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Ukraine

Posté par jacques LAUPIES le 31 janvier 2014

 

 

 On ne peut tout connaitre de la situation dans certains pays.

Je ne commenterai pas sur la situation en Ukraine et il me semble que le communiqué ci-dessous publié par le PCF dégage quelques idées sur ce qu’il conviendrait de faire avant que la situation ne devienne catastrophique dans ce pays.

Dans une situation de crise quelle qu’elle soit il y a le choix entre la violence (si bien entendu on espère un résultat d’elle) ou le dialogue et le suffrage universel, au risque de ne pas aboutir même si l’on est convaincu d’avoir raison.

Ceux qui choisissent la violence prennent des risques et des responsabilités qu’ils devront assumer et que l’histoire jugera.

Mais n’en sera-t-il pas de même pour ceux qui choisiront la voie démocratique.

Sans doute mais combien de misères et de morts épargnées ?

 

COMMUNIQUE DU PCF

Ukraine : Sortir de l’ornière

Le PCF exprime sa vive préoccupation à propos de l’évolution de la situation en Ukraine. Après les incidents dramatiques qui ont fait plusieurs victimes, il appelle les autorités du pays légitimement élues à faire prévaloir la voie du dialogue et non celle de la répression, et le fonctionnement normal des institutions face aux tentatives de déstabilisation, opérées notamment par l’extrême-droite ultranationaliste, qui risquent d’entraîner le pays dans une dramatique escalade de la confrontation et entraîner l’éclatement du pays.

Les questions cruciales qui sont posées aux Ukrainiens, comme celle du choix de l’intégration régionale de leur pays et de ses liens avec l’UE et la Fédération de Russie, relèvent d’abord des institutions représentatives du peuple ukrainien, comme du dialogue entre celles-ci et les institutions européennes et celles de la Fédération de Russie.

Nous soutenons en ce sens la démarche des communistes ukrainiens de soumettre ses questions, qui engagent la souveraineté de leur pays, au référendum populaire.

 

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  • L’extrême-droite ukrainienne

    L’extrême-droite ukrainienne n’est pas « utranationaliste », elle est néonazie et pro-UE. Les troubles sont orchestrés par le parti « Svoboda », anciennement « Parti social-nationaliste » juqu’en 2003 et dont le logo représentait une rune nazie. Ils sont associés aux militants de l’Armée insurrectionnelle ukrainienne, reconnaissables à leur drapeau rouge et noir, organisation de sympathie fasciste ayant collaboré avec l’Allemagne nazie pendant la guerre et commis de nombreuses exaction, dont des pogroms.

    Par Gorby, le 28 janvier 2014 à 00:36

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Echange entre un encarté et un non encarté

Posté par jacques LAUPIES le 30 janvier 2014

 

Lui : le non encarté

Dans la froide et humide grisaille générale, climatico-politico-idéologique, et personnelle (rhume et dépression), un petit, tout petit,rayon de soleil mais authentiquement rouge et avec un vrai pouvoir calorifique de nature à réchauffer nos vieux os, l’article de P. Zarka dans l’Huma de ce jour. Hé oui, ce vieux Pierre Zarka ! Un vieux mais pas trop gâteux, un vieux qui a réfléchi et qui a tiré les leçons des vieilles stratégies totalement dépassées du siècle précédent. Tout cela exprimé, d’ailleurs, de sa part, très « moderato cantabile ». Mais, c’est bien dans cette direction qu’il faut chercher pour avancer. Et, c’est bien aux mêmes conclusions que, dans ma grande solitude, lorsque je peux réfléchir dans mes rares heures de lucidité, je suis arrivé.

 IL FAUT PRENDRE LE POUVOIR (mais surtout pas, du moins, dans un premier temps, le pouvoir d’état !). GUERRE POPULAIRE PROLONGÉE (Nul besoin d’explosifs et de kalaschnikov, guerre politico-idéologique incessante et conquête de toutes les positions à prendre, création de zones libérées et, ce, dans tous les domaines, cerner le pouvoir, l’acculer, « encerclement des vielles par les campagnes », encerclement des centres par la périphérie !. VIVE LE COMMUNISME, plus que jamais rappeler notre objectif !

moi : l’encarté

Je crois qu’un « vieux » militant comme Zarka n’est pas le seul à se les poser ou à nous les poser. J’ai personnellement et modestement toujours eu ma petite idée sur le sujet évoqué et qui consisterait à privilégier « le mouvement populaire pression ». Donc la thèse préconisée pour casser le jeu comme il dit à pour moi une certaine valeur.

 Je pense qu’effectivement en ne donnant pas au parti communiste cette priorité il n’y a rien d’étonnant à ce que nous n’émergions pas (entre nous ce qui permet au FN d’émerger car il capte les déçus aidé en cela par son « simplisme » politique et sa démagogie ) Cela pose la question de l’état de l’outil qu’est le pcf pour en arriver là. Un parti qui à l’image de la social démocratie dépend de plus en plus pour exister de ses élus. Mais qui malgré tout conserve « un appareil » avec ses militants et des moyens médiatiques appréciables (ne serait-ce que l’humanité sans laquelle notre présent débat n’aurait pas lieu).

 S’il est vrai que le mouvement populaire pression peut avoir autant, si ce n’est plus d’efficacité, que de nous enfermer dans le parlementarisme et l’électoralisme, ne doit-on pas jouer avec l’ensemble ?

 Il faudrait pour cela parfois faire des choix du type de celui que dans notre microcosme nous faisons : ne pas s’empêtrer dans des comités  »machins », des alliances « trucs », avec des partenaires qui continuent à tousser dès qu’on leur parle « marxisme » ou simplement « parti politique » lesquels malgré leur bonne volonté et leurs efforts de contestation du système, nous contraignent à l’usure et au compromis et plus grave se soumettent à l’opinion préfabriquée au lieu de la faire.

 Pendant qu’ils découvrent ce que nous vivons depuis 50 ans pour ce qui concerne ma génération et plus d’un siècle au regard de l’éternel débat entre réforme et révolution, nous avons peut-être autre chose à faire ! Mais plus nous avançons dans le temps, plus le chantier devient important et difficile à maitriser. Tu dis :

  « IL FAUT PRENDRE LE POUVOIR (mais surtout pas, du moins, dans un premier temps, le pouvoir d’état !). GUERRE POPULAIRE PROLONGÉE (Nul besoin d’explosifs et de kalaschnikov, guerre politico-idéologique incessante et conquête de toutes les positions à prendre, création de zones libérées et, ce, dans tous les domaines, cerner le pouvoir, l’acculer, « encerclement des vielles par les campagnes », encerclement des centres par la périphérie !. VIVE LE COMMUNISME, plus que jamais rappeler notre objectif ! »

 Il me semble que la prise du pouvoir d’état n’est pas à l’ordre du jour, quant à la guerre populaire prolongée, s’il s’agit de contribuer à mettre en mouvement « des masses conséquentes de mécontents » j’en suis bien d’accord mais hors des contextes favorables comme cela a été le cas pour la commune (qui a été réprimée durement) la révolution d’octobre et, bien que limitées, les suites de la résistance en France,  révolutions ou transformations fortes ont été favorisées par l’affaiblissement des dominants empêtrés dans des conflits guerriers). Est-il raisonnable et souhaitable de penser que de telles situations peuvent se reproduire ?

 Je pense que les voies démocratiques, le recours au suffrage universel demeurent la bonne voie et c’est là qu’intervient la nécessité du « mouvement social politiquement éclairé » que j’assimile au terme de «  mouvement populaire pression » dont il est question dans l’article de Zarka. Mais évidemment cela suppose aussi d’être conséquent dans nos stratégies et alliances.

 Mais je vais me répéter : il faut pour cela  qu’existe un vrai parti communiste qui intègre dans sa démarche non pas l’idéologie mais la théorie marxiste.

 C’est cela qu’il faut régler en priorité car à mon sens nous n’en sommes pas là, en tous lieux !

Et soigne bien ton rhume, j’en finis à peine avec le mien !

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100000, 200000, c’est des millions qu’il en faut « pour casser ce jeu ou à tous les coups l’on perd !

 

 

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Municipales : la population veut du concret pas des discours enfumant (suite)

Posté par jacques LAUPIES le 29 janvier 2014

Nous l’avons déjà indiqué : face au spectacle désolant qu’offrent les organisations locales de gauche qui n’ont pas pris en compte la nécessité du rassemblement face à la droite et à l’extrême droite, les communistes ont pris la décision de placer chacun devant ses responsabilités en faisant un certain nombre de propositions.

Il aurait été plus efficace de construire ensemble un programme audacieux et de le présenter  le moment venu à une population qui désespère  des pratiques politiciennes qui inondent tant nationalement que localement  les esprits par médias interposés. Les conditions n’étant pas remplies face à la manifestation des égos locaux, nous allons placer ce petit monde devant ses responsabilités et leur soumettre ce que nous aurions défendu si l’entente avait pu se réaliser.

Nous avons évoqué hier le domaine de l’offre de soins que nous voudrions de qualité, efficace et accessible et qui nous le répétons est plus affaire de volonté politique que de moyens

Nous voudrions évoquer aujourd’hui l’une de nos propositions concernant la revitalisation du centre ville.

Le principal reproche qui est fait à la municipalité sortante est de ne pas maitriser la propreté en centre ville. Sans doute y a t il des efforts conséquents à réaliser dans ce domaine mais ce n’est pas ce qui règlera le marasme économique du centre ville. La réponse se trouve en liaison avec d’autres aspects, d’autres réponses concernant : l’habitat, le commerce, le tourisme, le maintien à domicile des personnes âgées, le mixage des catégories différentes catégories sociologiques,  etc.

Pour ce qui est de l’habitat nous y reviendrons dans notre chapitre sur la politique municipale du logement.

Le commerce, chacun comprendre qu’il dépend des autres éléments que nous venons d’évoquer et évidemment est en lien direct avec le pouvoir d’achat et l’emploi de la population (et de ses visiteurs). Ce ne sont pas les réductions des cotisations sociales (appelées charges) qui atténueraient encore plus ce pouvoir d’achat et le développement de l’emploi qui peuvent constituer une réponse crédible.

Le maintien à domicile doit se retrouver dans notre politique de santé et de soutien aux personnes âgées.

Le mixage consisterait à éviter  les quartiers pauvres et les résidences de couches dites moyennes devenant chacune des ghettos mis en opposition. Enfin point important le recentrage des constructions de logements sociaux et l’encouragement des petits propriétaires à investir doit-être prioritaire afin d’éviter une extension couteuses des équipements de viabilité.

Nous retiendrons donc un élément essentiel de notre proposition pour revitaliser le centre ville : une politique de tourisme axée essentiellement sur l’offre conséquente et durable.

Si un certain nombre d’initiatives se trouvent être positives et intéressantes, et nous ne contesterons pas l’utilité et la nécessité de leur développement (port fluvial, efforts de promotion) elles ne peuvent déclencher le renouveau de notre ville et doivent – être accompagné  d’une forte politique d’accueil en centre ville pour « fixer le séjour » dans notre belle cité.

Cela passe par l’aménagement de certaines artères favorisant l’implantation commerciale et artisanale  et surtout l’implantation « intra muros » (nous entendons par là les digues au nord et à l’ouest et les voies de chemin de fer au sud et à l’est) d’une base hôtelière permettant de fixer le tourisme dans notre ville et d’en faire le centre des visites dans un rayon de 100 km riche d’un fabuleux patrimoine naturel, historique et culturel.

Les études et la réalisation de telles infrastructures, en coopération avec les collectivités départementales, régionales, l’état mais également des groupes hôteliers  permettraient ainsi d’insérer notre ville dans une politique régionale touristique qui souffre, autour de l’axe rhodanien d’un manque en matière de tourisme réceptif. D’autant que les retombées pour l’emploi dans notre ville peuvent-être conséquentes tout autant que pour le commerce en centre ville.

Donc nous invitons les tarasconnais à prendre en compte ce deuxième grand axe de nos propositions et puisqu’ils souhaitent tous votre bien être de s’en inspirer !

« A GAUCHE ON S’INSTALLE »

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Une liste se réclamant d’un collectif du Front de Gauche qui se constitue et sera animée par André Thomaso

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Une liste soutenue par le PS et conduite par MC Bernard et intitulée « Osons Tarascon »

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Pour l’instant SDF une liste semble en préparation avec l’éternel transfuge JR Soler qui a trouvé des soutiens occultes, ne serait-ce que pour rédiger ses tracts, seule trace de cette ultime tentative qui ne peut intéresser que la droite et certains du PS.

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Bonjour Lénine, pas bye bye !

Posté par jacques LAUPIES le 28 janvier 2014

Le court reportage de France 2 sur le 90ème anniversaire de la mort de Lénine m’a révolté. Je ne m’habituerai jamais à ces journalistes qui, lorsqu’ils ont à parler d’un révolutionnaire conséquent lui trouvent les pires défauts et ont une propension à leur attribuer la responsabilité des violences que provoquent évidemment nombre révolutions. De Robespierre à  Che Guevara et à Castro en passant par Mao il faut salir ces hommes qui sont à la fois des acteurs extraordinaires d’évènements qui ont bouleversé l’humanité et tout un symbole du progrès. Lénine le plus prestigieux d’entre eux n’échappe pas à évidemment à ces descriptions qui frisent la calomnie en sortant les faits les plus regrettables de leur contexte.  Bonjour Lénine, pas bye bye ! dans POLITIQUE lenine Portrait géant de Lénine devant la bibliothèque de Moscou, en 1989

Monde -            humanite dans POLITIQUE            le 21 Janvier 2014 Histoire

90ème anniversaire de la mort de Lénine. Les derniers combats du père de la révolution russe

Mots clés :                           histoire,                            union soviétique,                            lénine,                            joseph staline,                            bolchéviques,                            révolution russe,
  Entre Lénine et Staline, il n’y a pas tant continuité que rupture, comme l’attestent les dernières volontés du père de la révolution, qui affirmait : « Nous ne sommes pas assez civilisés pour pouvoir passer directement 
au socialisme. » Le 21 janvier 1924, à 18 h 50, tout juste informé des dernières décisions du Parti, Lénine est victime d’une ultime crise et s’éteint à cinquante-quatre ans, après avoir lutté dix-huit mois contre la maladie et l’angoisse quant à l’avenir de la révolution. Atteint depuis le 25 mai 1922 d’une attaque ayant entraîné la paralysie de son côté droit, il n’a repris partiellement ses activités intellectuelles qu’en septembre, aidé par sa femme, sa sœur et ses secrétaires. Il est déjà fort inquiet des positions de Staline sur la libéralisation du commerce extérieur et la remise en cause de l’indépendance des républiques soviétiques, quand il subit une deuxième attaque, le 16 décembre. Conscient qu’il va bientôt « quitter les rangs », il exige de pouvoir dicter quelques minutes par jour une « lettre au Congrès », appelée à tort son testament, et son dernier article publié le 4 mars 1923, « Mieux vaut moins mais mieux ». Une troisième attaque, le 10 mars, le prive de l’usage de la parole, mais pas de sa lucidité. Conscient du conflit qui oppose Staline et Trotski alors qu’il tente de sauver la révolution dans une Russie soviétique épuisée par sept années de guerre mondiale et de guerre civile, Lénine n’entend pas désigner son successeur comme un monarque mais renforcer l’unité de direction du Parti et le rôle du Comité central. C’est prioritaire pour réorganiser l’État et activer le redressement du pays, ravagé et épuisé. Il invite donc le Comité central à surveiller ses dirigeants en jugeant leurs qualités et leurs défauts. Lénine est conscient que Staline cumule trop de pouvoirs comme secrétaire général du Parti, dirigeant de l’Inspection ouvrière et paysanne chargée de contrôler tous les fonctionnaires, tout en intervenant comme commissaire aux Nationalités dans les affaires de la moitié des populations (non russes) de la Russie soviétique. On ne peut reprocher à Trotski, le chef de l’Armée rouge, son ralliement tardif au parti bolchevik, mais ses éminentes capacités ne doivent pas faire oublier son conflit avec les syndicats ouvriers lors de ses projets de « militarisation du travail ». Néanmoins, Lénine vient de lui demander de défendre ses vues sur le Gosplan et la question géorgienne. lenine-et-staline-a-gorki Si les vieux bolcheviks Kamenev et Zinoviev ont commis des fautes révélatrices de leurs faiblesses avant la révolution d’Octobre, il faut maintenir l’équilibre de la direction du Parti en promouvant deux trentenaires très prometteurs, Boukharine, « l’enfant chéri du Parti », brillant théoricien pas toujours orthodoxe, et le très volontariste Piatakov qui a les mêmes qualités et défauts que Trotski. Pourtant, dix jours après, 
Lénine exige que Staline soit démis du secrétariat général, parce qu’il a pris connaissance de ses violentes accusations contre les communistes géorgiens, qualifiés de « social-nationalistes ». C’est donc bien la politique de Staline qui explique le revirement de Lénine. Lénine entend promouvoir au 
Comité central un grand nombre d’ouvriers qualifiés actifs et de spécialistes, et non des apparatchiks incompétents, afin de combattre la bureaucratie opportuniste à tous les niveaux dans l’appareil d’État et le Parti. Il veut lutter contre le nationalisme russe et le chauvinisme de grande puissance. Il met également en garde contre les erreurs à ne pas commettre dans la poursuite du processus graduel d’évolution révolutionnaire dans un pays arriéré, où l’industrie est effondrée, où le prolétariat est épuisé, où se pratique le « commerce asiatique ». Il faut à tout prix sauver l’alliance de la classe ouvrière et de la paysannerie, sur laquelle repose le pouvoir communiste, et donc prolonger la nouvelle politique économique : « Il faut être pénétré, dit-il, d’une méfiance salutaire vis-à-vis de tout mouvement en avant brusque et inconsidéré, vis-à-vis de toute sorte de présomption. » Boukharine en déduira, en 1928 : « Pas de deuxième révolution », quand Staline décide la collectivisation des terres et l’industrialisation à marche forcée. La disparition de Lénine accélère le cours, déjà pris, des événements. Staline, en grand maître de cérémonie, organise les funérailles et inaugure le culte de la personnalité de Lénine. En dépit de l’opposition de sa veuve, son corps est embaumé avant d’être déposé dans la crypte d’un premier mausolée pour y recevoir l’hommage de tout le peuple soviétique. Petrograd devient Leningrad ; toute ville, toute entreprise, toute administration élève sa statue du père de la révolution. Staline forge le serment de fidélité : « Nous te jurons, camarade Lénine,… » et Maïakovski, sarcastique, observe : « La mort même d’Ilitch devient un grand organisateur du communisme. » ffuneraillelenine Pourtant, Kroupskaïa a déclaré publiquement : « Ne laissez pas votre deuil prendre la forme d’une vénération de la personne d’Ilitch… Mettons plutôt ses préceptes en pratique. » Staline prétend s’y employer. Plutôt que d’épurer le Parti, la promotion « Appel de Lénine » double en un an le nombre de communistes au prix d’une baisse du niveau d’instruction et de conviction. Mais Staline se presse de rédiger « Les bases du léninisme » pour se présenter comme le meilleur disciple d’un maître dont il schématise et stérilise la pensée, et pour isoler Trotski qui préconise un cours nouveau. Mais, quand Kroupskaïa demande que le « testament » de Lénine soit présenté au futur Congrès du Parti, Trotski garde le silence, 
Kamenev et Zinoviev se portent garants des qualités de Staline, et la « lettre au Congrès » ne sera révélée en URSS qu’en 1956. Ainsi, le marteau du stalinisme a cloué le cercueil de Lénine. Le « testament » de Lénine. 24 décembre 1922 : « Le point essentiel dans le problème de la cohésion, c’est l’existence de membres du Comité central tels que Staline et Trotski. (…) Le camarade Staline, devenu secrétaire général, a concentré entre ses mains un pouvoir illimité, et je ne suis pas sûr qu’il puisse toujours s’en servir avec assez de circonspection. D’autre part, le camarade Trotski, comme l’a déjà montré sa lutte contre le Comité central dans la question du Commissariat du peuple des voies de communication, ne se fait pas remarquer seulement par des qualités éminentes. Il est peut-être l’homme le plus capable de l’actuel Comité central, mais il pèche par excès d’assurance et par un engouement exagéré pour le côté purement administratif des choses. » Additif du 4 janvier 1923 : « Staline est trop brutal, et ce défaut, parfaitement tolérable dans les relations entre nous, communistes, ne l’est plus dans les fonctions de secrétaire général. Je propose donc aux camarades d’étudier un moyen pour démettre Staline de ce poste… » Jean-Paul Scot, historien, auteur d’Histoire de la Russie de Pierre 
le Grand à nos jours. État et société 
en Russie impériale et soviétique, 
Éditions A. Colin, 2000 et 2005.   Lire aussi : « Lire et relire Lénine, pour préparer l’avenir » Par Jean Salem, philosophe Lénine sans légendes. Par Jean-Jacques Goblot, historien. Lénine, en penseur de l’avenir

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Municipales : la population veut du concret

Posté par jacques LAUPIES le 27 janvier 2014

 

Au stade actuel de la préparation des municipales ce qui nous parait important est que ceux qui ont la prétention de solliciter les suffrages de la population nous disent clairement ce qu’ils se proposent de réaliser et avec quelles actions et moyens ils entendent le faire.

Car une assemblée locale élue à nécessairement deux attitudes à avoir pour atteindre ses objectifs.

- réaliser dans l’immédiat ce qui est possible parce que cela relève directement des moyens dont elle dispose

- lancer dans l’immédiat les projets qui nécessitent certes sa contribution mais qui reposent également sur l’apport des autres collectivités notamment l’intercommunalité, le département, la région, l’état, l’Europe.

Raisonner en boutiquiers qui gèrent et investissent sur leur seule intervention, avec les seules ressources de la commune est oublier que les citoyens d’une ville sont aussi  TOUS des contribuables qui « donnent » de leurs deniers à tous ces niveaux.

On peut échapper à l’impôt sur le revenu, à la taxe foncière mais généralement on acquitte une taxe d’habitation et toujours la TVA et on verse de surcroit des cotisations sociales que l’on soit actif ou retraité, salarié ou profession libérale.

Donc  gestion réalisation et action pour obtenir les moyens sont inséparables d’un droit du citoyen à intervenir à tous les niveaux et à revendiquer ce qui lui parait propice à servir l’intérêt général.

Partant de ce principe, sans que cela soit exhaustif, nous allons formuler une série de propositions phare qui peuvent contribuer à donner de vrais perspectives de vivre mieux à la population, dans sa diversité, partant du principe que chacun dans sa catégorie socio professionnelle pourra bénéficier des réalisations.

Certaines feront appel à l’intervention d’autres instances élues, parfois même des particuliers de l’économie privée ou sociale peuvent-être sollicités. C’est aujourd’hui de cela qu’il faut parler et proposer à une population qui n’a que faire de mots évasifs (notamment dans l’appellation des listes et dans les objectifs)

Un exemple édifiant de ce que nous suggérons :

l’offre de soins, qui va de pair avec les remboursements de l’assurance maladie, comment l’améliorer au niveau de l’intervention municipale :

D’abord examiner la situation en ciblant les besoins par catégories :

1) Il existe à Tarascon des structures d’accueil médicalisées, notamment pour les personnes âgées. ?

2) Il existe à Tarascon comme dans toutes les villes un corps médical (généralistes, spécialistes, infirmier(e)s, dentistes, kinésithérapeutes, etc.)

3) Il existe à Tarascon des équipements pouvant permettre l’exercice des professions de santé et les héberger.

A ce constat qui témoigne d’efforts engagés précédemment par les pouvoirs publics se pose au moins trois question essentielles :

Première question : Est-ce  suffisants ? Deuxième question est-ce adaptée aux besoins ? Troisième  question : y a t il d’autres réponses possibles. Suffisant surement pas si l’on en croit les usagers autant que les prestataires qui nous parlent ouvertement d’un risque de désertification médicale. Adapté aux besoins encore moins si l’on en croit ces mêmes usagers qui se heurtent au principal écueil que constitue leur solvabilité. Enfin qui peut nier qu’il n’y a pas de solutions si existe une véritable volonté politique.

L’une d’entre elle serait de doter la ville d’un centre médical, ou pourrait s’exercer une médecine de qualité en coopération avec l’ensemble des professionnels de santé, avec pratique intégrale du tiers payant, fonctionnant en permanence, assurant une continuité de soins et accueillant la population de l’agglomération de Tarascon-Beaucaire et des villages avoisinants.

L’aménagement de locaux déjà existants nous parait possible autant que le recrutement des professionnels indispensables à son fonctionnement.

Une telle structure qui pourrait englober plusieurs discipline constituerait une première réponse mais évidemment nécessiterait de faire appel à des organismes spécialisés dans la réalisation et la gestion de ces centres. Le Secteur mutualiste pourrait en être un parmi d’autres mais il existe de nouvelles formes de gestion des centres de santé dont il convient de s’inspirer.

Ce sera sans doute la première proposition des communistes de Tarascon. Mais nous y reviendrons plus en détail d’autant qu’il y en aura d’autres dans d’autres domaines alliant réponse aux besoins de la population également en matière d’emploi, de formation, d’économie.

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La droite a préparé ses permanences ! Mais pour quels contenus, avec quelle volonté…

 

 

 

 

 

 

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Nos commentaires après le deuxième tour des municipales de 2008

Posté par jacques LAUPIES le 26 janvier 2014

Voilà ci- dessous ce que nous écrivions dans notre Blog « Tarascon Bien Etre » après le scrutins du deuxième tours des élections municipales de 2008 pour rappel des résultats (article suivant ce commentaire).

La situation a changé et le FN a, depuis, repris du poil de la bête. La gauche aux élections qui ont suivi à réalisé des scores intéressants qui n’avaient rien à voir avec celui d’un candidat socialiste parachuté pour les municipales et qui depuis s’est envolé ailleurs. Egalement le contexte national n’est plus le même depuis l’élection de François Hollande.

Par contre la politique économique et sociale est quasiment restée la même !

Des réformes sociétales, dont le mariage pour tous ont fait débat  et fort heureusement ont pu être réalisées, mais évidemment le compte n’y est pas dans la réponse aux besoins des français.

Les logements sont en nombre insuffisant avec des loyers trop élevés. Emploi et pouvoirs d’achat en réduction provoquent à juste titre l’inquiétude des familles.  L’offre de soins s’amenuise et elle s’accompagne d’une couverture toujours insuffisante. L’éducation des jeunes en laisse nombre en échec scolaire et la formation professionnelle n’est pas à la hauteur. Les problèmes sécuritaires demeurent.

Un terreau grandit, fertile, propice au développement de la démagogie de l’extrême droite. Pour le contrer il ne s’agit pas de  faire des alliances contre nature avec ceux là mêmes qui, par leur politique anti sociale, favorisent son essor, mais il faut créer les conditions d’un large rassemblement populaire sur des bases claires de gestion et de réalisation précises, nettes, même si elle font appel à une grande volonté politique.

Il faut changer de politique. Les élections municipales sont non seulement un moyen de tirer la sonnette d’alarme mais elles peuvent-être un moyen mettre en place une équipe capable de corriger et atténuer les difficultés de la population

Cela effectivement ne peut se faire que si les forces politiques représentatives de courants progressistes peuvent s’entendre pour ce rassemblement large et  à fort contenu. Il nous avait semblé que cela était possible par delà les politiques nationales (notamment celle de la fraction libérale du PS) car ici, à Tarascon, comme ailleurs, à la base, on doit rassembler d’abord !

Nous n’avons pas été entendus.

En conséquence nous avons unanimement décidé de soutenir ceux qui défendent globalement les mêmes valeurs que nous avec la ferme résolution de voir nos propositions concrètes prises en compte.

Et nous ferons alors ce qu’il faut pour que l’électorat communiste de notre ville, celui du Front de Gauche dans son ensemble mais également des électeurs socialistes et républicains préparent ainsi l’avenir.

 

CE QUE NOUS RELATIONS EN 2008

La liste de Charles Fabre en tête est élue à Tarascon

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Charles Fabre (UMP) est réélu Maire de Tarascon avec 42,40 % des voix et il devance son rival également UMP, le Conseiller Général Lucien Limousin, qui obtient 38 %. Arrive  en troisième position la liste d’Union de la gauche conduite par Guillaume Thiériot qui obtient 19,60 %. La liste Lucien Limousin disposera de quatre élus et celle de Guillaume Thiériot en aura trois.

Il faut le souligner ce scrutin voit la gauche réaliser son plus mauvais résultat à Tarascon. Cela place les partis de gauche devant de nouvelles responsabilités dans leur capacité à convaincre face à une droite qui, profitant sans doute de la position de ses élus a, au cours des dernières années fait de sa division un atout plus qu’un handicap. le deuxième tour, qui « logiquement » aurait du provoquer une plus sensible progression de la gauche a vu s’amplifier le phénomène de progression des candidats de droite.

Ces résultats font apparaitre combien il est indispensable de disposer de partis ou d’organisations de progrès au plus près de la population faute d’avoir des élus en place qui ont toute facilité pour justifier leur politique locale mais également pour protéger celle, pourtant néfaste, du gouvernement.

Globalement la gauche progresse dans le pays ! apparemment les dirigeants de droite entendus à la télévision ne semblent pas vouloir tenir compte de ce résultat pour modifier leur stratégie et leur politique qui hélas frappe toujours les salariés et les retraités en leur refusant l’augmentation de créer les conditions de l’augmentation de leur rémunération et ne solutionnent pas les grandes questions liées à la santé, à la protection sociale, à l’école et à la justice.

 

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« La laïcité au quotidien » (suite sur le livre de Pierre Dharréville)

Posté par jacques LAUPIES le 25 janvier 2014

Tel est le titre du dernier chapitre du livre de Pierre Dharréville « La laïcité n’est pas ce que vous croyez » qui débute ainsi :

« Devant les questions posées de façon si passionnelle, après celles d’une révision de la loi, l’idée d’une chartre de la laïcité revient régulièrement sur la table. Elle trahit la persistance d’une illusion : celle de la laïcité résumée en une mécanique. Cela renvoie peu ou prou à définir un modèle immuable et établi qu’il suffirait de connaitre et d’enfiler comme un prêt à porter. Il est vrai que dans certaines situations, on préfèrerait avoir un protocole à suivre, plutôt que de cherches des solutions au milieu des tensions, mais n’est-il pas plus riche et plus efficace de construire ensemble les questions posées ? La laïcisation de la société, est un mouvement inachevé qui doit trouver ses réponses dans la délibération, le dialogue, l’apaisement et, s’il le faut, dans la loi. »

J’invite mes lecteurs à lire la suite (page 108)

Est évoquée la laïcité utilisée comme moyen de rejet de l’islam. Quand on connait un tant soi peu  les personnes à qui l’on à affaire dans la vie sociale et politique, on constate en effet un engouement subit de certains pour la laïcité et, plus royalistes que le roi, ils viennent, outrés, nous donner des leçons de laïcité. Au point même comme cela m’a été rapporté de considérer qu’un marxiste n’est pas laïque et que donc il n’a pas sa place dans le combat pour la défense de la laïcité. Manière de dire : ne venez pas vous mélanger à nous dans une réflexion qui évidemment les dérange dans leurs projets, parfois nauséabonds de pureté laïque.

Certes la concurrence que leur inflige l’extrême droite et les intégrismes catholiques les oblige à ne pas laisser ces derniers chasser sur leurs terres. D’ailleurs ils font à l’identique dans le domaine économique et social, un petit coup d’anti communisme, parfois finement élaboré, comme quand on veut faire de Lénine un dictateur sanguinaire en deux minutes de journal télévisé, et le tour est joué pour tenter de dissuader les français d’entendre ce que proposent les dignes descendants de Jaurès. Mais je m’égare !

Car je veux vous parler des pages remarquables sur la façon dont l’auteur de ce livre aborde la question  du voile. J’aurais presque envie de dire  (l’expression est à la mode) à des amis, à des relations familiales avec qui nous avons souvent eu débat sur la question  du voile, ceci,  pris dans le livre et que je crois avoir de nombreuses fois en substance rappelé :

« Parmi les femmes portant le voile, se trouvent à la fois des femmes subissant une domination, des femmes de conviction intégristes, des femmes simplement habitées de convictions religieuses, des jeunes filles des quartiers populaires qui veulent se faire respecter des garçons, des femmes de milieux modestes en rébellion face à leur condition sociale, des femmes progressistes, des femmes ayant le sentiment d’être ainsi reliées à leurs racines…Cela peut être dur à entendre, notamment pour les femmes dont les mères ont mené combat contre le voile dans leur pays d’origine, dans des actes de résistances héroïques. Et nul ne leur demande de renoncer à ce combat. » (page 109)

Plus sérieuse me parait la question de la laïcité à l’école et je pense que là encore ce livre dit juste et rappelle qu’il ne faut pas trop axer sur la stigmatisation des religions qu’il considère comme une réalité incontournable, sur lesquelles on doit réfléchir avant tout. Et de prôner d’améliorer la notion de laïcité dans le mouvement, plutôt que de se soumettre à cette mécanique chère à certains  »traditionnels défenseurs » d’une laïcité immuable.

« La question a été posée de l’enseignement du fait religieux. Il parait souhaitable que les apprentissages des sciences humaines intègrent cette dimension qui es nécessaire à la compréhension du monde. »

L’ouvrage se termine sur des appréciations concernant « laïcité et fonction publique », la « morale laïque », « les revendications alimentaire », l’école privée », « l’argent public et la religion », « les jours fériés », « le droit de blasphème », etc. Mais lisez le donc !

Une précision : je ne partage pas sa vision « indulgente » des religions dont personnellement je conteste la démarche dogmatique par essence autant que les méthodes opportunistes. Mais ce livre peut être considéré comme une continuité au débat sur la laïcité. L’article d’Yvon Quiniou paru dans l’Humanité de ce vendredi interpelle indiquant que : « Il convient de libérer l’homme de la fantasmagorie religieuse » A lire aussi : c’est bref mais très clair !

 

 

les responsables locaux de l'OLPRPA

les responsables locaux de l’OLPRPA, une association qui  informe sur la laïcité…et réfléchit également sur le sujet

 

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Laïcité et religion (en lisant le livre de Pierre Dharréville )

Posté par jacques LAUPIES le 24 janvier 2014

L’intérêt du livre de Pierre Dharréville  »La laïcité n’est pas ce que vous croyez »  est qu’il tente de situer la religion dans la réflexion que nous devons avoir sur la laïcité. Il met en garde : 

« Choisir d’enfermer de façon globalisante les religions du côté obscur de la force, et les croyants avec, n’est ce pas mettre le doigt soi-même dans une démarche dogmatique ? »

La laïcité n’est pas ce que vous croyez, Pierre Dharréville

 

Il nous rappelle que les religions ne sont pas seules à vouloir imposer leur suprématie, leur vérité, leur vision du monde. Ce qui est fort juste et m’a souvent conduit à parler des dogmatismes idéologiques autres que religieux mais il ne faut pas pas pour autant les considérer, les uns et les autres, comme inoffensifs. Reste à savoir si les religions sont fondées sur le dogme (point de doctrine donné comme une certitude mais non démontrable) Je pense que oui ! Avoir la foi en un ou plusieurs dieux, selon moi est un dogme, tout autant que l’est  une idéologie fondée sur une théorisation tant qu’elle n’est pas vérifiée par l’expérience. L’expérience n’ayant qu’une valeur relative de surcroit.

Peut – on construire  l’humanité en prenant le risque d’une action politique fondée sur une croyance ? Et construire l’humanité ne passe-t-il par le politique qui doit pouvoir créer les conditions de la transmission de l’ensemble des connaissances de l’activité humaine par l’éducation et aussi par l’organisation du bien être social, dans le partage équitable (condition première d’une bonne transmission du savoir)

La politique  d’un état ne peut donc confier aux églises et aux porteurs d’idéologies la responsabilité de l’éducation mais également de tout ce qui a un caractère régalien (de la prérogative de l’état) ou encore qui relève de l’action collective où se rencontrent croyants et non croyants.

Concernant l’individu, il en va autrement, son intervention qu’on le veuille ou non ne peut être sans qu’il recoure dans sa vision du monde à des concepts philosophiques et religieux. On ne peut demander à personne d’agir dans la sphère publique en oubliant tous les éléments constitutifs de sa personnalité. Cela vaut pour un marxiste également !

« Un croyant le demeure quand il sort de chez lui, quand il va au travail, quand il discute au syndicat, quand il s’engage en politique. Ou alors sa foi est morte et elle répond à la logique d’enfermement pronée par certains. La République n’a rien de bon à attendre de la foi refoulée, hors sol, déconnectée des réalités sociales. Et c’est le meilleur moyen de favoriser l’irruption des forces politiques kidnappant une influence religieuse pour l’instrumentaliser dans l’espace public, avec une volonté plus ou moins intégriste. » (page 87)

Je recommanderai particulièrement la lecture du chapitre dont je cite l’extrait précédent car après une analyse historique du « fait laïque » le livre aborde évidemment celui-ci dans le contexte actuel. Une citation d’Emmanuel Todd et d’Hervé Le Bras a retenu mon attention et m’interpelle  :

« l’effondrement du catholicisme, puis celui du communisme, ont engendré un vide religieux et idéologique qui a fini par engloutir tout l’Hexagone. On peut donc parler de nouvelle homogénéité par le vide, laquelle explique l’apparition parmi bien d’autres choses, dans un pays ou les français classés comme musulmans ne pratiquent pas plus leur religion que ceux d’origine catholique, protestante ou juive, d’une islamophobie judéo chrétienne. Une islamophobie paradoxale, pour le moins, puisqu’elle prétend que la seule façon de ne pas croire en Dieu est par essence chrétienne » (page 91)

Et l’auteur Dharréville d’ajouter :

« Finalement, à travers les offensives sarcosystes, le courant conservateur de l’église et le courant anti religieux ont su se retrouver en silence dans une laïcité d’apparence. Et ce ne pouvait-être au fil du temps qu’en connaissance de cause. »

Si je suis assez d’accord avec cette analyse, il me semble cependant utile de préciser que la pensée communiste à terriblement manqué dans la prise de conscience  des réalités économiques et sociales et donc de leur incidence sur la politique (d’autant qu’elle a été déformée en prenant appui sur les pratiques extérieures dans différents régimes se réclamant du communisme)

Par contre on ne peut pas dire que la pensée religieuse et parfois l’action, quelles que soient les religions qui les aient exprimées, dans la même période qui a précédé leur affaiblissement, auraient pu jouer un rôle positif. J’ai suffisamment côtoyé de croyants pour savoir que, sans donner dans l’intégrisme, ces religions les ont tenus éloignés souvent des combats pour la démocratie et le bien-être social.  Même si j’en ai rencontré chez qui la foi  pouvait susciter des réactions politiques lucides en prise avec la réalité !

Même en restant dans la sphère individuelle, l‘appartenance à des églises et autres institutions religieuses ne constituent pas selon moi, face à la dégradation économique, sociale, culturelle et morale dont sont victimes les couches populaires, le meilleur antidote « pour disposer de sa foi » en toute liberté !

Personnellement c’est avec beaucoup de réserve que je gratifierai certains croyants, même non pratiquants, d’un brevet de progressisme assuré dans le domaine culturel et politique.

Qu’il puisse en être autrement précisément lorsque les églises les y invitent (voir l’évolution de l’églises catholique avec le nouveau pape) je ne le conteste pas d’autant que l’effet des courants progressistes populaires les rappellent un peu à leurs fondamentaux (si tant est qu’ils les retrouvent vraiment). Et puis il y les réalités et effets de la mondialisation capitaliste dont les peuples perçoivent les conséquences désastreuses et qui interpellent les différents cultes.

Mais les églises ont été, sont encore associées ou pèsent encore  sur les pouvoirs politiques de telle sorte que l’on peut toujours craindre qu’elles puissent être instrumentalisées, simplement au nom de leur dogme. Il ne faut pas oublier que l’église catholique par exemple doit son influence aux services qu’elle a rendus aux pouvoirs impériaux et monarchiques depuis l’Empereur Constantin. Il en va de même des différentes composantes de l’Islam. On ne peut pas dire que l’état d’Israël échappe à la pression du culte juif.

Alors bien sûr la séparation a, en France du moins, clarifié le positionnement des églises qui acceptent une certaine forme de  laïcité d’autant qu’elles se sentent menacées par d’autres influences religieuses. Je ne crois pas que l’on puisse dans ces conditions, comme a pu le faire Sarkozy, laisser entendre qu’elle doivent s’occuper de nos âmes comme si telle était leur mission incontournable. Ce que l’auteur du livre ne se prive pas de rappeler.

Faut-il indiquer au passage que l’on pourrait tout de même, dans un esprit de tolérance et de respect, donner à ceux qui prônent l’athéisme ou des concepts de matérialisme philosophique des moyens d’expression équivalents à ceux que l’on accorde, dans les services publics (à la télé notamment), aux religions qui prônent elles nécessairement une forme extrême de l’idéalisme philosophique.

Quant aux croyants en tant qu’individu je ne nie pas que leur foi puisse les conduire à des actes utiles à la société et que je partagerais volontiers avec eux ! Mais elle peut, sous l’effet des religions, s’ils sont confrontés à des difficultés de vie, constituer un refuge et provoquer le meilleur autant que le pire.

Je pense de ce point de vue que la foi, comprise dans son sens religieux, ne peut être séparée des influences culturelles qui l’entourent, que même ce sont ces influences qui en définitive déterminent  la foi et non l’inverse bien qu’il existe un lien dialectique avec elle. Elle peut donc être ébranlée par des discours contradictoires et de ce fait elle ne peut garantir la tolérance et être à l’abri des comportements violents !

Cela dit écouter et entendre si besoin est ce que disent les religions ne me dérange nullement mais de là à les aider à prospérer pour développer de puissants réseaux d’information et de formation dans le cadre des misions de l’état (l’école en est une) pas plus d’ailleurs que de laisser s’installer la marchandisation des formations et de les confier à des institutions privées qu’elles soient confessionnelles ou non, il y a un pas à ne pas franchir !

(à suivre)        

 

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Un peu de réflexion…

Posté par jacques LAUPIES le 23 janvier 2014

 

Un peu de réflexion... dans POLITIQUE jeanrouaud_0

 

Culture -            humanite dans POLITIQUE            le 17 Janvier 2014

l’Humanité des débats. L’entretien

Jean Rouaud : »Face à la marchandisation, nous disposons d’un pouvoir formidable »

Mots clés :                           littérature,                            entretien,                            jean rouaud,                            grands entretiens,

 

 

Écrivain, prix Goncourt 1990 pour les Champs d’honneur, auteur de nombreux ouvrages romanesques, poétiques et essais, Jean Rouaud invite, dans son dernier essai, Manifestation de notre désintérêt,  à porter un regard oblique –poétique– sur le monde capitaliste  globalisé qui nous entoure pour créer des pratiques de «contournement de  cette dictature des marchés».

En cette année 2014, centenaire 
de la Première Guerre  mondiale, 
de nombreux débats à portée historique ressurgissent. La  production littéraire est très importante. C’est l’arrière-plan du prix  Goncourt 2013. Vous-même avez reçu 
le Goncourt en 1990 pour les Champs d’honneur (1). À quoi attribuez-vous 
cet engouement populaire ?

Jean Rouaud. On pourrait bien sûr se dire que la  Première Guerre mondiale est l’acte fondateur du XXe siècle, qu’elle en  donne le « la » tragique, que s’y intéresser ce serait en fait tenter de  comprendre les mécanismes historiques qui ont contribué aux  exterminations massives qui ont ponctué tout le siècle dernier, et qui  en découlent. De manière, peut-être, à en tirer des leçons. Ce qui  serait la version « raisonnable ». Mais je crois plutôt que la Première  Guerre mondiale a un effet de sidération. C’est le dernier conflit  classique, deux armées s’affrontant sur le terrain (et on sait comme le  terrain, labouré par les obus, les boyaux, les tranchées, s’est imprimé  dans notre imaginaire). Pas de conflit idéologique, pas de déchirement  intérieur, la défense du pays, c’est le b.a.-ba de l’engagement. Simple,  quoi. En ce sens, c’est bien la « der des der ». C’est aussi la  dernière « victoire » d’une armée française, elle ponctue la fin de ce  qui a fait la France. Ce qu’on essaie de trouver en commémorant cette  guerre, c’est quelque chose qui aurait trait à un passé d’avant le  retrait du pays de la scène internationale, d’avant la crise  identitaire. Ce dernier moment où la France aurait été glorieuse et,  comme la République, une et indivisible. Ce qui est bien sûr une pure  fiction. Ce qui, en ce sens, nous renseigne, cette commémoration la  larme à l’œil, sur l’état présent du pays.

Concernant l’état du pays, votre propos, 
dans votre dernier essai Manifestation 
de notre désintérêt (2), se fait d’une précision redoutable. Le texte très littéraire  renvoie 
en même temps à une vision lucide de 
la société ultralibérale  et hypertechnologique ?

Jean Rouaud. C’est un pamphlet au sens où on  l’entend. Avec une dimension politique et un regard biaisé, non  analytique. Ce n’est pas un manifeste qui analyserait une situation.  Porter un tel regard oblique, distancié, possède sa pertinence. La  poésie est un moyen d’investigation du réel. Au départ, il s’agit de  traiter poétiquement des questions politiques. Le langage poétique,  c’est jouer avec les mots. Dans Manifestation de notre désintérêt, je  l’ai fait à partir d’une expression qui revenait sans cesse jusque dans  la bouche du président de la République : « Il faut rassurer les  marchés. » Personne ne relève que cette expression est terrifiante.  Puisque cela définit les marchés, tels des monstres, espèces de dieu  Baal, à qui il faut sans cesse donner à manger, au nom de la seule  logique du profit, en recourant au sacrifice d’abord du peuple grec, et  ensuite des peuples espagnol, irlandais, français, etc. Pour rassurer  les marchés, il fallait donc passer sous les fourches caudines, accepter  le programme du Fonds monétaire international et les mots d’ordre de la  Commission de Bruxelles. Et personne ne pointait que plutôt que de  rassurer les marchés, pourquoi ne pas demander à ces marchés de nous  rassurer ? ! En fait, il suffit de voir la situation de l’emploi, les  délocalisations, etc., pour en conclure que les marchés se fichent bien  des gens. Ce n’est pas leur problème.

Vous faites très attention à ne pas utiliser 
le terme de  marché mais vous parlez 
d’une entité au pluriel «les marchés», telle  
une hypertrophie… Qu’est-ce que cela change ?

Jean Rouaud. Oui. Là encore, on a vu la bascule dans  l’utilisation des mots. Pendant des années, on parlait du marché, et en  l’occurrence de la « main invisible du marché ». Or on sait que la main  invisible, c’est une main de fer dans un gant de fer. En devenant « les  marchés », ils se sont divisés. On sait qu’il est toujours plus  difficile d’atteindre plusieurs entités plutôt qu’une seule. Tous les  groupes de résistance savent cela. En morcelant un système, il est plus  compliqué d’en atteindre le centre. Tous les empires très centralisés se  sont écroulés d’un coup. Le marché qui n’a pas voulu ressembler à  l’empire aztèque a donc décidé de se scinder en « marchés » toujours  plus insaisissables l’un que l’autre. Toute une sémantique est en train  de se mettre en place. Et personne ne relève qu’un seul et même discours  est relayé : les mesures à prendre doivent satisfaire les marchés pour  les rassurer. Mais personne ne demande à ces derniers de nous rassurer,  et d’ailleurs les marchés n’étant pas rassurants, on se demande bien  pourquoi il faudrait prendre telles ou telles décisions.

Pour décrire le système productif et la société de  consommation actuels, et le phénomène d’obsolescence, vous utilisez  l’image 
de la cassette qui s’autodétruit comme dans 
la série Mission  impossible…

Jean Rouaud. On voit bien apparaître la volonté de  dématérialiser. Mais pourquoi ? Cela s’explique d’abord par le fait que  les choses matérielles nécessitent d’être produites. Il faut pour cela  de la matière première. Cela implique aussi de faire appel à de la  main-d’œuvre. Cette main-d’œuvre peut être pressurée mais il y a un  moment où elle se rebelle. L’idéal pour les marchés est donc de vendre  du vent, du rien, comme des longueurs d’onde. On l’a bien vu avec les  ordinateurs… Le lecteur de disquettes a été remplacé par le DVD. Et  désormais, les derniers ordinateurs suppriment totalement tous supports  matérialisés, y compris le DVD avec le recours au « cloud ». Nous allons  entièrement dépendre de ce « nuage électronique » qui serait au-dessus  de nos têtes.

Ce terme de «nuage électronique» est très poétique. Est-ce une volonté de rendre positif ce qui ne l’est pas forcément ?

Jean Rouaud. Bien sûr. On nous fait applaudir à  cette avancée technologique en utilisant ce terme effectivement très  poétique de nuage ou cloud. Les grands groupes du numérique et de  l’informatique sont en train d’accaparer toutes les œuvres de l’esprit  du monde. On devra en passer par eux, quelle que soit l’œuvre à laquelle  on voudra accéder, puisque de toute façon avec la dématérialisation,  c’est quelque chose que l’on ne retrouvera plus. C’est pourtant ce qui a  assuré notre culture, notre connaissance, notre savoir depuis des  siècles via la transmission. On pouvait se passer un livre, plus tard un  disque ou un film. Maintenant, ce n’est plus possible. Il s’agit à  chaque fois de transiter par ces grands guichetiers, tels des postes de  péage. Et quand l’ordinateur est fichu, tout ce qu’il contient disparaît  en même temps. Il faut donc tout racheter à chaque fois. Impossible  alors de transférer les données de l’un à l’autre puisque tout est  étudié pour que justement cela ne soit pas téléchargeable !

Il y a une logique dans cette dématérialisation. Vous dites  que cela répond à l’objectif d’accroître sans cesse les profits avec  
des ressources finies…

Jean Rouaud. C’est vrai pour ce qui est des œuvres  de l’esprit dont on sait qu’un des principaux groupes a décidé de  numériser l’ensemble des livres du monde. C’est une entreprise  gigantesque ! Mais ils ont un budget pharaonique, l’équivalent de celui  des États-Unis. Ils posséderont alors toutes les œuvres de l’esprit sans  que cela ne leur ait coûté un seul centime ! Ils n’ont rien versé pour  acquérir ces œuvres. Cela ne leur a coûté que le prix de la  numérisation, c’est-à-dire rien. Avec ça, ils vont s’enrichir  monstrueusement sans avoir participé à l’émergence et à la création de  ces œuvres, qui sont celles de l’histoire de l’humanité. Ils sont en  train de taxer des millénaires d’humanité. Tout cela passerait dans la  poche de ces grands groupes informatiques.

Vous utilisez l’expression de «dépossession 
du savoir-faire».

Jean Rouaud. Il faut absolument rendre les gens  dépendants. On ne peut plus rien faire sans aussitôt s’adresser à des  spécialistes et autres experts. Par exemple, ceux de ma génération,  enfant, on voyait son père ouvrir le capot de la voiture et réparer le  moteur très souvent avec succès. Maintenant, si vous avez le malheur de  chercher à intervenir, que ce soit sur votre voiture ou votre  imprimante, on vous menace. Votre assurance ne vous remboursera pas si  vous avez dévissé une partie à un endroit où il ne fallait pas… On vous  prive d’un savoir-faire qui est une part d’autonomie. Tout est organisé à  cet effet. C’est vrai aussi avec les plats cuisinés. Alors que le  savoir-faire dans la cuisine remonte au Paléolithique, là, tout d’un  coup, les gens se retrouvent dans une situation où ils ne savent plus  comment faire pour s’alimenter ! Dans tous les domaines, on voit bien  qu’il s’agit d’une stratégie pour rendre les gens totalement dépendants,  et donc de simples consommateurs de savoir-faire qu’ils ne possèdent  pas, ou plus.

Vous pourriez seulement en rester 
à la critique acerbe de  cette marchandisation, financiarisation, dématérialisation. 
Mais vous  allez plus loin en invoquant une parade, « la manifestation de notre  désintérêt ». Que voulez-vous dire ?

Jean Rouaud. Nous avons un pouvoir formidable, celui  de dire : « Cela ne nous intéresse pas ! » pendant des années, on a vu  Steve Jobs qui brandissait du vide en présentant le nouvel ordinateur ou  téléphone portable. À chaque soi-disant innovation, la rumeur voulait  que des gens couchent trois jours dans des sacs de couchage devant  l’enseigne pour être les premiers servis. Or, il faut savoir qu’aussitôt  que vous avez ce nouvel appareil, déjà il y a cinquante prototypes qui  attendent de sortir. Dans trois mois, on vous dira que vous serez le  plus grand ringard de la Terre. Nous ne sommes plus dans la consommation  mais dans le gavage. On se retrouve avec le bec ouvert, telles des  oies ! Or nous disposons d’un pouvoir formidable. Celui de manifester  notre désintérêt. Prenons un exemple : j’ai un téléphone de première  génération. Il fait parfaitement l’affaire pour ce qui est de téléphoner  et d’envoyer un texto. Pourquoi faudrait-il en changer ? Toutes les  applications supplémentaires portées à chaque fois, c’est juste pour  nous rendre dépendants et acheter le nouveau modèle. Face à cette  hypermarchandisation, on peut tout simplement répondre : « Mais ça ne  nous intéresse pas ! Je n’en ai pas besoin. Ça ne change pas ma vie. »  La plupart du temps, c’est comme un aliment sucré, c’est quelque chose  qui vous séduit sur le moment mais, très vite, cela vous rend dépendant.  L’idéal du marché est de créer des addictions. Mais les addictions,  cela se soigne et se guérit. On a le pouvoir de tout simplement se  dégager de ces addictions.

Vous sous-entendez aussi que l’on pourrait avoir intérêt à autre chose. 
S’agit-il d’un intérêt de classe ?

Jean Rouaud. De la même façon que je commençais avec  un jeu de mots sur les marchés à rassurer, il est évident que le  désintérêt est l’antithèse de l’intérêt. Tous les marchés fonctionnent à  l’intérêt, c’est-à-dire le profit. Ils cherchent à nous intéresser pour  faire du profit. Se désintéresser de ce qu’ils nous proposent, c’est  inverser leur conception du monde et renverser cette machine infernale à  nous rendre dépendants. Se désintéresser, c’est détourner le regard  pour s’intéresser à ce qui nous concerne, et d’abord la proximité.

C’est ce que vous appelez «mettre un grain 
de sable dans les  rouages » en trouvant 
« des solutions justes » grâce à «l’entente  cordiale» entre les êtres humains ?

Jean Rouaud. Là où ce n’est pas déprimant, c’est que  de nombreuses expériences se mettent en place. Depuis deux siècles, on a  toujours fonctionné avec une organisation très centralisée.  Aujourd’hui, on voit bien que grâce à Internet justement, des  initiatives formidables émergent et contournent cette dictature des  marchés. Évidemment, c’est encore marginal. Cela ne fait pas trembler,  pour l’instant, les grands groupes mais on voit bien qu’ils s’alarment  parfois…

Au cœur de l’humain. Né  en 1952 à Campbon (Loire-Atlantique), Jean Rouaud est un écrivain  français qui puise son inspiration dans la condition humaine. C’est  d’abord avec le roman traversé par des récits familiaux qu’il débute son  parcours d’auteur. En 1988, la rencontre avec l’éditeur Jérôme Lindon  se traduit par une publication de ses premiers ouvrages aux éditions de  Minuit. À partir de 
la parution des Champs d’honneur (1990) pour lequel il reçoit le prix Goncourt, il publie entre 1993 et 1999 quatre autres romans (Des hommes illustres, le Monde 
à peu près, Pour vos cadeaux et Sur la scène comme 
au ciel)  qui forment un cycle romanesque fondé sur l’histoire de sa famille et  certains aspects de sa propre vie. Jean Rouaud poursuit dans les années  2000 
son œuvre littéraire par la publication de textes autant poétiques  que fictionnels, d’essais, de textes illustrés 
et pour le théâtre.  Citons son essai Manifestation de notre désintérêt qui place encore et toujours son travail au cœur de l’humain, la Désincarnation paru chez Gallimard (recueil d’articles publiés dans l’Humanité) 
ou encore la Vie poétique dont le troisième volet Un peu la guerre vient de paraître chez Grasset.

(1) Les Champs d’honneur, Éditions du Minuit, Poche. 
188 pages, 6 euros.

(2) Manifestation de notre désintérêt, Éditions Flammarion Climats. 58 pages, 6 euros.

Lire aussi :

Entretien réalisé par Pierre Chaillan

 

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Démocratie populaire et « démocratie » de parti politique

Posté par jacques LAUPIES le 22 janvier 2014

Rien de plus galvaudé et interprété que le mot « démocratie »

Généralement les plus critiques sur le non respect de la démocratie sont souvent ceux qui, minoritaires dans l’expression de leur point de vue, subissent un vote qui ne leur est pas favorable.

Et d’y aller dans la vindicte parfois contre d’autres qui se targuent d’avoir la majorité et qui se voient sans vergogne taxés de comportement dictatorial. Peine perdue pour convaincre le lambda qui fait les comptes des voix pour, et des voix contre, sans souvent se poser la question des règles électives et des lieux et circonstances dans lesquelles elles s’exercent.

Quand on parle de démocratie il faut sans doute revenir à la définition du mot qui comme chacun le sait est le gouvernement où le peuple exerce sa souveraineté. Et si l’on s’en tient à cette définition le peuple à quelque niveau qu’il ait à désigner un gouvernement, dans une ville, un département, une région ou la nation doit avoir la garantie d’être représenté.

Il est bien évident que des conseils municipaux au parlement  de la république nous n’en sommes pas là et que le respect de la démocratie dans notre pays est un leurre. D’avance c’est impossible avec nos institutions. Eh oui !

Certains dirons, gaullistes en tête, mais bien avant  De Gaulle ils sont nombreux à tenir ce raisonnement : il faut une majorité pour gouverner et les scrutins à deux tours offrent cette garantie en favorisant les grands partis (enfin ceux qui obtiennent le plus de voix à défaut d’être historiquement prestigieux) Ils ajouteront que cela évitera les magouilles politiques et les arrangements en toutes sortes de partis minoritaires pour accéder au pouvoir et que cela permet l’efficacité gouvernementale

Ce n’est pas faux et donc il y a voir aussi avec fonctionnement des partis si l’on veut mettre à bas cette argumentation. Aux partis dignes de ce nom, car l’on ne peut-on interdire à n’importe quel freluquet de constituer un parti (avec de l’argent et un peu d’intelligence cela se peut sans doute) aux partis donc de prouver que la démocratie n’est pas une duperie ?

Alors comment obtenir une élection à la proportionnelle car c’est bien le seul système ou chaque groupe de citoyens peut obtenir voix au chapitre comme l’on dit ? La question vaut d’être posée et cela ne peut se faire sans un fonctionnement démocratique des partis eux mêmes et là : problème ! D’autant que les partis politiques, lieu de réflexion et d’élaboration de la politique, à moins de devenir des passoires ou soumis aux influences extérieures et médiatiques (cas des primaires organisées par le PS), sont des regroupements d’une infime partie de la population.

Cela passe donc nécessairement par la vie démocratique interne. De ce point de vue leurs statuts devraient-être rigoureux et chaque parti, dans ses congrès, devrait les adapter à ce besoin. Il doit pouvoir recruter sans distinction dans tous les milieux, en étant particulièrement à attentif à ceux ou se manifestent des forces susceptibles de  dynamiser son action.

C’est ainsi que les partis se réclamant du socialisme ne peuvent ignorer l’importance qu’il y a à recruter dans la classe ouvrière, laquelle comme on dit n’a rien à perdre. Mais cette vision ne peut suffire car pour s’émanciper la classe ouvrière a besoin du savoir et de la compétence des intellectuels, de la pratique d’autres couches intermédiaires.

A l’inverse les partis se réclamant du libéralisme économique s’appuieront sur des couches qui vivent de l’exploitation du travail, de la propriété de la terre et des moyens de production qui naturellement va motiver  leur démarche. Leur position minoritaire (en effectifs) les conduira à dévoyer les différentes catégories de salariés et pour ce qui est des intellectuels il est bien évident que nombre d’entre sont sensibles au bénéfice qu’ils peuvent retirer d’aller vers eux plutôt que la ou leur savoir devrait les conduire.

Autre élément : un parti doit bien fixer des règles précises d’admission. Il peut choisir ses élus au niveau de chaque instance en soumettant son choix, ou non, aux instances supérieures, si celles ont à se prononcer ou à donner un avis.

Le danger, trop d’exemples le prouvent est que précisément des règles démocratiques internes n’étant pas adaptées ou appliquées les phénomènes d’entrisme sous l’effet d’influences intérieures ou extérieures se développent. Point n’est besoin de donner des exemples à peu près tous les partis peuvent connaitre ça ! Chacun sait que nombre de Ministres, de Maires, de députés et sénateurs ne « sortent » pas du terroir qui leur à valu leur désignation ou élection.

On voit bien les dégâts que peuvent représenter de déterminant les règles statutaires aux différents échelons de responsabilité.

La démocratie qu’élabore un parti n’est pas la démocratie que fixe une constitution. Il s’agit de garantir la représentation sur la base des buts et objectifs que se donne le parti à partir de ses décisions de congrès et des instances qui ont à charge de les appliquer. De plus on peut se poser la question de faire figurer la référence à des théories politiques, économiques et sociales. Du genre référence à des courants idéologiques, des penseurs, des hommes politiques représentatifs de telle ou telle théorie, de telle ou telle action marquant l’histoire d’un pays ou même de plusieurs.

Un nouvel adhérent en principe les accepte et doit les respecter mais il doit pouvoir, au même titre que tous les autres adhérents, entrer dans le débat et s’il le juge utile, s’il en à la conviction, défendre ses positions dans le respect, à l’intérieur et à l’extérieur, de la démocratie de l’instance qui l’a accueilli.

On le voit un parti doit se garder d’être « une auberge espagnole » ! S’il veut éviter les dégâts d’une telle pratique tout va dépendre de la tolérance, de la perspicacité des adhérents et des dirigeants au niveau de l’instances concernée qui selon nous doit être celle du lieu de résidence, de l’entreprise ou de l’entité dotée d’une organisation du parti en question.

C’est d’ailleurs ce qui rend souvent compliqué les « parachutages » ou autres méthodes de pression sur la base.

Notre vision de cette question, largement partagés par nombre de communiste pour ce qui concerne ce parti, peut paraitre en un temps où l’engagement politique se raréfie (pas seulement pour les communistes) excessivement restrictive. Mais rien n’est plus nocif que de transformer un débat politique sur une orientation adoptée en un débat dont on sait qu’il va porter sur des positions divergentes qu’un certain nombre de faits précis viennent étayer.

Mais précisément en vertu de quoi une demande d’adhésion échapperait elle à la démocratie interne ? Rejetée ou pas elle doit faire l’objet d’un débat interne et d’un décision prise démocratiquement.

Si cette rigueur existait dans certains partis au lieu d’une sorte de racolage  systématique, ou de « nominations » de circonstance, les partis et les électeurs de ces partis seraient mieux respectés.

L’article qui suit ne traite pas exactement du même sujet puisqu’il concerne la réduction de la représentativité populaire ou va conduire la réforme envisagée par le gouvernement socialiste, si elle est adoptée. Là il s’agit de démocratie populaire extrêmement mise en cause car, au prétexte d’économie, on réduit la représentation populaire.

En ce qui concerne les partis il s’agit du fonctionnement respectueux de la volonté majoritaire des adhérents. Ce n’est pas tout à fait la même chose !

Le terme de démocratie comme bien d’autres en politique notamment n’échappe pas aux subtilités de la sémantique (étude du langage et des signes linguistique (mots, expressions, phrases) du point de vue du sens pour les profanes de cette « science ».)

 

Réunion du collectif Front de Gauche

Réunion du collectif Front de Gauche de Tarascon : ce rassemblement de partis (dont l’un des principaux initiateurs a été le PCF) est nécessairement confronté à un exercice de démocratie original qu’il n’a d’évidence pas encore mis au point. Ce qui ne l’empêche de constituer un pôle de rassemblement d’avenir.

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1129888-militant-au-parti-de-gauche-pourquoi-j-envisage-de-rejoindre-le-pcf.html

La réflexion de ce militant du PG (lien ci dessus) est intéressante et vaut d’être connue. Sans esprit de récupération elle m’intéresse parce qu’est suggérée une vision de ce que doit-être le Front de Gauche. Mais tel n’était pas le sujet du jour donc je reviendrais sur cette question.

 « Pas de modification de la démocratie sans démocratie » (Pierre Dharréville – PCF)

 

Le Président de la République, dans le flot de son discours libéral a de nouveau annoncé un coup d’accélérateur de la destruction de la démocratie locale avec pour objectif la réduction de la dépense publique. Suppression d’un tiers des régions et « digestion » des départements par les métropoles sont désormais évoquées comme de grands progrès par les dirigeants du conseil de simplification et du gouvernement.

En Grèce, au plus fort de la crise, c’est à une réduction drastique de la démocratie que nous avons assisté sous l’impulsion de la troïka, par le biais du programme Kallikratis (réduction du nombre de mairies de 2/3, passage de 57 départements à 13 régions et compression des budgets des autorités locales…).

Pour les marchés financiers, la démocratie locale est un obstacle, une perte de temps, une dépense inutile. Les services publics locaux assurant la réponse aux besoins quotidiens et la solidarité, eux, sont devenus une cible pour contenter les appétits du MEDEF. La décentralisation est désormais aux oubliettes avec la démocratie locale, tandis que l’Etat se réorganise autour de grands duchés.

Nos institutions sont en train de connaître des évolutions radicales que les citoyennes et citoyens se voient imposer. Ces évolutions éloignent les élus des citoyens, orientent les choix politiques autour des désirs des marchés, réduisent les espaces d’intervention démocratique.

Il ne doit pas y avoir de modification de la démocratie sans démocratie et toute décision doit être prise par les citoyennes et citoyens concernés eux-mêmes. Nous appelons les citoyens et leurs élus à s’élever contre ces atteintes à la démocratie et à la souveraineté populaire.

Pierre Dharréville, Responsable de la commission « République, Démocratie et Institutions » au PCF,

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