« Un nom ne vaut que par l’ancêtre qui l’a mérité » (*)

Posté par jacques LAUPIES le 31 mars 2015

 

 

 

Un ahuri m’aborde ce matin en hurlant : « On a battu le Front National » en m’interpellant avec le même nom évidemment que celui qui vient d’être battu » Je me dis : « Tiens en voilà encore un qui confond et me provoque? Etre communiste militant au sein du PCF et voir son nom porté par un candidat du FN n’a rien de très confortable, cela se  conçoit !

Comme je n’ignore pas comment fonctionne cet imbécile, je lui réponds excédé : « Celui que tu as fait élire et qui t’a peut-être charitablement réconforté, fait partie de ceux qui font monter le Front  National ! ». Son euphorie s’éteint un peu, bien qu’évidemment il ne comprend pas très bien ma « dialectique ».

Mais je n’ai ni l’envie, ni le temps de lui expliquer que des décades de gestion du pays par la droite dite libérale et la fraction de la gauche méritant le même qualificatif, font progresser dans sa bonne ville, dont lui et certains de ses coreligionnaires incarnent la tradition, d’autres traditionnalistes. Des traditionnalistes de circonstance qui sont, un peu comme lui de toutes les processions, mais n’ont peut être pas été assez lestes pour lui offrir leur bénédiction rémunératrice la veille de l’élection.

Et dire que avant hier, avant même que ne tombent les résultats, j’ai été apostrophé par une autre champion de l’amalgame qui croyant en la victoire de ce candidat auquel, lui aussi, se disait opposé, m’adressait presque des félicitations, me congratulant  sur le triomphe du clan à multiples faces, dont je serais l’instigateur, une sorte de gourou.  Là j’ai pris le temps de m’asseoir à sa table de bistrot, car il m’était assez insupportable, alors qu’il m’indiquait que son père avait vécu le temps des ratonnades, en 1956, qu’il puisse avoir le moindre doute sur ma position lors des évènements qui déterminèrent ma condamnation ferme et résolue de la guerre d’Algérie et plus tard mon engagement au PC.

Un peu maladroitement face à un Philippot, débatteur averti et malin, la Ministre Belkacem indiquait dimanche soir sur FR2 que  le FN apparaît sous son vrai jour à cause de tous ces « dingues », aux propos racistes, qu’il choisit pour le représenter. Bien entendu il était aisé de l’accuser d’insulter les électeurs, bien qu’elle s’en défendit, et d’enfoncer le clou ce que ne manqua pas de faire l’ami Florian. Mais n’est ce pas faire injure aux électeurs que de se priver de leur dire qu’ils excellent entre fausses analyses et fausses conclusions, ce qui atteste d’une notoire crédulité, un tantinet sotte.

Du coup, si l’on commence à traiter de dingues ses adversaires politiques, on peut traiter d’imbéciles « ses alliés ou ses amis » qui croient au miracle quand ils ont voté pour les tenants des politiques qui accélèrent la crise. Ce à quoi je ne peux parfois pas résister. Cela s’adresse aux deux compères évoqués ci dessus qui, n’en déplaisent à la Ministre, sont du camp des « républicains » dont tout le monde se réclame à condition d’y trouver son compte.

Je pourrais en citer d’autres, de ces compères, qui vont jusqu’à m’adresser des SMS se croyant à l’abri, avec l’anonymat, et préfèrent perdre leur temps à tenter d’ébranler l’inébranlable avec une histoire de nom de famille !

Quant aux débiles barbouilleurs d’affiches, espèce sinon en voie de disparition mais de plus en rare fort heureusement qui, en catimini, osent gribouiller des insanités passibles d’une plainte pour diffamation pour leur contenu réprimé par la loi, nous mettrons leur comportement au crédit d’une société qui peine à s’extirper de la lâcheté et de la crétinerie.

Et je leur dirai comme cet auteur dont j’ai oublié le nom : « Un nom ne vaut que par l’ancêtre qui l’a mérité » Cela pourrait consoler mon grand père, résistant contre l’occupant, ouvrier mineur et socialiste devenu communiste, de voir de multiples « égarements » portant son nom. Et ma modeste satisfaction de ne pas en être de ceux là !

Sans que pour autant nous ayons, nombreux descendants, perdu la tendresse et l’affection qui nous unit ! 

(*)  Citation de Pierre-Jakez HELLIAS (Les autres et les miens – 1977 – Plon) : http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre-Jakez_H%C3%A9lias . Comme nombre de citations de cette nature,  elle est contestable, mais elle a un sens que je j’ai eu plaisir à lui emprunter

Et en m’excusant d’un propos un peu trop personnel, je vous invite à méditer sur l’article qui suit dont l’intérêt est plus conforme à ce qui nous occupe politiquement

 

Les présidentielles départementales

Le Blog de Jean-Paul Jouary. Les soirées électorales françaises se suivent et se ressemblent… Pas un mot sur les besoins, les aspirations, les bilans, les propositions relatifs à l’objet même du suffrage.

Les soirées électorales françaises se suivent et se ressemblent. Depuis tant d’années. Celle des départementales de ce mois de mars 2015 en offrait une caricature dont l’acceptation quasi générale interroge autant le philosophe que le citoyen. Pas un mot sur les besoins, les aspirations, les bilans, les propositions relatifs à l’objet même du suffrage. Si peu sur les candidats qu’on peut supposer qu’ici ou là une chèvre affublée du logo d’un parti aurait pu  l’emporter. Il ne fut question que de s’affirmer pour ou contre le Président de la République, ou contre tout ce qui ressemble à la République elle-même.
 
Comment s’en étonner si nos institutions donnent l’essentiel du pouvoir au sommet présidentiel d’un édifice institutionnel qui prétend être légitime sous prétexte qu’il a reçu l’accord du suffrage universel tous les cinq ans. Entre deux suffrages, aucune décision n’est soumise au peuple, celui-ci a perdu tout moyen de décider ou de refuser. Et de la politique désormais imposée dépendent pour l’essentiel toutes les politiques locales et la vie quotidienne de chacun. Les citoyens se saisissent donc des rares occasions qui lui sont offertes de s’exprimer pour rejeter cette logique politique dont ils font les frais.
Il ne leur reste plus qu’à rechercher un futur monarque de rechange, dans cette Constitution que François Mitterrand appelait – avant d’être au pouvoir – un « coup d’État permanent ». C’est bien cette imposture que constitue la prétention de représenter le peuple que manifeste une fois encore cette nouvelle élection, qu’il faut bien qualifier d’élection présidentielle départementale, comme il y aura bientôt une élection présidentielle régionale, et qu’il y a eu des élections présidentielles législatives. Il faut donc s’interroger sur le sens du mot représenter dans ce qu’on appelle la démocratie représentative.
 
Re-présenter, c’est rendre présent ce qui est absent. C’est donc établir une équivalence entre une chose absente et une autre chose qui est censée en assurer la présence malgré tout, parler et agir en son nom, comme si elle était elle-même présente. Mais il y a deux façons d’entendre cette re-présentation.
 
Dans un premier sens, un représentant de commerce par exemple parle au nom de son entreprise, un Ambassadeur parle au nom du gouvernement qu’il représente dans un autre pays, un préfet parle au nom de l’État qu’il représente dans un département ou une région. Mais aucun d’entre eux n’a le droit de réinventer à sa guise les tarifs de son entreprise ou la politique de son gouvernement. Ainsi, re-présenter suppose que ce que l’on représente conserve toute sa liberté de décision, que ce que l’on représente ne cesse pas d’être, ne puisse être remplacé par sa représentation. C’est un premier sens de la notion de représentation.
 
Mais ce mot a un second sens : il y a en effet des cas ou le re-présentant est posé comme décidant à la place de ce qui est représenté. Par exemple, les parents représentent leurs enfants mineurs dès qu’il est question de compte bancaire, d’engagement légal, etc. Même dans ce cas, cela ne leur donne pas n’importe quels droits sur eux. Il y a d’autres cas : une personne peut en re-présenter une autre si cette dernière a perdu ses facultés mentales, de même qu’un exécuteur testamentaire représente les volontés de celui qui n’existe plus. On le voit, ce genre de représentation suppose que les représentés sont considérés comme mineurs, inaptes, irresponsables, voire disparus. C’est un second sens du mot représentant.
 
La question est de savoir si, lorsqu’on parle de démocratie représentative, on parle de représentation au premier ou au second sens. La chose est importante car si on opte pour le premier sens, alors il faut admettre que le peuple doit conserver toujours son pouvoir de décision, quitte à se débarrasser de ses gouvernants. On licencierait un représentant de commerce qui ferait campagne pour les concurrents et l’on révoquerait un ambassadeur qui déciderait de plaider une politique différente de celle du gouvernement de son pays. En revanche, si l’on opte pour le second sens, alors on considère le peuple comme mineur, irresponsable, inexistant, ayant perdu toute liberté entre deux élections, et il faut admettre que la « démocratie représentative » n’est plus au sens propre une démocratie. Pour rendre à la démocratie son sens profond, essentiel, vital, il faut conserver en tête, chaque jour, cette évidence définitive que Jean-Jacques Rousseau formula dans son Contrat social :« Les députés du peuple ne sont donc ni ne peuvent être ses représentants, ils ne sont que ses commissaires; ils ne peuvent rien conclure définitivement. Toute loi que le peuple en personne n’a pas ratifiée est nulle ; ce n’est point une loi ».
 
C’est l’oubli de ce principe, l’essence même de la démocratie, et la confiscation du pouvoir par ceux qui prétendent représenter le peuple contre le peuple lui-même, qui conduit tant de citoyens à ne plus avoir d’ambition que dans le rejet : rejet des pouvoirs en place d’abord, en alternance régulière, puis rejet de la démocratie elle-même comme horizon dangereux de cette crise de la politique en général. Comme le chien dont parle Spinoza, qui mord machinalement le caillou qui le frappe, les citoyens qui souffrent, faute de pouvoir agir comme citoyens, finissent par faire à leurs maîtres le cadeau royal du vote Front national qui les menace pourtant d’un naufrage tragique.
 
C’est pourquoi, si la crise est sociale, son verrou est institutionnel en ce qu’il empêche toute traduction politique des aspirations et pratiques sociales. Parler, écrire et surtout agir en associant un maximum de citoyens pour concevoir et imposer une VIe République, est devenu la priorité absolue de toute aspiration au changement social. Avant le social lui-même, décrédibilisé par ces mêmes institutions semeuses de fatalisme et d’incrédulité sur toutes les promesses.
 

 

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Résister c’est nécessaire et possible

Posté par jacques LAUPIES le 30 mars 2015

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Limousin réelu sur le nouveau canton. Qu’est ce que cela va changer ?

 

L’attitude suicidaire des responsables socialistes au gouvernement se confirme avec les résultats du deuxième tour des départementales.

Les victoires de l’UMP ne sont ni plus ni moins que des victoires à la Pyrrhus car elles existent dans le cadre d’un fort courant abstentionniste clairement exprimé dans notre ville malgré un redressement profitable à son candidat de droite qui réussit à contenir un Front National lequel n’a jamais fait un score aussi élevé (notamment à Tarascon ou il devient majoritaire).

Comme l’exprime Pierre Laurent dans le communiqué qui suit, la seule possibilité de sortir la gauche de ce mauvais pas est la mise en œuvre d’une autre politique  par un large rassemblement de ceux qui le souhaitent.

Il va donc falloir continuer à se battre car nous ne pouvons ni faire confiance à l’orientation actuelle défendue par le gouvernement Valls, ni à celle préconisée par Sarkozy qui ne ferait due l’aggraver durablement, ni à un Front National dont il faut démasquer la démagogie et les propositions qui seraient totalement sans effet.

Jusqu’à quand va durer la supercherie de ces trois variantes qui servent les intérêts de la grande bourgeoisie qu’incarne les multinationales et les marchés financiers mis à leur disposition pour exploiter la planète (terres, richesses et hommes) ?

Ce la dépend de nous, de chacun de nous, actifs et rassemblés ! D’abord aux côtés d’un parti qui sait ou il va, ensuite avec tous ceux qui sont dans l’inquiétude et parfois la désespérance !

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Une réponse politique nouvelle à gauche, c’est désormais l’urgence (Pierre Laurent)

 Les premiers résultats connus du second tour des élections départementales confirment que la droite va ce soir conquérir la majorité dans de nombreux départements. Pour la première fois, le Front national fait lui aussi élire de nombreux conseillers départementaux. Les populations de ces départements vont connaître des jours difficiles avec des attaques redoublées contre les politiques de solidarité, d’action sociale et d’éducation, les services publics départementaux, la culture. Je veux les assurer qu’elles pourront compter sur les communistes et leurs élus dans les combats qui les attendent.

Le Parti communiste a tout fait pour empêcher ces gains de la droite et de l’extrême droite. Au premier tour, en rassemblant partout pour des choix de gauche avec les candidats du Front de gauche et souvent d’autres forces, totalisant 9,4 % des voix. Au second tour, en mobilisant partout dans la clarté pour faire barrage à la droite et à l’extrême-droite.

Des centaines d’élus de gauche n’auraient pu gagner sans ce travail de rassemblement mené par les communistes. Ils agiront désormais dans des conseils départementaux à parité, seule véritable avancée démocratique de ce scrutin. Un grand nombre de conseillers départementaux communistes et du Front de gauche, même si leur nombre total sera en recul, sont élus ce soir, confirmant la place du PCF dans la vie politique. Déjouant tous les pronostics, le Val de Marne devrait garder une présidence communiste et l’Allier se joue dans un mouchoir de poche. Tous les élus communistes sont prêts dès ce soir à prendre leurs responsabilités dans les départements pour plus de justice et d’égalité.

Le Parti socialiste subit pour sa part une lourde défaite avec la perte de nombreux départements. Les électrices et les électeurs expriment une nouvelle fois leur rejet de la politique du gouvernement, et de son absence de résultat. La responsabilité de François Hollande et de Manuel Valls est grande dans le retour aux affaires de la droite dans une majorité de départements. A l’occasion des multiples initiatives et rencontres tenues par les militants communistes sur l’ensemble du territoire, nous avons constaté l’immensité de la défiance et du désarroi de millions de Français, qui confrontés à la violence du quotidien, se sentent totalement trahis. Continuer à rester sourd à ce qui sonne clairement comme un appel à un changement de cap politique serait engager la France dans le scenario du pire. Les communistes ne s’y résoudront jamais.

Les majorités départementales de droite et les élus du Front national, dont les connivences peuvent se développer dangereusement, vont s’attaquer partout aux politiques publiques en opposant les Français entre eux, en attisant les tensions racistes, communautaires, générationnelles, et en détournant le regard des Français des vraies responsables de la crise : les politiques d’austérité, les actionnaires et la finance. J’appelle l’ensemble des citoyens à la vigilance, à l’unité et à l’action commune pour la défense des services publics et des choix politiques de solidarité.

Nous pouvons déjouer le « coup monté » du tripartisme. Ce scénario mortifère pour la gauche sous-tend l’abandon des classes populaires à l’abstention et au Front national, et la marginalisation de toute politique alternative sociale et solidaire à l’austérité. Nous le refusons catégoriquement.

Au lendemain, de ce scrutin, rien n’est désormais plus urgent que de construire dans les luttes, dans l’action quotidienne et la solidarité concrète, dans le débat politique, une réponse politique neuve, clairement citoyenne et populaire, clairement à gauche.

J’appelle toutes les forces citoyennes, politiques et sociales disponibles à la construction d’un mouvement de gauche alternatif ample et populaire, à vocation majoritaire pour ouvrir à nouveau l’espoir. Communistes et autres composantes du Front de gauche, écologistes, socialistes refusant l’impasse actuelle, militants de Nouvelle Donne, citoyens, syndicalistes, militants de toutes causes… doivent converger pour construire ce nouvel espoir.

Nous y travaillons sans relâche depuis des mois. Je sais qu’il ne s’agit plus d’un vœu pieux. Ces convergences se sont affirmées à de nombreuses reprises au cours des derniers mois. Elles se mettent désormais en œuvre dans les premières réunions des Chantiers d’espoir et dans la préparation du forum européen des alternatives. Le retour de la loi Macron au Sénat à partir du 7 avril et la mobilisation intersyndicale et interprofessionnelle, le 9, leur donneront l’occasion de s’affirmer avec plus de force encore. Des initiatives nouvelles seront nécessaires. Avec les communistes, j’ y travaillerai activement.

Pierre Laurent secrétaire national du PCF

Paris, dimanche 29 mars 2015.

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Soyons « politologues » un petit instant !

Posté par jacques LAUPIES le 29 mars 2015

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J’ai bien lu l’analyse ci dessous et j’y souscris, toutefois il est quelques éléments, et pas des moindres qui devraient la compléter et que soulèvent les constats suivants :

Parmi la population la plus défavorisée victime des bas salaires de la précarité et du chômage

La montée du Front National prend sa source dans les difficultés des plus pauvres qui, s’ils ne votent pas majoritairement pour lui, ne voient aucune issue ailleurs, se font piéger par le clientélisme de droite qui sait se rallier les éléments les plus formés et influents de ces catégories, se font piéger par les discours d’assistanat d’une certaine gauche, et demeurent éloignés de part leur culture (notamment parmi les immigrés) du vote communiste.

Des communistes qui sont en perte d’influence pour bien d’autres raisons, notamment à cause des confusions qu’entretient le fait d’une d’alliance, hier et aujourd’hui, dictée par des obligations d’apparence à caractère  électoraliste, avec la gauche réformiste incarnée par le PS dévalorisée par ses composantes sociaux libérales.

Parmi les fameuses catégories moyennes nouvelles, invention des idéologues de la grande bourgeoisie

Bien qu’il soit parfois injuste d’attribuer globalement des comportements dus à des positions sociales données, il est vrai que des catégories appelées moyennes par l’idéologie dominante et classées dans un salariat  stable, dotées de la garantie de l’emploi et de revenus garantissant une certaine survie, se trouvent en danger et par crainte et incompréhension sont tentées de voter pour le FN.

Ces catégories qui ont, comme les autres, leur conscience de classe amoindrie par les pressions médiatiques au niveau de l’information radio télévisée et de l’immense majorité de la presse écrite peuvent basculer dans le vote d’extrême droite, soumises également au clientélisme que génère l’avenir de leurs enfants, qu’il va falloir caser dans un emploi, malgré les diplômes acquis.

Oscillant entre un Parti Socialiste ne tenant pas ses promesses et une droite libérale dévaluée, éloignés du Parti Communiste par les préjugés savamment entretenus par les dominants ou acquis de culture familiale, se trouvent des adeptes de ces comportements petits bourgeois d’antan qui se réfugient dans une gauche trotskyste  et un centre droitier à la recherche d’un idéal conforme à leur espérance d’intégration sociale (nombre de jeunes étudiants issus de ces milieux, soit par révolte, soit par opportunisme s’y font piéger)

Il suffit de leur fabriquer un leader pour que, le temps d’une consultation électorale, ils oublient les communistes et le Front de Gauche. A la vieille d’un scrutin, je ne les nommerai pas mais vous les aurez reconnus, eux et leurs relais médiatiques.

Parmi les vraies couches moyennes que les marxistes définissent comme propriétaires de leurs moyens de production mais ne vivant pas exclusivement de l’exploitation salarié, étant eux-mêmes les principaux acteurs de leurs revenus (avocats, médecins, commerçants, artisans, petits et moyens paysans, tpe, etc.)

C’est sans doute là que se trouvent, par tradition familiale souvent, les catégories « pensantes » et déterminées d’une extrême droite, les plus dangereux éléments qui encadrent la poussée du FN, même si sa Direction actuelle a élargi son encadrement politique.

De là bien sûr provient la manipulation « intelligente » à laquelle on assiste et qui n’est pas limitée au populaire mais frappe également des milieux supposés « intellectuellement majeurs » souvent de gauche à l’origine comme les enseignants.

Les générations arrivées à l’activité après les trente glorieuses, ne trouvant ni la place, ni la considération, y compris des familles politiques dont ils sont issus, par faiblesse idéologique et souvent déstructurés dans leur mode de vie deviennent de fait de précieux contributeurs à la poussée de ce pseudo patriotisme national ci dessous invoqué.

Oubliée pour ces groupes la lutte entre deux classes fondamentales. Ils lui substituent les affrontements entre catégorie artificiellement opposées : actifs et retraités, salariés du public et salariés du privé, immigrés et non immigrés, la plus payante pour l’influence électorale de l’extrême droite, etc.

Que conclure de ces considérations si ce n’est qu’il faut revenir aux fondamentaux qui guident les révolutionnaires : appeler à lutter pour la maitrise des principaux moyens de production et d’échange (dépassement de la contradiction entre travail social et propriété privée des moyens de production) Oser clairement avancer l’idée pour qu’elle s’impose en l’accompagnant de sa conséquence logique : l’exigence immédiate de l’augmentation des revenus salariaux et des prestations sociales, le développement des services publics accompagnés d’une fiscalité plus juste, de la nationalisation des banques et leur fonctionnement démocratique, etc.

Mais de tels objectifs qui peut les avancer et ne pas sombrer dans toutes sortes d’élucubrations qui font en définitive le jeu du FN, si ce n’est une puissante organisation politique au service des exploités ? Un parti bien identifié et identifiable ! N’est ce pas une priorité préalable à tout rassemblement même si celui ci est urgent à réaliser ?

 

 

Alain Hayot. « National populisme »

 

Alain Hayot. « National populisme »

 Pour le responsable communiste, le Front national a réussi a structurer un discours rôdé, autour de l’identité nationale et de l’autorité, qui rassure une partie de l’électorat ouvrier dépolitisé.

Alain Hayot est délégué national à la Culture du PCF et Conseiller régional à la Région Provence Alpes Côte d’Azur (Groupe Front de Gauche). Auteur de « Face au FN, la contre offensive » (Ed. Arcanes 17), il donne des pistes pour combattre le Front national mais aussi pour comprendre ses succès électoraux.

La Marseillaise. Au premier tour de ces départementales, le FN a obtenu un succès indéniable. Quelle est votre première analyse ?

Alain Hayot. Quand on regarde la carte d’implantation du vote FN à ces départementales, après les municipales et les européennes, et même pour une part à la présidentielle de 2012, on se rend compte non pas d’une progression en valeur absolue –encore qu’elle est réelle– mais d’un étalement. Ce que j’appelle une nationalisation du vote. Le Front national est terriblement présent dans ses bastions traditionnels du Nord et du grand Sud Est, mais maintenant il est présent partout. Y compris dans des terres où il était complètement absent. Je pense par exemple à l’Ouest de la France. On le voit aussi dans les grandes conurbations et les bassins d’emploi industriels ou encore dans ce qu’on appelle le péri-urbain ou le néo-rural voire le rural tout court. Autant d’endroits qui n’étaient pas répertoriés comme étant ses lieux d’implantation. En fait des choses ont bougé depuis 2012. Quand je regarde les estimations au sortir des urnes, je me rends compte que les femmes et les jeunes, qui étaient relativement « épargnés » sont maintenant assez présents.

La Marseillaise. Vous l’expliquez comment ?

Alain Hayot. Je pense depuis longtemps que le vote en faveur du Front national est un vote qui s’est construit sur la durée. Le vote de 1984 est un vote de sur-diplômés, de cadres supérieurs des quartiers résidentiels. Depuis, il a considérablement évolué. Au-jourd’hui nous savons qu’il s’agit d’un électorat ouvrier. Un électorat ouvrier plutôt de droite. Mais le vote pour le Front national n’est pas le vote des plus précaires. C’est le vote de ceux qui ont acquis un petit quelque chose. Y compris la propriété de l’habitat, le travail… Et qui craignent de le perdre.  Ils sont sensibles à un discours cohérent. Et cela fait des années que le Front national construit un discours cohérent, fondé sur  la préférence nationale. Ses électeurs se révoltent contre l’existant et voient dans le Front national la solution au problème. 95% des électeurs du Front national  donnent la raison de leur vote sur le thème qu’il y a trop d’immigrés en France. Ceci est un élément structurant trouvé par le Front national : « Ils nous prennent notre boulot, ils envahissent la Sécu et la protection sociale, et ils mettent en cause notre identité nationale ». Cette remise en cause de l’identité nationale, dans toutes les études, apparaît comme le plus fort vecteur du vote FN. Ils veulent aussi le rétablissement de l’autorité. De l’autorité à la tête de l’État, de l’autorité partout. Jusqu’à l’école et jusqu’à la famille. C’est aussi un vote de repli sur les frontières nationales, de repli sur l’identité nationale, de repli sur une conception autoritaire de la République.

La Marseillaise. Ceci suffirait à expliquer le succès du FN ?

Alain Hayot. La structuration du discours politique du Front national a été considérablement travaillé depuis l’arrivée de Marine Le Pen. La normalisation et la dé-diabolisation ont permis de façon notoire au national-populisme non seulement de grandir dans la population et en particulier dans ce qu’on pourrait appeler le peuple de droite, mais il s’adresse maintenant au peuple tout entier. Parce qu’il utilise des mots d’aujourd’hui pour parler des maux d’aujourd’hui. Et il est relayé.

La Marseillaise. Pour le combattre, que manque-t-il à la gauche ?

Alain Hayot. Pour mettre en échec ce que j’appelle le national-populisme [le FN mais aussi tous ceux qui concourent à cette évolution terrifiante et dramatique, de l’air du temps dans la société française, les Zemmour, les Nadine Morano, les Copé, les Strosi, les Ciotti, etc. On n’a pas affaire qu’au FN, là !], il faut incarner notre bataille dans les combats de terrain. Dans les cités populaires, dans les entreprises. Je pense que dans tous les cas il faut renouer les liens de solidarité pour ceux qui subissent les politiques libérales et d’austérité. Il faut travailler à la lutte contre le racisme et toutes les formes de stigmatisation, de ce que j’appelle les doubles peines. Contre la domination parce que vous êtes d’une classe sociale défavorisée mais aussi parce que vous êtes stigmatisé par votre nom, votre adresse, votre couleur de peau… Il faut mener ce combat. Pour reconstruire une conscience de classes qui dépasse les divisions. Le seul moyen est de développer un processus de politisation. Il faut politiser les causes, les enjeux et les luttes. Il faut faire ça dans les cités populaires, autour des enjeux comme le logement, la qualité de la vie mais aussi des questions de la formation, de l’emploi. Et aussi sur les questions du racisme. Enfin il faut redonner l’espoir d’une société meilleure. Les communistes doivent y contribuer, mais avec toute une série de courants, de composantes telles que le Front de gauche. Mais aussi de l’écologie politique, de socialistes qui refusent la dérive libérale du PS actuel, de militantes et de militants féministes, antiracistes… le monde du syndicalisme qui se trouve confronté à la nécessité de politiser ses combats. La grande difficulté que nous avons c’est ça. Trouver le moyen de rassembler tout ce monde-là en respectant les différences de chacun et en construisant du commun. Pour terminer sur une note un peu optimiste, je trouve que les départementales, contrairement aux municipales, laissent entrevoir le début d’une construction de ce type. Une sorte de chantier d’espoir. Mais il faut se mettre au travail.

Entretien réalisé par Claude Gauthier (La Marseillaise, le 27 mars 2015)

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Camarade : écoute un peu les anciens !

Posté par jacques LAUPIES le 27 mars 2015

Un ami s’est plaint dans un commentaire sur celui que j’avais présenté hier, concernant les élections départementales en Arles, du fait que j’ai évoqué la présence du Député et du Maire d’Arles, côte à côte pour soutenir les candidats du Front de Gauche, de soutien de poids.

Cet ami qui trouve le PS particulièrement indigeste et infréquentable à toute élection est à juste titre préoccupé par la politique du gouvernement Valls en matière économique et sociale.

Il n’est pas le seul ! Mais à quoi conduirait  une attitude tendant à minimiser, dans une ville où le Front National menace où certains dirigeants de l’UMP jouent avec le « ni, ni » de Sarkosy, un soutien du député Michel Vauzelle ? Probablement à des conditions plus difficile de lutte dans sa ville d’Arles dont cet ami, syndicaliste lui-même, aurait à souffrir.

Je l’ai mille fois répété ici je ne ferai jamais l’amalgame entre le PS et l’UMP, pas plus que je ne fais l’amalgame entre notre démarche et celle de ces nombreux égarés gauchisants qui lorsqu’il s’agit de combattre la droite, commencent par s’en prendre à la gauche et souvent au PCF. Surtout dans des périodes électorales aigües ou il faut avoir le courage d’aller à l’essentiel.

On en a des exemples qu’il n’est pas nécessaire de dénoncer ! Il y a mieux à faire pour que l’électorat populaire déjà fortement déboussolé par les jeux politiciens ne tombent pas dans leurs panneaux.

Il n’est tout de même pas difficile d’être attaché à ses convictions, souvent liées à sa condition sociale, de les défendre bec et ongles et de savoir, quand existe un réel danger de les voir mises en cause, d’aller à l’essentiel !

Autre chose :

la politique est certes un domaine ou chaque citoyen à le droit, et se doit d’intervenir. Mais cela suppose de sa part un effort constant de réflexions et d’échanges, en se débarrassant autant que faire se peut des clichés produits par la pensée unique, de l’énorme pression médiatique manipulée par la classe dominante.

J’ai le plus grand respect pour les syndicalistes dont la tâche n’est pas aisée, je peux comprendre ces travailleurs qui ne peuvent s’engager dans les luttes, notamment dans l’entreprise ou la répression existe de fait, je peux compatir  avec ces précaires, chômeurs, jeunes inquiets pour leur avenir SOUMIS à l’assistanat (1) mais je ne me priverai pas de leur dire qu’il faut « entrer en politique » car, sans une grande influence politique et même sans le pouvoir politique à tous les niveaux, rien ne sera possible.

Je dirai même qu’un mouvement social dans l’état actuel des forces politiques organisées (à gauche)   et sans de claires perspectives politiques serait condamné à un magnifique pschitt. S’agissant de ceux qui sont impliqués dans des responsabilités syndicales, au risque de déplaire, je leur dirai que leur distance avec la politique que nous défendons, le repli sur la question revendicative exclusif, devrait les interpeller…

(1) un assistanat qui encourage le clientélisme débouchant sur la soumission à des édiles peu scrupuleux ou à des révoltes incontrôlées qui alimentent le vote d’extrême droite ou l’abstention. Vraiment, y a t il autre chose de possible que la lutte organisée, pied à pied, pour défendre des droits acquis et en exiger d’autres ?

 

 

 

 

 

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La salle des fêtes d’Arles comble pour accueillir les candidats du Front de Gauche devenus candidats d’un certain Front Républicain

Posté par jacques LAUPIES le 27 mars 2015

 

 

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Une salle des fêtes bien remplie

 

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Des soutiens de poids : Michel Vauzelle Député (socialiste) et Hervé Schiavetti (communiste) Maire d’Arles et Conseiller Général sortant

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Jean Marc Charrier, Conseiller Général sortant, ancien Mair de Port Saint Louis, ouvre la réunion

 

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Nicolas Koukas lors de son intervention : un vibrant appel au rassemblement !

 

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Aurore Raoux, candidate met talentueusement la force des femmes dans cette bataille électorale

 

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M. Rafai, apporte le soutien du Parti Socialiste et met en avant la défense des valeurs républicaines contre le FN

 

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