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Apres la valetaille, la volaille…

Posté par jacques LAUPIES le 31 octobre 2015

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Lorsque l’on écoute fréquemment leurs savantes analyses de concierges on est pris d’une certaine lassitude.

Une heure pour nous dire que Sarkozy fait un coup médiatique, que peut-être il porte atteinte à l’unité nationale incarnée par la diplomatie  de celui qui peut-être son concurrent socialiste en campagne camouflée.

L’un déclare haut son amitié franco russe et du coup met à mal  son compère qui boude le Kremlin.

A croire, si on peut les croire, ces deux marchands de promesses, qu’ils sont sous influence de deux bourgeoisies, lesquelles incarnant les intérêts de la France. A moins qu’il n’y en ait qu’une – de bourgeoisie française – qui ne sait plus sur quel pied danser, et orchestre une danse à trois effrénée, avec musique médiatique à l’appui mais peine à imposer sa chorégraphie avec deux danseurs et la ballerine de service (qui voudrait bien devenir l’étoile)

Mais nous les spectateurs on commence à en avoir un peu marre.

Aux dernières nouvelles, l’américain, style nouvelle Orléans, s’inquiète de voir son homologue, style cosaque, déployer ses cavaliers sur les terres pétrolifères et il envoie ses cowboys là où Mahomet ne trouve plus ses petits.

On en rirait presque si au milieu de tout cela ne s’égaraient quelques rafales qui ont donné le ton. Messieurs les français tirez les premiers nous disaient autrefois les anglais. Ben voila ça nous arrive (d’abord sur Anouar, ensuite sur on sait trop qui) et on voit tirer les autres ensuite A ce jeu là on bien de l’avoir dans…Et puis du coup la volaille caquette !

 

 

 

 

 

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Suivez les Régionales en PACA

Posté par jacques LAUPIES le 30 octobre 2015

 

 

La campagne des Régionales s’accélère et notre démarche de rassemblement
inédit s’ancre dans le paysage politique et médiatique.

Samedi, à 11h30, Jean Marc Coppola avec Sophie Camard, seront invités de « La voix est
libre » sur France 3.

Je vous invite à regarder ce temps fort du débat démocratique et à convier vos
proches à en faire autant.

Jean-Marc Coppola. « Pour que gagne une gauche nouvelle »

Jean Marc Coppola PCF

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La valetaille des grands bourges…

Posté par jacques LAUPIES le 30 octobre 2015

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La cour des comptes : toujours la pour aider à convaincre des économies à faire…Sur le dos du peuple

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Promotionner les verts qui tournent au rose

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Bonnet blanc et blanc bonnet

Oh le titre provocateurs pour les petits bourges et assimilés ! Pourtant si vrai car comment qualifier ces quartettes  du genre Dessertine, Fressoz, Thréard, Pech qui nous parlent de la situation économique et sociale et dissertent sur l’embarras dans lequel se trouve Hollande, Valls et son gouvernement. Aucun de ces invités réguliers de C dans l’air, vous vous en doutez, ne mettra la politique d’austérité en cause.

Des appréciations variables selon les « sensibilités » de ces doctes personnes qui consciemment ou non font passer les messages de la « haute ». Avec cette subtilité qui consiste, chacun dans son registre, à se comporter en critique averti et objectif, d’autant qu’il leur arrive de lâcher par ci par d’incontestables vérités qui ne peuvent souvent être perçues que par des oreilles averties.

Difficile en effet de s’y retrouver puisque les sujets traités ont un fond commun selon ces nobles serviteurs de la grande bourgeoisie et des parasites qu’elle entretien : la crise, la dette, le nécessaire renflouement du capital et la dévalorisation du travail.

Une valetaille qui en rajoute en costume cravate et chemise. Pas étonnant que certains veuillent gentiment les déshabiller…

Fort heureusement il y a de temps à autre des réactions plus modérées mais qui n’en seront pas moins plus percutantes. Je veux parler de cet exemple vécu ce jour, celui d’une mère de famille soumise aux conséquences des politiques désastreuses de ces dernière années qui se bat durement pour survivre et est venu demander son adhésion au PCF.

Car quoi de plus efficace que de rejoindre ceux qui s’efforcent chaque jour qui passe de convaincre et de lutter pour que les français s’emparent de nos propositions.

Quand Pujadas s’inscrit dans la stratégie du FN

Adrien Rouchaleou
Lundi, 26 Octobre, 2015
L’Humanité

 

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La valetaille des grands bourges... dans POLITIQUE

Sur le plateau de l’émission controversée et annulée.
Photo : Chamussy/Sipa
L’annulation de l’émission « Des paroles et des actes » dont Marine Le Pen devait être l’invitée principale démontre une nouvelle fois la responsabilité de certains médias dans la promotion de l’extrême droite.                                           

Marine Le Pen rêvait de la publicité que lui aurait offerte l’émission France 2 Des paroles et des actes, initialement programmée jeudi dernier, avant l’entrée en campagne officielle pour les régionales. Elle a finalement, grâce à David Pujadas, obtenu beaucoup mieux. En annulant sa venue, ce qui a eu pour conséquence la suppression pure et simple de l’émission, elle a une nouvelle fois réussi à se placer au centre de l’actualité politique durant tout le week-end.

Le FN bénéficie-t-il d’un traitement médiatique particulier sur les chaînes de télévision publique ? S’il y a quelques années encore on s’interrogeait sur l’opportunité d’inviter sur les plateaux des représentants de ce parti considéré alors comme en dehors de « l’arc républicain », force est de constater qu’à l’inverse il tend aujourd’hui à être considéré par les médias, notamment audiovisuels, comme le pilier central de la vie politique. Ses cadres sont présents à toute heure sur toutes les chaînes et, quand un responsable d’une autre formation est invité, on lui demande systématiquement de se positionner face au FN. Que cherchait David Pujadas en offrant une nouvelle fois son plateau à Marine Le Pen, sinon l’audience ?

« La chef de la mascarade c’est Marine Le Pen elle-même »

Le problème est que, s’il n’est plus blacklisté, le FN n’est toujours pas traité à l’égal des autres partis, à son plus grand bénéfice. L’histoire des présences de Marine Le Pen sur le plateau de David Pujadas est à ce sujet particulièrement éloquente. L’invitation qui lui était faite pour l’émission de jeudi dernier était tout de même la cinquième sur le plateau de Des paroles et des actes. On se souvient de la pathétique émission du 23 février 2012, lorsque la patronne du FN, alors boudeuse, avait refusé d’adresser un mot à son contradicteur Jean-Luc Mélenchon. Déjà, cette fois, la production avait pourtant négocié, puis partiellement cédé aux caprices de Madame Le Pen en lui proposant un autre débatteur, en l’occurrence Henri Guaino, à l’époque « plume » de Nicolas Sarkozy.

Mais l’émission annulée de la semaine dernière a marqué un nouveau cap. En offrant ce plateau d’argent, si déséquilibré à la patronne du parti d’extrême droite, à l’entrée de la campagne des élections régionales (des 6 et 13 décembre), comment David Pujadas pouvait-il ne pas se douter qu’il susciterait des réactions de la part des autres partis ? Mais surtout, rappelé à l’ordre par le CSA, pourquoi s’entêter à conserver Marine Le Pen comme tête d’affiche, quand il aurait par exemple été tellement simple de transformer l’émission en débat réellement pluraliste sur les régionales ? Pour cela, David Pujadas s’est prêté à toutes les contorsions, appelant dans la nuit précédant l’émission prévue deux nouveaux débatteurs, le candidat socialiste et celui de droite dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie où se présente Le Pen. L’humiliation n’en a été que plus grande.

« La chef de la mascarade c’est Marine Le Pen elle-même », a justement estimé Pierre Laurent, secrétaire national du PCF et lui-même tête de liste en Île-de-France, « Mais malheureusement elle a des premiers violons très actifs dans son orchestre, au premier rang desquels les chaînes (de télévision). Depuis quand est-ce à David Pujadas de décider à la place des électeurs ? » s’est-il interrogé. Pour le Front de gauche, tout ceci n’est qu’une machine à « imposer le grand cirque du tripartisme », une « machine à nourrir l’austérité et le FN ».

 

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La cause de tout nos malheurs : le travail sous payé

Posté par jacques LAUPIES le 29 octobre 2015

Parmi les des raisons qui font que l’on est pour la construction européenne il doit y avoir des perspectives de fusion des économies, de  planification les investissements au plan de l’Union, afin de progresser vers des PIB permettant à chaque pays une rémunération du travail semblable, des couts de production similaires. Laisser chacun des pays livré à des politiques libérales, avec des inégalités criantes de développement favorisant la concurrence déloyale, la course au profit donc une exploitation accrue du travail aurait pour conséquence la destruction de l’Europe et pire des situations conflictuelles entre bourgeoisies qui ne manquerait pas de développer les populismes et des risques de conflits.

Ceux qui réclament la sortie de l’Europe ne mesurent pas les conséquences négatives que cela aurait pour les travailleurs de cette Europe.

Au stade de la socialisation de la production, dans tous les domaines, avec l’évolution des technique de production, des nouvelles technologies, seule une planification économique européenne peut nous sortir de l’ornière qui s’ouvre. La concentration publique de moyens financiers, la suppression de la dictature des marchés financiers facteur de l’anarchie de la production sont nécessaires.

C’est le seul moyen d’en finir avec des gaspillages et  la non prise en compte de la protection sociale, de la protection de l’environnement, des politiques cohérentes et humanitaires notamment liées à l’immigration.

Le travail sous payé est la seule façon de garantir la fameuse croissance dont nous rabattent les oreilles ceux qui ne la provoquent pas !

Europe : le travail est payé 11 fois moins en Bulgarie qu’au Danemark

Gérard le Puill
Mercredi, 28 Octobre, 2015
Humanite.fr

 

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La cause de tout nos malheurs : le travail sous payé dans POLITIQUE

Photo Mychele Daniau/AFP
L’Europe élargie donne aux patrons des moyens accrus pour surexploiter les salariés. Une étude de l’INSEE permet de mesurer comment la crise financière de 2008 a conduit le patronat à intensifier cette exploitation sur fond de concurrence intra européenne.
Dans le cadre d’un dossier sur les entreprises en France =, l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) publie une « comparaison du coût de la main-d’œuvre en Europe » et cherche à en mesurer l’évolution depuis la crise financière de 2008. Les chiffres et graphiques qui accompagnent cette étude permettent de vérifier à quel point l’entrée de neuf pays d’Europe centrale dans l’Union européenne au cours de la première décennie du XXIème siècle a été conçue pour introduire du dumping social en Europe au détriment de tous les travailleurs de l’Union.
Dans cette étude, l’INSEE explique que « la structure du coût reflète le système de financement de la protection sociale » et donne les précisons suivantes : « Le coût de la main d’œuvre se décompose en salaires et traitements bruts, cotisations sociales à la charge de l’employeur et autres dépenses directement liées à la main d’œuvre encourues par l’employeur. Ces autres dépenses comprennent les frais de formation professionnelle, les autres dépenses de l’employeur et les impôts à la charge de l’employeur, déduction faite des subventions au bénéfice de l’employeur».
Les chiffres devenant ainsi comparables entre les différents pays, un graphique très révélateur nous montre qu’en 2012 « le coût horaire de la main d’œuvre dans l’industrie et les services marchands » était de 3,4€ en Bulgarie et de 40,9€ au Danemark. Il était de 4,3€ en Roumanie et de 40,1€ en Suède. Il atteignait 5,9€ en Lituanie mais 40€ en Belgique. Il s’élevait à 6,3€ en Lettonie mais à 34,8€ en France. Il était de 7,6€ en Pologne et de 10,2€ en République Tchèque contre 30,9€ en Allemagne, pays frontalier de ces deux là. Il faut savoir ici que les salaires de l’ex RDA sont encore aujourd’hui plus bas que ceux de l’ex RFA en moyenne. On devine aussi l’effet d’aubaine dont bénéficie le patronat allemand avec les travailleurs détachés car les cotisations sociales sont celles du pays d’origine. L’étude de l’INSEE se garde de le préciser et c’est dommage.
Ce graphique nous montre aussi que le coût horaire moyen du travail était de 27,9€ en 2012 dans les pays qui formaient l’Union européenne à quinze. Les coûts horaires de l’Italie, du Royaume Uni, de l’Espagne, de la Grèce et du Portugal étaient sous cette moyenne en 2012. On découvre aussi que le coût horaire moyen du Royaume Uni en 2012 était inférieur au coût moyen dans l’Europe à 28, soit 21,5€ contre 23,8€ de moyenne dans l’Europe actuelle, la lanterne rouge des Quinze étant le Portugal avec 12,9€ de l’heure.
Enfin les salariés des pays européens qui ont subi les plus dures punitions de la troïka composée de la Commission européenne, la Banque centrale européenne(BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) ont connu une évolution des salaires souvent négative quand ils n’ont pas perdu leur travail en 2008 et 2012. Sur ces quatre années, le coût horaire moyen a augmenté de 4,7% par an en Suède quand il a diminué de 1,5% par an en Grèce. Il augmentait de 2,4% en France et de 2% en Allemagne quand il baissait de 0,2% par an au Royaume Uni.
Notons encore ce constat de l’INSEE en préambule de son étude : « les coûts horaires de la main d’œuvre semblaient converger entre 1996 et 2008. Ils augmentaient plus rapidement dans les pays dans lesquels le niveau de vie était initialement plus bas que dans ceux où il était plus élevé. Entre 2008 et 2012, cette convergence s’est interrompue dans l’industrie et pourrait s’être inversée. Dans les services marchands, la convergence s’était déjà interrompue entre 2004 et 2008, après un rattrapage pourtant plus rapide que dans l’industrie entre 1996 et 2004(…) Depuis 2012, les coûts horaires des pays de l’ex UE à 15 s’écarteraient encore ». Bref, la Grèce, Le Portugal, l’Espagne, le Royaume Uni font payer la crise à différentes catégories de salariés.
Il serait intéressant de réaliser une étude pour voir combien de productions ont été délocalisées des pays aux standards sociaux les plus élevés pour être transférées dans les pays d’Europe centrale les plus pauvres depuis l’entrée de ces pays dans l’Union européenne. Car de tels transferts se traduisent toujours par de la casse industrielle destructrice de capital productif non amorti, obéissant à la théorie de la « destruction créatrice», elle-même provoquée par la théorie des « avantages comparatifs » fondés sur le bas coût de la main d’œuvre dans de nombreux pays.
A défaut d’examiner cette question, l’INSEE aborde l’une de ses conséquences en France en omettant de montrer qu’il s’agit là des effets pervers du dumping social en Europe et au-delà. L’Institut nous dit que « depuis 2012, en France, le coût horaire a augmenté de façon plus modérée sous l’effet du CICE ». En gros, les impôts que payent les salariés aux salaires stagnant et les retraités aux pensions bloquées servent depuis trois ans à reverser aux patrons le Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE). Du coup, dans l’industrie, le coût de la main d’œuvre « s’est accru de 1,1% en moyenne annuelle » entre 2012 et 2014 inclus, « contre 2,1% dans la zone euro», nous dit l’INSEE.
Ainsi va l’économie libérale, les exploités imposables paient désormais les exploiteurs pour les exploiter !

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Résistances

Posté par jacques LAUPIES le 28 octobre 2015

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Le ciel s’assombrit et les orages nous guettent 
Ou sont ces temps victorieux de lutte et de fête
Quand de la foule naquirent des jours heureux
Construits grâce à de rouges martyrs trop nombreux

De grèves en défilés fiers de trente six
Imaginant un monde nouveau de justice
Ils avaient tous marché généreux conquérants
Pour le pain la liberté la paix et les chants

Loin des étoiles dans les nuits sombres et brunes
Ou la lacheté joignit traîtres et fortunes
Ils ont osé dans d’obscurs et sombres couloirs
Sans lumière bâtir les chemins de l’espoir

Ceux qui un temps purent dire au pays saignant
Relève la tête et reconstruit dignement
Qui nous ont donné une vie pour le bonheur
Si nos voix ne s’élèvent seront des tueurs

Un demi siècle a suffi pour qu’un génocide
Devienne le paravent des mondes cupides
Qu’un silence efface les chants ou l’on résiste
Afin que d’un peuple héros rien ne subsiste

Ne jugez pas trop hâtivement les combats
Des êtres souffrants qui ont abattu les rois
Quand vient le temps des grandes émancipations
Il faut choisir entre grandeur et soumission

Épargnez aux vainqueurs le transport de leurs tombes
Dans les grands cimetières de l’oubli immonde
Car c’est à eux que nous devons le tout visible
A savoir qu’avec lutte justice est possible

Et si de nos mille et une contributions
Peuvent naître de nouvelles révolutions
Et faire découvrir l’amour des résistances
Ce sera leur offrir notre reconnaissance

Il y a 10 ans, disparaissait Georges Guingouin, le « préfet du maquis »

27 octobre 2005
Fabrice Grenard, historien
Mardi, 27 Octobre, 2015
Humanité Dimanche

 

Par Fabrice Grenard, historien. Instituteur et militant communiste, Georges Guingouin s’engage contre l’occupant nazi et devient l’un des chefs les plus emblématiques de la Résistance. Régulièrement en froid avec la direction du PCF et avec celle de la fédération de Haute-Vienne, il est l’objet, après la guerre, de campagnes internes ­ liées pour une part à la lutte de succession de Maurice Thorez, déjà malade ­ qui entraîneront son exclusion.

Georges Guingouin est né le 2 février 1913 à Magnac-Laval (Haute-Vienne), d’une mère institutrice et d’un père officier tué en août 1914. Il intègre en 1931 l’école normale d’instituteurs de Limoges. Adhérant au PCF en 1935, il illustre parfaitement cette génération de militants qui s’engagent par pacifisme ­ la mort de son père a développé chez lui un profond rejet de la guerre ­, antifascisme ­ il réalise son premier acte militant lors de la manifestation du 12 février 1934 ­ et parce qu’il voit dans le marxisme une réponse aux inégalités et injustices sociales que la crise des années 1930 n’a fait qu’exacerber.
Nommé à l’automne 1935 à l’école de Saint-Gilles-lesForêts, petite commune rurale limousine située au pied du mont Gargan, Guingouin débute sa carrière dans une région profondément ancrée à gauche. En tant qu’instituteur mais aussi cadre local du PCF (secrétaire de rayon, l’équivalent de responsable du Parti à l’échelle de plusieurs cantons), Guingouin devient une personnalité locale. Il se fait connaître en animant la campagne du Parti communiste lors des élections du printemps 1936, marquées par la victoire du Front populaire. Son investissement et son important travail local (en 1936, le nombre d’adhérents dans son rayon d’Eymoutiers passe de 97 à 392) lui permettent d’accéder en 1937 au comité régional puis au bureau régional. Il se voit confier au début de 1939 la rubrique de la politique extérieure dans le journal régional, « le Travailleur du Centre », relayant dans ses articles la propagande soviétique sur les réussites du stalinisme.

L’annonce du pacte germano-soviétique, le 23 août 1939, plonge le PCF dans une profonde crise, sous le double effet de l’immense désillusion de nombreux adhérents qui le quittent et de la répression qui le touche. Guingouin fait partie des quelques milliers de militants qui demeurent fidèles à l’appareil, continuant de militer dans l’illégalité ­ le Parti est interdit le 26 septembre ­ et dénonçant, comme le réclame Moscou, une guerre présentée comme impérialiste. Mobilisé fin août 1939, il participe à des réunions clandestines au sein de son unité. Sa première permission, en février 1940, lui permet de rétablir une liaison entre la direction clandestine du Parti et les militants de son ancien rayon. Blessé en juin 1940, démobilisé, Guingouin retourne à Saint-Gilles-les-Forêts, où il tente de reconstruire clandestinement le Parti à partir des « groupes de trois » ­ chaque militant doit essayer de convaincre deux autres personnes de rejoindre l’organisation mais les différents groupes sont totalement cloisonnés ­, censés permettre au Parti de retisser sa toile. En août 1940, il rédige un « Appel à la lutte », parfois présenté comme l’un des premiers appels à la Résistance, mais qui apparaît surtout comme le texte d’un cadre fournissant des arguments aux militants ­ le pacte germano-soviétique y est d’ailleurs justifié et leur demandant de serrer les rangs derrière l’URSS.

En février 1941, Guingouin doit s’enfuir pour échapper à l’arrestation par les policiers de Limoges, qui ont découvert ses activités. Il entame une vie clandestine l’amenant à se cacher parfois dans les bois, expliquant le qualificatif souvent attribué de « premier maquisard de France », même s’il n’est nullement question en 1941 de fonder un « maquis » au sens que ce terme revêtira en 1943-1944. Conservant à chaque déplacement son matériel d’impression (Ronéo), il continue ses activités de propagande, organisant de nombreuses diffusions de tracts dans son secteur. Une grande rafle de police organisée contre son réseau en octobre 1941 l’oblige toutefois à quitter la HauteVienne pour se réfugier en Corrèze, où il intègre le triangle de direction départementale. Au cours de l’hiver 1941-1942, dans des conditions très difficiles, Guingouin tente de reconstituer l’organisation du Parti en haute Corrèze. Mais en avril 1942, son travail est désavoué par son supérieur hiérarchique, le cadre « inter » Gabriel Roucaute, qui critique une activité développée en milieu rural et lui demande de recentrer son action sur les villes, terrain d’action privilégié des communistes. Sanctionné d’un « retour à la base », Guingouin décide de quitter la Corrèze pour revenir en Haute-Vienne, où il sait que les militants lui sont fidèles.

À l’automne 1942, Guingouin développe dans son secteur d’Eymoutiers de petits commandos armés. Il n’est pas encore question de créer un maquis puisque la plupart de leurs membres conservent une couverture « légale », paysans ou ouvriers le jour et participant la nuit à des opérations de guérilla. Une série d’actions particulièrement spectaculaires est opérée par Guingouin et ses hommes : destruction à deux reprises (12 décembre 1942 et 16 février 1943) de la batteuse du ravitaillement général installée à Eymoutiers, enlèvement de 47 caisses de dynamite aux mines de wolfram de Puyles-Vignes (25 janvier 1943), destruction du viaduc de Bussy-Varache sur la ligne Limoges-Eymoutiers (13 mars 1943). Mi-avril 1943, alors que les recherches s’intensifientet que le STO place certains jeunes de son organisation dans une position délicate, l’ancien instituteur décide d’aménager un camp, au lieu-dit La Croix-Chevaux, au coeur de la forêt de Châteauneuf. C’est l’acte de naissance du maquis. Les débuts sont très compliqués. Ils ne sont que cinq au départ à avoir « pris le maquis » et doivent même quitter temporairement le camp au bout de deux semaines car les conditions de vie y sont trop difficiles. L’été et l’automne 1943 marquent un tournant important. Un nombre croissant de volontaires, aux origines très variées (communistes « grillés », réfractaires au STO, républicains espagnols…), rejoint l’organisation, dont les effectifs atteignent une centaine de personnes en septembre 1943. Guingouin constitue des petits groupes, plus facilement mobiles, ce qui l’amène à développer un réseau de camps secondaires. L’automne 1943 marque également l’apparition des premiers « arrêtés du préfet du maquis », des instructions affichées concernant notamment le ravitaillement et les prix. Guingouin cherche à montrer à la population que le maquis n’est pas une source de désordres, comme tente de le faire croire la propagande vichyste, et qu’un processus d’inversion du pouvoir est à l’oeuvre entre Vichy et le maquis.

À l’approche de l’hiver, Guingouin décide de disperser son maquis, demandant à ses hommes de s’installer dans des fermes isolées et d’y rester jusqu’au printemps. Seuls les combattants les plus aguerris restent mobilisés au sein d’une « compagnie de choc », afin de recevoir une formation destinée à en faire les futurs cadres du maquis. En avril 1944, lorsqu’une unité blindée allemande, la division Brehmer, pénètre en Haute-Vienne pour y opérer un « ratissage », Guingouin se réfugie, avec l’ensemble de ses détachements, dans la Creuse, avant de revenir dans son « fief ». S’il réorganise à cette occasion son maquis, il maintient le principe des petits groupes éparpillés en créant des unités souples et mobiles, les « volantes ». Au lendemain du débarquement allié, le maquis bénéficie de l’envoi d’une mission britannique du SOE (Special Operations Executive) destinée à intégrer ses actions au sein d’une stratégie plus globale. Cela permet à Guingouin de recevoir un important parachutage d’armes le 14 juillet 1944. Alors que les Allemands font converger vers son secteur plusieurs colonnes, il engage le combat lors de la bataille dite du mont Gargan, entre le 17 et le 20 juillet 1944. Après trois journées de lutte, Guingouin doit toutefois ordonner le repli. Mais il a réussi à éviter l’encerclement de son maquis et à conserver les armes parachutées, ce qui renforce considérablement son poids au sein de la Résistance limousine. Déjà nommé chef départemental des FTP, fin juin 1944, il devient chef départemental des FFI de la Haute-Vienne à la mi-août 1944.

À la tête de celles-ci, Guingouin dirige les opérations destinées à libérer Limoges. Refusant une attaque frontale, il préfère une stratégie d’encerclement qui sera payante. Pour éviter des combats inutiles et alors qu’il ne peut compter sur aucun renfort, le général Gleiniger accepte de capituler le 21 août 1944. Si au dernier moment une partie des troupes allemandes se révolte et parvient à sortir de Limoges, Guingouin peut néanmoins pénétrer dans la ville au soir du 21 août 1944, recevant un accueil triomphal de la population. Tout auréolé de la gloire obtenue à travers son combat dans la Résistance, Guingouin, fait compagnon de la Libération par de Gaulle, est élu maire de Limoges en mai 1945. En raison d’un contexte particulièrement difficile (pénuries, lenteur de la reconstruction), son bilan de maire apparaît assez mitigé, malgré une volonté évidente de développer la politique sociale à destination de la jeunesse et des catégories les plus modestes. Sa défaite aux élections municipales de 1947 face au socialiste Léon Betoulle marque un coup d’arrêt brutal à sa carrière politique.

L’ancien maquisard connaît ensuite une véritable descente aux enfers. Au début des années 1950 éclate une double affaire Guingouin. La première est politique. Les tensions avec l’appareil du PCF ne cessent de s’accroître à la suite d’un rapport que Guingouin rédige en 1949 à l’intention du secrétaire général Maurice Thorez, dans lequel il remet en cause les choix effectués par le Parti entre 1940 et 1944, notamment les hésitations face à la lutte armée menée depuis les campagnes dans le cadre des maquis ou le refus d’une large union de la gauche à la base à la Libération, dont le PCF aurait pu être le fer de lance et qui lui aurait peut-être permis de prendre le pouvoir par la voie des urnes. Ces tensions débouchent en 1952, dans le contexte de la guerre froide et de la « stalinisation » du PCF, sur son exclusion du Parti, qui porte contre lui les pires accusations ­ il aurait à plusieurs reprises « trahi la cause communiste » et se serait livré à des détournements d’argent à des fins personnelles lors de la clandestinité ­ afin de ternir son action. Les conditions de son exclusion ont érigé Guingouin en symbole des dissidents communistes. En réalité, au cours de ses premières années militantes, il apparaît totalement dans la ligne, et s’il fait parfois preuve d’indépendance lors de la période clandestine, cela s’explique par des ruptures de liaisons avec l’appareil. Après la guerre, pourtant, le Parti se méfie d’un chef de maquis populaire, qui s’est imposé par luimême, échappant à la logique d’appareil. Guingouin estime quant à lui ne pas être suffisamment reconnu, n’accédant à aucune fonction nationale. En outre, son rapport critique de 1949 va à l’encontre du fonctionnement interne du Parti et de ses règles. Dès lors que la période de la guerre se referme, au début des années 1950, et dans le contexte de la « stalinisation » des partis communistes à la suite de la crise titiste, il était logique que l’attitude de Guingouin et ce qu’il représentait débouchent sur son exclusion, même si celle-ci était totalement injuste humainement au regard de son engagement depuis 1935. La direction du PCF en reconnaîtra, en 1998, le caractère inique.

En 1953, éclate une seconde affaire, judiciaire : Guingouin est inculpé et emprisonné pour complicité d’assassinat dans une affaire de droit commun ­ le meurtre de deux paysans en Corrèze en 1945 ­, dans laquelle policiers et magistrats tentent de l’impliquer sans preuve. En réalité, il s’agit pour d’anciens collaborateurs d’obtenir une revanche sur celui qui a incarné la Résistance sur le plan local. Guingouin ne bénéficiera d’un non-lieu qu’en 1959. Retiré de la vie politique, il reprend son métier d’instituteur jusqu’à sa retraite en 1969. Il consacre la fin de sa vie à transmettre la mémoire de son action dans la Résistance en publiant des livres et des articles et en participant à de nombreuses commémorations locales. Il est mort en 2005, dans sa 92e année.

Âgé de 93 ans, Louis Gendillou est décédé le 28 juillet 2015. En août 1940, il est le premier à rejoindre Guingouin ­ son instituteur en 1935-1936 ­ pour participer au premier « groupe de trois ». Avec d’autres membres du réseau, il organise des diffusions de tracts et développe les Jeunesses communistes. En octobre 1941, suite à une trahison, Gendillou est arrêté et torturé par des policiers qui cherchent Guingouin. Condamné à 5 ans de prison, il s’évade de son camp d’internement en juin 1944 et rejoint les FTP pour participer à la libération de la Dordogne et de Bordeaux. Intégré dans l’armée à la Libération, il refuse de partir combattre en Indochine. Après l’avoir longtemps refusée, il avait accepté la Légion d’honneur en janvier 2015.

  • « Une légende du maquis. Georges Guingouin, du mythe à l’histoire », de Fabrice Grenard. Vendémiaire, 2014, 603 pages. Cet ouvrage a reçu en 2014 le prix Philippe Viannay décerné par la Fondation de la Résistance. L’auteur a également publié : « La France du marché noir ». Payot, 2008. « Maquis noirs et faux maquis. 1943-1947 ». Vendémiaire, 2011 ; nouvelle édition revue et augmentée, 2013. Vient de paraître : « la Drôle de guerre. L’entrée en guerre des Français, septembre 1939-mai 1940 ». Belin, coll. « Histoire », 2015.

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