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Apres la valetaille, la volaille…

Posté par jacques LAUPIES le 31 octobre 2015

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Lorsque l’on écoute fréquemment leurs savantes analyses de concierges on est pris d’une certaine lassitude.

Une heure pour nous dire que Sarkozy fait un coup médiatique, que peut-être il porte atteinte à l’unité nationale incarnée par la diplomatie  de celui qui peut-être son concurrent socialiste en campagne camouflée.

L’un déclare haut son amitié franco russe et du coup met à mal  son compère qui boude le Kremlin.

A croire, si on peut les croire, ces deux marchands de promesses, qu’ils sont sous influence de deux bourgeoisies, lesquelles incarnant les intérêts de la France. A moins qu’il n’y en ait qu’une – de bourgeoisie française – qui ne sait plus sur quel pied danser, et orchestre une danse à trois effrénée, avec musique médiatique à l’appui mais peine à imposer sa chorégraphie avec deux danseurs et la ballerine de service (qui voudrait bien devenir l’étoile)

Mais nous les spectateurs on commence à en avoir un peu marre.

Aux dernières nouvelles, l’américain, style nouvelle Orléans, s’inquiète de voir son homologue, style cosaque, déployer ses cavaliers sur les terres pétrolifères et il envoie ses cowboys là où Mahomet ne trouve plus ses petits.

On en rirait presque si au milieu de tout cela ne s’égaraient quelques rafales qui ont donné le ton. Messieurs les français tirez les premiers nous disaient autrefois les anglais. Ben voila ça nous arrive (d’abord sur Anouar, ensuite sur on sait trop qui) et on voit tirer les autres ensuite A ce jeu là on bien de l’avoir dans…Et puis du coup la volaille caquette !

 

 

 

 

 

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Suivez les Régionales en PACA

Posté par jacques LAUPIES le 30 octobre 2015

 

 

La campagne des Régionales s’accélère et notre démarche de rassemblement
inédit s’ancre dans le paysage politique et médiatique.

Samedi, à 11h30, Jean Marc Coppola avec Sophie Camard, seront invités de « La voix est
libre » sur France 3.

Je vous invite à regarder ce temps fort du débat démocratique et à convier vos
proches à en faire autant.

Jean-Marc Coppola. « Pour que gagne une gauche nouvelle »

Jean Marc Coppola PCF

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La valetaille des grands bourges…

Posté par jacques LAUPIES le 30 octobre 2015

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La cour des comptes : toujours la pour aider à convaincre des économies à faire…Sur le dos du peuple

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Promotionner les verts qui tournent au rose

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Bonnet blanc et blanc bonnet

Oh le titre provocateurs pour les petits bourges et assimilés ! Pourtant si vrai car comment qualifier ces quartettes  du genre Dessertine, Fressoz, Thréard, Pech qui nous parlent de la situation économique et sociale et dissertent sur l’embarras dans lequel se trouve Hollande, Valls et son gouvernement. Aucun de ces invités réguliers de C dans l’air, vous vous en doutez, ne mettra la politique d’austérité en cause.

Des appréciations variables selon les « sensibilités » de ces doctes personnes qui consciemment ou non font passer les messages de la « haute ». Avec cette subtilité qui consiste, chacun dans son registre, à se comporter en critique averti et objectif, d’autant qu’il leur arrive de lâcher par ci par d’incontestables vérités qui ne peuvent souvent être perçues que par des oreilles averties.

Difficile en effet de s’y retrouver puisque les sujets traités ont un fond commun selon ces nobles serviteurs de la grande bourgeoisie et des parasites qu’elle entretien : la crise, la dette, le nécessaire renflouement du capital et la dévalorisation du travail.

Une valetaille qui en rajoute en costume cravate et chemise. Pas étonnant que certains veuillent gentiment les déshabiller…

Fort heureusement il y a de temps à autre des réactions plus modérées mais qui n’en seront pas moins plus percutantes. Je veux parler de cet exemple vécu ce jour, celui d’une mère de famille soumise aux conséquences des politiques désastreuses de ces dernière années qui se bat durement pour survivre et est venu demander son adhésion au PCF.

Car quoi de plus efficace que de rejoindre ceux qui s’efforcent chaque jour qui passe de convaincre et de lutter pour que les français s’emparent de nos propositions.

Quand Pujadas s’inscrit dans la stratégie du FN

Adrien Rouchaleou
Lundi, 26 Octobre, 2015
L’Humanité

 

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La valetaille des grands bourges... dans POLITIQUE

Sur le plateau de l’émission controversée et annulée.
Photo : Chamussy/Sipa
L’annulation de l’émission « Des paroles et des actes » dont Marine Le Pen devait être l’invitée principale démontre une nouvelle fois la responsabilité de certains médias dans la promotion de l’extrême droite.                                           

Marine Le Pen rêvait de la publicité que lui aurait offerte l’émission France 2 Des paroles et des actes, initialement programmée jeudi dernier, avant l’entrée en campagne officielle pour les régionales. Elle a finalement, grâce à David Pujadas, obtenu beaucoup mieux. En annulant sa venue, ce qui a eu pour conséquence la suppression pure et simple de l’émission, elle a une nouvelle fois réussi à se placer au centre de l’actualité politique durant tout le week-end.

Le FN bénéficie-t-il d’un traitement médiatique particulier sur les chaînes de télévision publique ? S’il y a quelques années encore on s’interrogeait sur l’opportunité d’inviter sur les plateaux des représentants de ce parti considéré alors comme en dehors de « l’arc républicain », force est de constater qu’à l’inverse il tend aujourd’hui à être considéré par les médias, notamment audiovisuels, comme le pilier central de la vie politique. Ses cadres sont présents à toute heure sur toutes les chaînes et, quand un responsable d’une autre formation est invité, on lui demande systématiquement de se positionner face au FN. Que cherchait David Pujadas en offrant une nouvelle fois son plateau à Marine Le Pen, sinon l’audience ?

« La chef de la mascarade c’est Marine Le Pen elle-même »

Le problème est que, s’il n’est plus blacklisté, le FN n’est toujours pas traité à l’égal des autres partis, à son plus grand bénéfice. L’histoire des présences de Marine Le Pen sur le plateau de David Pujadas est à ce sujet particulièrement éloquente. L’invitation qui lui était faite pour l’émission de jeudi dernier était tout de même la cinquième sur le plateau de Des paroles et des actes. On se souvient de la pathétique émission du 23 février 2012, lorsque la patronne du FN, alors boudeuse, avait refusé d’adresser un mot à son contradicteur Jean-Luc Mélenchon. Déjà, cette fois, la production avait pourtant négocié, puis partiellement cédé aux caprices de Madame Le Pen en lui proposant un autre débatteur, en l’occurrence Henri Guaino, à l’époque « plume » de Nicolas Sarkozy.

Mais l’émission annulée de la semaine dernière a marqué un nouveau cap. En offrant ce plateau d’argent, si déséquilibré à la patronne du parti d’extrême droite, à l’entrée de la campagne des élections régionales (des 6 et 13 décembre), comment David Pujadas pouvait-il ne pas se douter qu’il susciterait des réactions de la part des autres partis ? Mais surtout, rappelé à l’ordre par le CSA, pourquoi s’entêter à conserver Marine Le Pen comme tête d’affiche, quand il aurait par exemple été tellement simple de transformer l’émission en débat réellement pluraliste sur les régionales ? Pour cela, David Pujadas s’est prêté à toutes les contorsions, appelant dans la nuit précédant l’émission prévue deux nouveaux débatteurs, le candidat socialiste et celui de droite dans la région Nord-Pas-de-Calais-Picardie où se présente Le Pen. L’humiliation n’en a été que plus grande.

« La chef de la mascarade c’est Marine Le Pen elle-même », a justement estimé Pierre Laurent, secrétaire national du PCF et lui-même tête de liste en Île-de-France, « Mais malheureusement elle a des premiers violons très actifs dans son orchestre, au premier rang desquels les chaînes (de télévision). Depuis quand est-ce à David Pujadas de décider à la place des électeurs ? » s’est-il interrogé. Pour le Front de gauche, tout ceci n’est qu’une machine à « imposer le grand cirque du tripartisme », une « machine à nourrir l’austérité et le FN ».

 

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La cause de tout nos malheurs : le travail sous payé

Posté par jacques LAUPIES le 29 octobre 2015

Parmi les des raisons qui font que l’on est pour la construction européenne il doit y avoir des perspectives de fusion des économies, de  planification les investissements au plan de l’Union, afin de progresser vers des PIB permettant à chaque pays une rémunération du travail semblable, des couts de production similaires. Laisser chacun des pays livré à des politiques libérales, avec des inégalités criantes de développement favorisant la concurrence déloyale, la course au profit donc une exploitation accrue du travail aurait pour conséquence la destruction de l’Europe et pire des situations conflictuelles entre bourgeoisies qui ne manquerait pas de développer les populismes et des risques de conflits.

Ceux qui réclament la sortie de l’Europe ne mesurent pas les conséquences négatives que cela aurait pour les travailleurs de cette Europe.

Au stade de la socialisation de la production, dans tous les domaines, avec l’évolution des technique de production, des nouvelles technologies, seule une planification économique européenne peut nous sortir de l’ornière qui s’ouvre. La concentration publique de moyens financiers, la suppression de la dictature des marchés financiers facteur de l’anarchie de la production sont nécessaires.

C’est le seul moyen d’en finir avec des gaspillages et  la non prise en compte de la protection sociale, de la protection de l’environnement, des politiques cohérentes et humanitaires notamment liées à l’immigration.

Le travail sous payé est la seule façon de garantir la fameuse croissance dont nous rabattent les oreilles ceux qui ne la provoquent pas !

Europe : le travail est payé 11 fois moins en Bulgarie qu’au Danemark

Gérard le Puill
Mercredi, 28 Octobre, 2015
Humanite.fr

 

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La cause de tout nos malheurs : le travail sous payé dans POLITIQUE

Photo Mychele Daniau/AFP
L’Europe élargie donne aux patrons des moyens accrus pour surexploiter les salariés. Une étude de l’INSEE permet de mesurer comment la crise financière de 2008 a conduit le patronat à intensifier cette exploitation sur fond de concurrence intra européenne.
Dans le cadre d’un dossier sur les entreprises en France =, l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) publie une « comparaison du coût de la main-d’œuvre en Europe » et cherche à en mesurer l’évolution depuis la crise financière de 2008. Les chiffres et graphiques qui accompagnent cette étude permettent de vérifier à quel point l’entrée de neuf pays d’Europe centrale dans l’Union européenne au cours de la première décennie du XXIème siècle a été conçue pour introduire du dumping social en Europe au détriment de tous les travailleurs de l’Union.
Dans cette étude, l’INSEE explique que « la structure du coût reflète le système de financement de la protection sociale » et donne les précisons suivantes : « Le coût de la main d’œuvre se décompose en salaires et traitements bruts, cotisations sociales à la charge de l’employeur et autres dépenses directement liées à la main d’œuvre encourues par l’employeur. Ces autres dépenses comprennent les frais de formation professionnelle, les autres dépenses de l’employeur et les impôts à la charge de l’employeur, déduction faite des subventions au bénéfice de l’employeur».
Les chiffres devenant ainsi comparables entre les différents pays, un graphique très révélateur nous montre qu’en 2012 « le coût horaire de la main d’œuvre dans l’industrie et les services marchands » était de 3,4€ en Bulgarie et de 40,9€ au Danemark. Il était de 4,3€ en Roumanie et de 40,1€ en Suède. Il atteignait 5,9€ en Lituanie mais 40€ en Belgique. Il s’élevait à 6,3€ en Lettonie mais à 34,8€ en France. Il était de 7,6€ en Pologne et de 10,2€ en République Tchèque contre 30,9€ en Allemagne, pays frontalier de ces deux là. Il faut savoir ici que les salaires de l’ex RDA sont encore aujourd’hui plus bas que ceux de l’ex RFA en moyenne. On devine aussi l’effet d’aubaine dont bénéficie le patronat allemand avec les travailleurs détachés car les cotisations sociales sont celles du pays d’origine. L’étude de l’INSEE se garde de le préciser et c’est dommage.
Ce graphique nous montre aussi que le coût horaire moyen du travail était de 27,9€ en 2012 dans les pays qui formaient l’Union européenne à quinze. Les coûts horaires de l’Italie, du Royaume Uni, de l’Espagne, de la Grèce et du Portugal étaient sous cette moyenne en 2012. On découvre aussi que le coût horaire moyen du Royaume Uni en 2012 était inférieur au coût moyen dans l’Europe à 28, soit 21,5€ contre 23,8€ de moyenne dans l’Europe actuelle, la lanterne rouge des Quinze étant le Portugal avec 12,9€ de l’heure.
Enfin les salariés des pays européens qui ont subi les plus dures punitions de la troïka composée de la Commission européenne, la Banque centrale européenne(BCE) et le Fonds monétaire international (FMI) ont connu une évolution des salaires souvent négative quand ils n’ont pas perdu leur travail en 2008 et 2012. Sur ces quatre années, le coût horaire moyen a augmenté de 4,7% par an en Suède quand il a diminué de 1,5% par an en Grèce. Il augmentait de 2,4% en France et de 2% en Allemagne quand il baissait de 0,2% par an au Royaume Uni.
Notons encore ce constat de l’INSEE en préambule de son étude : « les coûts horaires de la main d’œuvre semblaient converger entre 1996 et 2008. Ils augmentaient plus rapidement dans les pays dans lesquels le niveau de vie était initialement plus bas que dans ceux où il était plus élevé. Entre 2008 et 2012, cette convergence s’est interrompue dans l’industrie et pourrait s’être inversée. Dans les services marchands, la convergence s’était déjà interrompue entre 2004 et 2008, après un rattrapage pourtant plus rapide que dans l’industrie entre 1996 et 2004(…) Depuis 2012, les coûts horaires des pays de l’ex UE à 15 s’écarteraient encore ». Bref, la Grèce, Le Portugal, l’Espagne, le Royaume Uni font payer la crise à différentes catégories de salariés.
Il serait intéressant de réaliser une étude pour voir combien de productions ont été délocalisées des pays aux standards sociaux les plus élevés pour être transférées dans les pays d’Europe centrale les plus pauvres depuis l’entrée de ces pays dans l’Union européenne. Car de tels transferts se traduisent toujours par de la casse industrielle destructrice de capital productif non amorti, obéissant à la théorie de la « destruction créatrice», elle-même provoquée par la théorie des « avantages comparatifs » fondés sur le bas coût de la main d’œuvre dans de nombreux pays.
A défaut d’examiner cette question, l’INSEE aborde l’une de ses conséquences en France en omettant de montrer qu’il s’agit là des effets pervers du dumping social en Europe et au-delà. L’Institut nous dit que « depuis 2012, en France, le coût horaire a augmenté de façon plus modérée sous l’effet du CICE ». En gros, les impôts que payent les salariés aux salaires stagnant et les retraités aux pensions bloquées servent depuis trois ans à reverser aux patrons le Crédit d’impôt compétitivité emploi (CICE). Du coup, dans l’industrie, le coût de la main d’œuvre « s’est accru de 1,1% en moyenne annuelle » entre 2012 et 2014 inclus, « contre 2,1% dans la zone euro», nous dit l’INSEE.
Ainsi va l’économie libérale, les exploités imposables paient désormais les exploiteurs pour les exploiter !

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Résistances

Posté par jacques LAUPIES le 28 octobre 2015

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Le ciel s’assombrit et les orages nous guettent 
Ou sont ces temps victorieux de lutte et de fête
Quand de la foule naquirent des jours heureux
Construits grâce à de rouges martyrs trop nombreux

De grèves en défilés fiers de trente six
Imaginant un monde nouveau de justice
Ils avaient tous marché généreux conquérants
Pour le pain la liberté la paix et les chants

Loin des étoiles dans les nuits sombres et brunes
Ou la lacheté joignit traîtres et fortunes
Ils ont osé dans d’obscurs et sombres couloirs
Sans lumière bâtir les chemins de l’espoir

Ceux qui un temps purent dire au pays saignant
Relève la tête et reconstruit dignement
Qui nous ont donné une vie pour le bonheur
Si nos voix ne s’élèvent seront des tueurs

Un demi siècle a suffi pour qu’un génocide
Devienne le paravent des mondes cupides
Qu’un silence efface les chants ou l’on résiste
Afin que d’un peuple héros rien ne subsiste

Ne jugez pas trop hâtivement les combats
Des êtres souffrants qui ont abattu les rois
Quand vient le temps des grandes émancipations
Il faut choisir entre grandeur et soumission

Épargnez aux vainqueurs le transport de leurs tombes
Dans les grands cimetières de l’oubli immonde
Car c’est à eux que nous devons le tout visible
A savoir qu’avec lutte justice est possible

Et si de nos mille et une contributions
Peuvent naître de nouvelles révolutions
Et faire découvrir l’amour des résistances
Ce sera leur offrir notre reconnaissance

Il y a 10 ans, disparaissait Georges Guingouin, le « préfet du maquis »

27 octobre 2005
Fabrice Grenard, historien
Mardi, 27 Octobre, 2015
Humanité Dimanche

 

Par Fabrice Grenard, historien. Instituteur et militant communiste, Georges Guingouin s’engage contre l’occupant nazi et devient l’un des chefs les plus emblématiques de la Résistance. Régulièrement en froid avec la direction du PCF et avec celle de la fédération de Haute-Vienne, il est l’objet, après la guerre, de campagnes internes ­ liées pour une part à la lutte de succession de Maurice Thorez, déjà malade ­ qui entraîneront son exclusion.

Georges Guingouin est né le 2 février 1913 à Magnac-Laval (Haute-Vienne), d’une mère institutrice et d’un père officier tué en août 1914. Il intègre en 1931 l’école normale d’instituteurs de Limoges. Adhérant au PCF en 1935, il illustre parfaitement cette génération de militants qui s’engagent par pacifisme ­ la mort de son père a développé chez lui un profond rejet de la guerre ­, antifascisme ­ il réalise son premier acte militant lors de la manifestation du 12 février 1934 ­ et parce qu’il voit dans le marxisme une réponse aux inégalités et injustices sociales que la crise des années 1930 n’a fait qu’exacerber.
Nommé à l’automne 1935 à l’école de Saint-Gilles-lesForêts, petite commune rurale limousine située au pied du mont Gargan, Guingouin débute sa carrière dans une région profondément ancrée à gauche. En tant qu’instituteur mais aussi cadre local du PCF (secrétaire de rayon, l’équivalent de responsable du Parti à l’échelle de plusieurs cantons), Guingouin devient une personnalité locale. Il se fait connaître en animant la campagne du Parti communiste lors des élections du printemps 1936, marquées par la victoire du Front populaire. Son investissement et son important travail local (en 1936, le nombre d’adhérents dans son rayon d’Eymoutiers passe de 97 à 392) lui permettent d’accéder en 1937 au comité régional puis au bureau régional. Il se voit confier au début de 1939 la rubrique de la politique extérieure dans le journal régional, « le Travailleur du Centre », relayant dans ses articles la propagande soviétique sur les réussites du stalinisme.

L’annonce du pacte germano-soviétique, le 23 août 1939, plonge le PCF dans une profonde crise, sous le double effet de l’immense désillusion de nombreux adhérents qui le quittent et de la répression qui le touche. Guingouin fait partie des quelques milliers de militants qui demeurent fidèles à l’appareil, continuant de militer dans l’illégalité ­ le Parti est interdit le 26 septembre ­ et dénonçant, comme le réclame Moscou, une guerre présentée comme impérialiste. Mobilisé fin août 1939, il participe à des réunions clandestines au sein de son unité. Sa première permission, en février 1940, lui permet de rétablir une liaison entre la direction clandestine du Parti et les militants de son ancien rayon. Blessé en juin 1940, démobilisé, Guingouin retourne à Saint-Gilles-les-Forêts, où il tente de reconstruire clandestinement le Parti à partir des « groupes de trois » ­ chaque militant doit essayer de convaincre deux autres personnes de rejoindre l’organisation mais les différents groupes sont totalement cloisonnés ­, censés permettre au Parti de retisser sa toile. En août 1940, il rédige un « Appel à la lutte », parfois présenté comme l’un des premiers appels à la Résistance, mais qui apparaît surtout comme le texte d’un cadre fournissant des arguments aux militants ­ le pacte germano-soviétique y est d’ailleurs justifié et leur demandant de serrer les rangs derrière l’URSS.

En février 1941, Guingouin doit s’enfuir pour échapper à l’arrestation par les policiers de Limoges, qui ont découvert ses activités. Il entame une vie clandestine l’amenant à se cacher parfois dans les bois, expliquant le qualificatif souvent attribué de « premier maquisard de France », même s’il n’est nullement question en 1941 de fonder un « maquis » au sens que ce terme revêtira en 1943-1944. Conservant à chaque déplacement son matériel d’impression (Ronéo), il continue ses activités de propagande, organisant de nombreuses diffusions de tracts dans son secteur. Une grande rafle de police organisée contre son réseau en octobre 1941 l’oblige toutefois à quitter la HauteVienne pour se réfugier en Corrèze, où il intègre le triangle de direction départementale. Au cours de l’hiver 1941-1942, dans des conditions très difficiles, Guingouin tente de reconstituer l’organisation du Parti en haute Corrèze. Mais en avril 1942, son travail est désavoué par son supérieur hiérarchique, le cadre « inter » Gabriel Roucaute, qui critique une activité développée en milieu rural et lui demande de recentrer son action sur les villes, terrain d’action privilégié des communistes. Sanctionné d’un « retour à la base », Guingouin décide de quitter la Corrèze pour revenir en Haute-Vienne, où il sait que les militants lui sont fidèles.

À l’automne 1942, Guingouin développe dans son secteur d’Eymoutiers de petits commandos armés. Il n’est pas encore question de créer un maquis puisque la plupart de leurs membres conservent une couverture « légale », paysans ou ouvriers le jour et participant la nuit à des opérations de guérilla. Une série d’actions particulièrement spectaculaires est opérée par Guingouin et ses hommes : destruction à deux reprises (12 décembre 1942 et 16 février 1943) de la batteuse du ravitaillement général installée à Eymoutiers, enlèvement de 47 caisses de dynamite aux mines de wolfram de Puyles-Vignes (25 janvier 1943), destruction du viaduc de Bussy-Varache sur la ligne Limoges-Eymoutiers (13 mars 1943). Mi-avril 1943, alors que les recherches s’intensifientet que le STO place certains jeunes de son organisation dans une position délicate, l’ancien instituteur décide d’aménager un camp, au lieu-dit La Croix-Chevaux, au coeur de la forêt de Châteauneuf. C’est l’acte de naissance du maquis. Les débuts sont très compliqués. Ils ne sont que cinq au départ à avoir « pris le maquis » et doivent même quitter temporairement le camp au bout de deux semaines car les conditions de vie y sont trop difficiles. L’été et l’automne 1943 marquent un tournant important. Un nombre croissant de volontaires, aux origines très variées (communistes « grillés », réfractaires au STO, républicains espagnols…), rejoint l’organisation, dont les effectifs atteignent une centaine de personnes en septembre 1943. Guingouin constitue des petits groupes, plus facilement mobiles, ce qui l’amène à développer un réseau de camps secondaires. L’automne 1943 marque également l’apparition des premiers « arrêtés du préfet du maquis », des instructions affichées concernant notamment le ravitaillement et les prix. Guingouin cherche à montrer à la population que le maquis n’est pas une source de désordres, comme tente de le faire croire la propagande vichyste, et qu’un processus d’inversion du pouvoir est à l’oeuvre entre Vichy et le maquis.

À l’approche de l’hiver, Guingouin décide de disperser son maquis, demandant à ses hommes de s’installer dans des fermes isolées et d’y rester jusqu’au printemps. Seuls les combattants les plus aguerris restent mobilisés au sein d’une « compagnie de choc », afin de recevoir une formation destinée à en faire les futurs cadres du maquis. En avril 1944, lorsqu’une unité blindée allemande, la division Brehmer, pénètre en Haute-Vienne pour y opérer un « ratissage », Guingouin se réfugie, avec l’ensemble de ses détachements, dans la Creuse, avant de revenir dans son « fief ». S’il réorganise à cette occasion son maquis, il maintient le principe des petits groupes éparpillés en créant des unités souples et mobiles, les « volantes ». Au lendemain du débarquement allié, le maquis bénéficie de l’envoi d’une mission britannique du SOE (Special Operations Executive) destinée à intégrer ses actions au sein d’une stratégie plus globale. Cela permet à Guingouin de recevoir un important parachutage d’armes le 14 juillet 1944. Alors que les Allemands font converger vers son secteur plusieurs colonnes, il engage le combat lors de la bataille dite du mont Gargan, entre le 17 et le 20 juillet 1944. Après trois journées de lutte, Guingouin doit toutefois ordonner le repli. Mais il a réussi à éviter l’encerclement de son maquis et à conserver les armes parachutées, ce qui renforce considérablement son poids au sein de la Résistance limousine. Déjà nommé chef départemental des FTP, fin juin 1944, il devient chef départemental des FFI de la Haute-Vienne à la mi-août 1944.

À la tête de celles-ci, Guingouin dirige les opérations destinées à libérer Limoges. Refusant une attaque frontale, il préfère une stratégie d’encerclement qui sera payante. Pour éviter des combats inutiles et alors qu’il ne peut compter sur aucun renfort, le général Gleiniger accepte de capituler le 21 août 1944. Si au dernier moment une partie des troupes allemandes se révolte et parvient à sortir de Limoges, Guingouin peut néanmoins pénétrer dans la ville au soir du 21 août 1944, recevant un accueil triomphal de la population. Tout auréolé de la gloire obtenue à travers son combat dans la Résistance, Guingouin, fait compagnon de la Libération par de Gaulle, est élu maire de Limoges en mai 1945. En raison d’un contexte particulièrement difficile (pénuries, lenteur de la reconstruction), son bilan de maire apparaît assez mitigé, malgré une volonté évidente de développer la politique sociale à destination de la jeunesse et des catégories les plus modestes. Sa défaite aux élections municipales de 1947 face au socialiste Léon Betoulle marque un coup d’arrêt brutal à sa carrière politique.

L’ancien maquisard connaît ensuite une véritable descente aux enfers. Au début des années 1950 éclate une double affaire Guingouin. La première est politique. Les tensions avec l’appareil du PCF ne cessent de s’accroître à la suite d’un rapport que Guingouin rédige en 1949 à l’intention du secrétaire général Maurice Thorez, dans lequel il remet en cause les choix effectués par le Parti entre 1940 et 1944, notamment les hésitations face à la lutte armée menée depuis les campagnes dans le cadre des maquis ou le refus d’une large union de la gauche à la base à la Libération, dont le PCF aurait pu être le fer de lance et qui lui aurait peut-être permis de prendre le pouvoir par la voie des urnes. Ces tensions débouchent en 1952, dans le contexte de la guerre froide et de la « stalinisation » du PCF, sur son exclusion du Parti, qui porte contre lui les pires accusations ­ il aurait à plusieurs reprises « trahi la cause communiste » et se serait livré à des détournements d’argent à des fins personnelles lors de la clandestinité ­ afin de ternir son action. Les conditions de son exclusion ont érigé Guingouin en symbole des dissidents communistes. En réalité, au cours de ses premières années militantes, il apparaît totalement dans la ligne, et s’il fait parfois preuve d’indépendance lors de la période clandestine, cela s’explique par des ruptures de liaisons avec l’appareil. Après la guerre, pourtant, le Parti se méfie d’un chef de maquis populaire, qui s’est imposé par luimême, échappant à la logique d’appareil. Guingouin estime quant à lui ne pas être suffisamment reconnu, n’accédant à aucune fonction nationale. En outre, son rapport critique de 1949 va à l’encontre du fonctionnement interne du Parti et de ses règles. Dès lors que la période de la guerre se referme, au début des années 1950, et dans le contexte de la « stalinisation » des partis communistes à la suite de la crise titiste, il était logique que l’attitude de Guingouin et ce qu’il représentait débouchent sur son exclusion, même si celle-ci était totalement injuste humainement au regard de son engagement depuis 1935. La direction du PCF en reconnaîtra, en 1998, le caractère inique.

En 1953, éclate une seconde affaire, judiciaire : Guingouin est inculpé et emprisonné pour complicité d’assassinat dans une affaire de droit commun ­ le meurtre de deux paysans en Corrèze en 1945 ­, dans laquelle policiers et magistrats tentent de l’impliquer sans preuve. En réalité, il s’agit pour d’anciens collaborateurs d’obtenir une revanche sur celui qui a incarné la Résistance sur le plan local. Guingouin ne bénéficiera d’un non-lieu qu’en 1959. Retiré de la vie politique, il reprend son métier d’instituteur jusqu’à sa retraite en 1969. Il consacre la fin de sa vie à transmettre la mémoire de son action dans la Résistance en publiant des livres et des articles et en participant à de nombreuses commémorations locales. Il est mort en 2005, dans sa 92e année.

Âgé de 93 ans, Louis Gendillou est décédé le 28 juillet 2015. En août 1940, il est le premier à rejoindre Guingouin ­ son instituteur en 1935-1936 ­ pour participer au premier « groupe de trois ». Avec d’autres membres du réseau, il organise des diffusions de tracts et développe les Jeunesses communistes. En octobre 1941, suite à une trahison, Gendillou est arrêté et torturé par des policiers qui cherchent Guingouin. Condamné à 5 ans de prison, il s’évade de son camp d’internement en juin 1944 et rejoint les FTP pour participer à la libération de la Dordogne et de Bordeaux. Intégré dans l’armée à la Libération, il refuse de partir combattre en Indochine. Après l’avoir longtemps refusée, il avait accepté la Légion d’honneur en janvier 2015.

  • « Une légende du maquis. Georges Guingouin, du mythe à l’histoire », de Fabrice Grenard. Vendémiaire, 2014, 603 pages. Cet ouvrage a reçu en 2014 le prix Philippe Viannay décerné par la Fondation de la Résistance. L’auteur a également publié : « La France du marché noir ». Payot, 2008. « Maquis noirs et faux maquis. 1943-1947 ». Vendémiaire, 2011 ; nouvelle édition revue et augmentée, 2013. Vient de paraître : « la Drôle de guerre. L’entrée en guerre des Français, septembre 1939-mai 1940 ». Belin, coll. « Histoire », 2015.

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Dix ans après, un désir d’égalité toujours aussi fort à Saint-Denis

Posté par jacques LAUPIES le 28 octobre 2015

 

Par suite d’une erreur de manipulation le commentaire  a disparu. Avec mes excuses !

 

Aurélien Soucheyre
Mardi, 27 Octobre, 2015
L’Humanité

 

La première ville de Seine-Saint-Denis a accueilli un colloque sur la situation des quartiers populaires et souhaite interpeller le président de la République avec un manifeste. Habitants et élus se sont souvenus et ont appelé l’État à retrouver le sens du respect et des services publics.

«Je me souviens de voitures calcinées, de façades léchées par les flammes, du bruit des hélicoptères. Mais j’ai surtout un souvenir télévisé des révoltes de 2005 », raconte Pierre, habitant du centre-ville de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). « La commune avait été moins touchée que d’autres après la colère qui a suivi la mort de Zyed et Bouna, à Clichy-sous-Bois, mais le sentiment de révolte était le même. Nous étions allés au-devant des violences, pour dialoguer, pour comprendre et traduire ce cri d’alerte, avec une présence humaine et citoyenne très dense », se rappelle le maire PCF Didier Paillard. Dix ans après, la première ville du département le plus jeune de France organisait, du 23 au 25 octobre, un colloque intitulé « Ma banlieue n’est pas un problème, elle est la solution », avec l’objectif de remettre, à terme, un Manifeste des quartiers populaires au président de la République.

« Il faut continuer à construire ici et interpeller l’État. Il ferait bien de se pencher sur les territoires qu’il méprise pour y assurer l’égalité, non pas uniquement pour prévenir un nouvel embrasement, mais tout simplement parce qu’il en va de son devoir », mesure Natacha (1). En 2005, son cousin William (1) avait bravé le couvre-feu. « C’est presque un souvenir étranger aujourd’hui. Je me souviens qu’en 1998, tout le monde s’aime. Les perspectives sont bonnes. En 2002, il y a ce coup sur la tête quand Le Pen arrive au second tour. Puis Sarkozy arrive et provoque. Je l’ai détesté immédiatement. Ce qui est fou c’est qu’il a lui-même joué selon les codes de la racaille de cour d’école ! Au lieu de parler de l’exclusion à régler dans les quartiers, il a dit que le problème c’étaient les habitants. C’est fort quand même. Il jouait au flic dans ce qu’il y a de pire dans le cliché du flic. Les tensions et le mal-être avec la police étaient forts. Et d’un coup ça devient instinctif. Zyed et Bouna sont tués et c’est comme si c’était bien fait pour leur gueule. Je ne peux pas parler pour tout le monde, mais on avait l’impression qu’on avait le droit d’être violent, que le ras-le-bol nous y autorisait. » À 17 ans, pendant deux nuits, il a couru dans les rues, suivi ceux qui brûlaient poubelles et voitures pour attirer la police. « Mon père m’a coincé. Il m’a dit : “Tu veux aller en prison ? Tu crois que c’est malin de brûler la voiture du voisin ?” J’ai eu la rage contre lui. Mais la rage ça finit toujours par descendre. Aujourd’hui, la politique, je m’en fous. Mais j’imagine que certains sont mûrs pour s’énerver. »

On a ici une richesse humaine formidable

Sébastien(1) est policier à Saint-Denis. Il ne l’était pas en 2005 mais regrette le nombre d’effectifs actuel. « Proportionnellement, nous sommes moins nombreux qu’à Paris. À l’échelle du pays, nous devons porter des solutions, et éviter absolument l’enfermement dans un face-à-face insoluble avec les populations. Il y a beaucoup de souffrance chez les policiers. Il faudrait changer de logiciel, revoir les formations et les objectifs, stopper les contrôles au faciès… C’est très vaste : la police sans justice sociale peut vite incarner l’injustice aux yeux de certains. Mais il faut aussi en finir avec un certain discours qui dit que les inégalités excusent tous les comportements. »

Durant le colloque, en mairie de Saint-Denis, la question des médias et de son prisme déformant a suivi celle de la police. « La stigmatisation politique et médiatique s’est aggravée. De l’épouvantail du délinquant à capuche on a fait du jeune de banlieue un djihadiste en puissance pour mieux l’exclure et s’en dédouaner », dénonce David Proult en marge des débats. Le maire adjoint à l’enseignement s’alarme d’une ethnicisation des maux de la société au détriment du clivage social. « Cela n’existait pas en 2005. Cette manipulation est terriblement dangereuse », lance-t-il, avant de lister ce qui s’est dégradé dans les quartiers populaires depuis dix ans. « Le message des révoltes de 2005 n’a pas été entendu par les gouvernements successifs. Le chômage a augmenté, le salaire médian a baissé, et François Hollande, élu sur un désir de gauche et de justice, préfère l’austérité aux services publics qui assurent l’égalité. Il y a un côté terrifiant : on a ici une richesse humaine formidable, avec des citoyens et des élus qui se battent en visant l’égalité et la justice sociale d’un côté, et de l’autre un gouvernement, un marché et une société qui produisent l’inverse, qui contredisent en permanence nos efforts. »

Le 2 septembre 2014, 500 élèves de Saint-Denis s’étaient retrouvés sans instituteur le jour de la rentrée des classes. « Il a été dit à des parents de ramener leurs enfants chez eux. Il s’agit là d’une discrimination d’État dont la violence est terrible ! Élus, parents et professeurs se sont mobilisés pour changer la donne. En 2015, nous avons réalisé une rentrée sous contrôle citoyen. Nous avons saisi le défenseur des droits, qui a reconnu qu’il y avait eu rupture du principe d’égalité. Partout, l’affaiblissement des services publics aggrave le sentiment de déclassement des milieux populaires », accuse-t-il.

En 2005, carcasses de voitures et jets de pierres avaient été dirigés contre le lycée Paul-Éluard. « Dans la classe, le désir de République était omniprésent. C’est toujours le cas aujourd’hui. Nos lycéens, dans leur très grande majorité, ne demandent qu’à être considérés en tant que citoyens à part entière. Ceux qui ont des origines étrangères ne demandent que le moyen de réconcilier les identités multiples pour renouer avec la richesse évidente que cela constitue », mesure Jean-Pierre Aurières, professeur d’histoire-géographie.

En dix ans, il y a bien sûr eu une belle rénovation urbaine. « Un immense effort, louable, qui n’a pas du tout rétabli la dignité et la situation sociale des habitants car pour la première fois, l’État a dissocié l’intervention sur l’urbain de l’intervention sur l’humain, regrette Stéphane Peu, maire adjoint à l’urbanisme. Il faut affronter cet impensé de l’État qui continue à considérer qu’il y a deux catégories de citoyens. Les quartiers populaires ne sont pas des problèmes périphériques à ceux de la société, ils sont au contraire au cœur des enjeux. La gauche, si elle se coupe des couches populaires comme le fait le Parti socialiste, se coupe en réalité de son sens, de son identité, de son histoire : faire de l’émancipation une politique. Pour elle, pour le pays comme pour la République, c’est ici que se joue l’avenir. »

(1) Les prénoms ont été changés.

Trois semaines de révoltes et l’état d’urgence décrété dans tout le pays 

– 27 octobre 2015. Clichy-sous-Bois. Deux jeunes de 15 et 17 ans entrent dans un transformateur électrique pour échapper à des policiers qui les soupçonnaient de vol. Ils meurent électrocutés. Le soir même, vingt-trois voitures sont incendiées.

– 30 octobre. La tension monte d’un cran après que les gaz d’une grenade lacrymogène tirée par la police pénètrent dans une mosquée de Clichy-sous-Bois.

– Début novembre. Les violences s’étendent à quatre départements de la banlieue parisienne. Des centaines de véhicules sont brûlés chaque nuit. Le pic est atteint dans la nuit du 6 au 7 novembre, avec 274 communes touchées. Jusqu’à 11 700 policiers et gendarmes sont mobilisés.

– 9 novembre. L’état d’urgence est décrété, pour la première depuis la guerre d’Algérie.

– 17 novembre. La police fait état d’un « retour à la normale ». Bilan : plus de 10 000 véhicules brûlés, 300 bâtiments détruits ou dégradés, 6 000 interpel-lations et 1 300 personnes écrouées.

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Pujadas DRH du « personnel politique » français

Posté par jacques LAUPIES le 26 octobre 2015

 

http://www.dailymotion.com/video/x3aq727

 

 Commenter la conduite des journaux télévisés et des émissions débats consacrés à la vie politique et ce qui la concerne de près ou de loin, autrement dit tout ce qui à trait à nos vies, devient un peu saoulant, tant nous sommes conduits à nous répéter à ce sujet.

Malgré toutes ses précautions pour éviter sa lourdeur coutumière David Pujadas vient de mettre les pieds dans le plat et réveille notre litanie. Comme il se décrète apte à déterminer la qualité, la compétence qui peut donner droit à bénéficier de 2 h de plateau de télévision à une heure d’écoute exceptionnellement bien située pour faire de l’audimat, le journaliste ne s’embarrasse  pas de préjugés. Il n’est pas le seul et sa consœur de l’émission C Politique sur France 5 et ce cher Calvi avec qui elle partage l’animation de C dans l’air (où ceux qui dictent leurs choix) ne s’en privent pas.

Ce n’est même pas l’influence politique des partis concernés, l’importance de leur groupe parlementaire, la quantité des élus locaux, etc. qui détermine le droit à l’antenne. Sachez payeurs de redevances qu »on vous présente ce qui ont de l’envergure. Mais après tout comme disait Besancenot dans l’émission de Ruquier, même certains de ses copains postiers trouvaient déplacés qu’il fut candidat à la présidence de la République (nul n’est prophète en son pays). Reconnaître la culture des postiers, des ouvriers d’usine, n’est pas dans l’air du temps, y compris parmi les intéressés.

Résultat de cette sélection « au mérite »: chaque candidat d’un seul parti à une primaire a droit à ce titre à ces émissions. Sont ils 3, 4 ou 6, vas y que je te donne une belle émission. Ce qui fait que le PS à sa bénéficie de cet avantage en 2012 et que l’UMP voit régulièrement les Sarkozy, Juppé, Fillon, Lemaire, Bertrand, même Morano avant qu’elle ne soit mise hors jeu, fanfaronner sur le petit écran. Le Parti au pouvoir étant crédité à ce titre de nombreuses apparitions.

Quant au FN, les Pujadas et autres copains et coquins de la presse écrite  sont là pour nous servir régulièrement la soupe des Le Pen famille royale de ce parti « républicain » à propos de tout et de n’importe quoi.

Pour les verts, la division (enfin je crois) offre une belle aubaine pour choisir le plus garant en notoriété selon Pujadas.

Reste le Parti Communiste : difficile de l’ignorer mais gageons que Pujadas va trouver parmi les amis et alliés de ce Parti une valeur sure pour tenter d’effacer la présence de plus en plus marquante de son Secrétaire National et éviter de le mettre sur les plateaux.

Raison de plus de mettre en œuvre l’énergie des militants à l’épreuve sur le terrain car c’est bien connu on n’est jamais si bien servi que par soi-même. Surtout quant il s’agit de défendre la cause du peuple !

 

 

 

 

 

 

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Françafrique ?

Posté par jacques LAUPIES le 26 octobre 2015

 

Il suffit d’avoir, peu avant les mauvais coups de ce Alassane Ouattara, rencontré des Ivoiriens « bricoleurs » en politique sur notre territoire et être allé l’espace d’une semaine en Côte d’Ivoire pour y rencontrer de moins bricoleurs pour ne plus tellement accorder de crédit à ce que disent les uns et les autres, tous camps confondus.

Ne considérez pas comme méprisante à l’égard des ivoiriens cette appréciation, d’autant que chez nous on ne fait parfois guère mieux. Non l’état dans lequel le colonialisme et ensuite le néocolonialisme a laissé ce pays explique en partie une certaine désorientation sur le plan politique.

A un ami ivoirien à qui je faisais remarquer que coopérer avec son pays n’est pas une mince affaire dans la mesure où la pauvreté complique les choses et, comme dans nombre de pays africains, fait le lit de la corruption. Il me faisait justement remarquer que le colonialisme français les avait en quelque sorte conduit à des pratiques d’où la rigueur morale est souvent absente.

Mais il s’agissait pour ce qui nous concernait de coopérations de petite envergure, lesquelles cependant n’empêchent nullement de se heurter à des difficultés de mise en œuvre, précisément à cause des risques de corruption. Cela dit la plus grande corruption existe sous une forme purement légale  dans l’économie au niveau de l’exploitation des richesses du pays au travers de sociétés au sein desquelles les bourgeoisies de plusieurs autres nations, dont les occidentales, se retrouvent.

Ce qui amenait mon interlocuteur à considérer que d’autres pays, comme les Etats Unis ou le Canada seraient éventuellement de meilleurs partenaires plus généreux avec la Côte d’Ivoire. Cet ami était assez proche de Laurent Gbagbo qui à l’époque n’était pas encore au pouvoir mais dont certains agents électoraux  au sein de la communauté ivoirienne à Paris ne cachaient pas leur préférence pour un rapprochement avec les américains.

Un rapprochement qui ne paraissait pas faire l’unanimité et que, des années de domination coloniale à la française ont sans doute freiné dans les pays d’Afrique. Des traces culturelles (la langue notamment) sociales et politiques et des présences économiques que certains de nos gouvernements successifs ont rendu incontournables, sont la pour le prouver.

Le chemin sera long pour établir avec les pays africains de véritables coopérations, hors des influences des multinationales, des pressions politiques, qui maintiennent ces pays en état de misère. Le rendez vous manqué avec le socialisme y aura contribué !

 

 

 

Côte d’Ivoire. Le « triomphe » annoncé d’Alassane Ouattara

MARC DE MIRAMON
Samedi, 24 Octobre, 2015
Humanité Dimanche

 

Le président de la Côte d’Ivoire, Alassane Ouattara, s’était imposé par les armes en 2011, avec le soutien de la France et de l’ONU. Il devrait être réélu dans un fauteuil ce 25 octobre. Une farce électorale organisée sur fond d’arrestations d’opposants et d’atteintes aux droits humains.

Au lendemain de son plébiscite annoncé, le 25 octobre, les observateurs internationaux, la France, les États-Unis ou encore l’Union européenne enverront leurs télégrammes de félicitations et valideront la réélection attendue d’Alassane Ouattara, installé au pouvoir par les armes de la France et de l’ONU en 2011, au terme d’une crise postélectorale travestie en guerre civile. Au début du mois de décembre 2010, après un vote entaché de fraudes et d’irrégularités dénoncées autant par le camp du président Laurent Gbagbo que par celui de son challenger Alassane Ouattara, la Côte d’Ivoire s’était retrouvée avec deux chefs de l’État. Le premier, soutenu par son chef des armées et donné vainqueur par le Conseil constitutionnel ; le second, fermement appuyé par la France et les Nations unies, et certifié président élu par la Commission électorale indépendante. On connaît la suite : au terme d’une guerre éclair gagnée par une rébellion portée à bout de bras par Nicolas Sarkozy ­ ami intime d’Alassane Ouattara ­, Laurent Gbabgo est arrêté au palais présidentiel d’Abidjan, avant d’être transféré à la Cour pénale internationale, aux Pays-Bas, où il attend l’ouverture de son procès pour « crimes de guerre et crimes contre l’humanité ».

SOUDARDS PRO-OUATTARA

Progressivement, les exactions commises par les « comzones » ­ ces chefs de guerre pro-Ouattara qui ont mis le nord du pays en coupe réglée depuis une dizaine d’années ­ sont documentées par les associations de défense des droits de l’homme (1). Mais, en dépit de la promesse de l’instauration d’une justice impartiale, garante d’une réconciliation inachevée, aucun des soudards de Ouattara n’aura à rendre de comptes.

Près de 5 ans plus tard, l’actuel président ivoirien est toujours en recherche d’une légitimité, que le scrutin du 25 octobre pourra difficilement lui procurer. « Les récurrentes arrestations et détentions arbitraires d’opposants politiques créent un climat de peur qui compromet l’exercice de la liberté d’expression », avertissait ainsi Amnesty International au début de ce mois. Autre épine dans le pied d’Alassane Ouattara, plusieurs figures de l’opposition, dont l’ancien ministre des Affaires étrangères Essy Amara, ont suspendu leur candidature pour « ne pas se rendre complices d’une mascarade électorale ». Quant au représentant du parti de Laurent Gbagbo, l’actuel patron du Front populaire ivoirien (FPI) Pascal Affi N’Guessan, il fait face à une fronde interne au FPI l’accusant d’être une marionnette de Ouattara et de la France, afin de donner un semblant de suspense à cette réélection jouée d’avance.

L’OMBRE DE GBAGBO

« Si tu veux que (Laurent) Gbagbo soit libéré, va voter Affi », promettent les affiches du candidat du FPI, tandis que Pascal Affi N’Guessan poursuit sa campagne sur les terres du plus célèbre détenu de la Cour pénale internationale. « Chef de l’État de Côte d’Ivoire, j’aurai les moyens politiques, les moyens diplomatiques, les moyens institutionnels de faire en sorte que le président Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé (ancien chef des « jeunes patriotes » lui aussi interné à La Haye ­ NDLR) soient libérés », promet-il. Inutile de préciser que ce scénario improbable ne trouble guère le sommeil d’Alassane Ouattara.

  • (1) Lire par exemple le « rapport de mission » publié par Amnesty International, le 22 février 2011, à propos des massacres commis à Duékoué, ou encore le rapport de l’ONUCI sur les violations des droits de l’homme en Côte d’Ivoire, publié le 10 mai 2011.

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Décrypter le Moyen Orient et tout le reste

Posté par jacques LAUPIES le 25 octobre 2015

Devant la complexité des évènements qui secouent le Moyen Orient, il n’y a guère que les médias pour nous aider à y voir clair. Quand ils nous relatent les faits avec objectivité, ce qui n’est pas toujours le cas. Cependant ils sont là et généralement, sur l’essentiel peu contestables : opérations militaires dont on connaît les acteurs, rencontres internationales que l’on ne peut ignorer, déclarations de dirigeants difficile de contourner. Laissons de côté leurs commentaires. Bref si l’on a un tant soi peu la notion des enjeux : maintien ou déstabilisation des régimes en place, lutte des classes, luttes d’influences religieuses, rôle des grandes puissances mondiales et de leurs relais ou alliés, on peut tenter de décrypter.

Encore faut il savoir entendre la voix des peuples qui souffrent. Des voix qui actuellement ont peu d’échos tant ils sont soumis à la parole des régimes dictatoriaux, des pressions économiques dominantes intérieures mais aussi extérieures.

Avant de se prononcer sur tel ou tel fait il faut déterminer les intentions de leurs auteurs.

Bref dans ma petite tête de militant qui a un peu de temps à consacrer à cette réflexion, qui non seulement a quelques principes d’analyse que lui apporte son parti et sa presse  pour étayer ses premiers réflexes de classe, j’en déduis évidemment que le partage du gâteau en pétrole et des influences géopolitique se fait au prix du sang de centaines de milliers d’humains.

En fait la compréhension devient si naturelle que j’ai peine à croire que des gens de ma génération et celle qui a suivi puissent accepter que des énergumènes se déguisent en pompiers pour éteindre les feux qu’ils ont allumés.

D’autant qu’à ce jeu il y a plus fort qu’eux et que notre mère patrie a de quoi s’inquiéter d’avoir a son service une telle bleusaille. Une bleusaille qui à force de ridicule risque de se voir supplantée dans son propre casernement par de sombres amazones à blondes chevelures et, hors de lui, par des maquereaux plus malins.

A moins que dans un sursaut extrême la bleusaille revienne au bercail rougeoyant qu’elle n’aurait jamais du quitter. Mais qu’elle quitte hélas si souvent pour se perdre dans les bras des rapaces qui lui servent la becquée épisodiquement, que l’on demande de qui elle est la fille !

Ah les métaphores, j’adore…Ne m’en veuillez pas si j’en abuse…Et tant pis si vous avez quelques peines à traduire  le sens de bleusaille sachez que les bleus sont novices, inexpérimentés, innocents, inexercé, nouveaux, ignorants, naïfs, débutants, apprentis, néophyte. Même si parmi les énarques on peut en trouver, n’allez pas croire qu’il faut généraliser. Et puis on est toujours le bleu de quelqu’un…

 

 

 

 

Moyen-Orient. Comment Moscou rebat les cartes

Hassane Zerrouky
Vendredi, 23 Octobre, 2015
L’Humanité

 

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Décrypter le Moyen Orient et tout le reste dans POLITIQUE

21 octobre, le syrien Bachar Al Assad s’est rendu au Kremlin pour rencontrer le président Poutine.
Photo : AFP
En s’impliquant dans la crise syrienne, Vladimir Poutine veut imposer la Russie 
comme un acteur incontournable sur la scène moyen-orientale. Décryptage.

1. Pourquoi la Russie intervient militairement ?

Pour les Russes, un processus politique doit succéder aux opérations militaires. Mardi, Vladimir Poutine l’a répété au président syrien, qu’il a reçu à Moscou, puis directement par téléphone au président turc Tayyip Erdogan, au roi Salman d’Arabie, mais aussi au roi de Jordanie et au président égyptien Abdel Fattah Al Sissi. L’objectif proclamé de Poutine, pour qui la présence de 4 000 djihadistes syriens et caucasiens constitue une menace directe pour la Russie, est « de poser les bases d’une solution politique à long terme, impliquant toutes les forces politiques, ethniques et religieuses ». En frappant indistinctement les groupes d’insurgés syriens, dont l’Armée de la conquête et « l’État islamique (EI) », et en prenant l’initiative d’organiser, vendredi, à Vienne (Autriche), une ­réunion quadripartite incluant les États-Unis, l’Arabie saoudite et la Turquie (la France et la Grande-Bretagne n’y sont pas conviées), la Russie de Vladimir Poutine, qui entend s’imposer comme acteur ­incontournable de la crise syrienne, cherche à stabiliser la situation, et à rendre possible une telle négociation.

Une chose est désormais certaine, la Russie est en train de rebattre les cartes moyen-orientales. Et, peut-être, de changer la donne. Elle a en tout cas réussi dans un premier temps à empêcher la mise en place (ça devait se faire courant octobre) d’une zone d’exclusion aérienne par la Turquie avec le soutien de l’Otan dans le Nord syrien, sous prétexte de protéger les populations civiles, ce qui aurait provoqué l’effondrement de l’armée syrienne puis créé un chaos à la libyenne. Reste à savoir si Moscou a les moyens, dans les semaines et mois à venir, de faire évoluer le rapport des forces militaires sur le terrain afin de sortir la Syrie de l’impasse et, surtout, s’il dispose d’un plan de sortie en cas d’échec.

2. Qui sont les acteurs 
du conflit sur le terrain ?

Sur le terrain, face au régime de Bachar Al Assad, les deux principales forces sont « l’EI » et l’Armée de la conquête. « L’EI » ou Daech administre un territoire à cheval sur la Syrie et l’Irak avec pour capitale Raqqa. Après avoir pris Palmyre, ses avant-gardes armées se trouvent dans la région de Damas mais aussi d’Alep. « L’EI » est, contrairement à ce qui se dit et s’écrit, soutenu principalement par les États du Golfe, Arabie saoudite en tête, via des fondations religieuses, mais aussi par la Turquie qui l’instrumentalise dans sa guerre contre les Kurdes. La force de « l’EI », selon le Gafi (Groupe d’action financière contre le blanchiment de capitaux (voir le rapport de janvier 2015), ce sont aussi la dizaine de champs pétroliers qu’il exploite et qui sont curieusement épargnés par les frappes de la Coalition internationale menée par les États-Unis. Qui plus est, « l’EI » contrôle l’oléoduc passant sur son territoire et qui relie Kirkouk au port turc de Ceyhan. Toujours selon le Gafi, la commercialisation du pétrole (350 000 barils par jour) rapporte à Daech autour d’un milliard de dollars par an.

Seconde force dominante, l’Armée de la conquête, alliance militaire regroupant cinq formations islamistes djihadistes. Le Front al-Nosra (Djebhat al-Nosra, branche syrienne d’al-Qaida) et Ahrar al-Sham (le plus grand groupe salafiste avec 20 000 combattants) en sont les fers de lance, suivis par l’autre groupe salafiste parrainé ouvertement par Riyad, Jaysh al-Islam (Armée de l’islam, 10 000 hommes) de Zahran Allouch, présent dans l’arrière-pays damascène. L’Armée de la conquête, soutenue par les pétromonarchies et la Turquie, est présentée par ces derniers comme l’alternative sunnite à « l’EI » et, dans ce sens, la ville d’Idleb (Nord syrien) doit servir de modèle de gouvernance. C’est pourquoi, ils ont veillé à ce que cessent les exécutions publiques de soldats syriens ou de personnes suspectées à tort ou à raison d’être proches du régime de Damas. Et si ces groupes divergent entre eux, et s’affrontent parfois avec « l’EI » – comme ce fut d’ailleurs le cas en Afghanistan avant la chute de Kaboul en 1992 entre Chah Massoud, Gulbuddin Hekmatyar, Djallaledine Haqqani, Mollah Omar – c’est pour une question de prééminence islamiste et rien d’autre car au fond – il suffit de lire leurs programmes –, ils sont tous pour l’établissement d’un État théocratique. Et dans les territoires syriens qu’ils administrent, la chariâa est appliquée sans états d’âme.

Ainsi qu’on le voit, la galaxie islamiste syrienne est complexe. Imaginons dès lors ce qui se passerait si, demain, Damas tombait entre les mains de ces groupes islamistes. Peut-on croire un instant qu’ils vont instaurer les libertés démocratiques et le respect des droits humains, à ­commencer par ceux de la femme et des minorités non sunnites ?

Les Kurdes de l’YPG (unités de protection du peuple), qui ont constitué avec deux groupes arabes une alliance, les Forces démocratiques syriennes (FDS), sont le troisième acteur avec qui il faudra compter. Les YPG, aidés par les frappes américaines, ont bouté « l’EI » d’une partie du territoire kurde syrien. Bien que non reconnus par Ankara et Riyad, les FDS, partisans d’une solution politique basée sur un compromis avec le régime syrien, se sont imposées comme la troisième force militaire sur le terrain. Quant à l’Armée syrienne libre (ASL), elle n’existe pratiquement plus.

3. Qui mettre autour 
de la table de négociations ?

Les lignes semblent bouger. Washington, Ankara et Riyad, qui posaient comme préalable à tout processus politique le départ d’Assad, ne sont pas opposés à ce que ce dernier reste au pouvoir pendant la formation d’un gouvernement de transition. Tandis que Bachar Al Assad a dit, mardi, à Moscou, que tous les Syriens peuvent participer à un règlement de la crise. Mais, problème, en août dernier, dans la capitale russe, la Coalition nationale syrienne, dominée par les Frères musulmans et soutenue principalement par Ankara, a rejeté la proposition russe d’une coalition élargie à l’armée syrienne pour combattre « l’EI » et réitéré son exigence d’un départ de Bachar Al Assad, considéré comme « la racine du problème ». Reste que le parrainage de cette opposition par Ankara et Riyad lui ôte de fait toute légitimité et la prive de surcroît de se doter de personnalités non islamistes et crédibles.

Présente également à Moscou, l’autre aile de l’opposition syrienne, le Comité de la conférence du Caire, composée de forces et de personnalités laïques et non apparentées aux Frères musulmans, présidée par Haitem Manaa, lequel s’est toujours opposé à la militarisation de la révolte syrienne, ne voit pas d’inconvénient à une solution politique basée sur un compromis avec le régime en place. Quant aux groupes armés, hormis les FDS, il est peu probable de voir l’Armée de la conquête ou une de ses composantes comme Ahrar al-Sham ou le Front al-Nosra (ce dernier a appelé les djihadistes du Caucase à frapper la Russie), qui rejettent toute idée de ­négociation avec le régime de Damas, venir s’asseoir à la table de négociations. Sauf si Riyad et Ankara, sous la pression « amicale » de Washington, leur coupent les vivres.

Erdogan accuse Daech, Damas et le PKK. Pour le président turc, qui ne manque pas d’imagination, l’attentat d’Ankara qui a fait 102 morts, le 10 octobre, serait un « acte terroriste collectif ». « Dans cette affaire, 
il y a Daech, il y a le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan), il y a les moukhabarat (services syriens) et le PYD (Parti de l’union démocratique kurde, proche du PKK) (…) Ils ont tous ensemble planifié cette opération », a-t-il affirmé lors d’un discours à Ankara ! 
Il ne manque à cette étrange coalition que 
le Parti démocratique des peuples. Gageons 
que le chef de l’État turc saura lors d’une prochaine intervention, accuser la formation de Selahattin Demirtas de complicité !

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Soutiens à Air France

Posté par jacques LAUPIES le 24 octobre 2015

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