Pour quand l’Adieu aux Armes ?

Posté par jacques LAUPIES le 30 avril 2015

 

Je rêve : il va falloir mettre la main à la poche pour payer les dépenses militaires.

 

Non seulement nous héritons des conneries des politiques internationales qui nous ont été imposées par les affairistes de cette planète mais en plus c’est nous qui allons payer la facture de la pseudo réparation qui s’impose face aux rebellions fascisantes.

 

Car évidemment rien de changé dans la démarche austéritaire.

 

Décidément se pose avec urgence la mise à la retraite de tous ces roquets, qui aboient pour leur maîtres, dans un chenil  pour vieux cabots.

 

Peut-être y trouveraient-ils un peu de sagesse encore que comme l’a dit Hemingway dans « L’adieu aux armes » : « La sagesse des vieillards c’est une grande erreur. Ce n’est pas plus sage qu’ils deviennent, c’est plus prudents »

 

On en viendrait presque à regretter de ne pas être gouvernés par des vieillards !

 

 

Le budget des armées tranché à l’Élysée

 

Gérald Rossi
Mercredi, 29 Avril, 2015
L’Humanité

 

Pour quand l'Adieu aux Armes ? dans POLITIQUE

Photo Stéphane Sakutin/AFP
Le Conseil de défense présidé par François Hollande doit préciser combien d’emplois seront supprimés et quels moyens financiers seront consentis pour le renouvellement des matériels.
Actualisation, avec AFP : Défense: Hollande annonce une rallonge et le maintien de 18.500 postes menacés
Face à la menace terroriste, François Hollande a annoncé mercredi une rallonge budgétaire de 3,8 milliards d’euros pour la Défense, où seront préservés plus de la moitié des 34.000 postes qui devaient être supprimés. Lors d’un Conseil de défense à l’Elysée, le chef de l’Etat « a annoncé qu’il allait préserver 18.500 postes sur les 34.000 suppressions de personnels prévues » dans la Loi de programmation militaire 2014-2019, a indiqué son entourage.
A l’issue de cette réunion, M. Hollande a aussi annoncé le maintien « durable » de la mobilisation de 7.000 militaires sur le territoire national contre les menaces d’attentat. Les crédits de la Défense seront « sanctuarisés cette année à hauteur de 31,4 milliards d’euros », « sans aucun appel à des ressources extérieures », a déclaré le chef de l’Etat et des armées, devant la presse.
Fançois Hollande a ainsi écarté le recours à des « sociétés de projet » qui auraient acquis des matériels militaires (avions de transport Airbus A400M, frégates multimissions) pour ensuite les louer à l’armée.  »Cela veut dire que le ministère de la Défense est sûr de pouvoir disposer de ces crédits dans l’année 2015″, a-t-il insisté.
Toujours au chapitre budgétaire, François Hollande a donc également annoncé une rallonge budgétaire de 3,8 milliards d’euros d’ici à 2019, dans le cadre d’une loi de programmation actualisée 2014-2019 qui « sera présentée en Conseil des ministre le 20 mai ».
Le président de la Républiqure a par ailleurs annoncé la pérennisation de l’opération antiterroriste intérieure Sentinelle, avec le maintien de la mobilisation de 7.000 militaires contre 10.000 jusqu’à présent.  »Ces décisions seront donc opérationnelles dès demain aussi bien pour le budget 2015 et son exécution que pour la préparation de la loi de programmation militaire », a confirmé François Hollande.

La Grande Muette va ouvrir grand ses oreilles ce matin. Dès 9 heures en effet, François Hollande, lors d’un Conseil de défense, doit rendre publics ses arbitrages financiers pour le budget des armées. Manuel Valls, dans ses lettres de cadrage du week-end dernier (lire notre édition d’hier), annonçait un tour de vis quasi général des dépenses publiques, sans aborder le dossier de la défense, traité au plus haut niveau ce mercredi. Le président de la République va devoir trancher entre les avis divergents de deux de ses ministres, Jean-Yves le Drian (défense) et Michel Sapin (finances). Le premier milite notamment pour la création de « sociétés de projet », sortes de holdings à qui il reviendrait d’acheter à l’État des matériels militaires comme des navires ou des avions pour les louer ensuite à l’armée. Le second défend plutôt l’idée que d’autres solutions pourraient être trouvées, car « les sociétés de projet présentent un certain nombre d’inconvénients ».

Mais au-delà de ces montages financiers, c’est d’abord la question des effectifs qui est posée. Initialement, la loi de programmation militaire, adossée sur le livre blanc de la défense présenté en mars 2013, envisageait à terme la suppression de 34 000 postes, tout en maintenant à 66 000 soldats « la force opérationnelle terrestre ». Dès le mois de janvier, alors que se sont développées les opérations Vigipirate, François Hollande avait déjà accepté de revenir sur une tranche de 7 500 suppressions de postes. Ce qui a mis en lumière le caractère étriqué, pour ne pas dire irréaliste, des préconisations du livre blanc gouvernemental. Désormais, les spécialistes de la défense expliquent qu’il faudrait conserver 18 500 postes.

Les chiffres ont déjà explosé

Ils expliquent que la montée en puissance des engagements sur les terrains extérieurs est réalisée à effectifs minimaux, avec des formations annulées, des congés reportés… afin de répondre aux ordres de mission. En 2014, avec 9 000 soldats français œuvrant à l’extérieur, les perspectives précédemment chiffrées ont déjà explosé. À cela s’ajoute l’opération « Sentinelle » qui, comme son nom le souligne, se traduit par l’engagement sur le terrain métropolitain d’au moins 7 000 hommes pour les plans de sécurisation de lieux et de sites ; un chiffre qui nécessite, en prenant en compte les périodes d’exercice et les congés, trois fois cet effectif. Histoire de bricoler des solutions, certains, aux finances, ont émis l’idée que l’Intérieur pourrait reprendre à son compte une partie de ces missions, ce qui reviendrait à demander aux CRS déjà exténués d’en faire encore plus, alors que se multiplient dans leurs rangs des arrêts de travail justifiés par des certificats médicaux. Et ce n’est pas la proposition royale de 2 euros par jour de supplément à leur indemnité de déplacement qui devrait leur redonner le moral.

Reste à savoir si les économies affecteront alors davantage les matériels, qui sont eux aussi soumis à rude épreuve, à l’image des turbines des hélicoptères qui subissent les assauts du sable des déserts. La cyberdéfense a aussi un coût élevé, tout comme l’achat d’avions de transport de troupes, de drones… Selon les choix retenus, il en coûtera entre 5 et 10 milliards d’euros supplémentaires à trouver d’ici à 2019.

 

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Les idées au service de l’émancipation

Posté par jacques LAUPIES le 29 avril 2015

Lorsqu’on est engagé en politique  à un niveau modeste, on en vient parfois à se demander si nos choix, nos prises de position personnelles, ne sont pas, quelque part, inconséquentes et même irresponsables. L’énorme puissance des institutions économiques et sociales, des médias, la puissance de l’état, et les millions de citoyens qui normalement disposent de tous les pouvoirs, par la voix du suffrage universel (même tronqué) et par les délégations données à leurs élus, pèsent lourdement sur chacun de nous.

Un sentiment d’impuissance peut naître comme si devant un tel rouleau compresseur toute résistance semblait impossible. Pire même cela peut conduire à ne plus croire en notre propre capacité à juger des évènements d’autant qu’ils sont souvent interprétés, déformés dans le cadre d’une lutte idéologique impitoyable.

Le doute peut s’installer s’il n’y a de prise de conscience des enjeux, pas de capacité d’analyse, pas de recul sur des situations dont on risque de ne retenir que les apparences. Bref si nous n’avons plus de fil conducteur, de valeurs et de théorie pour comprendre, si nous sommes sous la tutelle des interprétations, des falsifications des réalités présentes et historiques par nos adversaires ! Nous devons apprendre à regarder le monde et la place que nous occupons.

Et cela ne peut être le seul privilège de classes ou de catégorie plus favorisées dans l’accès aux savoirs et aux postes clefs dans une société hiérarchisée car chacun sait bien que ce qui détermine les humains ce sont leurs intérêts matériels qu’ils peuvent avant tout retirer de leur connaissance. Et ce ne sont pas ce qui disposent d’un grand potentiel en ce domaine qui démentiront cette thèses souvent énoncée : « c’est l’être qui détermine la conscience et non l’inverse »

Mais pour autant la conscience ne peut échapper aux idées qui viennent confirmer le sens de notre existence et expliquent précisément notre capacité à en changer le cours.

Il ne peut donc suffire de subir, d’accéder à la soumission ou à la révolte, encore faut-il savoir ce qui en est la cause, ce qui peut nous conduire à nous en émanciper. Ainsi doit on comprendre que les souffrances humaines qu’il est aisé de constater, naissent de l’exploitation de la force de travail des uns par les autres, que c’est  une donnée fondamentale pour les atténuer ou les faire disparaître.

Comment ignorer que les victimes des guerres, des massacres et des génocides, des déplacements et émigrations de population, les victimes même de catastrophes naturelles doivent leur sort à des systèmes d’exploitation qu’engendre cette lutte impitoyable et bien réelle qu’est la lutte des classes. Les institutions fussent-elles aménagées par des considérations éthiques ou morales, d’inspiration religieuse ou non en sont le reflet.

On peut aisément en déduire que l’histoire va se faire à partir d’un rapport de force et que donc vont s’établir entre les classes, dans leur complexité catégorielle, des stratégies qui ne peuvent déboucher qu’accompagnées de rassemblements très larges.

A tout moment les spéculations sont possibles sur des faits bien réels qui nous touchent de près et c’est ainsi que le comportement d’un individu, d’un groupe, d’une communauté que nous côtoyons, pour peu qu’il soit contraire à notre vision de liberté, d’égalité, de solidarité, devient rapidement source de généralisation et nous éloigne de la prise de conscience des vrais responsabilités.

Le chômage offre un exemple de plusieurs interprétations possibles car il nous est expliqué par les nécessités de la concurrence, le cout du travail sur un marché mondialisé, jamais à partir de l’exploitation capitaliste et de son moteur essentiel le profit des actionnaires. Rien n’est dit sur l’évolutions considérable de la productivité qui devrait engendrer un meilleur partage du travail par la réduction de sa durée et un l’amélioration de sa rémunération, gage de la consommation  facteur de développement de l’emploi.

Quand un parti, des journalistes (pas tous heureusement) occultent ces faits ils trompent et entretiennent les divisions, les développent. Et s’il n’ y avait qu’eux !

Et c’est là que le danger des conflits apparaît !

 

 

 

15 400 personnes de plus au chômage en mars

Eugénie Barbezat
Lundi, 27 Avril, 2015

 

Le nombre de demandeurs d’emploi a de nouveau augmenté en mars, en France, une hausse moyenne de 0.4 % qui a touché plus particulièrement les jeunes. Tandis que le chômage de longue durée explose le mouvement ATD quart monde réclame une loi d’expérimentation pour des « Territoires zéro chômeur ».
Le nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A (sans aucune activité) a progressé de 0,4% le mois dernier, soit de 15.400 personnes, portant le total à 3.509.800.
En ajoutant les catégories B et C (personnes ayant exercé une activité réduite), le nombre d’inscrits à Pôle emploi est en hausse de 0,5%, soit 28.000 personnes, pour atteindre un total de 5.290.500 en métropole, et 5.590.600 en incluant les départements d’outre-mer.
Il s’agit du deuxième mois de hausse consécutif après une légère baisse en janvier. En février, le nombre de demandeurs d’emploi en catégorie A avait déjà augmenté de 0,4%.
Sur un an à fin mars, la métropole compte 4,9% de demandeurs d’emploi de catégorie A en plus, et 6,7% en incluant les catégories B et C.
 
La hausse sur un mois a été particulièrement forte chez les moins de 25 ans en catégorie A (+1,0%), alors que, principaux bénéficiaires des contrats aidés, ils sont moins affectés sur un an (+1,5%).
Quelques heures avant la publication de ces chiffres, François Hollande a annoncé, à Alençon (Orne) la création de sept centres de « service militaire volontaire » (SMV) d’ici à l’an prochain. Ce dispositif d’insertion professionnelle de jeunes en grande difficulté est largement inspiré d’un modèle développé outre-mer.  »Il y aura trois centres de service militaire volontaire dès cette année qui accueilleront 1 000 jeunes », à Montigny-lès-Metz (Moselle), Brétigny-sur-Orge (Essonne) et « dans le sud de la France dès janvier 2016″, a déclaré le chef de l’Etat.
Ces centres, qui relèveront du ministère de la Défense, recevront des jeunes de 18 à 25 ans pour leur offrir des formations professionnelles liées aux besoins des bassins d’emplois locaux ou des « secteurs en tension » à l’échelle nationale, comme l’hôtellerie et le BTP. Nourris et blanchis, les jeunes porteront l’uniforme, encadrés par des militaires.
Le dispositif trouve son origine dans le service militaire adapté (SMA), un dispositif d’insertion professionnelle de jeunes en grande difficulté développé en outre-mer. Créé en 1961, il a accueilli en 2014 quelque 5 660 jeunes.
 
Dans la même catégorie, le nombre d’inscrits de 25 à 49 ans a progressé de 0,3% sur un mois (+4,4% sur un an), et celui des 50 ans ou plus de 0,4% (+8,6% sur un an).
En catégories A, B et C, le nombre de chômeurs a augmenté en mars dans toutes les tranches d’âge : 0,6% chez les moins de 25 ans (+3,7% sur un an), 0,5% chez les 25-49 ans (+6,5% sur un an) et de 0,6% pour les 50 ans et plus (+9,5% sur un an).
 
Le nombre de chômeurs inscrits depuis plus d’un an à Pôle emploi, considérés comme chômeurs de longue durée, continue d’augmenter, de 1,1% en mars et 10,1% sur un an.
Leur part dans le nombre total de demandeurs d’emploi inscrits est de 43,6% (+0,2 point en un mois, +1,3 point sur un an).
A l’occasion de cette annonce des chiffres du chômage le mouvement ADT Quart monde organisait ce lundi une manifestation devant l’assemblée nationele afin de sensibiliser les répresentants du peuple à l’initiative « Territoires zéro chômeurs de longue durée » initiée par ATD depuis 2011. L’idée part d’un calcul assez simple : un chômeur de longue durée coûte à la collectivité environ 15 000 € par an en prestations diverses. Ce montant est relativement proche des 22 000 € annuels d’un smic à plein-temps. Les réaffecter pourrait permettre de financer des emplois en CDI à temps choisi pour les 2,2 millions de personnes en France touchée par le fléau du chômage de longue durée.
 
Problème : la réaffectation des 15 000 € d’aides sociales pour le financement d’un emploi conventionné n’est pas autorisée par les textes. Voilà pourquoi ATD et ses soutiens demandent « une loi d’expérimentation » de manière à observer « la viabilité économique » et les « bénéfices au plan humain et social » du projet. Le mouvement a déjà convaincu quatre territoires volontaires en Ille-et-Vilaine, en Meurthe-et-Moselle, dans les Deux-Sèvres et dans le Nivernais. Les élus de ces collectivités ont été reçus par les présidents de groupes politiques siégeant au Palais-Bourbon.
 
S’ils parviennent à se faire entendre, la méthode d’ATD sera éprouvée sur un premier échantillon de 200 personnes, en identifiant des savoir-faire qui coïncident avec les besoins de travail ou de services non solvables qui pourraient être rempli par les ex chômeurs de longue durée, sans les faire entrer en concurrence avec les entreprises locales
 

Seul signe d’espoir, le nombre d’offres d’emploi collectées par Pôle emploi a quant à lui augmenté de 1,8% en France métropolitaine après un recul de 5,6% en février, mais cela concerne les emplois temporaires (+4,8%) alors que les offres pour les emplois durables ont restées quasi stables (+0,1%).

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République quel est ton nom ?

Posté par jacques LAUPIES le 28 avril 2015

 

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Mon grand-père (encore lui) fervent admirateur de Jaurès me disait en substance : les socialistes de ma jeunesse étaient les vrais républicains d’hier, les communistes sont les vrais socialistes d’hier. J’en concluais un peu hâtivement que n’étaient vraiment républicains que les communistes. Pardonnez moi mais…

Mais quand je vois comment – l’article ci dessous l’évoque – les royalistes et ensuite les bonapartistes ont usurpé la notion de république et que de nos jours ces conservateurs osent s’en réclamer en prenant toutes sortes d’appellation, y compris parfois celle de populaire, de national, de démocrates et pour finir de républicain (ce qui n’est pas nouveau car le Parti Républicain de Chirac n’est pas si loin) Il y en même que l’appellation socialiste répugne et qui se voient placés dans une concurrence déloyale !

En définitive, si je suis les traces de mon grand-père dans son raisonnement, nous communistes, vrais héritiers des grands idéaux de la révolution française, serions les seuls à ne pas utiliser la référence au mot républicain tout en portant haut et fort les idéaux de Rousseau de Voltaire et de tous les autres.

Oh que me voila exposé à être traité de sectaire en énonçant ce raisonnement qui n’est cependant pas dénué de logique. La réalité le prouve : Napoléon et ses guerres ont été placée sous l’égide du drapeau républicain, la monarchie constitutionnelle s’est vite parée du républicanisme pour ses entreprises coloniales, la défaite du second empire s’est vite muée en République pour poursuivre cette tâche, sur tous les continents. Après les trahisons de l’Empereur et puis de Thiers, les nouveaux républicains sous appellation de radicaux, de socialistes et radicaux socialistes ont sombré dans l’union nationale de la première guerre mondiale et poursuivi les conquêtes coloniales (MAROC notamment) pour céder finalement devant le pétainisme et la collaboration. Ce fut ensuite la guerre d’Indochine (VIET NAM) et d’Algérie auxquelles ont contribué moult hommes politiques répartis dans ces partis accrochés comme des morpions au poils de la république cinquième de nom.

Alors excusez moi, démocrates, indépendants, centristes, radicaux, pseudos socialistes et autres petits nouveaux sarkoziste ou clémenceautistes, vos républiques je m’en méfie (je suis très modéré en vous disant cela) et je préfère la mienne même si je la conçois sans classe, ce qu’un certain Babeuf évoquait déjà au lendemain de 1789.

Bien entendu les valeurs essentielles de la République ont été instituées par des républicains d’origines diverses dont personne n’ose contester le bien fondé de leurs démarches : lois sur les syndicats, lois sur la laïcité, lois sur les associations, lois de la séparation, lois sur le suffrage universel, lois sur la sécurité sociale, etc. Mais il ne faudrait pas oublier les luttes sociales (et patriotiques) qui les ont soutenues et accompagnées, cesc

Relisez ces articles de la déclaration universelle des droits de l’Homme de 1948 qui, entre autres, vous renverront vers les contradictions de certains de ces politiques qui se targuent d’être les meilleurs républicains du monde !

Article 22.

Toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale ; elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, grâce à l’effort national et à la coopération internationale, compte tenu de l’organisation et des ressources de chaque pays.

Article 23.

  1. Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.
  2. Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal.
  3. Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu’à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s’il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale.
  4. Toute personne a le droit de fonder avec d’autres des syndicats et de s’affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts.

Article 12.

Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d’atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes

Article 25.

  1. Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.
  2. La maternité et l’enfance ont droit à une aide et à une assistance spéciales. Tous les enfants, qu’ils soient nés dans le mariage ou hors mariage, jouissent de la même protection sociale.

 

« Les républicains », ce hold-up qui se prépare

Patrick le Hyaric
Vendredi, 24 Avril, 2015
Humanité Dimanche

 

L’éditorial de Patrick Le Hyaric : « M. Sarkozy qui avait déjà pris Guy Môquet et Jean Jaurès en otage veut ripoliner son parti et capturer ce mot pour sa seule machine de guerre électorale. »
En ces temps si troubles où l’on veut que la télévision commerciale remplace les bibliothèques, où l’histoire est piétinée jusqu’au fond des poubelles, où la culture est méprisée, où les concepts sont retraités dans de grandes lessiveuses médiatiques, où les mots sont transmutés, voilà que M. Sarkozy, qui avait déjà pris Guy Môquet et Jean Jaurès en otage, prépare un nouveau vol sous notre nez. Il veut ripoliner son parti « l’UMP » avec un simple mot, « les Républicains». Parce que ce n’est pas banal, il ne faudrait pas que cela passe comme une lettre à la poste. Ainsi sa machine de guerre électorale capturerait pour elle seule ce mot devenu système, si original en France, fruit d’une longue et belle histoire de luttes pour la souveraineté populaire.
 
La République, c’est mot pour mot « la chose publique». C’est en République que chacune et chacun se définit comme citoyen. Tous composent la nation. Certes, il existe dans le monde de nombreuses républiques.
 
Mais, en France, on ne prête serment ni sur la bible, ni sur le billet de banque quand on accède à la fonction suprême. Notre pays a cette particularité d’être une « République indivisible, laïque, démocratique et sociale », selon le préambule de la Constitution. Notre République n’a pas de véritable équivalent en Europe. La laïcité par exemple n’est nulle part ailleurs un principe constitutionnel.
 
Le projet sarkozyste qui malaxe le mot laïcité pour le réduire aux menus des cantines à l’école, qui a éteint la lumière vacillante de la démocratie quand il a foulé aux pieds le résultat du référendum sur le traité constitutionnel européen, il y a déjà dix ans, et qui a jeté par-dessus bord le mot « social » au profit des intérêts des milieux d’affaires, est à rebours du projet républicain issu de 1789.
 
Après avoir créé un ministère de « l’identité nationale », pour porter main-forte à la fausse mais violente théorie du « grand remplacement », alors que l’immigration ne représente que … 0,36 % de notre population, il a bafoué l’idéal universaliste de la République française, blessé la citoyenneté qui dépend d’un statut de droit et non d’un tri par situation, servant notamment à refuser le droit de vote à une partie des créateurs de richesses de notre pays, contributeurs aux caisses sociales et du Trésor public.
 
Le hold-up en préparation ne vise pas seulement à imiter le parti américain ou à tenter de rejeter les autres forces en dehors du concept républicain, il vise à voler un nom, propriété de tous les citoyens pour dévoyer un projet, des concepts, un sens, des valeurs. Cela se fait sur un fond « d’alternance » politique pour de mêmes choix économiques, sociaux, culturels, éducatifs, soumis à Bruxelles et aux milieux d’affaires, alors que le premier ministre lui-même appelle le parti auquel il appartient à se débarrasser du mot « socialiste » pour peut-être devenir « démocrate », au nom d’une « révolution copernicienne » annoncée.
 
Rappelons que le clivage entre la droite et la gauche est précisément né avec la naissance de la République. Le 28 août 1789, lors du débat sur le veto royal à la Constituante, les députés opposés à cette mesure et hostiles à la toute-puissance du clergé se regroupent à gauche du président du bureau, tandis que les partisans du veto royal, de la sauvegarde de la monarchie et de la prépondérance de l’Église catholique, se placent à droite. Ainsi sont nées droite et gauche. Certes, depuis, la droite a endossé les habits de la République. Le combat acharné des républicains du XIX e siècle pour que la nation épouse les principes fondamentaux de la République et pour rendre irréversibles ses conquêtes permit d’intégrer dans ses rangs bon nombre de ses anciens adversaires. Ce fut une victoire républicaine de longue haleine qui ne gommait en rien les clivages intenses, désormais bordés par les principes universels. Ceux qui persistaient à la nommer « la Gueuse » se situaient à l’extérieur de son périmètre.
 
Ainsi, la République peut-elle être réactionnaire, autoritaire ou coloniale, mais aussi sociale, laïque et démocratique. En se déclarant très à droite par rapport à l’histoire de la droite depuis la Libération, en insistant sur le rôle supérieur « du curé ou du pasteur » sur l’instituteur, en menant campagne sur l’opposition entre l’identité française et d’autres fantasmées ou en opposant la démocratie à la République – l’une étant le régime du laisser-faire, l’autre celui de l’ordre et de l’autorité –, M. Sarkozy joue avec les limites du cadre républicain, intimement mêlé à la laïcité, à l’école publique, à la démocratie, aux services publics, à l’égalité des droits.
Ajoutons qu’à travers cette manœuvre, M. Sarkozy, qui n’a jamais caché sa fascination pour le modèle américain, cherche à en transposer ici ses caractéristiques politiques afin de fédérer, à l’image du Parti républicain, l’ensemble des composantes de la droite et d’une bonne partie de son extrême sur une orientation particulièrement dure: prédominance de la loi de l’argent et du religieux, ultralibéralisme, négation du principe d’égalité, néoconservatisme. Tout un programme pour notre pays!
 
M. SARKOZY QUI AVAIT DÉJÀ PRIS GUY MÔQUET ET JEAN JAURÈS EN OTAGE VEUT RIPOLINER SON PARTI ET CAPTURER CE MOT POUR SA SEULE MACHINE DE GUERRE ÉLECTORALE.
 
Ainsi, cherche-t-il avec opportunisme à réduire la République à une vision étroite qui flirte avec ses limites, une version rabougrie de la République, césarienne, antidémocratique, soumise aux grands vents de la finance mondialisée.
La République ne dit pas tout mais elle dit beaucoup. La République française n’existe que si elle appartient à chacune et chacun de ses citoyens, de droite comme de gauche. Elle est le bien commun de tous les Français, le cadre bordé par les principes de liberté, d’égalité et de fraternité. Vouloir se l’approprier sur une orientation politique qui en nie les principes fondamentaux relève du vol pur et simple et d’un profond mépris pour l’ensemble et la diversité de ses citoyens.
Nous persistons à penser, avec Jaurès, que « sans la République, le socialisme est impuissant, sans le socialisme, la République est vide », que la République poussée jusqu’au bout, logique avec elle-même, qui ne trahit pas ses principes fondamentaux, qui n’est pas en porte-à-faux avec sa devise, pose les jalons d’une société du bien commun, de la propriété collective, de la démocratie, de la solidarité humaine et de la défense de l’environnement. Bref, l’opposé de celle que propose M. Sarkozy!
Car, au fond, est-ce défendre la fraternité que d’appeler « assistanat » les principes de solidarité qui régissent nos systèmes de sécurité sociale, de retraite et d’assurance chômage ? Est-ce défendre la liberté que d’encourager la toute-puissance du capital sur la vie quotidienne de millions de salariés, d’empêcher tout pouvoir décisionnel au monde du travail dans l’entreprise et sur la production ? Est-ce défendre l’égalité que de justifier en permanence le règne de la compétition de tous contre tous ou de stigmatiser une partie de nos concitoyens en raison de leur religion ? Est-ce enfin « républicain » que de manier le fameux « ni-ni » en renvoyant dos à dos l’extrême droite et les partis républicains ?
Répondre à ces questions c’est prendre conscience que la République, bien plus qu’un ordre figé, est un combat permanent pour que se réalisent aujourd’hui, dans le monde réel, ses principes universels. Que tous les républicains fassent que M. Sarkozy en soit pour ses frais !

 

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Serions nous tous des assassins ?

Posté par jacques LAUPIES le 27 avril 2015

Ce titre de film « Nous sommes tous des assassins » est, depuis qu’adolescent je l’ai découvert, ayant entendu autour de moi dans un milieu peu intellectualisé, pour ne pas dire pas du tout, est resté gravé dans ma mémoire.

J’ai du voir le film à sa sortie. J’avais le privilège de ne pas payer ma place de cinéma, gracieusement offerte par les tenants du « Majestic » à Nîmes, cinéma où travaillait ma mère. Cette salle était exploitée par la famille Pezet d’Avignon et projetait dans les année 50 les meilleurs films produits à l’époque du style « Le salaire de la peur » ou encore « Les portes de la nuit » où, plus rares, sortis pendant la guerre comme par exemple « Les enfants du paradis »

Je me souviens avoir très tôt entendu le débat entre ceux qui considéraient qu’on ne pouvait accepter la thèse de la responsabilité généralisée dans le comportements criminels des individus constituant la société et celle de ceux qui imputent cette responsabilité aux seuls individus qui acceptent les règles de cette société et ne veulent pas la transformer.

Cela conduisait évidemment à devoir répondre à la question : Comment les humains que nous sommes peuvent-ils rester indifférents  lorsque la société n’accomplit pas son devoir d’éducation, de transmission du savoir, de solidarité envers ses semblables ? En ont-t-ils le droit ?

On ne peut répondre négativement à cette question autrement que par une réflexion philosophique appropriée ou une conviction religieuse basée sur une foi inébranlable en un Dieu bon et généreux.

Qu’importe l’origine de l’inspiration ! Mais quand des millions d’hommes meurent il y a bien des coupables quelque part et quelque chose à faire pour les neutraliser ?

Et certains d’entre eux vont être élus ou réélus par « un peuple infâme d’araignées » comme dit Baudelaire…

 

La « guerre mondiale contre le terrorisme » a tué au moins 1,3 million de civils

Révélations Humanité
MARC DE MIRAMON
Vendredi, 24 Avril, 2015
Humanité Dimanche
Serions nous tous des assassins ? dans POLITIQUE

AFP
Révélations Humanité. Un rapport publié par un groupe de médecins lauréats du prix Nobel de la paix révèle qu’un million de civils irakiens, 220 000 Afghans et 80 000 Pakistanais ont péri, au nom du combat mené par l’Occident contre « la terreur».

« Je crois que la perception causée par les pertes civiles constitue l’un des plus dangereux ennemis auxquels nous sommes confrontés », déclarait en juin 2009 le général états-unien Stanley McCrystal, lors de son discours inaugural comme commandant de la Force internationale d’assistance à la sécurité en Afghanistan (ISAF). Cette phrase, mise en exergue du rapport tout juste publié par l’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IP- PNW), lauréate du prix Nobel de la paix en 1985, illustre l’importance et l’impact potentiel du travail effectué par cette équipe de scientifiques qui tente d’établir un décompte des victimes civiles de la « guerre contre le terrorisme » en Irak, en Afghanistan et au Pakistan.

« LES FAITS SONT TÊTUS »

Pour introduire ce travail globalement ignoré des médias francophones, l’ex-coordinateur humanitaire pour l’ONU en Irak Hans von Sponeck écrit: « Les forces multinationales dirigées par les États-Unis en Irak, l’ISAF en Afghanistan (…) ont méthodiquement tenu les comptes de leurs propres pertes. (…) Celles qui concernent les combattants ennemis et les civils sont (par contre) officiellement ignorées. Ceci, bien sûr, ne constitue pas une surprise. Il s’agit d’une omission délibérée. » Comptabiliser ces morts aurait « détruit les arguments selon lesquels la libération d’une dictature en Irak par la force militaire, le fait de chasser al-Qaida d’Afghanistan ou d’éliminer des repaires terroristes dans les zones tribales au Pakistan ont permis d’empêcher le terrorisme d’ atteindre le sol états-unien, d’améliorer la sécurité globale et permis aux droits humains d’avancer, le tout à des coûts “ défendables ”». Cependant, « les faits sont têtus », poursuit-il. « Les gouvernements et la société civile savent que toutes ces assertions sont absurdement fausses. Les batailles militaires ont été gagnées en Irak et en Afghanistan mais à des coûts énormes pour la sécurité des hommes et la confiance entre les nations. » Bien sûr, la responsabilité des morts civils incombe également aux « escadrons de la mort » et au « sectarisme » qui portait les germes de l’actuelle guerre chiitesunnite, souligne l’ancien secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld dans ses mémoires (« Know and Unknown », Penguin Books, 2011). Mais comme le rappelle le docteur Robert Gould (du Centre médical de l’université de Californie), l’un des auteurs du rapport, « la volonté des gouvernements de cacher le tableau complet des interventions militaires et des guerres n’a rien de nouveau. Concernant les États- Unis, l’histoire de la guerre au Vietnam est emblématique. Le coût immense pour l’ensemble de l’Asie du Sud-Est, incluant la mort estimée d’au moins 2 millions de Vietnamiens non combattants, et l’impact à long terme sur la santé et l’environnement d’herbicides comme l’agent orange, ne sont pas encore pleinement reconnus par la majorité du peuple américain». Et Robert Gould d’établir un autre parallèle entre la sauvagerie des Khmers rouges, qui émergeront d’un Cambodge dévasté par les bombardements, et la récente déstabilisation « post-guerre » de l’Irak et de ses voisins, laquelle a rendu possible la montée en puissance du groupe terroriste dit « État islamique »

TOTAL ESTIMÉ À 3 MILLIONS

Bien loin des chiffres jusqu’à présent admis, comme les 110 000 morts avancés par l’une des références en la matière, l’« Iraq Body Count » (IBC), qui inclut dans une base de données les morts civils confirmés par au moins deux sources journalistiques, le rapport confirme la tendance établie par la revue médicale « Lancet », laquelle avait estimé le nombre de morts irakiens à 655 000 entre 2003 et 2006. Depuis le déclenchement de la guerre par George W. Bush, l’étude de l’IPPN aboutit au chiffre vertigineux d’au moins 1 million de morts civils en Irak, 220 000 en Afghanistan, et 80 000 au Pakistan. Si l’on ajoute, concernant l’ancienne Mésopotamie, le bilan de la première guerre du Golfe (200 000 morts), et ceux du cruel embargo infligé par les États-Unis (entre 500 000 et 1,7 million de morts), ce sont presque 3 millions de morts qui sont directement imputables aux politiques occidentales, le tout au nom des droits de l’homme et de la démocratie. En conclusion du rapport, les auteurs citent le rapporteur spécial des Nations unies de 2004 à 2010 sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires: selon Philip Alston, qui s’exprimait en octobre 2009, les investigations sur la réalité des attaques de drones (lire encadré) étaient presque impossibles à mener, à cause de l’absence totale de transparence et le refus des autorités états-uniennes de coopérer. Puis il ajoutait, après avoir insisté sur le caractère illégal au regard du droit international de ces assassinats ciblés, que « la position des États-Unis était intenable». Trois semaines plus tard, Barack Obama recevait le prix Nobel de la paix …

PENDANT CE TEMPS-LÀ, EN IRAK, EN AFGHANISTAN, AU PAKISTAN… Le 20 avril dernier, la « coalition antidjihadistes » dirigée par les États-Unis indiquait dans un communiqué avoir mené en 24 heures 36 raids aériens contre des positions du groupe « État islamique », dont 13 dans la province d’Al-Anbar, à l’ouest de Bagdad. Combien de « dommages collatéraux » civils dans cette région, l’une des plus touchées par les violences depuis l’invasion de l’Irak en 2003 ? Les communiqués militaires demeurent systématiquement muets sur cette question, alors que plus de 3 200 « frappes » aériennes, selon la novlangue moderne, ont été effectuées depuis le mois d’août 2014 et la prise de Mossoul par l ’« État islamique». Le 18 avril, c’est un attentat-suicide, « technique » de combat inconnue en Afghanistan avant le 11 septembre 2001, qui faisait 33 morts près de la frontière pakistanaise. À la fin du mois de mars, des sources sécuritaires pakistanaises faisaient état de 13 « djihadistes » liés aux talibans tués lors d’une attaque d’un drone états-unien. Près de 10 000 soldats américains sont toujours stationnés en Afghanistan.

 

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De quoi s’inquiéter !

Posté par jacques LAUPIES le 26 avril 2015

Racisme, xénophobie, refus des différences, recherche du bouc émissaire, ne cessent de prendre corps parmi la population. A peine contenues haine et violence se développent dans les esprits. De quoi s’inquiéter ! Et le Front !National qui en fait son commerce n’est pas le seul responsable.

Aucune couche sociale n’est épargnée par ce phénomène qu’entretiennent les partis politiques les plus influents : ceux qui au pouvoir n’osent s’attaquer  de manière frontale à la pauvreté qui se développe (de ce point de vue la responsabilité du PS est grande, lourde de conséquences) ceux qui depuis des décades, à droite se sont inscrits dans des politiques libérales, mettant l’état sous tutelle des marchés financiers en prenant appui sur l’Europe qui n’a de cesse que de les servir, de s’inscrire dans une mondialisation où règne la loi du capital et donc du profit.

Cette politique libérale, généralisée, est destructrice dans nos propres frontières, car basée sur une consommation anarchique, complétement dominée par la création de besoins inessentiels au détriment de la santé, du logement, de la protection sociale, de l’éducation et de la culture. Ce qui accélère les abandons de secteurs industriels déjà largement bradés pour cause de profits insuffisants que seule peut faire renaitre la recherche d’une force de travail moins chère, plus docile. 

D’où l’exploitation accrue de cette force de travail  à l’échelle mondiale, dans des pays écrasés par le colonialisme ou soumis à des retards de développement historiques qui les rendent vulnérables. Hier la chemise  était fabriqué à Roubaix, puis en Italie, puis au Maroc puis en Chine, puis en Inde, maintenant en Éthiopie. Idem par exemple pour la fabrication de la chaussure ou de l’automobile connaissant le même sort. Déjà l’avion, le train ou encore les armes sont soumis aux mêmes règles.

Qu’est ce qui détermine cela si ce n’est le prix de cette marchandise qu’est la force de travail qu’elle intègre, qui a la qualité de pouvoir produire plus qu’il n’est nécessaire à sa propre reproduction. Cette loi subsiste quels que soient les aménagements que l’on veuille apporter au système sauf à rendre aux hommes et aux femmes qui la vendent le droit de décider de l’usage de la richesse qu’ils produisent ainsi et qui actuellement est manipulée par une classe extrêmement minoritaire : 1 % possède la moitié de cette richesse.

Restons dans cette logique actuelle et ce ne sont pas, ce qui est trop, des milliers d’émigrants au fond de la mer, des centaines de milliers de civils ou de soldats s’entretuant, des millions, voire des milliards d’affamés et de pauvres qui seront seulement victimes, ce sera nous avec notre égoïsme et notre incompréhension, nos accusations réciproques ou de notre propre culpabilisation.

Quand je dis nous, je parle de l’humanité en général sachant pertinemment  que cette humanité est soumise à des forces internes, réactionnaires ou de progrès, qui se heurtent, se combattent parfois durement et qu’il n’est pas évident d’aller de l’avant, que les reculs et les retours en arrière peuvent être et sont possibles malgré le développement de ces forces productives dont notre espèce est l’élément déterminant.

Tout simplement parce que le passage de l’exploitation à la coopération ne se fait pas autant que devrait le permettre la socialisation du travail s’accompagnant de la socialisation des appareils de production à une échelle planétaire suffisante, pour que disparaissent précisément les antagonismes résultat de l’instrumentalisation des différences d’origine, de religion, de culture et de conditions de vie.

Jean Ziegler s’insurge et manifeste sa colère dans l’article qui suit. Au stade ou en sont les comportements de certains hommes politiques au pouvoir dans le monde et en France, cette accusation forte se justifie.

 

 

 

« L’Union européenne commet un crime contre l’humanité »

Par Jean Ziegler, vice-président du comité consultatif des droits de l’homme des Nations Unies.

Propos recueillis par Vadim Kamenka
Vendredi, 24 Avril, 2015
Humanité Dimanche

 

De quoi s'inquiéter ! dans POLITIQUE

AFP
Par Jean Ziegler. Pour le sociologue et auteur du livre « retournez les fusils! choisir son camp », c’est la notion même de « droit d’asile » que l’Europe est en train de détruire. il plaide pour un retour de la mission « mare nostrum », un changement radical de politique.

L’Union européenne refuse d’appliquer le droit d’asile. Cette politique relève du crime contre l’humanité. Les Nations unies, dans leur convention sur les réfugiés de 1952, ont créé un droit de l’homme nouveau: le droit à l’asile. Ce droit est universel. Tout être humain persécuté dans son pays d’origine pour des raisons ethniques, religieuses ou politiques a le droit de chercher accueil et protection dans un autre pays. Les 28 membres de l’Union européenne ont tous, sans exception, signée cette convention.

Pourtant, Frontex, l’organisation militaire, semi-clandestine, de protection de la forteresse Europe, assume une politique qui viole de manière flagrante le droit international et la convention sur les réfugiés. Au lieu d’organiser l’accueil et la sécurité des persécutés, Frontex met en œuvre un appareil de contraintes qui les empêche d’atteindre la forteresse, et donc d’y déposer une demande d’asile. Empêcher quelqu’un de remettre une demande d’asile est une violation de la convention. Toutefois, il faut être précis.

Chaque État reste souverain et possède le droit d’étudier cette demande pour déterminer si elle est justifiée ou non. Cela lui confère le droit de la rejeter. Mais ce qui est totalement inadmissible, c’est d’empêcher les réfugiés d’atteindre le pays d’accueil, donc de faire valoir ce droit d’asile. Les guerres en Libye, Syrie, Afghanistan, Irak et la misère extrême qui règne dans de nombreux pays au sud du Sahara poussent des dizaines de milliers de personnes, dans le désespoir le plus total, à trouver refuge en Europe.

Qu’une partie des habitants de la planète doivent encourir de tels dangers confirme que nous vivons sous un ordre cannibale du monde, totalement absurde. On assiste à une extrême concentration des richesses entre les mains de quelques-uns. Le rapport OXFAM de 2014 indique que 1 % de la population mondiale détient autant de valeurs patrimoniales que les 99 % restants. En même temps, la pyramide de martyrs dans les pays du Sud ne cesse de croître.

Le droit international et la plus élémentaire humanité exigent un changement radical de cette politique hypocrite et inhumaine de l’Europe. Il faut revenir au système mis en place et maintenu par le gouvernement italien jusqu’en novembre 2014 (opération « Marée Nostrum ») et mettre en œuvre, avec l’appui de toute l’Union européenne, une opération de sauvetage dans les eaux internationales en Méditerranée et Atlantique Sud. L’opération « Triton », qui a remplacé « Marée Nostrum », autorise le secours dans les seules eaux territoriales et refuse d’intervenir dans les eaux internationales, là où 99 % des naufrages ont pourtant lieu.

L’établissement d’une organisation qui donne la priorité au sauvetage en mer ne dispensera pas l’Union européenne de mener partout dans le monde un combat impitoyable contre les cartels du crime organisé. Cartels du crime organisé dont font partie ces fameux passeurs, qui gagnent des millions d’euros sur le désespoir, la misère et l’angoisse des persécutés. L’honneur de l’Europe est à ce prix. L’opinion publique européenne doit imposer aux tristes bureaucrates de Bruxelles un changement radical de leur politique et du refus d’asile dont sont victimes des dizaines de milliers de personnes chaque année.

Combien de tragédies et de milliers de morts nous faudra-t-il supporter ? Car leur seul tort est de vouloir faire appliquer un droit humain fondamental. Il est intolérable que cela continue! Comme il est intolérable que, toutes les 5 secondes, un enfant de moins de 10 ans meure de faim, ou de ses suites immédiates. Près d’un milliard de personnes sont en permanence gravement sous-alimentées alors que l’agriculture mondiale pourrait nourrir normalement 12 milliards d’êtres humains (presque le double de l’humanité). Il faut abattre cet ordre cannibale du monde qui écrase la planète.

propos recueillis par vadim kamenka (1) « Retournez les fusils! Choisir son camp », de Jean Ziegler, aux éditions du Seuil.

 

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