou relance des farines animales : l’actualité, depuis deux semaines, a remis à la carte les questions portant sur notre alimentation, assaisonnées à la sauce suspicion.

Rien à voir, a priori, entre les deux affaires, si ce n’est que l’une et l’autre jettent une lumière crue sur les dérives d’une mécanique agroalimentaire happée par les appétits financiers.

Etiquetage et fraude

La première a éclaté début février en Irlande, après que de la viande de cheval a été détectée dans 29 produits censés être au bœuf. À peine révélée par l’agence l’Agence britannique de sécurité alimentaire, l’histoire embrasait toute l’Europe. La France, d’abord, où l’industriel de surgelés Findus, en testant 18 de ses plats de lasagnes fabriqués par le groupe français Comigel, découvrait que dans onze d’entre eux, entre 60 et 100 % de la viande de bœuf était en fait du cheval. Dès le 9 février, la Fédération du commerce et de la distribution (FCD) annonçait le retrait des produits non conformes dans sept enseignes de la grande distribution. Des mesures similaires étaient prises dans la foulée en Allemagne, en Bulgarie, à Chypre, ou encore en Espagne où Nestlé, numéro 1 de l’industrie agroalimentaire mondiale, a retiré de la vente deux de ses plats à base de bœuf. Lancées dans la foulée, les enquêtes sont en cours pour déterminer à qui revient la faute mais avancent déjà un coupable: c’est Spanghero, en France, qui, en faussant sciemment l’étiquetage de ses produits, serait à l’origine de la fraude.

La lutte ne sera jamais finale ? dans POLITIQUE spanghero_infog

L’affaire, depuis, se poursuit sous sa tournure judiciaire. « Ce n’est pourtant pas le plus important de l’histoire », relève Jacques Cossart, économiste et secrétaire général du Conseil scientifique d’Attac. « Le plus intéressant, c’est cette mise en évidence du nombre effroyable d’intermédiaires entre le producteur et le consommateur. » Spanghero, basée à Castelnaudary, dans l’Aude, avait acquis la viande surgelée auprès d’un trader chypriote, lequel avait sous-traité la commande à un trader situé aux Pays-Bas, celui-ci s’étant fourni auprès d’un abattoir et d’un atelier de découpe situés en Roumanie, énumérait, dès les premières heures du scandale, Benoît Hamon.

Le beurre de la finance

On comptait, au total, près de 8 intermédiaires. Une chaîne instable, qui ne facilite ni contrôles ni traçabilité. Une chaîne qui, en revanche, garantit à la finance de faire son beurre sur le marché du frais, décortique Jacques Cossart. « La viande ou les légumes n’offrent pas une capacité de stockage comme c’est le cas pour les céréales. » Avec ce type de denrées, impossible de spéculer sur des marchés à terme, comme cela se fait avec le blé ou le riz, où les récoltes sont achetées et revendues en fonction de l’offre et de la demande, provoquant les flambées de prix que l’on connaît. « Cette forme de trading est bien moins importante dans la viande, reprend l’économiste. Ce qui permet les bénéfices, ce sont les marges opérées à chaque maillon de la chaîne. » Elles sont faibles, à chaque fois. « C’est donc en multipliant les intermédiaires que le marché parvient à se nourrir. » Pour multiplier les centimes, chaque intermédiaire compte, lui, sur la quantité de la marchandise. Et les prix sont les plus bas à la source.

Où le lien se dessine avec la farine animale – on dit désormais protéines animales transformées, ou PAT –, dont l’Union européenne vient de réautoriser l’usage dans l’aquaculture et prévoit de le faire, à terme, dans l’élevage de porcs et de volailles. Si elles ont été interdites en 2001 après les deux crises de la vache folle (1996 et 2000), la question de leur réintroduction est dans les tuyaux européens depuis un bon moment déjà. Depuis 2007, la Commission européenne finance, à hauteur de 1,7 million d’euros, des recherches visant à les rendre acceptables sur le marché. Des propositions avaient déjà été avancées en 2009 et 2011, repoussées entre autres pour défaut d’acceptabilité par les populations. En France, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail avait d’ailleurs rendu des avis défavorables.

Pourquoi de tels efforts pour les réintroduire ? Pour faire face à la flambée des prix des céréales, répond en substance la Commission, quand elle plombe, aujourd’hui, le marché de la viande.

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Scandale alimentaire: après la viande de cheval, le poisson aux Etats-Unis

« Comment la RGPP a tué les contrôles alimentaires »

 

 

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La fin du PCF serait dans l’isolement pas dans le rassemblement

Posté par jacques LAUPIES le 23 février 2013

COMMENTAIRE D’UN CORRESPONDANT

« A défaut de prendre l’argent aux spéculateurs et aux bénéfices pharaoniques du CAC 40, on continue de voler les travailleurs….A mes contacts communistes oserez-vous faire des alliances au municipales ou autres avec ces menteurs de sociaux-démocrates ? Cela signera votre fin…

MA REPONSE UN PEU REVISITEE

Gérer une ville nécessite de faire des choix locaux qui certes sont liés à une politique nationale. Evidemment que le PS n’a pas la politique qui nous convient. Pour preuve nos positions clairement exposées dans les débats à l’assemblée nationale et au sénat. Par principe nous ne votons que ce qui peut constituer une avancée sur le plan économique, financier et social, voire sociétal.

Parallèlement nous appelons avec le Front de Gauche à combattre l’austérité, à lutter pour de nouvelles libertés et des institutions démocratiques (contre le régime présidentiel, pour la proportionnelle à toutes les élections).

Pour mener ces combats la politique de la chaise vide dans les assemblées élues est-elle une bonne solution ? Je ne le crois pas, donc cela passe par des compromis (sans compromissions) de manière à peser sur les décisions et à empêcher la droite de liquider ce qui reste d’acquis sociaux ou au Front National de revenir au pouvoir qui, comme l’a bien développé le socialiste lors du débat avec Marine Le Pen, le conduira comme le font tous les partis d’extrême droite à s’en prendre aux libertés et à la démocratie.

Ce fait certains éléments du FN ne le comprennent pas. Ils sont issus parfois de milieux ouvriers, ainsi que nombre d’électeurs qui croient que le FN est un Parti comme les autres, voire aussi démocratique que l’est le PCF. De plus les copie/coller de Marine Le Pen sur certaines propositions que fait la gauche contre la finance, pour l’aide au plus démunis, contre les tentatives de mettre en cause des retraites, sécurité sociale, sèment le trouble. D’ici qu’ils préconisent les nationalisations il n’y a pas loin !

Battre la droite et le FN ne se fera pas comme cela a pu se faire dans le passé lorsque la France était occupée et que l’extrême droite collaborait avec l’ennemi. Par contre ce parti n’a pas le choix que de se délivrer des certificats de républicanisme, de laïcité, de démocratie, de réformisme social, pour accéder au pouvoir par voie électorale.

Nous n’avons d’autre choix que de rechercher le rassemblement à gauche y compris avec un PS qui, rappelons le, n’est pas uniquement sur des positions libérales partout et en tout, et doit-être attentif aux exigences de son électorat.

A nous de constituer avec le Front de Gauche une force suffisante pour empêcher la dérive sociale-démocrates et le retour au pouvoir d’une droite durcie au sein de laquelle le FN jouerait un rôle décisif.

Mais attention, cela ne veut pas dire des Front Républicains qui faciliteraient le maintien d’une droite sarkoziste, ou autre,  et un social libéralisme en quête d’une troisième force pour continuer précisément ce qui fait le jeu du FN : une politique d’austérité avec la soumission à une Europe ultra libérale.

Si nous n’y prenons garde Tarascon pourrait bien entrer dans ce shéma avec au prochaines municipales une liste bidon pour collecter l’électorat du PS ancré à gauche et soutenir un « centriste de droite » jouant les républicains effarouchés, sans pour autant renoncer à laisser certaines de ses ouailles flirter avec le Maire sortant.

C’est ce qu’on appelle ne pas mettre oeufs dans le même panier, sauf bien entendu dans celui de l’UNION.

Ce qu’il faut c’est une gauche et des républicains rassemblés sur des objectifs bien précisés contre cette recomposition d’une droite en préparation comme je viens de l’évoquer.

Une possibilité s’offre pour les élections municipales, lieu de rassemblement A LA BASE.

C’est de cela qu’il faut parler et non de déverser en permanence une hostilité à l’égard des courants socialistes droitiers, en oubliant que cela ne mènera à rien, qu’à la dispersion, la division, ce qui en définitive les servirait.

La meilleure façon de combattre le CAC 40 et ses spéculateurs et de faire en sorte que des millions de personnes et des dizaines de milliers d’élus soient présents pour le faire dans toutes les villes et villages de France !

S’en priver avec la stratégie de l’isolement ne pourrait que signer la mort du PCF que vous semblez ranger de votre côté. Heureusement les communistes en congrès ont vu les choses différemment en préconisant en particulier les luttes sur tous les fronts contre l’austérité et le rassemblement de forces populaires.

Puisque vous êtes pétri de bonnes intentions pour lutter contre les spéculateurs ne pourriez-vous nous rejoindre ? A moins que vous ne jugiez plus confortable, ce qui est votre droit, de mettre votre énergie à mettre en cause le PCF, dès lors qu’il serait susceptible de faire selon-vous un pet de travers !

 

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Prenez le temps de lire…

Posté par jacques LAUPIES le 22 février 2013

Je ne commente pas le texte ci dessous. Il est assez long pour ne pas en rajouter mais prenez le temps de lire…

Prenez le temps de lire... dans POLITIQUE revolutiontunisienne

 

Monde –   humanitefr dans POLITIQUE le 21 Février 2013

 

La révolution tunisienne est-elle en danger ?

Mots clés : tunisie,           11 septembre 2001,           moncef marzouki,           hamadi jebali,           révolution arabe,           rached ghannouchi,           ennahdha,           printemps arabe,           habib bourguiba,           opposition tunisienne,           mohamed abdou,      

 

 

Par Emna Menif, militante politique. Passée l’euphorie de la chute du régime autoritaire et corrompu de Ben Ali, le défi qui s’est posé à la Tunisie était celui d’accomplir sa Révolution et donc d’instaurer un ordre nouveau irréversible. Deux années se sont écoulées et un ordre nouveau est en place. Correspond-il aux aspirations du Peuple qui s’est révolté et sera-t-il irréversible?

Le soulèvement des tunisiens s’est essentiellement exprimé à travers des revendications sociales et une aspiration à la Liberté et à la Dignité. Sans être politiquement encadré, il s’est transcendé en une revendication démocratique par la convergence de l’insurrection populaire et du ras-le-bol des élites économiques et intellectuelles autour d’un objectif commun qui a réussi à créer un semblant d’unité et briser les chaines de la peur. Cependant, une fois le régime honni renversé, l’absence de fondements politiques et idéologiques à la « révolution du jasmin », ont ébranlé l’unité et révélé les fissures et les contradictions qui traversent le corps sociétal tunisien.

Peut-être est-il utile d’esquisser une rapide lecture de la société tunisienne pour mieux comprendre l’impasse politico-sociétale dans laquelle se trouvent la Tunisie et sa révolution ?

Nombreux sont ceux qui ont salué l’exception tunisienne depuis son indépendance et ses acquis modernistes, illustrés par le Code du Statut Personnel et la situation exceptionnelle de la Femme dans le Monde Arabe et Musulman, la généralisation de l’accès à la santé et à l’éducation, le développement de l’infrastructure, les réussites économiques… sans parler de ceux qui ont encensé le régime déchu. Après tout, l’autoritarisme décrié par quelques uns n’était rien au vu de son rôle stratégique et efficace, croyait-on, dans la lutte contre le terrorisme islamiste qui menaçait le « Monde Libre », surtout après le 11 septembre 2001.

Sans s’attarder sur la situation économique fragile, enfin révélée au grand jour, on est en droit de se demander si on connaissait « les autres » Tunisie, la Tunisie des ceintures péri-urbaines des grandes villes et des villes de petite taille et de l’intérieur du pays, la Tunisie rurale et celle des régions frontalières, la Tunisie tribale et celle des minorités…

Une crise identitaire non résolue…

Le premier péril qui guette la révolution tunisienne est la crise identitaire qui secoue la société dans ses différentes composantes.

Le moderniste Bourguiba a, certes, réussi, jusqu’à une certaine mesure, l’édification d’un Etat-Nation et l’émancipation de son Peuple au sortir de la colonisation. Cependant, son projet a été mené d’autorité et dans un déni des composantes de la société tunisienne et des identités qui la constituent. Ni le tribalisme, qui structurait la société et établissait les équilibres régionaux, ni la mosaïque ethnique et communautaire, ni le modèle familial traditionnel, ni le rapport au religieux, fortement instrumentalisé par le Mouvement de Libération Nationale, n’ont été appréhendés à leur juste mesure au cours des mutations de fond qu’il s’évertuait à effectuer. Les institutions religieuses, sous toutes leurs formes, autant que les institutions civiles et sociales séculières, ont été mises sous le contrôle du Parti du Président et du Pouvoir, le tout légitimé par la frénésie de l’édification de l’État Moderne, aspiration suprême au lendemain de la Libération. Ce choix sociétal, conjugué à la pensée unique et à l’autoritarisme de plus en plus affirmé du Régime, ont barré la route à tous débats de société et ont laissé en suspens la construction d’une authentique Nation rassemblée autour d’un projet assimilé et assumé.

Le successeur de Bourguiba a manipulé les clivages et les conflits latents de groupes aux intérêts divergents, lorsqu’ils ne sont pas contradictoires, pour asseoir son contrôle absolu sur le pays, maniant clientélisme et répression pour étouffer toutes revendications qu’elles soient identitaires, sociales ou politiques.

Des « Tunisie » s’affrontent aujourd’hui à la recherche d’un dénominateur identitaire commun, synthèse entre, d’une part, organisations claniques et tribales fortement influentes dans de vastes régions du pays et conceptions étatiques modernes dominantes dans les grandes villes du littoral et, d’autre part, conservatisme nuancé selon les milieux et modernité tout aussi nuancée propre à certaines élites.

Les rêves d’État-Nation et d’unité nationale ont fait les frais de l’uniformisation forcée du Peuple tunisien au mépris de ses références patrimoniales et identitaires et de ses particularismes régionaux.

Les courants islamo-wahabites ont, momentanément, résolu l’équation, par le biais d’une autre uniformisation, dans l’Identité Arabo-Musulmane renforcée par le sentiment d’humiliation et d’injustice partagé par les peuples arabo-musulmans écrasés par le conflit israélo-palestinien et mis à l’index au lendemains des attentats du 11 septembre 2001 et tout au long de la décennie qui a suivi.

Ils ont réussi, par l’instrumentalisation du Sacré et à la faveur de la culpabilité collective au regard de leur longue répression, à créer une nouvelle forme d’unité autour de la ferveur religieuse et la stigmatisation d’un nouvel ennemi imaginaire qui menacerait l’Identité Religieuse du Peuple. Ils avaient, à leur avantage, une longueur d’avance sur les progressistes de tous bords, grâce à leur implantation populaire cultivée tout au long des années de clandestinité, renforcée par l’action caritative et le soutien social, facilitée par l’utilisation intempestive des mosquées et autres structures de prosélytisme, ouvrant la voie à l’absolution et à l’illusion d’appartenance rassurante à un « Groupe-Nation ». Les promesses de l’au-delà ont pris le pas sur l’espérance en une Vie meilleure, au Bien-être en ce bas monde et au Bonheur terrestre.

Cette réponse aussi est, à terme, inappropriée. Cependant, les élites progressistes n’ont pas leur réponse à cette équation. Elles ne l’ont pas posée comme préalable incontournable à tout projet politique viable, audible par les tunisiens et capable de rassembler dans un élan d’appartenance et d’appropriation.

Une situation sécuritaire inquiétante…

La crise sécuritaire qui secoue actuellement le pays est un deuxième péril qui risque de mettre à mal la révolution tunisienne dans ses fondements mêmes. L’exécution d’un des principaux leaders de la gauche tunisienne est un virage dans l’affrontement entre les mouvements islamo-wahabites et progressistes. Il est l’aboutissement prévisible de l’escalade de violence politique que le gouvernement, sous le contrôle hégémonique du parti islamiste Ennahdha, a rendu possible par son laxisme, sa complaisance voire par sa complicité. Il pointe les ingérences du parti au pouvoir dans les systèmes sécuritaire et judiciaire qui, ajoutées à l’échec du gouvernement à apporter une réponse aux urgences économiques et sociales, signent l’affaiblissement de l’État, probablement encouragé et, dans une certaine mesure, voulu. L’émergence de groupuscules armés et de bandes organisées, souvent formés de salafistes, et le développement du secteur informel et de la contrebande, en partie sous leur contrôle, participent à la déstabilisation de l’État et préparent à terme au quadrillage du pays et à son contrôle par les groupes proches des mouvements islamo-wahabites.

Ces bandes, prétendument hors contrôle, participent, à leur manière, à la stratégie de pillage du patrimoine culturel et de destruction de la mémoire collective populaire, illustrée à travers le saccage systématique et organisé des mausolées à travers le pays et les attaques contre les modes d’expression culturelle profane.

C’est par la terreur et l’intimidation que l’islamo-wahabisme tente d’instaurer une autre forme de pensée unique et d’instituer, à l’instar de ses prédécesseurs, une histoire officielle, une mémoire officielle, une culture officielle et un modèle cultuel officiel.

Cette forme de péril sécuritaire ne doit pas occulter un autre péril aussi grand. La petite délinquance, le banditisme et le développement outrancier de la contrebande participent à déstructurer l’état et à porter atteinte à la stabilité et à la paix sociales. Ils sont à l’évidence les corollaires d’une dégradation alarmante du niveau de vie et du pouvoir d’achat des tunisiens, paupérisant les couches défavorisées, appauvrissant la classe moyenne basse et réduisant, de façon inquiétante, la marge de manœuvre de la classe moyenne supérieure. Ils présagent de la multiplication de mouvements sociaux sauvages qui ne peuvent que compromettre la transition démocratique pacifique. N’était ce pas le point de départ de l’insurrection originelle qui a fait le lit de la révolution tunisienne ?

L’échec cuisant de la politique économique et sociale du gouvernement et le passage au rouge de la plupart des indicateurs économiques participent à la crise politique à laquelle le pays fait face et qui représente, incontestablement, le principal danger qui guette la « révolution du jasmin ».

L’impasse politique…

Il ne fait nul doute que la situation politique s’est imperceptiblement engouffrée dans l’impasse.

Le parti islamiste a su donner le change, se « recentrer » et « incarner » la modération en laissant se développer les groupes salafo-wahabites, à tendance djihadiste, et imposer, de fait, leur existence, conduisant à une comparaison consciente ou inconsciente, nécessairement favorable à l’islamisme politique dit « modéré ». Pendant ce temps, il a mené de main de maître son entreprise de « frérisation » des rouages de l’État par une série de nominations partisanes aux postes clés, en même temps que son œuvre de radicalisation de la société. Une société civile imprégnée de la doctrine des frères musulmans a proliféré et développé son action auprès des catégories vulnérables, particulièrement une enfance démunie perméable et malléable à volonté, une jeunesse désœuvrée en quête de repères et des populations indigentes. Elle a investi tous les domaines de l’action prégnante, caritative, culturelle, éducative et de développement économique. Le ciment idéologique, la mobilisation sans faille et la manne financière des pétrodollars et autres financements « d’accompagnement de la transition démocratique » lui ont grand ouvert les voies de l’encadrement, de l’endoctrinement et pour finir de l’embrigadement.

Les démocrates, pour leur part, ont préféré se cacher derrière le pragmatisme et proclamer la fin des idéologies, se privant de Projet, de Vision et de Perspectives. Ils se sont cantonnés dans la réaction et la défensive alors qu’ils étaient attendus dans l’action et l’offensive. Pire encore, ils se sont fait les chantres d’un passéisme lui-même porteur des prémisses de son échec. Défendre des acquis assimilés à des privilèges et glorifier le « Bourguibisme », sans remise en cause critique de l’histoire officielle et sans réconciliation avec la grande Histoire de la Tunisie dépoussiérée garantissant, enfin, l’éveil de la Mémoire Collective séculaire enfouie pendant des décennies, les a desservis et privés de l’adhésion de larges franges de la société, notamment défavorisées et rurales.

Ils se sont laissé piéger par le jeu de positionnement électoraliste. Ils ont, de ce fait, renoncé à l’affirmation des clivages idéologiques avec leur adversaire au profit d’une attitude policée qui, sans aplanir les différends fondamentaux et imposer les termes du débat, a effacé les aspérités. Sa politique de la, soi-disant, main tendue au parti majoritaire a fait de la classe politique démocratique son otage. Il a ainsi pu manœuvrer avec toute la latitude voulue pour écrire le scénario de l’interminable feuilleton du remaniement ministériel, multipliant les rebondissements, soufflant le chaud et le froid, menant la danse et imposant le tempo. Le dernier épisode savamment concocté par le Chef du Gouvernement, issu du parti islamiste, a fini par achever toute résistance viable et fiable de l’opposition jusque là au moins affranchie de toute allégeance. Hamadi Jebali, à travers son initiative, annoncée au soir de l’assassinat du leader de gauche Chokri Belaïd, a réussi à faire « absorber le choc de l’attentat », comme l’a déclaré le Président de la République. Il a réussi à neutraliser toute velléité de contestation en même temps qu’à semer la division au sein d’une opposition qui a réussi, pour la première fois depuis la révolution, à se souder dans l’épreuve. Les partis d’opposition se sont précipités, en rangs dispersés, au chevet du Chef du Gouvernement affaibli, lui et son parti du reste, par un constat d’échec, pour une fois, unanimement partagé. Par leur adhésion inconditionnelle, malgré des réserves vite balayées par les ténors du parti Ennahdha, ils ont blanchi le parti au pouvoir et surtout son leader. Encore une fois, les vieux démons de sanctification de l’Homme Providentiel, Sauveur incontournable, ont ressurgi et ont du même coup balayé l’histoire ancienne et récente d’un parti qui a normalisé la violence et l’a absout de ses responsabilités dans la répression et les dérives, que les mêmes protagonistes ont qualifiées, il n’y a pas si longtemps, de fascistes. Ils ont surtout feint d’ignorer son corpus idéologique et occulté ses références doctrinales, servant de faire valoir au mouvement islamiste et normalisant ses thèses. L’hypothèse nouvellement énoncée de l’incapacité d’un seul parti à gouverner la Tunisie préparant à des gouvernements de coalition, inévitablement avec la participation des islamistes, a fini par vider de sa substance l’aspiration à un État Démocratique régi par des Institutions libres et par l’équilibre entre une majorité au pouvoir et une opposition de contre pouvoir.

L’Union Sacrée pour le Salut National est, certes, un bien. Mais elle ne peut être réalisée à n’importe quel prix et surement pas au prix de consensus mous au risque d’être meurtriers. On nous a souvent répété que la politique était l’art du compromis, nous réitérons qu’elle n’est pas l’art de la compromission. Et la frontière est ténue entre compromis et compromission en l’absence de lignes de démarcation nettes entre le choix d’un conservatisme radical aux relents théocratiques et d’un État démocratique dont le caractère civil est affirmé sans concessions.

Or, il est un fait, les tribulations et les tractations sans fin qui ont accompagné les péripéties de la formation d’un nouveau gouvernement, ont détourné l’attention de la recomposition des forces au sein de l’Assemblée Nationale Constituante, de la poursuite des débats en catimini sur l’avant projet de constitution qui ont, à la fois, éludé les oppositions de principe sur la nature de l’État et sur les Droits et Libertés, et fait diversion sur des questions de l’importance de la décentralisation de l’État ou de l’organisation des pouvoirs législatif et judiciaire. Et à force de répéter le leitmotiv de l’accélération de la rédaction de la constitution et de l’échéance électorale, on en oublie le contenu de cette constitution, l’enjeu des instances de régulation et l’élaboration de la loi électorale. Que d’obstacles séparent encore la classe politique d’un consensus global authentique…

Finalement, le danger qui guette notre démocratie naissante ne réside pas tant dans les antagonismes que dans la crise de confiance entre le Peuple et la classe politique dans son ensemble ; en témoignent les forts taux d’abstentionisme annoncé révélés par tous les sondages d’opinion.

Une voie sans issue ?…

Deux années après l’amorce de la révolution, un ordre nouveau est en place. Cependant, il a détourné le cours de l’histoire de la révolution tunisienne. Consacrant une doctrine panislamique et s’inscrivant dans l’utopie du Califat Islamique, il a confisqué les aspirations libertaires et égalitaires pour jeter les bases d’une théocratie à peine déguisée et de pouvoirs centralisés autoritaires. Il a prorogé un modèle de développement économique et social source de la désespérance de larges couches populaires dont l’insurrection a conduit à  la genèse de la Révolution. Ordre nouveau, dit-on ?

Pour autant, la révolution tunisienne, certes en danger, n’est pas sur une voie sans issue. La liberté d’expression inexorablement arrachée, la multiplication des espaces de débats et l’engagement indéfectible d’une nouvelle élite portent les germes d’un renouveau de la pensée qui ne tardera pas à éclore en un foisonnement d’Idées et de Visions, accompliront la révolution culturelle qui manque cruellement au processus de mutation politique.

Le rassemblement des forces démocratiques, politiques et civiles, autour des fondamentaux – le contenu de la constitution, les instances indépendantes de régulation, la loi électorale – est inévitable, même s’il devait s’opérer à marche forcée.

Mais le salut est, de notre point de vue, dans l’investissement de l’espace public par un Projet.

D’abord, un Projet Culturel et de Société qui s’articule autour de la réhabilitation et de la valorisation de la mémoire et des racines patrimoniales et, l’ouverture et l’hybridation pour imprimer une dynamique d’assimilation des valeurs de modernité et de promotion de l’innovation.

Ensuite, un Projet Économique et Social dont l’expression à court terme répond aux urgences par un véritable plan Marshall de sauvetage de l’économie nationale, et dont les réponses à moyen et long termes, reposent sur l’intégration d’autres modèles de développement économique et social. Il n’est pas possible d’entrevoir une possibilité de développement économique sans réfléchir la Politique de Développement dans ses différentes dimensions, Individuelle, Urbaine, Environnementale, Culturelle… ni sans la valorisation de l’initiative personnelle et collective et les spécificités régionales et locales.

La réussite de la transition démocratique, la diffusion des valeurs de Citoyenneté, de Démocratie, d’Universalité des Droits Humains, de Suprématie de la Loi… ne peuvent pas s’opérer à la faveur de déclarations d’intention, d’une rhétorique abstraite ou d’un processus de projection institutionnelle. Ils ne peuvent être que le fruit d’une ré appropriation de la pleine Citoyenneté, indissociable de la fierté de son appartenance à des racines individuelles, à une communauté et à une nation, de la conscience de son rôle d’acteur et de son libre arbitre, de la réalisation de son projet de vie et de la garantie de ses droits les plus élémentaires à des conditions de vie digne. Cela entend un travail soutenu et des moyens conséquents, dans la proximité avec toutes les catégories de la société, l’humilité et le partage.

Il ne fait pas de doute que la révolution tunisienne est en danger… Cependant, le temps court de son histoire laisse l’espoir intacte. Les révolutions sont l’œuvre de générations, au souffle long, à la détermination inébranlable et aux convictions affirmées.

 

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Soirée télé et internet : de l’ombre d’un doute à l’histoire falsifiée

Posté par jacques LAUPIES le 21 février 2013

Au fil de la soirée deux émissions particulièrement intéressantes sur deux évènements forts éloignés (un voyage dans l’Indochine coloniale et ensuite un portrait apparemment réaliste de Jeanne d’Arc) Enfin au hasard je découvre un blog qui est encombré de documents tentant de réhabiliter pour ne pas dire faire l’apologie du nazisme avec à l’appui la négation du massacre d’oradour.

Ce qui d’évidence relie ces trois éléments historiques est bien la difficulté qu’il peut y avoir à interpréter l’histoire. Et de plus le profit que peuvent dans le présent en tirer  les politiques en faveur de l’idéologie dont ils se réclament, sans que cependant ils se dévoilent véritablement.

L’évocation de la vie de cet aventurier qui parcours les pays du sud est asiatique après la guerre de 39/45 permet  au réalisateur du documentaire de présenter différents aspects de la présence française dans  cette région, notamment ce qu’elle fit endurer aux peuples bien que cela soit vu  sous l’angle d’observation d’un narrateur d’une neutralité relative.

Mais les images, ce qui n’est pas toujours le cas dans ce type de document, parlent beaucoup d’elles-mêmes et ont le mérite, observées avec le recul, de montrer la cruauté des occupations et des guerres coloniales.

Pour ce qui est de Jeanne d’Arc, la tentative de certains historiens, d’expliquer comment elle a pu devenir un chef militaire et surtout l’idole d’une armée et d’un peuple, est fort intéressante et crédible, dans la mesure ou elle rappelle les intérêts économiques et politiques des féodaux qui auraient été susceptibles de la soutenir.

Elle éclaire sur l’origine absurde d’ une légende d’inspiration mystique et religieuse. Elle met en évidence que ce qui dictait le patriotisme de l’époque dépendait pour une bonne part des puissants dont les stratégies d’alliance variaient au gré des rapports de force et des alliances possibles.

Mais les travaux des historiens n’échappent pas à la vision qu’eux mêmes se font de la construction et de la détermination de l’histoire.

C’est ce que révèle  ce blog qui traine dans un site particulièrement fréquenté par des jeunes et dont l’auteur véhicule une contestation de la thèse officielle des crimes d’Oradour-sur-Glane au moyen d’une vidéo ou il tente de démontrer que le massacre de la population n’est pas imputable aux SS.  Site qui par ailleurs présente des vidéos mettant en exergue des nazis au premier rang desquels Adolph Hitler.

Prenant appui sur toute une série d’éléments matériels concernant les causes de la mort de la population civile, l’auteur de cette vidéo, condamné par ailleurs pour son révisionnisme, prétend que c’est une explosion qui a provoqué l’effondrement de l’Eglise et non un incendie déclenché par les allemands. Histoire de disculper des SS qui n’auraient eu que pour vocation de nettoyer un nid de résistants qu’après tout, sous-entendu, il était légitime et de bonne guerre de massacrer.

A l’appui le témoignage d’anciens SS et de personnes, comme il y en a encore dans la plupart de nos villes, qui dévoilent ouvertement des thèses semblables et dont les attaches avec la collaboration ne sont généralement un secret pour personne.

Ainsi d’une douteuse interprétation de faits on aboutit à justifier le criminel et à diaboliser la victime.

Un façon de revoir l’histoire dont les jeunes doivent se méfier, d’autant que le titulaire de ce blog était d’évidence un nationaliste  convaincu, affichant ouvertement son attachement à des idées d’extrême droite : les blanc avec les blancs, les noirs avec les noirs. et pour ne pas être en reste estimant que le tryptique Région-Nation-Europe était la base de sa démarche, sur fond racial bien entendu !

Question d’ailleurs évoquée par Caroline Forest dans son émission « Les réseaux de l’extrême » avec la présentation des « enragés de l’identité » sur France  5, mardi dernier.

 

 

 

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Comptable ou gérant ?

Posté par jacques LAUPIES le 20 février 2013

 Ah cher Claude Cabannes comme j’aime votre style. Ne m’en veuillez pas de reproduire intégralement votre article qui dit si bien ce que je pense et que je ne saurais exprimer aussi bien que vous évidemment !

Et si je devais le faire malgré tout, je sombrerais dans une vulgarité dont doit se protéger tout citoyen en colère.

Car ce Migaud, qui outrepasse sa fonction, et les quelques complices qui lui laissent l’opportunité d’ouvrir des brêches dans l’une des plus belles conquêtes de la sécurité sociale de ce pays, en tout état de cause mériterait bien d’être traité avec ses acolytes de…

Mais je ne le dirai point car le nom est si joli et si avenant que ce serait encore trop flatteur de l’accorder à ce stratège de l’intox qui nous prend pour des imbéciles.

 

 

  • Comptable ou gérant ? dans POLITIQUE 2013-02-20didier_migaud

Didier Migaud, premier président de la Cour des comptes, ressort des tiroirs quelques vieilles lunes fiscales et les livre, rafraîchies, au pouvoir politique, pour qu’il s’en serve

Politique –   humanite dans POLITIQUE le 20 Février 2013

Editorial par Claude Cabanes

La poudre, l’édito de Claude Cabanes

Mots clés : austérité,           cour des comptes,           fiscalité,           allocations familiales,           didier migaud,      

 

 

On pourrait dire aujourd’hui des éminents dignitaires de la très éminente Cour des comptes, ce que l’on disait autrefois de certains hauts personnages de l’armée française : « Ils n’ont pas inventé la poudre, mais ils s’en servent ! » C’est ce que fait le président de cette ancestrale institution, Didier Migaud : il ressort des tiroirs quelques vieilles lunes fiscales et les livre, rafraîchies, au pouvoir politique, pour qu’il s’en serve.

L’obsession de l’austérité est leur horizon commun : elle leur tient lieu de pensée politique. Nous voilà à des années-lumière des grands discours sur le changement demain matin. Il est vrai que M. Migaud doit sa solennelle fonction à l’ancien président de la République Nicolas Sarkozy…

On serait bien injuste de ne s’acharner que 
sur lui. La Cour des comptes, l’Élysée et Matignon forment le triangle d’or, solidaire de la ligne générale de paupérisation du peuple français et de la nation. Parfois cependant les circonstances sont bien malheureuses: ainsi 
ce jour où le président de la Cour des comptes a découvert la lune de la réduction des moyens de l’assurance chômage (malheur à Pôle emploi 
où se côtoient le calvaire des chômeurs et le calvaire 
de ceux qui les reçoivent), donc ce jour-là ou presque, 
un homme sans travail s’est immolé par le feu devant 
le bâtiment de la souffrance…

Donc la Cour des comptes et son timonier fournissent à la chaîne à Messieurs Hollande 
et Ayrault du « minerai » (comme on dit aujourd’hui 
dans l’industrie de la viande…), du « minerai d’austérité ». Un jour, elle propose de tirer à vue 
sur les pensions de certains retraités (au risque 
d’ouvrir un abîme politique sous les pas du pouvoir…) ; 
un autre, de réduire la voilure des collectivités territoriales; va-t-elle bientôt mettre sur le tapis, l’impôt sur les remboursements de la Sécurité sociale? À moins que ça ne soit déjà fait, mais cela nous a échappé…

Le dernier « coup », c’est la taxation des allocations familiales. Un vieux spectre blanchi sous 
le harnais, qui hante depuis longtemps les crânes 
de droite ou de gauche, plutôt d’une certaine gauche… Quelle ironie! En 1981, dans la foulée de la victoire 
de François Mitterrand, l’équipe de Pierre Mauroy 
et des ministres communistes, les augmentait de 50%! Les temps ont changé, certes, mais enfin, en est-on arrivé à un tel désastre qu’il faille « punir » les fameuses « allocs » qui datent de 1932, sont servies à près de cinq millions de ménages, et sont l’une des couleurs fortes du paysage social français ? Il paraît qu’il faudrait extraire 2 milliards 600 millions d’euros des dépenses familiales… C’est un certain Monsieur Fragonard qui a été chargé 
de descendre dans la mine… On ne lui souhaite pas bonne chance.

Pas d’argent! C’est le hululement du grand perroquet national, économique, politique, médiatique et idéologique. On nous raconte des histoires. Par exemple : un rapport récent du Conseil des prélèvements obligatoires (le CPO), révèle que l’impôt (8 %) sur les bénéfices des banques commerciales (qui sont énormes) est 6 fois inférieur à ce qu’il est en Allemagne, 4 fois inférieur à ce qu’il est en Grande-Bretagne, 3 fois inférieur à ce qu’il est en Italie… Nous sommes battus seulement par l’Autriche.

  • A lire aussi:

Didier Migaud, méga-comptable de la nation

Allocations familiales, la piste de l’imposition s’éloigne

La cour des comptes cible les maires

Les sages s’en prennent à ces salauds de pauvres

Par Claude Cabanes

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A la veille d’un débat sur la famille…

Posté par jacques LAUPIES le 20 février 2013

Ouf ! Le gouvernement ne s’embarquerait pas dans les suggestions du Président de la Cour des Comptes.

Mais l’idée a été lancée qui aboutit à diviser en catégories les prestataires en fonction de leur revenu.

Je ne développerai pas, j’ai déja donné ma conception de ce que je considère comme le meilleur moyen de financement d’une action sociale généralisée : recourir à la contribution en fonction des revenus de chacun.

C’est là une idée simple  dont s’éloignent les pouvoirs successifs depuis l’amorce de sa mise en oeuvre en 1945 avec la création de la sécurité Sociale.

Une idée qui trouvait la force de sa réalisation avec les mesures économiques que furent les nationalisations et les mesures institutionnelles qui accompagnaient la politique définie par toutes les composantes de la résistance.

 

 PARU DANS L’HUMANITE

A la veille d'un débat sur la famille... dans POLITIQUE allocations_familiales2

 

-   humanitefr dans POLITIQUE le 19 Février 2013

 

Allocations familiales: la piste de l’imposition s’éloigne

Mots clés : famille,           budget,           impôts,           jean-marc ayrault,           cour des comptes,           fiscalité,           jérôme cahuzac,           politique budgétaire,           allocations familiales,           didier migaud,           daniel vaillant,      

 

 

Jean-Marc Ayrault et Michel Sapin ont paru écarter ce mardi l’idée, suggérée par le Premier président de la Cour des comptes, d’une imposition des allocations familiales pour réduire les déficits publics français.

Selon le député socialiste Daniel Vaillant, le Premier ministre l’a laissé entendre lors d’une intervention devant le groupe PS de l’Assemblée nationale. « La question, c’est de mieux gérer les dépenses publiques mais de le faire de telle manière qu’un certain nombre de politiques comme celle de la famille, qui donne des résultats, ne soient pas remises en cause », a dit le chef du gouvernement, cité par l’ancien ministre de l’Intérieur.

Pause dans les hausses d’impôts

Dans une interview à Paris Match, le ministre du Travail va plus loin encore en estimant que le moment est venu d’une pause dans les hausses d’impôt. « Le gouvernement a légitimement demandé aux Français, notamment aux plus aisés, un effort pour redresser les finances publiques. Il serait bienvenu de respecter une pause avant de penser à une nouvelle hausse, directe ou indirecte, des impôts », affirme Michel Sapin.

Lors des questions d’actualité à l’Assemblée nationale, le ministre du Budget, Jérôme Cahuzac, a été plus nuancé et s’est borné à dire que le gouvernement n’avait « pris aucune décision en la matière pour l’instant ».

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