• Accueil
  • > Archives pour novembre 2014

De viva Hollanda à viva marina

Posté par jacques LAUPIES le 30 novembre 2014

 
De Jaurès à Gattaz – Itinéraire de François… par CN-PCF[/dailymotion]

Cette vidéo vient de m’être adressée par un correspondant.

 

 

Au stade où nous en sommes avec François Hollande on peut comprendre que l’on se laisse aller à un certain humour lequel traduit le sentiment que peuvent avoir les français à l’égard de leur Président.

Je ne m’appesantirais pas sur la question mais il faut reconnaître que ces français ne sont pas gâtés et qu’ils assistent à des exhibitions des principaux dirigeants politiques qui frisent la mascarade. Le mot parvient parfaitement pour les définir sauf que les intéressés n’ont plus à se déguiser pour se donner une apparence trompeuse.

Je sais fort bien que la sympathie pour quelqu’un, à de rares exceptions près, en particulier si on le connaît et le fréquente souvent s’il est parmi nos proches, cette sympathie, lorsqu’il n’est pas de notre intimité, est vite remplacée par des sentiments peu amènes qui vont de l’indifférence au mépris et pour les plus vulnérables à la haine.

C’est sans doute ce qui conduit beaucoup de personnes que je rencontre à juger de la sorte les Sarkosy, les Hollande, et leur entourage avec qui ils exercent ou ont exercé le pouvoir. Si petit pouvoir dont on sait qu’ils le doivent à d’autres plus puissants.

J’ai écouté avec attention le discours de Marine Le Pen ce dimanche et elle a usé abondamment de tous les arguments faciles pour démolir ces amateurs de mascarade. La tâche est facile et ne nous y trompons pas, mis à part le parterre de militants qui l’a acclamé et dont on sait fort bien qu’il n’est pas aussi homogène qu’il y parait, la masse des électeurs qui accorde leur soutien au FN sont victimes de ce que je considère comme une extraordinaire manipulation.

Une manipulation qui repose sur l’exploitation bien réelle des conséquences de la politique de l’UMP et puis du PS (on devrait dire de sa « minorité » libérale qui mène le bal), qui repose sur le transfert de sa critique sur la responsabilité (entièrement faussée) de l’immigration, et plus récemment sur une véritable démagogie sociale qui emprunte, d’apparence, beaucoup aux propositions et analyse des communistes.

Le tout étant complété par d’inquiétantes harangues nationalistes, un poujadisme (qui met en opposition les PME et le CAC 4O) le tout enrobé d’un pseudo anti européanisme et arrosé d’une affirmation de la libre entreprise (qui n’est évidemment que l’affirmation de l’attache au libéralisme économique) et une inquiétante affirmation de républicanisme, de pseudo laïcité, de démocratisme  avec recours au référendum.

On sait ou cela va conduire : du social il n’y en aura pas sinon en donnant d’un côté ce que l’on reprendra de l’autre, du capitalisme il y en aura toujours et cela est dit, la république laïque risque bien de ne pas l’être pour tous (musulmans en tête) quant aux consultations, notre histoire de France est bourrée d’exemples où elle peut se retourner contre la vraie démocratie.

Et, pour en revenir au parterre de ce Congrès, vous y trouverez certes des nouveaux en cours de formatage mais aussi quelques anciens qui sont républicains autant que moi je suis pape (façon de parler car le pape actuel nous rappelle à des valeurs que ne nous sont pas étrangères)

Alors mes chers compatriotes qui croyez qu’il faut essayer puisque les autres vous ont déçus, excusez ma franchise, mais quand vous aurez essayé il sera trop tard et ne dites pas que l’on ne vous aura pas prévenus. L’avertissement vaut pour ceux qui n’ont pas compris que leur incurie (ou leurs compromis) lconduit à faire joujou avec un parti qui présente bien des risques pour leur avenir.

Ah mais j’oubliais, cette maxime, fatale aux communistes parfois : « on ne fait pas le bonheur des gens malgré eux ». C’est Victor Hugo qui a dit je crois, que cette usurpatrice ose citer, : « et s’il en reste un je serai celui là » parlant des opposants à l’Empereur dit « le petit ».

 

DSC_0331-1

Regardez les bien et lisez entre leurs lignes…

 

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Quelle stratégie pour les communistes ?

Posté par jacques LAUPIES le 30 novembre 2014

DSC_0101

Photo prise au cours d’une émission sur la réforme territoriale au cours de laquelle personne n’est venu vraiment la contester, cependant nombreux sont ceux qui ne sont pas d’accord, tout comme les communistes…

 

La lecture de l’article ci dessous, paru jeudi dans l’Humanité, dispense de faire l’analyse de la situation  politique dans le pays, concernant plus particulièrement le comportement de la droite.

Une chose est sure : cette dernière sous l’effet désastreux que produisent dans la population la politique gouvernementale et les commentaires qu’en font les médias, selon les tendances qu’ils représentent, sont là pour lui permettre de récupérer le mécontentement.

Pour ces médias : 

- soit qu’ils tentent de rendre crédible les politiques de Hollande et Valls en expliquant que la dette contraint à des économies budgétaires incontournables et frappent les français dans le domaine fiscal, des revenus, ou encore des services publics de manière inévitable.

- soit qu’ils tentent de décrédibiliser cette politique en lui opposant ce qui serait pire : aggraver les difficultés de ces mêmes français, en allant encore plus loin dans ces économies pour réduire la dette et en enrobant le tout de démagogie basée sur des mesures du genre « je donne ici mais je reprendrai là » !

Mais aucun relais sérieux des propositions que font les communistes et leurs alliés Notamment la relance par la consommation avec l’augmentation des salaires, des retraites, des minimas sociaux, la retraite à 60 ans et bien entendu des exigences nouvelles au plan européen pour un rehaussement des droits sociaux, une autre politique dégageant de la pression des marchés financiers et surtout, l’établissement d’une nouvelle fiscalité en France, qui pourrait servir d’exemple aux autres peuples.

Alors que faire pour renverser le rapport des forces politiques ?

Rassembler sur ces objectifs que nous énonçons à partir de notre réflexion et c’est ce que nous avons fait depuis pas mal de temps et qui vient d’être réaffirmé par notre dernière conférence nationale.

Mais pour rassembler il faut être fort soi-même car en politique ce qui compte avant tout pour que les idées « passent » c’est l’action et l’action également n’a d’efficacité  que si elle est fortement appuyée par des idées bien élaborées et cohérentes. L’étape du renforcement et de l’affirmation de notre identité est nécessaire.

Nous le disons et le répétons sans arrêt, le mouvement social est indispensable avec une forte mobilisation exigeant de manière la plus globale possible la satisfaction des revendications salariales, la garantie de droits sociaux à préserver et à améliorer et à inventer.

Mais est indispensable aussi le soutien au parti qui de ce point de vue est un porteur sans réserve de ces objectifs y compris et surtout en le renforçant. D’où l’importance des élections qui permettent d’une part à des femmes et des hommes de les défendre dans les assemblées élues mais également de créer au niveau les partenaires (et même des adversaires) un comportement clair sur ces questions.

Les élections départementales seront un moment important dans cette démarche et nous ne pouvons qu’appeler tous ceux qui voient en notre parti une force déterminante et compétente, rassembleuse mais aussi garante des contenus programmatiques et de leur application.

La Section de Tarascon du PCF défend cette orientation, conforme d’ailleurs aux décisions de Congrès et elle appelle tous ceux qui ont gardé leur confiance à notre Parti à contribuer à les mettre en œuvre.

 

JOURNEE D’ETUDE ORGANISEE PAR LA SECTION DE TARASCON DU P.C.F.

13 DECEMBRE DE 9H 30 A 16 H 00 – 35 RUE MONGE 13150 TARASCON

 

THEME CONNAISSANCE DU PCF ET DE SES ORIENTATIONS POLITIQUES

 MATINEE

Histoire du mouvement ouvrier de 1848 à nos jours.

Le Parti Communiste : naissance au Congrès de Tours en 1920 .

Eléments fondamentaux : Base philosophique, L’exploitation du capital, etc.

 RESTAURATION PREVUE SUR PLACE  

 APRES MIDI

Le Projet communiste actuel.

Axes stratégiques (Front de Gauche, Front du peuple, rassemblement pour une réorientation à gauche, etc.)

L’identité communiste (raison d’être et développement)

Discussion.

 Le stage sera animé par Jérémy BACCHI, responsable départemental à la  formation du 13

 POURRONT PARTICIPER A CETTE JOURNEE LES MEMBRES DU PCF DES SECTIONS DE  TARASCON CHATEAURENARD, BEAUCAIRE ET ARLES AINSI QUE DES INVITES

Inscriptions – Tél : 06 45 47 03 90 (Jacques LAUPIES)

 

 Dans l’Humanité Dimanche.

Cédric Clérin et Benjamin König
Jeudi, 27 Novembre, 2014

 

Quelle stratégie pour les communistes ? dans POLITIQUE 648x415_illustration-pupitre-siege-ump
PHOTO JOEL SAGET/AFP
Préparées, mais pas encore rangées pour la bataille… Si les droites apparaissent en nette position de force grâce 
à la déception engendrée par Hollande et ses reniements, le paysage a profondément changé ces dernières années.  Le centre veut exister à nouveau, Sarkozy sauver une UMP exsangue que lui dispute Juppé, et le FN cristallise à tel point le rejet des politiques que sa dirigeante revendique la stature de « première opposante ». Pourtant, au-delà des ego, ces partis ont un programme catastrophique pour les salariés et les citoyens.

Inaudible pendant près de deux ans, empêtrée dans une guerre des chefs Fillon-Copé, la droite est de retour. La perspective d’une victoire aisée lors des prochaines échéances électorales aiguise les appétits. À commencer par celui de Mme Le Pen, qui, si le premier tour de la présidentielle avait lieu aujourd’hui, arriverait en tête dans toutes les hypothèses (lire ci-contre). Depuis plus de 20 ans, jamais le total des droites n’avait atteint un tel score cumulé de près de 70 %…

Quand la gauche n’est pas la gauche, elle laisse le champ libre à une droite des plus réactionnaires. « Les idées ne comptent pas, ils ont tous les mêmes ! » C’est dans ce contexte que se tiennent les 29 et 30 novembre les deux « congrès plébiscites » de l’UMP et du FN. L’enjeu, mis en scène jusqu’à l’écœurement : une guerre des chefs sans merci. « Les abrutis qui ont sifflé Alain Juppé n’ont rien à faire à l’UMP », a rugi l’ancien ministre Dominique Bussereau après que le maire de Bordeaux a été hué dans « sa » ville par des militants sarkolâtres. « Je vais te tuer », avait d’ailleurs promis l’ex-président à son rival, lequel a rétorqué : « Tu sais où me trouver. » Ambiance… qui en dit long sur le débat d’idées au sein de la droite.

Pourtant, la lutte d’influence est réelle, autour de thèmes parfois traditionnels (sécurité, immigration, assistanat) ou qui ont émergé plus récemment, à commencer par les questions sociétales et familiales. C’est un des nouveaux enjeux idéologiques entre UDI, UMP et FN : la récupération du grand mouvement de repli sur les valeurs traditionnelles, issu de la Manif pour tous. Le programme ? Peu importe, comme le dit sans détour une militante UMP lors du meeting de Nicolas Sarkozy à Versailles, début novembre : « Ce ne sont pas les idées qui comptent puisqu’ils ont tous les mêmes. » Le centre, proche 
du milieu ? Cause ou conséquence des déboires de l’UMP, le centre, quasiment avalé en 2002 dans l’UMP, veut désormais s’autonomiser.

De ce point de vue, la victoire à la présidence de l’UDI de Jean-Christophe Lagarde en lieu et place de Jean-Louis Borloo, retiré de la vie politique, change la donne. Le nouveau président a fait campagne sur la volonté de construire « un centre conquérant » qui n’a pas vocation « à être le supplétif de qui que ce soit », bien qu’il reste « l’allié naturel de l’UMP ».

Mais la révolution réside dans le fait que, pour la première fois, le parti issu de la démocratie chrétienne bon teint veut s’adresser aux classes populaires. Depuis 15 ans qu’il est maire de Drancy (Seine-Saint-Denis), Lagarde multiplie les signes envers l’électorat populaire et/ou de gauche : en votant non à la constitution européenne ; en instaurant la cantine gratuite ; en votant le mariage pour tous… Les nombreuses suspicions et affaires de clientélisme qui entourent le maire de Drancy et ses alliés pourraient cependant fragiliser l’UDI à l’avenir, d’autant qu’elles témoignent du caractère très « prêt à tout pour réussir » de son président.

Réussir l’amalgame de caïds des quartiers et de notables bourgeois de l’ancienne UDF n’est pas une mince affaire. S’il réussit, l’UDI pourrait prendre le pas sur le MODEM de François Bayrou, avec qui ils ont réalisé 10 % aux dernières élections européennes. Les zigzags politiques et idéologiques du centre dans les années à venir pourraient bien conditionner les recompositions à droite, y compris avec les partisans socialistes, Manuel Valls en tête, d’une mutation « démocrate ». UMP : blanc bonnet, 
bonnet d’âne L’élection du 29 novembre à la tête du parti met aux prises trois candidats : l’archi-favori Nicolas Sarkozy, qui devrait être élu avec un score beaucoup moins large que prévu (environ 60 % au lieu des 80 % espérés), son ancien ministre Bruno Le Maire, et le député de la Drôme, Hervé Mariton, chef de file des militants de la Manif pour tous.

Mais la rivalité la plus à vif, celle qui opposera sans doute l’ex-président à Alain Juppé, aura lieu lors de primaires qui désigneront le candidat en 2016. Avec quel programme ? Le même, ou presque. On serait bien en peine de deviner qui a prononcé ces phrases : « En finir avec le carcan des 35 heures » (Juppé), « déroger aux 35 heures par accord d’entreprises » (Sarkozy). « Supprimer l’impôt sur la fortune, ramener la dépense publique à 50 % du PIB avec 100 milliards d’euros de coupes budgétaires » (Juppé), « règle d’or de la dépense publique : pas plus de 50 % » (Sarkozy). Quant à l’âge de la retraite, ce sera 65 ans pour Juppé et 63 ans (dans l’immédiat) pour Nicolas Sarkozy. Blanc bonnet et bonnet blanc, en somme.

La stratégie du bouc émissaire fonctionne à plein chez tous les dirigeants : chômeurs, « assistés », immigration… Que Nicolas Sarkozy a même qualifié de « menace pour notre façon de vivre ». Reste pour se distinguer la question devenue centrale de « la famille » et du mariage pour tous. L’ex-président a tenté de récupérer cet électorat : « Franchement, si ça vous fait plaisir (d’abroger la loi sur le mariage pour tous – NDLR), ça ne coûte pas très cher. » Stratégie opposée pour Alain Juppé, qui veut se construire une image plus centrale et rassembleuse, y compris parmi les électeurs socialistes et centristes, en se déclarant favorable à l’adoption pour les couples homosexuels. Le FN en embuscade Fort de ses récents succès électoraux, nourris par le désespoir d’un changement qui n’est décidément pas « pour maintenant », le parti d’extrême droite tente de se présenter en alternative.

Le congrès de Lyon, ce week-end, est une formalité pour Mme Le Pen – hormis quelques bisbilles d’influence entre sa nièce Marion Maréchal-Le Pen et son bras droit Florian Philippot. L’enjeu ? Unir les troupes en vue des élections à venir et ratisser large, comme en témoignent ses appels en direction de Nicolas Dupont-
Aignan ou Jean-Pierre Chevènement.

En somme, donner l’impression d’un parti prêt à gouverner, ce qui est loin d’être le cas : problèmes et scandales s’accumulent dans les 10 mairies gérées par le FN, et la structure du parti reste finalement celle d’une entreprise familiale. La fille de Jean-Marie a teinté son discours d’un vernis social couplé à l’habituel refrain nationaliste. Un vernis seulement : les syndicats, selon elle, sont « discrédités », car « opposés au patriotisme économique ».

Elle veut donc « permettre à n’importe quel syndicat de se créer » – pour remplacer les existants, CQFD. On peut aussi lire dans le programme du FN des phrases telles que « se libérer des marchés financiers » ou « augmenter les salaires » (mais au détriment de la Sécu, via une baisse des cotisations sociales).

Surtout, on retrouve les fondamentaux : « remise en cause des subventions aux associations ne relevant pas de l’intérêt général », « peine de mort », « interdiction des manifestations de soutien aux sans-papiers », ou bien encore l’élargissement de la liste des emplois réservés aux seuls Français.

Un « repli nationaliste » réel mais instrumentalisé par Manuel Valls, qui ne cesse d’agiter les marionnettes FN-droite afin d’exiger un ralliement sans conditions à sa politique. C’est pourtant là que se creuse le lit d’un torrent réactionnaire annoncé.

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Prenez connaissance de la vérité sur la réforme territoriale

Posté par jacques LAUPIES le 29 novembre 2014

 
Ep.25 – Le Hold up démocratique par CN-PCF[/dailymotion]

Publié dans POLITIQUE | 1 Commentaire »

Leïla Shahid : « Netanyahou veut transformer 
un conflit colonial en une guerre de religion »

Posté par jacques LAUPIES le 29 novembre 2014

 

 

Entretien réalisé par 
Nadjib Touaibia
Jeudi, 27 Novembre, 2014

 

Leïla Shahid : « Netanyahou veut transformer 
un conflit colonial en une guerre de religion » dans POLITIQUE leilashahid

PHOTO STEPHAN AGOSTINI / AFP
Dans l’Humanité Dimanche. Leïla Shahid, ambassadrice de la Palestine auprès de l’UE : « la reconnaissance est une forme de protection du territoire de ce qui doit devenir l’État palestinien, de ses frontières, de sa capitale, du droit des Palestiniens à 
l’autodétermination, en attendant que l’on mette fin à l’occupation militaire. »

Le feu qui couve à Jérusalem-Est pourrait bien être le début d’une troisième Intifada, explique Leïla Shahid, ambassadrice de la Palestine auprès de l’UE. Après deux mois de guerre à Gaza, face au harcèlement des autorités israéliennes et des colons, les Palestiniens, jeunes en tête, se livrent à des actes de résistance spontanés mais désespérés et sans encadrement politique. C’est le moment choisi par Benyamin Netanyahou pour demander à la Knesset un texte définissant Israël comme « État du peuple juif », à rebours de la déclaration d’indépendance de 1948 qui promettait « une citoyenneté pleine et égale » aux Arabes israéliens. Le premier ministre, qui n’accepte pas le processus de reconnaissance de l’État palestinien initié par plusieurs pays européens, met en garde les parlementaires français qui doivent se prononcer le 2 décembre. 

 

HD. Quelque 135 pays reconnaissent déjà l’État de Palestine, d’autres sont interpellés par leurs parlementaires pour cette reconnaissance. 
Dans quelle mesure cela peut-il peser sur la politique israélienne ?

Leïla Shahid. Rappelons que, pour la plupart de ces pays, cette reconnaissance a eu lieu dans le monde de la guerre froide, dans un contexte international d’un autre ordre. Il faudrait donc plutôt évoquer les reconnaissances les plus récentes, celle de la Suède et celles de Chypre et de Malte, qui constituent des reconnaissances authentiques avec des conséquences au plan diplomatique. C’est là dans tous les cas le dernier recours dans une situation où les États n’assument pas leurs responsabilités face aux violations israéliennes. La reconnaissance est une forme de protection du territoire de ce qui doit devenir l’État palestinien, de ses frontières, de sa capitale, du droit des Palestiniens à 
l’autodétermination, en attendant que l’on mette fin à l’occupation militaire. Sinon quel sens peut bien avoir la solution de deux États, lorsque l’un d’entre eux est en train de disparaître sous le rouleau compresseur de la colonisation.

HD. Pourquoi Israël accuse-t-il systématiquement Mahmoud Abbas d’inciter à la violence dans Jérusalem-Est ?

L. S. Je pense que le gouvernement de Netanyahou est probablement le plus extrémiste qu’Israël ait connu depuis sa fondation en 1948. Trois membres de son gouvernement, à la tête de ministères importants – Affaires étrangères, Économie et Industrie, Logement –, sont des personnalités responsables de mouvements coloniaux, qui habitent eux-mêmes dans des colonies, appellent à la colonisation de toute la Palestine et à l’annexion définitive et totale de Jérusalem-Est. Les attaques en direction de Mahmoud Abbas sont tout simplement le fait d’un gouvernement qui ne veut pas faire la paix. Elles ciblent un président qui est aux yeux du reste du monde, et non seulement des États-Unis et de l’Europe, un partenaire pour la paix. Ces attaques ont commencé après l’arrêt des négociations, aussitôt après la fin des tentatives de John Kerry, le secrétaire d’État de Barack Obama. Tout comme du temps du président Arafat après l’épisode de Camp 
David. C’est en fin de compte « l’assassinat symbolique » de la personne, comme préparation de son élimination physique. Cette politique est suicidaire. Mais Netanyahou n’adopte que des tactiques qui servent à préserver sa position de premier ministre, et non pas des stratégies en faveur de solutions pour l’avenir de son peuple. En réalité, il cherche seulement à gagner du temps. En essayant de délégitimer le président Abbas, il pense qu’il évite les pressions que le monde entier fait sur lui pour reprendre des négociations sérieuses.

HD. Comment expliquez-vous 
la récente succession d’actes 
de violence dans Jérusalem-Est ?

L. S. Cette explosion était prévisible. Netanyahou essaye de transformer un conflit colonial en une guerre de religion pour rejoindre la coalition internationale contre Daesh. Les premiers signes en sont apparus il y a plusieurs mois, lorsque la répression a atteint son maximum. La poussée coloniale sur Jérusalem-Est n’a jamais été aussi importante que sous l’actuel gouvernement israélien. Trois cent mille colons occupent les quartiers autour de la ville, qui est désormais comme prise en otage avec le mur dont la construction a été commencée par Sharon. Sans compter la création de foyers de colons dans des quartiers plus centraux qui sont l’extension de l’esplanade des Mosquées. Les colons installés là aménagent des passages pour être reliés au quartier juif. Depuis l’arrivée au pouvoir de Netanyahou, il y a trois ans, les habitants de Jérusalem-Est sont systématiquement harcelés, le but étant de les faire partir. Ils sont privés de permis de construire ou de réparation des habitations endommagées, soumis à des taxes très élevées qu’ils n’ont pas les moyens de payer et se font exproprier. Il y a par ailleurs un groupe de colons, qui appartient au mouvement fondamentaliste juif, nationaliste, dénommé les Adorateurs du mont du Temple, qui appelle à détruire les deux mosquées, al-Aqsa et al-Sakhra, et à reconstruire le temple juif à la place. Netanyahou a lâché la bride à ce mouvement. Les Palestiniens prennent très au sérieux cette menace de destruction des mosquées. C’est cette provocation religieuse qui a suscité, je pense, une nouvelle forme de résistance à Jérusalem qui n’est ni le fait du Hamas, ni du Fatah, ni du Front populaire, mais de citoyens excédés et prêts au sacrifice parce qu’ils n’ont rien à perdre. Pourquoi pendant 60 ans n’a-t-on pas pris pour cible des lieux de prière ? Les réactions auxquelles on assiste sont des réponses à des provocations à caractère religieux. Et ce fut cette fois la tragédie d’une attaque dans une synagogue où priaient des rabbins. Je rappelle par ailleurs que la violence et la haine de colons extrémistes ont déjà fait l’objet d’un rapport des consuls généraux en poste à Jérusalem adressé à Bruxelles il y a plus d’un an. Ces derniers s’alarmaient de l’impunité du gouvernement Netanyahou. Cette même impunité qui a conduit les assassins du jeune Mahmoud Khdeir, kidnappé à Jérusalem-Est, à le brûler vif dans les bois. L’un d’entre eux était fils de rabbin.

HD. Faut-il s’attendre à une nouvelle Intifada ?

L. S. Oui, il est évident que nous sommes en présence d’une nouvelle forme d’Intifada, d’une réaction spontanée de résistance à l’occupation. Les deux premières ont ainsi commencé puis elles se sont organisées autour d’une direction politique qui représentait la plupart des courants. Partie de Jérusalem, cette Intifada peut s’étendre en réaction aux 2 mois de guerre à Gaza – 2 400 morts, dont 500 enfants, et des milliers de blessés, sans compter la destruction de toute l’infrastructure de la ville –, elle peut s’étendre en réaction au sort de la Cisjordanie, qui est fragmentée, déchiquetée tous les jours. Il y a donc effectivement toutes les conditions d’une troisième Intifada, qui sera à mon avis beaucoup plus difficile pour la puissance occupante parce que sans direction politique connue.

HD. Doit-on s’attendre à 
de nouvelles représailles de la part 
du gouvernement israélien ?

L. S. Oui, des représailles tribales, archaïques, moyenâgeuses, qui consistent à détruire les maisons des familles des jeunes gens qui sont passés aux actes. Cette politique de châtiments collectifs avait été suspendue pendant plusieurs années, parce que les renseignements israéliens eux-mêmes disaient qu’elle allait produire plus de colère et plus d’actes de résistance. On ne le répétera jamais assez : la solution ne peut être que politique. Elle est fondamentalement liée à la fin de l’occupation militaire.

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Une vidéo qui interpelle

Posté par jacques LAUPIES le 28 novembre 2014

 Les médias nous habituent à toutes sortes de drames et l’on en viendrait à n’y plus prêter attention pour ne pas se faire absorber par la répugnance que cela généralement nous inspire, car nous avons des priorités.

Le fait divers a toujours une signification pour celui qui le capte et le met en avant. L’objectif premier est généralement de faire de l’audimat, de vendre des journaux et ce n’est pas pour rien que les gros titres des unes de la presse écrite, l’ouverture des journaux télévisés se fait sur toutes sortes de faits les plus sordides les uns que les autres.

L’Humanité ne fait pas dans ce registre. Il y a la une hauteur de vue qui honore ce journal et son équipe.

Que soit évoquée la mort d’un gamin de 12 ans qui visiblement jouait comme tant de jeunes garçons jouent, cherchant à travers le jeu une  sorte de provocation fréquente à cet âge là, est évidemment utile vu les circonstances et le contexte dans lequel cela intervient.

Car tout laisse penser qu’aux Etats Unis les policiers ont la gâchette facile lorsqu’il s’agit de la population qualifiée pudiquement d’afro-américaine, et non plus de noire.

Mais en France nous avons connu des « bavures » semblables. Le plus grave est qu’une frange de la population de s’émeut pas outre mesure de ce qui arrive.

Que dire de ces évolutions ? Sans doute qu’il faut être vigilant et ne rien laisser passer de ces violences surtout quand elles émanent de la chaîne de ceux qui doivent veiller à notre sécurité, quelle que soient les difficultés et les responsabilités auxquelles ils sont confrontés

 

 

 

 

Enfant tué à Cleveland: la vidéo qui met en doute la version des policiers

Jeudi, 27 Novembre, 2014

 

Une vidéo qui interpelle dans POLITIQUE tamir_rice

Capture vidéo
Un jeune policier de Cleveland a tué par balle samedi un enfant afro-américain de 12 ans qui jouait avec un faux pistolet dans une aire de jeu. Une vidéo montre qu’il a été abattu par l’agent, à peine celui-ci arrivé sur les lieux, ce qui correspond mal avec ses déclarations.

C’est pourtant la police, à la demande de la famille de la victime, qui a rendu public cette vidéo prise par une caméra de surveillance. Cette vidéo de 8 minute, sans son, montre le jeune garçon, Tamir Rice, jouer avec son faux pistolet. Il le fait tourner sur son doigt comme dans les westerns, dégaine et rengaine prestement le jouet à sa ceinture, et fait parfois mine de viser les passants. On le voit ensuite passer un bref appel avec son téléphone portable, faire une boule de neige et se mettre à l’abri sous un kiosque dans le parc. Pendant ce temps, un témoin a appelé la police: « Il y a un gars avec un pistolet », selon la bande audio de cet appel, également rendu public par la police. « C’est probablement un faux pistolet mais il le pointe vers les passants », ajoute cette personne, qui dit bien qu’il s’agit d’un jeune garçon. Problème, l’opérateur ne signale pas ce dernier élément aux agents en patrouille envoyés sur les lieux. Ceux-ci arrivent rapidement, se garent à la cow-boy sur la pelouse du parc. Le jeune garçon se dirige tranquillement vers la voiture, son jouet à la ceinture. Il ne lève pas les mains. Il est abattu par un des policiers à peine sorti de sa voiture.

Le policier qui a tiré est présenté comme très inexpérimenté: Timothy Loehman, 26 ans, est entré dans la police début mars. Son collègue qui conduisait la voiture, Frank Garmback, 46 ans, est en service lui depuis 2008, selon le chef adjoint de la police, Edward Tomba. « Les agents lui ont demandé trois fois de mettre les mains en l’air », a expliqué l’officier lors d’une conférence de presse, précisant que la vidéo avait été rendue publique à la demande de la famille de la victime, et « n’est pas destinée à exonérer » les agents impliqués. Vu la rapidité de l’action pourtant, difficile d’imaginer qu’il y a bien  eu ces 3 sommations. La police avait souligné lundi que les agents n’avaient pas pu voir que l’arme du jeune garçon était factice. Les deux policiers impliqués ont été interrogés et sont suspendus de leurs fonctions.

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Boutade : le pape et nous !

Posté par jacques LAUPIES le 27 novembre 2014

 

WIN_20140911_152754

J’oserai presque en boutade dire « le pape et moi »

Le pape est dit-on un Chef d’Etat, celui du Vatican. Qu’il y règne en monarque élu par des évêques venus du monde entier lui confère une autorité évidemment religieuse éminemment plus importante.

Mais il semblerait cependant qu’il ait dans l’ambiguïté de cette double fonction dont la seconde pèse plus lourdement que la première, tenté de s’en tenir aux limites d’un discours éminemment politique. Et ses références à la transcendance, bien naturelles puisqu’il est le pape, ne peuvent être l’arbre qui cache la forêt des réalités économiques et sociales sur lesquelles il revient en permanence.

Et tous ceux qui se laissent aller à l’anticléricalisme, que personnellement je serais tenté d’utiliser fréquemment tant je constate que les religions monothéistes ont fait et font encore un usage nuisible  à l’évolution de l’humanité, n’ont pas nécessairement raison de l’être en la circonstance.

Il faudrait citer les trois quarts du discours de ce pape pour étayer ce point de vue. C’est pourquoi j’en conseillerai la lecture.

Faire appel à un peu plus de circonspection en l’occurrence parait utile d’autant que nous avons à mener un combat unitaire d’où se tiennent éloignés nombre de catholiques avec lesquels nous pouvons agir.

Je cite 3 paragraphes mais j’invite mes lecteurs  à lire le discours en entier :

« Aujourd’hui, la promotion des droits humains joue un rôle central dans l’engagement de l’Union Européenne, en vue de favoriser la dignité de la personne, en son sein comme dans ses rapports avec les autres pays. Il s’agit d’un engagement important et admirable, puisque trop de situations subsistent encore dans lesquelles les êtres humains sont traités comme des objets dont on peut programmer la conception, le formatage et l’utilité, et qui ensuite peuvent être jetés quand ils ne servent plus, parce qu’ils deviennent faibles, malades ou vieux.

Quelle dignité existe vraiment, quand manque la possibilité d’exprimer librement sa pensée ou de professer sans contrainte sa foi religieuse ? Quelle dignité est possible, sans un cadre juridique clair, qui limite le domaine de la force et qui fasse prévaloir la loi sur la tyrannie du pouvoir ? Quelle dignité peut jamais avoir un homme ou une femme qui fait l’objet de toute sorte de discriminations ? Quelle dignité pourra jamais avoir une personne qui n’a pas de nourriture ou le minimum nécessaire pour vivre et, pire encore, de travail qui l’oint de dignité ?

Promouvoir la dignité de la personne signifie reconnaître qu’elle possède des droits inaliénables dont elle ne peut être privée au gré de certains, et encore moins au bénéfice d’intérêts économiques. »

Certes le pape ne prône pas le combat de classe contre les multinationales et n’avance pas l’idée de collectivisation, mais il dénonce un système que nous communistes voulons dépasser. Cela n’est déjà pas si mal !

http://www.eglise.catholique.fr/sengager-dans-la-societe/leurope/386833-discours-du-pape-francois-au-parlement-europeen/

 

Un autre extrait à partir duquel ceux qui, non perfectionnistes en « écriture », me font l’honneur de suivre mes commentaires, reconnaitront l’une de mes préoccupations, fondée sur mon insistance à opposer l’homme (l’humain) être social au concept purement individualiste et « naturel ». Une préoccupation exprimée par le pape qui sans entrer dans une profonde réflexion philosophique, en dit cependant assez pour déranger ces catholiques ultras ou néophytes, qui hantent les rangs du FN et d’un certaine droite et au delà d’ailleurs !

« Mais il convient de faire attention pour ne pas tomber dans des équivoques qui peuvent naître d’un malentendu sur le concept de droits humains et de leur abus paradoxal. Il y a en effet aujourd’hui la tendance à une revendication toujours plus grande des droits individuels, qui cache une conception de la personne humaine détachée de tout contexte social et anthropologique, presque comme une « monade » (μονάς), toujours plus insensible aux autres « monades » présentes autour de soi. Au concept de droit, celui – aussi essentiel et complémentaire – de devoir, ne semble plus associé, de sorte qu’on finit par affirmer les droits individuels sans tenir compte que tout être humain est lié à un contexte social dans lequel ses droits et devoirs sont connexes à ceux des autres et au bien commun de la société elle-même. »

 

Le pape François ou la dignité humaine comme programme

parlement européen
Stéphane Aubouard
Mercredi, 26 Novembre, 2014
Photo : Patrick Hertzog/AFP

Le pape François a appelé à « Maintenir vivante la réalité des démocraties » face à « la pression d’intérêts multinationaux non universels », hier à Strasbourg, au parlement européen.
Photo : Patrick Hertzog/AFP
Devant un hémicycle plein, le pape François a prononcé hier à Strasbourg un discours où l’homme doit se situer au cœur des réflexions politiques, non pas comme seul acteur économique, mais comme personne.

Strasbourg(Bas-Rhin), envoyé spécial. Il est 11 h 15 ce mardi à Strasbourg. Après une brève introduction du président du Parlement européen, le socialiste allemand Martin Schulz, initiateur de la venue du pape à Strasbourg, Jorge Bergoglio prend place en tribune au moment même où Jean-Luc Mélenchon quitte l’hémicycle. Comme il l’avait promis la veille, le député européen a alimenté la polémique quant au bien-fondé de la présence d’un chef spirituel dans cette assemblée que d’aucuns, comme l’Union des familles laïques, jugent comme étant le baume idéal pour atténuer les douleurs d’une politique européenne déshumanisée. Cependant, comme à l’ensemble des eurodéputés présents en cette fin de matinée, le discours du pape a-t-il sans doute plu en partie à l’ancien coprésident du Parti de gauche. Le numéro un du Vatican a, en effet, avec une teneur humaniste réelle, su parler aux différentes sensibilités politiques présentes dans la salle, évitant les sujets sensibles comme le mariage gay et l’avortement. Ce qui fut au fond la force et la faiblesse de ce discours.

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Hier soir sur France 5

Posté par jacques LAUPIES le 26 novembre 2014

 

DSC_0734

Tant de beauté qu’il faut apprendre à aimer et à respecter…A des êtres à qui notre monde a inculqué le mépris, la violence, ramenés au stade primitif !

Les sociétés humaines sont évidemment marquées dans leur « inhumatité » par ce qui en est la cause profonde l’exploitation du travail. Les violences faites aux femmes et aux enfants inhérentes sans doute à nos origines animales lointaines, surmontées cependant par les sentiments amoureux fussent-ils à caractère sexuel et les nécessité de protéger la procréation et ce qui en résulte, ressurgissent en permanence.

Il ne sera jamais assez fait pour combattre ces héritages des plus obscures traditions qui règnent encore, parfois religions et idéologies aidant. Mais comment en voyant ce reportage ne pas inscrire cette atteinte abominable à la dignité, que sont les viols ? Comment ne pas nous sentir coupables nous aussi lorsque l’on se tait ? Comment, l’a dit très justement le chirurgien européen de l’établissement consacré aux soins des femmes victimes de viol, comment ne pas évoquer les responsabilités du colonialisme contre lequel peu se sont élevés au temps de sa mise en œuvre ?

Cela doit nous interpeler dans notre façon d’appréhender la construction sociale, et notamment comment faire par la loi une protection contre toute conception discriminatoire dans son fonctionnement. Mais encore une fois il faut donner à l’école les moyens d’éducation indispensable non pas en prenant appui sur des concepts moralisants exprimés par des croyances, mais sur une approche scientifique de ce qui doit déterminer les relations humaines d’où la solidarité, le respect et la dignité ne peuvent-être dissociés

Car en fait,  sommes nous si loin, toutes proportions gardées, tenant compte des développements historiques, de ces sauvages réflexes réitérés chaque fois que la société voit les injustices sociales se développer ?

 

« Au Congo, le viol a été utilisé comme une arme de guerre »

Entretien réalisé par Caroline Constant
Mardi, 25 Novembre, 2014
Hier soir sur France 5 dans POLITIQUE congo_0

Le travail du docteur Mukwege permet également aux femmes de se reconstruire.
Photo : Koraninka et Roches noires productions
« Congo, un médecin pour sauver les femmes ». Ce soir sur France 5 à 20 h 35. La documentariste sénégalaise Angèle Diabang a réalisé un film remarquable sur la clinique du docteur 
Denis Mukwege, au Congo. 40 000 femmes, victimes de viols, y ont été opérées, puis ont été prises en charge dans leur rémission.

Pourquoi avez-vous réalisé ce film ?

Angèle Diabang J’ai eu envie de réaliser un documentaire sur le docteur Mukwege en lisant un article du Monde. Depuis plusieurs années, les médias montrent les atrocités qui se passent au Congo. Mais j’ai fait comme tout le monde : j’ai zappé, pour passer à quelque chose de moins dur, de plus gai. En relisant cet article, je me suis dit : « Angèle, tu critiques la communauté internationale, qui est inactive, et au final, tu fais comme tout le monde ! »
Qu’est-ce qui vous a fait basculer dans ce témoignage paru dans le Monde ?
Angèle Diabang C’est la figure du docteur Mukwege. En général, on montre cette guerre au Congo comme s’il s’agissait d’un conflit comme les autres. Ou encore, on la décrit comme une barbarie, sur le mode « ces Africains sauvages ». Alors que, dans cet article, il était question d’un homme, d’un Africain, qui avait envie de prendre en main le destin d’autres Africains, et surtout de femmes. Depuis des années, dans l’ombre, il a réalisé un travail gigantesque.
Dans votre documentaire, le docteur Mukwege raconte qu’il a vu les premiers cas de viol en 1999, et qu’en un an ils se sont multipliés. Comment ça a commencé ?
Angèle Diabang En 1998, il y a eu une grande guerre au Congo, liée au changement de régime, de Mobutu à Laurent-Désiré Kabila. Le Rwanda, comme de nombreux pays africains, a été impliqué dans ce conflit. Le viol a été adopté tout de suite comme la meilleure arme de guerre, parce qu’il fallait récupérer des territoires. Et quand ces soldats vont dans un village, qu’ils violent les femmes et que les gens assistent à ces viols-là, tout le monde fuit, jusqu’aux villages environnants. Et les rebelles gagnent.
Beaucoup de femmes se retrouvent enceintes à la suite de ces viols, et l’avortement n’est pas autorisé au Congo…
Angèle Diabang L’avortement est interdit à la fois par la loi et les religions. J’ai vu une femme sur une chaise roulante, qui avait presque la moitié du corps abîmé, enceinte après un viol. Dans un pays occidental, ou même au Sénégal, elle aurait été avortée. Mais les détracteurs du docteur Mukwege l’accusent justement de faire des avortements. S’il veut poursuivre son activité, il est obligé de se conformer strictement à la loi.
Les enfants issus de ces viols n’ont pas le même statut que les enfants légitimes ?
Angèle Diabang Quand tu es né d’une mère violée ou que tu as vu ta mère violée, ton père découpé en morceaux, tu n’as plus la notion de bien et de mal. Ces jeunes, qui avaient quinze ans voilà vingt ans, sont devenus aujourd’hui des soldats ou des rebelles. Lorsqu’ils ont une arme dans les mains, tout ce qu’ils voient, c’est la douleur qu’ils ont vécue plus jeunes. Ils sont dans un esprit de vengeance. Et l’enfant de la femme violée, tout le monde le connaît. Quand il grandit, c’est « le fruit du mal ». C’est pour ça que le viol comme arme de guerre est une arme efficace. Car la destruction, ce n’est pas seulement la douleur immédiate. Elle se situe dans le temps.
Plusieurs de vos intervenantes expliquent que le Congo est riche, et elles soulignent une relation de cause à effet entre son sous-sol et les viols…
Angèle Diabang C’est justement parce que le Congo est riche qu’il y a cette guerre, et que personne n’a intérêt à ce qu’elle s’arrête. Surtout pas les grandes puissances, qui fabriquent nos batteries d’ordinateurss, de portables… Ils ont tous intérêt à ce que le pays s’appauvrisse. Les Congolais n’ont pas le temps de réfléchir, parce qu’ils sont détruits. Ils vendent donc à n’importe prix. Les minerais du Congo sont aujourd’hui bradés. Et les exploitants peuvent se permettre de payer les gens 20 dollars par mois : les Congolais viendront de toute façon travailler parce qu’ils n’ont pas le choix.
Que deviennent ces femmes, après leur passage par les maisons Dorcas, créées par le docteur Mukwege ?
Angèle Diabang Elles ne peuvent pas retourner dans leur village. Il est donc déterminant de leur faire comprendre qu’elles peuvent vivre, être libres, indépendantes, sans homme. En ayant un métier, leur dignité, et de la ténacité. Si elles ont un métier, elles ont un début de financement, et elles peuvent survivre.
La communauté internationale se tait, alors que le Congo n’est pas le seul pays au monde où le viol est systématisé…
Angèle Diabang Ça s’est passé aussi en Yougoslavie, ça se passe en Syrie. C’est une stratégie de guerre. Les gens qui veulent détruire et abaisser l’humanité au plus bas n’hésitent pas à l’utiliser. Parce que la femme est la base de l’humanité, c’est la matrice du monde. Détruire la femme, c’est déstabiliser le monde.
 Congo, un médecin pour sauver les femmes. Le docteur Denis Mukwege a opéré, avec son équipe, 40 000 femmes, détruites par les viols organisés au Congo. Au péril de sa propre vie. Angèle Diabang l’a filmé dans sa clinique, où il répare physiquement les femmes, mais s’engage aussi sur leur reconstruction psychologique et sociale. La réalisatrice ne montre aucune scène atroce, mais les témoignages des victimes, et de leurs soignants, sont éprouvants et nécessaires.

- See more at: http://www.humanite.fr/au-congo-le-viol-ete-utilise-comme-une-arme-de-guerre-558487#sthash.xWYVx0Ha.dpuf

 

Les choix politiques : d’abord une affaire de vision de l’être humain

DSC_0610

Il y a tant à donner aux enfants, hors de l’école,  qu’une répartition des taches entre la famille et l’école, s’avère plus que nécessaire.

Les choix politiques : d’abord une affaire de vision de l’être humain

Dans un ordre d’idée sans commune mesure avec ce que je viens d’énoncer, en discutant avec des amis je me trouvais confronté à cette idée selon laquelle il faut avant tout responsabiliser les parents, la famille, pour assurer l’éducation, voire l’instruction des enfants. Est apparu dans la discussion l’éternelle question de savoir ce qui nous détermine en tant qu’être humain : le « naturel » ou le « culturel ». Avec pour corollaire cette autre interrogation concernant nos choix : notre dépendance d’un libre arbitre, ou d’un déterminisme social.

L’un et l’autre entretenant, soit dit en passant, des liens dialectiques ne serait-ce que le social interfère le libre arbitre et que le libre arbitre est utile au déterminisme social.

Ce débat partait d’un vote au Conseil municipal où les élus du FN ont soutenu une position estimant qu’il n’est pas utile de se préoccuper pour les études surveillées des parents qui, ne travaillant pas, ont toute faculté, pour se charger des « devoirs à la maison »

Voila un argument qui dans son apparence parait juste et peut rallier des parents (y compris dans le camp des progressistes) et qui, selon moi, est d’une extrême fausseté à l’examen de ses conséquences.

Car cela revient à rejeter les familles dans l’acceptation des différences qui rendraient les unes plus qualifiées que les autres, hors des concepts totalement erronés et contradictoires qu’elles peuvent véhiculer, les conduisant ainsi à entretenir les différences, voire les conflits entre les enfants.

C’est un peu comme dans un récent affrontement au parlement ou se sont opposés ceux qui défendaient le principe d’aide universalisée aux familles et ceux qui finalement ont gagné en la différenciant en fonction des revenus de ces familles.

On voit là que se rejoignent parfois des attitudes politiques qui ont à voir avec notre conception de l’humain.

S’il faut effectivement respecter des domaines auxquels la famille peut demeurer attachée (religion, traditions diverses sur le plan vestimentaire, de l’alimentation, de pratiques sociétales, etc.) il importe que la société harmonise, sans pour autant les formater, les comportements.

 Pour la petite histoire la majorité municipale a tenu bon et maintenu le principe de l’accès pour tous aux études surveillées.

Si j’ai pu personnellement avoir une scolarité convenable, je dois beaucoup à ces études surveillées, d’une heure chaque soir. Je m’en souviens et il est regrettable que la génération qui a suivi ait été victime d’un temps libre souvent consacré à des loisirs ou a des ennuis plus que néfastes.

 

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Tunisie : un petit pas…

Posté par jacques LAUPIES le 25 novembre 2014

Cela fait toujours de la peine de constater qu’une révolution aboutit à la résurgence de ceux qui, à des degrés divers, ont contribué à la provoquer, simplement parce qu’ils ont été partie prenante dans un régime (tyrannique en l’occurrence) où au mieux l’ont favorisé en se taisant.

La colère des peuples ne les libère pas nécessairement de leur dépendance idéologique à l’égard de leurs exploiteurs  qui pratiquent à merveille l’art d’adaptation au milieu du caméléon.

On peut toujours arguer qu’un pas vers la démocratie est toujours un pas en avant, et qu’il faut franchir des étapes, pour installer véritablement le pouvoir du peuple et à fortiori sa libération de l’exploitation par des classes dominantes. Ces dernières ayant en outre du pouvoir économique celui des idées. Où en tous cas celui d’instrumentaliser les idées qui ne contrarient pas trop leur domination.

Cela vaut actuellement dans les pays arabes où la religion, critiquée pour son intégrisme ou louée pour sa modération et son « humanisme », joue un rôle considérable de frein à toute évolution significative vers une meilleure répartition de richesses.

Mais cela vaut aussi dans les pays occidentaux où règne un capitalisme dévastateur qui porte les révoltes tant à l’intérieur qu’à l’extérieur des pays développés.

Que des pays comme la Tunisie, et il semble qu’il soit mieux pourvu que nous en ce domaine (1), possèdent un courant progressiste dépassant les 10 % de soutien dans la population, les place au niveau de l’influence qu’ont chez nous les forces regroupées au sein du Front de Gauche montre bien que l’humanité a encore beaucoup à faire pour se libérer.

Disons un petit pas pour les Tunisiens et un petit pas pour l’humanité. 

(1) A moins de considérer que la social démocratie française et les libéraux soient des progressistes, alors là nous sommes les meilleurs (CQFD)

Front Populaire de Tunisie

Le candidat du Front Populaire Hama Hammami

Tunisie : Beji Caid Essebci en tête du premier tour

Hassane Zerrouky
Lundi, 24 Novembre, 2014
Tunisie : un petit pas... dans POLITIQUE beji-caid-essebsi

afp
Selon des premières estimations, le candidat de Nidaa Tounès devancerait le chef de l’Etat sortant  Moncef Marzouki d’une dizaine de points. Pour Hama Hammami, le candidat de gauche arrivé en troisième position avec plus de 10%, « c’est un message pour aller de l’avant ».
Envoyé spécial. Selon des résultats préliminaires – la proclamation officielle des résultats aura lieu mercredi –  Beji caid Essebci, le candidat de Nidaa Tounes devance de 10 à 12 points Moncef Marzouki au premier tour de l’élection présidentielle. Trois instituts de sondage – Emrhod consulting, Sigma Conseil et 3 C études – lui accordent  entre 47 et 42,7% alors que son rival en obtiendrait entre 31 et 33%. L’un de ces deux hommes sera donc le troisième président de la république de l’histoire de la Tunisie à l’issue du second tour qui aura lieu dans un mois. Les mêmes instituts placent le candidat de gauche Hama Hammami en troisième position avec un score estimé à 10,9%, doublant pratiquement celui obtenu par sa formation le Front populaire (FP)  aux élections législatives du 26 octobre. « Pour nous, c’est un grand succès, un grand acquis, c’est une fête de la démocratie (…) et je tiens à remercier celles et ceux qui ont voté pour moi et qui ne sont pas seulement des sympathisants du Front populaire (…) Par leur vote, ils m’ont adressé un message pour aller de l’avant» a déclaré hier soir le candidat de gauche sur Nessma-tv Hama Hammami.

Suivent derrière ce trio de tête, les deux candidats populistes et de l’argent, l’homme d’affaires et patron d’un club de foot, Slim Riahi ( autour de 6,9%), et Hachmi Hamdi, patron d’une chaine de télé al Mustaqila basée à Londres, crédité entre 2 et 3%. Quant à la vingtaine de candidats restante (il y en avait 27 dont cinq ont demandé à se retirer), leur score se situe en dessous de 1%. Parmi ces candidats ayant obtenu un score désastreux, l’ancien président de l’Assemblée constituante, Mustapha Benjaafar (0,5% de voix), qui  prétendait être le seul en mesure de battre Caid Essebci.

Pour Caid Essebci, la partie est loin d’être gagnée : il devra à la fois rallier les voix de la gauche, celles qui se sont portées sur les candidats populistes et ces électeurs majoritairement jeunes qui se sont abstenus. Moncef Marzouki, qui se considère comme le seul candidat démocrate restant en course, a déjà rallié sous sa bannière non seulement les islamistes d’Ennahdha qui lui sont déjà acquis mais  tous ceux qui craignent à tort ou à raison le retour des anciens du régime de Ben Ali en cas de victoire d’Essebci. En tout cas, le 28 décembre prochain, le score risque d’être serré entre les deux hommes. On y reviendra…

En bref,  dans l’ensemble, en plus d’une participation de 64,4%, ce qui est remarquable, cette élection présidentielle s’est déroulée dans le calme. Dans les bureaux de vote, on sentait que les tunisiens vivaient un « moment historique » selon le propos de Randa, étudiante.  Le terrorisme tant redouté n’a pas troublé le déroulement de la campagne. « Si les djihadistes pouvaient commettre des attentats, ils le feraient » assure Mokhtar, postier venu voter accompagné de sa petite fille.

On y reviendra.

- See more at: http://www.humanite.fr/tunisie-beji-caid-essebci-en-tete-du-premier-tour-558414#sthash.MJpfhumQ.dpuf

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Rassembler et être soi-même : la meilleure garantie de l’efficacité

Posté par jacques LAUPIES le 24 novembre 2014

 


Pour une alternative à l’austérité ! Appel de… par CN-PCF[/dailymotion]

 

J’ai lu quelques commentaires qui suivent l’entretien ci dessous.

Evidemment et c’est assez fréquent il y a toujours ceux qui « bouffent » du socialiste à toutes les sauces. Parfois les arguments déployés me paraissent friser la mesquinerie. S’en prendre à un socialiste qui remet en cause la politique présidentielle, et lui reprocher d’avoir servi dans un passé récent les mêmes qu’il fustige aujourd’hui au prétexte qu’il a bénéficié du confort de l’élu européen, me parait petit-petit.

Cela frise le procès d’intention et l’attaque personnelle. Je ne sais pas comment cet élu et d’autres répartissent les sommes qui leur sont versées mais il me semble qu’avant tout cela concerne le parti qu’il représente et lui-même.

Moi ce qui m’intéresse est d’appartenir à un Parti qui accorde à ses élus une rémunération convenable, conforme à leurs besoins pour pouvoir exercer leur mandat sereinement et libéré de contraintes matérielles. Et cela doit pouvoir, si volonté politique il y a, se débattre au sein de chaque groupement en fonction de la culture qui prédomine en son sein et pas nécessairement en fonction des appréciations des assemblées ou il exerce sa fonction.

Que certains, dans d’autres partis, parfois usant de leurs liens familiaux, se trouvent cumuler des mandats et conservent quasiment la globalité des rémunérations peut légitimement être porté à la connaissance du public. De là à en faire un élément de jugement sur leurs choix politiques il y a un pas qu’il devrait-être prudent de ne pas franchir.

Après tout si les militants du parti concerné acceptent une pratique grassement avantageuse pour leurs élus c’est eux que cela regarde. A noter ce qu’indiquent les statuts du PCF dont la pratique exemplaire en ce domaine est légendaire :

15.2. Cotisations des élu-e-s : Les élue-e-s, membres du PCF, ne tirent pas de revenus supplémentaires de leur mandat. Indépendamment de leur cotisation d’adhérent-e, elles et ils prennent l’engagement de verser leurs indemnités au parti; à l’association nationale de financement pour les parlementaires, aux associations départementales de financement pour les élus territoriaux ou locaux. Par cette cotisation d’élu-e, les élu-e-s communistes participent ainsi à la mutualisation des moyens sur le territoire concerné. Le Parti contribue à leur assurer les moyens nécessaires à l’exercice de leur mandat, après débat avec les intéressé-e-s. Si elles ou ils doivent réduire ou suspendre leur activité professionnelle, elles et ils conservent une indemnité compensatrice – établie en toute clarté avec les instances concernées. Cette cotisation d’élu-e, donne droit à un reçu fiscal annuel conformément à la législation sur le financement des formations et partis politiques.

Cela étant dit l’idée d’un large rassemblement avancée par l’ex Député Européen socialiste a le mérite de correspondre à la perspective de rassemblement que nous mêmes souhaitons. On a le droit, même communiste, de ne pas souscrire personnellement à cette orientation. Ce n’est pas mon cas et que je sache je l’ai largement développé dans ce blog.

Par contre, et cela me vaut sans doute des étiquettes empreintes de radicalisme excessif, je considère que les communistes ont une spécificité politique précieuse et qu’ils doivent en permanence le rappeler, y compris dans leurs alliances, souvent précaires mais cela ne dépend pas que d’eux, qu’ils peuvent contracter. L’essentiel étant de respecter le contrat et l’allié.

Ne plus être soi-même n’est pas rendre service à nos partenaires, autant qu’à nos électeurs. Mais en politique il faut en permanence établir le meilleur rapport de force possible ce qui n’est nullement incompatible avec les rassemblements pour mettre en difficulté les adversaires qui s’inscrivent  dans les visées de la grande bourgeoisie de notre pays.

Et pour être dans l’actualité je lancerai un appel (au nom des communistes de Tarascon qui partagent globalement ce point de vue) au rassemblement le plus large pour les élections départementales en indiquant que ce rassemblement nécessaire doit traduire l’engagement exprimé de chacune des forces politiques en présence et ne pas se diluer dans une expression floue.

L’idée du rouge, rose, vert, progressiste n’est certainement pas à rejeter et elle manque peut-être de nuance concernant le rose. Mais l’essentiel n’est pas là et avant tout dépend des objectifs que l’on y associe !

Mais la Section de Tarascon du PCF ne manquera pas de s’exprimer à ce sujet.

 

PARU DANS L’HUMANITE

 

« Une majorité rose, rouge, verte, progressiste, existe »

entretien
Entretien réalisé par  Sébastien Crépel
Mercredi, 19 Novembre, 2014
Photo : G. Clément.
Pour l’ex-eurodéputé : « La Ve République contraint les députés appartenant à la majorité présidentielle à avoir le doigt sur la couture du pantalon ».
Photo : G. Clément.
Liêm Hoang-Ngoc, ex-député européen, membre du PS, fondateur des « socialistes affligés », manifestait contre l’austérité, samedi. Dans un essai, il nourrit la quête d’une issue à gauche.

« Revirement prémédité », « putsch idéologique », « discrédit qui risque de rejaillir sur l’ensemble de la gauche. » Sur quoi vous appuyez-vous précisément pour fustiger ainsi la politique menée par le duo Hollande-Valls ?

Liêm Hoang-Ngoc : Leur politique n’est pas de gauche et n’offre aucune garantie de réussite. Elle gèle les salaires, organise un transfert de 40 milliards en faveur des entreprises sans contreparties. Et ampute de 50 milliards en trois ans les dépenses publiques via la baisse de dépenses sociales et de dotations aux collectivités territoriales qui vont mécaniquement réduire la commande publique, à l’heure où les entreprises sont en demande. Cette politique revient à verser de l’eau dans le sable. Pourtant, les députés socialistes, écologistes et du Front de gauche forment une large majorité à l’Assemblée susceptible d’impulser un changement de cap. En 2012, l’Europe a autorisé la France à décaler de deux ans son engagement de revenir à 3 % de son budget en dépenses publiques. Autrement dit, à disposer de 20 milliards supplémentaires. Le problème, c’est qu’ils ont été intégralement dédiés au CICE (crédit d’impôt compétitivité emploi – NDLR) pour gonfler les marges des entreprises, avec le résultat qu’on connaît : un taux d’investissement qui chute toujours et une croissance atone. Le ver est dans le fruit depuis une vingtaine d’années et plus. Sous Jospin, la dérive sociale-libérale avait commencé avec les privatisations, les baisses d’impôts sur les revenus des classes aisées. Mais, en contrepartie, il y a eu les 35 heures, la CMU, les emplois jeunes, et puis on évitait de prendre des mesures par trop impopulaires. Là, le virage libéral est assumé par le chef de l’exécutif depuis l’été 2012 et la commande du rapport Gallois. L’acte était prémédité ! Avec Manuel Valls, il impose une ligne jamais entérinée dans un congrès du parti. Et l’impose même à toute la gauche !

Vous dites qu’il existe une « majorité rose, rouge, verte » progressiste, muselée par la Ve République. Le groupe socialiste n’est-il pas plutôt en décalage avec le peuple de gauche ?

Liêm Hoang-Ngoc : La Ve République contraint les députés appartenant à la majorité présidentielle à avoir le doigt sur la couture du pantalon. La nouveauté, c’est qu’il y a débat. Beaucoup d’entre eux adoptent une attitude légitimiste pour ne pas provoquer de crise politique. Mais ils sentent bien que la pilule ne passe pas dans leur permanence électorale. C’est quand même une première qu’autant s’abstiennent sur un vote de confiance et sur des lois de finances, symboles mêmes de l’appartenance à la majorité ! Certes, il suffisait que douze députés socialistes – ou écologistes, qui eux non plus ne l’ont pas fait – se joignent au vote du Front de gauche pour que le budget ne passe pas, dans le but d’inciter Hollande à changer de premier ministre et de politique. Mais cela aurait abouti à une scission du PS. Ce n’est pas l’objectif sur les bancs socialistes.

Vous pointez, en doutant, trois scénarios pour l’avenir de la gauche…

Liêm Hoang-Ngoc : S’il n’y a pas de changement de cap, le PS est menacé de disparaître dans trois ans. Est-ce que d’autres forces de gauche vont émerger d’ici là ? C’est la question. Valls, qui n’a plus rien de progressiste, comme on l’a vu sur les questions de société avec les Roms, rêve d’un parti démocrate à l’italienne allié au Centre. L’aile gauche du PS propose un changement de l’intérieur, y parviendra-t-elle ? L’hypothèse d’unions sur le modèle de Syriza en Grèce ne doit pas être écartée. L’initiative de Pierre Laurent d’appeler à ce que les gens de gauche s’unissent, du Front de gauche jusqu’à l’intérieur du PS, sans avoir pour autant à quitter leur formation politique est la bienvenue. J’y ai donné un écho favorable en manifestant samedi contre l’austérité. Il faut que les vrais socialistes s’affichent dans ce type d’initiatives. Question de crédibilité. Une action commune, visible, au sein d’un pôle résolument de gauche, est déterminante. Notamment pour que le cœur de l’électorat socialiste, orphelin d’un vrai discours socialiste sur la scène publique, ne se réfugie plus dans l’abstention ou ailleurs… C’est notre rôle.

- See more at: http://www.humanite.fr/une-majorite-rose-rouge-verte-progressiste-existe-558091#sthash.NJ7XU6jd.dpuf

Commentaires          ppecMercredi, 19 Novembre, 2014 – 11:04

« ex-député européen » ça signifie que pendant ce seul mandat, il a touché pas loin d’un million d’euros de l’Union Européenne, plus une enveloppe équivalente pour salarier ses potes. Alors maintenant il essaie de doubler la mise en promouvant l’amalgame d’une « majorité rose, rouge, verte », c’est à dire en proposant de mettre dans le même sac les membres du parti euro-béat qui a porté à sa tête des DSK, Delors, Macron, Valls, Rocard, les ultra-européistes fans du capitalisme vert fluo d’Europe ELV et…  le Front de Gauche. Quel générosité ! Gros bisous. PS : ça doit effectivement être affligeant de penser qu’on risque de ne plus jamais émarger au Parlement européen, à 15 000 boules par mois, plus une enveloppe mensuelle de 20 000 e pour salarier ses potes, hein ? Il y a vraiment de quoi être un « socialiste affligé » ! Ne jamais perdre de vue les affligeantes réalités économiques.

- See more at: http://www.humanite.fr/une-majorite-rose-rouge-verte-progressiste-existe-558091#sthash.NJ7XU6jd.dpuf

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Défendre la presse oui, mais attention à nos préférences ?

Posté par jacques LAUPIES le 23 novembre 2014

 

Je suis d’une génération qui était particulièrement sévère avec certains journaux satyriques, ce qui ne veut pas dire que nous souhaitions leur disparition.

Aujourd’hui me semble-t-il nous sommes moins sévères avec certaines lignes éditoriales de cette presse et  nous la soutenons ?

Je ne crois pas cependant qu’il soit bon d’être trop indulgent avec elle. Elle est nécessaire, parce qu’elle combat des pouvoirs et leurs abus dans un contexte dominés par des médias aux mains de l’argent ! Mais attention si elle est parfois efficace en combattant la puissance des dominants, il lui arrive à l’inverse de mettre sur un pied d’égalité ces pouvoirs : pouvoirs issus du capital et de l’ordre établi et ce qui est considéré comme des pouvoirs syndicaux  ou représentatifs des forces politiques du monde du travail.

Est ce parce qu’elle répugne à s’enfermer dans le concept de lutte de classe, ou parce qu’elle veut se distinguer opportunément de ceux qui en font leur cheval de bataille ?

Mais après tout s’il arrive que des hommes politiques représentatifs du prolétariat n’en sont pas dignes pourquoi pas les fustiger ?

On doit pouvoir rire de tout, pouvoir tout critiquer et même ridiculiser. Mais lorsqu’il s’agit des gens dont la malhonnêteté où la culpabilité n’est pas démontrée, cela peut avoir des conséquences dont il faut mesurer la portée. Sinon l’on peut devenir humoriste salopard ! 

L’exercice humoristique nécessite un peu de discernement et de considération dans les cibles qu’il vise. Sans pour autant qu’il soit soumis à censure ! C’est aussi son droit de porter et soutenir des engagements qui, dès lors, les transforment en propagandiste d’une idéologie. C’est leur droit sans doute ! Mais c’est aussi du droit du citoyen qui ne partage ni cette idéologie, ni la forme dont elle est exprimée, de ne pas sombrer dans une solidarité aveugle.

Entendons nous bien : sans remettre en cause les individualités des équipes de rédaction et du dessin caricatural dont le « travail » peut-être objectif. L’intelligence et le talent peuvent servir n’importe quelle cause mais c’est le choix de cette cause qui importe et qu’il faut considérer !

C’est un peu comme avec les religions, je les tolère, je respecte tous ceux qui s’y expriment, mais je ne leur ferai pas la main. Et s’il s’agit de défendre une cause commune (la liberté de la presse en l’occurrence) que cela se fasse dans la clarté.

Quant à la presse en général, notamment la presse culturelle ou celle, comme on dit, d’opinion, que représentent quelques rares titres, elles subit l’écrasement d’un système médiatique marchand qui n’a d’yeux que pour la rentabilité et s’avilit dans la facilité (priorité au fait divers sordide, promotion du médiocre pourvu que ça fasse vendre, etc.) Elle s’alimente de l’absence d’éducation populaire particulièrement meurtrière dans une population s’appauvrissant et soumise aux markétings, à la presse people, à des presses spécialisées, le tout maitrisé par les grands groupes de presse dont quelques groupes sont les patrons.

Il n’en est pas  de même de la presse « communiste » qui n’a pas à s’en cacher mais le paie fort cher. Pas seulement parce qu’elle est tributaire de la publicité mais aussi parce qu’elle est présentée comme partisane ce qui n’est pas sans peser sur les lecteurs.

La Marseillaise, par exemple, quotidien régional, issu de la résistance, de sensibilité communiste, se trouve en difficulté. L’Humanité quotidien national de même sensibilité, qui vient de fêter ses 110 ans, fondée par Jaurès, rencontre aussi des problèmes.

D’autres journaux régionaux, mensuels tels « Le Ravi « et « César » vont cesser de paraître. Les soutiens publics dont ils ont bénéficié ou auraient pu bénéficier vont se réduire, voire disparaître, au prétexte des économies imposées par les politiques d’austérité imposées aux collectivités locales notamment.

Les premières réactions de résistance sont enregistrées (comité de soutien à la Marseillaise notamment) Avec nos modestes moyens nous entendons alerter l’opinion des dangers que font courir à la démocratie ces atteintes au pluralisme d’expression.

La première mesure étant de lire et d’acheter le quotidien menacé et d’en informer autour de soi ceux qui ne le lisent pas !

DSC_0700

Sur le marché d’Arles un soutien improvisé au mensuel César.

DSC_0697

 

 

La presse satirique  va-t-elle disparaître ?

Audrey Loussouarn
Mardi, 18 Novembre, 2014
287355 Image 0

AFP
Siné Mensuel, Charlie Hebdo, le Ravi. Leur point commun ? Faire de l’information des pamphlets parfois tordants, toujours dérangeants, et être menacés de cesser de les produire.

Ce sont des mots et des dessins, alignés sur des pages, qui piquent, dérangent, affolent souvent nos politiques. Mais les journaux satiriques n’échappent pas à la conjoncture qui voudrait faire du tout-info numérique une norme. Sans publicité, ni aides publiques conséquentes, cette presse se tourne vers son lectorat après avoir écumé toutes les solutions. Ces appels à souscription récurrents leur permettent de tenir quelques mois, une année.

À l’image de Siné Mensuel. L’année passée, 85 000 euros étaient ainsi entrés dans les caisses. Seulement, chaque numéro coûte 65 000 euros. Le mois dernier, rebelote, et, pour l’heure, 33 000 euros ont été recueillis. Conséquence : pour l’équipe de Siné, le ­numéro 36, celui de novembre, pourrait être l’avant-dernier. « Pour être à l’équilibre, il faudrait 3 000 lecteurs de plus », dit Catherine Sinet, épouse de Siné et rédactrice en chef du mensuel, qui ne reçoit aucune aide de l’État.

Idem chez Charlie Hebdo. Lui aussi la semaine dernière, a lancé une souscription, la première depuis l’incendie de ses locaux en 2011. « Si on veut continuer à donner un journal de qualité, on ne peut pas supprimer des intervenants ni augmenter une nouvelle fois le prix, qui est déjà élevé pour beaucoup de lecteurs (3 euros – NDLR) », nous dit Charb, directeur de la publication. Les pertes s’élevaient l’an passé à 50 000 euros. Elles pourraient doubler cette année. Excepté l’aide postale, Charlie Hebdo n’a ni publicité, ni actionnaires extérieurs.

« Comme pour le reste de la presse, moins on vend de journaux, moins on met en place en kiosques pour éviter des retours. Et moins on met en place, moins les lecteurs ont la chance de trouver le journal, et moins ils l’achètent », argumente Charb. Alors, à reculons, l’équipe s’est résolue à mettre bientôt une version numérique payante de Charlie Hebdo sur Internet.

« L’année, on va la terminer. Le problème est de démarrer l’année prochaine. La seule solution envisageable ensuite serait d’ouvrir l’actionnariat à des entreprises extérieures. Mais nous ne préférons même pas l’envisager », se désole-t-il.

Autre exemple : le Ravi, journal associatif satirique et d’enquêtes de la région Paca, a 2 000 lecteurs, une augmentation des ventes en kiosques de 50 % et en abonnements de 20 %, mais… une cessation de paiement. D’où l’idée de « mourir guéri », illustrée dans le dernier numéro. Et le trou n’a fait que se creuser en l’espace de deux ans : 30 000 euros de pertes l’année dernière, comblées par une souscription, et 65 000 euros cette année. Le problème : un modèle basé sur le financement des collectivités locales.

La région a baissé de 40 % ses aides au Ravi, le conseil général de 90 %. « On ne va pas demander aux lecteurs de mettre encore la main à la poche. On alerte les politiques. Leur boulot, c’est de financer le pluralisme dans une région complètement sinistrée, souligne Sébastien Boistel, du Ravi. En Paca, nous sommes dans un système clientéliste des médias. Ce n’est pas un hasard si nos financements ont baissé. » Le journal attend désormais le verdict : liquidation ou redressement ? Pour le journaliste : « Il existe toute une réflexion sur la malbouffe. Mais celle sur la mal-information reste trop embryonnaire. »

- See more at: http://www.humanite.fr/la-presse-satirique-va-t-elle-disparaitre-557828#sthash.4xLbhaIg.dpuf

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

1234
 

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus