Europe : les propositions du PCF

Posté par jacques LAUPIES le 30 juin 2016

En réponse à des commentaires publiés sur Facebook. (Extrait d’une note du CEN)

« L’heure est à la bataille politique pour la refondation progressiste de l’UE

Notre analyse du scrutin au Royaume Uni doit nous prémunir d’une lecture « française » de cet événement politique, qui assimile spontanément cette campagne à celle de 2005 sur le traité constitutionnel européen qui, elle, était dominée par des arguments de gauche, l’idée qu’il fallait construire une autre Europe et qui avait fait appel à l’intelligence des Français, notamment avec le décryptage des du dit traité.

 

Les peuples n’en veulent plus, il faut changer l’Europe. Aujourd’hui, nous devons mener une bataille de l’ampleur de celle de 2005, sur l’alternative. La lutte des classes se mène aussi sur l’alternative. Vu la nouvelle alerte exprimée par les peuples du Royaume Uni, après tant d’autres,l’heure est à la refondation progressiste de l’Union Européenne, jusqu’à l’élaboration d’un nouveau traité centré sur le progrès social et la lutte contre la finance. Les échéances de 2017 seront marquées par le débat entre visions globales. Il est temps de passer à l’offensive sur les alternatives et de faire exister celle qui a été étouffée avec le coup d’État contre la Grèce, celle qui est systématiquement écartée quand la question est « rester ou sortir ». Cela implique des propositions pour sortir de l’austérité (ex : renégociation du traité budgétaire, fonctionnement de la zone euro) et produire du développement (voir la tribune de la section économique dans l’Huma du 28 juin). Cela implique un vision de la coopération de peuple et de nations libres, souverains et associés contre le fédéralisme autoritaire et les nationalismes.

 

Le processus démocratique que nous proposons a été explicité au Sénat par Pierre Laurent « Le temps est venu d’avancer vers une nouvelle Union refondée, une Union de peuples et de nations libres, souverains et associés, tournée vers le progrès humain et la justice sociale, débarrassée de l’emprise prédatrice de la finance. Cette nouvelle Union solidaire et coopérative impliquera par étapes des nouveaux traités. Ils doivent  être construits sous le contrôle des peuples européens avec de nouvelles procédures démocratiques, en respectant la souveraineté de tous. La France doit être à l’initiative d’un immense débat public national et européen d’une ampleur inédite. Nous faisons deux propositions :

  • ·       A l’échelle européenne, la France doit proposer le lancement d’Etats généraux pour une  refondation progressiste européenne en commençant par mobiliser les gouvernements, les forces politiques, sociales et citoyennes disponibles. Paris pourrait être rapidement le lieu d’une première grande conférence citoyenne européenne.   
  • ·       Quant à la France, nous proposons de mettre en place une instance inédite, une conférence  citoyenne permanente  chargée de construire ce nouveau projet européen et le mandat de la France en Europe. Elle pourrait associer des représentants de toutes les forces politiques, des parlementaires et des élus locaux de tous niveaux et de toutes les sensibilités, tous les syndicats, les ONG et le monde associatif. Toutes les décisions qui engagent la France au plan européen doivent être soumis au Parlement et associer cette conférence citoyenne. Les propositions pour un nouveau traité pourraient être soumises à référendum  le moment venu. »

 

Nous avons présenté des propositions concrètes dont la France devrait être porteuse au Conseil Européen, pour répondre aux angoisses sociales.

  • ·       Mesures contre le dumping social : suspension des négociations sur les traités de libre échange (TAFTA, CETA, TISA), stopper la mise en œuvre des directives de déréglementation sociale, à commencer par la Loi travail en France, renégociation immédiate de la directive sur les travailleurs détachés.

Mesures pour sortir de l’austérité : renégociation du traité budgétaire, conférence européenne sur la dette, fléchage des 80 milliards d’euros injectés chaque mois par la BCE sur les marchés financiers vers les services publics et l’investissement public, lutte contre l’évasion

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Choisir entre trois options : quitter l’Europe, la cautionner telle qu’elle est ou la refonder

Posté par jacques LAUPIES le 30 juin 2016

Quitter l’Europe est laisser se développer l’anarchie libérale dans le cadre des capitalismes, c’est la paix menacée sur notre continent y compris dans des conflits nationalistes.

Maintenir l’Europe dans sa forme actuelle c’est aggraver la contradiction d’intérêt entre les peuples et les classes dominantes et donc à plus ou moins long terme créer les conditions de la désintégration de l’Europe.

Il n’y a d’autre issue que dans la refondation, telle que l’évoque les communistes et ses économistes.

Si l’économie est l’élément déterminant de la conduite politique il faut être conscient qu’elle est aussi dépendante des choix politiques qui relèvent directement des intérêts de classe. Il y a une interaction entre économique et politique que veut faire ignorer la pensée dominante dans ses discours sur la dette, le soutien au patronat (camouflé en action de développent de l’entreprise) les quels consistent à taire la possibilité de retourner à une politique de la demande.

Ce ne sera pas une nouveauté mais si le gouvernement actuel persiste, et c’est ce qu’il fait, dans son refus de mettre en cause les traités européens a actuels en application, il est clair qu’il est le complice objectif du capitalisme international ! Et qu’il se met au rang de la droite.

Est ce à dire que cette orientation est majoritaire chez le socialistes, ceci est une autre affaire ? Est ce à dire que les ‘illusions semées parmi l’électorat de ce parti durant des années s’effacera pour provoquer autre chose que de l’abstention paralysante pour une gauche de changement ?

Cela dépend beaucoup de nous communistes, syndicalistes en lutte !

 

PARU DANS L’HUMANITE

Une refondation de l’Union européenne pour une souveraineté populaire sur l’argent

Mardi, 28 Juin, 2016
L’Humanité

Choisir entre trois options : quitter l'Europe, la cautionner telle qu'elle est ou la refonder dans POLITIQUE europeennesdossier

Une tribune de Frédéric Boccara, Yves Dimicoli et Denis Durand Économistes, membres de la commission PCF

Le vote d’une majorité de Britanniques pour sortir de l’UE souligne le besoin urgent d’une refondation de la construction européenne. Il résulte pour une large part de la souffrance de ce peuple face aux politiques de baisse du coût du travail et de privatisations. Ce nouveau choc révèle l’ampleur du désaveu populaire vis-à-vis de l’Union européenne (UE) néolibérale et des dirigeants nationaux qui, au mépris de plusieurs alertes, ont persisté dans leur soumission aux injonctions des marchés financiers.

Ce sont ces politiques qu’il faut maintenant vraiment rejeter et changer ! Les peuples ont été dépossédés de toute maîtrise de leur devenir. Leur argent, celui des banques et de la Banque centrale européenne (BCE), alimente les « panzers » de l’austérité, avec un seul mot d’ordre : accroître les profits. La perspective immédiate au Royaume-Uni, c’est : encore plus d’austérité avec le danger d’une nouvelle récession, plus de soumission aux marchés, plus de tensions et de racisme dans la société. Une nouvelle crise financière couve dans toute l’Europe.

Ces catastrophes économiques nourrissent la catastrophe politique, avec le rejet des étrangers, la montée de l’extrême droite en Autriche, en Hongrie, en Pologne, en Allemagne et en France, selon les mêmes mécanismes qui ont permis aux forces les plus réactionnaires de gagner une majorité de Britanniques au vote pour le Brexit. On sait où peut mener un déchaînement de la xénophobie et des nationalismes.

Lutter sans attendre pour une refondation radicale de la construction européenne est donc indispensable.

Les objectifs tant vantés de paix et de prospérité sur le continent doivent cesser d’être contredits par les moyens avec lesquels les gouvernements prétendent les atteindre : concurrence libre et non faussée, monnaie unique monopolisée par les marchés financiers via une BCE à leur service, fuite en avant fédéraliste éloignant sans cesse davantage les décisions des citoyens. C’est la BCE qui, sur l’injonction du grand capital allemand et du fait de la lâcheté de dirigeants politiques comme François Hollande, a foulé aux pieds la volonté démocratiquement exprimée du peuple grec et de son gouvernement.

De l’autre côté, les nationalistes de tout poil occultent le cœur du sujet – la dictature de la finance – et proposent une véritable union sacrée de chaque nation derrière sa bourgeoisie prétendument nationale. Ce serait une folie. Cela lancerait les différents peuples européens dans un nouveau stade de guerre économique intra-européenne.

Nous souffrons du même ennemi : cette finance, qui n’a de cesse d’attaquer l’emploi, de délocaliser et de soumettre les services publics.

Nous savons donc où il faut frapper en priorité. En France, cela commence par le retrait immédiat de la loi El Khomri et le choix d’un budget de soutien à l’activité, à l’investissement efficace, ainsi qu’aux services publics. En Europe, il faut un programme de soutien des dépenses – pour les services publics, la protection sociale – et de l’emploi. Cela exige de mettre en cause le pacte de stabilité budgétaire, verrou des politiques d’austérité. Tout de suite, l’action de la BCE doit changer.

Le pouvoir de la BCE est immense car il porte sur l’utilisation de l’argent des Européens ; il est dans les mains des marchés financiers. La BCE a réduit ses taux d’intérêt à zéro, mais sans changer les critères de distribution du crédit ; elle déverse 80 milliards d’euros chaque mois sur les marchés financiers en les laissant décider où va cet argent ! De là, la faiblesse et la précarité de la reprise de la zone euro, à laquelle le Brexit peut donner le coup de grâce.

Ce ne sont pas les marchés, ce sont les peuples qui doivent décider de l’utilisation de ces euros. Cette exigence s’exprime dans toute l’Europe, par exemple avec la campagne Money for people. Quatre mesures immédiates peuvent être prises.

Tout de suite, avec une partie de ces 80 milliards d’euros mensuels, la BCE doit donner un ballon d’oxygène aux services publics (santé, enseignement, logement, recherche…) dans toute l’Union européenne au lieu de soutenir à bout de bras les cours de Bourse ! C’est possible en créant un fonds de développement européen qui financerait aussi bien les États que les collectivités territoriales lorsqu’ils développent les services publics.

Tout de suite, une autre partie des milliards de la BCE doit servir à refinancer des crédits bancaires, mais seulement si ces crédits financent des projets répondant à des critères économiques (création de valeur ajoutée), sociaux (emploi) et écologiques.

Tout de suite, la BCE doit refuser toute liquidité aux banques si elles nourrissent la financiarisation, les délocalisations, l’évasion fiscale.

Cela demande de mettre en place dans l’urgence un suivi démocratique de l’action de la BCE et des banques centrales nationales qui, avec elle, forment l’eurosystème. Ce serait une pièce centrale de la refondation d’une Union de type confédéral entre peuples et nations libres, souverains et associés. C’est ce que la France devrait réclamer à la table des négociations européennes.

Il s’agit au total d’organiser le combat pour une souveraineté populaire sur l’argent et pour un tout autre modèle social et écologique en Europe

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Loi travail : la combattre jusqu’au bout

Posté par jacques LAUPIES le 29 juin 2016

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Récupé́ration nationaliste d’une immense défiance populaire envers l’UE Brexit

Posté par jacques LAUPIES le 28 juin 2016

Cette vidéo va dans le sens de ce que nous avons déjà indiqué ici même. Mis à part la prévision concernant les élections espagnole, l’analyse vaut d’être retenue.  Nous y reviendrons !

 

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Le Brexit rebat les cartes sur la scène européenne

Posté par jacques LAUPIES le 27 juin 2016

Dans l’HUMA de ce jour (en kiosque)

 

Gaël De Santis
Lundi, 27 Juin, 2016
Le Brexit rebat les cartes sur la scène européenne dans POLITIQUE

Le vote, à 51,8 % des voix, des Britanniques pour sortir de l’Union européenne, ne semble pas changer les plans de certains dirigeants européens, qui refusent d’amorcer une refondation démocratique et sociale de l’Europe.

C’est la réponse de « A qui profite le crime »  article publié hier : aux mêmes, les dirigeants actuels et ceux qui à l’extrême droite font semblant de les combattre !

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L’Europe libérale menacée ?

Posté par jacques LAUPIES le 27 juin 2016

Peut-on dissocier ce qui s’est passé avec le Bréxit  anglais de ce qui s’est produit en Europe, notamment des remontées spectaculaires de l’extrême droite mais également de la poussée des courants progressistes à gauche. En fait il s’agit globalement du rejet des politiques réformistes de droite et de gauche incarnées par les libéraux d’une part et les sociaux démocrates, associés ou non dans les gouvernements nationaux.

Certainement pas ! Le système capitaliste qui vit d’une crise permanente résultant des contradictions d’intérêt entre la classe des possédants et les peuples mais il subit également les effets des contradictions internes entre possédants. Pour résoudre l’une et l’autre de ces contradictions il lui est nécessaire en permanence de peser sur cout du travail, donc sur ceux qui n’ont pour ressource que la vente des leur force de travail, d’éliminer leurs concurrents, de leur disputer les richesses de la planète, donc d’entretenir des conflits économiques, politiques et à la fin militaires.

Mais pour en arriver là il faut annihiler les réactions populaires et pour cela entretenir les divisions, détourner celle ci de la réalisation de la seule force dont elles disposent : leur unité.

Les forces politiques soumises au système disposent de multiples appuis en instrumentalisant les mécontentements en menant une bataille idéologique permanente vantant le libéralisme ou de le mettant en cause que de manière subjective. C’est à partir de là que l’on peut comprendre l’instrumentalisation des « sentiments » religieux, l’exploitation abusive des patriotismes, des nationalisme des « différences » culturelles. Tout est bon à condition de ne pas raisonner en terme de classe sauf quand cela n’engage pas leur existence (évocations historiques lointaines)

Evidemment ces instrumentalisations nécessitent des moyens importants, le contrôle des formations et des informations. Dès lors tout est bon pour rejeter les transformations de rapports sociaux, de vanter le profit individualiste au détriment du partage social. En résumé il faut « faire » l’opinion et on la fait.

Le débat et les comportements sur l’Europe en sont une démonstration flagrante ou l’on voit les populations se faire balader par les extrêmes. C’est le triomphe de la démagogie et du populisme. Les 99 % se décomposent en partis et en tendances complètement en inadéquation avec leurs propres intérêts de classe ou catégoriels.

A tel point que personnellement je me demande si les référendums offrent une garantie de véritable démocratie ? En tout cas ils nécessitent d’être accompagnés d’une égalité de temps et de moyens  d’expression ainsi que des moyens pour les parties concernées.

Brexit : déclaration de la délégation du PCF reçue à l’Elysée

 

Dans le cadre des consultations menées par la Président de la République après le vote du Brexit, la délégation du PCF, dirigée par Pierre Laurent a rappelé son analyse de la situation. La sortie du Royaume Uni de l’Union Européenne est le résultat des surenchères populistes et nationalistes de la droite britannique qui a joué avec le feu. C’est une nouvelle alerte, un désaveu de la construction libérale de l’UE, conséquence des dénis répétés de démocratie depuis le referendum de 2005.

Après ce vote, le risque est grand que les dirigeants européens fuient une nouvelle fois leurs responsabilités et cherchent à faire payer le Brexit aux travailleurs britanniques et européens. C’est l’Europe qui doit changer.

La délégation a clairement signifié que l’heure n’est pas à l’immobilisme mais à la refondation progressiste de l’Europe, jusqu’à l’élaboration d’un nouveau traité centré sur le progrès social et écologique et la lutte contre la finance. Assez de mots, des actes !

Nous avons présenté des propositions concrètes dont la France devrait être porteuse au Conseil Européen :

- Mesures contre le dumping social : suspension des négociations sur les traités de libre échange (TAFTA, CETA, TISA), stopper la mise en œuvre des directives de déréglementation sociale, à commencer par la Loi travail en France, renégociation immédiate de la directive sur les travailleurs détachés.

- Mesures pour sortir de l’austérité : renégociation du traité budgétaire, conférence européenne sur la dette, fléchage des 80 milliards d’euros injectés chaque mois par la BCE sur les marchés financiers vers les services publics et l’investissement public, lutte contre l’évasion fiscale.

Pour refonder l’Europe, les peuples doivent être écoutés et respectés. Le mandat de la France et l’avenir de l’Europe ne doivent plus se décider dans leur dos. Nous exigeons un débat public national et avons proposé une conférence citoyenne, associant tous les partis politiques, les organisations syndicales, les ONG et les associations citoyennes.

A l’issue de ce dialogue avec François Hollande et Manuel Valls, nous n’avons pas le sentiment qu’ils seront à l’offensive pour changer l’Union Européenne. L’angle mort dans l’approche du Président et du Premier Ministre est assurément la question sociale.

Les parlementaires communistes porteront ces propositions dans les débats à l’Assemblée, au Sénat et au Parlement Européen. Nous tiendrons un débat national ouvert à tous jeudi 30 juin « Pour une politique offensive à gauche de la France en Europe ».

Pierre Laurent, Patrick Le Hyaric, Michel Billout, Anne Sabourin

Espagne. « L’unité des forces de gauche était attendue »

Cathy Ceïbe
Vendredi, 24 Juin, 2016
L’Humanité

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L'Europe libérale menacée ? dans POLITIQUE

REUTERS

Un gouvernement n’ayant pu être formé suite aux élections de décembre 2015, Les Espagnols sont de nouveau convoqués aux urnes. Dimanche, la coalition de gauche Unidos Podemos pourrait créer la surprise en devenant l’une des deux principales forces parlementaires après huit ans d’austérité.

Le bipartisme convulse. Il vit ses dernières heures. Depuis le retour de la démocratie, les conservateurs du Parti populaire (PP) et le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) ont structuré la vie politique, en s’alternant au pouvoir mais sans alternative sur le plan social et économique. Depuis, une page s’est tournée lors des élections générales du 20 décembre 2015, où les députés de Podemos et Ciudadanos (C’s, droite libérale) ont fait une entrée fracassante aux Cortes.

Dimanche, les Espagnols s’apprêtent à écrire un nouveau chapitre, à l’occasion d’un scrutin anticipé, en raison de l’impossibilité de former un gouvernement. Si, il y a six mois de cela, la gauche était partie en ordre dispersé, le scénario est désormais tout autre.

Tous les meetings d’Unidos Podemos ont fait le plein

C’est avec attention que l’on suivra les résultats de la coalition Unidos Podemos qui réunit Izquierda Unida (IU, Gauche unie), Podemos, Equo (le parti écologiste de la région de Valence), ainsi que différentes plateformes politico-citoyennes catalanes et galiciennes.

Unidos Podemos pourrait en effet devenir la seconde force électorale du pays, selon plusieurs sondages, et venir ainsi disputer le leadership à la droite qui devrait toutefois conserver son rang de formation la plus votée. « Les Espagnols attendaient une unité des forces progressistes », déclare Maïté Mola, membre du conseil politique d’IU et vice-présidente du Parti de la gauche européenne. Tous les meetings d’Unidos Podemos ont fait le plein, et singulièrement ceux que se sont partagés Pablo Iglesias, le secrétaire général de Podemos, et Alberto Garzon, député communiste et coordinateur fédéral d’IU qui est la personnalité politique la plus appréciée des Espagnols, d’après les enquêtes d’opinion. Cet attrait s’explique par la férocité de la crise économique de 2008 qui a dévasté le pays et les réformes « austéritaires » successivement prônées par le PSOE et le PP. Depuis, l’urgence sociale est partout.

Les 50 points de programme sur lesquels les composantes d’Unidos Podemos sont parvenues à s’entendre, non sans mal ni concessions, se veulent une réponse à cette tragédie nationale. « Ils s’adressent aux 23 % de la population qui vivent actuellement en dessous du seuil de pauvreté, soit l’équivalent de la Grèce et du Portugal réunis. Nous voulons créer des aides sociales en direction des personnes qui ne perçoivent aujourd’hui aucune allocation, et revaloriser les retraites, notamment pour les personnes dont les pensions n’excèdent pas les 400 euros », explique Maïté Mola. La responsable communiste insiste également sur le droit à un toit dans un pays qui compte trois millions de logements vides alors qu’un million de familles ont été expulsées de leur foyer en raison de la bulle immobilière spéculative. « L’autre volet important concerne l’emploi et les salaires. Il s’agit d’investir de manière différente pour garantir un travail digne, une protection sociale forte et de puissants services publics pour combattre le chômage qui touche près de 25 % de la population », poursuit Maïté Mola.

Face à l’ascension fulgurante d’Unidos Podemos, le PP, Ciudadanos et le PSOE, qui a été relégué au troisième rang des intentions de vote, n’ont pas hésité à brandir les vieux grimoires de l’anticommunisme dans l’espoir d’effrayerles électeurs. Du côté de Bruxelles, l’inquiétude se fait également sentir, de crainte que la percée de la gauche alternative ne vienne renforcer l’arc progressiste du sud de l’Europe. Il y a plusieurs semaines déjà, la Commission européenne a fait savoir qu’elle exigerait, dès juillet, de nouvelles coupes budgétaires de l’ordre de 800 millions d’euros. « Nous affronterons la troïka ou nous ne serons pas dans le gouvernement », avertit Maïté Mola, convaincue que le soutien populaire dont jouit Unidos Podemos réside dans le refus des injonctions européennes et de l’austérité, qui a ravagé des millions de vies d’Espagnols.

 

 

Les socialistes fébriles 

« Il y a une remontée ! Il y a une remontée ! » s’est exclamé, lors d’un meeting, jeudi, le candidat socialiste à la présidence du gouvernement, Pedro Sanchez. Celui-ci veut croire queles sondages, qui prédisent un « sorpasso », un dépassement du Parti socialiste, traditionnellement première force de gauche, par Unidos Podemos, peuvent mentir.

 

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Brexit : à qui profite le crime.

Posté par jacques LAUPIES le 26 juin 2016

Je ne commenterai pas l’article qui suit  paru dans l’Humanité lequel fait a peu près le même constat que la plupart des médias, sauf à rappeler très justement que les médias font une fois de plus la part belle au FN.

Ce qui évidemment a pour effet de valoriser la position de ce parti et de lui permettre de récupérer une partie de l’électorat opposé non à l’Europe mais à la forme libérale de ses politiques tout en voulant  construire une autre Europe. Car croyez moi ou pas, j’entends assez se manifester l’amalgame anti européen, de fond nationaliste à souhait, avec la critique  de son caractère de classe pour en appeler à prévenir le danger.

Il me semble que concernant l’Europe tout référendum risque de la condamner dans son existence même non pas pour ce qu’elle est réellement mais parce qu’on lui octroie la responsabilité d’être la  cause essentielle de notre mal être social, lequel repose en premier lieu sur la nature des rapports sociaux d’exploitation dans les nations qui la composent et pas seulement sur l’entité européenne.

Rendons l’Europe sociale dégageons la des influences des multinationales et des marchés financiers et son rejet ne concernera que les classes dominantes qui n’y trouveront plus leur compte ! Les peuples la défendront. C’est aussi simple que cela et l’on verra les partis d’extrême droite européens démunis d’arguments comme ils le seraient si les libéraux et les socio démocrates européens cessaient leur politique d’austérité  

Quant à ceux qui à gauche veulent la quitter ou la détruire ils rejoignent de fait les positions d’extrême droite dans un jeu dangereux qui dénie l’utilisation que l’on peut faire d’institutions crées par les classes dominantes et qui sont un reflet supplémentaire des contradictions qui minent le capitalisme. C’est un peu comme si, au prétexte que la révolution française a ses origines dans les besoins économiques et politiques de la bourgeoisie , les courants révolutionnaires de gauche avaient prôné le maintien de l’ancien régime !

 

Brexit : ceux qui rient, ceux qui pleurent

Jean-Jacques Régibier
Samedi, 25 Juin, 2016
Humanite.fr
Le Oui à la sortie du Royaume Uni de l’Union européenne entraîne un flot de commentaires, répétition, la plupart du temps, de ce que disaient les mêmes avant le scrutin. De quoi s’interroger sur la nature réelle de « l’événement ». Revue de détail des réactions chez les députés européens.
Disons tout de suite que rien ne permet a priori à personne d’avoir un avis plus autorisé qu’un autre sur ce qu’il faut penser du Brexit. On est là dans le registre des «  positions » dont on sait, depuis que Vatsyayana nous l’a révélé, qu’elles sont nombreuses, mais à la longue, un peu répétitives quand même, surtout quand on n’en change pas. A ce titre les commentaires sur le referendum britannique appartiennent à tout le monde. Simplement, le panorama qu’on peut en dresser, notamment du côté des députés européens tout de même spécialisés dans les questions européennes, en apprend un peu plus sur la manière dont les uns et les autres tirent ou non, les marrons du feu. Chacun peut ensuite extraire de ce grand marché des opinions ce qui est bon pour son propre usage.
 
Les réactions au Brexit s’ordonnent autour de trois chapitres en forme de questions : qu’est-ce qui explique ce Non à l’Europe des Britanniques ? Quelles en seront les conséquences ? Que faut-il faire maintenant ? C’est sur cette dernière question qu’élus et responsables politiques européens sont généralement les plus prolixes, chacun rivalisant d’idées pour faire bonne figure dans une conjoncture que les médias dominants en phase de recyclage, décrivent comme «  historique », un mot bien utile et qui ne reste jamais longtemps au placard ( la dernière fois qu’il a été employé, c’était à propos des pluies du mois de juin ).
 
L’extrême-droite revendique la victoire
Pris un peu au dépourvu à une heure matinale, les responsables des médias dominants n’ont en général pas trouvé de meilleurs idée que d’appeler pour une «  réaction », les députés européens du Front national. A tel point que même l’ancienne patronne du MEDEF ( ! ), Laurence Parisot,  s’en est émue, c’est dire. « Insupportable de constater que tous les médias français se précipitent pour tendre le micro ce matin aux représentants du FN », a-t-elle martelé, regrettant sans doute qu’on ne lui tende pas à elle.
 
Ce qui est certain, c’est que ce choix n’est pas neutre : convoquer les élus du F.N pour commenter le vote, c’est les désigner d’avance comme les vainqueurs, donnant à ce vote une signification d’extrême-droite, et mettant le F.N. au centre du jeu politique. Les vainqueurs ne se sont bien sûr pas fait prier, bien que souvent mal réveillés, pour venir dire à la France entière sous des éclairages approximatifs: 1/ que le vote du Brexit les confortait dans leurs positions de quitter l’Europe 2/ qu’il fallait organiser le même referendum en France. Rapidement, tous les partis d’extrême-droite en Europe ont réclamé la même chose pour leur pays, c’est ce que les médias appellent « l’effet domino ». Abattre ce qu’il reste de l’Europe semblerait donc aujourd’hui à portée de main de l’extrême-droite européenne, si l’on en croit ses représentants. Effet collatéral : les rangs de l’extrême-droite au Parlement européen seront désormais allégés des 24 députés de l’UKIP de Nigel Farage, qui se présente lui-même au Royaume Uni comme le vainqueur quasi exclusif du Brexit. C’était la principale composante du groupe parlementaire surnommé – défense de rire – « Europe de la liberté et de la démocratie », que Marine Le Pen avait pourtant bien eu du mal à constituer, et à qui il pourrait désormais manquer des troupes. Il y a là un inconvénient burlesque qui n’échappera à aucun comique professionnel : entrer dans un Parlement tout en voulant en même temps en sortir.
 
Les déçus « mous »
C’est la catégorie de loin la plus nombreuse au Parlement européen. Elle regroupe aussi bien le droite ( PPE ) que la gauche ( Socialistes et Démocrates ). Leur plus petit commun dénominateur: 1/ la déception 2/ un commentaire désabusé sur les aléas du vote populaire ( s’ils ont choisi, c’est qu’il sont libres, c’est toujours ça ) 3/ l’appel à faire de ce vote un «  électrochoc «  pour « refonder l’Europe ». Comment et sur quoi, ça reste vague. 4/ des arrières pensées nationales à peine camouflées.
 
Ainsi Alain Lamassoure pour la version droite ( PPE ) : « Il y a eu trop de ratés, trop de temps perdu, trop de résultats décevants après trop d’enflure dans les annonces. Le moment est venu de poser la question de confiance entre Européens sur ce que nous attendons de la vie commune. Quels sont ceux qui se satisfont de l’Europe réduite à un grand marché ? Quels sont ceux qui sont désireux d’engager enfin une vraie Europe politique, dans les domaines où elle est nécessaire, et seulement dans ceux-là ? ( … ) « Encore faut-il que la France soit à nouveau dirigée d’une main ferme, et qu’elle soit remise en ordre de marche, etc… »
 
Version gauche ( Socialistes et démocrates ) : « Le départ du Royaume-Uni constitue une perte pour l’Union et le symbole d’une Europe en crise. C’est l’échec d’une Europe exclusivement dédiée au marché intérieur. L’heure doit être à la refondation pour renouer avec la vocation d’origine de l’Union, assurer la démocratie et le respect de valeurs, la prospérité, la liberté et la paix par la solidarité ( … ) Pour cela, l’Europe doit aussi retrouver une légitimité démocratique ; elle sera au cœur des élections de 2017, etc… )
 
Les optimistes inoxydables, mais critiques
On pourrait les croire atteint du syndrôme de Pyrrhus ( encore une victoire comme celle-ci et nous sommes perdus ), mais sans le savoir. Ils ont en commun de voir dans le Brexit l’occasion quasi inespérée de refonder une Europe extraordinaire, qu’on n’a pas réussi à faire avancer d’un pouce jusqu’à maintenant, bien au contraire. Ils ont l’air de manier le paradoxe, mais peut-être leur optimisme est-il salutaire dans cette ambiance morose.
Ainsi le député Dominique Riquet ( Alliance des démocrates et des libéraux pour l’Europe ) pour qui «  le Brexit est une excellente nouvelle pour l’Europe, c’est le moment d’avancer dans le projet politique européen » ),  qui ne croit absolument pas à «  l’effet domino » ( si le domino britannique tombe, « il tombe tout seul » ) et pour qui le Brexit est « une occasion d’avancer sur plus d’intégration ». Européen convaincu, il ne voit que l’échelle européenne pour solutionner les gros problèmes auxquels le continent est aujourd’hui confronté.
Le député européen Jean-Luc Mélenchon ( GUE/GVN ) , par sa voix originale et sa présence assidue dans les médias, côté extrême gauche, peut être rattaché à la même catégorie. Adepte du slogan choc, il répète, pastichant une formule attribuée à Nicolas Sarkozy ( « La France, tu l’aimes ou tu la quittes » ), que «  l’Europe, on la change ou on la quitte ». Un changement qui devra être radical : refus de la « troïka », sortie des traités européens existants, arrêt des migrations « au départ », arrêt des guerres et des traités commerciaux inégaux ». Jean-Luc Mélenchon envisage un referendum en France : «  s’il n’y a pas moyen de se faire entendre des autres, de stopper la guerre sociale entre les peuples, il faudra s’en aller. » Il  propose de discuter avec le gouvernement allemand et «  ensuite de faire un referendum. Pas commencer par abandonner l’Union européenne aux Allemands. » Lui aussi a en vue les échéances nationales : «  en 2017, il ne faut pas se faire voler le débat européen. Et ma candidature porte une alternative à l’UE ». CQFD. Le député européen voit aussi dans le Brexit une conséquence inattendue à laquelle on n’avait peut-être pas bien réfléchi : « l’anglais ne peut plus être la troisième langue de travail du Parlement européen ». Ce qui au fond, serait une bonne nouvelle pour les interprètes.
 
Irlande: un appel à la réunification
En votant largement contre le Brexit, l’Irlande du Nord vient d’affirmer son opposition à Londres, ravivant les velléités de réunification des deux Irlande en un seul pays indépendant qui souhaite se maintenir dans l’Union européenne. Le Brexit ouvre un nouveau chapitre de la « question irlandaise » dont la Grande Bretagne va difficilement pouvoir faire l’économie, comme on le constate en suivant les arguments de la députée européenne de l’Irlande du Nord, Martina Anderson, membre du Sinn Féin : « ce référendum n’a rien à voir avec les intérêts du peuple irlandais, de notre île ou de son économie . Cela ne concerne que les petits problèmes des conservateurs britanniques et leurs contradictions internes. Je suis donc très fier des 56% de voix contre le Brexit en Irlande, qui marquent la volonté des Irlandais de rester membres de l’Union européenne. Malheureusement , les votes en Angleterre et au Pays de Galles signifient maintenant que les 440 707 personnes en Irlande du Nord qui ont voté pour demeurer dans l’UE, sont traînés involontairement hors de l’ UE . Le vote anglais a renversé la volonté démocratique de l’Irlande du Nord. C’est de la responsabilité du gouvernement britannique de reconnaître le vote dans les administrations décentralisées ( … ) Le Sinn Féin fera maintenant pression pour supprimer la frontière entre les deux Irlande , une possibilité explicitement prévue dans le «  Friday agreement » il y a 18 ans , et qui permettra aux citoyens irlandais de voter pour mettre fin à la partition, et à rester dans l’Union européenne. « 
 
Une position renforcée par l’ensemble du Sinn Féin pour qui « le gouvernement britannique n’a pas de mandat pour représenter le point de vue de l’Irlande du Nord dans les négociations futures avec l’UE » et qui réitère donc son appel à un référendum sur l’unité irlandaise. « Il est inacceptable qu’une majorité en Angleterre et au Pays de Galles puisse modifier le statut constitutionnel de l’Irlande du Nord contre les souhaits de ses habitants,  »  explique le Sinn Féin qui rappelle son attachement à l’Europe, tout en reconnaissant « le déficit démocratique au sein de l’Union européenne et ses tendances néolibérales. »
 
L’Ecosse vers l’indépendance ?
Le Brexit risque d’avoir de lourdes conséquence en Ecosse, où les électeurs, comme prévu, ont voté contre la sortie de l’UE. Le député européen Alyn Smith, membre du parti indépendantiste au pouvoir en Ecosse ( SNP ), marqué à gauche, était il y a quelques jours, tout à fait clair sur les conséquences qu’il faudrait tirer d’un Brexit :  « La question de l’adhésion de l’Ecosse au Royaume Uni serait, pour nous, remise à l’ordre du jour. Si Londres nous retire malgré nous du projet européen, nous considèrerons à nouveau un référendum sur notre indépendance – notamment, mais pas seulement, pour rester au cœur de l’Union européenne. Je ne doute pas que l’avenir de l’Ecosse soit celui d’un État indépendant au sein d’une Europe unie, sociale, démocratique et écologique. Et quoiqu’il advienne de cette douloureuse phase politique que traverse le Royaume Uni, les Ecossais auront toujours à cœur de travailler avec nos partenaires historiques, au premier rang desquels se trouve la France. »
 
Autant d’analyses qui laissent entendre que c’est peut-être bientôt sur les mésaventures d’un Royaume Désuni que porteront l’essentiel des commentaires

 

BREXIT : L’ampleur du désaveu doit conduire à la refondation de l’UE (Pierre Laurent)

 

Les citoyens britanniques viennent de voter à 51,9 % pour sortir de l’Union européenne. C’est un nouveau choc révélateur de l’ampleur du désaveu populaire vis à vis de l’UE néolibérale. Le temps est venu de refonder l’UE, de construire une Union de peuples et de nations libres, souverains et associés, tournée vers le progrès humain et la justice sociale. Cette nouvelle Union, et les nouveaux traités qu’elle appelle, doivent se construire sous le contrôle des peuples européens.

 

Le déni répété de cette exigence depuis le référendum de 2005 sur le Traité constitutionnel européen jusqu’au coup d’État financier contre la Grèce, a conduit l’Europe dans le jusqu’au-boutisme libéral et donné des ailes à l’extrême droite. La stratégie de David Cameron et l’accord passé avec la Commission européenne ciblant les populations immigrées ont libéré les forces les plus xénophobes au Royaume Uni. Même dans sa formation politique, Cameron a été pris à son propre jeu. Pour les classes populaires britanniques, le changement de gouvernement qui s’annonce à l’automne, encore plus à droite, veut dire plus d’austérité, plus de soumission aux marchés, plus de tensions et de racisme dans la société.

 

Nous refusons le faux dilemme imposé par les partisans de l’austérité, entre l’enfoncement dans la crise sociale et l’autoritarisme, ou la dislocation sur fond de rivalités nationalistes. Il y a une autre option, celle de la reprise en main du projet européen par la gauche. Une lutte cruciale pour notre avenir à tous est engagée entre la droite ultralibérale de Boris Johnson alliée à l’extrême droite de Marine Le Pen et l’alliance de toutes les forces de gauche et de progrès qui refusent l’austérité. Nos regards se tournent vers l’Espagne, ou le résultat de dimanche pourrait ouvrir un espoir dans le camp progressiste. Les communistes français seront plus que jamais au côté des peuples, de la gauche du Royaume Uni et d’Irlande, dans la période complexe et instable qui s’ouvre. Avec nos alliés, nous travaillerons sans relâche à la construction de l’Europe du développement social, économique et écologique, respectueuse des souverainetés nationales.

 

La campagne présidentielle et législative de 2017 doit être l’occasion d’un grand débat populaire sur la politique de la France en Europe. Il n’y a rien à attendre de Hollande et Sarkozy qui ont été les artisans de l’Europe austéritaire. La question du changement politique à gauche, dans un grand pays comme le nôtre se pose plus que jamais. Le PCF entend y contribuer dès maintenant, en construisant un pacte d’engagements commun qui contienne une politique concrète et offensive pour un gouvernement de la France qui soit au combat sur la scène européenne.

 

Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF, Président du PGE,

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Les factions de la bourgeoisie règlent leurs comptes les travailleurs anglais paieront et ailleurs aussi

Posté par jacques LAUPIES le 24 juin 2016

Comme il fallait s’y attendre la moitié des britanniques se sont fait piéger par le chantage à l’Europe Responsable de tous leurs malheurs.
Ils ne sont pas plus idiots que les français et probablement bien d’autres européens qui face à une Europe qui ne leur apporte pas de réponse dans le domaine social, se laissent berner par une fraction de leur bourgeoisie nationale qui usent et abusent du sentiment nationaliste, l’enrobant d’un patriotisme de classe.
 
Mais qui a mis le feu sinon la droite et la Social démocratie européenne  qui faisant la louange de l’Europe sur fond de dépendance à l’égard des marchés financiers et de la recherche du profit maximum pour les industriels et financiers s’est refusé à bâtir une Europe Sociale.
 
Ben de Merkel à Hollande en passant par tous ces dirigeants européens aux commandes depuis des années qui sont les pyromanes ? Pas le pauvre type d’anglais qui à voté la sortie ! Mais on en a fait un complice d’un processus qui pourrait couter fort cher à nos enfants. Nous ne sommes plus au temps de l’Union Soviétique et, aujourd’hui comme demain un fédéralisme (ou mieux sans doute un confédéralisme) européen est indispensable si l’on ne veut pas que les pseudos patriotes à la Le Pen, ou cet autre souverainiste (Dupont d’Aignan) nous conduisent à la catastrophe au prétexte que la finance et les multinationales nous étouffent. L’argument est vrai mais en l’occurrence il sonne faux dans leur bouche !
 
L’heure est bien trop grave pour que les communistes ne tombent pas dans le panneau de la désintégration de l’Europe. Et ceux qui trouvent le vote anglais à leur gout risquent bien de l’avoir amer dans peu de temps !

Le Royaume-Uni choisit de sortir de l’UE, un séisme pour l’Europe et le monde

Vendredi, 24 Juin, 2016

Les factions de la bourgeoisie règlent leurs comptes  les travailleurs anglais paieront et ailleurs aussi dans POLITIQUE

Photo Niklas Halle’n/AFP

Les Britanniques ont choisi de quitter l’Union européenne, un saut dans l’inconnu qui porte un coup terrible au projet européen. Le premier ministre David Cameron annonce sa démission.

François Hollande annonce des initiatives pour un « sursaut » européen
François Hollande a annoncé vendredi des initiatives françaises pour organiser un « sursaut » européen, après la victoire du « Brexit » au Royaume-Uni.
Le président français a cité les domaines de la sécurité, défense et protection des frontières, de l’investissement pour la croissance et l’emploi, des politiques industrielles, de l’harmonisation fiscale et sociale et le renforcement de la zone euro et de sa gouvernance.
Il a ajouté lors d’une déclaration à l’Elysée qu’il se rendrait lundi à Berlin pour rencontrer la chancelière Angela Merkel et « sans doute » le président du conseil italien Matteo Renzi pour « évoquer ce qui doit être fait », avant le Conseil européen mardi et mercredi à Bruxelles.
Le chef de l’Etat a ajouté qu’il aurait auparavant rencontré les dirigeants des forces politiques françaises.
L’Union européenne doit tirer « toutes les conséquences » du vote britannique, a-t-il dit, en assurant que les procédures prévues pour la sortie du Royaume-Uni de l’Union seraient appliquées « rapidement ».  »Le vote des Britanniques met gravement l’Europe à l’épreuve », a-t-il ajouté, en soulignant une « perte de confiance des peuples dans le projet qu’elle porte ».
Le danger est immense face aux populismes, a souligné le président français.  »Aujourd’hui, c’est l’histoire qui frappe à notre porte, ce qui se joue c’est la dilution de l’Europe », a-t-il dit. « Je ferai tout pour que ce soit le changement profond plutôt que le repli. »
David Cameron démissionnera d’ici octobre
Le Premier ministre britannique, David Cameron, a annoncé vendredi qu’il démissionnerait d’ici octobre après la victoire des partisans de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne lors du référendum de la veille. « Je ne crois pas qu’il soit opportun que je sois le capitaine qui mène notre pays vers sa prochaine destination », a déclaré le chef du gouvernement devant sa résidence de Downing Street.
L’UE regrette la décision britannique, se dit prête à négocier
Les principaux responsables de l’Union européenne ont déclaré vendredi regretter mais respecter le vote des électeurs britanniques en faveur d’une sortie de leur pays de l’Union européenne, ajoutant être prêts à entamer rapidement les négociations sur le Brexit.  »Par un processus libre et démocratique, le peuple britannique a exprimé sa volonté de quitter l’Union européenne. Nous regrettons cette décision mais nous la respectons », disent dans un communiqué le président du Conseil européen, Donald Tusk, celui du Parlement européen, Martin Schulz, le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil, et Jean-Claude Juncker, le président de la Commission.
Ils ajoutent attendre désormais du gouvernement britannique qu’il applique « dès que possible » la décision des électeurs, « aussi pénible que puisse être le processus ».
« Nous sommes prêts à ouvrir rapidement des négociations avec le Royaume-Uni sur les modalités et les conditions de sa sortie de l’Union européenne », dit le communiqué. 
 
Selon les résultats officiels publiés vendredi en début de matinée, 52% des électeurs avaient voté pour quitter l’UE, seul un nombre marginal de bulletins restant à dépouiller. Le référendum a été marqué par une participation importante (72,2%). Les résultats montrent un pays divisé, avec Londres, l’Ecosse et l’Irlande du Nord qui ont voté pour rester, tandis que le nord de l’Angleterre ou le Pays de Galles ont voté contre.
Ce résultat, largement pressenti pendant la nuit, a envoyé la livre par le fond: la monnaie britannique a touché un plus bas depuis 1985. La Bourse de Tokyo a chuté de 8% et les principales Bourses européennes devraient plonger à l’ouverture, laissant présager un « vendredi noir » sur les marchés mondiaux, face à la décision de la cinquième puissance économique mondiale de quitter l’UE, un acte sans précédent en soixante ans de construction européenne.
Faisant fi des menaces de désastre économique en cas de sortie agitées par le camp du maintien et les institutions internationales, les Britanniques ont préféré croire aux promesses de reconquête de leur indépendance vis-à-vis de Bruxelles, et d’arrêter l’immigration en provenance des pays de l’UE, l’un des thèmes majeurs de la campagne. Ils ont ainsi rompu avec un projet dans lequel ils étaient entrés en 1973, à reculons déjà, voyant dans l’UE avant tout un grand marché unique, sans s’engager dans le projet politique.
 
Le leader du parti europhobe Ukip, Nigel Farage, a dit commencer « à rêver d’un Royaume-Uni indépendant », affirmant que si les prévisions se vérifient, ce sera « la victoire des vrais gens, des gens ordinaires ». La première victime de ce choix devrait être David Cameron, qui est à l’origine du référendum. En l’organisant, il espérait mettre fin aux disputes sur l’UE qui empoisonnent le Parti conservateur depuis les années 1980 et stopper l’ascension du parti europhobe UKip, vainqueur des élections européennes en 2014.
Mais il n’a désormais d’autre choix que de démissionner de la tête des Tories, selon Tim Oliver, de la LSE. Il devrait ensuite assurer l’intérim jusqu’à la nomination de son successeur, ce qui pourrait prendre plusieurs mois. Le chef de file conservateur de la campagne pro-Brexit Boris Johnson est pressenti pour lui succéder. A moins que les cadres du parti ne préfèrent une figure plus consensuelle à l’ex-maire de Londres, accusé d’opportunisme.
 
Le Brexit risque en outre de mettre en péril l’intégrité du Royaume-Uni. La Première ministre écossaise Nicola Sturgeon a déclaré vendredi que sa région « voit son avenir au sein de l’UE », entr’ouvrant ainsi la porte à un nouveau référendum sur l’indépendance. En Irlande du Nord, le Sinn Fein, favorable au maintien dans l’UE, a lui appelé à un référendum sur une Irlande unifiée. La décision constitue aussi un terrible désaveu d’une Union déjà affaiblie par la crise des réfugiés et la persistance de la crise économique.
 
Alors que les mouvements populistes prospèrent à travers l’Europe, avec un dénominateur commun, la critique de Bruxelles, elle pourrait entraîner une réaction en chaîne. Au vu des résultats britanniques, la chef de l’extrême droite française Marine Le Pen a immédiatement appelé à un référendum en France. Et le député d’extrême droite néerlandais Geert Wilders a réclamé la même chose pour les Pays-Bas.
Les dirigeants européens ont prévu de se réunir dans la matinée vendredi à Bruxelles pour tirer les leçons de ce vote. Le président français François Hollande avait promis que des initiatives seraient prises « quoi qu’il se passe » pour faire « évoluer la construction européenne ». Londres va à présent entrer dans un long tunnel de négociations avec l’UE sur les conditions de sortie, un processus qui pourrait durer jusqu’à deux ans et dont l’issue n’est pas écrite. En attendant la conclusion, le Royaume-uni restera lié par les accords existants.
Selon David Cameron, négocier ces nouveaux accords et des traités commerciaux avec l’UE et les pays hors UE pourrait prendre une décennie, pendant laquelle la croissance va souffrir et la City de Londres, coeur financier du pays, perdre des milliers d’emplois. Selon le Fonds monétaire international, le pays pourrait même connaître une période de récession. Les partisans du Brexit ont eux naturellement un scénario beaucoup moins noir en tête, comptant sur le fait qu’ils garderont un accès au marché unique européen et qu’ils noueront de nouveaux partenariats qui renforceront à terme la prospérité du pays.
Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a toutefois prévenu qu’il ne leur rendrait pas la chose facile, au risque sinon de tenter d’autres pays de suivre l’exemple britannique. « Le Royaume-Uni devra accepter d’être considéré comme un Etat tiers, que l’on ne caressera pas dans le sens du poil », a-t-il mis en garde. Le Royaume-Uni va aussi devoir s’atteler à panser les blessures occasionnées par une campagne référendaire au ton particulièrement violent, marquée par le meurtre d’une députée pro-UE, Jo Cox, et la désignation des immigrés comme boucs émissaires de nombre de problèmes.
 
Brexit: François Hollande s’exprimera vendredi après une réunion ministérielle prévue à 9H00.
Le président de la République Française s’exprimera vendredi matin sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne après avoir convoqué une réunion ministérielle de crise autour de lui à l’Elysée, a annoncé la présidence. Sont attendus au palais présidentiel les ministres des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault et des Finances Michel Sapin ainsi que le secrétaire d’Etat aux Affaires européennes Harlem Désir, a indiqué l’entourage du chef de l’Etat, précisant cependant que d’autres membres du gouvernement pourraient s’y joindre. Le président français avait lancé jusqu’au jour du référendum jeudi de multiples avertissements aux Britanniques, estimant que « l’avenir de l’Union européenne » se jouait avec ce scrutin. Aux yeux de Paris, a-t-il mis en garde, la sortie du Royaume-Uni de l’UE serait « irréversible ». Le chef de l’Etat français avait également annoncé mercredi qu’il se rendrait « la semaine prochaine » à Berlin pour y retrouver la chancelière allemande Angela Merkel, une rencontre susceptible d’intervenir lundi, avant le sommet européen post-Brexit prévu mardi et mercredi à Bruxelles. François Hollande a plaidé aussi pour « une relance de la construction européenne (…) quelle que soit la réponse du peuple britannique ».

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François, Manuel, Emmanuel et les autres…

Posté par jacques LAUPIES le 24 juin 2016

Je crois, en toute modestie, avoir ici eu l’occasion de disserter sur Valls et Clémenceau qui serait son mentor ! Je suis d’autant plus ravi de lire l’analyse historique faite par Jean Paul Scot parue ce jour dans l’Humanité et que je reproduis  ci dessous.

C’est dire à quel point on peut redouter que notre Premier Ministre actuel  prenne une importance plus grande dans la vie politique de notre pays car de ces républicains là notre pays n’a point besoin. Ce genre de personnage qui s’entourent un temps de certaines valeurs  républicaines peuvent conduire notre pays dans des ornières dont nous n’avons que trop souffert en se mettant à la remorque des bourgeoisies nationales, à ceci près qu’on imagine Valls aller bien au delà de ses sympathies pour les patrons de notre hexagone.

Son compère Hollande qui semble avoir un parcours différent n’en est pas moins à risque !

Dire que ces oiseaux là peuvent décider de faire entrer en conflit sans préalable grâce à une constitution qui place le parlement de fait sous leur tutelle, subir grâce à leurs prédécesseurs de droite l’engrenage de l’appartenance à l’OTAN et nous entrainer à des guerres, à la remorque d’un capitalisme aux ramifications internationales non exempt de contradictions interne et qui nous rappelle  précisément de Jaurès la fameuse phrase de « la nuée qui porte l’orage ».

J’en viens à plaindre notre belle jeunesse, toutes classes confondues qui, de gré ou de force, pourrait-être conduite à suivre ces chefs de guerre de pacotille dont l’histoire vue  et revue ensuite par les classes dominantes fait des héros de la nation comme si les circonstances  n’avaient pas suffit pas à faire naitre. Leur acharnement au pouvoir et leur prétention à croire en leur destin sans considération de qui leur a donné le droit de gouverner nous menace !

Mais ne sommes nous pas parfois coupables de crédulité à leur égard ? Une crédulité un peu trop générale face à la chose politique qui, en tous temps et en tous lieux, sur fond de lutte de classe, génère le meilleur et le pire et dont il faudra bien s’extirper un jour. Sans doute dans une démocratie étendue dans les moindres coins de la planète et permettant l’implication de tous. Et surtout une capacité de réflexion  des peuples trompés par des classes dominantes qui arrivent à leur faire partager la défense de leurs intérêts d’exploiteurs.

Rêvons un peu sachant que cela ne peut passer que par le partage !

 

Clemenceau, Jaurès, la CGT et… Valls !

Jeudi, 23 Juin, 2016

L’Humanité

François, Manuel, Emmanuel et les autres... dans POLITIQUE

Patrick Nussbaum

Jean-Paul Scot Historien et auteur de  Jaurès et le réformisme révolutionnaire  (Seuil)

Manuel Valls avouait en 2008 dans Pour en finir avec le vieux socialisme… et être enfin de gauche : « J’ai mis du temps à admettre que j’aurais plus facilement applaudi le Tigre que le fondateur de l’Humanité. Maintenant, j’assume. » À Jaurès, il préfère toujours Clemenceau qui avait refusé de « se laisser abuser par l’idéologie binaire de la lutte des classes ». D’abord un rappel.

1er mai 1906 : la CGT lance la grève générale pour les 3×8 ; les travailleurs sont appelés à arrêter le travail au bout de huit heures. Depuis la catastrophe de Courrières où 1 100 mineurs ont péri en mars, le climat social est très lourd. Clemenceau, le ministre de l’Intérieur, a décrété l’état de siège, fait arrêter des militants CGT et envoyé l’armée pour briser la grève générale reconduite par référendum des mineurs du Nord-Pas-de-Calais. Depuis avril, la grande presse agite le spectre du Grand Soir, des bourgeois fuient Paris, des capitaux passent à l’étranger. Clemenceau prétexte un complot syndical et fait arrêter la direction de la CGT. Pourtant, 200 000 grévistes manifestent à Paris et plus encore en province : les chasseurs à cheval chargent place de la République, des centaines de travailleurs sont blessés et arrêtés. Mais des grèves se poursuivent dans de grandes usines.

Lors d’une fameuse joute oratoire à la Chambre des députés du 12 au 19 juin, Clemenceau, devenu président du Conseil, se flatte d’avoir sauvé l’« ordre républicain » et la « liberté du travail ». Il dénonce les syndicalistes « qui agissent contre la classe ouvrière », reproche aux socialistes de ne pas soutenir son programme de « réformation sociale ». Ce à quoi Jaurès réplique qu’« il s’agit de savoir quel sens précis nous mettons sous ces mots » de réformes. Le tribun socialiste met en cause « la responsabilité profonde et meurtrière des grands patrons, des grands capitalistes ». Il démonte la rhétorique officielle sur la violence ouvrière « visible », accuse la « violence cachée » du patronat et démasque le « maintien de l’ordre public » en faveur des « classes dirigeantes ».

Désormais, pour Jaurès, le programme républicain des radicaux est « achevé » car « c’est la question économique, c’est la question sociale, c’est la question de la propriété qui apparaît au premier plan ». Certes, Jaurès critique fermement les tactiques de l’« action directe » et de la « grève générale » d’une CGT dirigée alors par des anarcho-syndicalistes, mais, affirme-t-il, une « nouvelle époque » s’ouvre, celle de « l’unité d’action du socialisme et du mouvement ouvrier » dans le respect de leur autonomie. Quant à Clemenceau, il continuera à briser, par la répression et la manipulation policière, les grèves des ouvriers du bâtiment et les manifestations des vignerons du Midi en 1907. Fier d’être « briseur des grèves », il interdira encore de manifester le 1er mai 1910 à Paris, bien que la CGT se soit engagée à assurer « l’ordre légal » par un rassemblement pacifique au Champ-de-Mars.

Un peu de réflexion maintenant. L’histoire ne se répète certes pas, mais elle nous laisse des héritages et des… dettes. C’est à ­Clemenceau que nous devons ce culte obsessionnel de l’« ordre public »… ainsi que le sinistre traité de Versailles, ferment de tous les nationalismes et fauteur de la Deuxième Guerre mondiale. Jaurès, lui, nous a légué son amour de la paix et de l’internationalisme, ainsi qu’une conception révolutionnaire de la démocratie sociale bien oubliée aujourd’hui. Le Parti socialiste devait « compléter la démocratie politique par la démocratie sociale ». La « souveraineté du peuple » exprimée par la proportionnelle intégrale devait être complétée par la « souveraineté du travail ». Les élus des travailleurs devaient assumer « une part de responsabilité, de contrôle, de direction » en participant aux conseils d’administration de toutes les entreprises, privées, coopératives et publiques, avec autant de pouvoir que les actionnaires. L’orientation de l’économie nationale devait être confiée à un Conseil démocratique du travail élu par tous les travailleurs et remplaçant le Sénat « bourgeois et réactionnaire ». Mais les socialistes ont occulté dès 1920 la stratégie jaurésienne de l’« évolution révolutionnaire ». Et les communistes ont longtemps oublié la conception de Jaurès d’un socialisme démocratique sans dictature du prolétariat.

Nous avons oublié également son analyse des contradictions inhérentes au réformisme qui « affirme et nie tout à la fois le régime capitaliste ». Sans trop simplifier l’histoire, nous pouvons dire que nous avons hérité de la CGT et du PCF les conquêtes sociales du Front populaire et de la Libération, les luttes contre les guerres coloniales, la défense du modèle social français et la résistance face au capitalisme mondialisé. Et nous devons aux dirigeants socialistes, à Léon Blum la non-intervention en Espagne et la guerre ­d’Indochine, à Guy Mollet, l’enlisement dans celle d’Algérie, à ­François Mitterrand la non-application du programme de la gauche unie et le oui à l’Europe de Maastricht, à François Hollande… On ne peut pas servir à la fois deux maîtres, le capital et le travail, quand la démocratie dépend fondamentalement du rapport des forces entre les classes sociales.

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Loi travail: 60.000 manifestants à Paris

Posté par jacques LAUPIES le 23 juin 2016

Jeudi, 23 Juin, 2016
La manifestation parisienne contre la loi travail a réuni 60.000 participants ce jeudi selon FO et la CGT.

La manifestation parisienne contre la loi travail, à l’appel de l’intersyndicale CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL et Fidl, organisée sous haute surveillance policière et sur un trajet resserré, a réuni 60.000 participants jeudi, selon un décompte fourni par FO et la CGT. Dans la capitale, la manifestation s’est déroulé dans le calme selon les syndicats. Les manifestants étaient tenus à un aller-retour d’un peu plus de 1,5 km entre la place de la Bastille et la Seine, avec interdiction de s’écarter de cet itinéraire très surveillé. Aucun débordement n’a été signalé.
La préfecture de police, qui avait invoqué la crainte de débordements semblables à ceux du 14 juin pour interdire le défilé, avait pris des mesures de sécurité renforcées, avec le déploiement de plus de 2.000 membres des forces de l’ordre et l’installation de grilles autour de la place de la Bastille.
En amont et au départ de la manifestation, 95 personnes contrôlées notamment avec des objets pouvant servir de projectiles ont été interpellées, a-t-on appris auprès de la préfecture. Les syndicats ont également renforcé leur propre service d’ordre. « Aucune violence, aucun débordement ne sera toléré », avait prévenu mercredi le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, après avoir trouvé un compromis in extremis avec la CGT et FO sur l’itinéraire de jeudi. Les manifestants, dont beaucoup regrettaient le parcours circulaire imposé par les autorités, ont affirmé leur détermination à obtenir le retrait de la loi Travail.

Fait singulier, les manifestants ont battu le pavé en boucle. Le cortège « officiel » a été rejoint par des militants de Nuit Debout, qui marchaient en sens inverse, mêlant leurs slogans dans une joyeuse cacophonie.

Une manifestation De Bastille à Bastille, la manifestation contre la loi travail est partie

De nombreuses manifestations se tenaient également en régions. A Rennes la manifestation d’opposants à la loi travail a rassemblé 3.000 selon la CGT. Au Havre, la manifestation se déroulait dans le calme. Elle rassemblait 20.000 personnes. A Marseille, ils étaient 45.000 manifestatnts selon les organisateurs, et 12.000 à Toulouse.

« Si le gouvernement s’entêtait, on verra cet été, mais on verra surtout à la rentrée », a dit à la presse le numéro un de FO, Jean-Claude Mailly, avant le départ du cortège parisien. CGT et FO en appellent toujours à l’intervention de François Hollande pour débloquer la situation et mettent en cause l’intransigeance supposée de son Premier ministre, Manuel Valls. »Il faut qu’il prenne les affaires en main », a déclaré le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez à propos de François Hollande, en soulignant que la CGT n’avait reçu à ce jour aucune réponse à un courrier adressé le 20 mai à l’Elysée. La CGT et FO ont à nouveau insisté jeudi pour être reçues par François Hollande, qui a affirmé qu’il irait « jusqu’au bout » sur la loi travail. « On veut une réponse », a insisté M. Martinez, estimant que « quand sept organisations syndicales écrivent au président de la République, la moindre des choses c’est de répondre, quelle que soit la réponse ».

Le défilé parisien entre dans le cadre d’un appel national à grèves et manifestations dans toute la France, le dixième depuis mars à l’initiative de sept syndicats (CGT, FO, Solidaires, FSU, UNL, Unef, Fidl). Le texte est examiné au Sénat jusqu’à vendredi avant un vote le 28 juin, date d’une nouvelle mobilisation.

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