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Les droites tarasconnaises se disputent les apparences, la population trinque !

Posté par jacques LAUPIES le 12 août 2016

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La politique communale n’est pas qu’une histoire d’écharpe

 

Lorsque je prends connaissance du dernier tract diffusé par le FN sur TARASCON j’en conclus que le débat politique au sein de  notre cité est tombé bien bas.. Mais au moins, cela a-t-il un avantage : démontrer que ce parti n’a d’autre recours que la polémique sur des sujets bien éloignés de ce qu’attend la population de notre ville, pour tenter de gagner un peu plus sur un électorat que chacun à droite et parfois hélas à gauche, veut enfermer dans un patriotisme de pacotille.

Voila que ce parti dispute à la majorité de droite au Conseil municipal l’usage qu’il juge abusif d’écharpes tricolores en prenant appui sur un décret et l’abus des couleurs tricolores dans les festivités locales.

Pour le reste e FN s’en prend évidemment  à la droite locale  sur une taxe instaurée par Sarkozy. Pas de quoi fouetter un chat si ce n’est qu’il faut bien donner des garanties à des commerçants en proie à de grandes difficultés et donc l’illusion que le FN va les sauver.

Autre sujet abordé l’aménagement du Rhône (plus sérieux celui-là) dont chacun sait qu’effectivement le plan proposé actuellement ne répond pas aux souhaits des populations environnantes qui restent exposées aux inondations et que seul un projet de contournement du « goulet » arlésien pourrait éviter, ce qui supposerait des dépenses d’une autre envergure que celles envisagées pour le projet d’aménagement actuel. Le FN ne nous dit pas ce qu’il propose !

Quand je vois les droites se livrer à ce genre de guerre, même toujours convaincu qu’il faut avoir une opinion sur tout, je me dis que « ces braves gens » ne vont pas à l’essentiel et entrainent leurs électorats sur des voix de garage oubliant leurs grandes préoccupations : avoir du travail, des salaires décents et des minimas sociaux assurant l’essentiel, des formations pour les jeunes, l’accès au logement, aux loisirs et à la culture, etc.

Une commune ne peut certes pas solutionner à  elle seule toutes ces questions, pas plus qu’un département ni une région mais ils peuvent impulser, contribuer à la réalisation des équipements indispensables qui manquent à notre jeunesse,  au développement de l’activité économique et donc de l’emploi.

Autre réponse à donner et que, ni le FN ni la droite n’apportent si ce n’est les uns en continuant à nous parler dune « invasion migratoire » (FN)  les autres (partis de droite) se gardant bien de créer les conditions du rapprochement de toutes les communautés, qu’elles se fondent ou non sur des attaches religieuses.

Alors que nous aurions tant besoin de parler, autrement que dans le but exclusif de récolter des suffrages. Des suffrages il en faut pour mener une action mais en l’état il faut que les électeurs de gauche se rassemblent et qu’au delà ceux qui se réfugient dans l’abstention ou se font berner par les droites reviennent au fondamental : exiger de vrais transformations sociales et nationales, et locales.

Jacques LAUPIES, Secrétaire de la Section PCF de Tarascon

 

 

RELEVE DANS L’HUMANITE

 

Le social contre le djihad

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Marie Barbier
Jeudi, 11 Août, 2016
L’Humanité

Les droites tarasconnaises se disputent les apparences, la population trinque ! dans POLITIQUE

Matthieu RONDEL

Une association propose un travail de réinsertion professionnelle aux jeunes du 93 tentés par le départ en Syrie. Rencontre.

La mère et le fils en parlent aujourd’hui de façon détendue. De ce moment où leurs vies ont failli basculer, de ces quelques mois où Siham (1) a vécu la peur au ventre que son adolescent de 15 ans Omar (1) ne cède aux « chants des sirènes ». Ces sirènes qui portaient kamis (vêtement islamique), barbes et prêchaient à la sortie de la mosquée. « Le vendredi, ils venaient nous voir là où on était posé avec mes amis pour nous faire des rappels de religion », raconte aujourd’hui le massif jeune homme de 17 ans. L’un d’entre eux se faisant plus insistant, évoquant le travail « humanitaire » de Daech en Syrie et le besoin de volontaires. « Je me suis dit pourquoi pas ? » reconnaît Omar. « Un soir, mon fils est rentré à la maison en me disant “il faut aller aider nos frères en Syrie”, se souvient Siham. J’ai vu dans son regard que le travail avait déjà commencé, j’étais horrifiée. Je lui ai dit : “Mais ce ne sont pas nos frères !”» À l’époque, Omar termine son CAP boulangerie, « il n’est ni déscolarisé ni livré à lui-même, précise sa mère. On est une famille monoparentale mais unie ».

Siham se tourne alors vers l’Association de réinsertion sociale pour l’enfance et la jeunesse (Arsej) basée à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). « Je préférais la voie associative plutôt que policière, explique la jeune quadragénaire. J’avais peur d’accélérer le processus. » Fondée en 2011 par Djamel Guessoum, éducateur spécialisé dans la réinsertion carcérale depuis trente ans, l’Arsej s’occupe alors de ceux que l’on appelle cruellement les « incasables », des jeunes en très grande difficulté. L’association dispose de plusieurs unités d’hébergement en Seine-Saint-Denis et compte 31 salariés. Avec Siham, Djamel Guessoum commence à travailler le « contre-discours » : « Un discours pragmatique et objectif sur l’islam pour démonter un à un les arguments. »

L’association met en place un réseau d’observateurs dans les cités du 93

Les choses se corsent en mars 2015. Deux mois auparavant, les attentats à Charlie Hebdo ont tétanisé la France et définitivement ôté toute envie de partir à Omar. Mais ce n’est pas le cas de tout le monde… Un soir, l’Arsej est saisie d’une demande de placement en urgence pour une Brestoise de 15 ans arrêtée à Paris alors qu’elle tentait de « rejoindre son mari Facebook en Syrie ». « Elle était très fermée, se souvient Djamel Guessoum. Refusait les vêtements et la nourriture proposés par les éducateurs, qu’elle considérait comme des mécréants. » Encore une fois ce sont les discussions religieuses qui permettront de nouer le dialogue, grâce à l’intervention d’Ahmed Jamaleddine, trésorier de la Grande Mosquée de Saint-Denis. « Elle a fini par accepter nourriture et vêtements et quand elle est repartie quinze jours plus tard, elle ne parlait plus de la Syrie », se félicite le directeur de l’Arsej. Aujourd’hui, la jeune fille a renoué les liens avec sa mère et retiré son hijab.

Pour Djamel Guessoum, cette histoire sert de déclencheur. « J’aurais préféré ne pas savoir faire, mais je me rends compte qu’on sait faire et qu’on doit faire. » Faire quoi ? Au terme « déradicalisation », le directeur de l’Arsej préfère celui de « resocialisation » : « Quitte à passer pour un hippie, je pense que la réponse est sociale. » L’association met en place un réseau d’observateurs dans les cités du 93. Ils sont vingt-trois aujourd’hui, tous bénévoles, à guetter les signaux d’alerte sur les jeunes de leurs quartiers. « On ne passe pas de la vente du cannabis à la mosquée du jour au lendemain. Il y a d’abord un changement vestimentaire avec le kamis qui remplace le jogging, le changement dans le discours et dans l’attitude avec un repli sur soi. » Les jeunes signalés sont ensuite approchés, directement ou par le biais de leur famille ou d’amis, pour être orientés vers l’Arsej. « Quand ils arrivent, on leur parle réinsertion professionnelle, précise Djamel Guessoum. La question de la religion n’est abordée que de façon informelle, pour ne pas les braquer. Ensuite, on leur proposera de rencontrer des imams ou des islamologues, un musulman ne refuse jamais de leur parler. »

Sept jeunes sont ainsi suivis au long terme par les éducateurs de l’Arsej. Les profils sont assez similaires : « Familles monoparentales pour beaucoup, une scolarité arrêtée très tôt, certains étaient guetteurs dans le trafic de shit, détaille Djamel Guessoum. Ils ne disent pas qu’ils veulent partir, on est dans le non-verbal. Daech leur propose un salaire, un statut social, une raison de vivre… Notre travail consiste à remplacer un référentiel par un autre, à leur donner un statut social ici. » La Seine-Saint-Denis est un département particulièrement touché par la radicalisation de ses jeunes. Sur les 156 jeunes Français morts dans les rangs des djihadistes, une trentaine viendraient du 93. Selon des chiffres de 2015, près d’un quart des signalements en Île-de-France émanent de ce département (420 sur 1 700). Face à cette épidémie, la réponse du gouvernement est loin d’être suffisante, dénonce le directeur de l’Arsej. « Un numéro vert comme seule réponse, ce n’est pas sérieux. Il faudrait multiplier les modes d’intervention. Ils sont davantage dans une posture politique que pragmatique. »

Omar, qui va commencer un nouveau travail la semaine prochaine, regarde aujourd’hui cet épisode de sa vie avec l’impression d’avoir échappé au pire. « Une fois sur place, je me serais sans doute rendu compte de ma bêtise, mais il aurait fallu revenir en France, où j’aurais été considéré comme terroriste et jeté en prison. » L’un de ses amis a cédé à ce « chant des sirènes ». Parti en Syrie, il affichait sur son profil Facebook des photos de lui armé de kalachnikovs. Omar a appris sa mort il y a quelques jours.

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