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    Européennes

    Le nouveau monde :
    D'un coté, on prétend "responsabiliser" les gens modestes en augmentant le prix du #carburant.
    De l'autre, on déresponsabilise les riches en baissant leurs impôts sans rien leur demander en échange.
    Moins tu as, plus tu donnes.
    Plus tu as, moins tu donnes.

En écoutant la symphonie du nouveau monde

Posté par jacques LAUPIES le 31 mai 2015

 

Il est aberrant de constater que des salariés peuvent douter de la possibilité d’augmenter les salaires et de réduire la durée du temps de travail, d’avoir une protection sociale de haut niveau.

Tous les chiffres le démontrent : les fortunés voient accroitre leur richesse et la pauvreté touche toujours un plus grand nombre de la population. Et tout cela malgré des progrès techniques et scientifiques accompagnés de gains considérables de productivité du travail.

En fait pour simplifier le propos : comment peuvent-ils ne pas voir que le gâteau grandissant, la part donnée à ceux qui travaillent est toujours plus réduite en pourcentage.

Cela aurait-il à voir avec la concurrence internationale et la mondialisation ? Avec la dette ? Avec la paresse des travailleurs ? Avec des jeunes qui ne veulent pas travailler, avec des chômeurs qui trichent, des retraités qui dépensent trop et, comme nous le susurre un député avec des taulards qui coutent trop cher et qu’il faut mettre au turbin pour payer leur séjour en cabane ? Sans compter ces commerçants ignares qui ne sont pas capables de concurrencer Casino, Carrefour, Leclerc  et les autres ! Et aussi ceux qui auront échappé à la noyade, et qu’il va falloir nourrir, comme disait l’autre tocard, cette misère du monde que nous ne pouvons pas supporter.

Cela justifierait il que ces seuls patrons soient méritants, osant entreprendre bien que payant trop d’impôts et courageusement, travaillant dans un hexagone qu’ils considèrent ingrat à leur égard, pourvus d’un patriotisme à toute épreuve, soutenus par de vrais républicains contre les ennemis de la liberté, de la fraternité et de l’égalité ? 

Suis leur trace jeunesse précaire, sans un sous en poche, avec le soutien d’Attali tu seras sauvée en créant ton entreprise  ! 

Que diable vous n’avez pas compris cela vous les premiers concernés : travailleurs, jeunes, chômeurs, retraités à minima, commerçants auto exploités, paysans, travailleurs issus de l’immigration. Vous n’êtes pas raisonnables : vous votez FN, vous votez encore communiste ou vous ne votez pas du tout !

Prenez exemple sur ces médecins et autres professions libérales, sur ces enseignants, sur ces cadres supérieurs (et inférieurs), sur ces jeunes techniciens, sur ces intellectuels médiatisés et même sur vos semblables. Cette intelligentzia   avec son savoir, ses responsabilités, a tout compris. La preuve assidûment  elle hésite à choisir entre les modérés bien pensants de gauche ou de droite, comme le fait d’ailleurs la majorité d’entre vous !

- Ah que non, rétorquez vous, nous sommes une bonne moitié à voter pour Marine, pour les communistes et leurs alliés ou à nous abstenir !

- Tiens j’avais pas remarqué ! En fait ni François, ni Nicolas , même rassemblés, ne sont majoritaires dans ce pays et c’est eux qui gouvernent à tour de rôle ?

- Mais mon bon Monsieur c’est ça la Démocratie à la française et dans le plupart des pays dits développés dans le monde. Franchement vous n’avez rien vu, ni compris…

- Ce n’est tout de même pas la Corée du Nord !

- Pour sur mais c’est tellement plus subtil, cela vous permet de déboiser les dirigeants de votre pays en écoutant Dvorak, de rêver d’un autre monde de partage équitable que vous appelez communisme, mais voilà vous n’êtes pas foutu de convaincre et de rassembler ces révoltés et ces dégoutés !

- Très chers amis vous pouvez me reprocher mon confort, par obligation relativement ascétique d’ailleurs, mon verbiage primaire et tardif, au propre et au figuré, et tout ce que vous voudrez mais, voyez vous, que puis je dire d’autre que ce Goethe qui nous indiquait  : «  la majorité…se compose d’un petit nombre de meneurs énergiques, de coquins qui s’accommodent, de faibles qui s’assimilent et de la masse qui suit cahin-caha, sans savoir le moins du monde ce qu’elle veut. »

Et vous dire que la balle est dans votre camp. Pour ce qui est du mien il fait du mieux que possible !

 

* Si, j’ajouterai tout de même que  le génial penseur, écrivain, poète, dramaturge, scientifique et homme d’état, mourut en 1828, que je me garderai bien de mettre en cause, aurait pu indiquer « surtout lorsque cette majorité est issue d’une classe dominante et exploiteuse » Mais on doit bien retrouver cela dans son œuvre qu’un certain Marx parait-il, appréciait beaucoup !

Description de cette image, également commentée ci-après

http://fr.wikipedia.org/wiki/Johann_Wolfgang_von_Goethe

  

CGT. Vers un congrès sur tous les fronts

Olivier Morin
Vendredi, 29 Mai, 2015
L’Humanité

 

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Photo : Stéphane de Sakutin/AFP

Philippe Martinez : « être proche des préoccupations des salariés dans toute leur diversité. »
Photo : Stéphane de Sakutin/AFP
Réunie en Comité confédéral mercredi et jeudi, la CGT veut construire les débats de son 51e congrès en lien avec un maximum de salariés et leurs luttes.

Alors que se tenait un Comité confédéral national (CCN) de la CGT depuis mercredi, Philippe Martinez, son secrétaire général, a rendu publiques, jeudi, les avancées de la feuille de route de l’organisation syndicale. Un plan de travail de revendications et d’actions en lien étroit avec la préparation de son 51e congrès qui aura lieu du 18 au 22 avril prochain au Palais des congrès de Marseille. Dans cette perspective, la CGT veut soumettre à l’épreuve des faits les commentaires sur « la représentativité réelle du syndicalisme dans notre pays » et « sur sa capacité à être proche des préoccupations des salariés dans toute leur diversité », explique son secrétaire général. Philippe Martinez a ainsi fait état du succès du « plan de visite d’au moins 2 000 syndicats » qu’il a entrepris avec le reste de la direction de la confédération. D’ailleurs, les revendications des salariés, portées par les syndiqués qu’ils rencontrent à cette occasion, seront au cœur des enjeux débattus lors du 51e congrès dont l’ambition est de « conjuguer contestation et propositions », a-t-il expliqué.

Une offensive en faveur du monde du travail

Une contestation que la CGT porte déjà « pour alerter les salariés sur le danger de la loi Macron » ou le projet de loi sur le dialogue social, a encore rappelé Philippe Martinez se réjouissant que « toutes les organisations syndicales » se retrouvent désormais pour contester la réforme des retraites complémentaires Agirc et Arrco. Toutes ont « renvoyé sa copie au Medef (avant-hier), tant les propositions avancées sont inacceptables », précise-t-il. Une unité qui, malgré des divergences sur d’autres sujets, doit à nouveau s’exprimer dans les prochains jours dans le combat contre « les idées et les comportements d’extrême droite à l’entreprise ». De ces relations avec les autres organisations syndicales, mais aussi avec la politique et le monde associatif, il en sera également question lors du congrès d’avril 2016.

La place de la CGT dans le syndicalisme mondial et européen sera également versée au débat. Philippe Martinez exprimant d’ores et déjà le souhait d’une « posture offensive pour construire un modèle social en Europe qui réponde aux attentes des travailleurs ». C’est à cette fin que la CGT souhaite voir s’unir le syndicalisme européen lors du congrès de la Confédération européenne des syndicats (CES), en septembre. Et c’est avec la même volonté que l’organisation syndicale organisera une grande initiative le 17 juin pour rencontrer les cadres, ingénieurs et techniciens du site de la Défense (Hauts-de-Seine). En y associant une campagne nationale pour exiger l’augmentation des salaires et des minima sociaux au 1er juillet, la CGT prépare l’amplification de l’offensive en faveur du monde du travail.

 

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Accusés à tort : relaxez-vous !

Posté par jacques LAUPIES le 30 mai 2015

 

 

Comme le soulignent en substance la plupart des commentateurs de la télé, à propos de l’affaire Bettencourt et de la relaxe du Ministre : lorsqu’une personne est accusée d’un délit, malgré le principe de  la présomption d’innocence, il est souvent fait étalage avec peu de précautions des charges pesant sur elle, même si le conditionnel est généralement  adopté par lesdits commentateurs.

Ce qui signifie que l’opinion publique se va partager entre « condamnation  préventive » et,  plus rares, ceux qui considèrent que la justice doit suivre son cours et se murent généralement dans le doute. Ce qui, on le constate, place la personne inculpée dans une situation particulièrement inconfortable, surtout si elle est momentanément privée de liberté, pour que l’instruction puisse se poursuivre dans de bonnes conditions, selon l’appréciation des juges.

Lorsque au bout du compte la relaxe intervient il est toujours possible, eu égard aux dégâts causés à la personne (et à sa famille) se considérant innocente, de faire appel de cette décision pour obtenir ainsi réparation de manière encore plus formelle par d’autres recours

Mais cette démarche sera accompagnée d’une procédure comprenant l’application d’un méandre de textes sur lesquels il faudra se pencher et qui demandent une certaine professionnalité à laquelle il faudra faire appel. En tout état de cause l’intéressé sera exposé à de nouvelles tracasseries morales et à des frais qu’il pourrait ne pas pouvoir supporter en fonction de sa situation matérielle.

Par contre s’il en fait la demande le mis en cause peut en cas de relaxe demander un dédommagement, ce qui semble dater de 2012.

« Article 800-2

A la demande de l’intéressé, toute juridiction prononçant un non-lieu, une relaxe, un acquittement ou toute décision autre qu’une condamnation ou une déclaration d’irresponsabilité pénale peut accorder à la personne poursuivie pénalement ou civilement responsable une indemnité qu’elle détermine au titre des frais non payés par l’Etat et exposés par celle-ci.

Cette indemnité est à la charge de l’Etat. La juridiction peut toutefois ordonner qu’elle soit mise à la charge de la partie civile lorsque l’action publique a été mise en mouvement par cette dernière.

Les deux premiers alinéas sont applicables devant la Cour de cassation en cas de rejet d’un pourvoi portant sur une décision mentionnée au premier alinéa.

 Un décret en Conseil d’Etat détermine les conditions d’application du présent article. »

Ce qui est un net progrès par rapport à la situation antérieure ou l’indemnisation en cas de relaxe ne semblait pas aussi assurée.

Dans le cas du Ministre concerné la question matérielle peut ne pas être un obstacle mais il est aisé d’imaginer qu’il en va autrement s’il s’agit d’un smicard ou d’un demandeur d’emploi indemnisé au RSA ? Quand aux conséquences morales, le mal est déjà fait et il est peu probable que, quelle que soit l’attitude du relaxé, les considérations de l’opinion publique aillent au delà de l’effet qu’a pu avoir sur elle sn inculpation !

Si la justice, généralement imprégnée dans tous les pays des dominations de classe, d’oligarchie, de castes on voit bien qu’il reste aux plébéiens peu de chance d’obtenir une véritable réparation !

Mais cela ne concerne pas notre noblesse moderne, ce qui ne signifie pas qu’elle dusse ne pas souffrir, tôt ou tard, d’être exposée à jugement populaire lequel pourrait être prononcé par quelque colère soudaine ou un réveil électoral. Mais cela est une autre affaire…

 

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Bonne nouvelle pour Eric Voertz

 

 

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Duflot/Mélenchon : on se tire un peu les cheveux ?

Posté par jacques LAUPIES le 29 mai 2015

Puisque les médias nous rapportent les divergences entre Cécile Duflot et Jean Luc Mélenchon je ne vois pas d’autre solution pour se faire une opinion sur leur polémique de « circonstance » que de publier les deux textes les concernant. Etant donné les ambitions légitimes des deux personnages je ne vois pas tellement ailleurs que là, leur raison de se tirer les cheveux !

Sur le fond je l’ai dit et répété dans mon blog, je vois une certaine utilité à l’Union Européenne, ne serait ce que pour que nous puissions y mener un combat de classe c’est à dire inciter les peuples européens comme nous même le faisons en France à mener des batailles pour une meilleure répartition des richesses et la construction d’une Europe  sociale. D’aucuns diront que c’est illusoire  et que nous ne renverserons pas l’orientation de l’Europe dominée à 75 % par la droite et donc les forces politiques du capital.

Certains diront même qu’il est plus raisonnable de sortir de l’Europe et de mener le combat à l’échelle mondiale. Comme si, malgré l’existence de l’ONU, nous pouvions nous satisfaire de cela et ignorer les ententes possibles, qui ont le mérite de permettre d’atténuer les conflits dans des zones où menacent les nationalismes.

Trouver des  à l’échelle européenne n’empêche pas pour la France de rechercher des coopérations au niveau de la méditerranée (comme le préconise entre autre Mélenchon) et partout dans le monde. Il va de soi que ces coopérations, ces ententes, seraient des facteurs de paix et seraient un facteur de possibilité de transformation de la politique européenne.

Je ne vois pas en quoi Mélenchon ou Duflot pourrait rejeter une telle orientation sauf à vouloir se distinguer par u n opportunisme mortifère qui hélas menace toutes les coalitions, fussent-elles réalisées avec les mêmes objectifs. La preuve !

D’autant que c’est une stupidité que de prétendre que les uns ou les autres pourraient condamner les nations globalement et faire  abstraction des oppositions entre classes notamment entre classes exploiteuses et classes exploitées. Sinon à quel piètres alliés aurions nous à faire !

Que parfois l’on en viennent à critiquer des catégories (en l’occurrence des bénéficiaires de pensions par capitalisation allemands qui se comportent aveuglément dans leur « cocon » et deviennent malléables sous domination d’une bourgeoisie) n’est pas en soi condamnable mais nos retraites par répartition, plus justes et plus équitables, ont cependant des effets similaires,

 

 

 

L’Allemagne n’est pas notre ennemie

Cécile DUFLOT Députée Europe Ecologie-les Verts (EE-LV), ancienne ministre du Logement                           19 mai 2015 à 17:06                         

Cécile Duflot,en mars 2015.

Cécile Duflot,en mars 2015. (Photo Jean-François Robert pour Libération)

Tu m’as fait l’honneur de m’envoyer ton dernier ouvrage, le Hareng de Bismarck (1), qui traite de ta vision de l’Allemagne et de la responsabilité de ce pays dans les malheurs de notre continent. Nous partageons suffisamment de combats, de colères et d’espoirs pour que nous puissions nous dire les choses franchement. Ton Hareng, Jean-Luc, me reste en travers de la gorge. Parce que, loin de participer du devoir d’élucidation, ton court essai rend confus les enjeux de la période. Pourquoi diable mêler à une critique souvent juste de la politique menée par Angela Merkel, des accents parfois quasi déroulédiens ? Le ton revanchard employé vis-à-vis de l’Allemagne est plus que troublant. Je pense que t’exprimant ainsi, tu te trompes lourdement.

Pour au moins trois raisons.

La première erreur est psychologique : l’invective n’est pas le meilleur moyen de se faire entendre d’un peuple. Tu reproches à l’Allemagne son ton arrogant. Las, il n’est pas certain que la réplique la plus martiale soit la plus audible. Surtout, répondre à l’Allemagne en bloc sur un ton injurieux, c’est se mettre dans l’impossibilité de rallier à notre cause les millions d’Allemands qui n’en peuvent plus de la logique politique portée en partage par la vieille gauche et la droite germanique.

C’est ici qu’intervient la deuxième erreur. Elle est de nature politique. Affairé à ta démonstration, tu sembles méconnaître soudain la complexité allemande. Toi qui as fondé le Parti de gauche en prenant comme allié et modèle Die Linke, dirigé par un ancien social-démocrate en rupture, tu présentes désormais nos voisins comme un bloc compact défendant de façon univoque des intérêts contraires aux nôtres. Rien n’est moins vrai. Nul ne peut ignorer que des voix allemandes s’élèvent chaque jour pour demander une autre politique.

Enfin, tu sembles donner un poids démesuré au passé dans la construction de l’avenir. L’Allemagne n’est pas notre ennemie. Elle ne l’est plus. Et nos peuples ont payé dans leur chair et leurs esprits un tribut suffisamment lourd aux guerres qui nous ont opposés pour que nous sachions faire la différence entre les blessures du passé et les confrontations du temps présent.

A mes yeux, l’essentiel de notre rude mission tient en une phrase : l’Europe doit être réorientée au bénéfice des peuples, et non des marchés. Rien ne doit nous divertir de cette tâche. Ni la soumission à l’ordre établi ni le goût immodéré pour l’auscultation de cicatrices trop fraîchement cautérisées encore pour que l’on joue avec. Aussi, quand nous faisions tribune commune pour soutenir Syriza, notre slogan de ralliement était : «Une autre Europe est possible», et pas «A bas l’Allemagne !»

Tu es un animal politique trop doué et un intellectuel trop avisé pour que je ne me dise pas que le ton employé relève d’une stratégie de conquête des cœurs. En mettant ta critique de l’Allemagne au diapason de la nostalgie identitaire, tu penses, peut-être de bonne foi, détourner la colère populaire des sirènes national-populistes. Il n’en sera rien. Mettre le doigt dans cet engrenage sémantique, c’est se préparer à avoir bientôt tout le corps entraîné dans la germanophobie la plus élémentaire. Tu te défends de cette critique en renvoyant, par avance, tous ceux qui seraient choqués par tes propos dans le camp des tenants du système.

Argument bien commode. Car, tu en conviendras aisément, je ne suis pas Alain Minc (ce qui lui déplairait beaucoup) et je ne crie pas «Vive l’Allemagne !» (ce qui n’aurait rien de déshonorant, si on parle de celle de Hans Jonas ou Ulrich Beck) mais «Vive l’Europe !». Si j’ai eu l’honneur de diriger une formation politique dont le nom accole l’Europe et l’écologie, ce n’est pas par hasard. Pour moi, l’issue à la crise est européenne. Ce qui demande de distinguer entre nos adversaires, non pas en raison de leur appartenance nationale, mais d’abord et uniquement sur le critère de l’orientation politique qu’ils défendent.

Mais, je veux ajouter une seconde chose. Au fond, cher Jean-Luc, au-delà du rapport à l’Allemagne, se joue aussi notre rapport à nous-mêmes, Français. Pourquoi, me diras-tu, faire du rapport à notre nation un objet de débat entre nous ? Parce que cette question est l’un des grands problèmes de notre temps, en Europe, et dans le monde. Tu as, comme moi, en horreur la nation ethnique, et tu défends une conception citoyenne de la nation, basée non sur le sang ou l’origine, mais sur une communauté civique. C’est essentiel. Mais nos divergences sont réelles. Nous ne partageons pas la même vision de notre nation, de l’identité politique de notre pays. Ta conception de la nation française me semble trop étroite, trop corsetée dans une vision hexagonale sépia.

Il y a du Chevènement dans ta posture. Avec le panache, mais aussi avec l’erreur d’analyse qui consiste à limiter la portée de notre universalisme à une vision cocardière de notre combat. La France n’est pas la patrie des Lumières au nom de je ne sais quel destin national. Tu sembles parfois faire de notre belle nation la fille aînée de l’universalisme, comme d’autres en font la fille aînée de l’Eglise. Or, l’universalisme n’a pas de patrie. Il est même une tension politique qui doit, bien souvent, s’opposer aux égoïsmes nationaux pour déployer son projet politique de solidarité.

Et, puisque dans ton livre tu évoques les Lumières et l’Aufklärung, j’ajoute ceci, et c’est au philosophe que je m’adresse : l’écologie est le point le plus avancé de la conscience cosmopolitique qui nous oblige à considérer que l’universel n’a pas de frontières. De telle sorte que, pour moi, la république n’est pleinement accomplie que lorqu’elle est verte, c’est-à-dire que quand elle intègre la question des droits des générations futures (s’étendant ainsi dans le temps), et celle de notre solidarité indissoluble dans et avec les écosystèmes (s’étendant ainsi dans l’espace).

Comme tu chemines toi-même dans ta réflexion écologique, tu conviendras qu’aucun projet écologique n’est possible sans faire, d’abord, un sort à l’idée selon laquelle rien ne surpasserait l’intérêt national. L’intérêt de l’humanité est bien supérieur à nos questions de frontières. Et aucun peuple, aucune nation ne peut s’arroger le droit de conduire seul notre destinée commune. Il n’y a pas de nation phare. Il n’est pas de sauveur suprême.

Voilà précisément le langage de vérité que nous devons tenir aux dirigeants allemands sur l’Europe : leur dire qu’ils la tuent en prétendant la guérir, que leur égoïsme fait monter les tensions entre les peuples, que l’austérité imposée au peuple grec est une manière d’injustice pour tous les autres, qui vivent cette douleur par procuration et refusent de servir de variables d’ajustement dans l’avènement du marché roi. Voilà pourquoi la gauche au pouvoir aurait dû renégocier d’emblée le calamiteux traité Merkozy. Voilà pourquoi le soutien à l’alternative politique qui cherche une voie en Grèce est fondamental. Voilà pourquoi, cher Jean-Luc, si nous devons mettre le feu de notre passion dans la bataille, il faut nous prémunir de tout emballement qui nous conduirait à jeter l’idée européenne, qui demeure révolutionnaire, avec le bain libéral, qui menace de la noyer. Le meilleur moyen, en effet, de céder à la volonté de puissance que tu dénonces, serait de renoncer à construire une Europe forte et solidaire, et de se réfugier dans l’exhibition ad nauseam des plaies du passé. Pour rééquilibrer l’Europe, il faut plus que jamais faire le choix résolu de son renforcement continu contre les vents mauvais des nationalismes qui soufflent sur tout le continent.

(1) «Le Hareng de Bismarck (le poison allemand)», de Jean-Luc Mélenchon, Plon.

 

« Chère Cécile, la convergence se fera »

Mercredi, 27 Mai, 2015
L’Humanité

 

Réponse à la tribune critique de Cécile Duflot sur le « Hareng de Bismarck » par Jean-Luc Mélenchon, député 
au Parlement européen, 
Parti de gauche.

Chère Cécile, pourquoi avoir donné ce ton soudainement si agressif à ta critique de mon nouveau livre, le Hareng de Bismarck ? Puisque tu dénonces les « invectives » et les « injures », quoiqu’il ne s’en trouve nulle part dans mon livre, pourquoi m’offenser aussi gravement en me comparant à Déroulède, l’un des fondateurs de l’extrême droite française ? Je lave l’affront en te parlant depuis le journal de Jean Jaurès, figure tutélaire de ma gauche, que Déroulède voulait voir mort et qu’il provoqua même en duel.

Il est difficile de dialoguer avec ton texte. En effet, aucune des thèses que tu m’attribues ne se trouve dans mon livre. Ainsi, il n’est pas vrai que je présente les Allemands comme un « bloc compact » qui nous serait entièrement opposé. Au contraire. L’origine de classe de la politique de Mme Merkel est clairement décrite. Non, ma vision de l’universalisme n’est pas « enfermée » dans les frontières de la France. Et ainsi de suite. Tout cela est démenti expressément par mon texte. Sur chaque point, ce livre, les précédents, mes articles, mes discours démontrent tout le contraire. Et si tu ne m’as pas lu, peut-être as-tu écouté mon discours de Marseille dans la campagne présidentielle. Dirais-tu que j’y ai exprimé une vision « corsetée », « étroitement hexagonale et sépia » de la nation française et de sa République ? De même pour ce qui est de l’écologie politique. Chère Cécile, amie du débat théorique, tu sais bien que les dix-huit thèses sur l’écosocialisme, dont je suis l’un des auteurs, et mon livre l’Ère du peuple montrent comment le paradigme de l’écologie politique refonde en les confirmant les intuitions du communisme, du socialisme et du républicanisme issu de la grande Révolution de 1789. Finalement, tes critiques ne s’adressent ni à mon livre ni à moi mais à ma caricature que répètent avec lourdeur les griots du système. Qu’ai-je fait pour mériter cette vilenie de ta part ? Toi-même n’as-tu jamais eu à souffrir de tels rabâchages ? Tu sais alors ce que coûte la réplique. Car l’interpellation porte non sur ce que tu es mais sur ce que les autres ont décidé que tu devrais être. Tel est le sort réservé à ceux qui ne restent pas « à leur place ». Ceux qui m’ostracisent ne font que tracer une frontière de caste. Dès lors, comme Cyrano, je n’abdique pas l’honneur d’être leur cible.

Ta tribune a été interprétée comme une rupture politique et personnelle. D’aucuns s’en sont frotté les mains. On comprend pourquoi. Pour eux, tu fais mourir l’espoir d’un autre chemin à gauche. Nous étions d’accord pour dire qu’il fallait imaginer un nouveau mouvement citoyen, animé et contrôlé par lui-même. Un mouvement politique où se fédèrent le peuple lui-même et ses revendications. La formule vient de triompher en Espagne. Mais tu as changé d’avis sans crier gare et en ouvrant le feu. Tu préfères les listes solitaires de ton parti. C’est une faute. Calculer en cynique que le « sommet climat » va améliorer vos résultats est une privatisation étroite d’un tel thème. Seul EELV pourrait stopper le productivisme qui menace l’équilibre climatique ? Ce n’est pas à la hauteur de la mobilisation qu’il faut construire. Sur le terrain, heureusement, ce sectarisme n’est pas suivi. Partout nos amis respectifs dialoguent sans s’offenser et souvent ils s’accordent pour impulser les convergences citoyennes en vue des régionales. Ils auront le dernier mot. La convergence se fera. Avec toi et avec plaisir, ou sans toi, hélas, mais non moins résolument. Rassembler n’est pas normaliser. Je n’exige pas de toi que tu aimes notre patrie républicaine à ma façon. Ni que tu trouves autant d’attrait pour la culture universaliste qui identifie notre pays que pour le nationalisme ukrainien que tu soutiens ou les coutumes des Indiens de l’Amazonie que nous défendons. Chaque peuple apporte sa contribution à l’humanité universelle. Je suis fier de la nôtre. De ton côté, ne me demande pas de te ressembler pour nous rassembler. La rage brune gagne en Europe. Le sectarisme nous tuerait tous.

J’achève sur l’Allemagne. La France ne peut se diriger avec naïveté sur la scène mondiale. Répliquer à la politique allemande assumée par le PS et la droite de ce pays et du nôtre au cri de « vive l’Europe » est une futilité. C’est se couper des millions d’Européens qui n’en peuvent plus de cette imposture. Mais aussi des syndicalistes et des économistes allemands qui la critiquent durement. Comme mon ami Oskar Lafontaine. Ou comme Cohn-Bendit, préfacier du livre Non à l’Europe allemande. Ou des électeurs qui ont mis Mme Merkel en minorité. Ceux qui auraient pu avoir un autre gouvernement si le PS n’avait fait la grande coalition avec la droite et si les Verts n’avaient pas refusé l’accord avec Die Linke. L’Europe actuelle n’existe que dans et par les traités que tu condamnes toi aussi. Demain au pouvoir nous devrons leur désobéir et refonder une tout autre Europe où la violence que subit le peuple grec ne sera plus possible. Une union libre de peuples libres.

 

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Acharnement des salopards ?

Posté par jacques LAUPIES le 28 mai 2015

 

Une fois n’est pas coutume et je reproduis un article d’orange faisant état d’une proposition visant à faire payer aux détenus leurs fais de détention.

En matière d’ignominie on ne peut guère faire mieux ! je préfère ne pas qualifier ce représentant du peuple qui n’a rien d’autre à faire que de s’en prendre à des individus dont le destin proche et à venir, si leur peine n’est pas trop longue, verront en tout état de cause leur vie bouleversée par les multiples conséquences de l’emprisonnement dans leur travail (s’ils en trouvent) dans leur vie sociale et de citoyen, dans leur vie intime et familiale.

Déjà que la gestion des prisons pour une bonne part relève d’interventions à caractère privé, que nombre de dépenses d’entretien, de disposition d’une télé, de nourriture, hors un minimum pas toujours très ragoûtant, est à la charge des détenus, on voudrait retirer sur leurs maigres ressources, obtenues soit en travaillant, soit par l’aide leur famille, la prise en charge des frais de détention qui incombent actuellement à la collectivité nationale !

Comme si la privation de liberté, enfermé à deux, parfois plus dans 9 m2, souvent même avant d’avoir été jugé, les risques encourus dans cette promiscuités destructrices, ne suffisait pas pour punir ?

27-05-2015 – 12:33

Prison : un député propose faire payer aux détenus une partie des frais de détention

Elie Aboud rappelle que les Pays-Bas expérimentent ce genre de système.

Une mesure qui pourrait rapporter jusqu’à 300 millions d’euros par an. Le député UMP de Béziers, Elie Aboud, a annoncé mercredi 27 mai qu’il veut déposer une proposition de loi prévoyant que les détenus paient une partie de leurs frais de détention.

Dans un entretien avec Midi Libre, M. Aboud rappelle que les Pays-Bas ont déjà décidé de faire participer les détenus « à hauteur de 16 euros par jour pour les frais d’hôtellerie et les frais de bouche » (système pas encore opérationnel, NLDR) et que l’Espagne « réfléchit » à une mesure similaire.

« Nous avons un vrai souci: les prisons françaises ont 57.500 places et nous avons 69.000 détenus. Ma famille politique dit qu’il faut plus de prisons et propose des partenariats public-privé (PPP). Je dis que ça coûtera beaucoup d’argent à nos enfants en termes de dette. Et puis il y a l’approche socialiste: on mettra plus de détenus hors du système carcéral quitte à faire du suivi. Je pose la question : est-il normal que les seuls Français à ne pas contribuer à l’effort soient les détenus? », demande Elie Aboud.

Dans sa proposition de loi, le député biterrois indique qu’il a prévu d’exclure « les détenus mineurs et les 25 % de prisonniers majeurs qui sont en attente de jugement ».

« Dans les 75%, restants, je sors les personnes relevant de l’article 31 de la loi pénitentiaire de 2009, c’est-à-dire celles qui n’ont pas de ressources. Nous aurons à peu près 280 à 300 ME€chaque année », indique M. Aboud qui prône de ventiler la somme vers la construction et l’embellissement des prisons (50 %) et vers tout ce qui est pédagogique, dés-endoctrinement, formation, réinsertion… (50 %).

Selon M. Aboud, sa proposition de loi a été « validée et est « réputée constitutionnelle ». Mais le bureau de l’Assemblée nationale doit encore décider de l’inscrire ou non à l’ordre du jour. « Je ne veux pas attendre 2017 en étant passif. Je vais aller la défendre. Et je suis convaincu que si ce n’est pas demain, c’est après-demain », affirme-t-il.

Enfin, le député critique les sommes versées aux détenus à leur sortie de prison. « Vous avez une allocation temporaire d’attente qui varie entre 513 et 1.514 euros mensuels selon votre situation. C’est pas moral quand on a plusieurs enfants de toucher 50% de plus qu’un smicard qui se lève à 7h du matin et qui rentre à 19h. Je ne veux pas qu’on me dise « les pauvres prisonniers », dit-il.

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Résistance : Il ne faut pas oublier !

Posté par jacques LAUPIES le 27 mai 2015

Ce matin une Délégation des communistes de Tarascon a voulu marquer son attachement aux sacrifices consentis par des Cheminots qui ont perdu la vie pour fait de guerre entre 1939 et 1945. Ils ont donc déposé des roses sous la plaque commémorative portant le nom de trois d’entre eux parmi lesquels certains  étaient engagés dans la Résistance

En cette journée anniversaire de la première réunion du Conseil National de la Résistance, qui est nationalement marquée par l’entrée au Panthéon de quatre grands personnages victimes des nazis et de la collaboration pétainiste, il était nécessaire de célébrer la résistance dans chaque ville  chaque quartier, chaque corporation ou sont présentes des marques significatives de l’engagement populaire.

Les jeunes générations en particulier doivent savoir que nombre des acquis pour la liberté et la démocratie, pour le droit social avec notamment la création de la Sécurité Sociale en 1945, résultent du sacrifice de ces combattants, quel que soit leur engagement politique, qu’ils en aient eu ou pas !

« En honorant ces trois cheminots, nous honorons toute une corporation qui a vu, nombre des leurs, vaillamment porter un coup terrible à l’occupation nazie, notamment en désorganisant le réseau des transports.

Grace à leur contribution un rapport de force politique s’est établi dans le pays, mais aussi au plan international pour que la France recouvre son indépendance nationale et se dote malgré une économie très affaiblie d’un haut système de protection sociale. »

Comme nous l’a dit un jeune voyageur présent lors de notre cérémonie : « C’est bien de rappeler le combat des cheminots car je sais ce qu’ils ont fait, de par mon grand-père qui me racontait comment s’organisaient les sabotages dans la région du Pas de Calais ».

Lui sait mais, outre l’oubli, il faut combattre l’ignorance de l’histoire et des engagements de ceux qui l’ont faite, pour que le monde soit meilleur  et plus compréhensible à notre époque, où le révisionnisme et parfois l’instrumentalisation  politique sèment le trouble.

 

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De gauche à droite :  Thierry Alexis, Roger Ragot, Henri Martinez, Jacques Laupies

 

 

Au Panthéon, un hommage incomplet à la Résistance

Jean-Paul Piérot
Mercredi, 27 Mai, 2015
L’Humanité

 

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Photo : Archives l'Humanité

Parmi l es oubliés, figure notamment Missak Manouchian (ci-dessus, le troisième en partant de la gauche) arrêté en novembre 1943 avec les membres de son groupe. ils furent fusillés le 21 février 1944.
Photo : Archives l’Humanité
Le combat contre la barbarie nazie célébré aujourd’hui. Geneviève de Gaulle, Germaine Tillion, Pierre Brossolette et Jean Zay reposeront dans la crypte qui reste close aux résistants communistes, ainsi en a décidé François Hollande. Le PCF rend hommage à tous les combattants de l’ombre. 

Les lourdes portes de bronze du Panthéon s’ouvriront aujourd’hui pour une cérémonie exceptionnelle : quatre cercueils seront portés ensemble dans la crypte. Quatre figures de la Résistance feront ainsi symboliquement leur entrée en ce mémorial, qui exprime « aux grands hommes » la reconnaissance de la nation. En l’occurrence, deux femmes, Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillion, et deux hommes, Pierre Brossolette et Jean Zay. Jusqu’à aujourd’hui, seul Jean Moulin représentait sous la coupole du Panthéon ce « terrible cortège d’ombres », selon l’expression d’André Malraux. Le ministre de la Culture du général de Gaulle saluait en 1964, dans un discours resté célèbre, l’entrée de l’artisan de l’unification de la Résistance : « Avec ceux qui sont morts dans les caves sans avoir parlé, comme toi, et même, ce qui peut-être plus atroce, en ayant parlé ; avec tous les rayés et tous les tondus des camps de concentration ; avec le dernier corps trébuchant des affreuses files de “Nuit et Brouillard” enfin tombé sous les crosses ; avec les huit mille Françaises qui ne sont pas revenues des bagnes ; avec la dernière femme morte à Ravensbrück pour avoir donné asile à l’un des nôtres. »

L’hommage rendu aujourd’hui aux quatre résistants devrait être l’occasion de réaffirmer l’importance des valeurs d’humanité, de solidarité, du refus de la barbarie et du racisme sur lesquelles la Résistance sut se rassembler dans toute la diversité des courants politiques qui la traversaient. Cela est nécessaire dans une période où l’extrême droite occupe une trop large place du débat politique. Mais en décidant d’exclure les communistes de cet hommage national, François Hollande ignore une composante essentielle du combat contre les nazis et le régime de Vichy, il gomme la part prise par le monde du travail, par les immigrés. Il affaiblit gravement le message de cette journée nationale de la Résistance.

La date du 27 mai est entrée récemment dans l’agenda officiel des célébrations. En 2013, l’Assemblée nationale a choisi, pour honorer la Résistance, ce jour qui nous rappelle que, le 27 mai 1943, dans Paris occupé, le Conseil national de la Résistance tint sa première réunion rue du Four. En pleine clandestinité, à la barbe des flics de Vichy et de la Gestapo, la Résistance scellait son unification et ébauchait le programme de renouveau démocratique et social de la Libération. L’an dernier, le 21 février, la France commémorait l’exécution par les nazis, en 1944, des vingt-deux résistants FTP-MOI du groupe dirigé par Missak Manouchian, un militant communiste issu de l’immigration arménienne installée en France à la suite du génocide de 1915. C’est à cette occasion que le président de la République avait annoncé qu’en 2015 Germaine Tillion, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, Pierre Brossolette et Jean Zay entreraient au Panthéon. « Deux femmes et deux hommes qui ont incarné les valeurs de la France quand elle était à terre, deux femmes et deux hommes qui se sont dressés à leur façon, chacun à sa manière, face à la collaboration, à l’abandon, à la barbarie, au nazisme », précisait alors François Hollande.

La lourde absence de ceux qui furent les premiers à engager la lutte armée

Nièce du général de Gaulle, Geneviève est étudiante quand elle est arrêtée en juillet 1943 par les voyous français de la Gestapo. Déportée au camp de Ravensbrück en février 1944, elle sera, en octobre, mise à l’isolement pour servir d’éventuelle monnaie d’échange en raison de son nom. Elle sera finalement libérée par l’Armée rouge en février 1945. Après guerre, après un passage dans les rangs du parti gaulliste, le RPF, puis dans le cabinet d’André Malraux au ministère de la Culture, Geneviève de Gaulle-Anthonioz s’engage dans la lutte contre la misère à la tête d’ATD Quart Monde.

Germaine Tillion, brillante ethnologue ayant effectué de nombreux séjours en Algérie avant guerre, participe à la création du réseau du musée de l’Homme, en juin 1940. Dénoncée par un indicateur infiltré, elle sera déportée sous la mention « Nacht und Nebel » (nuit et brouillard) à Ravensbrück. Dans les années 1950, exerçant des missions sur place pendant la guerre d’Algérie, Germaine Tillion s’éleva contre la torture. Au début des années 2000, elle fut l’une des premières signataires d’un appel, lancé par l’Humanité, de personnalités exigeant que toute la lumière soit faite sur les responsabilités de l’État dans les crimes de guerre commis pendant la guerre coloniale.

Pierre Brossolette, journaliste, membre du Parti socialiste, fut une des voix de la Résistance sur les ondes de la BBC. Tombé dans les griffes de la Gestapo au cours d’une mission en France en février 1944, il se suicida en se défenestrant pour ne pas risquer de parler sous la torture.

Jean Zay, élu député radical-socialiste du Loiret en 1936, est nommé à 31 ans ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-Arts du Front populaire. Arrêté au Maroc en août 1940, il est emprisonné par le gouvernement de Vichy et sera assassiné par la milice, le 20 juin 1944.

Au-delà des personnalités et de leur comportement exemplaire, on aura compris que c’est toute la Résistance que la France est invitée à honorer. Le caractère incomplet de la liste saute alors aux yeux, sa composition souligne lourdement l’absence des communistes. François Hollande réunit dans un hommage national plusieurs familles politiques de la Résistance – les gaullistes, les socialistes et les radicaux –, à l’exception des communistes, qui furent pourtant une aile marchante de lutte contre la barbarie nazie, les premiers à engager la lutte armée des Francs-tireurs et partisans. Dans toutes les villes de France, des noms de rues rappellent le nom des résistants communistes fusillés ou morts en déportation. Au sein de la MOI, des étrangers – juifs d’Europe centrale, antifascistes italiens, républicains espagnols, Allemands anti-hitlériens et d’autres – ont participé à la libération de la France.

Il ne s’agit pas de se livrer à une concurrence de héros

Pour ne prendre qu’un seul exemple particulièrement frappant, comment peut-on séparer Geneviève de Gaulle et Germaine Tillion de Marie-Claude Vaillant-Couturier, leur compagne de déportation de Ravensbrück, où la jeune militante communiste avait été transférée après l’évacuation d’Auschwitz ? Marie-Claude Vaillant-Couturier, qui allait témoigner en 1946 sur l’horreur des camps au procès de Nuremberg, avait été déportée à Auschwitz-Birkenau en janvier 1943. Geneviève de Gaulle et Germaine Tillion entrent au Panthéon, Marie-Claude Vaillant-Couturier reste à la porte. Quel sens donner à cette ségrégation politique qui, outre son iniquité, déforme grossièrement l’histoire ? Veut-on par là désigner les communistes comme intrinsèquement indignes de reposer au Panthéon ?

Du côté présidentiel, aucune explication avouable ne peut être opposée à l’incompréhension devant ce que le Parti communiste qualifie d’« ostracisme ». Dans son discours du 21 février 2014, le chef de l’État se contentait, en peine d’arguments, de choisir la dérobade : « Je sais bien que d’autres figures auraient pu entrer également dans ce grand monument de la mémoire nationale. Des femmes ou des hommes célèbres ou des anonymes qui, par leurs engagements, leur courage, leurs sacrifices, leurs idées ont sauvé l’honneur du pays. » Évidemment, la question n’est pas là, mais de savoir si les cérémonies d’aujourd’hui expriment un hommage à toute la Résistance. À l’évidence, ce n’est malheureusement pas le cas.

Ne pas diviser la Résistance. Tel est le message que veut faire passer le Parti communiste. Il n’est pas question pour ce parti de se livrer à une concurrence de héros. Pierre Laurent participera aux cérémonies en hommage aux quatre résistants qui entrent au Panthéon. Mais, en avançant trois noms de figures de la Résistance qui pourraient également y entrer (Marie-Claude Vaillant-Couturier, Martha Desrumaux et Missak Manouchian), le PCF appelle à faire vivre les valeurs de la Résistance rassemblée.

Une pièce de théâtre sur Marie-Claude Vaillant-Couturier est présentée ce soir à l’espace Niemeyer. Le PCF organise ce soir un hommage à toute la Résistance avec notamment la présentation du dictionnaire des fusillés (Éditions de l’Atelier), et les prises de paroles de Pierre Laurent et Jean-Marc Todeschini, secrétaire d’État chargé des Anciens Combattants et de la Mémoire. Marie-Claude Vaillant-Couturier, pièce de Jean-Pierre Thiercelin, mise en scène par Isabelle Starkier et jouée par Céline Larrigaldie y sera donnée, avant d’être présentée en Avignon tous les jours au Théâtre de la Bourse 
du travail CGT. À partir de 19 h 30, espace Niemeyer, place du Colonel-Fabien, à Paris.

 

 

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