Une stratégie doit être en phase avec l’objectif…

8 01 2017

 

La question qui se pose dans la France d’aujourd’hui n’est guère différente de celles qui se sont posées hier : il faut transformer la société.

Les révolutionnaires de 1789 se sont largement inspirés dit on des penseurs des lumières mais ils se sont affrontés en fonction de théories et stratégies différentes intimement liées à des intérêts  de classe. Les principales classes sociales bénéficiaires en ont évidemment été celles qui étaient en phase avec le développement des sciences et des techniques et dont la position dans  la production leur offrait la capacité de prendre le pouvoir politique. C’est bien connu il s’agissait de la bourgeoisie et d’une petit noblesse qui tout au long du dix neuvième siècle sont associées pour effectuer la fameuse révolution industrielle et du coup s’emparer de tous les rouages de l’état, de l’information, de la justice malgré tous les progrès accomplis en ces domaines par rapport à l’ancien régime féodal !

Ce processus s’est étendu au reste de la planète, sauf qu’il ne faut pas oublier que l’indépendance des colonies anglaises d’Amérique du Nord s’est bâtie sur ce concept républicain avant que ne soit prise la Bastille !

A l’examen des affrontements qui ont eu lieu après la chute des révolutionnaires les plus avancés pour garantir la mise en œuvre du triptyque  » liberté, égalité, fraternité  » et qui n’ont pas cessé depuis, on peut conclure qu’on n’atteint pas l’objectif théorique initial sans passer par des phases d’avancées et de reculs dépendant en définitive de la volonté populaire.

On peut même constater qu’à l’origine des avancées il y a la vigilance de courants souvent minoritaires animés d’une pensée transformatrice en adéquation avec l’état des rapports sociaux et de leur contradiction. Ces courants ne sont pas homogènes et sont traversés par les extrémismes, les opportunismes, les sectarismes. Toutefois sans eux le peuple souverain en dernier ressort ne peut exercer son pouvoir (électoral ou par la force sociale en lutte) sans qu’il se soit emparé d’idées que diffusent ces courants.

Les conquêtes sociales obtenues par les voies parlementaires résultent notamment d’une prise conscience  d’idées, de projets politiques, défendus et exposés avec opiniâtreté et persévérance, avec des réflexions en prise avec le réel mais élaborées avec l’enseignement des expériences passées.

Pour être concret on pourrait prendre l’exemple des grandes conquêtes sociales : la journée de 8 heures, la semaine de 40 heures puis de 35, les congés payés, la sécurité sociale, les libertés syndicales, etc. ont eu lieu parce que des économistes, s’inspirant eux mêmes de la pensée de philosophes, d’historiens, ont porté dans le monde syndical et politique qui les ont préparées en diffusant l’idée de faisabilité. En dernier lieu c’est l’action citoyenne qui a permis, par la mobilisation et le vote, les deux souvent conjugués, de réaliser. 

On pourrait prendre celui des avancées sociétales, des triomphes de la paix sur la guerre, des grandes réformes institutionnelles. Il faut bien retenir que les objectifs à atteindre ne peuvent se priver de l’organisation de tous ceux qui les partagent et que, sans cette force structurée tant pour l’élaboration théorique que pour la mise en pratique, il est illusoire d’espérer aboutir. D’où l’exigence du syndicat (des corps intermédiaires comme « ils » .disent) et surtout des partis politiques.

D’où l’importance de ces derniers pour à la fois porter les propositions adéquates aux intérêts de classe qu’ils représentent et donc établir un rapport de force nécessaire pour les faire aboutir.

Malheureusement les systèmes électoraux en vigueur ne permettent pas d’établir ce rapport de force du fait qu’ils éliminent les petites formations et incitent à des votes en faveur des plus importantes, qualifiées ridiculement d’utiles alors que c’est le résultat inverse qui se produit : le vote inutile qui aboutit à ce qu’un homme dirige un pays avec 20 % de la population en soutien !

Malgré cela entrer dans le jeu de ces scrutins de « voleurs » est une aberration sauf, en l’attente d’un changement institutionnel et  à l’appui de rassemblements sur des programmes précis.

il y a grand danger, pour un parti politique à transférer sur d’autres candidats que les siens le soin de le représenter. Danger double si ce  partenaire appartient à une organisation dévaluée et largement critiquée par son propre électorat !

Cela ne peut conduire qu’à l’échec redouté et à la compromission quels que soient les enjeux futurs. Et cela un électorat ne le pardonne  pas.

Des organismes du Parti Communiste en a fait la cruelles expérience et croyant parfois préserver les acquis électoraux elles y ont tout perdu ! Par contre quand ces organismes ont su localement  ou nationalement expliquer leur différence et montrer la faute des autres, y compris de leurs éventuels partenaires non engagés par opportunité, ils ont obtenu en retour le soutien et l’élargissement de leur électorat !

Ce n’est pas toujours simple à réaliser mais une stratégie doit être en phase avec l’objectif !

(à suivre)

 

DSC_0433

Université d’été du PCF : un moment de réflexion

 

 

 

 


Actions

Informations



Laisser un commentaire




Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus