Revisiter notre action syndicale et politique

Posté par jacques LAUPIES le 30 juin 2014

 

Bien que je ne sois pas un inconditionnel des actions, méthodes et visions de certaines organisations se réclamant de la CGT, je reste convaincu que cette organisation syndicale demeure dans sa globalité un rempart conséquent dans la lutte pour l’émancipation des travailleurs salariés. Ce qui, soit dit en passant, n’est en rien contraire à celui de couches moyennes non salariées.

Dans une organisation syndicale ce qui importe le plus, ce sont les hommes et les femmes qui la constituent et la conduisent et chacun sait, qu’ici ou là, ceux-ci peuvent avoir une conception différente sur le plan philosophique, politique qui évidemment les interpelle chacun dans leurs méthodes d’action.

La CGT n’y échappe pas et s’y confrontent des concepts de lutte différents qui vont de la collaboration de classe teintée d’une approche social démocrate aux oppositions les plus dogmatiques souvent d’origine anarchisante.

Depuis la scission politique ouvrière de 1920 qui a frappé la SFIO et donné naissance au Parti Communiste ce dernier, avec ses militants engagés syndicalement, a marqué cette organisation notamment en développant la radicalité qu’impose la lutte des classes en prenant en compte un rapport des forces qu’il faut sans cesse faire évoluer. Et cela sans exclure la nécessité du compromis !

On ne peut probablement comprendre le Front populaire sans cela mais la fermeté de la CGT dans les luttes sociales n’est pas née en 1920. Depuis la fin du 19ème siècle, en liaison sans doute avec les évolutions politiques du monde ouvrier, notamment à partir de la commune, s’affrontent au sein de cette organisation les concepts réformistes et révolutionnaires, voire anarchisants.

Bien que sous une autre forme ils existent encore, dans les conscients, si j’osais je dirai aussi dans les inconscients, pour être gentil avec certains.

Comme les consciences se fondent sur la réalité ou en tous cas sont nécessairement rappelées à elle il n’y a pas trop à s’inquiéter de voir disparaître un courant qui prenne appui sur l’analyse marxiste. Car le marxisme est avant tout la prise en compte du réel et son analyse avec une méthode qui a fait ses preuves. Ce la n’a rien à voir avec une prise en compte globale idéologique enfermée dans le dogme.

Il n’empêche que la période de forte influence du Parti Communiste, fondée sur la pensée marxiste, a probablement conduit la CGT aux plus belles victoires sociales de ce pays d’autant qu’elle disposait d’un « relais » politique au parlement et parfois même au gouvernement (la présence des ministres communistes l’a bien démontré)

Il faudrait ne pas oublier cette complémentarité qui ne consistait pas seulement à faire, comme le disaient certains, de la CGT la courroie de transmission du PCF, mais l’inverse qui faisait du PCF, la courroie de transmission de la CGT.

Le lien dialectique entre action syndicale et politique n’a jamais si bien fonctionné entre action sociale et action politique qui s’alimentaient l’une et l’autre.

Deux générations ont vécu cette sorte d’osmose imparfaite mais bien réelle :

-  pour l’une les périodes les plus difficiles (lutte contre le fascisme intérieur incarné par Pétain et extérieur par Hitler) avec des imperfections sans doute mais la perfection ne peut exister dans les combats de classe,

-  pour l’autre, la génération à laquelle j’appartiens, qui a pu assimiler la victoire de ses prédécesseurs, en bénéficier également, mais qui s’est vite trouvé dans une grande faiblesse provoquée par la renaissance d’une bourgeoisie pressée d’effacer l’héritage désastreux de ses traitrises ou inconséquences et du coup des acquis sociaux populaires qu’elle avait du concéder.

Notre démarche serait incomplète et n’expliquerait pas la faillite (je pèse mes mots) d’une troisième génération  qui ne s’est pas livrée à  un dépoussiérage nécessaire dans la pensée et  les outils du combat de classe mais les a trop souvent littéralement oubliés, abandonnés, parfois même sacrifiés. La chute du mur de Berlin et la « compromission » politique de 1981 n’expliquant pas tout.

Certes cette troisième génération n’est pas seule coupable puisque prise dans les processus sociaux qui conduisent à l’oubli et qui ne sont d’ailleurs pas que traduction d’une perte de bataille idéologique mais ont à voir avec des phénomènes  psychologiques et peut-être même biologiques dans la construction intellectuelle et morale de chacun de nous.

Il en résulte des mises en cause qui, d’une génération à l’autre conduisent à une sorte de négation absolue du passé que les efforts de mémoire ne peuvent réhabiliter, ni même expliquer. Et lorsqu’il s’agit d’un passé porteur de lumière, l’ombre va le couvrir presque impitoyablement.

Sinon comment expliquer, pour être concret, que le réformisme s’installe dans le monde syndical et le nationalisme en politique. A mon sens les conditions matérielles de vie dégradées qui jouent un rôle essentiel n’expliquent pas ces retours en arrière.

Mais la facture n’en sera pas moins douloureuse d’où la nécessité de mettre au premier plan un peu de théorisation pour sauver la quatrième génération qui n’est pas insensible à ces deux défauts qui minent le processus de désaliénation du travail. Mais que sait-elle de tout cela cette génération qui voit ce double piège piloté par le réformisme politique d’un côté et le populisme de l’autre. 

Il n’est jamais trop tard pour bien faire, chers camarades…Nous somme un peu seuls, raison de plus de trouver des alliances, mais pas à n’importe quel prix !

 

 

 

 

Pourquoi ils veulent la peau de la CGT

CYPRIEN BOGANDA ET PIERRE-HENRI LAB
Vendredi, 27 Juin, 2014

 

Revisiter notre action syndicale et politique dans POLITIQUE
Dans l’Humanité Dimanche. La grève à la SNCF a donné lieu à un déchaînement de propagande contre la CGT, mené par le gouvernement, la droite, le patronat, et relayé par la presse. Pour les partisans des politiques d’austérité, qui craignent un mouvement social d’ampleur, la centrale de Montreuil, qui refuse de se soumettre, reste l’ennemie à abattre. Pas gagné, d’autant que l’unité syndicale justifie toujours davantage la stratégie du premier syndicat hexagonal.

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L’histoire à courte vue

Posté par jacques LAUPIES le 29 juin 2014

 

Nombreux sont ceux, enseignants compris, qui expliquent l’histoire à partir de faits   :  attentats d’illuminés révolutionnaires ou pas, paroles ou actes violents de chefs d’états convertis en dictateurs, ou simplement de diplomates maladroits. Peu importe, il s’agit toujours d’actes cachant la forêt de conflits à caractère économique et social, politiques, que seules les contradictions de classe expliquent vraiment.

Il est évident que c’est un peu court de partir de la seule personnalité de Bonaparte à Arcole pour expliquer les bouleversements créés par les guerres napoléoniennes et leur liens avec les aspects de classe de la révolution française, de la baffe du Bey d’Alger pour expliquer la guerre coloniale d’Algérie, de l’autre Napoléon, pas si  petit que ça, pour expliquer le désastre de la guerre de 70, de l’assassinat de Jaurès pour permettre que se déroule le partage du monde à coup de canons sur le sol de notre France, de l’assassinat  de l’archiduc en tournée dans des pays en rébellion nationaliste (profitant des incompétences d’une social démocratie toujours en panne et de révolutionnaires anarchistes probablement manipulés) pour expliquer la première guerre mondiale.

Et nos historiens de pacotille qui veulent régaler nos enfants avec pareilles simplifications, font des adultes qui n’ont que la télévision et ses amuseurs pour comprendre l’histoire, même s’il y a de quoi découvrir pour peu que l’on sélectionne le bon grain de l’ivraie. Pas étonnant qu’au grand régal du FN on confonde Hitler et Staline, puisque des intellectuels fonctionnaires de l’éducation nationale peuvent raconter n’importe quoi à ce sujet. et font souvent l’amalgame.

Je regardais cet après midi, sur LCP, un documentaire sur la décolonisation en Nouvelle Calédonie. Bien entendu j’y ai trouvé des rappels historiques fort intéressants et utiles à connaître et que l’on ne peut sous estimer pour comprendre ce qui se passe  dans ce pays, sauf que les incidences économiques et sociales sur les choix politiques de demain ont a peine été évoqués.

Peu après un autre documentaire nous parle du Brésil. Je pense que les reportages ont le mérite de projeter les contrastes existants dans une société donnée mais évidemment tout dépend comment les téléspectateurs  vont les recevoir si tout jeune on leur a présenté l’histoire comme résultant de la volonté d’un seul homme détachée des forces sociales qui l’ont soutenu.

Car le résultat d’une politique que l’on peut qualifier de social démocrate de gauche qu’a incarné  Lula et qu’incarne la présidente actuelle, ne peut  se comprendre sans mesurer l’état des différentes couches de la population. D’évidence en apparaissent les limites même si le ton du documentaire est parfois favorable au gouvernement brésilien actuel.

Les réalités sont incontournables comme le démontre la partie du reportage consacrée au Nordeste.

Mais dans la plupart des cas les solutions sur les situations mondiales actuelles comme sur les faits historiques passés, et explications prenant appui sur la méthode et l’analyse marxiste, sur toutes les questions, est soigneusement évitée.

L’histoire à courte vue fait bien des ravage !

Et elle nous est imposée par toute une bande de pseudos idéologues dont il est facile de déceler qu’ils sont véritablement payés ou instrumentalisés pour cela.

 

 

 

 

Il y a cent ans, François-Ferdinand était assassiné à Sarajevo

Histoire
Jean-Numa Ducange, maître de conférences en histoire contemporaine (Normandie université GRHIS-Rouen).
Vendredi, 27 Juin, 2014
L'histoire à courte vue dans POLITIQUE
Le 28 juin 1914, l’archiduc d’Autriche et prince héritier de l’Empire austro-hongrois tombe sous les balles d’un étudiant révolutionnaire serbe. Un acte présenté comme l’étincelle ayant provoqué la Première Guerre mondiale. En tout cas, le détonateur d’une situation bien établie.

Il est fréquent de lire que le vingtième siècle commence et se termine à Sarajevo. Le démantèlement de la Yougoslavie et la tragédie bosniaque au début des années 1990 feraient écho à juin 1914 et l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand, une des « grandes » dates retenues classiquement, « l’étincelle » qui allait mener à la grande conflagration mondiale.

De nombreuses commémorations, d’orientations diverses, sont organisées tout au long du mois de juin dans la capitale bosniaque pour revenir sur cet événement capital. Que l’on se garde néanmoins de toute lecture rétrospective : ce sont deux contextes bien différents qui expliquent comment à chaque fois des événements ont mené à des conflits militaires et, surtout, les responsabilités des grandes puissances ne doivent pas être occultées au profit d’une banalisation de la « balkanisation » (terme dont on connaît bien le sens en français !).

En 1908, l’Empire austro-hongrois avait annexé la Bosnie-Herzégovine, soutenu par l’Allemagne. Les guerres balkaniques en 1912-1913 permettent un affaiblissement considérable de la domination ottomane, tandis que la Serbie s’impose comme une puissance régionale de première importance. Nouveaux faits qui vont, selon certains historiens, entraîner une série de conflits et rivalités entre la Serbie et l’Autriche-Hongrie menant à la guerre, et l’assassinat de l’archiduc ne fut, dans ce cadre, qu’un détonateur d’une situation déjà bien établie. À l’inverse, d’autres ont souligné la prégnance de la diplomatie et les efforts de paix entre 1912 et 1914 qui auraient pu empêcher la guerre, l’emballement des nationalismes après la crise de Sarajevo ayant court-circuité ces tentatives pacifistes et accélérer un processus dont nul ne sait ce qu’il aurait donné quelques mois, voire quelques années plus tard…

Dans tous les cas, il n’est pas raisonnable de réécrire l’histoire en expliquant ce qu’il se serait passé si l’archiduc n’avait pas été assassiné. Ce qu’il est nécessaire de souligner, c’est que, jusqu’au bout, ont existé des tentatives et projets pour contrecarrer les nationalismes.

Un an avant l’assassinat de l’archiduc, Jaurès avait prévenu, dans l’Humanité, dans un article intitulé « Sinistres Leçons » (12 juin 1913) : « Si chauvins de France et chauvins d’Allemagne réussissaient à jeter les deux nations l’une contre l’autre, la guerre s’accompagnerait partout de violences sauvages qui souilleraient pour des générations le regard et la mémoire des hommes. Elle remuerait tous les bas-fonds de l’âme humaine, et une vase sanglante monterait dans les cœurs et dans les yeux. » Jaurès n’oublie pas à ce moment-là qu’il ne s’agit pas de défendre la « France » contre « l’Allemagne », mais bien d’écarter les forces bellicistes qui pourraient déclencher la guerre.

Les articles publiés dans l’Humanité qui séparent l’assassinat de l’archiduc de celui de Jaurès peuvent donner lieu, là aussi, à des lectures contradictoires : tantôt Jaurès paraît envisager le ralliement à la défense nationale, tantôt il ne peut admettre qu’il s’agisse de la seule issue possible. Dans le socialisme international, depuis la parution du Capital financier de Rudolf Hilferding (1910), les débats sur la nature de l’impérialisme et ses mutations récentes font rage : la gauche du mouvement socialiste pense que le capitalisme et ses développements les plus contemporains mèneront fatalement à la guerre et condamnent les « gesticulations » diplomatiques et ceux qui les soutiennent. D’autres développent des projets politiques visant à résoudre la brûlante question nationale qui agite les Empires centraux, tout particulièrement donc au cours des conflits de 1912-1913, et avancent l’idée d’un État fédératif et multinational qui ne soit pas dominé par un peuple.

Entre 1910 et 1912, plusieurs conférences furent organisées par des socialistes originaires des Balkans, notamment à Belgrade, dans l’optique d’élaborer un projet de fédération. Un an après le déclenchement de la guerre, en 1915, une autre conférence sera convoquée à Bucarest proposant une « République fédérative des Balkans » qui tienne compte des spécificités nationales. Mais cette conférence se tient déjà dans un tout autre contexte, même si la Bulgarie, la Roumanie et la Grèce ne sont pas encore entrées en guerre…

Puisse cet anniversaire du 28 juin 1914 permettre, plutôt que de déplorer l’engrenage fatal des nationalismes, de réfléchir et de réexaminer aujourd’hui les projets débattus à l’époque par les différents courants socialistes et sociaux-démocrates dans toute l’Europe, dont certains paraissent – hélas ! – encore d’une grande modernité : quelles solutions politiques pour éviter l’émiettement et la multiplication de petits États rivaux, proies toutes désignées des grandes puissances environnantes ou même lointaines ?

Un événement pacifique à sarajevo

Du 6 au 8 juin derniers, un grand événement pacifique  était organisé à Sarajevo avec le soutien de la Fondation Rosa-Luxemburg (proche de Die Linke). Parmi les ateliers organisés, l’un d’entre eux – coorganisé par le réseau Transform ! – était consacré à la gauche  en Europe à la veille de la Première Guerre mondiale.  Des intervenants de tous les pays sont revenus sur le sujet : Jean-Numa Ducange (Rouen), Derek Weber  (Vienne), Holger Politt (Berlin), Ankica Cakardić (Zagreb), Krunoslav Stojaković (Fondation R.-Luxemburg), Husnija Kamberović (Institut d’histoire, Sarajevo),  Andreja Zivković (sociologue, Londres), Miloš Bakovic-Jadzić (Belgrade), Olga Manojlović-Pintar (historienne contemporaine, Belgrade)…

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Plus rien ne m’étonne

Posté par jacques LAUPIES le 28 juin 2014

 

Si j’en crois l’article ci-dessous la CIA a un réel talent (et les moyens) de dégoter des chefs d’état à sa botte.

Mais à vrai dire dans mes délires et ma paranoïa habituelle puis-je imaginer  que certains de nos anciens ministres ou premiers ministres, ex talentueux gauchistes ou trotskystes ont emprunté la même filière. pour être hissé là où on passe plus de temps à protéger le capital qu’à le combattre.

D’autant me direz vous en France on n’a pas besoin de ça, des organisations occultes peuvent très bien s’en charger. N’a-t-on pas parlé de la franc-maçonnerie plutôt taxée de républicanisme de gauche, ou de ces officines tripotant dans les finances romaines avec l’opus dei, pour la droite ?

Il est vrai que le modernisme et la « rationalité » des méthodes de la CIA ou de ces services secrets nationaux finalement semblent tout à fait crédibles, au plus haut niveau, mais  certainement aussi dans la bagatelle locale !  Comme l’a rappelé Polanski dans l’un de ses derniers films, un polar, on ne reculerait devant rien, lorsque une indiscrétion menace.

Sont ils à ce point dangereux, qu’il faille s’attendre au pire dans le choix des édiles, même lorsqu’ils sont soumis à la démocratie électorale. Pour le croire il faudrait que la justice soit neutralisée. Voyons cela irait un peu loin et ne peut en aucun cas être aussi efficace que les manipulations médiatiques qui tentent de nous endormir.

On pourrait tout au plus supposer qu’il y ait complémentarité mais, si c’était le cas ce serait horrible. On devrait vivre dans la suspicion, l’espionnage permanent du voisin ou de l’ami issu de quelque loge ou secte ou police parallèle d’employeurs de gorilles attitrés. A-t-on déjà vu cela je vous le demande ! Ah oui vous pensez que…

Diable je ne veux pas le croire… Qu’un trotskyste puisse devenir premier ministre, qu’un Franc Maçon puisse  devenir Président de la République, qu’une personnalité de réputation mondiale puisse être victime d’un complot dans une affaire de cul, qu’un Président du Parlement Européen  ait fricoté avec des copains de Mao. Vous exagérez ?

Qu’il soit énarque à la rigueur…je peux le comprendre ! Même si c’est déjà bien grave !

 

 

 

 

 

 

Plus rien ne m'étonne dans POLITIQUE
Vendredi, 27 Juin, 2014 – 17:31

Commission européenne : Barroso et Juncker, anciens maoïste et trotskiste repérés par la CIA

Barroso, ancien Premier ministre portugais, flamboyant soutien de Bush père lors de la première guerre en Irak, avait commencé son activité politique à l’âge de 18 ans dans un groupe maoïste après la révolution des œillets. Il était devenu leader du Parti du Prolétariat (MRPP) : « J’ai choisi les prochinois  parce qu’ils étaient les plus anti-communistes », soulignait-t-il.

Au mois de novembre 1975, une coalition hétéroclite allant des socialistes à l’extrême droite chassait les militaires de gauche au pouvoir et le MRPP de Barroso lui apportait son soutien. « Je me réveillais d’un rêve ou d’un cauchemar, je revenais dans mon cercle naturel, celui de la petite bourgeoisie », disait-il.

La vérité sur ce personnage mérite quelques précisions. L’ambassadeur des États-Unis au Portugal à l’époque, Franck Carlucci, dépêché par Washington pour ramener le Portugal dans le droit chemin, n’est pas étranger à la reconversion de Barroso. Agent de top niveau de la CIA, Carlucci manipulait et finançait le MRPP. Il découvrait dans le jeune José Manuel un talent d’avenir. Sur les conseils de son nouveau protecteur, Barroso adhérait au Parti social-démocrate (PSD) et gravissait tous les échelons de la hiérarchie. Jusqu’au poste de Premier ministre. L’Union européenne peut donc se satisfaire d’avoir eu à sa tête jusqu’à aujourd’hui  un candidat choisi, formaté et propulsé par la CIA.

En est-il de même concernant Jean-Claude Juncker ? L‘ancien Premier ministre inamovible luxembourgeois de 1995 à 2013, protecteur acharné du statut de paradis fiscal de son pays, a été obligé de démissionner de ses mandats à la suite d’une rocambolesque affaire d’espionnage. La plupart des témoins ont soudainement perdu la parole alors que des fuites laissent entendre que les services spéciaux des Etats-Unis, parmi lesquels la célèbre NSA, entretenaient et entretiennent toujours des liens discrets avec Jean-Claude Juncker qui a indiqué lui même avoir « flirté » avec la IV internationale et le mouvement trotskiste ».

Il y a des rapprochements révélateurs. Barroso et Juncker ont tous les deux été membres d’organisations dites « d’extrême gauche » avec des lien directs ou indirects avec la CIA et les services spéciaux des Etats-Unis.

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Ca manifeste…

Posté par jacques LAUPIES le 27 juin 2014

 

 

 

Manifestation unitaire du 26 juin: le pays mobilisé contre le pacte de Valls

journée de mobilisation nationale
Jeudi, 26 Juin, 2014
Ca manifeste... dans POLITIQUE
Sous l’impulsion de la CGT et FO, 117 manifestations, défilés et rassemblements ont eu lieu aujourd’hui, à travers le pays, pour contester la politique du gouvernement Valls. Cheminots de Paris, intermittents de Marseille, fonctionnaires du Nord…Les milliers de manifestants ont piétiné le pacte de responsabilité de Valls, en revendiquant des « exigences sociales ».

« On lâche rien !», scandaient les manifestants, descendus jeudi dans la rue, à l’appel de la CGT, FO et Solidaires dans quelques villes, pour dénoncer le pacte de responsabilité du Premier Ministre dont les « réformes désastreuse sont ressenties comme injuste par les salariés »  et faire entendre leurs « exigences sociales » à douze jours de la conférence sociale pour l’emploi, présidée par le gouvernement.  »La CGT appelle à donner de la voix à l’approche de la conférence sociale », a affirmé à l’AFP Pascal Joly, numéro un de la CGT d’Ile-de-France, au départ du défilé parisien place de la Bastille. Dans le prolongement de la précédente journée d’action du 18 mars contre le pacte de responsabilité qui avait réuni plus 240 000 manifestants dans 140 villes, les organisations syndicales CGT et FO ont prôné « la convergence des luttes » pour faire fléchir le gouvernement. Un gouvernement qui semble sourds aux revendications des manifestants, puisqu’il vient de donner son feu vert à la nouvelle convention d’assurance chômage, hautement contestée par la CGT spectacle et les intermittents du spectacle depuis trois semaines.

Tour de France des manifestations
À Marseille, la CGT a compté 15 000 manifestants parmi lesquels un important cortège d’intermittents, mobilisés entre le Vieux Port et la préfecture, pour finir devant les locaux du Medef, cible de leur colère. Solidaires et plusieurs partis de gauche (Lutte ouvrière, NPA, FG) avaient également appelé à cette action. Du côté de Nantes, 400 personnes ont manifesté dans la matinée, et 200 à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). Quant à Brest, ils étaient une petite centaine de militants rassemblés devant la sous-préfecture.

À Paris, le cortège, avec en tête notamment le numéro un de la CGT spectacle Denis Gravouil, est parti en début d’après midi de la Bastille, direction la place de la Nation. Ils étaient plus d’un millier à être « venu porter cette colère, cette révolte, mais aussi des propositions. Il faut arrêter de faire des cadeaux aux grands patrons et arrêter cette politique douloureuse pour les salariés et inefficace sur le plan économique et social », a expliqué le Cégétiste Pascal Joly. De son côté, Gabriel Gaudy, numéro un de FO d’Ile-de-France, a dénoncé ce « pacte d’austérité » et redit son opposition à la participation de son syndicat à la conférence sociale, dont le pacte sera le sujet phare.

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Manifester aujourd’hui…

Posté par jacques LAUPIES le 26 juin 2014

 

 

 

Thierry Lepaon face à nos lecteurs

Austérité, luttes, syndicalisme…
Mercredi, 25 Juin, 2014
Manifester aujourd'hui... dans POLITIQUE
Le secrétaire général de la CGT répond à huit lecteurs de l’Humanité, engagés dans des luttes sociales, en tant que syndicalistes, militants associatifs.

A la veille d’une journée d’action interprofessionnelle qui verra la CGT « aller à la rencontre des salariés sur tout le territoire », avec 117 manifestations et rassemblements, et alors que, depuis quelques semaines, les mouvements sociaux connaissent un net regain, l’Humanité a choisi de donner la parole au numéro un du syndicat sous une forme inhabituelle. Reçus au siège de la confédération, à Montreuil, huit lecteurs du journal, tous engagés dans des batailles sociales, ont été invités à interroger Thierry Lepaon. Une heure trente durant, les sujets chauds du moment ont été abordés, de la grève des cheminots à la bataille des intermittents du spectacle en passant par le dossier Alstom.

BÉRENGER CERNON : Notre grève à la SNCF était une lutte d’intérêt général, puisqu’il s’agit de sauver le dernier grand service public. Pourquoi la journée d’action interprofessionnelle ne s’est-elle pas faite plus tôt ?

THIERRY LEPAON : Nombreux sont ceux qui ont découvert les enjeux de la réforme ferroviaire au moment de la grève. Or cela fait pratiquement deux ans que les cheminots se mobilisent contre l’ouverture à la concurrence, en demandant des concertations, en construisant avec les autres syndicats une plate-forme commune, en organisant des assises du ferroviaire et une manifestation qui a rassemblé plus de 22 000 cheminots à Paris.

Lire la suite de la table ronde dans l’Humanité

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Aimez-vous les banques privées ?

Posté par jacques LAUPIES le 25 juin 2014

Comprendre une société et son fonctionnement économique, pour le profane en ce domaine, devrait conduire à examiner ce qui préside à son développement et, partant, se poser la question de savoir ce qui est le plus naturellement à l’origine de ce développement

Ma naîveté me conduit à considérer que ce sont simplement, comme pour toute espèce, nos besoins de survie : manger, se vêtir, s’abriter, se distraire et évidemment répondre du mieux que l’on peut à un besoin sexuel qui assure la procréation, basée sur l’attrait d’un plaisir qui s’en détache, et la garantit cependant.

Cet ensemble de besoins ne pouvant être satisfaits sans une activité qui, au fil des temps, a pris la forme du travail élaboré, producteur de biens, dont nous sommes dépossédés pour une grande part du fait même de l’aliénation de ce travail.

Ce qui permet, à ceux qui s’en approprient la valeur monétaire, d’exercer une dictature terriblement destructrice et mutilante pour nos « âmes et nos corps », au point que nous sommes les instruments souvent inconscients de cette oppression.

Ce mal séculaire qui n’a cessé de réveiller une agressivité primitive et naturelle pour survivre, persiste et le constat que nous faisons de ses ravages n’aboutit pour l’instant à aucune remise en cause réelle. Enfin presque…

Plus grave encore, si jose dire, on amuse la galerie avec les spoliations dont nous sommes victimes. Accompagnant les spéculations, les liquidations, les achats et ventes d’entreprise, les banques pillent systématiquement les états mais aussi les citoyens dans leur activité professionnelle comme dans leur vie de consommateurs.

Quelle tristesse de voir que cela n’ébranle pas l’épargnant, et que le petit employé de la banque du coin qui a la prétention de se dire coopérative ou mutualiste, s’évertue à vous convaincre de quelque placement bidon  qui ne vous rapportera tous comptes faits, rien du tout.

Je les renverrai au « C dans l’air » de ce jour qui nous montre la niaiserie généralisée de quelques uns (un militant CFDT d’Alstom entre autre) et de spécialistes de l’économie qui, une fois n’est pas coutume, ridiculisent un Président et son Ministre en indiquant que, grosso modo, la prise de parts par l’état dans Alstom est une foutaise. Ce qui en l’espèce est probablement vrai !

Bref les banques ne font qu’accompagner ces opérations. Privatisées elles sont des instruments au service du capital qui use et abuse  de leur puissance d’intervention dans l’économie, met sous tutelle les états et toutes les collecivités publiques.

Ne pas les mettre , elles, sous tutelle publique est finalement criminel !

PS – A la lecture du dossier paru dans l’Humanité de ce jour et qui révèle  des négociations secrètes, entre une vingtaine d’états les plus puissants qui représentent 70  % du commerce mondial, où est envisagée une généralisation de la privatisation des services publics, on mesure combien il est nécessaire de mettre la main publique sur le secteur bancaire.

 

 

 

 

BNP: vers une amende de 9 milliards et une surveillance judiciaire

Mardi, 24 Juin, 2014
Aimez-vous les banques privées ? dans POLITIQUE
Un accord est en passe de se conclure entre la BNP Paribas et les Etats-Unis. La banque française devrait verser 9 milliards de dollars (6,6 milliards d’euros) et accepter des sanctions supplémentaires ainsi la présence dans les murs de sa filiale américaine d’un magistrat chargé de surveiller ses activités.

Mais pour cela, la justice américaine veut que la banque française plaide coupable, qu’elle reconnaisse avoir contourné les sanctions instaurées par les Etats-Unis contre divers pays, principalement le Soudan, entre 2002 et 2009. Elle aurait également organisé des montages financiers illégaux, elle aurait notamment supprimé des éléments d’identification sur certains virements bancaires de façon à ce qu’ils passent par le système financier américain sans déclencher d’alerte. D’après une source de Reuters, le montant de ces transactions illégales concernant le Soudan, l’Iran et Cuba représenterait plus de 100 milliards de dollars dans les livres de comptes de la BNP.  Deux points sensibles sont également sur le point d’être réglés: les transferts d’argent en dollars de et vers les Etats-Unis pour le compte de clients et le licenciement de banquiers. Le régulateur des services financiers de New York, veut que la BNP se sépare d’une dizaine de banquiers supplémentaires, dont de très hauts dirigeants. Il a déjà obtenu, après des mois de résistance, les départs de George Chodron de Courcel, directeur général délégué et président de la filiale suisse, ainsi que de Dominique Remy, responsable de la banque de financement et d’investissement de la filiale belge BNP Paribas Fortis.

On s’achemine également vers une suspension d’un an de l’activité de la BNP en dollars mais la banque cherche à éviter cette sanction aux conséquences lourdes. En outre, d’après le New York Times, la justice américaine a imposé la présence d’un magistrat chargé de surveiller les activités de la BNP dans son siège américain.

Faute grave contre abus de pouvoir

La BNP devrait reconnaitre sa faute et pour en limiter les conséquences. La banque française jongle avec un stock de produits financiers monstrueux : son portefeuille de produits dérivés représente 24 fois le PIB français. Elle tente de préserver ses gros clients américains comme le fonds spéculatif BlackRock, qui gère 4400 milliards de dollars d’actifs. La banque risque gros et Michel Sapin monte tous les jours au créneau pour la soutenir. Le gouvernement tente d’obtenir l’appui des pays européens. C’est que les États-Unis se sont accordé le droit de surveiller sur les transactions réalisées en dollars dans le monde sous prétexte qu’elles sont compensées chaque jour à New York. Un abus de pouvoir ? Dans le même temps, la justice américaine depuis un an est partie dans une louable croisade pour casser la totale impunité des banques. Deux mastodontes de la finance, JP Morgan et Bank of America, on été très lourdement condamnés pour leur responsabilité dans la crise des subprimes. Le Crédit Suisse a payé le prix fort pour complicité d’évasion fiscale, et a également du accepter la surveillance d’un magistrat dans ses murs. Voir à ce sujet : Condamnations record pour 3 banques aux Etats-Unis, dont la BNP

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2 – Notre action pour demain : rassembler

Posté par jacques LAUPIES le 24 juin 2014

Rassembler est probablement l’un des mots qui revient le plus souvent dans le vocabulaire politique. Et pour cause car il est très rare qu’une seule famille politique dispose de la majorité absolue requise pour gouverner et lorsque cela arrive, elle doit nécessairement se soumettre à des alliances de tendances ou, au delà, c’est le cas en France, à des alliances de circonstance qu’imposent les systèmes électoraux.

Dans l’humanité de ce jour des contributions abordent la question et je dois dire que celle d’Arnaud Spire me parait plus que pertinente et le titre à lui seul « Reconstruire une vraie gauche, sur des bases de classe » définit toute la problématique à laquelle nous sommes confrontés.

Encore que personnellement je m’interroge sur le terme de « vraie gauche » qui bien que rattaché à une réalité politique  très actuelle laisse la porte ouverte à certaines confusions et dont l’usage immodéré n’est pas nécessairement facteur de rassemblement.

Que cette vraie gauche incarnée par le FDG ait un rôle prépondérant, notamment dans les combats électoraux, ne la crédite pas pour autant d’une capacité, je dirai « organisationnelle » et « intellectuelle »  pour répondre à cette tâche qui consiste à réaliser un rassemblement majoritaire dans le pays pour contrer les deux partis de l’alternance (libéraux de l’UMP et de l’UDI d’une part et Sociaux libéraux du PS) et le troisième larron FN (classons le dans un populisme aux racines  diverses dont un certain pétainisme n’est évidemment pas absent mais dont les assises idéologiques qui l’inspirent ne peuvent-être résumées à une démarche fasciste)

Comme chacun peut le faire à titre individuel dans son parti, chaque parti se doit également de le faire sur la base de sa propre réflexion collective. Avoir une réflexion qui, en principe, doit prendre en compte ses décisions de congrès, même si la réalité et les transformations qui l’accompagnent nécessitent une actualisation. 

Le rassemblement à réaliser doit englober tous ceux qui se réclament des valeurs de gauche et ne peut se limiter à des cartels de partis ou d’organismes constitués antérieurement sans qu’il soit tenu compte des évolutions notamment sur le plan électoral et dans les luttes sociales. Mais ne peut-il aller au delà de ces électorats qualifiés de gauche.

De ce point de vue il est clair qu’il y a des exigences auxquelles il faut répondre tant sur les objectifs politiques que sur les stratégies pour les atteindre.

Et comment dans ces conditions ne pas voir que la politique d’austérité met le pouvoir actuel en difficulté, que les mesures prises ou suggérées, d’ordre social (santé et sécurité sociale, logement, salaires, fiscalité, etc.) tout autant que sur le plan économique et industriel (après l’échec de la sidérurgie avec la réforme ferroviaire et Alstom pour ne retenir que les gros dossiers) 

Elles ne peuvent réussir à inverser l’impopularité du tandem Hollande-Valls. Celui-ci est prisonnier d’un processus d’opinion défavorable que les aménagements, parlementaires ou autres, auront bien de la peine à inverser. Et dont bénéficient les collecteurs de mécontentement que sont la droite et ses extrêmes et le phénomène abstentionniste

C’est à parti de ce fait qu’il faut rassembler les français sans qu’il soit nécessaire de leur imposer des tutelles, de les catégoriser dans des appellations du genre, « gauche », « vraie gauche ». Cela ne veut pas dire évidemment qu’il ne faille pas leur proposer un pôle de rassemblement porteur de propositions répondant à leurs aspirations et les notions de de « Front du peuple », voire « Front populaire » peuvent effectivement convenir à ce rassemblement indispensable.

Il est cependant clair, à contrario, que l’effacement derrière ces appellations des initiateurs de ce rassemblement présente le risque de toutes sortes de personnalisations  diluant les idées et conduisant à des amalgames dont l’adversaire et les médias qui le soutiennent font usage, spéculant sur les différences ou les divergences.

On l’a bien vu à propos de toutes les alliances à gauche depuis celle du programme commun PS/PCF/MRG jusqu’au rassemblement du Front de Gauche, en passant par la gauche plurielle. Mais le phénomène à un caractère général et concerne le monde politique dans son ensemble.

Le résultat est que les artisans de l’unité réalisée en viennent à dépendre des positions non partagées avec leurs alliés ce qui ,on l’a constaté, présente de graves inconvénients si ce n’est une réelle entrave dans la perception des responsabilités de chacun.

Des écueils qui en politique surgissent quasi obligatoirement et dont il faut se prémunir sinon absolument  les éliminer pour ne être rayé de la carte.

PS : J’ai écrit ce commentaire avant d’avoir lu l’article qui suit. Il y a quelques mois sinon quelques années je crois avoir évoqué le terme de fédéralisme pour obtenir plus de cohésion dans la démarche unitaire sans pour autant perdre son âme. Le fédéralisme politique de circonstance, utilisé en un temps par Mitterrand, ce qui peut expliquer l’attachement au mot de JL Mélenchon, est une démarche différente de celle que représente le FDG. Il suppose une autre prise en compte du rapport des forces politiques et ne peut se satisfaire d’une égalité de représentation de chaque entité le composant. Il y a les grands et les petits…Cela exige des règles sinon c’est le désordre !

 

Front de Gauche : Une attitude « plus fédératrice » pour une « vraie alternative à gauche »

Les points de vue de Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent dans les médias
Sarah Sudre
Lundi, 23 Juin, 2014
2 - Notre action pour demain : rassembler dans POLITIQUE
Ps en crise, écologistes divisés, la gauche est à la dérive. Le moment clé pour le Front-de-gauche de rebondir, après la débâcle des résultats de la gauche aux municipales et aux européennes, pour une « vraie alternative à gauche », en adoptant une attitude « plus fédératrice » selon Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche. Une convergence des forces de gauche également défendue par Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, au micro de RFI ce matin.

Alstom, cheminots, intermittents, fonctionnaires, retraités, crise au Parti socialiste… Le pays « est en voie de dislocation : politiquement, socialement et moralement », dénonçait Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de gauche et député européen, au micro de France Inter dans « Tous politique », dimanche soir.

Quant à Pierre Laurent, secrétaire national du PCF et sénateur, il déplorait, ce matin au micro de RFI, que le gouvernement ait pris la décision d’investir dans seulement 20% du capital d’Alstom, au lieu de nationaliser totalement le fleuron français.

 

 

 

Revenant sur le devant de la scène politique, après avoir analysé les résultats du Front de gauche aux dernières élections, la tête de liste du Front de gauche aux élections présidentielles de 2012, compte bien corriger « nos erreurs » en annonçant au micro de France Inter, qu’il doit se placer dorénavant dans une « une position plus fédératrice que je ne le fais à présent ». Une volonté approuvée par Pierre Laurent, autre chef de file au Front de Gauche qui souhaite « fédérer la gauche non gouvernementale autour d’un projet ».

Une reconstruction de la gauche, prenant ainsi la forme d’un « impératif », « autour d’un projet commun et non d’une personne », précise le sénateur communiste sur RFI qui souhaite un élargissement du Front. Cet horizon politique, ouvert notamment aux écologistes et   »frondeurs » déçus du socialisme français, était déjà défendu par Jean-Luc Mélenchon, la veille sur France Inter, lui, qui a tenu à ne pas se positionner en tant que leader du Front de Gauche. Il a d’ailleurs encouragé « Cecile Duflot à continuer de marquer ses distances avec gouvernement ». L’objectif final ? « Construire des convergences entre toutes les forces de gauche qui ne se reconnaissent pas dans la politique gouvernementale pour construire une majorité alternative de gauche », conclut Pierre Laurent sur RFI. Un essai à transformer, en « votant de façon majoritaire contre le projet de loi de finances de la sécurité sociale rectificative (PLFSSR) », argue Jean-Luc Mélenchon.

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1 – Notre action pour demain : origine et état des forces en présence

Posté par jacques LAUPIES le 23 juin 2014

 

Au vu des discussions qui ont lieu d’une part au sein du Front de Gauche et d’autre par au sein du Parti Communiste, il apparaît clairement qu’il faut définir une stratégie claire de rassemblement. Etant entendu que pour rassembler et peser dans les orientations politiques il faut soi même exister et formuler des propositions. Propositions programmatiques qui sont essentielles car elles doivent répondre aux aspirations populaires, propositions stratégiques car elles sont essentielles pour garantir le renforcement et la cohésion du rassemblement recherché.

Le succès d’une telle entreprise ramène inexorablement à une prise de conscience des français et donc à la capacité de la développer. Le meilleur moyen pour y parvenir est d’être au cœur de  leurs préoccupations et de les traduire, pour en retour suggérer à ces français d’agir en conséquence, soit par l’action sur le plan social, soit par le vote. Ces deux formes étant intimement liées.

Mais il est un élément essentiel à prendre en compte c’est le positionnement des autres forces politiques qui ne peuvent ignorer la prise de conscience populaire, notamment suite aux échecs répétés que génèrent leurs politiques quand ils sont au pouvoir, et en conséquence s’adaptent aussi aux nouvelles situations.

A droite comme à gauche on assiste à toutes sortes de tentatives de recompositions et dans les deux camps (dont il ne faut pas considérer les frontières immuables) tout le monde s’y emploie avec l’objectif d’atteindre le pouvoir. Mais derrière ces tentatives il y a évidemment les logiques d’intérêt de classe qui prévalent et pèsent sur le comportement des partis politiques qui sont tenus de  respecter ces intérêts. C’est pourquoi il convient de ne pas perdre de vue la contradiction essentielle qui prévaut et détermine les comportement des partis, de faire le lien avec l’instrumentalisation des différentes catégories sociales et de leur représentation politique.

Il n’y a pas adéquation entre les tenants du capitalisme et un parti, pas plus qu’il n’y a adéquation entre le monde du travail et un parti.  Ces deux termes essentiels de la société et plus particulièrement le dominant sur le plan économique (la bourgeoisie capitaliste dont évidemment les formes ont évolué) pénètre l’ensemble des partis, ceux qui se réclament de son idéologie aujourd’hui, le libéralisme politique, autant que celui qui préconise la régulation de l’économie ou même son contrôle et sa mise sous tutelle, le courant socialisant.

Nous en avons eu la démonstration éclatante dans la vie politique depuis la révolution française où la bourgeoisie a su jouer, et s’est souvent jouée de son adversaire naturel appelé autrefois le prolétariat et que, sémantique oblige, l’on baptise aujourd’hui de « couches populaires », et « couches moyennes », avec tout ce que cela comporte d’indéfini.

Bref la situation finalement est claire, par delà cette théorisation en gros : des partis classés conservateurs et qui se prétendent réformateurs, l’UMP, l’UDI, authentiques porteurs du libéralisme économique et des intérêts patronaux, des partis réformistes qui font dans le conservatisme du système, le PS dans ses diverses expressions et tendances. Les uns et les autres même s’ils ont des bases populaires, ne modifient que sous la contrainte les rapports sociaux d’exploitation et en ce sens sont des auxiliaires objectifs de la classe dominante, ne cessant de créer l’illusion et le trouble quant à leurs véritables intentions.

Mais  évidemment pour gérer la situation de crise de la représentation politique qu’elle contrôle ou, pour le moins, influence fortement, la bourgeoisie doit laisser faire, sinon encourager des partis capables de canaliser les mécontentements, au delà des opérations de type centriste et social démocrate  devenues insuffisantes, quitte à laisser remettre en cause, d’apparence, les aspects évolutifs de la mondialisation capitaliste et ses adaptations européennes.

Le Front National devient donc l’outil idéal à qui l’on peut confier un racolage basé sur une conception populiste et je dirai simpliste de l’approche politique. 

Il faut également être naïf pour considérer qu’elle n’a pas (la bourgeoisie) de prise sur les comportement des partis qui à brève échéance souhaitent affaiblir son pouvoir économique et pour certains, à terme souhaitent sa disparition, condition de la libération des entraves que subit l’humanité dans sa progression.

Cette prise repose certes sur l’appauvrissement des catégories et classes exploitées qui sont maintenues dans un état de division, de concurrence et de sous culture qui ne manquent pas d’avoir des expressions politiques, parmi ceux-là même qui voudraient les émanciper. Point n’est besoin d’être issu de science po pour constater cela. Peut-être vaut-il mieux ne pas en être issu pour l’observer.

Cette vision de l’action directe d’une classe dominante, disposant de multiples pouvoirs, peut paraître empreinte d’un excès de déterminisme social à base purement économique qui frapperait  le monde politique dans sa globalité, en laissant peu de place au libre arbitre de ce monde.

C’est en tous cas ce qui se passe sous nos yeux actuellement et même s’il y a quelques frémissements de contestation ici ou là, y compris dans les partis conservateurs et réformistes qui se veulent souvent les deux à la fois, les politiques ne gouvernent pas et ne font que nous le laisser croire. Ce qui ne veut pas dire que la valorisation politique n’est pas possible.

Malgré les entraves il en est, les communistes notamment qui restent fidèles aux objectifs d’émancipation du travail au détriment du capital. La question est de savoir par quels moyens nous pourrons le faire prévaloir à un plus grand nombre,

A demain.

 

 

 

 

Passer du Front de gauche au front du peuple

CÉDRIC CLÉRIN
Vendredi, 20 Juin, 2014
1 - Notre action pour demain : origine et état des forces en présence dans POLITIQUE
Après une séquence électorale révélatrice d’une profonde crise politique, le Front de gauche est confronté à un nouveau défi: comment ouvrir une perspective avec une gauche en lambeaux et un FN qui menace ? Ses composantes tentent d’y répondre.
Au sortir des élections aux résultats assez calamiteux pour la gauche, le Front de gauche n’est plus tout à fait dans la même situation. Son relatif échec, la chute de l’ensemble de la gauche et le score élevé d’un FN qui se rapproche de plus en plus du pouvoir posent la question crûment : à quoi sert le Front de gauche ? « Ce qui a présidé à son lancement, ouvrir une alternative à gauche, est devenu une nécessité absolue au regard de là où nous entraîne la politique du gouvernement », répond Olivier Dartigolles, porte-parole du PCF.
DU NPA AU PS
Dans le marasme, le FG peut se féliciter de ne plus être isolé dans la critique de la politique libérale menée par le pouvoir. Il est rejoint dans son constat par les écologistes qui ont quitté le gouvernement et des pans de plus en plus importants du Parti socialiste. Les espaces de débats entre sensibilités de gauche, du NPA à la gauche du PS, se multiplient. Après les Socialistes affligés et le courant un Monde d’avance, les « Socialistes contre l’austérité » autour notamment de Gérard Filoche se rassemblent avec toute la gauche ce weekend dans l’Allier. « Cette situation nouvelle ouvre des possibilités pour obtenir de nouveaux choix politiques », explique Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, pour qui « la France est mise en danger par les politiques d’austérité ». PCF, PG et Ensemble, les trois principales composantes du FG, tenaient leurs conseils nationaux le week-end du 15 juin pour se pencher sur la nouvelle période politique et tracer les perspectives pour un Front de gauche traversé par des débats houleux ces derniers mois. Au PCF, on voit dans un FG transformé le « possible moteur du rassemblement », quand le Parti de gauche appelle également à « le transformer, à commencer par l’élargir, voire le dépasser ». Ensemble constate également que « le rassemblement offrant une alternative de pouvoir ne peut se résumer au Front de gauche seul ».
LES 5 AXES DU PCF
Sur le plan des idées, le conseil national du PCF appelle à mener des campagnes politiques « dans la durée » autour de 5 axes : le coût du capital, une société de biens communs, la reconquête industrielle, une nouvelle démocratie et la refondation de l’Union européenne. Ces campagnes sont, pour le Parti communiste, des moyens pour faire avancer les idées de la gauche de transformation et de contribuer à faire émerger « un nouveau projet de gauche pour la France ». Dans le même esprit, le PG appelle à « travailler à un programme à la fois radical et crédible, c’est-à-dire en rupture avec le système et répondant aux aspirations populaires ». Pour élaborer ce projet et le porter, les différentes forces du Front de gauche appellent à construire, « un front du peuple », façon de sortir le FG de son actuel état de cartel d’organisations et de retrouver son élan de 2012. Un conseil national du FG, élargi à toutes les personnalités politiques, associatives ou syndicales qui s’en sentent proches ou parties prenantes, devrait se tenir au début du mois de septembre en lieu et place des traditionnelles « estivales ».
LES COMPOSANTES DU FG VEULENT SORTIR DU CARTEL D’ORGANISATIONS POUR RETROUVER L’ÉLAN DE 2012…
Reste la question du rassemblement à opérer pour changer la politique du gouvernement. Si le PCF veut travailler à construire « sans exclusive » un projet de gauche pour la France, le PG, sans exclure le dialogue, insiste sur la nécessité pour le FG de n’être « en rien associé » au gouvernement et réitère son appel aux socialistes critiques à « rompre les rangs ». Reste que, dès maintenant, les luttes autour des intermittents, des cheminots ou les débats budgétaires ou encore la lutte sur la réforme territoriale offrent « des possibilités de convergences et de victoires immédiates », selon Pierre Laurent. Alors que la direction du PS est de plus en plus tentée par une mutation « démocrate » et un appel à l’union derrière lui face au FN, que les écologistes se verraient bien en incarnation de l’alternative à gauche en 2017, le chemin de l’émergence d’une nouvelle offre politique à gauche semble à la fois encore sinueux, mais sa nécessité n’a jamais été si partagée.

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Le fil d’Ariane

Posté par jacques LAUPIES le 22 juin 2014

 

A la lecture de la critique ci dessous et publiée dans l’Huma, on a évidemment envie de ne pas rater le film.

Encore faut-il le voir pour en parler ! A bientôt donc à ce propos.

 

 

Au fil d’Ariane, une pièce de poésie ludique et jubilatoire

Cinéma
Jean Roy
Mercredi, 18 Juin, 2014
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Robert Guédiguian adore retrouver comédiens, décors et situations. Marseille est sa ville et l’Estaque, son domaine.

Au fil d’Ariane, de Robert Guédiguian. France, 1 h 32. Voici ce qu’en musique, on appellerait un impromptu. Le dictionnaire en fait une composition musicale libre, semblable à une improvisation, et généralement écrite pour un seul instrument, comme le piano, tout en soulignant sa faculté à traduire l’épanchement romantique d’un instant, d’un sentiment ou d’une humeur. On connaît l’Impromptu de Versailles, comédie en un acte et en prose de Molière, créé à Versailles en 1663, avant d’être repris au Théâtre du Palais-Royal dans la foulée. Molière, auteur, directeur de troupe, metteur en scène, acteur, dirige la répétition d’une de ses pièces, qui doit être jouée dans quelques heures devant le roi. Les acteurs sont mécontents car ils n’ont pas eu le temps d’apprendre leur rôle. Tel est le signe sous lequel s’inscrit Robert Guédiguian pour son seizième film avec Ariane Ascaride (elle aura été de tous, à l’exception du Promeneur du Champ-de-Mars).

Un chef de troupe

Le film relève du divertimento et Guédiguian en est l’auteur et le metteur en scène, Ariane Ascaride tenant le rôle central, entourée des figures habituelles à l’auteur, ce dernier revendiquant l’appellation de chef de troupe. On retrouvera donc Jacques Boudet, Jean-Pierre Darroussin et Gérard ­Meylan.

La nouveauté est que l’action se déroule le jour de l’anniversaire d’Ariane Ascaride et qu’un rôle est dévolu à une tortue, dont la voix correspond à celle de Judith ­Magre. Citons un nouveau venu au scénario, Serge Valletti, un Marseillais qui a commencé en étant acteur, mais à qui l’on doit des dizaines de pièces qui font de lui un des auteurs les plus joués. Robert Guédiguian l’a rencontré sur une adaptation du Roi Lear à Malakoff, qui mettait en scène Le Pen et ses trois filles, dans laquelle jouait Ariane ­Ascaride, ce, en 1992.

De là à imaginer ce film qui laisse parler une tortue il n’y a qu’un pas, figurant déjà dans le titre. Le fil d’Ariane du titre renvoie à la mythologie, que l’on va trouver mise en scène dans un texte porté à l’image et tourné au Palais Longchamp dans le décor du « théâtre antique » du Frioul, île présente dans Marie-Jo et ses deux amours (l’utilisation du décor du «théâtre antique» est une première), mais tout autant à Ariane Ascaride, feu follet qui se console qu’on la laisse tomber le jour de son anniversaire en enchaînant les virées, prétexte à nous faire visiter Marseille et particulièrement ce quartier de restaurants de bord de mer immortalisé dans À la vie, à la mort !

Quant à Ariane Ascaride, l’auteur lui a demandé de jouer «comme un jeu sans enjeu», «dans un film fait seulement pour le plaisir de le faire», comme une pièce de poésie faite à toute allure, ludique et jubilatoire. Il s’agit de ­fabriquer «une machine à jouer pour les acteurs, pour les techniciens, et bien sûr pour moi-même». On jurerait reconnaître ­Giulietta Masina chez Fellini. Les citations abondent, musicales (Ferrat, Brecht), littéraire (Aragon) ou cinématographique ­(Pasolini), Guédiguian promène son herbier, faut-il dire son univers ? plus totalement que jamais.

 

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La culture n’est pas un état d’âme.

Posté par jacques LAUPIES le 21 juin 2014

Comme cela est évoqué par certains, la culture serait considérée comme accessoire dans une société. Une sorte d’activité destinée à satisfaire des catégories pouvant se permettre  de soulager leurs états d’âme et dont n’aurait que faire un populo qui se laisse emberlificoter par la distraction facile. Surtout en matière de spectacle.

J’avoue humblement qu’à vingt ans, dans les années 50, je méprisais un peu ce milieu fréquenté par des catégories sociales qu’aujourd’hui l’on qualifie de moyennes et qui consommaient dans les festivals, dans les théâtres, dans certaines salles de cinéma, des représentations dont je n’entendais guère ce qu’ils pouvaient en dire. J’y voyais un pédantisme de leur part et je me disais que la vraie vie, hors de tout cela, m’apprendrait plus.

L’envie d’apprendre, de découvrir la signification d’un livre, d’un film ou d’une pièce de théâtre n’était pas nécessairement présente !

En tous cas peu à peu envie ou pas, le militantisme venant dans les années soixante, le contact avec nombre de communistes mettant en avant la nécessité et l’utilité d’accéder à cette culture, entre autre pour conforter une conviction politique et s’armer pour la défendre me firent, sans doute de manière un peu manichéenne, accéder, modestement, mais accéder tout de même à des créations qui parce qu’elles confortent des idées, vous conduisent en même temps à les affiner et parfois même à les remettre en cause.

Avec cette chance finalement que les études scolaires ne m’avaient pas tout  imposé, bien que je ne renie absolument pas le peu qu’elle m’avaient inculqué et qui fut probablement déterminant dans une construction donnée.

Je ne me vanterai pas du résultat d’autant que plus j’avance plus je le considère comme dérisoire. Au vu de ce savoir collectif et même individuel qui m’entoure et auquel nous pouvons accéder à l’ère du numérique sans évidemment tout assimiler, je dois honnêtement reconnaître que je me sens bien démuni de connaissances donc de culture. Mais n’est il pas préoccupant de constater que le phénomène est bien plus grave autour de nous ?

Aragon disait je crois :  » la culture c’est la connaissance de l’ensemble des activités humaines ». S’il disait juste, et je le pense, peu de gens sont vraiment cultivés mais il y a tout de même là un besoin à satisfaire et ce besoin ne peut que grandir quand se réduire l’activité professionnelle, quand le fameux « temps libre »  s’offrira vraiment à nous.

La production artistique, de qualité, plus incitatrice à la réflexion qu’exclusivement formatrice, devient nécessaire car elle ouvre un accès précisément à cette connaissance de l’ensemble de ces activités humaines. Et de cela personne ne peut se priver, notamment pour devenir un citoyen responsable. Elle a donc bien une fonction éminemment sociale et très individuelle à la fois.

Il ne faut surtout pas lui opposer les acquisitions de la « vraie vie ». elle en est partie intégrée et intégrante.!

Et il faut combattre pied à pied ceux qui la réduisent à l’accessoire et voudraient faire des économies sur son dos

 

Bernard Lavilliers : « Pour une fois,  le gouvernement devrait reculer »

Entretien réalisé par Victor Hache
Mercredi, 18 Juin, 2014
La culture n'est pas un état d'âme. dans POLITIQUE
Entretien avec Bernard Lavilliers. Le chanteur a créé l’événement en interprétant « Les Mains d’or » aux côtés des intermittents qu’il a fait monter sur scène au festival des Nuits de Fourvière.
Au festival des Nuits de Fourvière, vous avez fait monter les intermittents du spectacle sur scène pour marquer votre solidarité avec leur lutte. En quoi est-ce important pour vous que leur parole soit entendue ? Bernard Lavilliers : Je les ai fait monter sur scène pour qu’ils s’expliquent. Il y a eu la première partie d’une chanteuse réunionnaise qui était magnifique. Ensuite, j’ai donné mon concert et au moment de la chanson les Mains d’or, ils sont montés. J’ai dit que je chantais aussi pour eux ce soir. Il y avait cinq mille personnes. Pour l’instant, les gens ne comprennent rien aux points qu’ils soulèvent dans leur lutte. Je viens de voir Jack Lang à la télé, qui expliquait le pourquoi des 507 heures. Le problème est que la plupart des gens travaillent 1 300 heures par an et que dans leur tête, les mecs qui travaillent 507 heures, ce sont des rigolos. J’ai été voir sur le Net, il y a des réflexions vraiment désagréables sur les intermittents. Je voudrais signifier qu’intermittent, ce n’est pas un métier. C’est comme chômeur, et chômeur n’est pas un métier. À l’intérieur de ces intermittents, il y a effectivement des abus de la part de sociétés de production comme la télévision, comme les maisons de disques parfois qui ont détourné la loi pour ne pas avoir des CDI, en disant au salarié : « Tu te débrouilleras avec les Assedic. » Ce sont par définition des métiers à risques et très fragiles. Les acteurs, les metteurs en scène, les techniciens, y compris même ceux qui s’occupent de la sécurité des concerts, il n’y a pas de raison pour qu’ils ne touchent pas le chômage durant les périodes où ils ne travaillent pas. Ils veulent travailler et ce n’est pas leur faute s’ils ne bossent pas en attendant de retrouver une tournée.

Vous avez interprété «Les mains d’or» aux côtés des intermittents, où vous chantez J’veux travailler encore. Une chanson que vous avez écrite en pensant aux sidérurgistes et qui pourrait refléter aussi la situation des intermittents aujourd’hui ? Bernard Lavilliers : Elle décrit les intermittents, et le refrain Travailler encore pourrait très bien être leur slogan. Quand je vois les grands patrons embaucher les gens en CDD, au fond c’est exactement pareil. Tout le monde pourrait devenir intermittent un jour. La société a tellement évolué et la technologie également que, quand les robots vont remplacer l’homme, à un moment, les gens auront des contrats de trois mois et connaîtront des périodes de chômage. Je suis complètement d’accord avec les intermittents. Je ne me suis pas déplacé en Lorraine pour soutenir les sidérurgistes pour faire aujourd’hui la gueule aux intermittents du spectacle. Je trouverais ça incohérent. Politiquement déjà et en tant qu’être humain, c’est dégueulasse de s’attaquer à leur régime parce que je sais combien ils touchent quand ils rament. Ce n’est pas grand-chose. Que vous inspire le fait que le gouvernement persiste à vouloir agréer l’accord Unedic de l’assurance chômage ? Bernard Lavilliers : Dans le gouvernement précédent, avec Jean-Marc Ayrault, à chaque fois qu’ils avançaient une réforme, ils reculaient de trois pas. Là, ils ont décidé de ne pas reculer, mais pour une fois, ils devraient reculer ! Parce que là, ça ne va pas s’arranger. Si le Festival d’Avignon, ceux des Francofolies de La Rochelle, de la musique classique à Aix-en-Provence, etc., sont annulés, cela va faire un trou monumental dans la caisse ! De plus, il y aura beaucoup moins de touristes. Je me souviens en 2003, quand les Francofolies avaient été annulées, j’avais été voir Jean-Louis Foulquier pour le consoler parce qu’il n’y avait rien à faire, eh bien la ville de La Rochelle était vide. C’est dire l’impact culturel des festivals ! Ne disons pas que la culture perd de l’argent en France, elle en fait gagner à tout le reste. Si le gouvernement signe le texte, les gars vont continuer leur lutte. À mon avis, la meilleure solution serait de reporter et de réfléchir. L’accord est signé par des syndicats minoritaires, en tout cas pas par la CGT qui dit : « Nous, on n’a pas signé ce compromis. » Ils auraient dû être tous d’accord, au lieu de ça, on essaie de passer en force.

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