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Un appart. de fonction à 2000 € à Paris et alors ? Gaffe à l’effet boomerand pour les auteurs de cette « info »

Posté par jacques LAUPIES le 31 octobre 2014

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Ma photo du jour : Près de la bonne ville de Beaucaire les élus (des municipalités antérieures) ont placé côte à côte les deux sites. Pourvu que les corbillards ne se trompent pas !

 

Le Canard Enchaîné  reste dans sa logique satirique.

Après tout pourquoi ne pas tenter de porter un coup au Secrétaire Général de la CGT ? Même s’il n’a commis aucun délit ! Après tout ca va faire rigoler les bourgeois qui paient dans le 16ème et autres beaux quartiers et ailleurs des loyers 5 ou 10 fois plus élevés (si ce n’est plus) avec le fric qu’à longueur de temps ils pompent aux travailleurs. Genre « suceurs de sang »  comme disait l’autre !

Ca fera moins rigoler les chômeurs pas ou mal indemnisés, les rares prolos en col blanc qui raffolent de ce journal qui leur donne l’illusion de la démocratie et de la liberté de la presse, et tous ces semi intellos blancs, verts, roses et parfois rouges, amateurs de révolution pourvu qu’ils ne la fassent pas, que visent évidemment les auteurs de l’article dans leur collimateur (dés)informateur.

Si tant est qu’ils soient nombreux à goûter les blagues de ce journal qu’affectionnent probablement plus les bobos en quête de distraction.

Ce n’est pas moi qui vais me plaindre du droit d’un journal satirique de chatouiller les syndicats et certains de leurs dirigeants même si personnellement je n’apprécie, quelles que soient leurs raisons, ceux qui ont « divulgué » un fait qui ne constitue en rien une « affaire » et dont la plupart des travailleurs comprendront qu’elle n’en est pas une.

Si un Secrétaire National de la CGT exerçant sa fonction dans la capitale, doté d’un salaire qui n’est probablement pas au niveau de celui du moindre dirigeant de PME ou cadre dirigeant d’entreprise et, dérisoire par rapport à celui de ces patrons qui siègent dans les réunions de concertation avec lui, si donc ce Secrétaire national qui habite la Normandie, devait être logé dans un studio ou il ne pourrait même pas recevoir parents, amis ou relations, si de surcroit il devait avoir la charge du loyer, autant que d’ailleurs d’autres charges, alors mesdames et messieurs qui avez fomenté cette affaire je vous invite à exiger que la pratique soit généralisée et en faire autant vous même.

Y en a pas mal qui pourrait y laisser quelques privilèges, y compris parmi ces éditorialistes de la grande presse lesquels, certes avec parfois quelques précautions, se permettent de baver sur cet évènement monté de toutes pièces.

Et s’il est des gens se réclamant de la CGT qui ont contribué, comme le suggèrent certains médias, à lancer ce pavé merdique dans la mare au canard, on peut se demander qui en sera le plus éclaboussé tellement le pavé est lourd et tellement ils sont petits.

Au moins ils auront fait découvrir à des millions de français qui auraient pu l’ignorer que le « patron de la CGT » reste dans la catégorie modeste de ceux qui le mandatent et que sa position n’a rien de comparable avec ses adversaires truffés de gros salaires, coup de chapeaux, d’indemnités et retraites flamboyantes de toutes sortes.

Dans ma vie j’en ai vu qui, parfois plus cooptés qu’élus ou que le hasard d’un diplôme avait placé dans des fonctions administratives bien rémunérées, être hébergés dans des quatre étoiles, manger à de bonnes tables et quelques menus avantages que leur fonction leur accordait. Et bénéficiant d’un salaire très confortable de surcroit. Cette graine que je n’ai jamais trop apprécié existe à cause du système mais il ne faut pas évidemment lui faire de cadeaux !

J’avoue qu’il ne s’agissait pas de la majorité et au demeurant leur fonction dans le secteur de l’économie sociale eu égard à ce qui peut se pratiquer dans le secteur libéral ou même public, à responsabilité égale, pouvait et peut encore justifier ces avantages et rémunérations.

Néanmoins cela peut, comme dans tout groupe humain soulever des interrogations non dénuées d’intentions plus ou moins louables à leur égard.

Mais qu’est que  cela peut il à voir avec  les pratiques bien connues dans certaines professions commerciales, libérales ou autres, caractéristiques d’un système qui chacun le sait n’échappe pas aux petites (parfois grandes) combines et tricheries, à la pratique des dessous de table à l’extrême la corruption.

C’est bien pour cela que le militantisme politique, syndical, mutualiste, qui échappe à tout cela, à de très rares exceptions près et, de plus, le cas échéant, dans des proportions bien moindres, devrait faire l’objet d’un peu plus de considération et de respect de la part de quelques égarés et cabots de la presse dont la mission n’est autre que de nuire à la démocratie en prétendant la défendre.

Le Canard n’en serait pas pour autant diminué  dans sa réputation ?

Mais après tout laissons lui prendre le risque de l’effet boomerang ! et rejoindre ainsi des délateurs anonymes !

 

PARU DANS L’HUMA

Un appart. de fonction à 2000 € à Paris et alors ? Gaffe à l'effet boomerand pour les auteurs de cette

 L’appartement de Thierry Lepaon  fait polémique

Tania Meller Jeudi, 30 Octobre, 2014

Photo Nicolas Tucat/AFP Controverses autour de la rénovation pour 130 000 euros de l’appartement loué par la confédération.

Lire la réaction de la direction de la CGT. S’il ne fait état d’aucune irrégularité, l’article paru dans le Canard enchaîné, ce mercredi, sur la rénovation de l’appartement loué par la CGT à proximité du bois de Vincennes pour loger son secrétaire général Thierry Lepaon, a néanmoins suscité émotion et nombreuses réactions. « Pour la première fois, la CGT a élu un secrétaire général habitant en province. Elle se devait de mettre à sa disposition un logement de fonctions entièrement équipé (…) proche du siège de la CGT », explique dans un communiqué la centrale syndicale. « Nous n’allions pas lui demander de payer un deuxième loyer pour travailler à Paris, alors qu’il habite déjà dans un HLM en Normandie. Thierry Lepaon n’a pas un train de vie bling-bling », a ajouté, hier, dans la journée, l’administrateur de la CGT, Éric Lafont.

Selon l’hebdomadaire satirique, les travaux pour cet appartement de 120 mètres carrés auraient coûté 130 000 euros pour être entièrement remis à neuf avant l’arrivée de Thierry Lepaon. Appartement dont le loyer s’élève à 2 000 euros mensuels, D’aucuns évoquent également de fortes tensions internes au syndicat. La centrale a d’ailleurs lancé une enquête interne à propos du devis qu’a reproduit dans ses pages le Canard enchaîné « car il s’agit vraisemblablement d’un document qui a été dérobé à l’intérieur de nos services », explique-t-elle. Manuel Valls saute sur l’occasion

Reste que dans une période particulièrement difficile pour le monde du travail, une situation où le chômage ne cesse d’augmenter, et avec la volonté désormais affichée du gouvernement d’imposer une réduction des droits de salariés au travers des seuils sociaux, la fragilisation de la première force syndicale du pays ne serait pas forcément une mauvaise affaire pour tout le monde. Manuel Valls a pu sauter sur l’occasion. S’il prétend ne pas vouloir « accabler » le responsable syndical, c’est pour ajouter, maniant à dessein la confusion : « À lui de s’expliquer. Mais quand on traverse une telle crise économique, une telle crise de confiance entre les responsables publics et les concitoyens, une crise d’identité pour notre pays (…), l’exemplarité à tous les niveaux est nécessaire. » « Cette nouvelle offensive médiatique 
ne doit pas nous éloigner de nos objectifs revendicatifs », a d’ailleurs tenu à souli-gner la CGT, en conclusion de son 
communiqué.

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Drame de Sivens : résultat d’une défaillance démocratique

Posté par jacques LAUPIES le 30 octobre 2014

 

Loin de nous l’idée de nous prononcer sur l’opportunité d’un projet de barrage sans en connaître le contenu ni d’ailleurs les aspects qui motivent ceux qui lui sont radicalement opposés.

Il est cependant plus que triste et lamentable que cette contradiction ait abouti à la mort d’un jeune étudiant de 20 ans, qu’un état gouverné par des gens de plus en plus isolés et minoritaires sur l’ensemble de la population d’une part et des opposants qui ne peuvent se prévaloir de représenter dans cette population une majorité, dussent s’affronter violemment pour aboutir à un tel désastre.

On parle beaucoup d’engagement citoyen, d’une société où existerait une grand besoin d’expression et de participation s’agissant de la chose publique ? Mais si un tel phénomène existe, bien que la réalité prouve que beaucoup voient midi à leur porte, et souvent pas plus loin que le bout de leur nez, il faut précisément préserver nos institutions républicaines et les améliorer pour que chacun décide avec ses semblables à chaque niveau.

Et l’on s’oriente vers le contraire. Au prétexte de vouloir faire des économies sont réduites les représentations élues qui vont se retrouver un peu plus éloignées de leurs mandants.

Par exemple les regroupements de communes qui, s’ils semblent se justifier par le besoin de mutualisation des moyens, tant financièrement que sur le plan des personnels, éloignent en même temps le citoyen des choix économiques et sociaux. Les regroupements des cantons en vue des élections des assemblées départementales, malgré le maintien du nombre d’élus, vont dans le même sens dans la perspective de leur disparition au profit des régions, elles mêmes agrandies.

La probabilité de projets mal conçus où prévaudront des intérêts financiers, industriels, seront ainsi plus nombreux et plus éloignés de la population, avec des atteintes prévisibles à l’intérêt collectif et aux services publics.

Tout cela est la marque de la nécessité de refonder complètement les institutions, de rapprocher les citoyens des lieux de décision et de contrôle de la vie politique.

S’il est un sujet sur lesquels les candidats devraient se prononcer lors de toute élection et notamment celui des prochaines élections départementales c’est bien celui de la rénovation de la vie démocratique.

En tous cas les communistes doivent s’appliquer à mettre en garde les citoyens contre les mauvais coups qui sont en cours dans ce domaine.

 

 

 

 

Roland Foissac : « Le projet actuel du barrage de Sivens doit être retiré »

Entretien réalisé par Julia Hamlaoui
Mardi, 28 Octobre, 2014
Drame de Sivens : résultat d'une défaillance démocratique dans POLITIQUE 22_255_2_couleur.1600x1200
Pour le vice-président PCF du Conseil général du Tarn, Roland Foissac, la situation, avec la mort tragique de Rémi Fraisse, doit impliquer « le retrait du projet dans sa forme actuelle et l’engagement rapide d’un processus qui associent toutes les parties prenantes ».

Le gouvernement a tardé à réagir à la mort de Rémi Fraisse qui s’opposait à la construction du barrage de Sivens, quel regard portez-vous sur son attitude ?

Roland Foissac. Le président de la République et le premier ministre se sont exprimés mardi. Mieux vaut tard que jamais, mais cela intervient plus de deux jours après le drame. Nous vivons une crise politique et institutionnelle majeure, la tentation de certains, notamment Manuel Valls, d’engager une polémique politicienne entre le gouvernement et les écologistes ne fait qu’en rajouter. Ce n’est pas digne du respect que l’on doit à la victime. Le débat doit rester centré le plus possible sur le fond du dossier. La plupart des jeunes qui s’impliquent aujourd’hui le font à partir de ces questions : quelle société prépare-t-on, quel avenir pour la planète, comment conçoit-on l’articulation entre les nécessaires projets d’équipement et la préservation de la nature ?

Sur le fond justement, vous vous êtes abstenus lors des votes au Conseil général. Le rapport d’experts conforte-t-il vos réserves ?

Roland Foissac. Absolument. Nous n’avons pas approuvé ce projet parce qu’il était lourd d’incertitudes, voire de contradictions. Il a été élaboré il y a plus de quinze ans, sur la base de données qui sont aujourd’hui obsolètes. Le collectif de défense de la zone humide qui souhaitait un vrai débat public s’est heurté à un mur. L’enquête d’utilité publique a fait ressortir une majorité d’avis négatifs. Le Conseil national de protection de la nature avait émis toute une série de réserves. Des lobbies ont pesé lourdement pour faire prévaloir la réalisation sans discussion du barrage. Nous avons, avec Serge Entraygues (également conseiller général PCF du Tarn – NDLR), multiplié les prises de positions, initiatives, communiqués, lettres au président depuis janvier 2013 pour alerter sur l’impasse dans laquelle le Conseil général était en train de s’enfermer dans ce dossier.

Aujourd’hui, quelle peut-en être l’issue ?

Roland Foissac. Le président du Conseil général semble s’accrocher à l’idée de suspendre la réalisation pendant quelques jours pour apporter ensuite au projet quelques aménagements à la marge. Au point où nous en sommes, avec le drame de la mort de Rémi Fraisse qui s’y ajoute, on ne peut pas en rester là. On s’enfermera dans une impasse totale s’il n’y a pas la lucidité de convenir que ce projet est caduc. Nous nous prononçons donc pour le retrait du projet dans sa forme actuelle et pour que s’engage rapidement un processus qui associent toutes les parties prenantes, les collectifs, les partenaires locaux, les élus, la population, pour construire un projet cohérent, écologiquement et économiquement responsable. C’est ce que nous nous appliquerons à défendre lors de la session ordinaire du Conseil général, vendredi.

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Union syndicale et conception de défense des salariés

Posté par jacques LAUPIES le 29 octobre 2014

 

La division sur le plan syndical prend sa source dans des intérêts catégoriels différents mais également dans des conceptions divergentes sur les luttes revendicatives non sans lien avec des analyses économiques  et politiques différentes.

Le « tous ensemble » est ainsi mis de côté et n’a rien à voir avec la volonté des salariés généralement unis lorsque devient évidente une mise en cause de ce qui les frappe tous.

Les Directions patronales ne manquent pas d’exploiter les divisions et si elles peuvent en inventer de nouvelles elles ne s’en privent pas. J’ai connu cela à la SNCF avec notamment les pressions exercées sur l’encadrement pour qu’ils ne s’implique pas dans les luttes et il va de soi que l’utilisation des autres organisations syndicales s’est toujours faite contre les initiatives de la CGT, particulièrement forte dans cette entreprise, y compris parmi les cadres.

A tel point que lorsque cela ne suffisait pas, des tentatives de constitutions d’amicales voyaient le jour au sein desquelles, parfois innocemment, certains se laissaient entrainer à des pratiques de corporatisme. Je me souviens avoir vécu et combattu cela dans un service où nous recueillions 80 % des voix avec une constante progression aux élections de Délégués.

Ces résultats ne tombaient pas du ciel et il y avait à ces succès des raisons  « historiques » au rang desquelles prévalaient la reconnaissance de la tradition de lutte des cheminots dans la période d’avant guerre, que la résistance avait consolidée et dont, jeunes militants, nous nous imprégnions en apportant un intérêt particulier au respect des principes d’égalité dans un déroulement de carrière à l’ancienneté en combattant la notion de mérite, trop subjectivisée.

A cela s’ajoutait un soutien indéfectible au salarié, syndiqué ou non, lorsque celui-ci était mis en cause dans sa vie professionnelle et parfois même dans des aspects touchant à sa vie privée, dans l’exercice de sa fonction ou pas !

Nous évoquions en tant que Délégué la notion de classe, ce qui peut certes faire sourire aujourd’hui, mais partait du principe que le syndicaliste se doit d’un large soutien à tout travailleur mis en cause individuellement et que, bien souvent, il n’a de possibilité d’appui que dans la solidarité de ses collègues de travail. En cela nous pensions également au soutien du à sa famille.

Il ne nous appartenait pas d’entrer dans des considérations morales, lesquelles, pour nombre d’entre elles, apparaitraient aujourd’hui complètement désuètes. Ni même dans des considérations d’appartenance politique, philosophiques ou religieuses, cela va de soi !

Mais je m’éloigne d’un sujet fort bien évoqué ci dessous : trouver toujours le chemin du rassemblement…Et éviter les pièges de la désunion !

air france

Après la grève… Quand un pilote d’Air France rencontre un cheminot, de quoi parlent-ils ?

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR CYPRIEN BOGANDA, PIERRE-HENRI LAB ET DOMINIQUE SICOT.
Vendredi, 24 Octobre, 2014
Union syndicale et conception de défense des salariés dans POLITIQUE jacqgarrel_1

PHOTO PIERRE PYTKOWICZ
Dans l’Humanité Dimanche. En juin, les cheminots ont fait grève contre la réforme ferroviaire, qui favorise l’éclatement de la SNCF. En septembre, ce sont les pilotes d’Air France qui sont entrés en action. Une grève de 14 jours contre la stratégie de « lowcostisation ». Ces deux conflits, présentés comme corporatistes, ont subi un vrai lynchage médiatique. Comment les protagonistes l’ont-ils vécu ? Quels étaient les enjeux réels de leurs luttes ? Un cheminot et un pilote ont-ils des choses à se dire ? L’« HD » a tenté l’expérience.

Denis Jacq, pilote moyencourrier, est membre du bureau du Syndicat des pilotes d’Air France, deuxième syndicat de pilotes représentatif au sein de la compagnie aérienne avec 12 %, derrière le SNPL (71 %) (*). Gilbert Garrel, formateur d’agents de conduite à la SNCF, est secrétaire général de la CGT cheminots, premier syndicat au sein de l’entreprise publique.

 

HD. C’est la première fois que vous vous rencontrez ?

Denis Jacq. Oui, mais ce n’est pas la première fois que je rencontre un responsable de la CGT. À Air France, nous sommes en contact régulièrement et s’il est des organisations syndicales avec qui les relations sont difficiles, ce ne n’est pas le cas de la CGT. Je veux aussi souligner que les premiers à nous avoir apporté leur soutien pendant la grève ont été les marins CGT. Enfin, le monde cheminot ne m’est pas totalement inconnu. Je l’ai découvert à l’occasion de la loi Diard qui a instauré un service minimum dans le transport aérien en cas de grève comparable à celui qui existe à la SNCF.

Gilbert Garrel. Je suis convaincu que, face aux politiques mises en oeuvre au plan mondial, européen et national, il est nécessaire de resserrer les liens entre les organisations syndicales du secteur des transports. Aujourd’hui, gouvernements et directions d’entreprise s’emploient, avec le low cost, à mettre les salariés en concurrence non seulement à l’intérieur de chaque mode de transport mais aussi entre modes de transport. Le PDG de la SNCF, Guillaume Pepy, ne cesse de dire : « Attention ! Les compagnies aériennes à bas coût nous attaquent sur le TGV. » Tandis qu’il y a quelques années, c’était la direction d’Air France qui disait : « Attention ! Le TGV nous attaque ! » Partout, il s’agit de tirer vers le bas les salaires, la formation ou les qualifications, tout ce qui, aux yeux des patrons, constitue « le coût du travail ». On rabâche en permanence aux salariés « qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses de l’État ni dans celles des collectivités locales. Les citoyens et les usagers ont de moins en moins d’argent. Donc il va falloir vous adapter ». Ce discours vise à culpabiliser les salariés alors qu’on pourrait inverser le processus et se poser la question de comment créer un service public de qualité et accessible à tous par une hausse du pouvoir d’achat, une redistribution des richesses. Ce discours se double d’une offensive idéologique en direction des usagers. On présente les cheminots en grève comme des privilégiés irresponsables. On dit des pilotes qu’ils ont des rémunérations indécentes.

 

HD. Combien d’années d’études nécessite le métier de pilote de ligne ?

D. J. À bac + 2, on suit une formation qui dure trois ans. À la sortie, les pilotes ont des compétences très variées, en météo, électricité, électronique, etc. Du coup, les collègues qui perdent leur licence pour raisons médicales se recyclent souvent dans des entreprises d’électronique. C’est un métier très polyvalent.

HD. Quand on est conducteur de train ou pilote d’avion, à quoi pense-t-on au début d’un trajet ? On a peur pour les passagers qu’on transporte ?

G. G. Peur, non ! (Rires.) Mais on se sent responsable. Quand un conducteur commet une erreur, même sans aucune gravité, je vous garantis qu’il passe plusieurs nuits sans dormir. Cette conscience professionnelle fait partie intégrante de la culture cheminote, que les anciens inculquent aux plus jeunes.

D. J. C’est exactement la même chose chez les pilotes. Si je fais une erreur, ce n’est pas forcément trop grave. Mais si cette erreur n’est pas rattrapée par mon copilote, c’est gravissime, et on n’en dort pas de la nuit. Le rapport aux passagers est essentiel. Si je voulais simplement me faire plaisir aux commandes d’un avion, je ferais de la voltige aérienne.

 

HD. En interne, pendant la grève, vous heurtez-vous à la difficulté de faire comprendre aux salariés qu’ils sont tous concernés ?

D. J. À Air France, nous avons toujours été confrontés au problème mais auparavant nous parvenions à le surmonter. Cette fois-ci, cela a été très difficile. La direction est allée jusqu’à organiser une contre-manifestation en mobilisant des cadres sur leur temps de travail. Elle a sciemment opposé des salariés, au risque d’alimenter un profond ressentiment entre eux alors même que le bon fonctionnement de la chaîne de sécurité ne supporte pas de mésentente entre ceux qui la composent. C’est irresponsable. Le climat est tellement dégradé que nous avons donné pour consigne au pilote de débarquer en cas de tension trop forte plutôt que de décoller et de prendre des risques.

 

HD. Entre qui ces tensions ?

D. J. Entre pilotes et cadres pilotes. Les 15 % de non-grévistes étaient essentiellement les chefs pilotes. Les chefs pilotes sont en temps normal les relais des pilotes auprès de la direction. Or, ils ont fait exactement l’inverse. L’un de ceux qui ont pris la parole lors de la contre-manifestation organisée par la direction est en charge d’une formation sur une nouvelle organisation du temps de vol. Eh bien, depuis la fin de la grève, cette formation a été arrêtée faute de participants. Aujourd’hui, plus personne ne veut lui parler.

 

HD. Clairement, vous dites que la division provoquée et entretenue par la direction menace la sécurité des vols ?

D. J. Si un avion va au tapis dans les prochains jours, je crois que les enquêteurs ne mettront pas longtemps à découvrir pourquoi. Toutes les conditions ont été créées pour qu’un accident se produise.

HD. À la SNCF, observez-vous des tensions similaires ?

G. G. La direction a créé les conditions d’une fracture sociale entre les salariés et l’encadrement. Elle a exercé des pressions au déroulement de carrière ou au déplacement pour que ses membres non seulement ne fassent pas grève mais aussi pour qu’ils fassent le travail de grévistes. Le retour à la normale après le conflit est donc difficile. La capacité à travailler ensemble a été remise en cause. Syndicalement, nous avons engagé une campagne pour dire aux cheminots : « Ne vous trompez pas d’ennemis et dialoguez avec les cadres. » Ces derniers ont été sensibles aux pressions idéologiques de la direction et aux discours de certaines organisations syndicales qui ont clairement appelé à ne pas faire grève. Jamais auparavant, cela ne s’était produit dans la boîte. Les cadres ont aussi été influencés par la couverture médiatique du conflit. Jamais les causes de la grève n’ont aussi peu été évoquées. Les cheminots ont été à un tel point marqués par l’injustice de cette couverture médiatique que beaucoup m’ont dit, pendant la grève à Air France, qu’ils comprenaient ce que les pilotes étaient en train de vivre. Avec le conflit à la SNCF, de nombreux cheminots se sont rendu compte que les grands médias diffusent de fausses informations ou instrumentalisent les informations pour livrer les grévistes à la vindicte populaire. Aujourd’hui, la réforme ferroviaire va entrer en vigueur. Parmi ceux qui n’ont pas fait grève, beaucoup vont découvrir à quel point nous avons raison. Ce n’est donc pas le moment))) de nous en faire des ennemis.

 

HD. Air France et la SNCF sont deux entreprises où il y a un éclatement des statuts et des rémunérations des salariés. N’est-ce pas un facteur de division supplémentaire ?

D. J. On est en droit de penser que les écarts de salaires chez Air France sont trop importants. Je gagne 10 000 euros par mois. Je ne pense pas que mon salaire de pilote soit monumental. Le salaire de mon PDG est monumental. Alors, bien sûr, comment expliquer cela à un jeune agent qui entre chez Air France ? Je crois que le drame c’est qu’il n’y a plus de jeune agent qui entre chez Air France. J’ai connu une époque où des salariés rentraient à Air France par le niveau le plus bas de l’échelle. Ils n’étaient « rien » et pourtant certains ont grimpé tous les échelons jusqu’à devenir commandant de bord sur Concorde. Aujourd’hui, cela n’existe plus. Avant, on pouvait avoir un petit salaire à un moment dans sa vie mais on pouvait légitimement espérer autre chose. Un autre métier ou une autre carrière. Cet espoir n’est plus permis. La société est tellement sclérosée qu’on finit même par considérer comme un privilégié celui qui gagne 50 euros de plus que soi.

G. G. Chez les cheminots, l’écart maximum de salaire est de 1 à 3. Par contre, la direction s’emploie à remettre en cause le statut des cheminots en proposant aux jeunes des CDI. La direction propose un salaire d’embauche plus alléchant mais ce type de contrat n’offre aucune garantie de déroulement de carrière contrairement au statut.

 

HD. Les pilotes se sont heurtés au projet low cost de la direction dénoncé dès 2013 par la CGT. Leurs syndicats n’auraient-ils pas dû faire de même ?

D. J. Rassemblés, les salariés sont plus forts. C’est une évidence. J’ai été heureux de constater qu’à l’occasion de la grève, les syndicats de pilotes, à l’exception d’un seul, étaient dans l’action. Si les pilotes ne sont pas rentrés plus tôt dans la contestation du low cost, c’est dû au syndicat majoritaire, le SNPL, qui pratique la cogestion. Beaucoup de cadres du SNPL finissent par intégrer la direction.

 

HD. Le conflit a-t-il changé le regard des pilotes sur les autres catégories de personnels ? Sont-ils plus sensibles à l’unité syndicale dans l’entreprise ?

D. J. Les pilotes sont très sensibles à l’unité syndicale. Ils nous interpellent souvent. « Pourquoi n’êtes-vous pas tous ensemble ? » Mais, encore une fois, l’absence d’unité syndicale n’est pas de notre fait mais de celui du SNPL.

 

HD. Quid de l’unité avec les autres catégories de personnels ?

D. J. Cette intersyndicale salariée d’Air France a toujours été rêvée. Personnellement, j’adorerais faire partie d’un syndicat interprofessionnel. Malheureusement, il y a beaucoup de divergences entre syndicats que la direction peut facilement exploiter. Le conflit a néanmoins permis de faire avancer les choses. Des réunions intersyndicales ont eu lieu qui ont mis en évidence des analyses communes comme sur la low-costisation. Il est évident qu’à l’avenir si les pilotes débrayent avec tous les autres salariés, le rapport de forces sera différent.

 

HD. Gouvernement et direction ont passé leur temps à monter les usagers contre les grévistes. Face à ce battage, que peuvent faire les organisations syndicales ?

G. G. Quand les médias participent à la désinformation, c’est très compliqué. Il nous reste la solution d’informer nous-mêmes les usagers en leur distribuant des tracts. Nous l’avons fait avant et pendant la grève. Nous le ferons encore prochainement pour informer les usagers sur la journée d’action dans les transports que nous organisons le 4 novembre. Mais l’impact de ce type d’initiative reste limité. Aussi, à l’occasion du dernier conflit, nous avons tenté d’obtenir un débat public avec le gouvernement, la direction, les parlementaires, les usagers et leurs associations et les autres organisations syndicales. Ils ont refusé le débat.

D. J. Dans les médias, quand il y a une grève, les sujets des reportages à la télé et à la radio portent sur les difficultés des usagers pour se déplacer et jamais sur les causes du conflit. Le débat social est dans la superficialité. Rappelons qu’Air France a le plus gros budget publicité. Chaque jour, la compagnie achète de grosses quantités de journaux qu’elle met à disposition dans les avions. Cela pèse forcément. Mais l’absence de débat de fond n’est pas due qu’aux médias. L’Assemblée nationale ne joue pas son rôle. Nous nous sommes aperçus que beaucoup de députés ne connaissaient pas le dossier Air France. Les députés se sont plus intéressés à comprendre pourquoi la loi Diard n’avait pas permis d’empêcher la grève qu’à l’avenir d’Air France. La principale leçon qu’en retiennent certains, c’est la nécessité d’user la prochaine fois du droit de réquisition. Les salariés font grève, on interdit le droit de grève. Un jour, on interdira le droit de vote. Face à ce déferlement antigréviste, je crois que les pilotes n’ont pas suffisamment informé les voyageurs. Il faut descendre de notre piédestal et aller à la rencontre des autres.

 

HD. Quelques mots sur la journée d’action du 4 novembre…

G. G. Nous avons rencontré nos camarades de l’aérien, du routier, de l’équipement et de la marine. Nous sommes tous confrontés à la même chose : sous-traitance, low cost, concurrence entre les différents modes de transport… Il était nécessaire de construire ensemble une journée de mobilisation et d’interpeller le ministère des Transports.

 

HD. Est-il envisageable de voir un jour des pilotes d’Air France manifester aux côtés des cheminots ?

D. J. Ça ne me choquerait absolument pas ! Les pilotes ont toujours été demandeurs d’une politique de transports digne de ce nom. Aller manifester avec les cheminots pour réclamer une réflexion globale sur tous ces sujets me semble salutaire. Évidemment, je ne peux pas parler au nom des autres organisations syndicales.

 

(*) Contacté par « l’Humanité Dimanche », le SNPL a décliné l’invitation.

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Petite pub perso : maison à vendre par héritiers

Posté par jacques LAUPIES le 28 octobre 2014

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Tunisie, le Maghreb et nous…

Posté par jacques LAUPIES le 28 octobre 2014

DSC_1291 Rien à voir avec ce qui suit si ce n’est l’espérance

 

Un pays confronté à une révolution. Une révolution qui peine à trouver une issue digne de toute révolution : jeter les bases d’une transformation progressiste balayant les pratiques et traditions politiques du passé.

Même si chaque pays a son histoire et donc sa spécificité il est soumis a des affrontements de classe dont l’issue peut varier en fonction de la conscience et de l’organisation des individus et différentes catégories qui les composent.

Les pays du Maghreb, issus d’une relative  puissance et  prospérité séculaire des cultures musulmanes jusqu’au 18éme siècle et soumis peu à peu au développement de l’économie occidentale (notamment de l’industrie) au 19ème siècle sous une forme coloniale, ont du faire face à des luttes pour leur indépendance nationale afin de retrouver leur souveraineté.

Ces luttes ont pris appui à la fois sur les cultures et traditions populaires, reposant en particulier sur le phénomène religieux, et en même temps sur les apports des cultures politiques occidentales (républicaines, laïques, sociales) qui ont pesé dans le sens du développement de l’idée de démocratie.

Mais d’évidence, le poids des anciens colonisateurs, tout autant que la pression des grandes puissances à dominante libérale en économie, ont favorisé l’apparition de bourgeoisies nationales, liées parfois à des  héritages féodaux (ou tribaux) qui ont spéculé sur le sentiment identitaire des populations, la forte influence religieuse.

Il en est résulté des régimes autoritaires, de différentes formes, qui ont pris le soin d’éloigner et détruire toute résistance sociale progressiste, quitte à s’appuyer dans la deuxième moitié de 20ème siècle sur la puissance soviétique pour s’émanciper des interventions économiques, politiques, voire militaire des impérialismes occidentaux.

Ce processus avec l’effondrement du socialisme dans les pays de l’est et le développement de la mondialisation capitaliste ont créé une situation nouvelle qui se traduit par une suprématie libérale (idéologique et médiatique, économique et politique) que doivent subir et affronter les peuples du Maghreb au même titre que les peuples du monde entier.

Ne doit on pas comprendre les résultats électoraux, les affrontements guerriers dans ces pays, à l’appui de l’analyse, certes sommaire qui précède et en déduire que ces peuples doivent se doter de partis progressistes de transformations sociales mieux adaptés à leur besoin de véritable émancipation.

 

En Tunisie, Nidaa Tounès en tête des élections législatives

Rosa Moussaoui
Dimanche, 26 Octobre, 2 014
Photo : Fethi Belaïd/AFP

L’ancien premier ministre Béji Caïd Essebsi, un vétéran du bourguibisme qui se pose, à 88 ans, comme rempart à l’islamisme.
Photo : Fethi Belaïd/AFP
Les résultats des premiers dépouillements confirment la bipolarisation annoncée et l’avance du parti de l’ancien premier ministre Béji Caïd Essebsi, un vétéran du bourguibisme.
Le grand vainqueur des élections législatives de ce 26 octobre en Tunisie ? C’est sans surprise l’abstention, qui dépasse les 40% selon les chiffres fournis à la clôture des bureaux de vote par l’Instance supérieure indépendante pour les élections (ISIE). Les taux de participation, contrastés, montrent que les électeurs ont davantage boudé les urnes dans les régions du centre-ouest, où le taux de chômage, massif, entretient la désillusion et le sentiment d’abandon des populations. Berceau de la révolution tunisienne, le gouvernorat de Sidi Bouzid enregistre le taux de participation le plus bas du pays (48%). 
Les résultats des premiers dépouillements confirment la bipolarisation annoncée, avec un scrutin dominé par Ennahdha et Nidaa Tounes, le parti fondé par l’ancien premier ministre Béji Caïd Essebsi, un vétéran du bourguibisme qui se pose, à 88 ans, comme rempart à l’islamisme. En quelques mois seulement, cette formation hétéroclite, qui rassemble depuis certains éléments de la gauche syndicale jusqu’à des nostalgiques de l’ancien régime, est parvenue à s’imposer dans le paysage politique en jouant la carte du « vote utile », sans toutefois conquérir la majorité absolue qui lui permettrait de gouverner sans alliances.
Chassés du pouvoir sous la pression de la rue au début de l’année, les islamistes, eux, sont bel et bien sanctionnés, mais ils ont limité la casse grâce à leur enracinement militant et à leur argumentaire de campagne mettant leur échec sur le compte d’adversaires politiques qui auraient « entravé leur action au gouvernement ». « C’était une campagne difficile, nous avions des comptes à rendre. Nous avons pris le pouvoir dans une situation économique et sécuritaire  dégradée, dans un pays pillé par le clan Ben Ali, avec pour mission de conduire une transition démocratique fragile. Mais nous avons, en dépit de tous les obstacles, réussi à mener ce pays aux élections », justifiait à la veille du scrutin Larbi Guesmi, membre du Majliss Choura, le conseil consultatif d’Ennahdha. Tant pis pour les attentes sociales déçues de la révolution : ces deux grands partis partagent, sur le terrain économique, la même ligne néolibérale. « La conjoncture socio-économique ne tolère plus de grèves ni de protestations », répétait Béji Caïd Essebsi en 2011, lorsqu’il dirigeait le gouvernement de transition. Antienne reprise par ses successeurs islamistes, qui voyaient dans toutes les protestations sociales la main de l’opposition. Ennahdha survit en tous cas seule à la « troïka » constituée à la sortie des élections de 2011. Balayés, les sociaux démocrates d’Ettakatôl et le Congrès pour la République du président Marzouki, chahuté à sa sortie du bureau de vote d’El Kantaoui à Sousse, semblent payer, de leur côté, le prix fort de la sanction infligée à cette boiteuse coalition.
« Les indicateurs que nous avons sont positifs et nous rassurent », s’est réjoui Béji Caïd Essebsi au terme du scrutin, lors d’une conférence de presse au siège de son parti aux Berges du Lac, un quartier huppé de Tunis. Le secrétaire général de Nidaa Tounes, Taïeb Baccouche, a laissé entendre que « l’écart entre Nidaa et Ennahdha » était « respectable ».
À l’autre bout de l’échiquier, l’extrême polarisation du scrutin et la faible dispersion des voix handicape les forces de gauche, divisées et marginalisées. Seul le Front populaire de Hamma Hammami semble en mesure de tirer son épingle du jeu grâce au mode de scrutin, la proportionnelle au plus fort reste, qui favorise les petites formations. Symbole fort, la veuve de Mohamed Brahmi, dirigeant du Front populaire assassiné le 25 juillet 2013, est élue sous les couleurs de la coalition de gauche à Sidi Bouzid. Mais la triste surprise du scrutin vient de la percée des listes parrainées par le populiste Slim Riahi, propriétaire d’un club de football très populaire dans la jeunesse, le Club Africain. Avec son Union patriotique libre (UPL), cet homme d’affaires a puisé dans sa fortune aux origines douteuses pour mettre sur pied, dans les quartiers déshérites, de solides réseaux clientélistes qui ont pesé sur le scrutin. Les jeunes technocrates libéraux d’Afek Tounès, enfin, seront eux aussi représentés au Parlement. Avec une telle configuration, les islamistes, qui ne présentent pas de candidat à l’élection présidentielle du 23 novembre pour monnayer les voix de leur base, devraient continuer de plaider en faveur d’un « gouvernement d’union nationale », au nom du « consensus ».
Près de quatre ans après le soulèvement populaire qui a conduit à la chute du dictateur Zine El Abidine Ben Ali, le scrutin s’est déroulé sans incidents majeurs, malgré les menaces d’attentats. Au total, 80 000 soldats et policiers étaient mobilisés pour sécuriser les opérations de vote. Le Premier ministre Mehdi Jomaa a salué une « journée historique » et « une lueur d’espoir », en référence au destin chaotique des pays arabes qui ont connu en 2011 des soulèvements, dans le sillage de la révolution tunisienne. L’ISIE, qui a jusqu’au 30 octobre pour proclamer les résultats définitifs, pourrait annoncer dès ce lundi de premiers résultats partiels.

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