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Pierre Thomas « François Hollande est en panne de solutions face à la crise agricole »

Posté par jacques LAUPIES le 29 février 2016

 

Entretien réalisé par Gérard Le Puill
Dimanche, 28 Février, 2016
Humanite.fr

Une réunion entre le chef de l’Etat, son ministre de l’Agriculture , des syndicalistes paysans et  des représentants  des organismes liés à l’agriculture comme  le crédit Agricole , la Mutualité sociale agricole et les coopératives  s’est tenue samedi matin sur le Salon . Pierre Thomas, éleveur dans l’Allier et dirigeant national du Mouvement de défense des exploitations familiales (MODEF)  participait à cette table ronde. Entretien.

Comment s’est  déroulée cette réunion après un parcours très  chahuté du chef de l’Etat de stand en stand ?

 dans POLITIQUEPierre Thomas. Il avait été convenu que les personnes invitées à cette rencontre seraient aussi présentes  pour accueillir le président à l’entrée du salon. J’étais donc présent avant 7H au moment de l’arrivée de François Hollande,  tout comme Xavier Beulin  pour la FNSEA et les représentants des autres organisations syndicales. Mais il y avait déjà  beaucoup  d’agitation à cet  endroit et beaucoup de drapeaux de la FNSEA. Les gens qui les portaient n’étaient pas tous  des paysans, loin s’en faut. Je pense que le syndicat majoritaire  avait aussi mobilisé  pour la circonstance  des salariés de ses différentes structures pour  donner un  tour  peut-être plus politique que syndical à cette ouverture  du Salon.

Xavier Beulin  avait pourtant dit le 24 février qu’il n’y aurait pas, de la part de son syndicat,  des  manifestations d’hostilité  mais questions précises  adressées à tous les visiteurs politiques sur le Salon à propos des difficultés que connaît le monde agricole.

Pierre Thomas. Moi je rapporte ce que j’ai vu  et je ne porte pas de jugement sur ces manifestations de mécontentement  qui sont motivées par une situation catastrophique pour les éleveurs de bovins allaitants comme moi,  mais aussi les producteurs de porcs , de lait de vache et même de beaucoup de céréaliers . Ce sont d’ailleurs des  agriculteurs FNSEA et Jeunes Agriculteurs  d’Ile de France, céréaliers  pour la plupart, qui ont commis quelques dégâts  sur le stand du ministère de l’Agriculture.

Venons- en à la rencontre avec Français Hollande. Comment s’est déroulé cet échange?

Pierre Thomas. Nous nous sommes exprimés à tour de rôle. J’ai remarqué que tous les syndicalistes paysans   ont estimé  qu’on ne pouvait pas laisser la loi de l’offre et de la demande  fixer les prix agricoles quand l’offre dépasse la demande en volume, comme c’est le cas actuellement. Il suffit que cette offre dépasse la demande de 3 ou 4% pour que les prix payés aux paysans  baissent de 20 à 25%. C’est le cas aujourd’hui pour le porc et le lait de vache en Europe, c’est davantage  pour les céréales dont  les cours s’alignent sur les cours mondiaux. Nous avons toujours dénoncé les politiques de dérégulation au MODEF et lutté pour ders prix planchers  qui couvrent les coûts de production et rémunèrent le travail des paysans. Ce discours est moins habituel à la FNSEA  qui défend souvent la compétitivité des exploitations par  l’agrandissement.  Mais nous voyons bien aujourd’hui que la fuite en avant dans une recherche de compétitivité, via des économies d’échelle, est inefficace et même dangereuse  pour ceux qui s’y engagent dès que les prix chutent dans de telle proportions. Je n’oublie pas les discours de certains responsables du  syndicat  majoritaire qui, voilà encore un an,  voulaient partir à la conquête des marchés  mondiaux la fleur au fusil, à la faveur de l’abandon par l’Europe des quotas laitiers. Le libéralisme et le marché spéculatif ne seront jamais  des solutions pour  la production denrées périssables, ce qui est le cas de la production agricole. Les mêmes dirigeants du syndicat  majoritaire en sont réduits aujourd’hui a réclamer des baisses de charges, des reports de cotisations qui ne compenseront  jamais, loin s’en faut, les pertes de revenus quand nous ne percevons pas un juste prix pour nos produits.

Que vous a répondu  le président Hollande ?

Pierre Thomas. Il était très mal à l’aise. Il nous a fait part de son accord  pour plus de régulation au niveau européen. Mais il a insisté sur le fait que la France  était  très isolée sur cette question, parfois seule contre tous. Il a évoqué   le rôle joué par l’Allemagne, l’Espagne, les Pays Bas  et quelques autres  qui ont augmenté leur production laitière ou porcine, voire les deux dans le but de gagner de nouveaux marchés. Il  a aussi évoqué les tensions entre les transformateurs et les distributeurs. La négociation qu’ils mènent depuis des mois doit se terminer  le 29 février sur les prix auxquels les centrales  d’achat paieront les produits transformés en 2016. Le chef d l’Etat n’a pas exclu de modifier  la redoutable Loi de modernisation économique, votée par la droite en 2008, qui a donné trop de pouvoirs aux distributeurs face aux transformateurs, lesquels font à leur tour payer la facture aux paysans en faisant baisser du lait et de la viande, y compris en important davantage de denrées à transformer dans le seul but de faire chuter les cours sur le marché intérieur. Voilà pourquoi, suite à cette rencontre avec le chef de l’Etat,  Je crains toujours  une longue période de prix agricoles bien trop bas. Certains prendront prétexte pour préconiser  des restructurations qui réduiront encore  le nombre d’exploitations et d’emplois agricoles  tout en étant inefficaces  et douloureuses, notamment dans l’élevage. Hier, devant le président de la République, le représentant du Crédit agricole  s’est dit prêt à consentir des prêts aux paysans  désirant emprunter cette voie  qui mène encore plus  à une agriculture industrielle et capitalistique. Celle qui dans des secteurs comme le lait et la production porcine est la plus fragilisée aujourd’hui   en raison de la lourdeur des emprunts.

Comment vivez-vous cette crise comme éleveur de bovins à viande ?

Pierre Thomas. Je suis sur une exploitation  de 84 hectares  avec 40 vaches allaitantes et leur suite. Depuis  ma conversion en agriculture biologique  je dépends moins de la fluctuation des cours  qui touche beaucoup les éleveurs en conventionnel. Je m’en sors car ma viande est vendue sur un marché segmenté avec des clients réguliers. Mes bovins de boucherie  sont abattus à la SICABA, un abattoir de proximité. J’ai aussi fait le choix d’être le plus autonome  possible en fourrages pour le bétail, car plus on est dépendant  des achats d’aliments et autres intrants, plus on est fragilisé en temps de crise  et de prix bas. Mais je constate que le discours dominant sur l’agrandissement  des exploitations pour réaliser des économies d’échelle resurgit déjà auprès des paysans.

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Les « relations » avec le monde agricole

Posté par jacques LAUPIES le 28 février 2016

 

Contrairement à ce qui semble apparaître parfois aux yeux de nombre d’agriculteurs le Parti Communiste a toujours formulé des propositions concernant la question des prix agricoles. Nous pourrions ici établir une liste de déclarations, de décisions de congrès, de programmes de gouvernement, tout au long du siècle dernier, du Front populaire jusqu’à nos jours, qui témoignerait de cet appui au monde paysan doublé d’un appel à l’union avec la classe ouvrière.

A peine devenu adhérent du PCF je me souviens de nos initiatives expliquant à la population et particulièrement en direction des agriculteurs que nous soutenions l’exigence de pratiquer des justes prix à la production, et la nécessité de mener un combat commun entre paysans et travailleurs salariés.

« Ouvriers et paysans ont un intérêt commun à liquider l’anarchie de la production, les crises économiques qu’elle engendre et qui entrainent pour les uns le chômage, pour les autres les crises de mévente et les bas prix agricoles à la production. » (extrait d’une brochure publiée par le PCF en 1965)

Bien entendu la situation a évolué depuis cette période, notamment avec l’extension des marchés, notamment dans le cadre de l’Europe et sur le plan mondial mais cela en fait n’a fait qu’accélérer la disparition des exploitations familiales et les difficultés pour celle qui se sont maintenues. Malgré l’appel a une main d’œuvre immigrée sur qui se sont reportées en partie ces difficultés. 

Le refus des gouvernements successifs d’offrir des garanties de prix, de les enfermer dans des système de subventionnement aboutit à déplacer les responsabilités sur les systèmes de protection sociale qui constitueraient des charges trop lourdes.

Ainsi est tentée une diversion, comme cela se fait avec les couches de petits commerçants et artisans en tentant de les mettre en opposition avec le monde salarial. La grande bourgeoisie, industrielle, commerciale et financière, en même temps qu’elle étouffe économiquement le monde paysan tente de l’éloigner sur le plan politique de tout rapprochement avec les travailleurs salariés. A l’inverse le mécontentement de ces couches nos salariés les jette dans les bras d’un Front National qui préconise le repli sur l’hexagone et les dresse en particulier contre la main d’œuvre immigrée.

Le gouvernement empêtré dans sa soumission à l’Europe, peu clair sur la menace que font peser les Etats Unis qui cherchent à pénétrer le marché européen, embourbé dans une politique de boycott des échanges avec la Russie, accélère une crise politique dont la droite entend tirer profit.

Il devient en conséquence urgent que les agriculteurs se préoccupent eux aussi de la nécessité de constituer une force  capable de créer les conditions d’une autre politique dans notre pays. Peut-être devraient-ils s’intéresser à nos propositions et les soutenir dans un proche futur ?

 

 

André Chassaigne « Seuls les coûts et les conditions de production doivent définir le prix des aliments »

Entretien réalisé par Anne-Laure de Laval
Jeudi, 25 Février, 2016
Humanité Dimanche

 

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Les

Patrick Nussbaum

Les réponses de court terme face à la crise agricole sont inopérantes. Le modèle productiviste européen ruine les agriculteurs et les terres, rappelle André Chassaigne. Il a déposé, fin 2015, une proposition de loi pour « garantir les prix d’achat aux agriculteurs ». Entretien.

HD. Manuel Valls a présenté un plan de crise avec baisse des cotisations et « année blanche » pour les agriculteurs à faibles revenus. Qu’en pensez-vous ?

André Chassaigne. Le gouvernement essaie d’éteindre un incendie qui s’amplifie de jour en jour. Mais les réponses sont uniquement conjoncturelles, elles ne régleront rien. Les réductions de cotisations seront surtout une manne pour les grosses exploitations. Et elles mettront à mal le système de protection sociale des agriculteurs, déjà fragilisé.

Certes, un décret gouvernemental doit prochainement répondre à la demande, que nous avions formulée de longue date, d’indication d’origine du lait et des viandes utilisés en tant qu’ingrédients. Le problème est qu’il ne concerne que les produits fabriqués en France.

HD. Quelles sont les solutions structurelles formulées dans votre proposition de loi ?

A. C. Il faut sortir de la logique productiviste à l’œuvre à l’échelle européenne. Celle-ci conduit à investir toujours davantage pour produire du volume afin de compenser la faiblesse des prix et réaliser ainsi un chiffre d’affaires permettant de rembourser les emprunts et dégager un revenu. Elle pousse à une escalade mortifère, parce qu’on trouvera toujours plus compétitif que nous. Elle condamne l’agriculture familiale et des territoires entiers. Si les députés du Front de gauche ont voté la loi sur l’agroécologie en septembre 2014, c’est justement pour s’extraire de cette logique.

Il faut au contraire une politique de régulation européenne qui permette de maîtriser les volumes. On encourage sinon le développement de l’agro-industrie : or, non seulement cette dernière tire les prix vers le bas par des économies d’échelle, mais elle fausse le marché en adjoignant à ses revenus des recettes extérieures à la production agricole, par exemple celles liées à la vente d’énergie.

Nous proposons pour chaque filière agricole une conférence annuelle qui permette de définir le prix rémunérateur pour le paysan en fonction des coûts et des conditions de production. Cette conférence devrait réunir tous les acteurs de la chaîne de production et de distribution, mais aussi l’ensemble des organisations syndicales. La fixation d’un prix plancher se pratique dans d’autres pays, par exemple au Québec, où le prix du lait est fixé annuellement, puis pris en compte aux différents échelons de la filière. Nous savons que cette proposition se heurte aux dogmes libéraux de la politique agricole commune. Mais c’est possible avec une mobilisation sans précédent des organisations agricoles européennes et des gouvernements conscients que la libre concurrence conduit au désastre de leur propre agriculture.

Il existe un mécanisme permettant de jouer à tous les échelons de la filière : le coefficient multiplicateur. À partir du prix plancher, on fixe un coefficient qui permet une maîtrise des marges. Ce système a aussi l’avantage de limiter les importations à bas coûts : en appliquant ce coefficient, le profit sera moindre avec une matière première peu chère.

HD. Qui, dans le monde agricole, accepterait aujourd’hui un peu plus de régulation ?

A. C. Lors de mes précédentes propositions de loi, en 2009 et 2011, nous avions eu le soutien du Modef, de la Confédération paysanne et de la Coordination rurale. Aujourd’hui, même la FNSEA évolue. Certes, elle avance d’autres réponses, comme la baisse des cotisations sociales et des aménagements financiers, mais toutes les organisations jugent désormais fondamentale la question du prix.

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Sommes nous altruistes naturellement ?

Posté par jacques LAUPIES le 27 février 2016

 Une excellente émission diffusée sur Arte ce soir tente de nous convaincre que notre comportement général conduirait à une sorte d’instinct de notre espèce : à l’altruisme. En quelque sorte nous serions si l’on  en croit le  comportement de très jeunes enfants, et même de primates, portés à aider les autres. Les arguments développés tout au long de ce documentaire nous ont convaincu, s’il en était besoin, que les humains possédaient une réelle aptitude à la coopération et que chacun d’eux sans que l’on puisse vraiment l’expliquer était non seulement porté à aider les autres mais qu’en retour il y trouvait du plaisir, une récompense.

Est évoquée au final de ce reportage, ce qui serait une marque forte de questionnement de leur part, la prise de conscience de ces célèbres milliardaires qui ont décidé de vouer leur fortune pour le bien des plus mals lotis de la planète.

Au passage est bien sur posée la question d’une réorganisation du système, à la mise en place de règles, en même temps que l’on voit notre Bouddhiste national quémander à quelque richissime asiatique 150000 dollars pour construire une école pouvant accueillir 2000 enfants. Avec à l’appui une séance de méditation  à laquelle était censés participer des personnes venues à Davos dans le cadre des concertations organisées par les plus grandes puissances de la planète.

Tout cet étalage de bons sentiments prenant finalement en compte ce que les humains portent en eux de générosité vis à vis de leurs semblables ne peut que confirmer cette évidence : donner un peu (ou beaucoup) de soi est bien plus naturel que de se bouffer le foie entre nous.

C’est toujours cela de gagné pour tous ceux qui ont regardé l’émission s’ils ont été convaincus.

Cela confirme cette idée selon laquelle du plus loin de leur apparition sur la planète la coopération s’est imposée à l’humanité pour sa survie et que tout ce qui s’en est suivi de déviations perverses (la guerre en particulier) n’a rien d’absolument naturel.

De là à dire que nous serions programmés altruistes et qu’il nous suffirait d’un peu de méditation pour régler la question ? A vous de conclure !

Auquel cas on pourrait espérer que les fortunés de ce monde, les politiques qui ne les contrarient pas et parfois même les accompagnent en plaçant « leur épargne » dans des paradis fiscaux n’auraient plus qu’à fermer les yeux dix minutes par jour pour que les «  jungles de Calais » deviennent des villages accueillants dotés de toutes le commodités, que les bateaux de croisière, destinés à trimballer sur la mer des accrocs de l’illusion mimant ceux d’en dessus, soient affrétés pour répartir  quelques centaines de milliers de malheureux dans une Europe de trois cent millions d’habitants qui devrait pouvoir soulager les siens en même temps.

Décidément l’altruisme semble être, si nous en croyons les scientifiques, une qualité de tout jeune enfant. Mais hélas qui se perd parfois en prenant de l’âge surtout lorsqu’il s’agit d’individus ayant le pouvoir de l’argent et de la politique. Mais pas seulement eux regardez autour de vous ?

Fort heureusement il est possible d’ouvrir cette impasse incroyable dans laquelle nous nous enfermons : faire de notre instinct d’altruisme une règle pour tous ? Comment ? Je vous laisse le soin de méditer…

 

 

Finalement, la ministre lance une concertation

Clotilde Mathieu
Vendredi, 26 Février, 2016
L’Humanité

 

code du travail Face à la contestation, la ministre du Travail s’est résolue à consulter les organisations syndicales mais aussi patronales. Jeudi, la CFDT et la CFE-CGC ont été reçues. FO sera reçue mardi.

La ministre du Travail a fini par recevoir les syndicats pour discuter de son projet de loi et d’éventuels « amendements » qui pourraient y être apportés, a indiqué le ministère à l’AFP, jeudi. Au départ, seule la CFDT avait été conviée à se rendre rue de Grenelle, alors qu’aucun autre syndicat n’était au courant. Le gouvernement « discute avec une organisation syndicale, il discute avec la CFDT (…) qui, aujourd’hui, accompagne le gouvernement », avait alors réagi Jean-Claude Mailly, secrétaire général de FO, sur Radio Classique. Une rencontre durant laquelle « la ministre nous a bien écoutés. Elle ne nous a pas donné de réponse sur ce qu’elle peut et veut changer car elle attend de recevoir tout le monde », a relaté la représentante de la CFDT, Véronique Descacq. « Si, avant le 3 mars, il n’y pas de changements significatifs, nous avons expliqué à la ministre que ça allait être un problème », a-t-elle ajouté, avant de préciser attendre une « annonce publique du gouvernement ».

« Nous découvrons tous les jours l’étendue des dégâts… »

Quelques heures plus tard, Myriam El Khomri s’est résolue à recevoir les autres. Mais, dixit le ministère, le but n’est pas de les voir toutes avant les deux intersyndicales prévues le 3 mars, dont l’une pourrait aboutir à l’annonce d’une mobilisation le 31 mars (lire notre édition du 25 février).

Sauf que le choix des dates entre les différentes organisations ne semble pas anodin. La CFE-CGC doit réunir l’ensemble de ses fédérations, ce lundi. « Cette loi est inadmissible. Ça bouge très fort chez nous et nous sommes prêts à ressortir nos baskets. Nous le déciderons lors de cette réunion », a averti la secrétaire générale de la CFE-CGC, Carole Couvert, avant de se rendre à son rendez-vous.

« Notre plus grande inquiétude porte sur l’inversion de la hiérarchie des normes, avec la négociation au niveau de l’entreprise ou encore l’utilisation du référendum. Notre légitimité, nous l’avons par l’élection. C’est comme si vous demandiez à un député qui dépose une proposition de loi à l’Assemblée de la soumettre à un référendum citoyen », a ajouté la syndicaliste, dont l’organisation s’interroge dans son dernier communiqué : « Le printemps 2016 sera-t-il l’équivalent du printemps 2006 contre le CPE ? »

FO sera entendue mardi prochain. « Nous allons demander la suspension du projet de loi, a affirmé son secrétaire général Jean-Claude Mailly, afin de discuter les articles un par un. Car nous en découvrons tous les jours l’étendue des dégâts. Si l’agenda est maintenu, nous serons mobilisés fin mars pour exiger le retrait du texte qui n’est autre qu’une rupture par rapport à la tradition de la République sociale. »

À l’heure où nous écrivions ces lignes, la date de rendez-vous n’était pas encore fixée pour la CGT. « La concertation arrive un peu tard et pour le moment, au vu des déclarations du premier ministre, je ne pense pas que le gouvernement soit prêt à changer la nature de son projet », a déclaré Fabrice Angei, secrétaire confédéral en charge des questions de l’emploi.

À l’initiative de l’intersyndicale, la CGT s’emploie avant tout à poursuivre cette démarche, qui s’est engagée depuis mercredi, et prépare la rencontre avec les autres syndicats, qui se déroulera le 3 mars. Car, estime le syndicaliste, « il va falloir monter d’un cran si nous voulons que ce projet soit protecteur pour les salariés ».

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Affaire AUBRY : à suivre

Posté par jacques LAUPIES le 26 février 2016

Je donne à lire une deuxième fois l’article paru dans l’Humanité à la suite des déclarations de Martine Aubry.

Tout simplement parce que je partage les interrogations que suscite l’initiative prise par la Maire de Lille et ses soutiens  et que ne manque pas de rappeler  l’auteur de cet article.

Il faut reconnaître qu’en pareille circonstance il ne faut pas faire preuve de naïveté mais également que la suspicion n’est pas non plus de mise tant ce démarquage vis à vis du gouvernement,  d’une importante partie du PS, reflète une crise politique profonde au sein de ce parti.

A voir et entendre la réaction des médias, la montée en charge des principaux soutiens à la politique gouvernementale, on peut penser que le pouvoir est sérieusement affaibli et préoccupé. Et même s’il s’agit d’une initiative s’inscrivant dans un positionnement en vue des affrontements prévisibles pour préparer 2017, nul doute qu’elle va provoquer une évolution de l’opposition de gauche à la politique droitière du gouvernement !

 

Un appel de rupture avec le gouvernement

Adrien Rouchaleou
Jeudi, 25 Février, 2016
L’Humanité

 

L’ancienne première secrétaire du PS et une série de personnalités signataires d’un appel paru hier dressent un constat au vitriol de l’état du pays, de la gauche et la responsabilité écrasante de l’exécutif.

«Il est des vérités désagréables à dire, mais il est des moments où il faut savoir les mettre en pleine lumière. » Pour Martine Aubry, un de ces moments est venu. Dans le Monde daté de ce jeudi, son nom ressort parmi les premiers signataires d’une tribune assassine pour ceux de ses camarades socialistes qui gouvernent aujourd’hui le pays. À côté de sa signature figurent celles des eurodéputés écologistes Daniel Cohn-Bendit et Yannick Jadot, du généticien Axel Kahn, des économistes Claude Alphandéry et Daniel Cohen… mais on y trouve surtout la garde rapprochée de l’ancienne ministre du Travail de Lionel Jospin et ex-première secrétaire du Parti socialiste : les députés Jean-Marc Germain et Christian Paul, les anciens ministres de François Hollande Benoît Hamon et François Lamy, l’eurodéputé et ancien premier secrétaire de la fédération socialiste du Nord Gilles Pargneaux, ou encore l’ancienne présidente du Mouvement des jeunes socialistes Laura Slimani.

La loi travail aura mis le feu aux poudres

Ces tensions n’ont jamais été un secret. On se souviendra entre autres des charges de la maire de Lille contre le travail dominical, ou un retentissant « Macron ? Comment dire ? Ras-le-bol » au moment où le très libéral et arrogant ministre de l’Économie présentait la loi qui porte son nom. Mais après la fronde d’une quarantaine de députés, c’est bien une nouvelle rupture au sein de la majorité qui se manifeste ainsi. Mais jusqu’à quel point et dans quel but ?

Le texte, publié hier par le quotidien du soir, est long et les griefs précis. Les auteurs datent le commencement de la dérive à janvier 2014, quand « la gauche avait déjà assisté, incrédule, (…) au pacte avec le Medef, qui se révéla un marché de dupes ». Le pacte de responsabilité et de solidarité, comme l’avait dénommé le gouvernement, avait coûté au budget de la nation « 41 milliards d’euros mobilisés pour rien, ou si peu », rappelle la tribune.

Les auteurs visent aussi « ce désolant débat sur la déchéance de nationalité » qu’ils se sont « vu infliger », ainsi que « la meurtrissure de l’indécent discours de Munich, à propos des réfugiés », quand le premier ministre Manuel Valls avait déclaré, à l’inverse de la chancelière allemande, Angela Merkel, que « l’Europe ne peut accueillir davantage de réfugiés ».

Mais l’étincelle qui aura mis le feu aux poudres, c’est évidemment la loi travail portée par la ministre ­Myriam El Khomri. Comment aurait-il pu en aller autrement pour celle qui, au même poste dans le gouvernement de la « gauche plurielle » sous Lionel Jospin, y a instauré la semaine de 35 heures de travail, aujourd’hui gravement mise à mal par le projet du gouvernement ?

Pour l’exécutif usé par la fronde, déséquilibré par le départ retentissant de Christiane taubira et aujourd’hui contesté de manière inédite sur la loi El Khomri, il y a avec cette nouvelle rupture péril en la demeure. « Que le patronat institutionnel porte ces revendications, pourquoi pas, même si elles nous paraissent en décalage avec ce que nous disent les entreprises sur le terrain. Mais qu’elles deviennent les lois de la République, sûrement pas ! Pas ça, pas nous, pas la gauche ! » s’indignent les signataires. Avec ce projet de loi, « c’est toute le construction des relations sociales de notre pays qui est mise à bas en renversant la hiérarchie des normes, et en privilégiant l’accord dans l’entreprise dans un pays où le taux de syndicalisation est faible et où le patronat n’a jamais aimé la négociation », analysent-ils. Quant à la méthode – dans une interview de Myriam El Khomri au JDD, le gouvernement affirmait explicitement ne pas exclure un nouveau recours au 49-3 pour adopter la loi sans vote des parlementaires  –, elle ne passe pas. À demi-mot, la tribune laisse entendre que la réponse logique des parlementaires serait alors de voter la censure du gouvernement.

Le jugement global sur l’exercice du pouvoir durant le quinquennat est sévère : « Prendre le monde tel qu’il est n’est pas renoncer à le transformer (…). Encore moins l’éloigner de toute idée de justice. » Suivent quelques lignes qui semblent directement adressées à Manuel Valls : « Il ne suffit pas de se revendiquer du réformisme social pour en mériter le titre. Il n’y a ni vraie réforme ni social dans nombre de politiques qui sont menées depuis deux ans. On y trouve des propositions puisées dans le camp d’en face, qui n’ont rien de moderne, et qui sont inefficaces. » François Hollande n’est pas épargné : « Puisqu’on nous parle du serment de Versailles, rappelons-nous de celui du Bourget, mis à mal une fois de plus, et qui pourtant fonde la légitimité au nom de laquelle le pouvoir est exercé depuis 2012. » Sans surprise, les défenseurs de la ligne gouvernementale, comme le ministre des Finances Michel Sapin, n’ont pas manqué de dénoncer des postures. Interrogé par l’Humanité, Yannick Jadot balaie la critique : « Si les politiques menées par François Hollande et Manuel Valls étaient efficaces, on pourrait dire que l’on serait dans des jeux de posture. Mais elles ne le sont pas. Alors qui est dans un jeu de posture ! Ceux qui prétendent engager la France sur une dérive libérale et autoritaire ou ceux qui rappellent les responsables politiques à leurs promesses ? »

Le constat est clair : « Trop c’est trop. » Mais que veulent les auteurs de cette tribune ?

Le constat est clair : « Trop c’est trop. » Mais que veulent les auteurs de cette tribune ? C’est là que les choses sont moins nettes. « Il faut de vraies réformes, synonymes de progrès économique, social, écologique et démocratique. » Un peu léger… À quatorze mois de l’élection présidentielle, l’espoir n’est pas bien grand de voir l’exécutif défaire ce qu’il a fait depuis 2012 et reprendre une nouvelle route un peu plus à gauche. D’où cette question que beaucoup se posent : avec cette tribune devenue pétition (elle est signable en ligne sur un site Internet dédié), Martine Aubry ne serait-elle pas en train de se préparer un rôle de premier plan dans la perspective de la présidentielle ? « On veut alimenter le débat et mettre en avant la remobilisation de la gauche plutôt que les candidatures », dément Jean-Marc Germain dans le Monde. Des signes semblent tout de même montrer que quelque chose se prépare : Martine Aubry est notamment annoncée ce soir dans un débat à Lille organisé par les promoteurs de la primaire à gauche. Pour Yannick Jadot, signataire à la fois de la tribune et de l’appel à une primaire, les deux démarches « répondent au fond à la même urgence et au même besoin, bien que les objectifs ne soient pas les mêmes. On essaie de produire un débouché politique qui oblige chacun à débattre, à considérer que même si les choses sont très tendues, il y a encore un espace ». L’espace existe, c’est sûr. Mais beaucoup veulent l’occuper et il semble bien désorganisé. L’arrivée éventuelle de Martine Aubry dans le jeu de la primaire participera-t-elle à le clarifier ou au contraire compliquera-t-elle encore la situation ? À suivre, mais le temps presse.

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Un appel de rupture avec le gouvernement

Posté par jacques LAUPIES le 25 février 2016

http://www.dailymotion.com/video/x3u0s1b 

 

 

Je n’ai pas le détail des déclarations de Martine Aubry qui sont sur l’essentiel qu’en donnent les médias, un constat de réalité. Il suffit de croiser dans la rue des personnes qui se réclament de la gauche pour constater dans quel désarroi les plongent la politique de Hollande et Valls.

Pas besoin de sondage pour qui connaît suffisamment d’électeurs de cette gauche. Mieux vaut tard que jamais. Faut-il pour autant en déduire que l’affaire est conclue et que Hollande va tirer des conclusions des oppositions au sein du PS qui ne font que remettre à l’ordre du jour des critiques que depuis fort longtemps nous exprimons !

Sans préjuger de ce qui va suivre à ces prises de positions à l’intérieur du PS disons que rien de concret n’interviendra sans que se concrétise autour d’un programme clair un un rassemblement de tous ceux qui condamnent la politique désastreuse qui est bien celle Hollande, Valls et une équipe d’homme et de femmes  qui ont abandonné les valeurs de la gauche ! Et ce se fera d’autant que les travailleurs sauront poursuivre et développer leurs luttes…

 

 

Adrien Rouchaleou
Jeudi, 25 Février, 2016

 

Un appel de rupture avec le gouvernement dans POLITIQUE

L’ancienne première secrétaire du PS et une série de personnalités signataires d’un appel paru hier dressent un constat au vitriol de l’état du pays, de la gauche et la responsabilité écrasante de l’exécutif.

 

 

Retrouvez moi, ce soir à 18h30,  sur @publicsenat @afpfr et @dailymotion  pour #pp3tv pic.twitter.com/z6vn7Ox5cD

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A lire ce jour

Posté par jacques LAUPIES le 24 février 2016

 

 

http://boutique.humanite.fr/netful-presentation-press/site/humanite/default/fr/abonnement/achatAuNumeroDetail.html?milibrisTitleRef=9095c2b4-7201-4572-ac0e-1eef9247a351

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Petits exemples de manipulation

Posté par jacques LAUPIES le 24 février 2016

 

Observateur attentif des reportages, informations  communiqués concernant les implications politiques de la France, il est facile de déceler le parti pris des auteurs ! Parfois même la lourdeur des commentaires, est un véritable indicateur des stratégies adoptées par les états et, en la matière l’état français sait faire, pour que le téléspectateur se range aisément sur ses positions.

Si on bat froid avec la Russie, ou tel autre pays, il y aura toujours ce petit commentaire ou un grand reportage qui va déglinguer Poutine et motiver une certaine agressivité à son égard, si la situation sociale se dégrade on va vous envoyer le philosophe de service qui va tenter de vous convaincre que vous appartenez à une nation de pessimistes et de mécontents qui ne connaît pas son bonheur.

Je n’invente pas !

Hier sur Arte tout un « documentaire » sur la situation en Russie présente la guerre de pouvoir entre libéraux russes au travers d’une évocation de la carrière de Boris Nemtsov  sans la moindre concession vis à vis de Poutine. Bien entendu il ne saurait-être question de faire de Poutine le héros de la démocratie et le champion des libertés mais il est aisé de comprendre quel est l’objectif des réalisateurs dans le contexte international actuel : présenter la Russie totalitaire comme l’ennemi possible. Une présentation partisane de la situation en Ukraine en fin de reportage

Autre exemple un certain Frédéric Lenoir, sans doute sous l’impulsion de son éditeur, vient nous dire sur France 5 (après avoir abondamment tenu ce discours sur d’autres chaines)  que si nous ne trouvons pas le bonheur, au fond c’est parce que nous ne savons pas regarder ce qui nous entoure, que lorsque nous avons une nourriture et un toit, nous courrons après l’avoir et oublions l’être. Un concept philosophique qui arrange bien tous ceux qui, moins généreux, pensent surtout à leur avoir.

On pourrait ainsi établir une liste d’exemples de manipulation qui insidieusement créent une mentalité de victime ou de privilégié (selon le besoin) arme essentielle pour tenir une société dans la préparation du pire : la détestation de l’autre !

 

 

 

 

 

Syrie : Assad accepte le cessez-le-feu et veut organiser des législatives

Mardi, 23 Février, 2016
Humanite.fr

 

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Petits exemples de manipulation dans POLITIQUE

AFP

Le régime d’Assad a accepté ce mardi le plan de trêve présenté conjointement par les Etats-Unis et la Russie et qui doit rentrer en vigueur le samedi 27 février. Le président syrien veut en outre organiser des élections législatives le 13 avril prochain.

« La République arabe syrienne annonce qu’elle accepte la cessation des hostilités, sur la base de la poursuite des opérations militaires pour lutter contre le terrorisme de Daech, le Front Al-Nosra et les autres groupes terroristes qui leur sont liés conformément à l’annonce russo-américaine », a indiqué le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué publié ce mardi. Peu avant, c’était le Haut comité des négociations (HCN), qui annonçait également son accord. Ce comité rassemble plusieurs groupes dits « modérés » de l’opposition à Bachar al-Assad, sous l’égide de l’Arabie Saoudite. Le HCN « accepte de répondre positivement aux efforts internationaux visant à instaurer un cessez-le-feu » en Syrie mais précise que « son engagement est conditionné » à la levée des sièges des villes syriennes, la libération des prisonniers, l’arrêt des bombardements des civils et la livraison d’aide humanitaire.

Assad n’a pas explicitement précisé s’il acceptait ces conditions. « En vue de garantir le succès de la cessation des hostilités prévu samedi, le gouvernement syrien est prêt à coordonner avec le côté russe pour déterminer quelles sont les régions et les groupes armés qui feront l’objet du cessez-le-feu » a toutefois poursuit le ministère. Les termes de la trêve sont définis par la Russie et les Etats-Unis. « La durée de la trêve proposée est de deux semaines mais elle pourra être reconduite indéfiniment avec l’accord des parties » explique le texte. Il y est fait mention que ce cessez-le-feu permettra d’acheminer de l’aide humanitaire et notamment de la nourriture aux populations qui meurent de faim. 

Il y est également bien précisé que les djihadistes et organisations considérées comme terroristes ne seront pas concernées, ce qui reste une crainte pour l’opposition. « Pour nous, la question Al Nosra est problématique parce que ce groupe est non seulement présent dans la province d’Idlib mais aussi dans celles d’Alep et de Damas, ainsi que dans le sud du pays. Ce qui nous inquiète, c’est que des civils ou l’Armée syrienne libre (ASL) soient pris pour cibles sous prétexte de frapper Al Nosra », a déclaré pour sa part Khaled Khoja, membre du HCN et président de la Coalition nationale syrienne (CNS).

En marge de son accord sur le cessez-le-feu, Bachar al-Assad a annoncé la tenue d’élections législatives pour la mi-avril. Les dernières élections en Syrie remontent à 2012, alors que le conflit était déjà lancé. Pour la première fois, elles avaient mis aux prises des candidats de plusieurs partis et non du seul parti Baas, au pouvoir. La plupart des 250 députés qui avaient été élus pour un mandat de quatre ans étaient toutefois membres de ce parti. A la suite de ces élections, Bachar al-Assad avait nommé Riad Hijab, alors ministre de l’agriculture, comme Premier ministre. Ce dernier a depuis fait défection et représente le Haut comité des négociations (HCN).

 

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Aragon et Ferré : écoutez les gamins…

Posté par jacques LAUPIES le 23 février 2016

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De Verdun à Alat ou une commémoration amputée de vérité

Posté par jacques LAUPIES le 22 février 2016

 

Dire qu’il existe encore des inconscients ou de simples imbéciles qui considèrent que les guerres sont inévitables et trouvent chaque fois de bons prétextes, et un certain culot,  pour se ranger dans le camp de la raison contre des ennemis jugés fous et fanatiques.

On fait à chaque fois le coup à des masses d’individus qui partent la fleur au fusil convaincus qu’il faut y aller, espérant sans doute en revenir. Et à en entendre certains on peut craindre qu’il existe encore ce genre d’abruti…

Mais comment peut-on en  déduire qu’il existe en chaque individu une agressivité naturelle, un besoin de se mesurer à l’autre et que ce besoin peut prendre une forme collective et n’aurait rien à voir avec des raisons économiques ou, tout au plus, aurait a voir avec une cupidité qui habiterait notre espèce ?

On en revient à cette phrase célèbre d’Anatole France : « on croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels »

Mais lisez ce qu’Anatole France écrivait au Directeur de l’Humanité en 1922. Deux ans après le Congrès de Tour qui vit se fonder le Parti Communiste rompant ainsi avec la SFIO (parti socialiste compromis par son alliance au sein de l’Union Sacrée qui engagea la France dans ce conflit)

« L’Humanité, 18 Juillet 1922 Anatole France« 

On croit mourir pour la patrie…

 

« Cher citoyen Cachin,

Je vous prie de signaler à vos lecteurs le récent livre de Michel Corday, les Hauts Fourneaux[1], qu’il importe de connaître. On y trouvera sur les origines de la conduite de la guerre des idées que vous partagerez et qu’on connaît encore trop mal en France ; on y verra notamment (ce dont nous avions déjà tous deux quelque soupçon) que la guerre mondiale fut essentiellement l’œuvre des hommes d’argent, que ce sont les hauts industriels des différents États de l’Europe qui, tout d’abord, la voulurent, la rendirent nécessaire, la firent, la prolongèrent. Ils en firent leur état, mirent en jeu leur fortune, en tirèrent d’immenses bénéfices et s’y livrèrent avec tant d’ardeur, qu’ils ruinèrent l’Europe, se ruinèrent eux-même et disloquèrent le monde.

Écoutez Corday, sur le sujet qu’il traite avec toute la force de sa conviction et toute la puissance de son talent.  » Ces hommes-là, ils ressemblent à leurs hauts fourneaux, à ces tours féodales dressées face à face le long des frontières, et dont il faut sans cesse, le jour, la nuit, emplir les entrailles dévorantes de minerai, de charbon, afin que ruisselle au bas la coulée du métal. Eux aussi, leur insatiable appétit exige qu’on jette au feu, sans relâche, dans la paix, dans la guerre, et toutes les richesses du sol, et tous les fruits du travail, et les hommes, oui, les hommes mêmes, par troupeaux, par armées, tous précipités pêle-mêle dans la fournaise béante, afin que s’amasse à leurs pieds les lingots, encore plus de lingots, toujours plus de lingots…

Oui, voilà bien leur emblème, leurs armes parlantes, à leur image. Ce sont eux les vrais hauts fourneaux. Ainsi, ceux qui moururent dans cette guerre ne surent pas pourquoi ils mourraient. Ils en est de même dans toutes les guerres. Mais non pas au même degré. Ceux qui tombèrent à Jemmapes ne se trompaient pas à ce point sur la cause à laquelle ils se dévouaient. Cette fois, l’ignorance des victimes est tragique. On croit mourir pour la patrie; on meurt pour des industriels. Ces maîtres de l’heure possédaient les trois choses nécessaires aux grandes entreprises modernes: des usines, des banques, des journaux.

Michel Corday nous montre comment ils usèrent de ces trois machines à broyer le monde. Il me donna, notamment, l’explication d’un phénomène qui m’avait surpris non par lui-même, mais par son excessive intensité, et dont l’histoire ne m’avait pas fourni un semblable exemple: c’est comment la haine d’un peuple, de tout un peuple, s’étendit en France avec une violence inouïe et hors de toute proportion avec les haines soulevées dans ce même pays par les guerre de la Révolution et de l’Empire.

Je ne parle pas des guerres de l’ancien régime qui ne faisaient pas haïr aux français les peuples ennemis. Ce fut cette fois, chez nous, une haine qui ne s’éteignit pas avec la paix, nous fit oublier nos propres intérêts et perdre tout sens des réalités, sans même que nous sentions cette passion qui nous possédait, sinon parfois pour la trouver trop faible. Michel Corday montre très bien que cette haine a été forgée par les grands journaux, qui restent coupables, encore à cette heure, d’un état d’esprit qui conduit la France, avec l’Europe entière, à sa ruine totale. »L’esprit de vengeance et de haine, dit Michel Corday, est entretenu par les journaux. Et cette orthodoxie farouche ne tolère pas la dissidence ni même la tiédeur.

Hors d’elle, innocente en a souffert mort et passion. Haïr un peuple, mais c’est haïr les contraires, le bien et le mal, la beauté et la laideur ». Quelle étrange manie! Je ne sais pas trop si nous commençons à en guérir. Je l’espère. Il le faut. Le livre de Michel Corday vient à temps pour nous inspirer des idées salutaires. Puisse-t-il être entendu! L’Europe n’est pas faite d’États isolés, indépendants les uns des autres. Elle forme un tout harmonieux. En détruire une partie, c’est offenser les autres. Notre salut c’est d’être bons Européens. Hors de là, toute est ruine et misère.

Salut et Fraternité

Anatole FRANCE

De nos jours des combattants du moyen orient croient mourir pour une patrie, une idée, une religion et ils meurent pour des multinationales, des féodaux, des dictateurs. Rien de bien nouveau et des enfants meurent, sont rejetés par des médiocres qui se disent bons pères de famille, patriotes, citoyens républicains. La honte oui !

 

« Qui n’a pas fait Verdun n’a pas fait la guerre »…, disent les survivants

professeur émérite, université Paris-I Antoine Prost
Vendredi, 19 Février, 2016
L’Humanité

 

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Infographie : Humanité

PHOTO : RUE DES ARCHIVES/TALLANDIER

La bataille de Verdun a été un massacre effroyable. Mais si elle est devenue « la » bataille, c’est en raison de la noria des divisions, de la crainte de perdre la guerre, de la résistance française et de la valeur symbolique développée ensuite par un immense travail de mémoire.

De toutes les batailles de la Grande Guerre, celle de Verdun reste, dans notre mémoire nationale, la plus importante : c’est d’ailleurs la seule qui figure au programme d’histoire des collégiens. Comment expliquer ce statut exceptionnel ?

Une première explication est l’extraordinaire violence des combats jusqu’à l’été. C’est ce que signifiaient, au moment même, les soldats et officiers quand ils disaient : « Qui n’a pas fait Verdun n’a pas fa it la guerre. » De fait, les documents témoignent d’une lutte d’une rare intensité : on se bat dans des trous d’obus, plus ou moins reliés entre eux pour former des tranchées, sous le bombardement constant d’obus souvent de gros calibre. Se montrer de jour est s’attirer aussitôt des balles. La nuit, on veille, on travaille à renforcer les positions, on ne dort pas vraiment ; les corvées en tout genre et les brancardiers sillonnent le champ de bataille. Les survivants qui descendent du front semblent revenir de l’enfer.

Cette explication n’est pourtant pas suffisante. Verdun a été pire que les batailles précédentes, auxquelles les témoins la comparaient, mais les suivantes ont sans doute été plus dures encore, car l’escalade des bombardements n’a pas cessé ; après chaque échec, les états-majors ont conclu qu’ils n’avaient pas frappé assez fort, et ils ont frappé plus fort la fois suivante. Le million d’obus tirés par les Allemands le premier jour de l’offensive représente moins de quatre jours de la production française d’obus en 1918. Le nombre des morts de Verdun est impressionnant – 143 000 Allemands et 163 000 Français –, mais, compte tenu des effectifs, les pertes françaises sont plus lourdes sur la Somme qu’à Verdun. Les récits de la Somme ou du Chemin des Dames, en 1917, sont aussi terribles que ceux de Verdun : ils disent la faim, la soif, la boue – qui colle aux habits et happe parfois les soldats –, les bombardements incessants, les blessés, les cadavres et débris humains, la puanteur, les mouches, la mort présente à tout instant. Verdun est certes un peu différente : sur ce plateau entaillé de multiples ravins profonds, c’est un combat de petits groupes, à la grenade, alors que les autres batailles, en terrain moins mouvementé, mettent aux prises des lignes plus nettes, sur un front plus large. Mais c’est partout l’enfer.

D’autres raisons interviennent. La première est la « noria ». Le commandement français a en effet remplacé les divisions épuisées par des divisions fraîches, alors que les Allemands reconstituaient sur place leurs unités par des renforts. De ce fait, 70 divisions françaises ont combattu à Verdun, sur une centaine. Verdun est la bataille qu’ont « faite » le plus grand nombre de soldats français. En outre, elle est purement française, car les alliés n’y ont pas participé directement.

Les soldats ont intériorisé l’enjeu

Mais la vraie raison est l’importance de l’enjeu. C’était la première fois, depuis 1914, que les Allemands attaquaient, et en force. Tous les Français ont craint de perdre la guerre. À la fin de la semaine qui commence le 21 février, l’angoisse règne : la défaite sera-t-elle enrayée ? La population anxieuse guette les communiqués, la presse se veut rassurante, mais enregistre les reculs. Les hommes politiques s’agitent : c’est à Verdun que se joue le sort de la nation. Dans les semaines qui suivent, c’est là que ministres, parlementaires, journalistes, académiciens, diplomates, veulent aller, et pouvoir dire qu’ils y sont allés.

Les soldats ont intériorisé l’enjeu : ce n’est pas une bataille comme les autres, c’est « la » bataille, et il est juste que chacun y passe à son tour : la noria trouve là sa justification. Le moral des soldats n’est pas constant ; il y a des moments de lassitude, et même des refus de monter en ligne, mais aux moments les plus décisifs, ils consentent des sacrifices surhumains, et l’on peut parler d’héroïsme. Il ne faut pas que les Allemands passent. Le « mythe » de Verdun se constitue pendant la bataille elle-même : c’est le symbole de la résistance française.

Un immense travail de mémoire a développé ensuite la valeur symbolique de Verdun : les combattants sont revenus en pèlerinage, seuls, en famille, en groupes organisés par leurs associations ; un comité a construit l’ossuaire de Douaumont, grâce à des souscriptions de plus d’une centaine de villes françaises et étrangères, des manifestations commémoratives ont été organisées tous les ans. Les villes ont donné à des rues ou des places le nom de Verdun.

C’est parce que Verdun avait acquis cette valeur symbolique exceptionnelle qu’il n’y avait pas de meilleur lieu pour manifester la réconciliation des deux peuples par un geste spectaculaire et silencieux, la poignée de main du président Mitterrand et du chancelier Kohl, le 22 septembre 1984.

 

Repères

  • 21 février 1916. Début de l’offensive allemande. Quatre jours plus tard, le fort de Douaumont est enlevé.
  • 18 juin. Les Allemands, à portée de vue de Verdun, bombardent le secteur avec des obus au phosgène.
  • Du 21 au 24 octobre. Les Français pilonnent les lignes allemandes. Les Français reprennent Douaumont.
  • Mi-décembre. Après 300 jours, les troupes allemandes sont refoulées sur leurs positions de départ.

 

Attaques et contre-attaques. Les Allemands attaquent au nord de Verdun, sur la rive droite de la Meuse, le 21 février 1916, à 7 heures, par un bombardement massif. En cinq jours, ils avancent de 6 à 8 kilomètres et prennent le fort de Douaumont. Ils sont arrêtés par l’arrivée de renforts et la réorganisation du commandement, confié au général Pétain, mais, le 6 mars, ils attaquent aussi rive gauche. Jusqu’à la fin du mois de juin, attaques et contre-attaques font rage. Les Allemands parviennent à 4 kilomètres de Verdun, mais l’offensive alliée sur la Somme, le 1er juillet, les oblige à desserrer l’étreinte. Les Français passent à l’offensive, reprennent les forts de Douaumont puis de Vaux, et reviennent à leur front de départ, rive droite, le 15 décembre. Ils crient victoire mais ne reprendront qu’en août 1917 le terrain perdu rive gauche.

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Umberto Eco et les imbéciles

Posté par jacques LAUPIES le 21 février 2016

 

L’article ci dessous consacré à Umberto Eco cite celui-ci considéré comme un grand intellectuel :

« Les réseaux sociaux ont donné le droit de parole à des légions d’imbéciles qui, avant, ne parlaient qu’au bar, après un verre de vin et ne causaient aucun tort à la collectivité », a-t-il récemment déclaré, rappelle le quotidien Il Messaggero.  »On les faisait taire tout de suite alors qu’aujourd’hui ils ont le même droit de parole qu’un prix Nobel. C’est l’invasion des imbéciles », avait-il dit.

Sauf tout le respect que je dois à cet écrivain, bien que connaissant seulement sa réputation et non son œuvre de romancier ni ses travaux hormis au travers du film « Au nom de la rose » et « Comment voyager avec un saumon ». autrement dit pas grand chose même si ces deux romans ne manquent pas de saveur, je trouve que son appréciation sur l’usage d’internet mérite d’être contestée !

 Je ne m’en tiendrai qu’à cette phrase reprise dans l’Humanité pour commenter cet évènement particulièrement sévère à l’égard des usagers d’internet qualifiés d’imbéciles. Comment ne pas se sentir concernés quand on écrit chaque jour un commentaire portant sur la politique et un peu au delà parfois ?

Il semblerait qu’au prétexte de ne pas appartenir à un monde de spécialistes, d’intellectuels on n’aurait pas le droit à la parole et qu’user des réseaux sociaux est une imposture vis à vis des autres.

J’ai déjà entendu cette remarque sous une autre forme ou l’on disait que les organisations politiques ne peuvent fonctionner sereinement si leurs membres se livrent en permanence à une expression individuelle sur internet. Cette appréciation faite cela ne change pas grand chose à moins d’établir des censures difficile à envisager et à admettre. Auquel cas on pourrait se demander qui seraient les imbéciles.

D’autant que si les médias sont très économes en matière de présentation de « grands intellectuels » ils ne sont pas avare dans l’exhibition d’une poignée d’écrivains, d’artistes s’accrochant plus à leur notoriété qu’à leur reste de talent. Sans compter tous ces spécialistes abonnés à des émissions ou d’évidence la collusion entre éditeurs, producteurs de film, société « occultes » de production télévisées et chaines parait évidente.

Ce qui signifie que nombre de personnes talentueuses n’ont pour s’exprimer que cette opportunité que leur offre le net.  Va, disons le franchement, puisque la médiocrité est si souvent exhibée avec la complicité des maitres du jeu médiatique pourquoi les imbéciles devraient se priver d’user des réseaux sociaux.

 

 

Umberto Eco est mort

Samedi, 20 Février, 2016
Humanite.fr

 

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Umberto Eco et les imbéciles dans POLITIQUE

Photo AFP

Grand intellectuel italien, l’écrivain Umberto Eco, décédé dans la nuit de vendredi à samedi à l’âge de 84 ans, était un universitaire, linguiste et philosophe, qui a connu la gloire mondiale avec un thriller médiéval et érudit, « Le Nom de la rose ».

Grand intellectuel italien, l’écrivain Umberto Eco, décédé dans la nuit de vendredi à samedi à l’âge de 84 ans, était un universitaire, linguiste et philosophe, qui a connu la gloire mondiale avec un thriller médiéval et érudit, « Le Nom de la rose ». Ce philosophe de formation, célébré sur le tard alors qu’il approchait de la cinquantaine, a réussi un coup de maître avec son premier roman publié en 1980: « Le Nom de la rose » s’est vendu à plusieurs millions d’exemplaires et a été traduit en 43 langues.
Consécration: il a été adapté au cinéma en 1986 par le Français Jean-Jacques Annaud avec Sean Connery dans le rôle du frère Guillaume de Baskerville, l’ex-inquisiteur chargé d’enquêter sur la mort suspecte d’un moine dans une abbaye du nord de l’Italie. Truffé de latin, le polar de ce sémiologue de renom à la rondeur affable a même été la cible d’éditions pirate, notamment en arabe sous le titre « Sexe au couvent »….
Autre conséquence, non négligeable pour l’édition italienne, « Le Nom de la rose a relancé le roman en Italie et la littérature italienne à l’étranger. Les écrivains italiens ont à nouveau été traduits », souligne le critique et romancier italien Alain Elkann. Eco, un petit-fils d’éditeur issu de la petite bourgeoisie, a raconté avoir commencé à écrire dès l’âge de dix ans des histoires dont il réalisait lui-même l’édition.
Né à Alessandria (nord de l’Italie) le 5 janvier 1932, il a étudié la philosophie à l’Université de Turin et consacré sa thèse au « problème esthétique chez Thomas d’Aquin ». Ce spécialiste de l’histoire médiévale, qui a traduit Nerval en italien et qui connaissait par coeur Cyrano de Bergerac, a aussi travaillé pour la radio-télévision publique italienne Rai, l’occasion pour lui d’étudier le traitement de la culture par les médias. Polyglotte, marié à une Allemande, Eco a enseigné dans plusieurs universités, en particulier à Bologne (nord) où il a occupé la chaire de sémiotique jusqu’en octobre 2007, date à laquelle il a pris sa retraite.
Umberto Eco a expliqué s’être mis sur le tard à la fiction car « il considérait l’écriture romanesque comme un jeu d’enfant qu’il ne prenait pas au sérieux ».
Homme de gauche
Après « le Nom de la rose », il a notamment offert à ses lecteurs « Le Pendule de Foucault » (1988), « L’île du jour d’avant » (1994) et « La mystérieuse flamme de la reine Loana (2004) ». Son dernier roman, « Numéro zéro », publié en 2014 est un polar contemporain centré sur le monde de la presse. Il est aussi l’auteur de dizaines d’essais sur des sujets aussi éclectiques que l’esthétique médiévale, la poétique de Joyce, la mémoire végétale, James Bond, l’art du faux, l’histoire de la beauté ou celle de la laideur.  »Le beau se situe à l’intérieur de certaines limites tandis que le laid est infini, donc plus complexe, plus varié, plus amusant », expliquait-il dans une interview en 2007, ajoutant qu’il avait « toujours eu de l’affection pour les monstres ». Affirmant « écrire pour s’amuser », Il Professore – des yeux malicieux derrière des lunettes et une barbe blanche – était aussi bibliophile et possédait plus de 30.000 titres dont des éditions rares.
« Eco était un premier de la classe, très intelligent, très érudit. Il a incarné avec brio la figure de l’intellectuel européen. Il était aussi à l’aise à Paris et Berlin qu’à New York ou Rio », estime l’écrivain italien Alain Elkann.
Homme de gauche, Umberto Eco n’avait rien de l’écrivain enfermé dans sa tour d’ivoire et ce joueur de clarinette écrivait régulièrement pour l’hebdomadaire L’Espresso. Après la victoire aux élections législatives de Silvio Berlusconi en 2008, il avait consacré un article au retour de l’esprit des années 40, regrettant d’ »entendre des discours semblables à ceux sur « la défense de la race » qui n’attaquaient pas seulement les Juifs, mais aussi les Tziganes, les Marocains et les étrangers en général ».
Après le rachat de RCS Libri par Mondadori, propriété de la famille Berlusconi, Umberto Eco a mené son dernier combat aux côtés d’autres écrivains pour protéger le pluralisme de l’édition en Italie.
Son ouverture d’esprit ne l’empêchait pas de voir d’un oeil critique l’évolution de la société moderne.  »Les réseaux sociaux ont donné le droit de parole à des légions d’imbéciles qui, avant, ne parlaient qu’au bar, après un verre de vin et ne causaient aucun tort à la collectivité », a-t-il récemment déclaré, rappelle le quotidien Il Messaggero.  »On les faisait taire tout de suite alors qu’aujourd’hui ils ont le même droit de parole qu’un prix Nobel. C’est l’invasion des imbéciles », avait-il dit.

 

http://www.lemonde.fr/disparitions/article/2016/02/20/umberto-eco-auteur-du-nom-de-la-rose-est-mort_4868787_3382.html

 

 

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