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Les enseignements d’une enseignante macronisée

Posté par jacques LAUPIES le 16 mars 2017

Ma rencontre de ce jour ne démentira pas l’article qui suit. J’ai déjà évoqué la personne en question qui n’est malheureusement pas la seule à mener campagne pour Macron. Que Valls et consorts fassent un pied de nez à Hamon n’est pas aussi  grave qu’on le dit. Ceux qui sont tentés par le vote Macron se prononcent pour une politique qui va ressembler (en pire certainement) à celle mise en œuvre par le gouvernement précédent qu’ils ont dirigé ou soutenu. Nus sommes bien en présence, comme l’a dit Valls lui même, de deux courants irréconciliables qui ont au sein même du PS leurs adeptes. Les « Hamonistes » seuls vont échouer et la suite risque bien de les faire encore plus souffrir ! De quoi les faire réfléchir ?

Qu’une ex-militante socialiste, de surcroit enseignante à la retraite, vienne me dire tout de go qu’elle est déçue par la gauche donc selon-elle, par les socialistes et les communistes, les bras m’en tombent d’autant qu’elle véhicule parmi les retraités de la ville ce racourci. Du coup le vote Macron s’impose à elle bien  qu’elle me dise avoir voté Valls à la primaire. Mais il y a au fond de la logique dans son suivisme. Elle ajoute que la gauche n’est pas capable de s’entendre (ça c’est relativement exact)

Dans ce méli mélo de  confusions  notamment : amalgame de l’action PS- PCF niant l’opposition  de ce dernier à la politique gouvernementale et l’action des parlementaires communistes, dépit affiché de l’échec de Valls,  oubli total de la discipline que devrait lui dicter sa fidélité légendaire au PS (mais il est vrai que l’exemple ne vient pas d’en haut mais bien d’une probable orientation de dirigeants locaux, bien en bas eux)

Nous sommes bien en présence d’une nouvelle énorme duperie qui fait des ravages parmi une fraction de la population des plus de 60 ans.

De plus mon interlocutrice brandit le « Canard enchaîné », comme pur témoigner de son pseudo tempérament  anarcho-petit bourgeois BCBG. Il faut bien justifier son esprit socialisant bon teint par quelque réflexe anti droite et le Canard, en entretenant savamment l’affaire Fillon, lui en offre l’occasion. Du scoop fabricant le scandale d’un tripotage financier de bas étage on passe au feuilleton qui entretient un suspense et mobilise la diversion.

Cela occupe mon enseignante, affolée (à peine) par la candidature d’une autre enseignante qui  doit bien se marrer de voir sa collègue soutenir un Macron dont le programme va garantir sa progression électorale future s’il advenait qu’il soit élu !

Allez Camarades faut combattre ces égarements et rappeler que le vote utile c’est le vote Mélenchon à la présidentielle et communiste-front de gauche à la législative.

 

Médias. La droite confisque la campagne pour la rendre inaudible

Audrey Loussouarn
Mercredi, 15 Mars, 2017
L’Humanité

Depuis un mois et demi, l’affaire Fillon squatte l’espace médiatique. Le débat démocratique est asphyxié, concentré sur trois noms à droite et à l’extrême droite de l’échiquier politique. Les voix de gauche sont singulièrement bâillonnées.

Pour la première fois dans une campagne électorale, leConseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) doit privilégier « l’équité » à « l’égalité ». Suite à une loi initiée par le groupe socialiste à l’Assemblée en 2016, les calculs des temps de parole intègrent désormais les commentaires, éditoriaux et autres revues de presse faisant allusion au candidat. « Sauf si la séquence lui est défavorable », précise le CSA. De quoi faire perdre la tête aux télévisions et radios, qui ont toujours pesté contre les quotas de temps de parole. « On parle beaucoup du candidat de la droite. Est-ce que ce temps d’antenne lui est favorable ? Ou doit-il être décompté aux autres ? » interroge Céline Pigalle, directrice de la rédaction de BFMTV.

Un paysage qui « bloque tout débat face à la droite »

Le CSA a bien relevé le temps de parole « anormalement élevé » de Fillon. Actant les « circonstances particulières de la couverture médiatique de la campagne de ce candidat », le Conseil supérieur de l’audiovisuel s’estime « néanmoins préoccupé » sur les capacités des chaînes à rattraper ce retard. Pas si simple, quand à chaque déplacement, les candidats sont davantage interrogés sur les dernières frasques de Fillon que sur leurs propositions du jour. « Comme beaucoup, j’ai le sentiment qu’à chaque fois que j’y consacre une minute, c’est autant de temps qu’on ne consacre pas aux déserts médicaux, au sort des banlieues, à l’emploi. Je préférerais battre Fillon projet contre projet, option contre option », avançait Benoît Hamon, le 7 mars. Ce « feuilleton », selon le candidat PS, rend « médiocre cette campagne présidentielle ». Ce que confirme son adversaire de la France insoumise sur son blog, le 4 mars. De sa visite d’un chantier naval à Brest ? « Il ne reste que ma réponse aux questions sur la dernière déclaration de Fillon », se désole Jean-Luc Mélenchon. Les « démêlés » de Fillon ont, selon lui, « submergé le devant de la scène médiatique à laquelle ils ont servi son matériau favori : un feuilleton quotidien avec du sang, des traîtres, de la turpitude en politique ». Un paysage qui « bloque tout débat face à la droite ». Au grand dam des électeurs : 77 % trouvent que la thématique de l’emploi n’est pas suffisamment abordée, selon Harris Interactive. Pour les « petits » candidats, l’impact est double : « On a des centaines de maires qui hésitent. Les édiles ont plutôt tendance à rejeter l’idée de parrainer. Ils en ont ras le bol des scandales à répétition », expliquait, le 20 février, le candidat du NPA, Philippe Poutou, alors qu’il annonçait avoir obtenu 300 parrainages.

Pour Jean-Marie Charon, sociologue des médias, cette vitrine médiatique « court-circuite la campagne » et a bien un « effet de masquage de la campagne des autres candidats ». Le cocktail « priorité au direct » et respect du calendrier électoral déstabilise les journalistes, habitués à des emballements médiatiques hors présidentielle. Au séisme des révélations du Canard enchaîné sur ce « Penelopegate », déclenché trois mois avant le premier tour de la présidentielle, s’ajoute l’organisation tardive de la primaire du PS, qui a retardé la campagne globale. « À la même époque, lors des précédentes élections, la campagne était lancée et les projets s’opposaient, pour l’instant une bonne partie des électeurs restent sur leur faim et l’absence de débats nourris les empêche peut-être de faire un choix et d’éclairer leur jugement », soulignait Jérôme Fourquet, de l’Ifop, fin février. Le risque : une abstention record, dont est épargnée habituellement l’élection présidentielle.

La défiance des Français risque de durer au-delà de l’élection

Même si calamiteux pour la droite, l’effet d’une telle surmédiatisation de Fillon, alimentée par ses conférences de presse à répétition (trois en moins d’un mois), est immédiat. 7,8 millions de téléspectateurs sont devant le 20 heures de France 2 le soir du rassemblement au Trocadéro, et son personnage est dans toutes les têtes. À la question « Qu’avez-vous retenu de la campagne présidentielle cette semaine ? », posée par Harris Interactive jeudi dernier, François Fillon est cité à 41 %, « un nouveau niveau record cette semaine », souligne l’institut. Les conséquences d’une telle confiscation de la campagne, bien au-delà d’un effet de « saturation » chez les électeurs, comme le souligne Jean-Marie Charon, pourraient aller bien au-delà du mois de mai. François Fillon a eu beau s’excuser d’avoir « suscité la défiance » des Français, celle-ci risque bien de s’aggraver, accentuée par les révélations sur les pratiques de Marine Le Pen et du FN au Parlement européen. Dans une étude pour le Cevipof du début de l’année, 75 % des sondés estimaient que les élus sont « plutôt corrompus », 28 % éprouvent du « dégoût » et 40 % ressentent de la « méfiance ». L’honnêteté arrivait en tête des justifications pour expliquer leur degré de confiance.

Alors, pour remettre les programmes au cœur de la campagne, et ainsi convaincre les indécis, il y a bien les débats télévisés. Pourtant, TF1 a choisi, pour celui de lundi prochain, les cinq candidats uniquement crédités de plus de 10 % dans les sondages. Autre signe que, pour certains, les jeux sont déjà faits : BFMTV préparerait un débat entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron, avant la fin du mois. Une habitude pour les chaînes d’information en continu. Le week-end du 4 février, alors que Le Pen, Macron, Mélenchon et Hamon sont en meeting, seuls les deux premiers ont eu droit à leur direct.

Fillon mis en examen pour détournement de fonds publics

Le candidat de la droite a été mis en examen, hier, dans l’affaire des emplois de son épouse et de ses deux enfants comme attachés parlementaires. Il a été mis en cause pour des faits de détournement de fonds publics, abus de biens sociaux, recel de ces deux délits et manquement aux obligations déclaratives. Qu’elle semble lointaine sa promesse du 26 janvier de renoncer à l’Élysée en cas de mise en examen… Son équipe de com peut se réjouir. Avec la tenue de ce rendez-vous 24 heures avant la date prévue, il n’y aura pas d’image du candidat sortant du bureau des juges. En anticipant lui-même cette mise en examen, il y a deux semaines, François Fillon a pu maîtriser l’agenda et l’emballement médiatique autour de ces révélations. Et en minorer la portée. « Il n’y a rien de nouveau », a réagi à chaud Philippe Gosselin, un de ses soutiens.

 

 

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