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Plus que jamais construire le Parti Communiste fort et influent dont la France a besoin

Posté par jacques LAUPIES le 30 novembre 2015

La situation créée par les attentats et l’état d’urgence décrété par le gouvernement et adopté par le parlement ne vont pas être sans incidences sur les luttes indispensables pour lutter contre l’austérité. Les luttes politiques pour de nouvelles orientations dans les choix gouvernementaux risquent d’en subir les conséquences.

Tout simplement parce que l’attention des travailleurs et de leurs familles, autrement dit l’immense majorité de la population est détournée non seulement sur le plan revendicatif mais aussi dans sa prise de conscience politique.

Nous avons toujours dit qu’il était nécessaire de s’opposer aux idées développées depuis des années dans notre pays, idées qui consistent à rendre présenter nécessaires les atteintes aux droits sociaux, qui donnent une interprétation libérales (capitalistes) des conduites économiques à tenir, qui préconisent des politiques étrangères recourant à des interventions militaires et que tout cela pouvait conduire à la violence sur notre sol et pire la guerre.

Ce ne serait pas possible si d’autres perspectives qui sont proposées recueillaient le soutien populaire.

Mais voilà les classes dominantes, comme dans d’autres nations, disposent de considérables moyens de diffusion de leurs analyses lesquelles n’ont d’autre vocation que d’interpréter la réalité en faveur du maintien de leurs privilèges et de s’octroyer les pouvoirs nécessaires. Il bénéficient à cet effet d’appuis médiatiques qu’ils contrôlent.

Est-ce à dire que nous ne pouvons rien faire pour nous y opposer ? Surtout pas car la réalité, la vérité sur les contradictions qu’ils tentent d’entretenir, peuvent-être déjouées. On ne peut faire taire des intellectuels, des militants d’organisations, syndicales, écologiques, sociétales, ou autres qui alertent la population. Même les journalistes chargés de nous informer sont conduits à relater des faits justifiant nos résistances.

Il faut s’emparer de cela, en débattre, élaborer nos propres analyses et les diffuser.

Cela nécessité de la méthode, du débat et de l’action de terrain. Disons le cela exige un parti révolutionnaire dont l’objectif est avec des étapes à la mesure de la volonté des populations mais qui à chacune d’elles élèvent le degré de conscience.

Ce Parti nous l’avons et il s’appelle le Parti Communiste Français. Il pourrait être nommé autrement mais l’histoire dans laquelle il s’est inscrit, dans notre France l’a voulu et c’est bien ainsi !

Mais il lui faut trouver de nouvelles incarnations et cela appartient à la jeunesse de les réaliser.

Une réunion pour débattre de la situation politique en lien avec les conséquences des attentats de Paris et la campagne pour les élections régionales.

Nous espérons votre présence :

SALLE RICHELIEU

Boulevard Victor Hugo à 18 H 00

MARDI 1ER DECEMBRE

ORGANISEE PAR LA SECTION DE TARASCON DU PARTI COMMUNISTE

 

 

 

Philippe Martinez: « Pas de trêve sociale pendant l’état d’urgence »

Secrétaire général de la CGT
Cyprien Boganda et Pierre-Henry Lab
Vendredi, 27 Novembre, 2015
Humanité Dimanche

 

Patrick Nussbaum
Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, brocarde une tentative de restriction des libertés sous couvert de lutte contre le terrorisme. Évoquant Air France, il dénonce une recrudescence de la répression sociale. Il accuse le gouvernement de n’accepter aucune divergence d’opinion et appelle les salariés à se mobiliser contre la violence sociale le 2 décembre.

HD. 130 morts, plusieurs centaines de blessés, un peuple meurtri : comment réagissez-vous à ce bilan dramatique ?

PHILIPPE MARTINEZ. Comme n’importe quel citoyen, j’ai été profondément marqué par l’horreur des attentats. Ces attaques ne visaient pas des personnalités, ou la liberté d’expression comme cela a été le cas pour « Charlie Hebdo » en janvier, mais des lieux de vie, de culture, d’événements sportifs, bref, tout ce qui fait la richesse de notre quotidien. Comme d’autres, la CGT a été frappée en son coeur : trois de ses membres sont décédés, dont la dirigeante d’une structure territoriale, qui avait une histoire particulière puisqu’elle était arrivée en France pour fuir la dictature chilienne. Cela dit, je pense qu’il faut souligner le réflexe citoyen de la population au moment du drame. Beaucoup de gens ont spontanément ouvert leurs portes pour recueillir des blessés chez eux, venir en aide aux victimes. La solidarité a fonctionné. Il faut également saluer le travail des personnels de la sécurité et des services publics tels que la santé, pourtant mise à mal par les coupes budgétaires. De nombreux professionnels sont retournés au boulot ce soir-là, parce qu’ils savaient que la gravité de la situation l’exigeait.

HD. Êtes-vous favorable à la prolongation de l’état d’urgence ?

P. M. Il y a évidemment besoin d’unsurcroît de sécurité, ce qui implique des moyens supplémentaires pour la police et la gendarmerie. Mais cela ne suffit pas. Il ne faut pas confondre renforcement de la sécurité, lois sécuritaires et restrictions des libertés. C’est pourtant ce qui semble se dessiner, lorsqu’on nous parle de multiplier les perquisitions à toute heure et en tout lieu, d’interdire les manifestations, d’étendre les assignations à résidence ou de renforcer les écoutes.

HD. Vous avez dit il y a quelques jours que l’intégration par le travail était un instrument de lutte contre le terrorisme. Que voulez-vous dire?

P. M. C’est l’un des moyens, pas leseul. Mais nous pensons que le travail ­ pour ceux qui en ont un ­ est un lieu où se forgent des valeurs de solidarité, de vivre-ensemble. Malheureusement, ces repères collectifs sont mis à mal par une individualisation croissante des tâches, qui livre le travailleur à lui-même. Les temps de pause (pause-café, repas du midi, etc.) sont des espaces de socialisation qui sont remis en cause.

  • Retrouvez l’intégralité de l’entretien sur 4 pages avec Philippe Martinez dans l’Humanité Dimanche de cette semaine, ou ici, dans sa version payante.

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Les pollueurs de la vie economique et sociale sont aussi les pollueurs de la nature

Posté par jacques LAUPIES le 30 novembre 2015

 

 

COP 21 – Le capitalisme se fout de la planète

 

 

►Climat, plus possible de reculer. Il est urgent de prendre des décision pour réduire le réchauffement climatique.

►Agir pour préserver le climat, c’est agir pour construire un monde solidaire dans une approche nouvelle de la mondialisation qui place en son cœur le développement humain durable, la coopération et la paix. Nous devons inventer, ensemble, un nouveau mode de développement responsable, respectueux de la nature en dehors du libre-échange mondialisé qui est une catastrophe sociale et écologique

►Alors que 1% les plus riches détiennent la moitié du patrimoine mondial (soit près de 130.000 milliards de $), ce n’est pas aux peuples de payer. Les chefs d’Etats réunis doivent se hisser à la hauteur des enjeux et décider d’un plan contraignant.

 

COP 21 / Sommet climat : le capitalisme se fout de la planète

195 chefs d’État et l’Union européenne se réunissent au Bourget du 30 novembre au 11 décembre afin de négocier un accord pour limiter le réchauffement de la planète à 2°C au plus.

Plus possible de reculer

Avec cette conférence internationale sur le climat, présidée par la France, sous l’égide de l’ONU, « le genre humain a une nouvelle fois rendez-vous avec son avenir » souligne à juste raison Pierre Laurent, secrétaire national du PCF. En effet, un échec supplémentaire comme celui de Copenhague en 2009, serait désastreux. Tout retard pris serait catastrophique pour le quotidien de milliards de personnes dans le monde et celles des futures générations. Or, on le sait, les propositions de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) formulées par les chefs d’État, à l’heure actuelle, conduisent à un réchauffement de 3°C. Si cela devait être confirmé la vie deviendrait rapidement insoutenable. Il est donc urgent de réduire fortement l’utilisation des énergies carbonées (gaz, pétrole, charbon) qui émettent les GES responsables du réchauffement climatique.

Face à cet enjeu, nous ne pouvons pas laisser les chefs d’État décider seuls car trop d’intérêts sont en jeu pour nos vies. L’égoïsme des grandes puissances, des pays industrialisés et pétroliers, risque de nous conduire à l’impasse climatique planétaire et aux renforcement des inégalités sociales comme environnementales.

Ce n’est pas aux peuples de payer !

Suite aux odieux et lâches actes terroristes de Paris et Saint-Denis, le gouvernement a décidé d’annuler, pour raison de sécurité, la grande marche citoyenne pour le climat initialement prévue le 29 novembre qui s’annonçait importante dans sa participation. Notre détermination à peser sur le cours des choses doit rester intacte. Agir pour préserver le climat c’est agir pour construire un monde solidaire dans une approche nouvelle de la mondialisation qui place en son cœur le développement humain durable, la coopération et la paix. Dans un monde meurtrit par les guerres où les inégalités ne cessent pas de se creuser et nourrissent tous les fanatismes, un autre partage des richesses s’impose. Comment admettre que 1 % de la population détiennent 50 % des richesses mondiales alors que des centaines de millions d’êtres humains souffrent de faim, de maladies pourtant guérissables, que l’accès aux énergies modernes leur est refusé, que le chômage partout sévit,… Selon l’ONU, si rien de sérieux n’est décidé lors de la COP 21, 250 millions de réfugiés climatiques quitteront leurs terres en 2050. C’est insoutenable !

Un nouveau mode de développement

Nous devons l’inventer ensemble, responsable, respectueux de la nature en dehors du libre-échange mondialisé qui est une catastrophe sociale et écologique. Impossible d’imaginer cette ambition dans le cadre du système capitaliste et productiviste. Pour préserver le climat, ce qu’il faut changer, c’est ce système.

Les chefs d’États doivent se hisser à la hauteur de la situation. Faisons entendre la voix des peuples qui exigent :

 

  • L’obtention d’un accord ambitieux de réduction des émissions de GES . L’accord doit être juridiquement contraignant, vérifiable avec des sanctions si nécessaire et différencié selon le niveau de développement de chaque pays, sur la base de principes de solidarité et d’équité.
  • Les pays riches, ceux du G20 en particulier, doivent tenir leur promesse de Copenhague de verser 100 milliards de dollars, par an, à partir de 2020, aux pays en développement et certains pays émergents afin qu’ils puissent s’adapter au réchauffement climatique et ainsi protéger leurs populations.

 

Rendez-vous : 5 et 6 décembre à Montreuil  Sommet citoyen pour le climat à Montreui l- du 7 au 11 décembre à Paris au 104 rue d’Aubervillers  Zone d’Action pour le Climat – Coalition climat21 – 4-décembre 18h30 au siège du PCF Paris, place du Colonel Fabien :rencontre des peuples de notre Amérique pour la défense de la Terre mère et la justice sociale, les communistes de Paris et le Réseau pour les peuples de notre Amérique

Pour en savoir plus : Planète Humanité et les n° spécial Climat de l’Humanité, la Revue du Projet et Progressistes www.pcf.fr ou renseignements : jyoudom@pcf.fr

 

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Une histoire de drapeau et d’hymne national !

Posté par jacques LAUPIES le 29 novembre 2015

 

Vous en faites pas les amis, ce n’est qu’un début. Comme ça pas de problème pour ceux qui appliquent le dispositif « d’état d’urgence » A coups de communiqués abondants ils ont la parole rassurante ou inquiétante selon le cas ! Une parole qui fait grimper dans les sondages ceux qui en ont besoin. Ils s’en tireront bien.  Enfin ceux qui sont optimistes le croient !

Quant aux autres qui grimpent aussi, qui rêvent de gouverner demain avec autorité, l’exemple est donné : ils trouveront bien quelques terroristes pour plus de sévérité quand il le faudra ! De quoi faire chanter des Marseillaises et agiter des drapeaux tricolores.

Mon grand père m’a toujours dit que cela on ne le fait pas n’importe ou et avec n’importe qui.

Pour preuve combien d’américains ont chanté leur hymne national sur les cercueils des morts en Irak, en Afghanistan et bien avant au Viet Nam, eux qui mettent des drapeaux étoilés un peu partout. Piètre fierté pour des causes coloniales et impérialistes…

De grâce ne les imitons pas et s’il faut abattre Daech, ce fascisme des temps modernes, ce ne peut être que l’affaire des Nations Unies et pas d’un ou deux ou trois pays qui vont la bas, guerroyer pour défendre des intérêts non de leurs peuples mais d’une classe…

J’ai eu ce privilège (si l’on peut dire) de connaître la libération et de voir aux fenêtres de la ville où j’habitais, côte à côte les drapeaux des vainqueurs alliés : américains, anglais, russes et français. Tous les drapeaux des pays vainqueurs n’y étaient pas. Je me souviens même qu’évidemment il était plus facile pour nous de nous procurer le rouge et le tricolore mais ce n’était qu’une affaire de circonstances locales. 

Gamin j’étais imprégné du sens de cette guerre gagnée, et j’avais une petite idée de grâce à qui et pourquoi ? Enfin autant que la culture du milieu ouvrier et mineur ou j’évoluais le permettait. Un roman à faire pour décrire cela !

Qu’est ce qu’un gamin pense aujourd’hui, je me le demande ? En tout cas je ne peux que souhaiter qu’il entonne La Marseillaise quand les porteurs de haine seront battus par tous les drapeaux des peuples du monde.

Je n’avais pas de drapeau tricolore. Il n’y a dans mon débarras que des drapeaux rouge et un drapeau arc en ciel. Cela aurait fait un peu désordre si je les avais sortis. Aussi je me suis rallié si l’on me pose la question à répondre par le même geste de mon voisin qui, se tournant vers moi la main sur le cœur, m’a dit à propos des victimes : c’est là !

 

 

L’état d’urgence met en joug la démocratie climatique

Marie-Noëlle Bertrand
Samedi, 28 Novembre, 2015
Humanite.fr

 

D’abord, l’interdiction de manifester. Maintenant, des assignations de militants… le mouvement climat, et plus globalement les militants écolos de tout poils semblent être devenus une cible comme une autre pour les orchestrateurs de l’état d’urgence.

A l’avant veille de l’ouverture de la COP21, le décompte est désormais officiel : les 40 marches pour le climat prévues ce week-end à travers toute la France, et dont beaucoup avaient été confirmées par les maires, sont dorénavant toutes annulées. Interdites, celle de Marseille, celle de Rouen ou encore celle de Lyon, où devaient converger plusieurs centaines de personnes qui entendaient exprimer leur exigence de plus de justice climatique. Interdites, de la même manière, celles de Besançon, de Jaujac ou encore de Strasbourg… Les ordres sont tombés du Ministère de l’Intérieur, relayés, selon les cas, par les préfectures. Raison de sécurité, invoquent les autorités, dont la sentence aura parfois attendu le tout dernier moment pour être administrée. Déni de démocratie, affirment désormais les 130 organisations de la société civile – ONG, associations ou syndicats – impliquées dans la Coalition climat 21, et qui dénoncent, dans un communiqué furibard, des abus allant bien au-delà de la seule interdiction de manifester.

Alors que les  collectifs locaux à l’origine des marches initialement prévues « ont pour nombre d’entre eux proposé des formes alternatives de mobilisation – chaînes humaines, points d’informations, ou autres… – « certains militants ont été convoqués au poste de Police pour se faire rappeler la stricte interdiction d’organiser tout type de mobilisation en extérieur », relève la Coalition. Le cas s’est vu pas plus tard que ce samedi, à Rouen.

« Les restrictions aux libertés de réunion et de mouvement croissent depuis la mise en place de l’état d’urgence », reprend le communiqué. Et de citer le cas de l’Université Paris 7, dont la présidence aurait ainsi fermé ses portes « aux étudiants qui souhaitent organiser des rencontres autour du climat tout au long du week-end ».

Ce n’est pas tout. « Des militants engagés dans des initiatives artistiques ou protestataires liées à la tenue de la COP21 à Paris sont directement visés. Au cours des dernières 48 heures, des perquisitions musclées ont eu lieu dans des lieux de vie et de travail collectif de la proche banlieue parisienne. » Des échos font par ailleurs état de perquisitions dans des squattes d’artistes à Paris intra muros.

« Au moins deux personnes sont assignées à résidence », reprend la Coalition climat 21 (d’autres sources parlent de 24 assignations, lire par ailleurs sur le site), « d’autres sont interdites d’entrée en Ile-de-France. Du matériel informatique ou photo/vidéo a été saisi sans explication. D’autres personnes, au motif qu’elles ont dans le passé participé à des manifestations ou qu’elles sont membres de groupes estimés “radicaux”, font l’objet de perquisitions brutales et de confiscation de biens personnels. »

Jeudi, la Ligue des droits de l’Homme (LDH) avait déjà dénoncé une assignation à résidence visant un membre de l’équipe juridique des mouvements citoyens – entre autre la Coalition climat. Alors que les contrôles aux frontières ont été renforcés, plusieurs groupes étrangers, « venant de Belgique et d’Espagne, qui organisent des déplacements collectifs en bus et à vélo afin de rallier Paris, se sont vus notifier la garantie d’être empêchés d’entrer sur le territoire français », poursuit celle-ci dans son communiqué.

Excessif ? Pire, dangereux, affirment les ONG. « Nous, organisations de la société civile sommes convaincues que nous ne parviendrons pas à endiguer le réchauffement climatique en renonçant à nos libertés et à nos droits fondamentaux », insistent les membres de la Coalition climat 21. « Nous affirmons donc notre solidarité avec toutes les personnes, militants du climat ou non, victimes de ces abus manifestes de la situation d’état d’urgence, et demandons au gouvernement et au Président de la République d’y mettre immédiatement un terme. »

François Hollande se sera contenté, ce samedi, à l’occasion d’une rencontre avec 14 des ONG impliquées dans le lutte climatique, de souhaiter que les « multiples évènements prévus pendant la COP21 puissent bien se tenir, dans les meilleures conditions. » Pas plus de précision quant à la vague de censure constatée par les organisations..

Dès le 16 décembre, Manuel Valls avait confirmé l’interdiction, pour des raisons de sécurité, de la grande marche pour le climat initialement prévue à Paris le dimanche 29 novembre. Etaient menacés, aussi, à travers les propos du Premier ministre, la quarantaine de marches prévues en régions, sans que rien, alors, ne soit précisé d’une quelconque façon.

Immédiatement, plusieurs organisations avaient alerté sur le fait que ces interdictions de manifester sur la voie publique étaient loin d’être équitable dans le choix de leur cibles. « Si les règles avaient été appliquées de façon non discriminatoire, l’interdiction des marches pour le climat aurait pu se justifier », notait ainsi Maxime Combes, responsable d’Attac. « Or, force est de constater que ce n’est pas le cas. » Les rendez-vous commerciaux – grandes surfaces et autres marchés de Noël, où convergent des dizaines de milliers de personnes – n’ont à ce jour, connu aucune forme de censures. Pas plus que les match de foot professionnels.

Le 17 novembre, 120 personnalités lançaient un appel au maintien des initiatives citoyennes prévues dans le cadre de la COP21. Près de 20 000 personnes l’ont à ce jour signé. Il est toujours en ligne : https://alternatiba.eu/appel-pour-le-maintien-des-mobilisations-citoyenn…

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mardi 1er decembre salle richelieu à Tarascon

Posté par jacques LAUPIES le 28 novembre 2015

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Une réunion pour débattre de la situation politique en lien avec les conséquences des attentats de Paris et la campagne pour les élections régionales.

Nous espérons votre présence : Boulevard Victor Hugo à 18 H 00

ORGANISEE PAR LA SECTION DE TARASCON DU PARTI COMMUNISTE

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On pleure pour la même raison mais nos larmes ont d’autres sources

Posté par jacques LAUPIES le 27 novembre 2015

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Car penser avant les autres ou à la suite de ses compagnons n’a rien à voir avec l’exactitude de cette pensée même si des faits viennent corroborer ce que nous croyons avoir découvert les premiers !

Les évènements actuels nous en offrent une illustration.

Ainsi par exemple, ma voisine imbibée de la pensée d’extrême droite (issue d’un pan de famille pétainiste) depuis son plus jeune âge, cependant éveillée par le retour aux valeurs de la république et de la laïcité par une maitresse d’école,  au lendemain d’une guerre vécue dans un milieu de soumission à souffrances limitées a, comme beaucoup de ses semblables, flirté avec les idées communistes. Ce qui n’a pas été sans conséquence pour son « confort » matériel qui  na été cependant que le résultat d’une prolétarisation dans la précarité. Mais voila que surgit une question : quelles réponses ont été donnée à ce statut qu’elle et la génération qui a suivi ont connu ?

Elle s’est donc trouvée soudainement sans références, à l’issue des trente glorieuses, plongée dans les affres d’une crise économique, politique et disons le morale,  dans un combat de classe auquel elle n’avait souscrit que par une sorte de d’empathie  de circonstance sans réellement en approfondir le sens. Cependant cette crise, par définition, ne l’a pas  frappée seule, en tant qu’individualité et elle en a souffert, pour les autres où à cause d’eux, dans sa famille certes, mais aussi par l’image de ce monde d’injustices et d’inégalités qui interpelle. Un monde qui fait de nous à la fois des victimes et des coupables.

A défaut de culpabilisation à laquelle nous sommes enclin à résister, nous sombrons facilement au statut de victimes et donc il nous faut bien trouver par ci par la des coupables nous exonérant de nos responsabilités. Et ainsi s’amorce ce processus qui nous conduit vers les boucs émissaires et leur variété : les proches sont tout indiqués pour jouer ce rôle mais il y a ceux que l’on désigne, que l’on instrumentalise à souhait pour en faire de parfaits responsables de nos frustrations. Et s’explique ne serait-ce que partiellement le retour aux sources de l’enfance et l’effacement d’espoirs passés que l’on vit sinon en cauchemars mais en mauvais et faux rêves.

Sauf à nous perdre dans une paranoïa teintée de masochisme, il y a bien des responsabilités a découvrir  dans le mal vivre  refoulé qui nous étreint ou quand survient un évènement extrême qui évoque la mort, et donc notre propre mort à venir, bien sur pensée à travers celle qui frappe les autres et plus particulièrement nos semblables.

C’est là que naissent des périls : celui de la haine et de la vengeance pour qui ne retient que l’évènement dans sa cruauté, celui de la colère qui peut produire une révolte contenue à la suite de prédictions superficielles découlant de récentes et imparfaites analyses, enfin celui de l’indifférence et de la résignation du au rejet global de la politique.

Alors ne faut-il pas s’interroger sur ces nombreuses manifestations où nécessairement se dissimule une mise en scène issue de démarches politiques spéculant à la fois sur la colère, la révolte et le sentiment de fatalité, enveloppé d’un cérémonial toujours destiné à susciter l’émotion.

Je me demande si cette soudaine apparition de La Marseillaises et de Drapeaux tricolores n’est pas excessive et trompeuse. En tout cas elle peut conduire à une osmose dans la tristesse, dans les pleurs, mais passé ce cap de pleurs des morts et de la compassion pour les proches ne faut-il pas admettre que nos approches sont différentes quand aux origines et aux causes ? Que cela nous rappelle au combat, pas le même que celui que l’on nous propose dans des célébration et discours, non dénués parfois d’un certain flou, mais bien un combat de classe à tous les niveaux, de la nation, des continents et de la planète. Avec des cibles et des stratégies bien différentes de celles que l’on nous à proposé et qui ne manquerons pas de ressurgir !

Et ce combat qui est le nôtre à nous communistes, lequel suscite la réflexion qui précède, tend à être remplacé, si nous n’y prenons gare à ce qu’il y a d’insupportable et que l’on tente de banaliser : la guerre !

Passé le temps des larmes vient celui de la raison ! Et la raison, j’en suis désolé n’est pas dans les pleurs avoués de ma voisine, ni dans celui qui dit : passez y a rien à voir !

 

Vous avez dit tricolore ?

Par Patrick Apel-Muller
Vendredi, 27 Novembre, 2015
L’Humanité

 

L’éditorial de Patrick Apel-Muller. Jaurès poursuit ce sillon et promeut « la pensée ouvrière complète », qui allie « l’Internationale et la nation », non pas comme un mariage de raison mais comme l’aboutissement de l’un et de l’autre. La nation, comme la République, devient alors une ambition de démocratie et de progrès social, un partage.

L’appel aux Français à pavoiser leurs habitations vendredi, lancé par le président de la République en hommage aux victimes des tueries de Paris, suscite des sentiments mitigés. L’injonction rappelle des images des États-Unis et certains estiment qu’il n’y a qu’un pas du patriotisme au Patriot Act, qui a placé les libertés sous clef outre-Atlantique. De fait, le drapeau tricolore a souvent été brandi par ceux qui voudraient effacer le bleu et le rouge – qui incarnent l’irruption du peuple de Paris au premier rang de la scène politique à l’aube de la Révolution française – pour ne garder que le blanc, souvenir de la monarchie. Bien sûr, ses couleurs ont couvert parfois les menées haineuses du nationalisme, les conquêtes sanglantes du colonialisme, l’atroce boucherie de la Première Guerre mondiale ou les répressions de la contestation. Pour autant, ces dernières effacent-elles ces Marseillaise chantées et la bannière brandie sur les barricades des révolutions du XIXe siècle – notamment sur celles de la Commune –, les brassards des FFI, l’élan formidable du Front populaire quand les couleurs nationales mêlent leurs plis à ceux du drapeau rouge ? Ne faut-il pas plutôt répliquer avec Alexandre Dumas : « Et le drapeau, morbleu ! Il ne faut pas laisser un drapeau aux mains de l’ennemi, même quand ce drapeau ne serait qu’une serviette ! » L’ambiguïté naît aujourd’hui de la rhétorique guerrière que brandit le pouvoir, d’une dérive sécuritaire qui évoque « l’ennemi intérieur » et juge secondaires les libertés, d’un culte d’une identité fermée qui oublie l’égalité, des tentations d’amalgames qui minent la fraternité.

« Vive la nation ! »

Un débat sous-tend les réactions de malaise, celui qui fait rage autour de l’idée de nation. L’extrême droite la conçoit comme un espace fermé, figé dans une histoire ancienne, défini par une référence chrétienne, lieu d’opposition et de résistance au vaste monde hostile. À droite, on n’en est pas si loin, sacralisant une notion réduite à une culture ou à des modes de vie.

Si l’idée de nation chemine au long cours, avec ses esquisses moyenâgeuses, ses premières incarnations (Jeanne d’Arc, par exemple), c’est en 1792 et 1793 qu’elle se refonde spectaculairement. Le « Vive la nation ! » proclamé à Valmy par des citoyens soldats opposés à des mercenaires affirme l’irruption de la souveraineté populaire sur un territoire et un destin. Elle témoigne qu’un nouveau contrat social s’échafaude ; elle est un projet et une communauté. Loin de rejeter l’étranger, elle trouve aussi ses sources dans la déclaration de paix au monde proclamée en 1790, dans un esprit qui destine à tous la liberté et l’émancipation. Cette république accueillante allait, grâce au droit du sol, définir les règles les plus démocratiques de l’accès de tous à la citoyenneté. L’écrivain allemand Goethe ressent immédiatement cet élan et voit « l’aube d’une nouvelle ère pour l’humanité ».

Jaurès poursuit ce sillon et promeut « la pensée ouvrière complète », qui allie « l’Internationale et la nation », non pas comme un mariage de raison mais comme l’aboutissement de l’un et de l’autre. La nation, comme la République, devient alors une ambition de démocratie et de progrès social, un partage. Elle n’est pas l’enclos privatif mais l’ouverture à l’autre. En trouve-t-on une trace dans le bréviaire libéral d’Emmanuel Macron ? Est-ce cela que les discours de François Hollande et, pire encore, de Manuel Valls ont mis en avant depuis le carnage du 13 novembre ? Poser la question, c’est y répondre.

Liberté-Égalité-Fraternité

Que les dispositifs de protection des populations soient améliorés au plus vite est une exigence. Doit-elle passer par une obsession sécuritaire qui menacera plus sûrement les libertés que le terrorisme ? Tout ce qui ampute la devise républicaine sème la division et affaiblit dans les chaos du monde. Que fait-on de l’égalité quand les discriminations persistent, les stigmatisations fleurissent, les écarts de richesse bondissent ? À droite, et cette petite musique séduit dans certains rangs socialistes, on préfère se pencher sur « l’identité », celle que meurtrirait et bafouerait l’arrivée d’étrangers, selon la glose de Marine Le Pen. Il s’agirait en quelque sorte de réagir à l’injustice par l’exclusion des plus pauvres. Quant à la fraternité, elle est réduite au plus proche, selon le catéchisme du FN, ou limitée à une fraternité d’armes dans une guerre des civilisations, elle n’est plus un horizon mais un cachot ou un mot creux.

Penser plus loin que 
la gâchette

La rengaine était entonnée à droite et voilà que Manuel Valls reprend le refrain de « la culture de l’excuse ». Comme si quiconque, et notamment parmi les progressistes, excusait de quelque façon que ce soit le parcours sanguinaire des tueurs de Daech ! La formule a la vocation d’un sens interdit : interdit de chercher qui furent les premiers parrains de Daech (à la CIA, notamment) ; interdit de constater que les guerres de civilisation ou les guerres au terrorisme ont semé le pire en Irak, en Libye, en Syrie ; interdit de pointer combien les injustices en France et dans le monde sont un terreau propice aux désespoirs fanatiques ; interdit de constater que l’empire américain a partout mis le feu et qu’il est temps que l’ONU prenne les affaires en main en respectant les peuples ; interdit de dire qu’il est temps que les couleurs du drapeau tricolore soient ravivées afin que tous, d’ici ou d’ailleurs, recherchent ses plis. Excusez-moi, mais dans ces colonnes, nous essaierons toujours de penser plus loin que la gâchette ou les poses martiales.

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Pour résister se réunir, se rassembler, s’informer et porter notre parole au coeur de la population et de la jeunesse en particulier

Posté par jacques LAUPIES le 27 novembre 2015

Comprendre d’abord pour agir ou voter ! Le peuple dispose d’une intelligence collective considérable. Mais tout comme pour un individu l’intelligence ne suffit pas. Il faut aussi qu’elle ait accès aux réalités, aux faits, à l’histoire pour donner à notre réflexion la possibilité de synthèse, de conclusion la plus rationnelle possible !

Deux écueils sont à éviter : le pire est le manque de curiosité, l’indifférence, l’installation dans la passivité, l’autre non moins dangereux est de se lancer sans discernement à corps perdus dans le flot d’informations indécemment rabâché dont on se rend bien compte qu’il est destiné à nous déboussoler.

Nous devons réagir et nous même organiser les canots de sauvetage.

Nous devons établir le lien entre les conséquences et les causes du naufrage.

Pour être clair il nous faut sans cesse réaffirmer que les conflits actuels, en politique intérieure comme en politique extérieure ont pour seule cause de sourdes luttes de classe qui émanent de chacun de ces pays, pour ne pas dire de la planète entière.

 

NOTA : A PROPOS DE « C A VOUS » DE CE SOIR SUR LA 5

Encore des tribunes télévisées offertes à ce pantin de BHL, collecteur patenté de tartes à la crème s’il en est un, dangereux personnages qui voit plier sous son arrogance certains journalistes bien que, devant les évidences, quelques uns  le mettent en difficulté… Las ! Il est toujours présent aux moments les plus délicats pour nous servir sa soupe habituelle où le secondaire l’emporte sur l’essentiel. Toujours se mettant en scène avec une chemise blanche (la couleur ne va pas à son teint mais bien à son âme assurément) pour conseiller nos Présidents qui, malgré leur indulgence, ne l’accepteraient probablement pas  comme Ministre mais assurément plutôt comme bouffon !

 

 

«Face aux attentats, nous ne résisterons pas qu’en terrasse»

Pierre Duquesne
Jeudi, 26 Novembre, 2015
L’Humanité

 

Confrontés aux attentats terroristes, de nombreux jeunes appellent 
à une réaction politique qui dépasse le simple clin d’œil parisien 
du «Tous au bistrot». Sur les réseaux sociaux, les débats fleurissent 
et le désir de s’engager pour contrer la barbarie devient impérieux.
Sarah Roubato n’a pas 30 ans. Elle est française. « Paris est (s)a ville », comme elle dit. Elle parle plusieurs langues et se dit « républicaine et transculturelle ». Elle a fait une école internationale puis, après le bac, des études au Québec. « J’ai des origines, comme on dit, maghrébines », ajoute-t-elle.
Après les attentats, elle n’a pas voulu vivre cet événement seulement au travers des médias, « de façon passive ». Alors, elle a pris la plume. Très énervée, surtout, de voir se multiplier sur les réseaux sociaux des messages « Tous en terrasse ! » ou des photos de copains disant, un verre de bière à la main, « On résiste ! ». « Aujourd’hui, ce n’est pas en terrasse que j’ai envie d’aller », écrit cette jeune femme de 29 ans dans une lettre adressée à « (s)a génération ». Son texte a fait un carton.
Diffusé sur son blog, et relayé par le site Mediapart, il a reçu 140 000 « like » sur Facebook en trois jours. Près de 1 million de vues sur la Toile… Le papier le plus lu de toute l’histoire du journal d’information en ligne. L’écho gigantesque donné à ce coup de gueule salvateur aurait pu surprendre. Il témoigne surtout du désir, dans une grande partie de la jeunesse, de débattre et de s’engager pour répondre, au-delà du simple pied de nez aux « en terrasse », au défi politique que pose le terrorisme.

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Régionales et situation au Moyen Orient : en débattre et voter pour les listes ou sont présents le communistes

Posté par jacques LAUPIES le 26 novembre 2015

Nous voici engagés, déjà depuis quelques semaines dans une campagne électorale plutôt ternie par la situation politique nouvelle découlant des attentats  meurtriers de Paris.

Choqués et révoltés par les meurtres commis par des réseaux commandés depuis l’étranger mais aussi alimentés malheureusement par la participation de jeunes de notre pays conditionnés par les extrémismes religieux islamistes, les français doivent s’informer et rester vigilants par rapport aux stratégies diverses qui leur sont proposées. Bien que réexaminée dans un sens nouveau et plus raisonnable la politique étrangère gouvernementale doit-être suivie avec attention et tout faire pour qu’une solution négociée avec tous les pays concernés aboutisse à un accord pour que  Daesh et son action terroriste soit éradiqués.

Dans un tel climat les prochaines élections régionales voient leur enjeu déjà important grandir mais c’est l’inverse qui risque de se produire aggravant le camp de l’abstention et renforçant la droite et le Front National, ne faisant pas la clarté à gauche.

Nous devons donc dans le peu de temps qui nous sépare du premier tour de scrutin tenter de convaincre. Convaincre en débattant pour faire évoluer, malgré les tentatives médiatiques de limiter le débat au triangle LR/PS et FN.

 

LES COMMUNISTES DE TARASCON VOUS DONNENT RENDEZ VOUS

SALLE RICHELIEU (Bd VICTOR HUGO)

MARDI 1ER DECEMBRE  A 18 H 30

POUR DEBATTRE

Pourquoi Paris a effectué un léger virage diplomatique ?

Hassane Zerrouky
Mardi, 24 Novembre, 2015
L’Humanité

 

Le changement de ton à Washington, l’entrée en guerre de la Russie 
et les attentats du 13 novembre ont contraint François Hollande à un réajustement stratégique sur la Syrie et à jeter aux oubliettes le « ni Bachar ni Daech » prôné par son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius. 

Finie la stratégie du coup de menton envers la Russie de Poutine sur le dossier syrien ? « Rien n’a changé », déclarait encore François Hollande, le 28 septembre, à l’Assemblée générale des Nations unies. « Qu’il parte, ensuite nous verrons les étapes suivantes », répondait-il à Vladimir Poutine à propos de Bachar Al Assad, avant de signifier une fin de non-recevoir à l’offre du président russe de créer une « large coalition antiterroriste (…) semblable à celle contre Hitler », pour lutter contre les djihadistes en Syrie et en Irak.

Le 30 septembre, Moscou prenait Washington et ses alliés de court

Le lendemain, même partition du côté du ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, qui accuse la Russie de parler « beaucoup ». « La communauté internationale tape Daech, la France tape Daech, Bachar Al Assad très peu et les Russes pas du tout », avant de prôner la mise en place d’« une ou plusieurs zones où les Syriens seraient protégés » et de mettre au défi la Russie de frapper « concrètement » les djihadistes.

Et quand, le 30 septembre, Moscou lance ses premières frappes militaires en Syrie, prenant de court Washington et ses alliés européens, arabes et turcs, Laurent Fabius ne semblait pas avoir réalisé que les lignes étaient en train de bouger. Adoptant une posture de représentant d’un pays qui croyait avoir les cartes en main, il martelait encore à propos de la lutte contre l’« EI » que « tous ceux qui veulent nous rejoindre dans cette action contre le groupe terroriste Daech sont les bienvenus (…), mais à trois conditions.

Premièrement, assurait-il, que les frappes soient dirigées contre Daech, à l’exclusion des civils et des opposants modérés qui, eux, défendent courageusement une vision de la Syrie qui est la nôtre ».

Deuxièmement, « il faut mettre fin aux bombardements des populations civiles ». Troisièmement, ajoutait-il, « il faut une transition de nature politique, qui dise clairement au peuple syrien que son bourreau – c’est-à-dire Monsieur Bachar Al Assad – n’est pas son avenir ».

Depuis, trois faits auront toutefois tout changé. D’abord, Washington et Londres avaient entre-temps évolué sur le dossier syrien : Assad doit partir mais « le calendrier est négociable », estimaient, le 16 septembre, John Kerry et son homologue britannique Philip Hammond. Le deuxième, évoqué plus haut, c’est que l’entrée en guerre de la Russie allait modifier l’équilibre des forces, changer la donne et redistribuer les cartes. Le 23 octobre, c’est sans la France (une première) que se tient 
la rencontre entre Sergueï 
Lavrov et John Kerry à Vienne (Autriche), élargie ensuite à l’Iran, pays exclu jusque-là du dossier syrien, et à l’Arabie saoudite.

Deux autres rencontres réunissant dix-sept pays, dont la Chine, se sont tenues les 30 octobre et 14 novembre : un calendrier de transition étalé sur dix-huit mois, comprenant une rencontre entre l’opposition syrienne et le régime syrien d’ici le 1er janvier, la formation d’un gouvernement de transition dans les six mois et des élections, est adopté.

Quant au projet de zones sécurisées, autrement dit de zones d’exclusion aérienne dans le Nord syrien, que la Turquie, avec le soutien de la France et de l’Arabie saoudite, devait mettre en place au plus tard fin octobre, il est tombé à l’eau.

Enfin, les attentats qui ont ensanglanté Paris ont fini par convaincre François Hollande de changer de stratégie et de mettre vite fait le « ni Bachar ni Daech » prôné par Laurent Fabius aux oubliettes. « Notre ennemi à nous, c’est Daech. Bachar Al Assad, c’est l’ennemi de son peuple  » (dixit le ministre de la Défense), tel est le nouveau positionnement de Paris – comprendre ce n’est pas Assad qui attaque la France, mais Daech. Et avec ce qui vient de se passer à Bamako, l’urgence est plus que jamais la lutte contre la menace terroriste.

Pour le Guardian, le conflit syrien aurait pu prendre fin en 2012

En conclusion, le temps où la France affichait des positions maximalistes, assurant par la voix de Laurent Fabius, en 2012, qu’« Assad va tomber, simplement c’est une question de temps », croyant à l’imminence d’un scénario à la libyenne, ou qu’il « ne mériterait pas d’être sur la Terre », paraît bien loin.

Pourtant, d’après le Guardian du 15 septembre dernier, le conflit syrien aurait pu prendre fin en 2012. L’ex-président finlandais et lauréat du prix Nobel de la paix en 2008 Martti Ahtisaari, aujourd’hui diplomate aux Nations unies, avait fait part au journal britannique d’une proposition russe pour faire partir pacifiquement Bachar Al Assad, afin de mettre fin à une crise qui à cette époque avait coûté la vie à près de 7 500 personnes (contre 200 000 aujourd’hui) et poussé à l’exil 11 000 personnes (plus de 3 millions aujourd’hui).

Le représentant russe, Vitaly Churkin, lui, avait fait part d’un plan en trois étapes : ne pas fournir d’armes à l’opposition syrienne, engager un processus de dialogue entre celle-ci et Assad, et enfin trouver un moyen « élégant » pour le président syrien de s’écarter du pouvoir.

Le 22 février 2012, le diplomate finlandais déclarait avoir exposé ce plan aux représentants occidentaux du Conseil de sécurité de l’ONU, américains, britanniques et français. « Aucune suite n’a été donnée à cette proposition parce que, selon moi, tous ces gens étaient persuadés qu’Assad allait tomber sous quelques semaines et qu’il n’y avait donc pas besoin de faire quoi que ce soit », déplorait-il alors

 

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Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là !

Posté par jacques LAUPIES le 25 novembre 2015

 

Description de cette image, également commentée ci-après

 

« Et s’il n’en reste qu’un je serai celui là » extrait du célèbre poème  de Victor Hugo s’érigeant en défenseur de la liberté  face à Napoléon III :

« Si l’on est plus de mille, eh bien, j’en suis !
Si même ils ne sont plus que cent, je brave encore Sylla ;
S’il en demeure dix, je serai le dixième ;

Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui là  !»

Ce n’est pas pour demain que ce poème perdra de sa signification car dans les sociétés ce sont souvent des minorités qui envers et contre tous gardent fermement leurs convictions et les accompagnent d’une attitude de ferme résistance. Résistance à quoi ? Pas nécessairement à un Dictateur notoire et à l’ensemble des éléments policiers, militaires et institutionnels qui le soutiennent !

Car trop souvent,  on n’ose pas le dire, il faut vaincre une apathie générale ou plus encore une indifférence et pire une sympathie pour des convictions partagées par une masse d’individus trompés, bafoués même !

Etre à contre courant, ne pas céder à ces forces qui paraissent  dominer et s’imposer parce que bénéficiant d’appuis majoritaires n’est, il faut bien le dire, pas toujours à la portée de l’individu isolé mais il est déjà possible et supportable de résister quand l’on sait que l’on est en osmose avec certains de ses semblables.

Dans de telles conditions certains osent donner l’alerte tant que cela est possible, que l’état de démocratie le permet et qu’il n’est pas concevable de se taire quitte à prendre le risque de l’extrême affaiblissement que provoque la solitude. A moins que ce ne soit une force insoupçonnée !

Ceux qui résistent portent une graine qui ne fait que germer avant bien d’autres. S’il s’agit d’un petit groupe il a autant de valeur que la légitimité que donneront d’autres éclosions plus grandes. Dans l’espace ou dans le temps !

 

Pierre Laurent ne veut pas d’une « sorte de régime d’exception durable »

L’Humanité.fr avec l’AFP
Mardi, 24 Novembre, 2015
Humanite.fr

 

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Et s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là !  dans POLITIQUE

Photo : Capture d’écran France Info
Le secrétaire national du Parti communiste, s’est dit opposé à l’inscription dans la constitution « d’une sorte de régime d’exception durable », appelant à « protéger nos libertés publiques en même temps que notre sécurité ».

« C’est parfaitement compréhensible, dans cette situation que la première demande des Français, et ça je le comprends, je dirais même que je le partage, soit une demande de sécurité et de protection. Mais derrière, il faut ouvrir un débat », a déclaré Pierre Laurent sur l’antenne de France Info ce matin.

« La question est de savoir si cet état de protection maximal que nous vivons doit déboucher sur une restriction durable de toute ou partie des libertés publiques fondamentales. Et moi, je ne le crois pas parce que ce serait céder à la logique, à la spirale de guerre dans laquelle veut nous entraîner Daesh. Donc il faut protéger nos libertés publiques en même temps qu’il faut protéger notre sécurité. C’est pour cela que nous ne voulons pas, après l’état d’urgence, inscrire dans la constitution une sorte de régie d’exception durable. Parce que ce serait une défaite de la démocratie », a développé le sénateur de Paris, qui s’est abstenu sur le projet de loi de prolongation de l’état d’urgence.

Le numéro un communiste a notamment relevé le fait que des « manifestations sociales semblent interdites, et si elles étaient interdites dans la durée cela deviendrait un problème car elles ne menacent en rien la sécurité publique ».

Interrogé sur la volonté de François Hollande d’édifier une coalition unique contre l’Etat islamique, il s’est dit « pour, et depuis longtemps, une coalition internationale qui ne se fixe pas que des objectifs militaires ». « Nous devons discuter des objectifs de la coalition, pas seulement de son périmètre », a-t-il dit, accusant les grandes puissances de ne chercher qu’à préserver leurs intérêts propres « au lieu de se donner comme objectif la reconstruction de ces états de Syrie et d’Irak, de la paix, du retour à la souveraineté de ces Etats ».

C’est la paix  qu’il faut gagner

Mardi, 24 Novembre, 2015
L’Humanité

 

L’éditorial de Maud Vergnol. Depuis que des fanatiques qui haïssent la vie ont répandu le sang dans la Ville-Lumière, les progressistes font face à l’un des plus gros défis qu’il leur ait été donné de relever.

L’heure n’est pas à l’angélisme, et mettre hors d’état de nuire les fascistes de Daech est une urgence absolue, en France comme au Moyen-Orient, dont les populations subissent quotidiennement les atrocités des terroristes. Mais cela ne pourra se faire que dans le cadre de l’État de droit. Répondre à Daech en cédant à la panique et en embarquant la France dans « une guerre contre 
le terrorisme », qui ne désigne ni l’adversaire ni les causes du conflit, risque de nous mener sur les mêmes chemins que les États-Unis sous l’ère Bush.

Cet engrenage guerrier, nous devons l’éviter, 
 car il nous fragilise plus qu’il nous protège. 
N’en déplaise à François Hollande, qui aimerait bien cacher sous le tapis les errements diplomatiques de la France alors qu’il tente de reprendre pied dans le dossier syrien. Car c’est bien la croisade engagée en 2001 en Afghanistan, poursuivie en Irak, puis en Libye et en Syrie, qui nous revient aujourd’hui au visage. Cette semaine diplomatique sera décisive. Par le passé, la France a su résister à la rhétorique de « la guerre au terrorisme » et porté dans le monde une voix universaliste.

L’enjeu aujourd’hui n’est pas de savoir comment gagner la guerre, mais comment contribuer à y mettre fin. Cela passera par une initiative militaire en aidant les forces locales qui se battent sur le terrain contre l’expansion djihadiste. Celle-ci doit se réaliser dans le cadre du droit international et de l’ONU. Mais quid du double jeu de la Turquie et des compromissions de la diplomatie française avec les monarchies du Golfe, quand l’urgence est de priver Daech de ses moyens matériels et de ses alliés au niveau régional ? L’unité nationale ne consiste pas à siffler « silence dans les rangs » et étouffer les voix de la paix et du progrès. 
Celles-ci demeurent, plus que jamais, la solution.

 

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Pendant que des familles sont dans la douleur la couillonade continue

Posté par jacques LAUPIES le 24 novembre 2015

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A droite en bon penseur il se demande qu’est ce que la minette fait dans le saladier : un goût de transparence peut-être ! Allez savoir ce qu’il y a dans la tête d’un chat, c’est aussi compliqué que de deviner ce qu’il y a dans celle d’un humain ?

 

Hollande progresse dans les sondages. Rien que de normal. Le déroulement des évènements depuis le 13 novembre laisse plutôt penser qu’il ne s’en est pas trop mal sorti pour maitriser la situation. D’apparence celle-ci a bien été gérée. A tel point que la droite s’est subitement sentie obligée de lui décerner des bons points et de calmer ses ardeurs critiques à l’égard du Chef de l’état.

Il y a bien quelques grincheux qui estiment que la réaction était un peu tardive et que l’on aurait pu mieux faire. Mais en regardant de plus près on peut comprendre que le silence, en la circonstance, est d’or. Pour le Chef de guerre précédent qui n’a pas renoncé à retrouver le premier rôle on ne peut pas dire que son expédition punitive contre celui qui avait campé dans son jardin l’ait tellement rehaussé et le rende crédible pour rassurer les français.

Pour les autres prétendants de la même famille on fait dans la nuance mais à coup sur il leur est difficile de critiquer le chef quand s’annonce la bataille. Il faut ménager les hésitants de ce bon peuple dont une partie ne veut plus de leur soupe pas très populaire.

Résultat c’est la Madelon qui sert sa soupe au lard, aigrie par le temps, que tout le monde ne peut manger mais qui trouve des adeptes qui ne la refusent pas.

Puis il y a ceux qui sont inquiets qui savent, qui sentent, qui ont l’expérience , qui se souviennent.

Où encore ceux qui regardent la télé pas très tranquillement bien sûr car par les temps qui courent les interrogations naissent. Et ce n’est pas la télé qui prodiguant toutes sortes de bons conseils : voyez votre psy, continuez à rire et chanter sur les lieux des crimes, la vie continue, etc.va les faire réfléchir  aux enjeux politiques qui se dessinent.

Du coup, fatigué, je regarde deux films sur une chaîne que je découvre pour la première fois : « Le cinéma Paradiso » avec ce cher Philippe Noiret en homme sage et vieillissant qui adore le Cinéma et communique à un enfant une passion parfois subie à regret. Un homme qui invite son émule devenu adulte à quitter son petit monde en perdition, ce qui par ailleurs ne solutionnera pas tout sinon une belle carrière de cinéaste teintée de mélancolie. Jacques PERRIN excelle dans ce rôle qui nous concernerait tous que cela ne m’étonnerait pas.

Je vois ensuite « Allons les enfants cet autre excellent film qui évoque une humanisme de prêtres catholiques confrontée à l’antisémitisme et leur révolte contre la barbarie nazie. J’en retiens cette phrase : « Nous allons prier pour les victimes mais aussi pour les bourreaux. »

Faudrait peut-être y penser !

 

André Chassaigne « Le caractère extrêmement grave de la situation »

entretien réalisé par 
Adrien Rouchaleou
Lundi, 23 Novembre, 2015
L’Humanité

 

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Pendant que des familles sont dans la douleur la couillonade continue dans POLITIQUE

Photo : Joël Saget/AFP
Pour André Chassaigne, président du groupe communiste à l’Assemblée nationale, l’état d’urgence ne doit pas dissimuler « d’autres urgences ».

Quelles ont été les motivations de votre vote en faveur du projet de loi ?

André Chassaigne D’abord, nous avons pris en compte le caractère extrêmement grave de la situation avec toujours en tête que ce type d’attentats extrêmement meurtriers pouvait se reproduire. Nous avons pensé que des mesures exceptionnelles étaient justifiées parce qu’il s’agissait de mettre tout en œuvre pour arrêter les meurtriers, mais aussi démanteler les réseaux. Nous avons abordé ce débat avec la volonté chevillée au corps d’offrir la meilleure des sécurités à nos concitoyens, sans mettre en péril les libertés auxquelles ils sont, et nous sommes, tant attachés. C’est l’attente forte des populations que nous représentons. Dans les contacts que les députés ont, notamment dans leur circonscription, ils font part d’une exigence très forte de tout mettre en œuvre pour que les citoyens puissent voir leur sécurité garantie.

Enfin, notre décision s’est appuyée sur le texte lui-même. Même si les choses ont été faites dans l’urgence, nous nous sommes livrés à une étude approfondie du projet de loi, qui se place dans l’État de droit. Nous avons considéré que les mesures qui étaient proposées donnaient une garantie face à la question primordiale des libertés individuelles.

Bien sûr, nous avons tout à fait conscience que, même dans un cadre légal, l’état d’urgence restreint inévitablement certaines libertés. Mais, en l’occurrence, nous avons considéré que les garde-fous étaient présents dans ce projet de loi, notamment par sa limitation dans le temps (trois mois au maximum) et des garanties juridictionnelles, avec des voies de recours devant le juge administratif.

Dans le texte que nous avons voté, les voies de recours sont supérieures à celles qui figuraient dans la loi de 1955. Le juge des référés administratifs peut se prononcer rapidement et annuler des mesures prises.

Nous avons pris connaissance bien évidemment des appréciations des associations. Elles sont dans leur rôle et font fort justement part de leurs inquiétudes, notamment sur les libertés fondamentales. Mais ces prises de position portaient davantage sur la révision constitutionnelle que sur la prorogation de l’état d’urgence. Et nous l’avons dit et redit, ce que nous avons voté sur l’état d’urgence n’anticipe en aucun cas un vote similaire sur la révision constitutionnelle.

 

Le texte présenté mercredi par le gouvernement a évolué en séance par le biais d’amendements, certains provenant de la droite. Cela a-t-il modifié votre état d’esprit sur le texte.

André Chassaigne Il y a d’abord eu un changement positif. Une avancée que nous avons saluée concernant le contrôle parlementaire. La commission des Lois a établi un contrôle parlementaire, nous y reviendrons. C’est vrai que nous aurions pu aller plus loin et être plus exigeants dans un débat qui n’aurait pas été conduit dans l’urgence, avec la nécessité d’un vote conforme du Sénat.

Le texte a aussi durci les conditions d’assignation à résidence par une forme d’escalade sécuritaire, le gouvernement cédant sur certains points à la droite. Nous avons exprimé et réitérons nos inquiétudes sur ces évolutions.

Quant aux risques de dérapage, ils sont dans la définition même de ceux qui doivent être assignés à résidence, ainsi que dans la multiplication des perquisitions, effectuées parfois dans la démesure et la violence. C’est pour cela que nous sommes si attachés à un contrôle strict.

Être attentif à tout ce qui touche aux libertés, c’est dans notre ADN. Apporter notre soutien à la prorogation de l’état d’urgence, ce n’est pas quelque chose que l’on fait spontanément. Ce soutien a été décidé collectivement par l’ensemble des parlementaires du Front de gauche. Il a exigé de prendre en compte l’importance des enjeux et sans aucun doute du courage politique. Si nous n’avons pas considéré que les dispositions retenues étaient des atteintes démesurées aux libertés, c’est parce qu’elles sont limitées dans le temps, circonscrites dans un périmètre précis et contrôlées par le Parlement.

 

Le contrôle parlementaire prévu grâce à un amendement de la commission vous semble-t-il suffisant pour écarter tous risques d’abus ?

André Chassaigne En séance, le rapporteur de la commission des Lois a précisé ce que pourrait être ce contrôle : un rapport hebdomadaire sur la mise en œuvre de l’état d’urgence devant les commissions concernées de l’Assemblée nationale et du Sénat. À nous maintenant d’avoir suffisamment d’exigence pour que le rapport hebdomadaire ne soit pas qu’un ersatz de rapport, mais soit véritablement précis. Que l’on nous présente bien toutes les actions qui ont été menées dans le cadre de l’état d’urgence et leurs motivations. Les députés du Front de gauche seront en première ligne pour exercer cette mission de contrôle.

Mais nous appelons aussi à une vigilance citoyenne pour qu’il y ait des lanceurs d’alerte. Il faut que nous puissions être saisis si des citoyens constatent des abus. Nous ne devons pas en rester aux seuls comptes rendus du ministre de l’Intérieur. Pour conclure, je tiens à rappeler, comme nous l’avons dit dans notre intervention, que l’état d’urgence n’est qu’une réponse partielle à une situation qui dépasse nos frontières. D’autres urgences existent, notamment assécher les ressources de Daech et prendre pour cela, en France comme à l’international, les mesures nécessaires. Il faut également que l’intervention en Syrie soit désormais conduite sous l’égide de l’ONU, dans le cadre d’une coalition internationale qui soit la plus large possible. Enfin, et c’est au cœur de nos combats parlementaires, la priorité est aussi d’apporter dans notre politique nationale des réponses dans le domaine de l’éducation, de l’emploi et de tout ce qui touche au vivre-ensemble.

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On ne vit pas le présent sans regarder le passé

Posté par jacques LAUPIES le 23 novembre 2015

 

Y aurait-il, en mettant en cause les gouvernements occidentaux, en rappelant leur lourde responsabilité dans le situation catastrophique du moyen orient, voire à les rendre coupable des crimes abominables qui se produisent sur notre sol.

Pour autant serait-on ainsi les défenseurs des auteurs de ces tueries innommables et n’aurait-on pour les dirigeants politiques des pays (essentiellement les puissances occidentales) qui, de l’extérieur, veulent imposer des régimes  contre le gré des populations concernées que condamnation, sans tenir compte des contraintes qui leur sont imposées sur le plan politique, économique, historique.

Ce serait oublier que ce qui détermine fondamentalement le comportement humain c’est le fait qu’il est un être social et qu’en cela il est dominé, son libre arbitre est dominé, par le système social, et ses conséquences « morales »  qu’il s’est donné ou que ses prédécesseurs lui ont légué.

Ce système est basé sur l’exploitation (par le travail) de l’homme par l’homme qui engendre le processus d’appropriation privée des richesses que l’on organise conforte par la violence de systèmes politiques appropriés, depuis des formes d’apparence démocratiques jusqu’aux pires totalitarismes.

On ne peut donc dans la situation présente oublier cette réalité et se livrer, comme cela se fait généreusement sur les média à une manipulation émotionnelle, une réaction à courte vue politique et historique, mettre en avant des notions de bons et de méchants comme en témoignent y compris des réactions enfantines.

Chanter la Marseillaise, observer des minutes de silence,  en toutes occasions ne règlera rien dans le combat contre le terrorisme. On a le droit de s’interroger sur les motivations des assemblées ou les foules qui le font et surtout de leur capacité à approfondir les origines des conflits et des comportements des « combattants » fous (dont d’ailleurs il est établi qu’il en existe dans toutes les guerres et hélas parfois dans tous les camps)

D’autant que certains s’appliquent à « coller » à ces manifestations l’idée de surenchère dans la réponse militaire, y compris en nous transportant sur le terrain, ce qui serait une pure folie complétant le degré actuel d’intervention dont de plus en plus de gens s’accordent à admettre qu’il a été excessif et désastreux.

Il n’est donc pas inutile de raviver le débat, d’y amener une autre vision de la situation et des responsabilités et que cela dérange ne nous étonnera pas mais de là à accepter que l’on nous accuse d’indulgence à l’égard du terrorisme et de faiblesse dans la lutte que nous devons mener, il y a un pas que seul

Dire que BUSH, par son intervention militaire ordonnée en Irak a plus de sang sur les mains que le jeune trafiquant endoctriné, islamisé, fanatisé, qui meurt drogué en se faisant exploser sans doute pour un paradis promis serait-il interdit ? Dire qu’il devrait avec ses mensonges d’état être livré au Tribunal International, avec tous ceux qui ont été ses complices et ses commanditaires serait-il un crime de lèse majesté ?

On ne vit pas le présent sans regarder le passé !

 

 

« Pour la juste démesure », par Patrick Chamoiseau

Patrick Chamoiseau
Vendredi, 20 Novembre, 2015
Humanité Dimanche

 

Face aux attentats et à l’horreur, le poète et écrivain Patrick Chamoiseau refuse « l’illusion de la valeur armée qui se fait guillotine, de l’injuste et de la vengeance comme seules voies respirables » car « la vengeance ne reste qu’un épisode du crime originel ».

Les démocraties capitalistes ne sont pas vertueuses. Leurs excès, leurs prédations, leurs injustices, leur barbarie économique insidieuse se situent toujours dans un ordre que nous avons intériorisé et à partir duquel nous essayons de combattre leur saccage du futur. Cet ordre installe une mesure qui s’est élargie à toute la planète, nous vivons avec elle, et c’est parce que nous sommes plongés dans sa violence marchande qu’il nous est difficile de penser une alternative globale à l’horreur du profit maximal, du développement comme solitude au monde, et à sa loi occidentale. Que nous reste-t-il ? Certainement pas un « hors-mesure » qui reste encore dans la mesure de l’ordre régnant et de ses ombres. Qui s’y soumet ainsi, et donc le régénère. Non. Il nous faut une démesure. Mais pas celle qu’utilisent les hommes de la terreur. La démesure, quand elle s’applique à une contestation demeurée immédiate et sommaire, n’est jamais de l’ordre de l’alternative ou de la proposition. La barbarie de la terreur est en ce sens une démesure désespérée, surtout désespérante. Quand la démesure ne propose rien d’autre que l’attentat d’un absolu, quand elle n’ouvre à aucune perspective, quand elle piétine toutes les décences, qu’elle déserte toute éthique, quand elle se livre à la haine sans regard, à la violence tombée bien folle, elle ne vise qu’une chose : tout aspirer dans son abîme de mort sacrificielle. Ce serait son unique et très absurde victoire. Cette démesure sans oxygène est foudroyante. Elle supprime l’horizon. Elle capte toutes les images. Elle fait symbole indépassable. Elle s’offre comme tentation. Elle dresse l’illusion de la sécurité absolue, de la valeur armée qui se fait guillotine, de l’injuste et de la vengeance comme seules voies respirables. Son absurdité est puissante. Sa logique morbide proclame que seule une logique de même nature nous éviterait de perdre la face. Mais nous pouvons lui faire face en brisant son miroir.

Édouard Glissant disait que la seule poétique qui soit praticable pour envisager la mondialité (notre seul recours contre la globalisation marchande), c’était celle d’une démesure de la démesure. La démesure de la démesure ­ au-delà de la dangereuse révolution, au-delà de l’étroite contestation ou de la pauvre réaction ­ est du domaine de la refondation. Une refondation de nos imaginaires. La démesure ici est d’optimisme, de hauteur et d’horizon renouvelés. Avec elle, en face de la terreur, notre peur n’est qu’un tremblement qui ne renonce à rien. Notre compassion est une haute énergie. Notre éthique ne cède pas une maille aux « valeurs » boursouflées, verticales et tranchantes. La vengeance ne reste qu’un épisode du crime originel. La sécurité absolue n’existe que dans les fictions totalitaires, le déshumain glacial, jamais dans les démocraties, jamais dans les chaudes aventures de l’amour comme principe, de l’acceptation de l’autre comme ferveur, du partage et de l’échange qui nous changent et qui nous réalisent.

Notre sécurité n’est pas une forteresse. Elle n’a de « civilisation » que ce qu’il y a de meilleur. Elle entend, elle secourt, elle accueille, se renouvelle ainsi. Elle sait que la barbarie se tient aussi en nous, et peut jaillir de nous. Elle ne stigmatise personne et ne recherche aucun bouc émissaire. Elle ne distingue pas entre les assassins qui maltraitent la Syrie. Elle fonde sur les musulmans comme sur toutes les ferveurs. Elle nomme la Palestine. Elle organise une mémoire commune qui ne hiérarchise pas les crimes contre l’humanité. Sa paix n’est pas faite d’injustices, d’arrogance ou de prédations autorisées. Sa liberté respecte. Sa justice est en tout, et accessible à tous. Elle n’est pas faite d’hymne guerrier ou « d’exception » qui autorise à saccager ce que nous avons été, que nous sommes, et que nous nous devons encore de devenir. Elle n’est d’aucune barbarie connue, d’aucune impasse répertoriée, mais elle les fixe toutes. Elle les domine, les dépasse ainsi, maintient pour tous ainsi le vertige d’un possible. Elle fréquente la beauté. C’est là notre unique et très sereine réponse. Chant partagé d’une même planète !

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