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Le bien vivre ensemble passe par le rassemblement le dialogue pour plus de solidarité..

Posté par jacques LAUPIES le 7 août 2016

Ce Maire donne l’exemple de la sagesse dans une période où les évènements font naitre des peurs mais aussi des réflexes d’indignation qui peuvent conduire à stigmatiser toute une fraction de la population.

Je vis dans une ville où ce risque existe déjà parmi des personnes de toutes conditions cette tentation. Cependant il apparaît que le désir d’apaiser le débat, de favoriser le dialogue est aussi fortement présent.

Faut il pour cela éviter les sujets qui fâchent notamment l’évocation des origines du mal insupportable qu’est le terrorisme et qui ne relève pas comme sont tentés de le déclarer certains d’un conflit de civilisations et de religions ?  Dire comme le fait le pape François que ce sont les appétits exorbitants de ceux qui possèdent la puissance et l’argent qui créent aussi le problème n’est pas s’enfermer dans un dogmatisme idéologique comme sont évidemment tentés de le penser ceux qui ne partagent pas nos convictions.

C’est tout simplement appeler à la raison mais peut on se contenter de cela et ne pas agir ensembles, de faire en sorte que les gens se rencontrent, que des idées s’échangent et que cela aboutisse à des actes concrets de rencontre s pour développer ce que l’on appelle aujourd’hui vivre ensemble, comme s’il était possible de n’envisager que la séparation.

Les élus, les responsables de partis politiques comme tous ceux qui sont attachés à une religion, à des convictions philosophiques doivent par delà  leur approche différente de la vie en société, débattre et proposer, dire que le bien le plus précieux est la non violence mais rappeler que cela passe par plus de solidarité dans un pays qui peut de ce point de vue la garantir et s’en donner les moyens.

 

Hubert Wulfranc « Il faut aller mieux. On va aller mieux »

Entretien réalisé par Aurélien Soucheyre
Vendredi, 5 Août, 2016
L’Humanité

Le bien vivre ensemble passe par le rassemblement le dialogue pour plus de solidarité.. dans POLITIQUE

Jérôme LALLIER

Hubert Wulfranc, maire communiste de Saint-Étienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), commune endeuillée par l’assassinat du père Hamel le 26 juillet, nous reçoit dans son bureau et revient pour l’Humanité sur le climat et les enjeux qui traversent la ville et le pays.

Au lendemain de l’hommage rendu au père Hamel assassiné, le réveil n’est-il pas trop douloureux pour les habitants de Saint-Étienne-du-Rouvray, qui depuis le début du drame ont fait preuve d’une dignité qui a ému la France ?

Hubert Wulfranc Je n’ai pas de réponse tranchée, ni la prétention de répondre si vite. Il y a un fond de réalité tragique qui domine. Il me semble cependant qu’un nombre très significatif de Stéphanais ont exprimé des propos et des écrits qui les ont aidés à verbaliser des sentiments et des idées qui témoignent de leur espoir de dépasser ce drame. Il me semble que le pays a trouvé que notre comportement était digne. Cette attitude est très importante. C’est ­notamment ce que j’ai tenu à faire ­verbaliser par le chef de l’État.

Aujourd’hui,vous pouvez parler de reconstruction ?

Hubert Wulfranc Chaque étape, dès le jour même de la tragédie, était déjà une étape de reconstruction. Ce qui est ­décisif, c’est d’emprunter ce chemin dans la dignité. L’hommage de la ville au père Jacques Hamel, les échanges, les témoignages, le regard des autres, du chef de l’État aux citoyens de tout le pays, ont été très importants pour ­redémarrer. Il faut aller mieux. On va aller mieux.

Quelles sont les étapes à venir ?

Hubert Wulfranc Notre priorité pour Saint-Étienne-du-Rouvray est de nous occuper de notre ville de façon très pragmatique. La prochaine étape que nous préparons est déjà une étape de sociabilité majeure en dehors de tout événement exceptionnel : il s’agit de la rentrée scolaire. Elle va être cruciale et devra être très concrète. Nous disposons déjà de nombreuses propositions et initiatives. Nous allons les examiner. Il faudra ­assurer une rentrée dans les meilleures conditions, travailler au meilleur climat possible pour les enfants, de l’encadrement à la psychologie.

Quelle étape voyez-vous au niveau national ?

Hubert Wulfranc La situation appelle à un échange démocratique au plus haut niveau sur les politiques publiques conduites dans ce pays. Je n’ai pas la prétention aujourd’hui, de par mon statut et suite à la confusion des idées dans laquelle nous sommes tous, de tracer des lignes strictes à suivre ou de distribuer bons et mauvais points. J’ai des convictions, qui trouvent écho dans les positions de ceux qui me sont très proches au niveau national. Je n’ai pas changé de convictions. Mais le temps n’est pas à ce que je m’exprime sur ces bases-là. Ce temps viendra, plus tard. Tous les citoyens, tous les élus de proximité, quelle que soit leur sensibilité républicaine – et cette sensibilité veut déjà dire beaucoup –, cherchent une parcelle de conviction à réactualiser et à faire remonter au niveau national. J’ai pour ma part parlé de ­l’importance considérable du champ politique public national au président de la ­République. Je n’en dirai pas plus sur cet échange.

Vous avez appelé à être les derniers à pleurer. Cela implique de prendre les bonnes décisions, sur un temps long…

Hubert Wulfranc Il faut dépasser les slogans, concrètement, pour obtenir des actes. L’hommage stéphanais au prêtre n’était pas un slogan, mais un acte, et ça compte. Nous devons matérialiser, incarner ce que nous portons. Dans mon discours, j’ai dit que l’État de droit que notre peuple s’est donné est l’outil de notre République. J’ai insisté sur ce que cela doit vouloir dire tous les jours. Cet État de droit est aussi un État de devoirs que chacun d’entre nous doit respecter. J’ai insisté sur la bienveillance, plutôt que sur la surveillance. Ce n’est pas anodin. La bienveillance, c’est à la fois l’empathie avec les gens mais aussi la fermeté respectueuse. Nous devons continuer à construire un discours de responsabilité citoyenne, sans galvauder les mots. Dire cela, soutenir cela, c’est aussi admettre et reconnaître que parfois on ne va pas dans le bon sens. C’est accepter de se remettre en cause et de se faire remettre à sa place, si vous voyez ce que je veux dire… Quand je dis cela, je dis de rester digne, sans se précipiter, sans s’écharper, pour agir avec discernement. Nous devons reprendre le temps de nous inscrire dans la réflexion.

Vous semblez redouter que certains propos soient susceptibles d’alimenter clivages ou polémiques…

Hubert Wulfranc Là-dessus je peux vous répondre. Nous sommes dans un moment de vie du pays où j’ai le sentiment qu’il y a tellement d’enjeux, de risques de basculement possibles qu’il faut tourner cent fois sa langue dans sa bouche. Je n’ai pas de téléphone portable. Les conditions de la communication aujourd’hui sont telles que l’on est très vite dans l’émotion, que ce soit dans l’enthousiasme comme dans la peur ou la condamnation. Dans ce contexte, j’appelle à avoir et à partager une discipline et une éthique. Les enjeux sont trop importants.

Que dites-vous aux citoyens qui, au-delà du terrorisme, s’inquiètent des réactions et du chemin que pourrait prendre la France dans cette épreuve ?

Hubert Wulfranc Je leur dis d’abord de s’exprimer avec sérénité et fermeté. Je leur dis ce que j’ai essayé de dire aux adultes de Saint-Étienne-du-Rouvray : veillez à votre parole et à la mesure de vos paroles. Soyez acteurs et soyez vigilants à la modération de vos actes, surtout si vous êtes sur le fil sombre. Je leur dis à la fois de dialoguer, de rappeler dans quelle société ils veulent vivre, et de faire attention au quotidien s’ils sont en colère, s’ils sont dans le rejet. Si par exemple quelqu’un entre dans une logique d’exclusion, je lui dis que cela n’est pas juste pour ceux qu’il exclut, mais je lui dis aussi que cela va se retourner contre lui, ou contre ses enfants. Quand on s’invente des ennemis, on en crée, et à la fin tout le monde est toujours perdant.

Pensez-vous que la France est en guerre, comme le déclare le président de la République ?

Hubert Wulfranc Je ne suis pas chef des armées. La France mène des actes et des missions militaires à l’étranger. C’est une réalité. Mais jusqu’à preuve du contraire, sur le terrain de nos villes et de nos villages, je ne vois pas de citoyens en situation de guerre civile effective. Il est primordial de le préserver. Nous avons beaucoup de travail à mener sur les conditions de préservation de cet état de paix effectif.

L’un des deux terroristes qui ont tué le père Hamel était stéphanais. Il se disait musulman. Comment les habitants ressentent-ils cela ?

Hubert Wulfranc Le terrorisme n’a rien à voir avec l’islam. Beaucoup le comprennent. Dans notre ville, la démonstration a été faite qu’il y a une tolérance, une ­acceptation entre les croyants de toutes religions et les non-croyants. Après, je ne sais pas où mettre le qualificatif : y a-t-il une tolérance certaine ou une certaine tolérance ? Cela dépend des jours. Mais nous devons tous veiller et travailler au dialogue et à la paix. C’est ce que faisait le père Hamel. C’est ce que fait l’imam ­Karabila. Si on ne fait pas ça, on laisse les portes de la boutique ouvertes à ceux qui ne sont pas républicains.

Vous avez dit à l’archevêque de Rouen que votre sensibilité politique et sa religion avaient des choses à se dire… Quand le pape dit que l’argent est le premier facteur du terrorisme mondial, cela vous parle ?

Hubert Wulfranc Les valeurs de respect, de justice, de paix, d’amour sont partagées par beaucoup. Nous avons donc des choses à nous dire, avec cette religion et aussi avec les autres ! Ce que dit ici le pape, c’est plutôt pas mal, non ? Je me souviens toujours d’une une de Paris Normandie dans les années 1970 sur « la religieuse et l’ouvrière ». En réalité, on a tous des choses à se dire, croyants comme non-croyants. Tous les citoyens doivent réfléchir dignement, avec bienveillance, en tant que citoyens. C’est comme ça que l’on trouvera les bonnes solutions. Elles ne peuvent être que démocratiques et communes.

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Posté par jacques LAUPIES le 7 août 2016

Pascal Boniface assez souvent invité de l’émission « C dans l’air » est un de ces rares  »spécialistes » dont je partage les analyses. Notamment concernant les causes de la situation au moyen orient mais également  sur la plupart des situations conflictuelles dans le monde.

C’est si rare par les temps qui courent que se remarque sa manière de voir les évènements en les plaçant généralement dans leur contexte de classe !

Comment ne pas partager son admiration pour Léo Ferré, sublime auteur interprète au service de cette poésie qu’il a tant valorisée « quand le ciel bas et lourd sur nous comme un couvercle » (Baudelaire) continue à exercer sur nous  sa pesanteur et étouffe l’avenir de notre jeunesse.

Je n’achète que peu de nouvelles éditions de livres pour au moins deux raisons : la lecture n’est pour moi qu’une occupation réduite par la difficulté à choisir l’essentiel de ce qui se publie et mes capacités budgétaires car le livre coûte hélas encore bien cher !

Je vais tenter de faire un petit détour de ces deux contraintes !

 

 

Des Lip aux crises globales

Fête de l’Humanité
Lina Sankari
Vendredi, 5 Août, 2016
L’Humanité

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Francine Bajande

Bercé par les luttes d’émancipation, Pascal Boniface, directeur de l’Iris, sera présent à la halle Léo-Ferré pour son ouvrage dédié au chanteur.

Que reste-t-il de l’adolescent qui découvre Léo Ferré en 1971 ? Du lycéen de Mantes-la-Jolie (Yvelines) qui décide de sécher les cours pour se rendre à une manifestation de soutien aux salariés de Lip à Besançon ? Dans cet après-Mai 1968 bouillonnant, Pascal Boniface jouit des libertés fraîchement acquises et de l’espace contestataire qui s’ouvre alors à la jeunesse. En classe de cinquième, lorsque les barricades se dressent au Quartier latin et que la grève générale est décrétée dans les usines, il est trop jeune pour prendre part au mouvement. Au lycée, il perpétue néanmoins l’esprit de 1968 en créant un journal où l’autorité éducative est sans cesse remise en question. Il connaît alors ses premières mobilisations et adhère en 1973 au Parti socialiste unifié (PSU) d’Édouard Depreux et Michel Rocard dont la ligne est autogestionnaire et anticolonialiste. Le jeune Pascal Boniface se passionne alors pour l’Amérique latine. De Cuba au Chili.

Pour les luttes d’émancipation dans ce qu’on appelle alors le tiers-monde. « La lutte contre les dictatures militaires et les résistances aux États-Unis qui se développaient sur le continent me fascinaient. À 17 ans, j’ai vécu comme un choc le coup d’État au Chili et cette violence politique que l’on croyait révolue. Malgré la révélation de la torture, Georges Pompidou ne condamne pas fortement. On a un peu oublié aujourd’hui qu’il existait même une approbation dans certaines sphères politiques », explique l’actuel directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS).

Si l’album Bobino 69 crée en Pascal Boniface « un choc contestataire », son adolescence est également rythmée par Joe Cocker, James Brown, Gilles Servat et François Béranger. Enfant du divorce, le bachelier quitte Mantes-la-Jolie le bac en poche pour rejoindre son père à Goussainville (Val-d’Oise). Il est alors affecté à l’université de Villetaneuse (Seine-Saint-Denis), « un autre foyer de contestation », où il entame des études de droit. « À l’époque, Sciences-Po me paraissait réservé à une élite et je ne voyais pas trop de débouchés professionnels. » Il se spécialise en droit international et soutient une thèse sur le désarmement. En 1986, six ans après avoir rejoint le Parti socialiste, il devient assistant parlementaire pour le groupe à l’Assemblée nationale. Une période stimulante tant du point de vue relationnel qu’intellectuel.

« Je n’ai jamais eu d’ambitions politiques malgré quelques sollicitations. C’est vrai qu’il y avait une sorte d’appel d’air et beaucoup de personnes ont accédé à des responsabilités. Je participais à des réunions internationales passionnantes, notamment au moment de la crise des euromissiles. »

Pascal Boniface multiplie les postes de conseiller dans les cabinets ministériels du ministre de la Défense Jean-Pierre Chevènement et de Pierre Joxe à l’Intérieur et à la Défense. En 1990, il crée l’Iris afin de pouvoir continuer à publier l’Année stratégique. Juste avant la Coupe du monde 1998, organisée en France, il propose à plusieurs éditeurs de se pencher sur une géopolitique du sport. Le refus est catégorique. Le sport comme terrain d’affrontement pacifié entre les nations ? Personne ne veut en entendre parler. « Aujourd’hui, plus personne ne contesterait ce champ d’étude », relève-t-il avec délice.

Au début des années 2000, la rupture avec le PS est brutale. Il rédige à l’époque une note invitant son parti à changer de politique sur le conflit israélo-palestinien et à cesser de renvoyer dos à dos Israéliens et Palestiniens. « Le PS tenait cette position essentiellement pour des raisons de politique intérieure. J’ai écrit qu’il fallait jauger ce conflit en fonction de valeurs universelles. » La polémique est violente et les pressions multiples. Une vaste campagne de dénigrement pour antisémitisme est lancée contre Pascal Boniface, le tiers des membres du conseil d’administration de l’Iris démissionne. « J’ai toujours été accusé d’avoir été payé par les pays arabes du fait de mes positions sur le conflit israélo-palestinien. En 2003, j’étais contre la guerre d’Irak, on a dit que j’étais un suppôt de Saddam Hussein.

On m’a également reproché d’être payé par les Russes car je ne soutiens pas les positions de l’Otan sur la question ukrainienne ou la guerre du Kosovo. » À la fin de la décennie, la polémique renaît autour de ses liens supposés avec le Qatar. Pascal Boniface se félicite de voir la Coupe du monde organisée pour la première fois dans un pays arabe mais critique dans le même temps le système de la « kafala », qui rend les travailleurs asiatiques présents sur les chantiers de la Coupe du monde esclaves de leur entreprise. De même, il s’insurge contre l’incarcération d’un poète dissident de la monarchie. Et de conclure : « Ces accusations d’être payé par d’autres ne me mettent plus en colère, mais elles viennent souvent de personnes qui servent clairement les intérêts de certains pays.

J’ai plutôt payé pour mes positions plus que j’ai été payé pour elles. En revanche, je n’ai jamais varié de ma ligne gaullo-mitterandienne qui me paraît cohérente. Je suis toujours resté fidèle à mes convictions et, en ce sens, à l’adolescent qui découvrait Léo Ferré. »

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