Les lycéens de Tarascon s’auto organisent contre la loi EL Khomri

Posté par jacques LAUPIES le 31 mars 2016

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En petits groupes

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un trio rigolo

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parfois plus intme

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mais tous ensemble avec ce mot d’ordre à l’entrée du lycée Alphonse Daudet et une organisation avec utilisation de « Facebook »

Faut le faire : justifier les licenciements faciles pour mieux embaucher, mettre le patron en capacité d’organiser des référendums (contre les syndicats) si des organisations syndicales représentant 30 % des salariés le demandent pour modifier salaires et durée du travail, une durée qui pourrait atteindre 48 h par semaine avec réduction de la majoration des heures supplémentaires, assouplissement des critères de licenciement économique, surveillance médicale des salariés réduite, etc.

Hollande, Valls et Khomri ont un sacré culot d’hommes et de femmes soi disant de gauche.

Autrement des acquis résultant d’années de lutte des anciens remis en cause sous prétexte de vouloir rendre plus compétitive les entreprises.

Le patronat et ses organisations syndicales (MEDEF) ainsi que leurs traditionnels soutiens de droite sont prêts à voter une  loi émanant de la tendance social libérale du PS au gouvernement.

Les jeunes lycéens de Tarascon n’ont pas hésité à se lancer dans la grève et sont, sagement mais fermement et joyeusement restés devant le lycée ce matin ou nous avons pu les retrouver. La CGT est venue les soutenir, comme nous l’avons fait par notre présence en distribuant pour le Parti Communiste un tract appelant au retrait de la loi et en leur donnant notre appui, dans le respect bien entendu de la conduite de leur action qui nous a paru exemplaire et a du normalement dissiper les inquiétudes de l’administration, ou parfois du scepticisme de certains enseignants dont l’un d’eux semblait douter de la conscience contestataire des élèves.

En oubliant sans doute que par son attitude le gouvernement est en train de favoriser cette prise de conscience face à une loi qui va leur ôter des droits alors que c’est le contraire qu’un gouvernement de gauche devrait faire.

Une prise de conscience qui doit dans le méli-mélo politique entretenu par les médias plus particulièrement les télés publiques, déboucher sur ne prise de conscience politique car comme j’ai eu l’occasion de le rappeler dans une discussion avec ces jeunes : votre action revendicative est absolument indispensable mais vous devez doter demain les assemblées et notamment le parlement (Sénat et Assemblée Nationale) d’élus qui comme ceux du groupe communiste défendent sans relâche depuis des décades les droits des salariés.

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Dans l’hémicycle les élus communistes demandent le retrait de la loi

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Avec Calvi le soumis dans « C dans l’air » émission de la 5, des commentateurs aux service des socio libéraux ou de la droite mais surement pas des travailleurs et des jeunes en lutte ! Y a qu’à les entendre ces fantômes de la télé : lamentable

 

 

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Contre la loi travail

Posté par jacques LAUPIES le 31 mars 2016

 

Contre la loi travail, une mobilisation massive dans les rues de France

Jeudi, 31 Mars, 2016
Humanite.fr

 

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Mobilisation à Boulogne-Sur-Mer
Twitter

La mobilisation est d’ores et déjà un succès. Les dizaines de manifestations contre le projet de réforme du Code du travail qui ont lieu ce jeudi ont rassemblé au-delà des prévisions.

« Il y a une très forte mobilisation. (…) ça va au-delà de ce qu’on avait prévu », s’est réjoui le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez. « Il faut que le gouvernement prenne en compte ce qu’il se passe dans la rue. » « Les premières manifestations sont beaucoup plus importantes que le 9 mars. Le gouvernement doit ouvrir les yeux », a réagi sur Twitter son homologue de FO, Jean-Claude Mailly. Et en effet, les chiffres de mobilisation des premières manifestations impressionnent. 120 000 à Marseille, 100 000 à Toulouse, 30 000 à Bordeaux, 15000 au Hâvre, à Caen, à Montpelier… Au moins 250 lycées sont mobilisés en France et les mouvements de grève sont plutôt suivis.

Les syndicats ont d’ores et déjà prévu une nouvelle journée d’action le samedi 9 avril. « Il est important d’avoir la semaine prochaine une forte mobilisation. On sait que les salariés qui rejettent massivement le texte ne seront pas là aujourd’hui. Le samedi 9 avril sera l’occasion pour eux de montrer la force du mouvement », a ainsi expliqué Eric Beynel, porte-parole de Solidaires, avant le départ de la mobilisation parisienne.  « On a prévu une autre mobilisation samedi 9 avril, sauf si le projet est retiré », a confirmé Philippe Martinez.  « On est rentré dans un bras de fer », avait déclaré un peu plus tôt le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, évoquant « une grande mobilisation sur tout le territoire le 9 avril ».  Une réunion intersyndicale des sept organisations à l’origine des manifestations de ce jeudi doit confirmer cette initiative dans la soirée. Une autre journée d’action à l’appel des organisations de jeunes pourrait avoir lieu le 5 avril.

 

 

 

 

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Manifestez ce jeudi 31 mars à Arles à 10 h 30

Posté par jacques LAUPIES le 31 mars 2016

Philippe Martinez : « Ce texte n’est pas amendable, il faut le retirer »

Entretien réalisé par Clotilde Mathieu
Mercredi, 30 Mars, 2016
L’Humanité

 

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Manifestez ce jeudi 31 mars à Arles à 10 h 30 dans POLITIQUE

Philippe Martinez : « Les jeunes ne sont pas dupes, la précarité, ce sont eux qui la connaissent le mieux. Ils ont bien compris que tout ce que propose le gouvernement, au nom du modernisme, est un retour en arrière. ce nouveau Code du travail ne créerait pas d’emploi, comme nous le martelons depuis des mois.
Photo : Guillaume Clément

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, fort de la mobilisation qui s’annonce demain, envisage une accélération et une amplification du mouvement.

Vous annoncez une grande journée d’action pour le 31 mars. Quel est l’état de la mobilisation dans les entreprises ?

Philippe Martinez Il y aura énormément de monde demain dans les rues, j’en suis persuadé. Tous les salariés se sentent et sont directement concernés par la loi travail. Si bien que 70 % des Français considèrent que ce texte est mauvais. Nous continuons de recevoir beaucoup d’appels de salariés de petites entreprises non organisés pour savoir comment faire grève et où se trouvent les manifestations. La mobilisation du 9 mars a déjà eu un effet, puisque le gouvernement a dû rencontrer les organisations syndicales. Il doit désormais revoir l’ensemble de sa copie. C’est pour cela que nous avons travaillé à amplifier le mouvement afin de permettre le rassemblement des salariés, bien au-delà de nos cercles traditionnels. Mais cette journée cristallise aussi un certain nombre de mécontentements et de revendications. Comme l’amertume chez les fonctionnaires, les questions d’organisation du temps de travail avec la journée d’action de l’AP-HP, mais aussi les questions salariales dans les entreprises, qui sont insupportables au vu des scandaleuses rémunérations des frères Carlos (Ghosn et Tavares, les PDG respectifs de Renault et PSA – NDLR).

Hier justement, Pierre Gattaz saluait le patron de PSA pour sa réussite, n’hésitant pas à le qualifier de héros. Un des principes de la loi travail est d’ajuster le « marché du travail » à l’activité de l’entreprise. Comment réagissez-vous à cela ?

Philippe Martinez Le Medef est dans sa logique. Les accords de compétitivité ont été mis en place par les constructeurs automobiles uniquement pour améliorer les performances financières pour les actionnaires en imposant aux salariés un gel des salaires, une détérioration des conditions de travail et une hausse de la précarité. Chez Renault, ce sont 760 millions d’euros de dividendes qui ont été versés cette année. Les actionnaires n’ont fait que remercier ces PDG. Dans les deux cas, les représentants de l’État ont voté contre ces rémunérations. Ce gouvernement, qui a soutenu les accords de compétitivité et les a même encouragés, peut toujours s’indigner. Le mal est fait.

Les 9, 17, 24 mars, les jeunes se sont fortement mobilisés. Face à la précarité tout au long de la vie, la CGT propose la sécurité sociale professionnelle. À l’heure où l’argent public manque pour le financement de l’assurance chômage et de la protection sociale, est-ce une alternative crédible ?

Philippe Martinez Nous sommes assez fiers de proposer autre chose. Les jeunes ne sont pas dupes, la précarité, ce sont eux qui la connaissent le mieux. Ils ont bien compris que tout ce que propose le gouvernement, au nom du modernisme, est un retour en arrière. Si nous devons continuer à affûter nos arguments, tout démontre que des richesses existent dans ce pays et plus globalement sur la planète. Combien d’entreprises, très importantes, pratiquent l’évasion fiscale pour ne pas payer d’impôt ? Ce n’est pas un problème d’argent c’est avant tout un problème de répartition des richesses. Il y a besoin de s’attaquer au monde de la finance, à ces multinationales non citoyennes, pour financer des mesures sociales qui ne remettront pas en cause la bonne marche des entreprises. En 2015, les groupes français seront les champions des dividendes versés aux actionnaires. Nous sommes au cœur de choix politiques. L’exécutif prend des décisions mais elles ne vont pas dans le sens du progrès social.

Beaucoup de violences ont eu lieu en marge de ces manifestations. Est-ce une des conséquences de l’état d’urgence ?

Philippe Martinez Pour une part oui. J’admets que nous sommes dans une situation particulière. Mais nous avons beaucoup de problèmes avec les préfets pour maintenir les manifestations, pour en assurer les parcours. Et en même temps, il y a une volonté que nous avons connue sous d’autres gouvernements de réprimer toute forme de contestation. Nous le voyons également dans les entreprises avec la répression antisyndicale.

Vous exigez le retrait du texte quand d’autres pensent que le débat parlementaire permettra d’en supprimer les éléments négatifs. Pourquoi estimez-vous que cette stratégie est une impasse ?

Philippe Martinez Ce texte n’est pas amendable, puisqu’il change complètement les règles de la loi. Le droit du travail, c’est la loi et elle doit être la même pour tout le monde. Or, si ce projet passe, il y aura un Code du travail différent dans chaque entreprise. Il faut repartir d’une feuille blanche. Cela ne veut pas dire que nous sommes pour un statu quo. Ne pas admettre que la CGT ne se contente pas de refuser ce texte mais propose un autre projet, c’est de la malhonnêteté intellectuelle. Les parlementaires s’interrogent aussi, y compris ceux qui portent le texte. Ce qui est un comble. Ils viennent de comprendre que ce nouveau Code du travail ne créerait pas d’emploi, comme nous le martelons depuis des mois. Un gouvernement qui se dit à l’écoute de l’opinion doit retirer son texte. Ce n’est jamais perdre la face que de savoir écouter le peuple.

Alors qu’elles n’appellent pas à la mobilisation, vous portez beaucoup de revendications communes avec l’Unsa et la CFE-CGC, qui sont par exemple opposées au référendum dans l’entreprise, contrairement à la CFDT. Cette division syndicale est-elle inéluctable ?

Philippe Martinez Nous avons essayé de travailler avec tout le monde et la CGT a été à l’initiative de cette réflexion en commun. Il se trouve qu’en cours de route, pour des raisons de posture, quatre confédérations ont décidé de ne plus discuter avec les autres pour échanger et faire l’analyse de ce projet de loi. Ce que je constate, c’est que jeudi prochain des fédérations entières de ces confédérations seront présentes dans la rue. Il y a des appels clairs et précis, à l’échelle de professions ou d’entreprises.

Quelles suites pensez-vous donner au 31 mars ?

Philippe Martinez Nous allons réagir en fonction des réponses, ou plus vraisemblablement des non-réponses du gouvernement. Nous aurons une intersyndicale, mais la CGT a mis sur la table des propositions avec des nouvelles mobilisations à l’échelle interprofessionnelle. Il est vraisemblable que nous en accélérerons le rythme. La CGT est là pour proposer, pour rythmer, elle prend ses responsabilités. Mais ce sont aux salariés de décider. D’ailleurs, je reste persuadé que dès demain, il y aura des AG dans les entreprises où les salariés décideront des suites du mouvement.

À trois semaines de son congrès, la CGT se retrouve au centre de ce printemps social. A-t-elle dépassé sa crise interne ?

Philippe Martinez Depuis un an, nous avons retravaillé notre rapport aux salariés. Les travaux pratiques nous donnent raison. Les visites de syndicats me confirment que nous sommes sur la bonne voie, même si la CGT a encore du boulot pour devenir le syndicat de tous les salariés, et particulièrement celui des privés d’emploi, des précaires, des jeunes. Cette CGT intéresse. D’ailleurs depuis quinze jours, le nombre d’adhésions a été multiplié par quatre. Le congrès doit permettre de valider et surtout de mettre en œuvre un certain nombre de décisions. C’est indispensable.

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Philippe Martinez : « Ce texte n’est pas amendable, il faut le retirer »

Posté par jacques LAUPIES le 30 mars 2016

Entretien réalisé par Clotilde Mathieu
Mercredi, 30 Mars, 2016

 

Philippe Martinez : « Ce texte n’est pas amendable, il faut le retirer » dans POLITIQUE

Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, fort de la mobilisation qui s’annonce demain, envisage une accélération et une amplification du mouvement.

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Les Secrets d’histoire mortifères

Posté par jacques LAUPIES le 29 mars 2016

 

Toujours intéressant de découvrir l’histoire ! Mais il est vrai que la  série « secrets d’histoire » - où l’on nous ferait presque oublier son vrai moteur l’affrontement de classe à l’interne et les oppositions de différents impérialismes en Europe pour y substituer la psychologie des hommes au pouvoir (rois, empereurs et autres présidents de quelque république) – contribue qu’on le veuille ou non, à détourner une partie de la population, peu avertie de l’histoire réelle qui marque la vraie vie politique d’une nation.

Les références  aux liens qu’entretenaient les souverains européens entre eux, tout autant que ceux qu’ils avaient avec les ministres (dans les monarchies constitutionnelles) sont bien sur révélateurs de l’éloignement qui les séparaient de leurs peuples. Elles permettent d’en tirer des conclusions intéressantes mais aussi parfois fantaisistes à cause de l‘interprétation de leur vie privée présentée comme la cause de grands faits historiques. Des faits et leurs causes qui n’ont rien à voir avec l’intimité des protagonistes royaux ou impériaux.

De là à en conclure que l’incarnation du pouvoir par un seul homme, de par ses qualités ou ses défauts, son bon sens ou sa folie, explique tout, il y a un pas que les enfants à l’école, comme les adultes devant leur télé, risquent de franchir.

Irresponsables sont ceux qui prenant parfois prétexte sur des nécessités pédagogiques commencent leur cours ou leur discours d’histoire en usant de cette facilité. Et il y en a hélas beaucoup !  Alors que l’heure semble venue de ramener l’exercice du pouvoir plutôt aux assemblées élues qu’à des solitaires séduits par le pouvoir personnel, judicieusement entourés pour devenir des instruments des puissances financières er économiques.

Les Secrets d'histoire mortifères dans POLITIQUE 1024px-Castle_Neuschwanstein

Luchino Visconti : En réali­sant Ludwig, le crépus­cule des dieux, avec un Helmut Berger incan­des­cent de beauté et de folie, en 1972, soit quatre ans avant sa mort, le cinéaste italien n’a pas seule­ment signé le biopic le plus baroque sur le « roi fou ». Il s’est peut-être aussi offert un auto­por­trait fantasmé. Passionné par les chevaux et l’opéra, tout comme Louis II dont Richard Wagner fut le protégé, Visconti se tourna, après un projet de mariage échoué, vers des amours exclu­si­ve­ment mascu­lines, tout comme Louis II qui fut rejeté par le père de sa cousine Sophie-Char­lotte. Chez les deux hommes, élevés dans la rigueur et le faste de l’aris­to­cra­tie, ferveur reli­gieuse et atti­rance sexuelle furent diffi­ciles à récon­ci­lier, entraî­nant une certaine mystique de la déchéance.

 

 

Patrice Bessac interpelle l’élysée

Gérald Rossi
Vendredi, 25 Mars, 2016
L’Humanité

 

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 dans POLITIQUE

Photo : Gilles Delbos

Dans une lettre à François Hollande, le maire (PCF) de Montreuil dénonce le désengagement financier de l’État et souligne combien les villes devraient être moteurs de la relance économique et de l’emploi.

Leurs poches sont vides. La décision de réduire de plus de 10 milliards d’euros les dotations de l’État aux collectivités locales entre 2015 et 2017 plonge la plupart d’entre elles dans des situations économiques inextricables. Ainsi Montreuil, une des principales villes de Seine-Saint-Denis, en région parisienne, dont le maire communiste, Patrice Bessac, vient d’écrire au président de la République. « Nous partageons la volonté d’être économes des deniers de nos concitoyens. Notre règle veut que chaque euro engagé pour la dépense publique soit indispensable et socialement performant », explique l’édile. Puis, il pointe deux difficultés, à ses yeux essentielles aujourd’hui : « L’augmentation des charges qui nous sont imposées », ainsi que « la réduction des dotations que l’État doit aux communes ».

Le maire de Montreuil ouvre des pistes concrètes

Entre 2015 et 2017, les collectivités locales, dans le cadre du plan d’économies de 50 milliards décidé par le gouvernement, sont soumises à une ponction de près de 11 milliards. Jeudi, Bercy a été amené à démentir une rumeur sur l’arrêt de la baisse des dotations en 2017. « Renoncer à 3,7 milliards d’euros dans la situation actuelle n’est pas envisageable au regard de la situation budgétaire et des montants en jeu », a même précisé le cabinet du ministre. Seul Jean-Michel Baylet, désormais en charge de l’aménagement du territoire, a reconnu, en début de semaine, la « forte pression » des élus, n’excluant pas « un arbitrage ». Ce qui fait dire à André Laignel, le vice-président de l’Association des maires de France (AMF), que « ce serait une divine surprise », tout en disant rester « extrêmement prudent ».

En revanche, dans son courrier particulièrement argumenté, Patrice Bessac ouvre des pistes concrètes. « Des centaines de milliards d’aides et de subventions sont accordées chaque année et sans contrôle des dépenses aux dirigeants des entreprises pour satisfaire ces objectifs. Les résultats positifs ne sont pas au rendez-vous. En restituant une partie de cette manne énorme aux communes, que se passerait-il ? » s’interroge le maire de Montreuil. Sa réponse : « L’argent ne sera pas joué en Bourse, il n’assurera pas artificiellement des marges pour garantir des dividendes à des actionnaires déjà bien pourvus. » En outre, pointe l’élu avec sérieux, « les milliards d’euros attribués sous contrôle aux communes permettront la construction et l’entretien d’écoles, de crèches, de piscines, de stades, de centres culturels, de zones d’activité commerciale ou industrielle ».

L’AMF qui, sur son site Internet, propose à ses adhérents de cliquer sur une fenêtre « pour estimer la baisse de (leur) DGF », est aussi remontée au créneau cette semaine, après l’annonce de l’augmentation du salaire des fonctionnaires, et elle demande « au premier ministre, l’ouverture très rapidement d’une négociation globale afin de compenser l’impact financier de ces mesures sur les budgets locaux déjà soumis à de très fortes contraintes ». De son côté, Bruno Cavagné, président de la Fédération nationale des travaux publics, a indiqué jeudi matin, chez nos confrères d’Europe 1, que « les collectivités locales sont nos premiers clients », qui, faute de moyens, ont réduit leurs commandes, entraînant « la perte de 12 000 emplois en 2015, nous allons en perdre 8 000 en 2016 »… Des dégâts qui pourraient être évités, car comme le dit encore Patrice Bessac, « nos communes sont en capacité d’être des bases nouvelles et efficaces de la relance ».

 

Les maires de France préparent leur congrès 

Le 99e congrès de l’Association des maires de France se tiendra du 31 mai au 2 juin, porte de Versailles, à Paris. Il sera un temps fort de débats et de mobilisation pour les élus locaux, confrontés à des baisses de ressources remettant en cause à la fois leurs engagements devant leurs électeurs et les projets de développement.

Télécharger la lettre du maire de Montreuil au Président de la République

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Manifestation culturelle organisée par l’Union Locale CFDT d’Arles

Posté par jacques LAUPIES le 29 mars 2016

 

 

A l’occasion de la Féria d’Arles l’Union Locale CFDT à l’initiative de son Secrétaire Frédéric Amblard, des rencontres Culture, poésie ont été organisée ce Vendredi 25 avril, dans les locaux de l’organisation syndicale 3, place de la République.

Il s’agissait « d’organiser une rencontre durable, en amont du Festival d’Avignon en juillet, autour de la culture à Arles (qui est le point méridional du triangle Arles Avignon Nîmes) pour mettre la réflexion des structures culturelles CFDT en relation avec les entreprises et associations majeures de la culture »

A cette occasion des responsables de la CFDT s’étaient déplacés : Michel Vliegen, Secrétaire-Général UD CFDT 13, Patrick Parra, ancien Secrétaire-Général UD CFDT 13, René Fontanarava, Secrétaire National de la Fédération CFDT Culture, Jean Garcia, Secrétaire National du SNAPAC (acteurs et comédiens) Jean Marc Bourgeois Secrétaire National du Syndicat Maison des Artistes.

A l’issue de ces rencontres marquée par une exposition de photos et la lecture de poèmes était organisé un apéritif dinatoire.

Un heureuse initiative qui marque la volonté des organisateurs d’intégrer la culture dans son action syndicale.

 

 

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Décès d’Alain Decaux

Dimanche, 27 Mars, 2016

 

L’académicien est mort ce dimanche 27 mars, à l’âge de 90 ans. Homme de télévision où il avait crée de nombreuses émissions dédiées à l’histoire il a publié de nombreux ouvrages dont Letizia : Napoléon et sa mère, récompensé par l’Académie française, où il est entré en 1979. Il a aussi été ministre délégué en charge de la Francophonie dans le gouvernement de Michel Rocard, entre 1988 à 1991.

À partir des années 1950, ce formidable conteur, auteur d’une soixantaine d’ouvrages, a incarné l’histoire à la radio et à la télévision, où il a créé plusieurs émissions célèbres. Filmé en plan fixe, il avait le don de captiver les téléspectateurs avec la bien nommée émission Alain Decaux raconte. Pendant des années, ce historien à la mémoire prodigieuse, rappelait aux Français les grandes et petites anecdotes de leur histoire en jouant sur les silences, le suspense et les rebondissements… Tout y passait, dans un brillant éclectisme populaire : Louis XVII, la bête du Gévaudan, le radeau de la Méduse, les quatre sergents de La Rochelle, Landru, le secret de Monte-Cristo…

 

Certes l’on pourra critiquer — et l’on a critiqué — cette vision du passé, trop psychologique, trop événementielle, trop romancée, trop académique. Mais sa vertu était irréfutable : elle suscitait la curiosité !

Né dans le Nord, à Lille en 1925, Alain Decaux avait (comme beaucoup de Français !) des ancêtres paysans, un grand-père instituteur, un père avocat. Il passe son enfance à la campagne, poursuit ses études en ville et partage son temps entre la lecture et les escapades familiales sur les plages belges. Lors de la seconde guerre mondiale, la famille se réfugie dès 1939 en Bretagne, chez des cousins. Puis son père finit par se fixer à Paris, comme administrateur judiciaire, et toute la famille s’installe dans la capitale.  « C’est ainsi que je suis devenu parisien et que j’ai pu faire cette carrière, a-t-il un jour reconnu. C’est la guerre qui a fait de moi ce que je suis. »
 
Alain Decaux a toujours aimé les livres, depuis sa plus tendre jeunesse. À 11 ans, il est hospitalisé pour une crise d’appendicite. Pour l’occuper, son grand-père lui offre Le Comte de Monte-Cristo, qui fut pour lui une révélation. Dès lors, il demande à son père un livre d’Alexandre Dumas à chaque fois qu’il rapporte une bonne note de l’école et se plonge dans la lecture des ouvrages de Lenotre, le « pape » de la petite histoire, qui va fortement l’influencer. À l’adolescence, il se rêve auteur dramatique, à l’image de son autre idole, Sacha Guitry.
Les hasards du destin lui feront croiser le célèbre dramaturge. À la Libération, Guitry est soupçonné et emprisonné. Decaux, alors mobilisé, apprend la nouvelle, fonce au domicile et s’improvise gardien des lieux pour éviter tout pillage…
Le maître lui en sera toujours reconnaissant : « Puisque vous avez sauvé cette maison, elle est un peu la vôtre », lui lance-t-il. Parrainé par Guitry, toujours bienveillant, le jeune auteur comme à publier : d’abord une enquête sur Louis XVII – l’un de ses thèmes de prédilection –,  suivie d’une biographie de Letizia, la mère de Napoléon, couronnée par l’Académie française alors qu’Alain Decaux n’a que 25 ans !
En 1960, il fonde la revue Histoire pour tous, et va collaborer à de nombreux journaux et revues. Dialoguiste du film « Les misérables » (1982) de Robert Hossein, avec qui il aura une intense collaboration artistique, il est aussi biographe de Victor Hugo et admirateur d’Alexandre Dumas (toujours !) , à qui il consacre en 2010 un « Dictionnaire amoureux ».
On lui doit aussi « Alain Decaux raconte la Bible aux enfants », « C’était le XXe siècle » (en quatre volumes), « Le Tapis rouge », sur son expérience ministérielle, ou au théâtre, « N’ayez pas peur » sur le pape Jean Paul II.
Alain Decaux a été en 1973 le premier président, élu au titre de la télévision, de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques. En 1989, il a été nommé coordonnateur de la politique télévisuelle extérieure française. Depuis 1999, il existe un prix Alain Decaux de la francophonie.
Marié deux fois, père de trois enfants, il a été élevé en 2014 à la dignité de grand’croix de la Légion d’honneur.

 

 

 

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Le numérique : une chance pour sortir des entraves du système ?

Posté par jacques LAUPIES le 28 mars 2016

 

Lorsque j’aborde avec la plupart des personnes de ma génération la question  de l’usage de l’ordinateur, symbole du numérique mais évidemment pas sa seule application,  le constat est clair : méfiance, suspicion et parfois même refoulement habitent nombre d’entre eux ! Il faut dire que j’ai quatre vingt ans.

Mais comme toujours on ne peut empêcher les mœurs d’évoluer, les préjugés de disparaître, d’une génération à l’autre et sans que cela soit pour autant mécanique.

Les mœurs c’est quoi ? En principe le terme  indique les pratiques, le habitudes, les traditions, les règles morales d’une société à une époque donnée. Il s’applique très souvent aux questions sexuelles et l’on pourrait les prendre en exemple pour faire la démonstration du frein que les mœurs peuvent constituer dans l’épanouissement des individus.

S’agissant du travail ou des loisirs l’adoption des techniques nouvelles connaissent souvent  une phase de rejet, de méfiance qui retarde leur utilisation. Au point qu’on leur attribue tous les maux possibles et imaginables suscitant jusqu’à la peur.

Alors que le bon réflexe consisterait à se demander quel parti positif on peut retirer de leur application on s’enferme dans la négation et parfois même la destruction. Mais comme dit le proverbe : on n’arrête pas le progrès. Et généralement la nouveauté déclenche la recherche du profit que l’on peut en retirer. Comme toujours naissent des usages liés aux positionnements de catégories : celles qui disposent des moyens d’en exploiter les qualités et la fabrication, celles qui seront associées à ce travail d’exploitation et enfin celles qui en deviendront consommatrices et usagères.

Les premières évidemment vont dynamiser les recherches mais aussi les orienter en fonction de leurs besoins donc de leurs intérêts. On sait ce que cela veut dire pour un capitaliste et cela ce que ce pourrait-être pour un service public !

Les seconds exécuteront et fabriqueront sous leur direction. Ils auront cependant en tant qu’usager (et citoyen) un ressenti particulier en tant que consommateur et producteur.

Les troisièmes, grande masse de consommateurs vont certes avoir des exigences à ce titre mais n’échapperont pas au conditionnement des producteurs et distributeurs prêt à bien des dérives pour les inciter à consommer plus, ce qui passe notamment par les capacités qu’offre le numérique lui même en matière de détection des désirs même des usagers. Faut-il pour cela en déduire que les outils numériques sont dangereux pour l’économie, pour la justice sociale, pour la démocratie, pour la culture ?

Certainement pas et il faut éviter cette interprétation que l’on découvre dans la mise en œuvre des nouveautés scientifiques et technologiques. Un travers, un défaut qui consiste à stigmatiser ce qui est nouveau avant même de l’avoir expérimenté. Depuis la découverte de la roue jusqu’à celle de l’énergie atomique, en passant par la machine a vapeur cela existe et, en matière d’échange des idées, depuis le papyrus jusqu’à internet en passant par l’imprimerie, de la même manière le doute est là.

Mais plus grave, en général les détracteurs ne voient pas ou ne veulent pas voir les positionnements de classe vis à vis des utilisations que l’on peut faire de toute les innovations. On s’insurge des effets mais on oublie les causes.

C’est bien pour cela qu’il faut appréhender le numérique comme une chance d’émancipation, d’allègement du travail et qu’au lieu de parler de chômage prévisible il serait plus sain de parler de réduction de la durée du travail, de formation, de culture, généralisés. Possible si les 99 % en font leur affaire.

 

De la démocratie à l’heure du numérique

Jeudi, 24 Mars, 2016
Humanité Dimanche

 

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Le numérique : une chance pour sortir des entraves du système ? dans POLITIQUE

Patrick Nussbaum

La chronique de Francis Wurtz, député honoraire du Parlement européen. Quel avenir nous réserve la « révolution numérique » en cours ? Le Parti communiste français vient de prendre l’heureuse initiative d’organiser, deux jours durant, pas moins de seize ateliers de discussion autour des principaux enjeux de société que pose cette formidable mutation du monde contemporain.

Des sociologues, des philosophes, des économistes, des ingénieurs, des enseignants, des chercheurs, des lanceurs d’alerte, des journalistes, des syndicalistes, des activistes de réseaux sociaux, des élus y ont croisé leurs expériences et leurs réflexions avec un public où les « geeks », accros à l’informatique, se mêlaient aux « gens normaux », simplement désireux d’en savoir plus sur un phénomène qui ne fait rien de moins que bouleverser notre vie et nous interroger sur l’humanité de demain…

À ne voir que les pouvoirs tentaculaires qu’ont acquis dans ce contexte les grandes sociétés capitalistes capables de placer ces nouveaux outils au service de leur stratégie de conquête du monde, on est pris de vertige et tenté par le fatalisme. L’initiative du PCF – « Des débats de fond comme on en voit peu, de nos jours, dans les partis », souligna l’un des invités – visait précisément à aider à surmonter ce blocage. Les risques d’aliénation liés à l’explosion du numérique ne doivent pas nous cacher les chances d’émancipation que peuvent, à l’inverse, offrir ces outils d’information désormais à la disposition des citoyens. « Chacun, là où il est, doit être en position d’initiative, d’exercice de ses responsabilités et pouvoir participer à la définition puis à la réalisation des projets communs et de son avenir », expliqua Jean-Michel Treille, l’un des intervenants, ancien haut responsable au Commissariat général du plan (2).

Créer les conditions de ce sursaut : voilà un grand défi démocratique de notre temps ! Pour le relever, des actions sont requises à tous les échelons du territoire : de celui de l’entreprise et de la commune jusqu’à celui de l’État et de l’Europe. À l’entreprise, la conquête de droits des salariés à l’information est essentielle pour stimuler la motivation et modifier les rapports de forces. Dans la commune, l’objectif doit être d’obtenir « pour chaque foyer l’accès au très haut débit », « pour chaque scolaire son ordinateur », « pour chaque patient sa clé USB contenant son dossier santé, avec un code d’accès pour la personne et un code pour le médecin afin de sécuriser les données », expliqua Isabelle Lorand, maire adjointe au numérique à Vitry-sur-Seine, en insistant sur l’exigence de « repenser les métiers pour y revaloriser la place de l’humain ».

Au niveau national, il faut « un État stratège, souligna encore J.-M. Treille, capable d’introduire dans l’éducation ce que représentent les potentialités du numérique pour analyser un problème, réaliser une synthèse, simuler un choix… capable aussi de promouvoir aux citoyens les informations leur permettant d’exprimer leurs capacités ». Sur le plan européen enfin, l’enjeu de civilisation que représente le développement exponentiel du numérique rend tout à la fois plus pertinentes que jamais une construction commune à même de contrer l’hégémonie des géants du Web, et la refondation du cadre existant, foncièrement dédié aux « marchés ». Sur ces nouveaux terrains, l’expérience récente montre d’ailleurs que des succès significatifs sont d’ores et déjà possibles suite à la prise de conscience citoyenne provoquée par les révélations de lanceurs d’alerte (3). Un chantier que nous serons amenés à explorer de plus en plus.

 (1) « Les états généraux de la révolution numérique : entre émancipation et aliénation » (les 18 et 19 mars 2016). (2) J.-M. Treille est l’auteur notamment de « la Révolution numérique : réinventons l’avenir » (Éditions Ovadia, 2015). (3) Voir notamment « Internet : l’Europe marque un point contre les États-Unis » (« HD » du 15 octobre 2015).

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Le texte intégral de la «loi travail» décrypté et commenté par l’Humanité

Posté par jacques LAUPIES le 27 mars 2016

 

On ne s’oppose pas a une loi sans de bons arguments contre les nouvelles dispositions qu’elle instaure lorsque celles-ci sont contraire à l’intérêt général. En l’occurrence ici il s’agit de l’intérêt des salariés, qui dans bien des cas n’est pas contraire, malgré ce qu’ils peuvent en penser, à l’intérêt des catégories d’artisans, de petits commerçants, voire de PME.

Car tout ce qui vise à diminuer les ressources des salariés est  néfaste au développement et à l’économie en ce sens que cela porte atteinte à la consommation donc à la production de biens et de services.

Mais ce qui me heurte le plus dans cette loi est le fait qu’au prétexte de démocratie on substitue aux propositions de syndicats majoritaires s’agissant de modifier le salaire, la durée du travail, des consultations (référendum) que pourraient imposer ceux qui sont minoritaires. Apparemment la proposition – qui risque bien de constituer une étape vers l’élimination de la représentation syndicale – semble aller dans le sens de la démocratie. Ce qui au contraire s’en éloigne !

C’est un peu comme si, en politique,  on mettait hors jeu les partis et que le gouvernement ait  recours à sa guise au référendum pour prendre des décisions. Mais sur ce plan là nous n’en sommes pas loin à ceci près que lorsqu’il est fait usage du référendum les pouvoirs en place ne tiennent aucun compte de la volonté populaire exprimée.

Avec de tels procédés on donne évidemment à celui qui a le pouvoir une force de manipulation considérable. Et quoiqu’en dise Khomri et ses mentors cette loi ouvre la porte à l’arbitraire patronal tout simplement parce que le pouvoir dans l’entreprise c’est le patron et que le seul moyens d’en donner aux salariés est de leur permettre de s’organiser syndicalement dans des organisations indépendantes et structurées pour élaborer collectivement voire nationalement des revendications ayant une portée générale. La loi proposée ainsi ne protège plus, elle rend le salarié plus vulnérable.

Sans vouloir tomber dans le manichéisme  il faut tout de même signaler que si le patronat et la droite soutiennent pleinement ou même à demi mot cette loi, on a toutes les raisons de croire qu’elle a peu de chance d’être favorable aux salariés.

A moins de considérer qu’il n’y a pas d’opposition d’intérêts de classe entre celui qui possède et achète à sa guise la force de travail et l’autre qui n’a généralement que cela pour vivre !

 

Vendredi, 25 Mars, 2016
Humanite.fr

 

En publiant l’intégralité du texte de loi de casse du droit du travail, l’Humanité donne à chacune et chacun les outils pour se faire son opinion en toute connaissance de cause. Chez les marchands de journaux ce samedi 26 mars et en numérique sur l’Humanité.fr

« Dans ce numéro, le projet de loi dans son intégralité est disséqué et commenté dans ses dispositions les plus dangereuses et significatives… explique dans son éditorial, Patrick Le Hyayric, le directeur de l’Humanité. Ce numéro est un outil qui à vocation à circuler de main, de réunion en réunion, pour informer, discuter, décrypter, analyser. » Disponible chez les marchands de journaux dès samedi 26 mars.
 
 
Ce Hors-série est illustré par la dessinatrice Coco.
 
Au sommaire :
Des entretiens, des tribunes, des points de vue, des témoignages
  • Patrick Cingolani, Sociologue à l’université Paris-Diderot, auteur de Révolutions précaires (éditions La Découverte).
  • Thomas Coutrot, Membre du collectif, Les Économistes atterrés.
  • Bernard Thibault, Membre du conseil d’administration de l’Organisation internationale du travail.
  • Anne Eydoux, Économiste au Centre d’études de l’emploi et à l’université Rennes-II, membre du collectif d’animation des Économistes atterrés.
  • Alain Supiot, Juriste, professeur au Collège de France
  • Dominique Jacques Roth Psychanalyste et auteur
  • Pascal Lokiec, Professeur de droit social à l’université Paris Ouest-Nanterre-La Défense et auteur d’« Il faut sauver le droit du travail ! » (Odile Jacob, 2015).
  • Sophie Binet, Secrétaire générale adjointe de l’UGICT (Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens), dirigeante confédérale de la CGT
  • Jean-Pierre Le Crom, Directeur de recherche au CNRS
  • Jean-Charles Mirande, Avocat au barreau de Paris et Hervé Tourniquet Avocat au barreau des Hauts-de-Seine
  • Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF, sénateur
  • Cécile Duflot, Députée Europe Écologie-les Verts
  • Fanélie Carrey-Conte, Députée PS « frondeuse »
  • Danielle Simonnet, Coordinatrice nationale du Parti de gauche, conseillère de Paris
  • Trois garçons, deux filles. Tous moins de 25 ans. Étudiant, apprentie, salariée, créateur de startup et lycéen originaires de Bobigny (Seine-Saint-Denis). L’Humanité les a invités à débattre de la loi El Khomri. Ils n’en veulent pas et ont de bonnes raisons pour cela.
  • Éric Beynel, Porte-parole de l’union syndicale Solidaires
  • Carole Couvert, Présidente de la confédération des cadres CFE-CGC
  • Gilles Bombard, Syndicat Jeunes CGT
  • Camille Lainé, Secrétaire générale du Mouvement jeunes communistes (MJCF)
  • Fabrice Angei, Chargé des questions emploi à la CGT
  • Samya Mokhtar, Présidente de l’Union nationale des lycéens (UNL)
  • William Martinet, Président de l’Unef
  • Jean-Claude Mailly, Secrétaire général de Force ouvrière
 
Des propositions alternatives
Construire le code du travail du XXIe siècle : Les propositions alternatives de la CGT. Dans le questionnement sur quelle réforme du travail, la CGT met en débat ses propositions pour relever le défi d’accorder les droits des salariés avec les grands enjeux contemporains. L’Humanité livre les point clés de ce document de la CGT.

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Suivre le travail des parlementaires ? Débusquer les « malins »

Posté par jacques LAUPIES le 26 mars 2016

 

Le dénigrement des femmes et des hommes politiques est de plus en plus largement répandu parmi une fraction importante de la population. Cela se traduit par l’augmentation des abstentions.

On ne va pas faire ici faire le procès de ceux qui ne votent pas. Ils sont victimes des institutions qui ne permettent pas de représentation proportionnelle à l’influence des partis politiques provoquées par les scrutins à deux tours et, en ce qui concerne la présidentielle, un choix qui se limite au deux partis arrivés en tête au premier tour.

Ces règles institutionnelles sont aggravées par le pouvoir des médias qui souvent donnent une image peu crédible des élus.  Certains partis se complaisent dans des critiques simplistes de leurs opposants. Tout est bon pour dévaluer, ridiculiser ceux la même que l’on a parfois choisi de plein gré par un vote. Et il n’y a pas que les humoristes pour se livrer à cette démolition.

Comment donc éviter ce mépris à l’égard des hommes d’état qui se substitue à une critique fondée sur leur politique quant au fond. Peut-être faudrait-il suivre de plus près leur prise de position dans les assemblées élues. En prise directe avec les propositions, les décisions et les votes des sénateurs et des députés on gagne du temps pour se faire une opinion…

Encore faut-il débusquer les malins ! Du genre :

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et trier le bon grain de l’ivraie

 

.Suivre le travail des parlementaires ? Débusquer les

Eliane Assassi, Sénatrice communiste :

 

 

Avant d’être débattu et voté en séance publique, chaque projet ou proposition de loi est examiné par l’une des sept commissions permanentes du Sénat : lois, finances, affaires économiques, affaires étrangères et Défense, affaires culturelles, affaires sociales, aménagement du territoire et du développement durable. Classées par commissions, retrouvez ici les interventions générales et les explications de vote des sénateurs CRC.Lire la suite

Ce projet de loi constitutionnelle ne répond pas au légitime besoin de sécurité

Projet de loi constitutionnelle de protection de la Nation (explication de vote) -

Par / 22 mars 2016

Monsieur le président, monsieur le garde des sceaux, mes chers collègues, la barbarie de Daech a, une nouvelle fois, frappé ce matin en Europe, à Bruxelles. Nous nous inclinons devant les victimes de ces attentats et exprimons toute notre solidarité au peuple belge.

Ce que nous redoutions est arrivé : des attentats suicides, des attentats aveugles ont tué ou blessé des innocents par dizaines, au nom d’une idéologie fanatique.

Le drame de Bruxelles illustre la violence terrible qui secoue des régions du monde et pénètre dans notre société. Oui, notre pays doit être mobilisé pour repousser les agressions terroristes de Daech et de ses alliés.

Or, le projet de loi constitutionnelle que nous nous apprêtons à adopter ou à repousser ne répond pas au légitime besoin de sécurité, à la peur de notre population.

Le vote de cet après-midi ne porte pas sur le point de savoir s’il faut ou non combattre Daech. Notre détermination à cet égard est totale et nous avons, en particulier, toujours combattu les choix diplomatiques et guerriers qui ont créé le chaos.

Le vote porte sur une révision de la Constitution qui, selon nous et beaucoup d’autres, porte atteinte à des principes démocratiques, à des principes républicains.

Notre opposition à cette révision constitutionnelle porte sur le fond comme sur la forme.

Sur la forme, les deux dispositions essentielles de ce texte, la constitutionnalisation de l’état d’urgence et la déchéance de la nationalité, sont parfaitement inutiles et inefficaces.

Comme les partisans du projet de loi et M. le Premier ministre lui-même le reconnaissent, ces dispositions relèvent du symbole.

L’état d’urgence dispose déjà d’une valeur pleinement constitutionnelle. Sa constitutionnalisation n’apportera rien, sauf – et là réside l’une de nos critiques majeures – qu’elle le placera au sommet de la hiérarchie des normes, donc hors de portée d’éventuels recours. Ce que M. le Premier ministre appelle une sécurisation n’est rien d’autre, en réalité, qu’une sacralisation.

Or, la lecture de l’article 1er, même corrigé et rendu un peu plus présentable, nous inquiète fortement.

Cet article assure la consécration de l’ordre public dans la Constitution, mais en oubliant, au passage, son corollaire pourtant exigé par la jurisprudence du Conseil constitutionnel : le respect des libertés.

Certes, le Sénat a introduit le rappel de la compétence du juge judiciaire, mais nous aurions préféré qu’il soit signifié clairement qu’il n’y a pas d’ordre public sans respect des libertés.

Vous avez conservé, monsieur le rapporteur, la référence si floue, si temporellement incertaine, au « péril imminent » comme facteur déclenchant de l’état d’urgence.

La correction apportée n’écartera pas la possibilité d’un état d’urgence permanent, ad vitam aeternam. Une fois un attentat perpétré, une menace terroriste avérée, le péril imminent sera permanent.

L’empilement de vingt lois « antiterroristes » depuis 1986 n’a finalement pas permis et ne permet pas de remédier au phénomène des violences liées à l’islam radical.

Que, dans les jours qui ont suivi la tragédie survenue à Paris, le pouvoir ait affiché son autorité face à la menace, nous le comprenons. Mais que, quatre mois après, son discours n’évolue pas, alors que le Premier ministre évoquait ici même, le 17 mars dernier, des milliers de jeunes tentés par la radicalisation, cela nous inquiète fortement.

Ramener la paix dans une région dévastée par près de trente ans de conflits est la priorité absolue. Il faut éteindre ce foyer de haine.

L’élimination de Daech et des autres djihadistes exige une action résolue. La France doit user de toute son influence pour faire cesser le jeu dangereux de certains États avec les groupes armés islamistes. C’est le cas de l’Arabie saoudite, du Qatar, des Émirats arabes unis, mais aussi de la Turquie de l’autoritaire Erdogan, qui consacre plus de temps et d’énergie à combattre les démocrates kurdes qu’à faire cesser les livraisons d’armes et le trafic de pétrole en faveur d’Al-Nosra ou d’Al-Qaïda. (Applaudissements sur les travées du groupe CRC. – M. Philippe Bonnecarrère applaudit également.)

Diminuer puis faire taire la violence chez nous en France, c’est donner les moyens aux services de renseignement et aux forces de sécurité d’agir, mais c’est aussi donner à l’école de nouveaux moyens pour recréer le lien social, c’est donner à chacune et à chacun la possibilité de trouver sa place dans la société, en particulier par le travail, c’est faire vivre la laïcité.

Ce n’est pas nous qui avons parlé d’apartheid social ; c’est le Premier ministre, au lendemain des tueries de janvier 2015.

Le discours sécuritaire ne peut pas être la réponse de fond apportée à la radicalisation ici et à la guerre ailleurs. Je le redis avec force, le recul de l’État de droit est une victoire pour Daech, qui n’a qu’un seul objectif : la déstabilisation de notre État de droit et la division de notre société.

La déchéance de nationalité, second point sur lequel porte la révision constitutionnelle, est l’exemple même d’une disposition qui divise, qui clive. Son annonce a, dans un premier temps, choqué, car elle était réservée aux binationaux.

Ce qui a choqué aussi, c’est la constitutionnalisation de cette mesure. Pour la première fois, la nationalité était définie dans la Constitution, mais sous une forme négative. L’introduction de ce concept rassembleur dans un texte fondant l’unité de la Nation est apparue à beaucoup comme contraire non seulement aux valeurs de la gauche, mais aussi et surtout aux principes républicains.

Depuis quatre mois, le Gouvernement et le chef de l’État tentent d’imposer cette disposition en louvoyant, en manœuvrant, au détriment des engagements passés, des attitudes passées et cependant récentes…

À l’Assemblée nationale, pour calmer votre majorité, vous avez instauré la « déchéance pour tous », tout en affirmant votre refus de l’apatridie, qui en serait pourtant la conséquence obligée.

Au Sénat, le Gouvernement a dit vouloir refuser le retour à la déchéance de nationalité pour les binationaux, mais il a approuvé la manœuvre procédurière de M. Bas visant à empêcher le vote sur les nombreux amendements de suppression. (Protestations sur les travées du groupe Les Républicains.)

M. Philippe Bas, rapporteur. C’est mal me connaître !

Mme Éliane Assassi. De fait, le Gouvernement a ainsi aidé à imposer le texte de la droite sénatoriale, c’est-à-dire celui qui prévoit la déchéance de nationalité pour les binationaux. Ce « pas de deux » entre le Gouvernement et la droite, tant ici qu’à l’Assemblée nationale, devient insupportable.

Introduire de la sorte le débat sur la nationalité est dangereux. La peur et la haine à l’égard de toute une population qui n’a rien à voir, de près ou de loin, avec l’islam radical se trouvent attisées.

M. Éric Doligé. C’est excessif !

Mme Éliane Assassi. La peur amène à bafouer les principes qui fondent la vieille Europe, celle qui, en 2003, refusait la guerre en Irak.

L’accord inique passé vendredi entre l’Union européenne et la Turquie relève de cette même logique.

M. le président. Il faut conclure, ma chère collègue.

Mme Éliane Assassi. Bafouant la convention de Genève sur les droits les plus élémentaires des réfugiés, l’Europe égoïste, l’Europe forteresse oublie ce qu’elle portait aux nues depuis sa création : les droits de l’homme.

Monsieur le garde des sceaux, le groupe communiste républicain et citoyen votera, unanimement et sans hésitation, contre un texte qui, s’il était voté, ternirait la République !

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Le petit cygne noir (2007)

Posté par jacques LAUPIES le 25 mars 2016

 
Sur l’étang tout est triste
Le ciel verse des gouttes 
Provoquant la déroute
 Du miroir qui n’existe
Que par les eaux  tranquille
Quand ne souffle aucun vent
Sous les cieux plus cléments
Aux étoiles qui brillent
 
L’enfant cygne s’épuise
Il nage éperdument
Comme sur l’océan
Vers des bouées qui luisent
Car dans sa solitude
L’espérance demeure
 
Il importe qu’il trouve
Une étrange famille
Puisqu’il est en guenilles
Il lui faut une louve
Qui traverse le lac
Protégeant l’avenir
Pour ne pas en subir
Les moindres ressacs
 
 
La femelle s’avance
Parée de ses grands airs
Troublante au regard fier
Avec sa robe blanche
Protégeant de son ombre
Une progéniture
Bousculée et peu sure
Voguant sur des flots sombres
 
Leur parure de gris
Font au nouvel ami
 Un cercle qui protège
 Du vent et de la neige
 Accordant à l’intrus
 Le droit de n’être plus
En fuyant la tourmente
 Qu’un migrateur qui chante
 
 
 
 

Le vote de la loi El Khomri pourrait déboucher sur un recours massif aux travailleurs détachés en France

Gérard Le Puill
Jeudi, 24 Mars, 2016

Alors que le projet de loi contre le code du travail passe en Conseil des ministres et que ce jeudi est aussi une journée d’action contre ce texte, les reportages de « Cash investigation »  mardi soir sur France 2 nous ont donné une idée  de l’usage  que le patronat ferait de cette loi  pour amplifier la précarisation de l’emploi en France via  le recours massif à cette forme d’exploitation esclavagiste

Mardi soir sur France 2, à une heure de grande écoute, l’émission d’Elise Lucet  « Cash Investigation » nous a montré comment fonctionnait en Europe cette spirale de la régression sociale via l’utilisation de plus en plus massive des travailleurs détachés. Qu’il s’agisse des gros chantiers pilotés par Bouygues  et EDF où des transports de Géodis, filiale de la SNCF,  la sous-traitance  et l’intervention des cabinets de recrutement   ouvrent la porte à tous les abus,  à de l’escroquerie et à  de l’esclavage  en France. On imagine que la situation est encore pire dans d’autres pays d’Europe, à commence par l’Allemagne  qui est le plus gros utilisateur européen de travailleurs détachés.

Depuis  1996, une directive européenne  permet ainsi de recourir à des « travailleurs détachés » de leur pays  pour travailler dans un autre pays. Mais le phénomène  n’a pris son plein essor qu’après l’adhésion des pays  d’Europe centrale à l’Union européenne  en 2004,  puis en 2007 pour la  Roumanie et la Bulgarie.  Cette directive prévoit  que ces travailleurs  doivent, à qualification identique,  percevoir les mêmes salaires que les salariés du pays dans lequel ils travaillent tandis que les cotisations sociales, versées  dans le pays d’origine  sont  celles de ce même pays d’origine. Ce qui constitue d’une part un manque à gagner pour notre protection sociale  et qui ouvre d’autre part  la porte à de nombreuses tricheries comme la montré l’émission de mardi soir.

Dans le transport routier, le reportage de France2 a bien montré comment les chauffeurs de poids lourds de nationalité française perdent leur travail du fait des délocalisations que les employeurs effectuent dans les pays de l’Est via leurs filiales. Malgré  des salaires nets très bas, les chauffeurs roumains  gagnent plus d’argent en France que chez eux via les primes journalières  économisées en dormant dans la cabine de son camion. Sur les chantiers français,   la présence de plus en plus massive  de travailleurs détachés et sous payés crée des distorsions de concurrence  qui à leur tour  alimentent un recours  toujours accru à ce type de recrutement  au point que cela devient  un problème de survie pour les PME du bâtiment comme la montré un petit entrepreneur de Haute Loire  qui n’utilise pas encore ces travailleurs détachés.

Il convient à ce stade de se poser la question suivante : la loi El Khomri  via la casse du code du travail et  la facilitation des licenciements  que le gouvernement et le président de la République veulent mettre en place ne va-t-elle pas servir  à amplifier considérablement le recours aux travailleurs  détachés en France ? Avec la mise en place de cette loi, il est prévu de faciliter les licenciements   en période de baisse d’activité  dans toutes les entreprises  pour, nous dit-on, embaucher  ensuite,  dès que l’augmentation des commandes  le permet. C’est le contrat de travail «agile» souhaité par Pierre Gattaz, président du MEDEF. Voilà pour la théorie.

En pratique,  on peut penser que bien des entreprises  sauront filialiser des activités pour créer, dans tel établissement ou sur tel chantier,  des réductions d’activités avec des productions provisoirement transférées ailleurs afin, par exemple,  de licencier des salariés de plus de 50 ans usés par le travail . Et quand l’activité reprendra sur des sites ainsi « nettoyés »  des hommes et des femmes auxquels il  aurait été  légitime de proposer des postes de travail allégés, on oubliera ces travailleurs mis définitivement au rebut  en recourant, si de besoin, à  toujours plus aux travailleurs détachés à la fois plus performants  et moins payés. Puisque la facilitation des licenciements facilite aussi le tri sélectif à la débauche comme à l’embauche,  la loi El Khomri,  si elle est votée, traitera les humains comme des déchets ménagers  via ce tri sélectif. Certains seront recyclés, d’autres iront à la décharge. Ce tri  se fera au détriment des salariés diminués par des décennies d’exploitation, français ou immigrés en situation régulière ; mais aussi  des jeunes insuffisamment formés.

Voilà ce que n’ont pas voulu voir des gens comme Philippe Aghion , Agnès Bénassy-Quéré, Olivier Blanchard , Pierre Cahuc , Elie Cohen , Marc Ferracci, Augustin Landier  Jean Tirole et quelques autres  dans leur tribune du Monde le 5 mars. Selon ces gens qui n’ont jamais mis les pieds dans une usine,  le projet de loi El Khomri  « représente  une  avancée  pour les plus fragiles. En réduisant  fortement l’incertitude attachée à la rupture des contrats de travail, il incite les entreprises à revenir  vers des embauches en CDI. C’est  un moyen de lutter efficacement  contre les inégalités et la précarité », écrivent  ces personnalités.  De quoi tirent-ils cette certitude purement verbale ?  Disons qu’ils savent  nourrir leurs ordinateurs de données qui, à l’issue de calculs savants,  leur donnent les résultats qu’ils attendent  en termes d’études prospectives pour le plus grand bonheur du pouvoir politique et du MEDEF. Notons d’ailleurs au passage que les trois principales personnalités qui portent cette loi –  Myriam El Khomri,  Manuel  Valls et François  Hollande – n’ont jamais véritablement  travaillé en entreprise,  absorbés très tôt  comme  salariés dans l’appareil du PS ou dans les cabinets ministériels. Voilà  qui ne prépare guère pour faire preuve de lucidité sur les prétendues vertus  d’une loi  rédigée sous la dictée  du MEDEF. Mais François Hollande veut cette loi pour tenter de faire diversion par rapport à une promesse non tenue  et désormais intenable pour lui d’inverser  la courbe du chômage durant son quinquennat.

Concernant les  retombées de cette loi sur le recul du chômage en France, rappelons  ici ce que disait Augustin Landier dans le Monde du   17 mars : « la principale vertu de ce texte, ce n’est pas de faire baisser le taux de chômage global a court terme, mais d’augmenter la probabilité  pour chacun d’obtenir en un temps raisonnable un emploi stable(…) On peut avoir 10% de chômeurs, si les gens retrouvent un emploi en trois mois , il n’y a pas de sujet grave!» , ajoutait-il.

Sachant  que la durée moyenne d’inscription  à Pôle emploi  est de 590 jours pour chaque  inscrit, permettre à tout un chacun de retrouver un emploi en 90 jours suppose pour chaque chômeur une division par sept du temps passé  pour retrouver cet  emploi. A supposer que monsieur Augustin Landier ait raison sur ce point, cela suppose aussi,  qu’avec un taux de chômage qui reste autour de 10%de la population active selon le même Landier,  que  la loi El Khomri  aboutira  aussi à  multiplier par sept les licenciements économiques  tous les mois par rapport à ce qui se passe aujourd’hui.

Et ce sont ces licenciements massifs qui permettront d’accélérer un tri sélectif  qui deviendra permanent et dans lequel  le recours aux travailleurs détachés  pourrait jouer un rôle majeur pour généraliser les bas salaires et la précarité.    

 
 

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