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Reprise d’un article paru dans l’Humanité et qui a suscité des commentaires d’un lecteur, suivi d’un débat entre nous

Posté par jacques LAUPIES le 15 août 2016

Terrorisme. Comprendre pour déjouer ses pièges
latifa madani, elsa sabado, vadim kamenka, marc de miramon
Jeudi, 4 Août, 2016
Humanité Dimanche

Reprise d'un article paru dans l'Humanité et qui a suscité des commentaires d'un lecteur, suivi d'un débat entre nous dans POLITIQUE

afp

Les attaques tous azimuts de Daech laissent peu de répit, engendrant des réactions souvent bien éloignées de la raison. Or vaincre l’horreur implique d’en saisir d’abord les origines et les engrenages. Tentative en cinq points.

1/ La France n’est pas la seule visée 

À lire les médias français ou écouter les réactions politiques, la France serait la principale cible des groupes terroristes islamistes. C’est oublier les pays au Moyen-Orient, en Asie et en Afrique qui connaissent ce phénomène depuis des décennies et où les attentats sont devenus presque quotidiens. En 2014, 15 538 personnes ont été tuées en Irak. Des chiffres comparables aux années terribles de 2004 à 2007 où sévissait la guerre civile. Cette nouvelle escalade avait été illustrée début juillet avec plus de 200 morts dans un quartier chiite de la capitale. Pour la chercheuse Myriam Benraad, spécialiste de l’Irak (1) à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (IREMAM), « plus l’organisation “État islamique” perd du territoire, plus elle renoue avec l’action clandestine et les attentats-suicides qui étaient le mode opératoire privilégié de ses premières années en 2004-2006. Cet attentat se situe dans la continuité de sa stratégie qui visait d’abord et spécifiquement les chiites, considérés par les djihadistes comme des “rejectionnistes” – qui rejettent l’orthodoxie sunnite – et sont donc des mécréants au même titre que les chrétiens ou les Yezidis ».

Une étude publiée par les organisations Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire, Physicians for Social Responsibility et Physicians for Global Survival estime que la « guerre contre le terrorisme » lancée par les États-Unis après les attentats du 11 septembre 2001 a causé en douze ans la mort d’au moins 1,3 million de personnes dans trois pays : Irak, Afghanistan et Pakistan. « Une estimation basse », selon ces organisations, car ce rapport ne tient pas compte d’autres pays en conflit : Yémen, Somalie, Libye, Syrie, Nigeria, Mali, Soudan. Rien que pour ce dernier, 300 personnes ont été tuées à la mi-juillet dans la ville de Juba. Malgré le cessez-le-feu et l’indépendance, la guerre n’a jamais cessé (50 000 morts depuis 2013). Au Nigeria, Boko Haram, qui a fait allégeance à Daech, a tué près de 4 000 civils en 2015. AQMI (al-Qaida au Maghreb islamique) a accru ses actions en Afrique de l’Ouest depuis quelques mois, avec des attaques menées à Ouagadougou, Bamako et Grand-Bassam. Dans son rapport annuel sur le terrorisme paru en juin, le département d’État américain constate que, après avoir subi de nombreux revers, al-Qaida bénéficie toujours de soutiens financiers en Arabie saoudite, et ses franchises continuent de s’étendre en Asie et en Afrique. AQMI, en dépit de l’intervention française dans le nord du Mali en 2013, redouble d’activité dans cette région et dans le centre du pays.

« Contrairement à ce que ses partisans veulent nous faire croire, ils ne représentent pas les populations locales des territoires occupés. En vérité, leur seul projet, c’est la mort généralisée, y ­compris pour les populations sunnites qu’ils prétendent représenter, mais qu’ils tuent et décapitent sans discrimination si ces derniers ont le malheur de défier leur projet. Dans les territoires reconquis en Irak et en Syrie, on a trouvé des charniers », explique Myriam Benraad.

Pour ce qui est de la symbolique de frapper des chrétiens, cette logique de l’EI en Irak et en Syrie pour mieux déstabiliser l’État n’est pas neuve, nous rappelle Christophe Ayad (2) : « Elle a été expérimentée dès les années 1970 par les groupuscules islamistes en Égypte, berceau du djihadisme moderne et siège de la plus importante communauté chrétienne du monde arabe, les Coptes, qui représentent 5 % à 10 % de la population (9 millions d’habitants). »

2/ Pourquoi la France est-elle une cible privilégiée ? 

La France est le pays « le plus menacé » par l’organisation terroriste « État islamique », estimait au mois de mai dernier le patron de la DGSI, Patrick Calvar, à l’occasion de son audition par la Commission de la défense nationale et des forces armées. Un constat opéré de longue date par les spécialistes du renseignement, et qui ne s’appuie pas uniquement sur l’observation et la surveillance des contingents de djihadistes tricolores partis ­combattre en Syrie, mais également sur les déclarations des cadres de l’EI. Dès le 22 septembre 2014, soit trois jours après les premiers bombardements français contre Daech en Irak, le porte-parole du groupe, Abou Mohammed Al ­Adnani, diffusait le communiqué suivant : « Si vous pouvez tuer un incroyant américain ou européen – en particulier les méchants et sales Français – ou un Australien ou un Canadien, ou tout (…) citoyen des pays qui sont entrés dans une coalition contre l’“État islamique”, alors comptez sur Allah et tuez-le de n’importe quelle manière. » Une spécificité qui répond avant tout à un objectif tactique : l’EI tente d’attirer le maximum de combattants étrangers dans ses rangs, et la France compte la plus importante communauté musulmane d’Europe, en partie issue d’un processus de décolonisation douloureux et complexe. Dans la logique de ces organisations djihadistes, qu’elles s’appellent Daech, al-Qaida (al-Nosra en Syrie) ou Ahrar al-Sham, peu importe la réalité d’une politique étrangère vendue aux intérêts des pétromonarchies sunnites, et donc objectivement favorable à la guerre par procuration menée contre le régime syrien (qualifié d’alaouite) ou irakien (dominé par les chiites) : l’Arabie saoudite ou la Turquie, qui a servi de base arrière aux combattants de Daech, sont ainsi régulièrement prises pour cible… Ainsi, Patrick Calvar avertissait lors de cette même audition du danger représenté par al-Qaida, un groupe terroriste qui a « besoin de redorer son blason ». Pourtant, à l’instar de la Turquie ou du Qatar, la France a protesté lors du classement par les États-Unis du Front al-Nosra parmi les organisations terroristes, au prétexte que ce groupe ferait, dixit l’opposition syrienne soutenue par le Quai d’Orsay et Laurent Fabius, « du bon boulot » sur le terrain face à l’armée syrienne. C’est cette même organisation, qui vient d’officialiser une rupture de pure forme avec al-Qaida, qui fournit l’essentiel des combattants encerclés dans une partie d’Alep par les forces loyalistes.

3/ Pourquoi la France fabrique-t-elle des djihadistes  ?

Pourquoi les sirènes de Daech séduisent-elles des jeunes ayant grandi sur le territoire français, fréquenté les mêmes écoles, clubs de foot ou associations que ceux qu’ils tuent parce que « kouffar » (mécréants) ? L’analyse du pape ­François semble pertinente : « ­Combien de nos jeunes Européens avons-nous abandonnés sans travail, sans idéal ? Ils partent et ils s’enrôlent. Le terrorisme grandit aussi lorsqu’il n’y a pas d’autres options, tandis que, au centre de l’économie mondiale, il y a le dieu argent, et non la personne, l’homme et la femme. Voilà déjà le premier terrorisme. »

Pour diagnostiquer le mal dans le détail, chaque docteur ès islamisme y va de son analyse. Pour Gilles Kepel, spécialiste de l’islam politique à Sciences-Po, l’école faillit à sa mission : amener à l’emploi. La culture républicaine est ainsi disqualifiée, jetée avec l’eau du bain, et remplacée, chez une partie des exclus du système, par l’idéologie salafiste. Rejetant la démocratie, la laïcité, l’égalité homme-femme dans le camp de la « mécréance », elle a fait le lit de l’organisation « État islamique ».

Le politologue Olivier Roy voit plutôt une rupture générationnelle entre les immigrés de la première et de la seconde génération, qui joue également pour les convertis « de souche ». Sa formule, désignant notre problème comme une « islamisation de la radicalité », a fait mouche. En arrière-fond, il désigne notamment comme responsable l’absence de transmission de la religion.

Quant au sociologue Farhad ­Khosrokhavar, il met en garde contre une idéologie républicaine frontale, assimilationniste, une vision inflexible de la laïcité, qui, conjuguée avec le maintien hors du système du travail d’une partie de la population des banlieues, constituerait un terreau fertile pour l’organisation terroriste. Le faisceau d’explications est riche, mais une chose est sûre : la situation sociale sinistre, l’aggravation des inégalités et des discriminations et l’absence de perspective crédible d’un monde meilleur jouent à plein pour le camp du nihilisme.

 4/ Et la religion dans tout ça  ?

En quoi la religion musulmane a-t-elle à voir avec les attentats terroristes ? Radical, violent, dévoyé… De jour en jour, ces qualificatifs sont indexés à l’islam. Aussi, lorsque, le 26 juillet à Saint Étienne-du-Rouvray, le père ­Hamel a été tué au nom d’Allah dans son église pendant la messe, un pas a été franchi dans l’horreur ressentie. Mais, à l’inverse de l’effet recherché par l’organisation « État islamique » (Daech), le dialogue interreligieux a repris de la vigueur.

Des plus hautes instances chrétiennes et musulmanes jusqu’aux paroisses de villages, des voix s’élèvent pour lever les amalgames. Ne pas tomber dans le piège, lutter contre la tentation de la haine, resserrer les liens… ont dit à l’unisson les musulmans dans les églises et les chrétiens dans les mosquées, juifs et non-croyants à leurs côtés.

Le Conseil français du culte musulman et le recteur de la mosquée de Paris ont rappelé les versets coraniques et la tradition prophétique qui condamnent et sanctionnent le meurtre sans ambiguïté : « Tuer un innocent, c’est tuer l’humanité entière. » Le plaidoyer du pape François à son retour des Journées mondiales de la jeunesse de Cracovie a été relayé dans le monde entier : « Il n’est pas exact de dire que l’islam c’est le terrorisme, il n’est pas juste d’associer islam et violence. »

C’est pourtant cette religion que prétendent incarner les djihadistes de Daech et c’est en son nom qu’ils recrutent, qu’ils combattent et qu’ils tuent. Comment et pourquoi en est-on arrivé là ?

« Ces cinquante dernières années, le wahhabisme d’Arabie saoudite et la mouvance des Frères musulmans née en Égypte ont entrepris, grâce à l’argent du pétrole, une réislamisation conservatrice pour mobiliser les imaginaires et contrôler les sociétés jusque parfois au passage à l’acte de violence », explique l’islamologue Rachid Benzine. Les guerres interventionnistes des Occidentaux ont fini par produire le « daechisme », « une idéologie qui aurait réponse à tout et qui se déploie tel un nuage radioactif sur le territoire des esprits dans de nombreux pays. On ne doit pas ignorer la puissance de cette idéologie qui a su capter les “printemps arabes” et qui séduit des jeunes aux profils divers et du monde entier », poursuit Rachid Benzine.

Dès lors, comment réhabiliter une religion pratiquée jusque-là en majorité de façon paisible et éclairée quand le salafisme wahabbite, considéré comme quasi hérétique jusqu’aux années 1960, tend à devenir la norme ?

De nombreux citoyens, français ou non, musulmans de foi ou de culture, sortent de leur silence, relatif et assumé. Ils refusaient l’injonction à se « désolidariser » parce qu’assignés « musulmans » et « différents ». Mais aussi, expliquent les initiateurs d’une tribune publiée dans le « JDD » du 31 juillet 2016, « parce que, en France, la religion est une affaire privée ». Or, aujourd’hui, poursuivent-ils, « l’islam est devenu une affaire publique ». Les signataires, essentiellement des cadres, chefs d’entreprise et universitaires, appellent donc à refonder l’islam de France.

Cela aidera peut-être à recoller quelques morceaux des failles qui déchirent la société, mais comment arrêter le « nuage radioactif » tant que le contexte socio-politique qui a conduit à son émergence perdure ? Pendant que politiques et médias dans leur majorité attisent les tensions, les initiatives de fraternisation et de concorde œcuménique font du bien. Mais elles ne suffisent pas pour faire face aux multiples périls qui montent.

 5/ Et si la politique retrouvait sa finalité  ? 

Sortir du registre de l’émotion, en finir avec les surenchères guerrières et sécuritaires, la stigmatisation et la fabrique de boucs émissaires. « Les déchirements français entrent dans le plan de Daech. Ne lui faisons pas ce cadeau. Notre raidissement est son carburant », prévient Rachid Benzine. « Le pire serait de réduire au silence la raison et d’empêcher la compréhension de ce qui peut paraître incompréhensible », prévenait le philosophe André Tosel après l’attentat de Nice (« HQ » du 18 juillet 2016).

Il reste que les réponses sont à envisager et à mener dans plusieurs directions.

À commencer par le contrôle du commerce des armes et la politique étrangère de la France. Deuxième vendeur d’armes au monde avec l’Arabie saoudite comme premier client, la France doit revoir complètement sa politique et intensifier plutôt ses efforts pour la paix au Moyen-Orient et dans le monde. Elle gagnerait aussi à mener une autre politique migratoire. « L’accueil généreux de réfugiés représenterait une réponse efficace à la stratégie de l’EI, à l’inverse le rejet des réfugiés est une réponse perdante », selon l’anthropologue Scott Atran.

De nombreux spécialistes évoquent tour à tour le rôle de l’école ou celui des médias. Une étude du Centre de recherche et d’action sociales (­CERAS) des jésuites d’avril 2016 sur « l’école contre la fascination pour le djihad » relève que « la fraternité – le rapport aux autres – n’est peut-être pas la valeur la plus à même de détourner les jeunes du djihadisme. L’école aurait avantage à travailler le rapport à soi et le rapport au monde »

Le sociologue Michel Wieviorka plaide, lui, dans l’« HQ » du 28 juillet 2016, pour « la nécessaire reconstruction du lien social et d’une conflictualité qui débouche sur autre chose que la violence ».

Lever une nouvelle espérance, énoncer des perspectives, penser l’avenir… les pistes émises par les observateurs et les chercheurs ne sont pas encore inscrites dans le logiciel des politiques, ou si peu.

Pourtant, la question majeure est politique, affirme le philosophe Roland Gori à « Politis » (21 juillet 2016) : « Il ne faut pas que Daech nous cache les autres périls : la montée du FN, la tentation des extrêmes, le repli sur nous-mêmes. Et que le problème Daech nous empêche de voir que la question majeure, c’est que nous n’arrivons pas à trouver d’alternative politique qui nous permette de transformer les frustrations et les colères des citoyens en force politique. Notre travail consiste donc à démasquer la question politique qui se cache derrière le religieux, le communautaire. Et ensuite, s’en saisir à bras-le-corps. Ce qui veut dire qu’il faut signer l’acte de décès du néolibéralisme, en urgence, en état d’urgence. »

(1) « Le Figaro » du 3 juillet. (2) « Le Monde » du 18 juillet.
 
 
 

 

D’al-Qaida à Daech, en passant par le « Front Fateh al-Cham »

 
On a connu divorce plus houleux : voilà donc que la branche syrienne d’al-Qaida, le Front al-Nosra, annonce sa « rupture » (sic) avec l’organisation historique fondée par Oussama Ben Laden, et sa refonte dans un nouveau « Front », intitulé « Fateh al-Cham » (Conquête du Levant). La séparation, plus qu’amicale, s’opère avec la bénédiction d’Ayman Al-Zawahiri, l’actuel chef d’al-Qaida, et vise à atténuer la réputation sulfureuse de l’organisation classée en 2012 parmi les organisations terroristes, à l’heure où une partie de ses combattants est encerclée par l’armée syrienne à Alep. La perte des quartiers tenus par l’opposition dans la grande ville du Nord signerait probablement le début de la fin de la guerre civile et constituerait une gifle pour les sponsors étrangers du désormais ex-Front al-Nosra, Turquie et Qatar en tête. Ce changement cosmétique ne doit cependant pas masquer l’essentiel : les trois organisations terroristes proviennent d’une même matrice. Avant de s’autoproclamer « État islamique », Daech (l’acronyme arabe de l’État islamique en Irak et au Levant) portait fièrement le drapeau d’« al-Qaida en Mésopotamie », et sa rupture avec les émules de Ben Laden, à la mi-2013, relève davantage d’une guerre de leadership entre l’Égyptien Ayman Al-Zawahiri et l’Irakien Abou Bakr Al-Baghdadi, ce dernier n’ayant pas attendu le feu vert de sa hiérarchie supposée pour lancer ses fanatiques à la conquête du désert syrien.

4 Réponses à “Reprise d’un article paru dans l’Humanité et qui a suscité des commentaires d’un lecteur, suivi d’un débat entre nous”

  1. Très modestement je crois fonder mes convictions sur les deux grands principes philosophiques élaborés par Marx : le matérialisme dialectique et an quelque sorte son application au développement des société : le matérialisme historique.

    Bien qu’il faille se méfier de tout dogmatisme : Marx lui même se défendait d’être marxiste et voyait dans ses travaux, à partir d’une analyse du capitalisme, la possibilité de se doter d’une méthode dans une démarche de transformation de la société visant à établir des rapports sociaux de coopération et non d’exploitation fondés sur la propriété privée de grands moyens de production et d’échange.

    De la à considérer que partout dans le monde on peut de la même manière procéder à ces changements il y a évidemment un pas que la plupart des communiste ne franchissent pas car chaque pays a son propre développement économique et historique. Instaurer le socialisme en France ne peut se concevoir de la même manière que dans des pays aynt subi les formes de colonilisme et de néocolonilisme.

    Cependant c’est bien, selon nous , l’existence de classes dominantes et exploiteuses aux échelles nationale et mondiale qui est source de la plupart des déséquilibres de revenus, dans la mesure ou elles possèdent les moyens de production, les terres, les ressources en matière première.

    Avec la mondialisation capitaliste, la mise en circulation des capitaux (fruit d(une exploittion de la force de travail à grande échelle), les états ont de plus en plus de peine à réguler l’économie. Les couches moyennes (classes intermédiaires : paysannerie, pme, artisans et petits commerçants) n’ont en fait qu’une illusion de cette liberté d’entreprendre tant vantée et sont en état d’autoexploitation.

    Leur pseudo liberté est conditionnée par la volonté des plus puissants groupes qui les entrainent dans leur sillage avec leurs interventions extérieures et provoquent des réactions violentes, extrêmes et fascisantes que nous subissons malgré nous.

    Il existe des réponses qui ne passent pas par la réduction des libertés individuelles ou collectives, ni un quelconque renoncement de la responsabilisation et de la liberté d’entreprendre. Il ne s’agit aucunement pour nous de forcer des couches ou classes sociales d’entrepreneurs à renoncer.

    De ce point de vue les échecs enregistrés dans les pays dits « communistes » ont servi de leçon à nombre de partis communistes.

    Cncernant l’immédiaté qui a juste titre semble vous préoccuper je vous donne mon sentiment personnel : je suis pour le rétablissement d’un service militaire national obligatoire à mettre en place bien entendu sous une forme appropriée aux conditions actuelles de défense du territoire.

    On peut combattre et il le faut le terrorisme mais il faut avant tout s’en prémunir, ce qui tant du point de vue intérieur qu’extérieur n’est pas satisfaisant avedc les politiques suivies !

    Dernière publication sur Témoin parmi tant d'autres : Consommer sans discernement conduit à des formes de violence

  2. responsabilite dit :

    Merci pour la réponse !

    En fait, je suis tout à fait d’accord avec vous sur le point selon lequel la réponse « sécuritaire » (police, renseignement etc…) ne suffit pas à régler le problème sur le long terme.

    Pour le long terme, je pense que nous pourrions débattre longtemps car bien que vous et moi ayons des « points d’arrivée » (= valeurs) sûrement à peu près identiques (société plus juste, plus égalitaire etc…) nous avons des points de départ (= moyens) diamétralement opposés :
    - liberté et responsabilisation de chaque individu pour moi
    - et je crois comprendre un partage plus « automatique » pour vous qui se paierait par moins de liberté, d’entreprendre notamment
    (d’ailleurs je pense que vous et moi pourrions nous retrouver dans la logique d’un « revenu universel donné à tous sans condition » et qui d’ailleurs devrait provenir d’un impôt sur le patrimoine dès le premier euro possédé, par exemple sous forme « d’avance d’impôt sur la succession » )
    Bref, sur le « long terme » je pense que nous pourrions débattre (longtemps !) et cela m’intéresserait en effet.

    Mais ma sollicitation initiale, mon post et mon blog sont plus axés sur le « court terme ». Je pense pour résumer que, en France, quels que soient les positions et opinions sur les solutions à long terme, il y a un manque crucial de prise en compte du « court terme » qui est la posture sécuritaire à adopter. Car avant de débattre, il vaut d’abord s’assurer d’être en vie.

    En mettant en évidence le « facteur 2000″ en comparaison à Israël qui me semble totalement absent du débat médiatique, il me semble inévitable de recourir à un service militaire pour disposer de forces de sécurité en nombre suffisant pour sécuriser le territoire, et pas juste l’abord des synagogues et de la Tour Eiffel ( est c’est un Juif parisien qui parle !).
    C’est à dire que, selon moi, la « sécurité », qui passe donc par un service militaire est « éthiquement neutre » et devrait être totalement dissociée des « grands principes républicains » que vous évoquez. Par exemple : l’armée concerne tous les citoyens sans distinction de couleur, origine etc… donc peut être très républicaine. Elle peut aussi être un organe de répression à la solde du politique, ou s’adonner à des « ratonnades » et donc être totalement anti républicaine. Bref, la « sécurité » me semble être un sujet neutre qui n’a de valeurs que celles que l’on y injecte (ou pas).

    Bref, sommes-nous d’accord sur ces points :
    - « neutralité éthique » de la sécurité ?
    - nécessité de régler le problème « court-termiste » de la menace physique/terroriste en parallèle de lancer des initiatives de long terme ?

    Au plaisir de vous lire !

    Dernière publication sur Liberté - Egalité - Responsabilité : J'irai votre Juppé au second tour de la pirmaire de droite

  3. J’ai pris connaissance de votre blog. Nous n’avons pas la même approche des solutions à apporter au terrorisme. Raison de plus pour en discuter car en l’état prédomine l’idée (qui ne vous est pas étrangère) que cette question n’a d’autre solution que la mise en œuvre de mesures sécuritaires qui peuvent conduire à la remise en cause des grands principes républicains.

    Eviter cela ne veut pas dire que l’état n’utilise pas de meilleure façon ce que prévoit la législation en matière de renseignement et d’action policière.
    Par contre cela ne peut suffire si l’on ne s’en prend pas sérieusement aux causes profondes que je considère être une politique économique et sociale basée sur une démarche austéritaire privilégiant l’offre (fondée sur des concepts libéraux favorisant l’intérêts d’une classe qui possède d’énormes moyens économiques, financiers, politiques et donc médiatiques) au détriment d’un développement de la demande qui se trouve réduite par le blocage des salaires, des minima sociaux et l’absence de revenus, notamment chez les jeunes.

    A ce premier élément il faut en ajouter un essentiel c’est la poursuite d’une politique étrangère qui au prétexte de défense des valeurs de démocratie, de liberté et de droits de l’homme provoque des désordres incommensurable en intervenant directement dans les pays producteurs de richesses minières, pétrolières ou dont le positionnement géopolitique conduit lrs oligarchies financières et industrielles à vouloir les contrôler.

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  4. responsabilite dit :

    Bonjour,
    Je suis tombé par hasard sur votre blog (je suis en vacances et « traîne » un peu sur le Web) cat nous avons le même hébergeur.

    Bref, je ne suis pas du tout communiste (et pas du tout de Tarascon) mais comme il semble que nous ayons des points d’accroche et aussi des points de divergence, je serais intéressé à échanger un peu avec vous sur les thèmes du terrorisme en France.
    Je publie bien humblement mes pensées sur mon blog responsabilite.unblog.fr (qui à ce jour n’est en gros lu par personne ;-) ). En « réponse » à cet intéressant article de L’Humanité Dimanche que vous publiez et dont je partage les 4 premières parties et en partie seulement la 5ème, j’aurais si vous en avez le temps été intéressé à avoir votre réaction à ce « post » que j’ai publié il y a quelques jours.
    Je suis à peu près certain que nous ne serons pas d’accord (je lis plutôt les Echos que l’Huma ;-) ), mais en vous lisant un peu je me dis que nous pourrions sortir grandis d’un échange.

    Au plaisir d’échanger !

    http://responsabilite.unblog.fr/2016/08/11/proportionner-la-defense-a-la-menace-le-facteur-1000-qui-fait-mal/

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