Reflexion pour préparer un Congrès

Posté par jacques LAUPIES le 30 juin 2017

Je me suis déjà exprimé sur les questions qui vont nécessairement avec la préparation du 18ème Congrès. Je m’efforce de le faire quotidiennement mais je dois cependant, pour plus de lisibilité, mettre ces réflexions en forme et les soumettre à débat car elles découlent d’une expérience personnelle qui évidemment suppose une critique collective. Dès que j’aurai terminé ce modeste travail j’en publierai le résultat !

Je continue donc à reproduire des articles qu’il me parait  utile de porter à la connaissance de mes lecteurs !

 

Fiscalité. Macron veut faire des cadeaux à ceux qui ont déjà trop

Sébastien Crépel
Jeudi, 29 Juin, 2017
L’Humanité

La folie boursière explique la croissance démesurée des plus grandes fortunes en 2017. Une accumulation au détriment des investissements utiles qui fait courir le risque d’une nouvelle crise auquel participent les allégements prévus d’ISF.

C’est une mesure phare du programme d’Emmanuel Macron qui pourrait être intégrée au prochain projet de loi de finances, à l’automne : alléger l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) en le transformant en un simple « impôt sur la fortune immobilière ». Il s’agirait de « supprimer toute la part de l’ISF qui concerne la taxation de l’investissement » dans les entreprises, c’est-à-dire la part des patrimoines en actions, pour ne conserver dans le patrimoine taxable que la part investie dans l’immobilier. Il y aurait en effet urgence à ne pas décourager « ceux qui placent leur argent pour aider au financement de l’économie réelle », selon la République en marche. La dernière livraison du palmarès des 500 fortunes professionnelles françaises établi chaque année par Challenges délivre un autre diagnostic. Leurs actifs ont progressé trois fois et demie plus vite que le PIB de la France depuis 1996. La progression des dix premiers est encore plus spectaculaire.

En une seule année, la fortune moyenne du Top 10 du palmarès de Challenges a augmenté de 35 %, contre à peine 1,1 % pour le PIB. Et en vingt ans, ce patrimoine des dix premiers a été multiplié par douze, et même par 20 si l’on parle de celui de Serge Dassault (5e fortune du classement cette année, avec 21,6 milliards d’euros) ou par 17 pour Bernard Arnault, de loin la première fortune de France en 2017, avec près de 47 milliards, soit + 55 % en un an. Durant ces deux décennies, le PIB n’a été multiplié que par deux.

Le « bas » du classement n’est pas à plaindre non plus. Pour en prendre la mesure, Challenges a inventé un outil original : sur le modèle sémantique du Smic, ses équipes ont inventé leur « Fmic », pour « fortune minimale d’insertion dans le classement » (sic). Cette année, les « fmicards » ont dû aligner un patrimoine minimum de 130 millions d’euros pour figurer parmi les 500, contre « seulement » 100 millions l’an dernier. 30 % de hausse de « Fmic » en un an, le signe que « cette année, la fortune professionnelle des 500 premiers riches Français a fait un bond considérable », écrit l’hebdomadaire.

Si ces augmentations sont beaucoup plus rapides que la richesse créée, c’est parce qu’une bonne part est due à la hausse du cours des actions dont sont constitués pour partie ces patrimoines professionnels. Ainsi du premier d’entre eux, celui de Bernard Arnault, qui prend la tête du classement de Challenges « grâce à une hausse en Bourse de 56 % de LVMH ».

« Un détournement de la richesse créée par le travail »

Or ces envolées des cours ne tombent pas du ciel : « Elles se font au détriment des investissements utiles en détournant la richesse créée par le travail vers le rendement pour les actionnaires », rappelle l’économiste et fiscaliste Jean-Marc Durand, membre de la commission économique du PCF. Le résultat d’une captation opérée à un tel niveau, c’est qu’« elle tue la demande, qui devient de plus en plus atone », tirant toute l’économie réelle vers le bas, poursuit-il.

Reste, assure Challenges, que « la progression de la richesse des 500 est essentiellement due à la part de l’activité qui est réalisée hors de nos frontières. Les 500 sont allés chercher la croissance là où elle est, c’est-à-dire à l’étranger » — sans que l’on sache dans quelle contrée extraordinaire la croissance économique égalerait les 35 % de hausse du Top 10 de ces patrimoines… En clair, les « 500 » ne seraient pas devenus « riches aux dépens des autres » Français. Quant aux fortunes « purement hexagonales » qui ont réussi néanmoins à s’apprécier, leur progression serait le fait des « détenteurs d’immobilier », explique l’hebdomadaire. De quoi puiser des arguments en faveur des nouveaux aménagements d’ISF promis par Emmanuel Macron, censés encourager l’investissement dans le capital productif français. Pour Jean-Marc Durand, l’expérience de ces dernières décennies raconte pourtant une tout autre histoire : « Depuis vingt ans, la facture des dispositifs d’allégements des prélèvements en direction des plus riches et des entreprises est estimée entre 250 et 300 milliards d’euros, explique l’économiste. Ces impôts et ces cotisations sont autant d’argent que l’on a retiré à la croissance à laquelle ils participaient au travers des services publics qu’ils finançaient, des dépenses de santé qu’ils couvraient. Ces sommes ont été intégralement déportées de l’investissement utile vers les dividendes financiers ».

« Le risque de formation d’une bulle boursière »

Dans ces conditions, les allégements d’ISF imaginés par Macron ont « zéro utilité », poursuit Jean-Marc Durand. « La seule véritable motivation de ce projet est de faire disparaître l’ISF, estime-t-il. Après cette réforme, on expliquera par exemple qu’il ne sert à rien de mobiliser dans les services fiscaux des personnels sur le recouvrement d’un impôt plus vraiment rentable. » Pis que ça : ce nouveau cadeau participera au « risque de formation d’une bulle boursière qui se développe sous nos yeux, c’est-à-dire une accumulation d’argent qui cherche à se rentabiliser sur les places financières sous des formes déconnectées de la production de richesses réelles. Ce processus très dangereux peut conduire à une explosion, à l’instar de ce qu’on a connu en 2008, peut-être en plus grave », alerte l’économiste.

Sur ce point, Challenges ne dit pas autre chose : « Cette année, la hausse de 35 % de la fortune des 10 premiers de notre classement sonne un peu comme une mise en garde contre les ‘‘exubérances irrationnelles’’. Car depuis 1996, (…) la pression n’a monté aussi vite qu’à deux autres occasions ; une première fois en 2000, avec une hausse de 70 % (une hausse appelée plus tard la “bulle Internet”), et en 2008, avec une hausse de 35 % (la “bulle des subprimes”) », constate l’hebdomadaire. On sait ce qu’il est advenu ensuite par deux fois…

« La question posée à travers cette explosion des fortunes est double, reprend Jean-Marc Durand. Il y a celle de la répartition entre le capital et le travail dans la richesse créée. Mais il y a aussi celle de l’utilisation de cet argent. Le problème n’est pas simplement de prendre dans la poche des riches pour remettre dans celle des pauvres. Quels services publics relance-t-on ? Quelles activités industrielles et écologiques de production souhaite-t-on ? C’est à ces questions structurelles qu’il faut répondre. Sans cela, l’argent récupéré peut servir à gonfler le flux des importations, sans bénéfice pour l’emploi et la formation des salariés en France. »

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Mobilisation. Le mouvement social affûte sa riposte aux ordonnances

Posté par jacques LAUPIES le 29 juin 2017

Marion d’Allard, Kareen Janselme et Loan Nguyen Mercredi, 28 Juin, 2017 L’Humanité

 

Mobilisation. Le mouvement social affûte sa riposte aux ordonnances dans POLITIQUE invalides2

 

À l’instar des salariés du privé, les fonctionnaires s’inquiètent de ce gouvernement qui parle de « renforcer le dialogue social » mais écrit en catimini des lois qui le réduisent. Photo : Gonzalo Fuentes/Reuters Travailleurs du privé et du public franciliens se sont rassemblés hier aux Invalides, à Paris, à l’appel d’une intersyndicale CGT-FO-FSU-Solidaires-Unef, pour rappeler que la casse du Code du travail précarisera tous les salariés. Le lieu n’a pas été choisi au hasard

À quelques pas de l’Assemblée nationale, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées, hier, en ce jour de rentrée parlementaire, sur l’esplanade des Invalides. Syndicalistes, élus, militants politiques, à l’appel des unions régionales de la CGT, de FO, de la FSU, de Solidaires et de l’Unef, la gauche de progrès est venue adresser un message clair au gouvernement et à sa majorité parlementaire : la riposte contre la casse programmée des acquis sociaux et du Code du travail s’organise.

« Cette mobilisation est une étape importante de la bataille contre un projet de loi dont les contours se dessinent peu à peu et auquel les organisations syndicales n’ont pas été associées, contrairement à ce que certains disent », a indiqué Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, qui prévient d’ores et déjà qu’à un été placé sous le signe de la mobilisation succédera une rentrée sociale particulièrement offensive. « C’est tout un symbole de voir le mouvement social contester la politique d’un gouvernement qui veut se passer du débat parlementaire, précisément le jour où s’ouvrent les travaux à l’Assemblée nationale », note Marie-George Buffet.

La députée communiste, présente aux côtés des parlementaires PCF et FI – dont Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon –, y voyant là le signe « que les salariés ne laisseront pas passer une nouvelle casse du Code du travail ». Se faire entendre face à un gouvernement qui  avance masqué Se faire voir et entendre face à un gouvernement qui « avance masqué et veut aller vite et fort », tel est en effet l’objectif des syndicats. « Cette journée doit être une banderille dans le dos d’Emmanuel Macron qui entend, avec son écrasante majorité parlementaire, assommer le monde du travail en plein été », lance Pascal Joly, secrétaire général de l’Union régionale d’Île-de-France (Urif) CGT devant la foule rassemblée.

Un président qui « sait que l’adhésion à son projet est très faible », poursuit le syndicaliste. Derrière l’apparence de la nouveauté se cachent « de vieilles méthodes », pointe de son côté Michel Galin, de la FSU, pour qui le secteur public a tout autant à craindre de ce gouvernement que le secteur privé. Outre la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires durant le quinquennat, le représentant syndical rappelle que « lorsque des mauvais coups sont portés sur une catégorie de travailleurs, ils arrivent vite sur tous les autres ».

Cette loi « grands patrons » selon les mots de Gabriel Gaudy, secrétaire de l’Urif FO, qui prévoit l’inversion totale de la hiérarchie des normes, la généralisation des CDI de chantier (CDIC), la facilitation des licenciements, le plafonnement des indemnités prud’homales, la réduction de la représentation du personnel, « c’est le recul social sans débat, c’est aller toujours plus loin dans une politique de l’échec qui ne permet de répondre ni à la crise sociale ni à la crise environnementale », regrette pour sa part Margo Leduc, de Solidaires. Des transports à la métallurgie en passant par l’industrie pharmaceutique, les salariés du secteur privé étaient nombreux à avoir fait le déplacement.

« Le gouvernement veut renverser cent ans d’acquis sociaux d’un revers de main, dans la continuité de la loi El Khomri », dénonce Bruno Patruno, délégué syndical CGT chez Sanofi, à Vitry-sur-Seine. Pour le syndicaliste chez ce géant du CAC 40, les mesures contenues dans les ordonnances visant à faciliter les licenciements – réduction du périmètre géographique d’appréciation des difficultés économiques d’un groupe au niveau national plutôt que mondial et relèvement du seuil de déclenchement d’un PSE – donneront encore plus d’outils à Sanofi pour se débarrasser des salariés. Pour d’autres, c’est la méthode – en plus du fond – qui choque : « Quand on prône le dialogue social à longueur de journée et qu’on fait passer un texte par ordonnances, on est loin de la démocratie », estime Arnaud Vasseur, délégué syndical CGT dans l’entreprise logistique Stef à Montsoult (Val-d’Oise).

La CGT redoute aussi l’extension du référendum pour contourner les syndicats. « À Montsoult, il n’y a que la CGT. Du coup, la direction ne trouve pas de signataire pour imposer des accords de reculs sociaux. Mais ils essaient déjà d’aller voir les salariés dans notre dos pour les faire bosser quinze heures par jour. Récemment, ils ont fait faire des remplacements aux salariés de Montsoult sur un autre site. Mais au bout de presque douze heures au volant, un gars a eu un accident. C’est ça l’esprit du projet de Macron : l’esclavage des temps modernes », rapporte Patrick Ibelaidène, secrétaire du CE chez Stef logistique Montsoult. Les syndicalistes de l’entreprise de transport et de logistique frigorifique voient également très bien comment cette deuxième loi travail pourrait être utilisée comme tour de passe-passe pour gonfler les chiffres de l’emploi. « On a eu 5 400 salariés en intérim en 2016.

Si le CDI de projet était étendu comme le propose Macron, la direction pourrait très bien les embaucher sous ce statut. On fera semblant que ça résorbe le chômage alors que ce ne sera que de la précarisation », précise Patrick Ibelaidène. Même crainte du côté de Renault. « On sait qu’un cycle de fabrication d’une voiture dure trois à quatre ans en usine. Il suffirait à la direction soit de faire un CDI de projet, soit de négocier un mode d’embauche spécifique par accord d’entreprise pour cette durée, ce qui lui permettrait d’afficher des embauches d’intérimaires », explique Mickaël Lhuillery, secrétaire CGT du CHSCT à Renault Lardy. « En tant que conseiller prud’hommes, je suis totalement opposé à la barémisation des indemnités (pour les licenciements abusifs – NDLR). On privilégie la prévisibilité de la gestion d’entreprise au principe de droit à l’indemnisation du préjudice réel », fustige Christophe Gandilhon, par ailleurs délégué syndical central FO chez Veolia Île-de-France.

« Globalement, il faut arrêter de dire que c’est la dérégulation du droit du travail qui crée de l’emploi : ça fait vingt ans qu’on fait ça et que ça ne marche pas », poursuit-il. « Il faut encore se battre contre les nouvelles lois Macron » À la tribune, la déléguée syndicale CGT de Tati est émue. La veille, le tribunal de commerce a désigné le repreneur du groupe et le sauvetage de 1 428 emplois sur 1 700. « Au départ, les lois Macron permettaient au groupe Éram de ne pas mettre un centime après notre liquidation judiciaire. Ces lois nous ont démolis, en réduisant les obligations des grands groupes en matière de plan social. Nous nous sommes battus et nous avons obtenu que le groupe donne 1 million d’euros pour le PSE.

C’est pourquoi il faut encore se battre contre les nouvelles lois Macron, qui sont là pour détruire les salariés. » Tout comme les électriciens qui ont obtenu que leur statut d’IEG (industries électriques et gazières) ne soit pas à l’ordre du jour des ordonnances en cours d’habilitation. « Nous avions prévu une journée de mobilisation le 22 juin, raconte Cédric, de la CGT énergie, mais le premier ministre a vite réagi pour nous assurer qu’il ne serait pas question des IEG dans les ordonnances. Quand on lutte, tout est possible. » C’est cette certitude qui en a mené plus d’un sur l’esplanade des Invalides hier midi, que ces militants appartiennent au secteur privé comme au secteur public.

« On sent déjà dans la fonction publique des déclinaisons de la loi travail, explique Pascal Courant, assistant social en Seine-Maritime, syndiqué SUD. Comme vouloir signer des accords sur les conditions de travail et les rémunérations au niveau des entreprises, au plus près des employeurs… Des élus locaux appliquent déjà le principe de la libre administration, qui permet de négocier des choses comme les RTT des agents mais dans un cadre restreint pour l’instant. Certaines collectivités territoriales se sont aussi saisies d’une nouvelle façon de calculer les indemnités incluant une part variable de rémunération au mérite. » On individualise les cas, les rémunérations, avec des conséquences néfastes sur les collectifs de travail. Et sur le service public rendu. « On installe la pénurie pour dégrader le fonctionnement des hôpitaux et justifier leur fermeture, ne décolère pas Pascal, infirmier à l’hôpital Beaujon, arborant un badge FO. Si, avec la loi Macron, c’est l’élargissement de la loi El Khomri et l’accroissement de l’inversion de la hiérarchie des normes, avec les lois Bachelot, Touraine et les groupements hospitaliers de territoire (GHT), c’est l’inversion de la hiérarchie des soins. En regroupant les hôpitaux Beaujon et Bichat, on supprime 2 500 postes. Cette logique purement comptable est inacceptable. »

À l’instar des salariés du privé, les fonctionnaires s’inquiètent de ce gouvernement qui parle de « renforcer le dialogue social » mais écrit en catimini des lois qui le réduisent. L’intersyndicale de la fonction publique devrait bientôt reprendre du service et s’associer aux autres mouvements de protestation en gestation pour la rentrée. Les « lignes rouges » de Jean-Claude Mailly (FO) Lors d’un séminaire organisé par Force ouvrière (FO) au Conseil économique, social et environnemental (Cese), jeudi dernier, le secrétaire général du syndicat, Jean-Claude Mailly, est revenu sur la concertation en amont de la réforme du Code du travail. Il y voit « un  vrai problème de  procédure, sur la méthode  et sur le calendrier ». Selon lui, « trois problèmes » de fond persistent et constituent des « lignes  rouges » que le gouvernement ne devra pas franchir. D’abord, « nous n’avons toujours pas  de garantie sur les points  qui devront être négociés  au niveau de la branche et  de l’entreprise ». Ensuite, « le  gouvernement nous ressort  le CDI de chantier, un  contrat précaire qui  s’imposera au détriment du  CDI classique ».

Enfin, « nous voyons ressurgir ce  qui a été supprimé à deux  reprises, notamment lors  des débats houleux sur la  loi El Khomri, à savoir la  question du périmètre  d’application des difficultés  économiques ». Sur ce dernier point, le dirigeant de FO rappelle qu’« une  entreprise sait très bien  assécher financièrement  une de ses filiales pour la  fermer » et insiste pour que « la dimension de groupe  demeure afin de protéger  les salariés ». Alors que plusieurs réunions doivent encore avoir lieu avec les syndicats et le patronat, Jean-Claude Mailly renvoie Emmanuel Macron à ses responsabilités : « C’est à lui  de trancher en dernier  lieu. »

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Comment répondre aux aspirations populaires – Prendre en compte la diversité des classes et catégories sociales qui les composent (suite 4)

Posté par jacques LAUPIES le 28 juin 2017

Est-il nécessaire de revenir sur les transformations sociologiques qui marquent chacune de nos époques ? Nombre de militants et plus particulièrement les jeunes le font ils en ce début de XXIème siècle. Le Parti Communiste contribue-t-il à les former à cette  réalité  ? Et les plus anciens ? Hormis ceux qui exercent des responsabilités dans nos directions ou appartiennent à ces catégories d’intellectuels entendus ou non par ces Directions mais qui s’expriment souvent dans l’Humanité, voient ils l’impact que ces transformations peuvent avoir sur l’engagement politique ?

Parfois j’en doute ! En tout cas dès lors que nous nous adressons aux jeunes, bien que curieux de politique, ils se défilent souvent et ne font pas le lien entre la vision de la  politique et la condition sociale. Pourtant cette relation est fondamentale. Ne pas en avoir conscience conduit tout droit à la confusion, à l’idée que les politiques n’ont qu’une préoccupation : satisfaire un intérêt personnel et qu’en définitive ils sont tous les mêmes. Evidemment cette approche ne concerne pas que les jeunes.

Pourtant l’implication politique et citoyenne a considérablement à voir avec son appartenance de classe (ou de catégorie de classe) et la conscience que l’on en a. Banalité, c’est le b.a.-ba !  Je me souviens d’un temps où l’on discutait ferme sur l’importance qu’il y avait à cibler telle ou telle catégorie de la classe ouvrière, plutôt que telle autre pour plus d’efficacité dans la diffusion de nos idées, tant du point de vue électoral que dans les luttes revendicatives.

Je ne prétendrai pas que cette analyse ne se fait pas, d’autant qu’une analyse aussi bonne soit-elle suppose pour être vérifiée et pour atteindre des objectifs idéologiques et d’actions concrètes, par la lutte ou le vote, que l’on puisse se faire entendre. Donc de moyens dont l’essentiel (le nombre de militant, un accès et une utilisation judicieuse des médias) nous fait défaut ou n’est pas au niveau de nos besoins. C’est un autre sujet sur lequel il nous faudra revenir.

1 -  Comportement des classes sociales et catégories sociales tel que nous pouvons les ressentir

Comme il se doit la première interrogation porte sur l’échec relatif que les communistes subissent dans la mobilisation de la classe ouvrière. Sans entrer dans une vision théorique mais plutôt en partant de nos expériences quotidiennes nous pouvons faire quelques constats qui expliquent ces échecs. Des constats  non dénués certes d’une certaine subjectivité de notre part.

Il y a à nos échecs deux raisons essentielles : une insuffisance d’intérêt porté et à la reconnaissance du rôle de cette catégorie dont nombre d’anciens militants se plaignent en évoquant les abandons concernant l’organisation du parti à l’entreprise mais également l’absence d’une approche globale et plus fine de la conditions ouvrière (et salariale en général)

1-1 – L’insuffisance de prise en compte du rôle de la classe ouvrière est provoquée par divers éléments que nous ne contrôlons pas : l’adaptation de l’entreprise à des formes nouvelles d’organisations dictées par des nouvelles techniques de production (robotisation, numérique, etc.)  l’éloignement des centres de décision provoqués par la modification de l’apport des capitaux et l’origine de l’actionnariat diversifiée qui peuvent d’ailleurs expliquer certaines oppositions et contradictions qui ont des conséquences politiques non négligeables et trouvent des expressions politiques dans les comportements des partis libéraux (Social démocratie, social libéralisme, libéralisme sous ses formes classique modérées ou extrêmes et même d’une gauche radicale) 

D’autres facteurs plus maitrisables ne semblent pas être pris en compte ou par défaut de moyens et de volonté politique, abandonnés : l’action et la relation parti/syndicat ou pour le moins un rôle plus actif des communistes dans l’organisation syndicale en respectant la démocratie  et en s’efforçant de la faire vivre, qu’il s’agisse des niveaux professionnels. Ne pas s’interdire de donner notre avis sur les questions revendicatives, économiques.

1-2 – Pour une approche convenable de la « question ouvrière » nous devons nous pencher sur les transformations qu’a subi la classe ouvrière et, sans privilégier telle ou telle catégorie, bien discerner les différences qui les affectent tant sur l’origine et le niveau de leurs ressources que sur leurs conditions de travail ou encore sur les différences culturelles qui nécessairement interviennent dans leur conscience de classe. Les salariés dans de grandes entreprises ne peuvent réagir de la même manière entreprises à l’exploitation de leur force de travail que moyennes et petites, de même que ceux exposés à la précarité et ceux qui bénéficient d’un statut plus protecteur (grandes entreprises et secteur public ou nationalisé), de même que ceux qui doivent affronter des travaux pénibles ou domine la main d’œuvre immigrée, de même ceux qui relèvent du secteur industriel et ceux du secteur commercial, voire du secteur bancaire et des assurances,  etc.

Et les distinctions vont au delà des actifs et concernent les retraités dont bon nombre, sans pour autant être des privilégiés, comme le laissent supposer les propagandistes du pouvoir vivent plus aisément en disposant de retraites dont le montant est supérieur à la moyenne des salaires, en particulier des jeunes accédant à l’emploi sans omettre la multitude condamnés au chômage et à la précarité également. La pénétration de la « rente » dans certaines catégories aggrave, lorsque la culture politique n’y met un frein, le déplacement vers les populismes de droite.

1-3- Il est aisé de dire que nous enfonçons la une porte ouverte en rappelant succinctement  qu’un parti qui se dit révolutionnaire se doit d’avoir une action privilégiée en direction de toutes ces catégories ouvrières (ou en les qualifiant simplement de salariées) Encore faut-il que ce parti se donne une organisation adéquate avec des responsabilités  bien assumées et contrôlées (voir nos propositions plus loin) S’il est relativement juste de considérer que notre société compte 99 % de victimes de la domination du 1% qui les exploite, on ne peut balayer dans un parti qui veut transformer fondamentalement la société, la diversité et les différences qui les accompagne, de ces 99 %.

 

(à suivre)

 

 

 

Frédéric Boccara

Intervention au Conseil National du PCF – 23 juin 2017

 

Il s’agit avant tout de ne pas éviter le bilan. La tonalité qui se dégage du rapport et des interventions du groupe dirigeant est celle de dire « ok, nos résultats ne sont pas bons, et de ne parler que de transformations du PCF », sans parler de bilan des décisions prises, ni d’orientation politique, ni, encore moins, de la direction nationale. Au motif de ne pas « rejouer » les débats de l’automne, on ne peut pas éviter des débats clairs, ni les responsabilités qui ont été engagées, tout particulièrement par le groupe dirigeant qui s’est fortement impliqué, mais aussi au regard des décisions du congrès de juin 2016.

1.      Gravité de la situation

Avec E. Macron, le néo-libéralisme a remporté une victoire politique mais aussi idéologique. Il cristallise le consensus sur le libéralisme qui s’était constitué peu à peu entre la droite et une partie du PS. Il va chercher à consolider, structurer et faire agir ce consensus. Il est porté par la couche sociale de la techno-finance (technocrates + monde de la finance) et d’un certain patronat. Ces couches sociales supérieures sont emmenées vers le néo-libéralisme pour dominer les couches sociales moyennes, tandis que les couches sociales populaires, si elles ne sont pas séduites, le système tend à les dévier vers le FN où à stériliser leur protestation vers la FI.

2.      Notre situation

 

L’élection de 11 députés communistes est une bonne chose qui témoigne de certaines capacités de résistance et constitue un atout pour la suite. Mais l’arbre ne doit pas cacher la forêt et notre score aux législatives est un échec, d’autant plus qu’avec une défaite du PS notre parti aurait dû voir son nombre de députés progresser considérablement.

Notre absence organisée à l’élection présidentielle a joué un rôle considérable dans ce résultat, car c’est bien cette campagne qui, avec en outre les passages télé, a construit l’identification des différentes forces politiques que l’on retrouve aux législatives. Ce n’est pas faute d’avoir alerté sur ce point. Il s’agissait de capter une colère pour en faire une force de transformation sociale dans le bon sens, mais pour cela notre repérabilité était nécessaire à la présidentielle. Pas d’organiser nous-mêmes notre absence des médias qui, déjà, ne nous font pas de cadeaux.

 

3.      Effacement et confusion

 

Face aux besoins de transformation profonde de la société – de révolution – avec les défis du capital financier et des révolutions technologique et sociétale d’une part, écologique de l’autre, l’effacement et la confusion ont dominé.

L’effacement, c’est notre absence à l’élection présidentielle alors que la télévision joue un rôle majeur. Un effacement que la décision prise en novembre a construit et dont il faut faire le bilan.

La confusion, c’est l’idée que Mélenchon et nous aurions le même programme à peu de choses près. Alors que nous avons des différences stratégiques fortes et des différences de programme. Pour Mélenchon, c’est l’Etat qui est mis en avant de façon très keynésienne, sans mettre en cause la responsabilité des entreprises, des banques et du grand capital. Plus précisément, sans insister sur le besoin que l’Etat agisse sur les entreprises. Un exemple typique en est la proposition faite pour l’emploi que l’Etat d’une part dépense quelques milliards d’investissements censés créer des emplois automatiquement et que d’autre part l’Etat embauche directement les chômeurs restants (« droit opposable à l’emploi »). Mais il y a aussi l’insistance sur la répartition, sans voir les enjeux de classe, avec le souhait que CSG remplace les cotisations sociales. Ou encore l’écologie opposée au social et coupée des entreprises, de leurs critères de gestion et de la production.

 

4.      Porter les idées communistes nouvelles dans les luttes d’idées et sociales

 

Les idées communistes nouvelles qui ont été développées dans nos rangs n’ont pas été portées politiquement de façon nationale et tenace. Que ce soit notre bataille sur le coût du capital, arrêtée si vite, alors qu’elle portait ; que ce soit la bataille pour une sécurité d’emploi et de formation, laissée à A. Chassaigne, à la commission économique et à des fédérations ou sections volontaires, mais dont l’Humanité aurait pu faire la pédagogie dans une mise en débat avec les travailleurs.ses, les intellectuels, les syndicalistes, les juristes, sociologues et économistes, chantier par chantier ; ou que ce soit la bataille sur l’Europe avec notre revendication totalement inconnue d’un Fonds européen pour les services publics, que la BCE devrait alimenter. Elles sont portées et adoptées dans nos textes de congrès, mais ensuite la Direction nationale fait fort peu de travail pour les populariser et pour organiser concrètement leur utilisation créative dans les luttes politiques idéologiques et sociales.

Il y a un vrai problème de Direction au niveau national : un congrès est fait auquel on tourne le dos le lendemain. A-t-on une direction « qui y croit » ? Après un aussi grave échec le CEN devrait remettre son mandat au CN durant toute la préparation du congrès.

 

5.      Sur les propositions de travail

 

a. Je suis d’accord avec la proposition de consultation des communistes depuis la base dans la perspective de faire tout remonter pour une conférence des animateurs de section à l’automne. Mais cela pose 2 questions

-        Cette consultation doit être libre et ne nécessite pas un balisage préalable. C’ets pourquoi je propose de retirer de la résolution l’énumération d’une liste de points à discuter, et de la remplacer par une référence au rapport et au compte-rendu de discussion du CN

-        Il y a un besoin de transparence et de circulation de l’information. Une commission de transparence doit être nommée pour assurer celles-ci, de façon démocratique, d’ici l’assemblée nationale des animateurs de section.

 

b. On doit discuter du fond, mais on ne doit pas non plus « noyer le poisson » dans un processus de type universitaire qui parfois évoque un peu trop le congrès de Martigues.

 

c. Ne faudrait-il pas plutôt, à partir de la riposte à Macron, prendre un fil systémique et le tirer, le dérouler, de façon à décliner à partir de lui et en ouvrant, un maximum de problématiques ? On entamerait une bataille sur les questions de droits et pouvoirs nouveau sur l’utilisation de l’argent des entreprises et des banques pour l’emploi, pour une véritable efficacité économique en cherchant à montrer l’intérêt d’une réponse de type SEF (sécurité d’emploi et de formation) alors que leurs marges n’ont jamais été aussi élevées, suite au CICE, et alors qu’elles versent des dividendes, spéculent et délocalisent comme jamais.

 

En ce sens, j’attire l’attention sur la table-ronde sur les ordonnances organisée par Economie & Politique avec des juristes et des économistes, à paraître en juillet.

 

d. Sur la proportionnelle, le piège est de la découpler de la présidentialisation ultra-renforcée qu’a créé l’inversion du calendrier et la réduction à 5 ans. Notre revendication doit être « vraie proportionnelle et découplage des présidentielles ».

 

Voilà au total, les orientations qu’il nous faudrait discuter, dans la clarté et en se dotant d’un outil démocratique de type « commission transparence ».

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Comment répondre aux aspirations populaires ? Le point sur la situation (suite 3)

Posté par jacques LAUPIES le 27 juin 2017

Je viens de recevoir ce jour quatre interventions au dernier CN (Cristian Piquet,  Denis Durand, Jean Marc Durand, Fabienne Lefebvre) Ces interventions ne font que confirmer un constat d’échec bien réel mais n’apportent pas encore – et c’est bien naturel étant donné la proximité des évènements politiques qui ont sonné pas mal de communistes – de suggestions fortes pour nous tirer du fameux mauvais (faux) pas que j’évoquais dans mes deux premiers textes.

Mais il s’agit, chacun l’aura bien compris, plus que d’un faux pas, car celui ci s’est produit dans un mauvais chemin emprunté depuis des décades et n’est que le résultat de cette mauvaise route.

Comme il se doit – dans un parti qui se réclame souvent de Marx, de Jaurès, de son action depuis sa création en 1920, et ne manque pas de faire référence parfois à de grands révolutionnaires à l’échelle planétaire, parfois oubliés, tout autant qu’à de grands dirigeants nationaux (mais la on est encore plus timide) nous devons avant de conclure sur des programmes et des stratégies  faire l’analyse de notre société de sa transformation économique, sociologique et des conséquences que cela a pu avoir sur la situation politique d’aujourd’hui.

Une remise à plat est donc nécessaire et gageons qu’elle ne manquera pas de mettre en évidence des bouleversements importants dans la composition des deux classes fondamentales mais en aucun cas n’aboutira à leur disparition pas plus qu’à celle de la contradiction qu’elle génère à différents niveaux : mondial et national (avec les spécificités régionales propres à chaque continent)

Il peut paraître ambitieux pour un militant, en retrait de ces différentes dimensions, privé d’une vraie culture et des connaissances indispensables à une telle analyse, de prétendre approcher ce que devrait-être la meilleure façon de mener un combat politique. Mais confronté à la réalité de terrain et accédant vaille que vaille à des informations rendant compte des réponses que formulent une multitude d’intervenants (camarades de parti, alliés potentiels et adversaires issus d’autres organisations politiques) il serait irresponsable de ne pas formuler un point de vue, notamment sur la meilleure façon de conduire le combat de classe.

Ne serait-ce que pour se trouver en accord avec soi-même !

A suivre

Pierre Laurent. « Il ne s’agit pas de sauver une gauche en perdition mais de construire un projet politique capable de porter les intérêts des 99 %  »

Entretien réalisé par J. H.
Lundi, 26 Juin, 2017
L’Humanité

Face à un nouveau modèle libéral, incarné par Emmanuel Macron, le PCF, explique Pierre Laurent, secrétaire national, a l’ambition à la fois de s’opposer aux réformes annoncées et de se réinventer.

 

Le Conseil des ministres examine mercredi le projet de loi d’habilitation à agir par ordonnances pour réformer le Code du travail. Dans la foulée des élections, dont Emmanuel Macron espère tirer une légitimité, comment s’y opposer ?

Pierre Laurent Cette bataille, nous la mènerons dans l’Hémicycle et dans tout le pays. Elle doit s’engager en faisant la clarté sur le contenu du projet : la mise en pièces du Code du travail et une généralisation du dumping social. Et en dénonçant le coup de force que constitue le recours aux ordonnances. Cette démonstration, nous la ferons tout l’été auprès des salariés, sur leur lieu de travail, dans les grandes zones d’emplois saisonniers, dans les quartiers et les communes. Partout, nous populariserons notre proposition de loi, déposée en février à l’Assemblée, pour une sécurité d’emploi et de formation. C’est un contre-projet aux ordonnances Macron qui permet des réponses innovantes. Notre objectif est de préparer les conditions d’une mobilisation de masse en septembre, en soutenant toutes les initiatives syndicales. La Fête de l’Humanité doit être un très grand rendez-vous de ces mobilisations. Parallèlement, nous lutterons contre l’inscription dans la loi ordinaire des dispositions de l’état d’urgence. Les libertés publiques sont en danger. La loi annoncée par le gouvernement Philippe ferait de la France le pays d’Europe disposant de la législation la plus régressive en la matière. Nous engagerons aussi une bataille nationale pour l’instauration de la proportionnelle intégrale à toutes les élections, car des millions de Français vont vite découvrir le piège dans lequel les a enfermés la présidentialisation à outrance. Nous voulons rouvrir sans attendre le débat sur la nature du régime présidentiel et pour une autre République.

Les relations du PCF avec la France insoumise ont été tumultueuses ces derniers mois. Comment envisagez-vous la suite ?

Pierre Laurent Nos 11 députés et les députés de la France insoumise et d’Ensemble ! sont dès demain les seuls qui s’opposeront avec clarté à la majorité Macron. Nous allons avoir besoin de leur unité d’action et de notre propre liberté de parole et d’initiatives. Les députés communistes ont pris une double décision : former un groupe et proposer aux Insoumis de constituer un comité de liaison pour coordonner la bataille législative. J’espère que le groupe des Insoumis, qui en discute demain, acceptera cette proposition. Plus globalement, les débats que nous avons eus ne vont pas disparaître parce qu’ils portent sur des conceptions différentes des constructions politiques à venir. Pour nous, cela ne se résume pas à un problème de rapport avec la FI. Le Parti communiste estime nécessaire de procéder à un réexamen complet de la situation et de notre rôle. Notre Conseil national propose aux communistes la tenue d’un congrès extraordinaire en 2018.

Malgré un nombre de députés accru, vous parlez d’« échec électoral ». Quel premier bilan faites-vous de ces derniers mois ?

Pierre Laurent L’avis de notre Conseil national est très clair : les résultats des élections législatives, historiquement bas, sont un échec. Nous entrons dans une nouvelle période politique, inédite sous la Ve République. C’est la fin d’une séquence de quarante ans scandée par l’alternance entre une gauche dominée par le PS et une droite emmenée par LR ou ses prédécesseurs. Les forces libérales tentent de construire un nouveau modèle politique qui allie une sorte de grande coalition à la française et un néopopulisme libéral. Elles voudraient à travers cette synthèse étouffer toute alternative de transformation sociale en occupant l’écrasante majorité du champ politique. Elles veulent aussi marginaliser dans les consciences le conflit qui oppose les grands intérêts capitalistes aux intérêts de l’immense majorité de la population, masquer le conflit de classes qui est au cœur de la mondialisation capitaliste et de l’Europe libérale. L’élection de nos 11 députés et la constitution d’un groupe font de nous une des forces politiques qui ont résisté à cette tornade mais nous sommes conscients d’avoir devant nous le chantier d’une réinvention profonde, pour reconstruire les conditions d’un rassemblement populaire majoritaire capable de transformer la société.

Le PCF a lancé ce week-end le chantier de sa reconstruction. Cela dépasse-t-il vos propres rangs ?

Pierre Laurent Toute la gauche est concernée. Elle a historiquement représenté le camp des classes populaires. Mais, aujourd’hui, elle est profondément abîmée et brouillée du fait des trahisons socialistes successives et du quinquennat Hollande. Le camp Macron veut profiter de ce brouillage du clivage droite-gauche pour imposer sa domination. La reconstruction se fera à partir d’une nouvelle identification des causes de la crise, des formes de domination du capital, et de nouvelles pratiques politiques pour porter un projet d’émancipation. Il ne s’agit pas de sauver une gauche en perdition mais de construire un nouveau projet politique large à gauche capable de porter les intérêts des 99 % face à la confiscation de la finance. Nous concernant, nous avions décidé déjà de procéder à de profondes transformations ; elles sont plus nécessaires que jamais. Nous voulons tout mettre sur la table et dans les mains des communistes.

Cette « réinvention » va donc au-delà de la question du nom de votre parti ?

Pierre Laurent Bien évidemment. Nous avons conscience que notre problème de communication, au sens le plus profond, est un problème d’identification politique. De quoi notre communisme au XXIe siècle est-il le nom ? Nous devons résoudre cette question avec plus de force et de lisibilité. Nous ne partons pas d’une feuille blanche. Nous sommes riches d’idées, de projets, de pratiques, d’une grande force militante. Et, en même temps, nous avons besoin d’un changement qualitatif pour inventer un nouveau modèle d’organisation plus pertinent et plus efficace dans le monde d’aujourd’hui.

La période a été marquée par l’émergence de nouvelles formations. Les partis classiques sont-ils dépassés ?

Pierre Laurent La question des nouvelles formes d’engagement politique fait partie des débats que nous voulons mener. Nous ne le ferons pas en miroir de telle ou telle formation mais en réinventant notre rôle et notre propre modèle. Cela ne signifie en aucun cas une adhésion à la thèse de la mort des partis. D’ailleurs, je constate que ceux qui crient à la mort des partis en créent de nouveaux. Ils le font à partir de plateformes numériques et de nouveaux modèles de marketing politique qui leur donnent une réelle efficacité. Mais aucune de ces nouvelles forces n’a résolu des questions centrales pour réussir dans la durée la transformation sociale à laquelle nous travaillons. Et singulièrement celui de l’intervention consciente et durable des dominés pour construire par eux-mêmes leur propre émancipation.

Malgré ces nouvelles offres politiques, l’abstention a encore atteint des sommets…

Pierre Laurent L’abstention est l’expression la plus forte du paradoxe de la situation. La société française a exprimé un désir très profond de balayer le système politique. Macron l’a emporté en captant ce besoin de renouveau mais de nombreux électeurs ont voté par défaut. Il reste une très grande défiance et beaucoup à inventer pour y remédier, singulièrement avec les milieux populaires, qui ne trouveront pas leur compte, bien au contraire, dans la politique du gouvernement. Dans le salariat éclaté d’aujourd’hui ou dans les quartiers populaires, on doit pouvoir, non pas seulement s’identifier à un candidat à la présidentielle, mais trouver la place d’une intervention politique consciente, croissante et durable. Le PCF a à réinventer un modèle qui le permet. Cela va de pair avec la conquête citoyenne de nouveaux droits et pouvoirs, qui ne peut être renvoyée à plus tard ou à un modèle de prise du pouvoir centralisé.

 

 

 

 

 

 

 

 

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Comment répondre aux aspirations populaires ? Le point sur la situation (suite)

Posté par jacques LAUPIES le 26 juin 2017

 

J’évoquais hier le faux pas que constituent les résultats obtenus par la gauche aux dernières élections. Du coup doutant comme toujours de ma maitrise du vocabulaire, je suis revenu vers la définition du faux pas : « pas manqué » au sens propre et au sens figuré « démarche inopportune, erreur de discernement dans une affaire ». Ma foi je ne me suis guère trompé en qualifiant de faux pas, celui effectué par la gauche dans son ensemble et le PCF en particulier.

Que la gauche dans son ensemble, hors le PCF, porte une lourde responsabilité dans ses  échecs ne fait aucun doute, mais il me parait important de ne pas omettre que ce qui est dans la nature des autres (social démocratie, écologie, et autres produits de notre société) ne doit en aucun cas effacer nos propres insuffisances. Qu’on les ait plus ou moins acceptées au fil des débats interne, qu’on les ait parfois dénoncées !

Les autres partis, les autres leaders de ces partis ne sont pas étranger à des représentations sociologiques bien précises qu’il est aisé de retrouver et qui expliquent leur navigation à vue. Pour  la plupart ils manquent  à la fois de la base sociale qui produit les militants formés à l’aune de l’expérience du combat de classe, de la théorie qui leur permet de s’identifier dans ce combat et au final de l’organisation qui prend appui sur ces deux éléments !

Certes comme la conscience  politique des individus a horreur du vide il leur faut remplir cette conscience de toutes sortes d’apports idéologiques, stratégiques, susceptibles de leur donner espérance (ou désespérance) Le plus simple pour cela étant de jouer avec les apparences. Sinon comment expliquerait-on que le Front National progresse parmi les ouvriers et les catégories populaires. La mise en concurrence de la main d’œuvre immigrée avec la mains d’œuvre pseudo française est bien la meilleure preuve de ce jeu absurde de l’apparence que bien entendu l’on conforte en spéculant sur les différences religieuses et culturelles.

S’agissant d’autres catégories il est plus aisé de jouer sur leur positionnement  »intellectuel » plus déterminant et  flatteur à leur égard que leur statut économique et social, qui souffrent très souvent  d’une insuffisance de reconnaissance et supportent mal – souvent à cause de leurs origines – la « radicalité économique ouvrière » et lui substituent la « radicalité intellectuelle petite bourgeoise » utilisant leur savoir à des fins que je qualifierai de secondaires sans évidemment en nier la portée (combats sociétaux, combats de l’écologie, combats humanitaires)

A gauche et à droite, mais surtout à gauche on exploite largement ces créneaux, ce qui conduit finalement à éloigner du véritable mal qui ronge l’équilibre de la société : l’exploitation du travail. Un mal qui devrait permettre de trouver un remède commun !

 

(à suivre)

 

Résolution du Conseil national du PCF adoptée le 24 juin 2017 : Vers un congrès extraordinaire en 2018

 

Résolution du Conseil national du PCF – 24 juin 2017

 

Un séisme électoral et politique inédit

La situation issue des campagnes et élections présidentielles et législatives 2017 ne constitue pas seulement un nouveau et profond séisme de la vie politique française, elle en accélère le remodelage de façon inédite.

Les deux principales formations politiques qui ont dirigé le pays n’ont pu accéder au second tour de l’élection présidentielle. Et l’abstention a atteint, aux élections législatives de juin, un niveau historique dramatique qu’il faut comprendre comme une forme de rejet des pratiques et des institutions politiques confisquées et sclérosées. La nature même du régime est en plein bouleversement, et les libertés et droits démocratiques, humains et sociaux de notre peuple sont menacés.

Le président Emmanuel Macron sort conforté d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale pour mettre en œuvre sans plus tarder ses projets de destruction du modèle social français. Le Parti communiste français, ses militant-e-s et ses élu-e-s, seront dès cette semaine dans toutes les luttes et tous les rassemblements pour imposer des reculs au chef de l’Etat, à son gouvernement, sa majorité et au Medef dont président, ministres et député-e-s d’En Marche ! protègent les intérêts.

 

La question de l’avenir de notre combat posée

La nouvelle situation politique interpelle directement toutes les forces politiques, et pour ce qui nous concerne, elle pose directement la question du rôle et de l’avenir de notre parti.

Dans un contexte de profondes divisions de la gauche de transformation sociale, divisions que le PCF, malgré ses initiatives, n’a pas été en mesure de résorber, le Parti communiste essuie un véritable échec électoral même si l’élection et la réélection de 11 député-e-s manifestent une réelle capacité de mobilisation, de rassemblement et de résistance. Notre parti reste confronté aux problèmes institutionnels du présidentialisme qu’il n’a pas su à ce jour résoudre.

Le Conseil national du PCF tient à remercier chaleureusement les 524 candidates et candidats, les secrétaires fédéraux qui les ont appuyés dans leurs campagnes, les milliers de militantes et militants du Parti qui sont allé-e-s partout à la bataille pour arracher des avancées électorales, et la victoire dans les 11 circonscriptions de nos député-e-s.

Le Conseil national félicite ces derniers pour leur élection ainsi que toutes celles et ceux élu-e-s au second tour grâce au rassemblement de la gauche auquel le PCF a contribué.

Nous saluons également l’entrée au Parlement européen de notre camarade Marie-Pierre Vieu qui vient renforcer le groupe GUE-NGL dont Patrick Le Hyaric est vice-président.

Nous voulons enfin adresser nos amitiés aux député-e-s sortant-e-s du groupe GDR qui ne se représentaient pas ou n’ont pas été réélu-e-s.

Nos député-e-s et le groupe qu’elles et ils ont décidé de former avec 4 député-e-s des Outre-Mers seront un point d’appui précieux pour les luttes qui s’annoncent et les conquêtes à venir du mouvement social et citoyen de notre pays. Leur volonté de rassemblement reste intacte puisque les député-e-s communistes proposent la création d’un « comité de liaison » avec le groupe France insoumise afin de coordonner au mieux l’activité législative et de faire obstacle efficacement aux mauvais coups du gouvernement d’Edouard Philippe.

 

Pour un processus de débats et d’actions vers un congrès extraordinaire en 2018

Le Parti communiste français est appelé à se réinventer s’il tient à contribuer dans les mois et années à venir à l’amorce d’un processus de transformation sociale au service des intérêts populaires de notre pays.

Le PCF se doit de remettre en chantier une stratégie et des pratiques de conquêtes et de victoires durables pour la transformation sociale. Cela exige de notre part de nous réinventer pour être un parti communiste du XXIe siècle à la hauteur de cet objectif tout en travaillant à l’émergence d’une construction politique, à vocation majoritaire, de l’ensemble de la gauche de transformation sociale.

Le Conseil national du PCF invite les communistes à ouvrir dès à présent un processus de débats, d’actions et d’élaboration collective qui verrait son aboutissement en 2018 par la tenue d’un congrès national extraordinaire dont les thèmes et questions à trancher seront élaborés par les adhérents du Parti eux-mêmes.

 

Pour un bilan approfondi et collectif

Le Conseil national s’accorde sur le fait qu’un bilan poussé et collectif s’impose à présent à notre parti et à ses directions.

Un bilan qui permette de faire, clairement et lucidement, la part des problèmes politiques présents et de l’expérience de ces 15 derniers mois, de celle des problèmes structurels et stratégiques qui sont les nôtres depuis des années.

Ce travail, pour aboutir, a besoin de l’intelligence collective des communistes, et oblige par conséquent les directions à tous les échelons du Parti à travailler pour réunir les conditions les plus favorables, sous toutes les formes, à la participation de chaque communiste aux débats, élaborations, décisions et leurs mises en œuvre.

 

Une première liste ouverte de questions à traiter

Le Conseil national a commencé à échanger autour de problématiques que soulèvent les débats des communistes et qui demanderaient un travail collectif de conception et d’action :

  • Comment redevenir le parti des classes populaires, au travail, à l’entreprise, dans les quartiers populaires et la ruralité ?

  • Quelle stratégie de transformation concrète de la société, comment devenir un parti de la conquête citoyenne, dans une visée révolutionnaire ?

  • Comment, à partir de nos bonnes pratiques locales et du travail de nos élu-e-s, de toutes nos expérimentations militantes, construire des outils de notre stratégie nationale de transformation sociale ?

  • Quel rassemblement voulons-nous, avec qui, comment ?

  • Quel nouveau modèle d’organisation ?

  • Quelle conception des collectifs de direction ?

  • Comment reconstruire notre communication et notre identification ?

  • Quels moyens humains et financiers pour mettre en œuvre ces politiques ?

Ces premiers éléments doivent être critiqués et enrichis par les communistes eux-mêmes au cours de l’été au moyen d’un document permettant de formuler les questions politiques à traiter au congrès.

 

Une proposition de calendrier

Nous proposons qu’une première phase de discussions et de prises d’initiatives se déroule d’ici au 14 octobre 2017avec la tenue d’une assemblée nationale des animatrices et animateurs de section. Celle-ci tirera le bilan de cette phase de consultation et contribuera à établir l’ordre du jour du congrès avant validation par le Conseil national.

Le Conseil national souhaite que ce travail, le plus collectif et commun possible, soit animé au-delà de lui-même et du Comité exécutif national par des groupes de travail composés de responsables fédéraux et locaux, de militant-e-s et d’élu-e-s engagé-e-s concrètement sur les questions à traiter.

La date elle-même du Congrès extraordinaire – soit avant l’été 2018, soit à l’automne 2018 – sera déterminée par les adhérent-e-s lors d’une consultation nationale.

Le Conseil national se réunira en séminaire de travail le 25 août, à l’Université d’été du PCF, pour préparer l’Assemblée nationale des animatrices et animateurs de section d’octobre 2017.

L’Université d’été du PCF (Angers, 25-27 août) et la Fête de l’Humanité 2017 (La Courneuve, 15-17 septembre) constitueront deux rendez-vous nationaux importants dans ce processus général.

Pour débuter, les travaux de la réunion de juin du Conseil national doivent faire l’objet de comptes-rendus dans toutes les sections et fédérations du Parti, de journées de travail locales, et les débats, propositions et demandes des communistes consignés par écrit et transmis à la présidence du Conseil national pour une diffusion plus large.

 

Des mobilisations immédiates à engager

Le PCF affrontera tous les défis de la nouvelle période – ceux auxquels notre peuple et notre pays font face, ceux qui le concernent directement et ceux d’une gauche fracturée et émiettée – dans la lutte et l’action.

Le PCF appelle à la mobilisation de toutes les forces, individuelles et collectives, de la transformation sociale, démocratique et citoyenne, pour relever ensemble tous ces défis.

Le président Macron et son gouvernement veulent clore leur prétendue concertation sociale avant de l’ouvrir réellement en faisant adopter par ordonnances leur projet de flexibilisation maximale du travail.

Le PCF s’engage dans la bataille contre ces lois d’ordonnances et pour une loi de sécurisation de l’emploi et de la formation afin de lutter efficacement contre le chômage. Pour contribuer à la mobilisation populaire la plus large possible, les communistes organiseront pendant toute la période estivale, partout en France, des initiatives publiques de la campagne « L’été n’est pas fait pour casser le Code du travail », lancée le 1er juin.

Le PCF, engagé également dans la bataille pour la démocratisation des institutions et la défense des libertés publiques, appelle à se mobiliser pour la mise en place du scrutin proportionnel, et prendra une part active à toutes les mobilisations contre le projet d’introduction de l’état d’urgence dans le droit commun.

Le PCF entend faire de ces trois mois à venir l’été des solidarités et de la fraternité en organisant notamment avec toutes celles et tous ceux qui le souhaitent des journées à la mer et des ventes de fruits et légumes solidaires directes du producteur au consommateur.

Du 4 au 9 septembre, semaine de la rentrée scolaire, les communistes de tout le pays prendront des initiatives de mobilisation pour un grand service public de l’école.

La Fête de l’Humanité 2017, fête de la fraternité, de la liberté et de l’égalité, fête des solidarités populaires et de la grande paix humaine, sera en septembre le lieu de centaines de débats politiques sur les défis du moment et un rendez-vous national de lutte et de riposte. Plus que jamais à cette heure, elle est la Fête de L’Humain d’abord face « au chacun pour soi et l’argent pour quelques-uns ».

La diffusion de sa vignette-bon de soutien sous l’impulsion du collectif national, animé par Nathalie Simonnet, sera lancée nationalement le 28 juin à 19h lors de l’initiative publique sur le parvis du siège du Parti avec Patrick Le Hyaric, directeur du journal, Fabien Gay, directeur de la Fête, Nathalie Simonnet et Pierre Laurent.

Les élections sénatoriales de septembre constitueront la troisième et dernière étape du cycle électoral 2017. Leurs enjeux, malgré le type de scrutin, concernent directement l’avenir de nos communes et territoires dont la cohésion et le développement exigent des politiques fondées sur l’ambition d’une République pour tou-te-s. L’élection de nombreuses sénatrices et nombreux sénateurs communistes et de candidat-e-s soutenu-e-s par notre parti constituera une force de résistance et d’alternative offensive au Sénat contre les projets gouvernementaux.

 

Ouvrir un débat large pour réinventer à gauche

Le Parti communiste français ne se résout pas à la crise et l’affaiblissement historique de la gauche dans notre pays, et relève le défi de la reconstruction de la gauche. Il invite l’ensemble de ses organisations locales et départementales à s’adresser aux millions de femmes et d’hommes de notre pays qui veulent redonner à la gauche tout son sens et qui sont prêt-e-s à réfléchir, débattre et agir avec toutes les forces engagées au service du mouvement populaire et citoyen dans cet objectif, tout particulièrement dans le cadre de luttes politiques et sociales de riposte à la politique d’Emmanuel Macron.

Pour sa part, le PCF, son secrétaire national Pierre Laurent, invitent à l’Université d’été du PCF puis à la Fête de l’Humanité, plusieurs dizaines de personnalités avec lesquelles ce dialogue est en cours et la volonté d’agir est partagée.

 

 

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1 – Comment répondre aux aspirations populaires ? Le point sur la situation

Posté par jacques LAUPIES le 25 juin 2017

Je reproduis ci dessous un article paru ce vendredi dans l’Humanité !

Se poser la question à savoir : « de quelle gauche avons nous besoin ? » est sans doute pertinent mais la réponse est fort simple. Nous avons besoin d’une gauche capable de répondre aux aspirations de  millions de français qui globalement ont perdu confiance en elle car, tout au plus, deux français sur dix ont exprimé un désir allant dans ce sens, avec un niveau d’exigence que je qualifierai de minimum et pour le moins manquant de cohérence et d’ambition.

Certes le succès de,  la « France Insoumise » sous l’effet d’une personnalisation avec les talents d’orateur incontestables  d’un Mélenchon qui s’est inscrit parfaitement dans un système qu’il veut, à juste titre, remettre en cause, peut être considéré comme un pas en avant par tous ceux qui espèrent en un retour de la gauche vers des valeurs qui lui appartiennent.

Mais s’il faut le prendre en compte, ce pas est bien insuffisant et, selon moi, a bien des allures de faux pas ! La gauche ne peut s’enfermer dans ce succès relatif qui suscite bien des interrogations quant à l’usage que risquent d’en faire ses principaux initiateurs. Ne serait-ce que parce qu’il porte en lui un échec considérable : l’incapacité, le moment venu de s’inscrire dans un rassemblement qui pouvait conduire à une victoire qui aurait eu pour conséquence la naissance d’un courant déterminant capable d’inverser les politiques libérales et social libérales.

Il ne semble pas que tous ceux qui ont gravité autour d’un espoir de cette nature, dans les conditions imposées de fait par l’équipe mélenchoniste, acceptées par une « majorité » de communistes et quantité d’autres venus de divers horizons politiques qui se complaisent dans un opportunisme de gauche, aient bien mesuré leur responsabilité. Non pas dans l’échec mais dans les fondements de ce dernier.

Déjà ressurgissent sous les formes nouvelles les mêmes critiques qui prennent appui précisément sur  les fautes commises dont à mon sens l’essentielle est de placer la notion de rassemblement – dans le contexte économique et social que nous connaissons – avant que ce qui en déterminera les chances de succès ne soit réalisé : l’établissement d’un rapport de force adéquat. Ce qui conduit, comme le souligne le texte ci dessous à remettre en cause, un peu légèrement, le rôle des  partis politiques sans distinction. Ce qui me parait dangereux…

La reconstruction politique passe certes par des objectifs précis mais, si  chacune des forces de gauche en présence se doit de les élaborer, elles doivent également se donner les moyens de les populariser. Pour cela il n’y a d’autre issue que leur organisation sur des bases le permettant et susceptible d’établir un rapport de force précisément favorable à ce qu’attend notre peuple !

Ce qui évidemment pose la question de la nature de cette organisation : quel parti ?

Nous y reviendrons

 

 

Les enjeux d’une reconstruction politique. Après les élections législatives, de quelle gauche avons-nous besoin ?

Vendredi, 23 Juin, 2017
L’Humanité

rappel des faits Le clivage droite-gauche est-il toujours déterminant ? Que signifie la volonté de renouvellement ? L’abstention ? Une recomposition ? Les questions se multiplient.
Marie-Pierre Vieu Membre de l’exécutif national du PCF, députée Front de gauche au Parlement européen Éric Coquerel Coordinateur du PG, député de la France insoumise Fanélie Carrey-Conte Conseillère régionale PS en Île- de-France Sandrine Rousseau Secrétaire nationale adjointe EELV

Être dans le champ de la transformation sociale

Il est besoin d’une gauche, j’en reste convaincue. Mais nous voyons bien que nous sommes dans un paysage mouvant, divisé, qui se décompose et se recompose à la fois. Nous venons d’assister à l’effondrement électoral du PS. L’ensemble de la gauche historique ressort affaiblie politiquement du scrutin. Je ne minore pas la capacité de résistance qu’attestent dans ce contexte le gain de nouveaux parlementaires communistes et l’importance de leur voix dans la future Assemblée. Mais cela ne doit pas nous empêcher de voir que nous sommes dans un entre-deux, où nombre de repères ont disparu et où rien ne sera plus comme avant. Dans cette situation, Emmanuel Macron avec En marche ! s’est fixé pour objectif d’achever la mue libérale d’une partie importante des forces socialistes, tandis que c’est Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise qui ont su capter l’aspiration profonde au renouveau sur les terrains d’une citoyenneté pleine et entière, de la redistribution sociale, de l’écologie ou encore de nouveaux rapports de forces européens et mondiaux…

Mes propos sont factuels et je me situe volontairement sur le champ de la transformation sociale, car je pense que le débat qui est devant nous est d’abord un débat de fond. La gauche est en train d’évoluer et de se reconstituer dans notre pays comme dans toute l’Europe, dans une diversité de démarches et d’expériences.

L’urgence de sortir de la pression intolérable des politiques austéritaires et sécuritaires y rend caduc le compromis social porté par le courant libéral (y compris le PS) qui a prévalu ces dernières décennies et est pour partie responsable de la crise politique et démocratique d’aujourd’hui. Cette urgence, nous devons la travailler, la légitimer, dans ses contenus, lui offrir un débouché. Est-il utopique de vivre dans un pays de l’égalité des droits contre les inégalités et les discriminations ? De faire de la lutte contre le réchauffement climatique une question d’intérêt général et vital ? De garantir dans un monde en perpétuel mouvement la protection des personnes humaines et la sécurisation de leur parcours professionnel et de vie ? Je ne le crois pas, mais, dès lors, cela nous engage à nous extraire de la compétition économique et à refuser le développement actuel du capitalisme. C’est bien cette conscience-là qui est en train de grandir, appelant à des solutions collectives et novatrices. Mon engagement communiste se nourrit de la conviction que nous avons beaucoup à apporter à ce combat. « Nous vivons le temps des révolutions ! » Il nous faut hisser la bataille politique et d’idées au niveau des révolutions d’aujourd’hui, dans les rapports de classe au travail, sur la place de la citoyenneté et de l’écologie, en répondant aux besoins tels qu’ils s’expriment et en aidant à leur donner une expression majoritaire. Je ne nous crois pas quitte avec l’échec du communisme du XXe siècle ; il continue à hypothéquer une partie de notre avenir. Il est donc une nouvelle fonction communiste à définir et un parti à réinventer.

Clémentine Autain a parlé d’un « big-bang qui appelle une refondation (de la gauche) ». Je partage ce constat. Nous ne sommes pas sur du circonstanciel, mais sur une lame de fond qui appelle chacune de ses familles à se transformer profondément. Je doute que le « dégagisme » puisse conduire à un rassemblement pérenne et qu’un nouveau monde va éclore en substituant une hégémonie à une autre. Les chemins de l’émancipation sont multiples, ils doivent le rester et converger pour construire un espoir commun.

Il faut créer de nouveaux outils politiques

Voici enfin achevé le cycle d’un quinquennat qui aura, à coups de renoncements et de ruptures assumées vis-à-vis des fondamentaux de la gauche, conduit à déstructurer la vie politique en général, et à profondément affaiblir la gauche en particulier. Dans cette atmosphère crépusculaire aura prospéré le macronisme, conjonction des faiblesses de ses adversaires, et aussi de son propre talent à unifier et à mettre en dynamique des forces et sensibilités libérales jusque-là éparpillées et parfois non assumées comme telles. La gauche, celle qui, dans les cinq années passées, s’était mobilisée contre les renoncements économiques, contre la loi travail, contre la déchéance de nationalité, celle qui avait tenté de montrer qu’un autre chemin était possible, n’a jamais pu trouver de débouché commun aux élections présidentielle et législatives. Et, si elle n’a pas disparu de l’Assemblée, elle est beaucoup plus affaiblie qu’elle ne l’aurait été si nous avions été unis. Surtout, elle voit se poser à elle le grand défi de la refondation. Comment la mener, et quelle est la gauche à venir que nous devons construire ? Il y a pour moi plusieurs impératifs. Avant tout, affirmer la volonté de construire du commun, se prémunir de la tentation des sectarismes. Nous commettrions une grave erreur à affirmer comme irréconciliables les visions portées par les sensibilités représentées à l’élection présidentielle par Jean-Luc Mélenchon et par Benoît Hamon et Yannick Jadot. S’il est certain que nous avons des différences et des désaccords, des ponts doivent exister pour permettre de réussir demain l’union que nous n’avons pas pu réaliser cette fois-ci.

Ensuite, retrouver impérativement le chemin des idées, pour stabiliser le nouveau paradigme qui doit servir de base à cette gauche à venir, et pour pouvoir ensuite le diffuser au sein de la société, en cette période de perte de repères idéologiques. Construire ce nouveau paradigme impose d’en définir le périmètre : assumer une rupture claire avec ce qu’a fondamentalement été le quinquennat de François Hollande, tout en affirmant une volonté d’exercer le pouvoir, d’aspirer à gérer effectivement les affaires du monde. Construire ce nouveau paradigme impose en outre de répondre à des questions auxquelles nul ne peut prétendre à gauche avoir aujourd’hui toutes les solutions : penser les mutations du monde de demain (évolutions du travail et de l’emploi, transition écologique…), construire les protections collectives qui doivent les accompagner, tout en apportant de vraies réponses (autres que les solutions de repli) aux perdants de la mondialisation, aux victimes du chômage et des délocalisations ; le tout, en refondant des institutions démocratiques tournant le dos aux logiques d’homme providentiel, au profit du pluralisme des pouvoirs et de la consécration de l’intelligence collective.

Enfin, au-delà des actuels partis, à mon sens dépassés, il faut créer de nouveaux outils politiques qui nous permettront de mener ce travail idéologique, de diffuser nos idées, de nous présenter demain à des élections non pas pour entretenir une rente de situation, mais pour mettre en œuvre notre projet de transformation sociale. Et faire vivre des liens permanents et durables entre l’engagement politique et les autres formes d’engagement, intellectuel, associatif, coopératif… Une longue perspective, mais nécessaire, et aussi enthousiasmante.

Construisons une plateforme commune

Quelle gauche, mais surtout quelle démocratie ? Deux défis se présentent à nous pour les prochains mois. Transformer notre démocratie pour éviter l’hégémonie mortifère d’un parti unique. Rendre plus efficace une gauche composée de différentes nuances. La démocratie d’abord. Les élections ont montré un besoin de renouvellement politique. Sans proportionnelle, ce renouvellement se fait par vagues successives qui balayent les précédentes. Mais le phénomène de vagues, de mouvements de foule ne satisfait pas les principes mêmes de la démocratie. Appeler le peuple aux urnes implique de définir une ligne politique, de s’y tenir, de construire. Que faire si les vagues se succèdent mais conduisent au même phénomène toujours : la construction de fiefs, l’apparition de nouvelles baronnies, l’absence de compromis nécessaire puisque la majorité est rendue absolue par le jeu de scrutins uninominaux ?

Nous n’aurions pas entendu le message envoyé par l’abstention ou les votes nul et blanc historiquement élevés si nous n’entamions pas comme première bataille la proportionnelle. Cette bataille est la mère de toutes les autres. Par la proportionnelle, toute la gauche aurait plus de sièges, elle pèserait bien davantage contre les projets de loi, pour les amendements, contre les dérives trop moutonnières d’une majorité qui ne connaît que son chef. Le premier ministre l’a évoqué. Pesons ensemble pour que la Ve république commence à vaciller.

Le second défi est celui de notre coordination. Que de temps perdons-nous à refaire le jeu des alliances à chaque élection ! Que d’énergie dépensons-nous à savoir s’il nous faut un accord ou non ou quel type d’accord ! Pendant que nous faisons cela, nous ne répondons pas à nos électeurs. Le nombrilisme de la gauche consiste à ne s’interroger que sur l’alliance qu’ils passeront ou non à leur doigt. Sortons de ceci par deux actes : d’abord, mettons en discussion entre nous nos incontournables. Pour nous écologistes, la sortie du nucléaire en fera partie. Comment se positionnent les autres partis de gauche là-dessus ? Quels sont les incontournables qui au sein des autres partis sont posés telles des barrières pour contrer les alliances possibles ? Sur la base de ces fondamentaux, construisons une plateforme commune. Puis passons un gentlemen’s agreement. Que faisons-nous pour les élections européennes, municipales, puis départementales ? Parlons-en maintenant pour ne plus en parler ensuite, tenons-nous à nos engagements et consacrons notre énergie à conquérir les électeurs et électrices. Alors la gauche écologiste progressera et finira par emporter le pouvoir et changer les choses.

Un mouvement naissant

Àl’issue de la séquence électorale, Emmanuel Macron dispose d’une majorité écrasante à l’Assemblée nationale. Elle pourrait pourtant se révéler rapidement de façade. Elle est en effet plus numérique que politique. Macron a été élu président de la République par défaut, pour contrer Marine Le Pen. Et c’est seulement 15 % des inscrits qui lui auront permis de disposer de sa majorité. L’abstention vaut-elle consentement implicite du programme présidentiel ? Je crois l’inverse. L’hyperprésidentialisation de la Ve République, revendiquée par l’hôte de l’Élysée, est en train de miner la démocratie parlementaire. À cela, les Français ont répondu par le bras d’honneur abstentionniste. Qui peut rapidement se transformer en poing levé. Mal élu, le quinquennat à venir pourrait bien être celui de la crise de régime. Et plus rapidement encore celui d’une révolte sociale de grande ampleur. Car, dès l’enfumage dissipé, viendra le temps concret des réformes. La volonté de passer par le coup de force d’ordonnances estivales, une loi travail XXL pourrait vite se retourner contre son auteur. Tout indique en effet que ce projet n’emporte pas plus l’adhésion des Français que la loi El Khomri.

Dans ce contexte, l’élection à l’Assemblée nationale de plusieurs dizaines de députés bien décidés à s’opposer sans barguigner au programme d’Emmanuel Macron est une bonne nouvelle. Minoritaire dans l’Assemblée nationale, le combat qu’ils y mèneront trouvera vite une audience majoritaire dans le pays. Il y a là la possibilité, et la nécessité, de voir naître un nouveau front populaire, politique, social et écologique.

La France insoumise a une responsabilité particulière dans ce moment. L’élection présidentielle a donné lieu en direct à une recomposition sans précédent du paysage politique. En marche ! a déstabilisé les deux formations institutionnellement majoritaires en puisant dans chacune d’elles les plus libéraux. De son côté, la France insoumise a objectivement réussi son pari. Le résultat des urnes, que ce soit à la présidentielle ou aux législatives, est là pour le confirmer. Ce mouvement naissant, aux formes duquel il faudra maintenant travailler puisque nous allons passer d’une campagne ponctuelle à la construction d’une force pérenne, a tous les moyens pour être le cadre de recomposition de notre espace politique au service de la révolution citoyenne. Je ne dis pas encore de « la gauche » tant le mot est à réhabiliter après un quinquennat qui l’a terriblement esquinté. Un cadre et non pas un parti, ni même un cartel de partis puisque c’est à partir de l’échec de cette formule, celle du Front de gauche, qu’il s’est lancé. Son succès s’appuie sur une fonction tribunicienne revendiquée, parfaitement assumée par Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle, un programme, « l’Avenir en commun », une méthode, l’implication citoyenne et l’éducation populaire, et la volonté d’utiliser tout le potentiel des réseaux sociaux. Son succès, c’est aussi celui de l’entrée en politique de toute une génération et de la mise en mouvement de beaucoup d’habitants des quartiers populaires sans laquelle aucune force progressiste ne deviendra majoritaire en France. Bien sûr, tout reste à développer, mais un pas décisif a été fait.

Pour ma part, je considère que la dynamique de la France insoumise est une chance à saisir pour tous ceux, organisés en parti ou non, qui cherchent depuis la campagne référendaire de 2005 à construire une nouvelle force. Je considère depuis 2007 que cette recomposition passe par le dépassement progressif et volontaire des structures anciennes. Ce n’est faire injure à personne, ni surtout aux idées que chacun de nos courants porte et qui gagneront en audience dans un mouvement de masse, de dire que le moment est venu de cette audace.

Marie-Pierre Vieu

Membre de l’exécutif national du PCF, députée Front de gauche au Parlement européen

Éric Coquerel

Coordinateur du PG, député de la France insoumise

Fanélie Carrey-Conte

Conseillère régionale PS en Île- de-France

Sandrine Rousseau

Secrétaire nationale adjointe EELV

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Quand la précarité fait des victimes, comment vivre sereinement ?

Posté par jacques LAUPIES le 24 juin 2017

 

Ce qui me révolte au quotidien est de savoir que des familles soumises à ne recevoir que pour seule ressource des prestations sociales ne voient pas leur situation changer et qu’elles sont tributaires d’un fonctionnement de plus en plus incertain des organismes sociaux. De ces caisses qui doivent prendre en compte leur  modification  de situation.

Ainsi une mère de famille divorcée qui se voit confier la garde de l’un de ses enfants jusque la accordée au père va devoir procéder à des démarches dont la durée va la priver un temps des prestations auxquelles elle va prétendre (allocations familiales, aide au logement, etc.)

Pour peu que ses dépenses soient aggravées par un incident quelconque (facturation d’eau, d’électricité, évènement familial imprévu dans la vie scolaire des enfants : transport scolaire, cotisations pour des activités sportives, de loisirs par exemple) et c’est le désastre : nourriture, habillement, entretien sont pénalisés.

On pourrait citer de multiples autres situations (jeunes de moins de 25 ans, sans formation, sans ressource, à charge de parents parfois chômeurs ou disposant de petits salaires, retraités disposant des minima qui ne peuvent couvrir le logement, les charges courantes et la nourriture)

Mais ces situations extrêmes, nombreuses, n’ôtent pas tous les aléas qui frappent des familles disposant de revenus stables qui voient de plus en plus soumises à la non prise en charges des soins, à l’accompagnement des enfants scolarisés ou en formation (mineurs ou majeurs) qu’il faut aider à vivre décemment (mission quasi impossible pour les familles à revenus modeste)

Alors pour palier ces carences nous entendons aux heures d’écoutes les plus forte des journalistes, des économistes de pacotille, nous expliquer que tout cela ne peut être solutionné car la dette, la concurrence internationale prive l’état, mais surtout les entreprises (et leurs actionnaires) des développements et ressources nécessaires permettant d’augmenter les cotisations sociales et, qu’au contraire, il faut les réduire – pour donner du pouvoir d’achat aux uns – en faisant payer les autres avec une CSG augmentée.

Retraités à plus de 1200 € mois vous allez payer. « Bien fait pour la gueule de ceux, de notre condition, ont fait campagne pour Macron » me dit un ami qui ne peut se payer diverses prothèses pour voir, entendre et mordre !

Evidemment il y a toute la faune de ceux qui se targuent d’être de la classe moyenne, qui ont pu, par héritage ou par précaution, accéder à la rente (bailleurs de tradition ou de circonstance) et qui, au soir de l’élection du député macroniste du coin, ont bu le champagne. Pauvres héritiers, parfois,  des trente glorieuses pour qui la politique est devenu une distraction passagère où l’on gobe sans penser à ce que l’on avale !

Alors le SDF a qui l’on donne la pièce, la mère de famille a qui l’on ne donne rien et à qui l’on reproche de trop bien habiller ses enfants, et qui rame pour avoir ses allocations, qu’ont ils à en faire ? Mais après tout ils ont l’excuse de ne pas toujours comprendre – ces moins pauvres – ce qui n’est pas le cas du commentateur des plateaux de télévision qui nous prend pour des cons !

Comment vivre sereinement quand un tel spectacle nous est imposé ?

 

Solidarité. La diète sans précédent des prestations sociales sous Hollande-Macron

Sébastien Crépel
Vendredi, 23 Juin, 2017
L’Humanité
Quand la précarité fait des victimes, comment vivre sereinement ? dans POLITIQUE<img src= »http://img.humanite.fr/sites/default/files/styles/abonnez_vous/public/images/inegalite_afp.jpg?itok=KIWbnaGQ » alt= »" title= »" />

La faible croissance des prestations sociales en France, s’inscrit dans une tendance similaire à l’oeuvre en Europe. (Photo AFP)

Une étude parue jeudi montre que les « mesures de maîtrise des dépenses » publiques décidées ces dernières années, couplées au mécanisme de revalorisation basé sur l’inflation, sont la cause d’un ralentissement inédit du niveau des prestations sociales.

Cela pourrait avoir l’apparence d’une bonne nouvelle. Le signe que les Français vont mieux après la crise de 2008 et qu’ils ont donc moins besoin de prestations sociales. En réalité, il n’en est rien. Le coup de frein sans précédent « depuis 1959 » constaté sur les dépenses sociales en France en 2015, selon une étude publiée jeudi par la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), un service interministériel, concerne tous les domaines de la protection sociale et pas seulement les aides aux plus démunis : retraites, santé, famille, logement, invalidité, accidents du travail et maladie professionnelle. À cela, deux causes principales sont identifiées par la Drees : la faible inflation, qui limite la revalorisation des prestations et pensions indexées sur la hausse des prix et non sur les salaires. Mais aussi les « mesures de maîtrise des dépenses », en clair : les plans d’austérité qui coupent dans les politiques publiques.

Le ralentissement est général, avec une progression des dépenses sociales limitée à 1,6 % en 2015, constate la Drees. Une rupture avec les années précédentes, puisque le rythme annuel de croissance était de l’ordre de 2,6 % depuis 2010, et même de 4,4 % les dix ans auparavant. Pour l’économiste de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) Henri Sterdyniak, membre des Économistes atterrés, cela « n’a rien à voir avec une analyse fine des besoins de la population. Avec la crise de 2008, les régimes de protection sociale ont été déficitaires. Les gouvernements ont accepté cela un moment, mais la grande idée désormais, c’est de revenir à l’équilibre en ponctionnant les prestations sociales ».

Principale composante de ces prestations en France, celles dites de « vieillesse-survie » (45,6 % du total, soit 320 milliards d’euros), qui incluent les pensions de retraite et la prise en charge de la perte d’autonomie, ont progressé de 1,6 % en 2015, contre 2,8 % par an en moyenne entre 2010 et 2015. Un ralentissement dû à un nombre de départs à la retraite en recul de « plus de 49 000 par rapport à 2014 du fait de la réforme de 2010 » qui repousse progressivement l’âge de départ de 60 à 62 ans, indique la Drees. Mais aussi à la revalorisation des pensions « très faible en 2015 » (+ 0,1 %), du fait de l’inflation quasi-nulle. Conséquence, le montant de la pension moyenne stagne en France à 1 376 euros pour l’année 2015. « D’un côté, on reporte l’âge de la retraite sans tenir compte de l’évolution du marché du travail pour faire des économies. De l’autre, on accroît la surveillance des chômeurs. C’est un mouvement général mené au nom de la réduction des dépenses publiques et sociales, alors qu’il faudrait faire le contraire, relancer l’activité plutôt que contraindre les dépenses », estime Henri Sterdyniak.

« Un déficit causé artificiellement par la volonté politique »

Autre poste de dépenses sous pression, « les soins pris en charge par l’assurance-maladie et par l’État, qui représentent environ les trois quarts du risque maladie (soit 150 milliards sur 200 milliards – NDLR), ont progressé de 2,2 % », contre 2,7 % en 2014, poursuit la Drees. La baisse du prix des médicaments et le recours grandissant aux génériques y jouent une part. Mais d’autres causes ont des incidences sur la qualité du système de soins, comme la forte mise à contribution du secteur public hospitalier, tant en termes de rythme de progression des prestations, en recul de 0,9 point, que de la masse salariale des agents, dont la courbe subit un fort tassement (+ 1,5 % en 2015, après + 3,1 % en 2014). « Cette politique est intenable, dénonce la sénatrice PCF-Front de gauche Laurence Cohen, qui a rejeté avec ses collègues communistes les derniers budgets de la Sécurité sociale et leur fameux Ondam (Objectif national d’évolution des dépenses d’assurance-maladie). Le personnel hospitalier est en souffrance, des patients renoncent à des soins faute de moyens. Il n’y a pas d’un côté ceux qui seraient attentifs à la dépense publique et de l’autre ceux qui ne le seraient pas, le problème est celui d’une politique à courte vue qui, à terme, coûte cher à la collectivité par la dégradation de la qualité des soins qu’elle produit. » La politique familiale a, quant à elle, subi un véritable coup d’arrêt : les dépenses ont été pratiquement gelées (+ 0,2 %) en 2015, après une progression de 2 % en moyenne entre 2010 et 2015. « En particulier, souligne la Drees, les allocations familiales diminuent pour la première fois depuis 2011 (-2,4 % en 2015) », du fait de leur mise sous condition de ressources. Idem pour la prestation d’accueil du jeune enfant (Paje), en baisse de 4,2 %. Les dépenses d’allocation-logement ont connu elles aussi un coup de frein, avec une évolution en retrait (+ 0,8 % après + 1,6 % en 2014) et même un nombre de bénéficiaires en baisse en 2015 (- 0,3 %) en dépit de la crise du logement et de la cherté des loyers…

Pour l’économiste de l’OFCE, ce mouvement global d’appauvrissement devrait malheureusement « se poursuivre ». « Le niveau de vie des familles va continuer à baisser, celui des retraités pareil, avec l’accord sur les régimes complémentaires qui diminue leur pouvoir d’achat » et la hausse de la CSG à venir.

Un autre signal inquiétant figure dans le dernier rapport annuel du Conseil d’orientation des retraites (COR), qui sonne l’alerte cette semaine sur une brutale dégradation des comptes des régimes de retraite par rapport à ses prévisions antérieures, avec un problème de déficit courant désormais jusqu’à au moins 2040, contre 2025 envisagé précédemment. Or, si un manque à gagner apparaît, c’est parce que le COR a intégré comme une donnée dans ses prévisions « l’objectif politique d’abaisser rapidement et fortement la part des recettes du système de retraites dans le PIB », a révélé mercredi le rédacteur en chef d’Alternatives économiques, Guillaume Duval. « C’est un scandale total, le COR se ridiculise, s’insurge Henri Sterdyniak. Il part de l’hypothèse que la part des salaires dans la valeur ajoutée va baisser, que le nombre de fonctionnaires va diminuer et que, dès lors, les cotisations diminuant, le système sera en difficulté. » Un « déficit causé artificiellement par la volonté politique » de fragiliser le système, dénonce Guillaume Duval. Et qui permet d’occulter le principal problème des années à venir : celui du taux de remplacement – c’est-à-dire du niveau des pensions par rapport aux salaires – qui pourrait chuter à 55 % pour la génération née en 2000, selon le COR, contre 75 % pour celle née en 1940.

journaliste

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En quoi consistent les obscurantismes ? À trouver des réponses courtes et simplistes à des questions difficiles.

Posté par jacques LAUPIES le 23 juin 2017

J’avais relevé cette phrase, inscrite dans l’entretien qui suit ! Celui qui l’avait prononcée vient de disparaître. J’ai toujours été fier en tant que communiste de citer, dans mes discussions, l’appartenance de tel ou tel grand intellectuel à notre parti. Non par ce snobisme dont on pourrait faire preuve pour prouver que le communisme à toutes les raisons politiques de s’en vanter « pour faire bien » mais surtout parce que cette appartenance  a à voir avec la pensée la plus élaborée de notre temps et rappeler que des scientifiques, des créateurs, des artistes reconnus qui font progresser l’humanité, servent notre réflexion. Et qu’ils n’excluent pas de  leur recherche ce lien indispensable avec une démarche qui vise à transformer les rapports sociaux. Les scientifiques témoignent ainsi que la politique, tout comme la philosophie, doit nécessairement garder ce lien avec la recherche théorique la plus élaborée. En un mot qu’elle doit – être à l’écoute.

Cependant force est de constater que ce n’est pas là un rapprochement mécanique et que de nombreux autres facteurs favorisent ( ou gênent ce lien)

Si depuis sa naissance le concept communiste, en France en particulier, a toujours « attiré » nos plus grands génies des arts et de la littérature cela va de pair avec le rôle et l’influence historique de ce concept à l’échelle universelle mais aussi avec l’action de millions d’hommes qui lui ont donné un visage concret : à la pointe des combats émancipateurs pour se libérer de l’esclavage, du colonialisme, de l’exploitation qui en était le fondement, comme elle ‘est le fondement des inégalités sociales et des conflits guerriers qu’elles engendrent.

Dès lors que la bourgeoisie s’est emparée des erreurs, des fautes, commises par les communistes du monde entier, dans des expériences souvent difficiles, que bien entendu cette bourgeoisie a contribué à contrarier, à empêcher même, le doute s’est installé partout, parmi le peuple et y compris dans leur composante intellectualisée.

Disposant d’énormes moyens de communication de médiatisation, cette bourgeoisie (avec ses spécificités nationales) a contenu ce rapprochement naturel entre le monde de la recherche et celui des courants progressistes, sans pour autant l’effacer.

Mais le frein est réel et se constate souvent au travers de l’autocensure, des transferts idéologiques, pratiqués par nombre de penseurs, aussi éminents soient ils. Il n’est pas rare, quand ils ne se prêtent pas eux même au jeu de l’anticommunisme, de les voir instrumentalisés, flattés, récupérés.

Parallèlement au jeu qui consiste à faire prévaloir l’obscurantisme dont sont généralement porteuses les religions et les courants teintés d’idéalisme philosophique,  avec la  publicité qui accompagne leurs pseudo créatifs qui s’en réclament, il faut faire œuvre de grande curiosité pour trouver dans les médias ce qui nous ramène à la rationalité, aux lumières et disons le tout de go : au marxisme que l’on s’emploi à dénigrer sans en débattre, à « dénaturer », à présenter en dogme plus tôt qu’en méthode scientifique.

Cela évidemment frappe les couches dites « supérieures » de la société, celles qui ont pour fonction de transmettre, d’éduquer, de défendre même des populations à qui elles communiquent un abaissement général de leur capacité de réflexion.

Les désastre que constitue le fait de donner un pouvoir de légiférer à ces catégories, n’est pas étranger à leur marginalisation, tant économique et  sociale, que culturelle et politique !

Si nous ne pouvons de ce fait nous passer du savoir de ces élites intellectuelles qui ont accompagné nos combats politiques, à leur tour les nouvelles générations qui émergent doivent comprendre qu’elles ne peuvent ignorer les luttes sociales et populaires à l’image de celui qui vient de nous quitter.

 

 

 

Laurence Mauriaucourt
Jeudi, 22 Juin, 2017
Humanite.fr
En quoi consistent les obscurantismes ? À trouver des réponses courtes et simplistes à des questions difficiles. dans POLITIQUE
Jean-Pierre Kahane, ici à la journée de rentrée des cinq Académies en 2014, est décédé à l’âge de 90 ans. (Capture d’écran)

C’est avec tristesse que nous venons d’apprendre le décès de Jean-Pierre Kahane, mathématicien, membre de l’Académie des Sciences, chercheur, enseignant, communiste. Il avait 90 ans. 

« Je perds un camarade et un ami, la France perd un homme des Lumières », c’est ainsi que le secrétaire national du Parti communiste conclut un hommage rendu à Jean-Pierre Kahane dans un communiqué à la presse. « C’est en militant que Jean-Pierre Kahane cherchait et enseignait, c’est en chercheur et en enseignant qu’il militait », s’émeut Pierre Laurent, rappelant que pour cet homme académicien engagé « la vulgarisation, le partage des connaissances, fait partie de la mission scientifique ». Et le responsable du PCF de souligner encore que « l’enseignement des mathématiques n’était pas selon lui un exercice de rigueur, mais, reprenant l’expression de Condorcet, un exercice pour « développer l’imagination sans l’égarer ». « Il faut voir des mathématiques en rêve pour bien les apprendre », insistait-il. »

Pierre Laurent montre l’ancrage de Jean-Pierre Kahane dans son temps : « Son attachement au communisme, au Parti communiste, était égal à son attachement à la lutte contre l’obscurantisme qui consistait, selon lui, « à trouver des réponses courtes et simplistes à des questions difficiles ».  « Le progrès des sciences est déjà impressionnant, sachons le transformer en un progrès d’avenir pour toute l’humanité », disait Jean-Pierre Kahane.

L’Académicien vivait et militait dans le 5e arrondissement de Paris. La section locale du PCF est, elle aussi très affectée par sa disparition : « Jean- Pierre, ce jeune homme de 90 ans, fondateur et président de l’université de Paris 11orsay, après 1968, habitant du 5è à Paris, nous aimions tellement ses fréquentes apparitions lors de toutes nos initiatives. Sa parole  pleine de sens politique aigu guidait chacun de nous. Il était très attaché à la vitalité de notre parti.  Petite anecdote, il s’est illustré en héros lors de la campagne électorale de Lorraine Questiaux, prenant la parole en plein débat à l’ENS où nous avions été exclus alors que le FN pour la première fois à l’ENS était invité.  Nous l ‘aimions, il va nous manquer ».

Les hommages de Pierre Laurent, Catherine Mills, Denis Durand… 

Catherine Mills et Denis Durand, co-directeurs de la revue Economie et politique voient qu’ « avec Jean-Pierre Kahane, c’est une grande figure de la science et du combat pour une nouvelle civilisation qui disparaît ». « Nous gardons un très vif souvenir de l’attention que notre camarade portait aux effets de la recherche scientifique dans la société et aux conditions économiques de son développement. Il avait eu l’occasion de donner à Economie et Politique des contributions marquantes sur ce sujet. Nous nous inclinons devant sa mémoire et nous exprimons toute notre sympathie à ses camarades et à ses proches », soulignent les deux économistes.

En octobre dernier, Un grand entretien était paru dans l’Humanité. Jean-Pierre Kahane, interrogé par la journaliste Anna Musso, y analysait les liens entre science, société et politique. Il nous livrait des pistes pour améliorer leur synergie dans une démarche progressiste.

Paru le 12 octobre 2016, nous le republions ici dans son intégralité.

Réchauffement climatique, pénurie de nouveaux antibiotiques, révolution numérique galopante, déploiement des bio et nanotechnologies, dilemmes éthiques… Comment relever les défis majeurs actuels et futurs aux niveaux national et international lorsque science, société et politique semblent en divorce ? Comment réussir en l’absence d’une volonté publique forte et sous la pression de coupes budgétaires ? Comment renouer le dialogue entre citoyens, chercheurs et décideurs pour inscrire le progrès scientifique et technique dans une voie de progrès pour toute l’humanité ? Éclairer le grand public, débattre, encourager les scientifiques à sortir de leurs laboratoires, coopérer entre les pays et surtout, surtout se faire entendre par le monde politique et le convaincre d’agir dans une démarche progressiste… telles sont quelques-unes des entreprises initiées la semaine dernière par l’Académie des sciences pour son 350e anniversaire.

Réunis au Louvre, à Paris, une soixantaine de représentants d’académies des sciences du monde entier se sont engagés, dans une déclaration commune, à réinvestir l’éducation et à contribuer au bien-être de l’humanité. Une démarche prolongée, sous diverses formes, cette semaine par la 25e édition annuelle de la Fête de la science, destinée à favoriser les échanges entre chercheurs et citoyens. Un événement important selon le mathématicien, académicien des sciences et militant communiste Jean-Pierre Kahane (*), qui insiste sur l’urgence de tisser de nouveaux liens de confiance entre science et société.

Que pensez-vous de la Fête de la science qui se déroule en ce moment en France ? Ce rendez-vous annuel est-il suffisant pour créer du lien entre scientifiques et citoyens ?

Jean-Pierre Kahane - La Fête de la science est importante pour deux raisons : elle attire l’attention du grand public, des jeunes et des médias et elle oblige les scientifiques à sortir de leur coquille pour transmettre leur savoir ! Aujourd’hui, les chercheurs savent que la vulgarisation, le partage des connaissances, fait partie de leur mission scientifique. Ce qui n’était pas le cas il y a trente ans : le terme de vulgarisation était mal perçu par la communauté scientifique, nous pouvions, à la rigueur, parler de « popularisation » des sciences. S’interroger sur les liens entre science et société n’était pas une préoccupation professionnelle. À ma connaissance, c’est la Société européenne de mathématiques, dans les années 1990, qui a été la première à en faire un thème de congrès. La fête annuelle de la science est insuffisante, bien sûr, mais elle ouvre la voie vers une multitude d’initiatives qui créent du lien entre science et citoyens. Je pense aux portes ouvertes des musées et laboratoires, aux conférences grand public, aux nouveaux livres de vulgarisation scientifique, au festival international des jeux de mathématiques à Paris…

L’Académie des sciences, dont vous faites partie, célèbre son 350e anniversaire. À cette occasion, 58 académies des sciences du monde ont signé une déclaration commune pour « exprimer leur détermination à travailler au sein de la société ». Comment considérez-vous ce texte ?

Jean-Pierre Kahane - J’aime le titre de ce manifeste, « Science et confiance », à contre-courant de l’atmosphère générale qui serait plutôt « Science et méfiance ». Dans son article du 6 octobre dans l’Humanité Dimanche, le secrétaire perpétuel de l’Académie des sciences, Catherine Bréchignac, développe les raisons du divorce entre la société et la science. Par la signature de cette déclaration commune, les 58 représentants d’académies des sciences affirment l’importance des liens entre science, société et politique et s’engagent à les renouer. La dernière phrase du manifeste en est l’expression : « Les académies des sciences réunies renouvellent leur confiance dans l’éducation et dans la capacité de la recherche scientifique à contribuer au progrès de l’humanité. »

Cette déclaration insiste sur la lutte contre « les obscurantismes », est-il particulièrement nécessaire de mener ce combat en période électorale ?

Jean-Pierre Kahane - C’est très important, dans tous les pays et quelle que soit leur situation politique. L’obscurantisme est une arme électorale quand la politique disparaît de la pensée commune. On en voit un exemple avec les élections américaines. Toute la campagne de Trump est fondée sur l’obscurantisme ! Il dit n’importe quoi, mais toujours en rapport avec des préjugés ou des fausses sciences. D’ailleurs, aux États-Unis, on enseigne toujours le créationnisme dans les écoles… En quoi consistent les obscurantismes ? À trouver des réponses courtes et simplistes à des questions difficiles. Il existe une bataille mondiale entre l’obscurantisme et les Lumières et l’erreur, plus facile, plus flatteuse, plus diverse, arrive souvent avec une longueur d’avance dans l’opinion. Or, les fausses croyances empêchent la société d’avancer sur des questions urgentes : je pense au réchauffement climatique, mis en évidence dès les premiers rapports du Giec… et dénigré par certains.

Communiste depuis toujours, comment votre parcours militant influe-t-il sur votre conception de l’enseignement des mathématiques et leur rôle dans la cité ?

Jean-Pierre Kahane – Je suis communiste depuis soixante-dix ans, j’ai adhéré au PCF le jour de mes 20 ans. Je venais d’entrer à l’École normale supérieure pour faire des mathématiques. Mon père était communiste, j’ai toujours vécu avec ces valeurs, j’ai lu le Capital pendant l’Occupation… C’était donc une adhésion à la fois affective et réfléchie. J’étais seul de ma promotion à être communiste mais il y avait des camarades remarquables dans toutes les disciplines et un mouvement syndical fort qui montait. Par la suite, j’ai élargi mon horizon, y compris ma vision des mathématiques, du fait de mon engagement politique. Enseigner, partager, cela faisait partie de mes devoirs. Les mathématiques doivent constituer un entraînement de l’esprit. Il est très important de les enseigner de façon accessible, ludique, intéressante. Condorcet voulait qu’on les enseigne aux très jeunes enfants. Je cite, de mémoire, l’une de ses belles formules : « Les chiffres et les lignes parlent plus qu’on ne le croit à leur imagination naissante et c’est un moyen sûr de l’exercer sans l’égarer. » L’important pour un professeur est d’avoir comme objectif de développer l’esprit des enfants. Et Condorcet ne parle pas de les exercer à la rigueur, il insiste : « développer l’imagination sans l’égarer ». C’est bien plus créatif, joyeux et épanouissant que d’appliquer des règles à la lettre, sous le joug de la sévérité ou de la punition ! Il faut voir des mathématiques en rêve pour bien les apprendre.

Concernant les sciences, sont-elles suffisamment valorisées en France ?

Jean-Pierre Kahane – En sciences, on ne peut pas, on ne doit pas, chercher à tout apprendre, l’essentiel est de faire sentir qu’en mettant son esprit en branle sur un problème, on commence à avoir prise sur une quantité de concepts et de méthodes. Paul Bert, théoricien de l’enseignement, s’attachait à l’éducation des sciences dès le primaire dans un certain ordre : les sciences naturelles, la physique et les mathématiques. Pourquoi ? Les premières serviraient aux agriculteurs, la deuxième aux artisans, les dernières aux commerçants, et au final à toute la société… Mais la raison fondamentale est qu’en acquérant des notions scientifiques, « les enfants exerceraient la discipline de l’intelligence »… et seraient donc beaucoup moins sujets aux superstitions et aux préjugés ! Les sciences développent l’esprit critique. J’aimerais que cet idéal des fondateurs de l’enseignement public refasse surface. En effet, à l’heure actuelle, on ne pourvoit pas tous les postes d’enseignement et on emploie des vacataires, des personnels temporaires pas du tout formés. La solution serait le prérecrutement des enseignants et un objectif à venir serait un prérecrutement universel : un salaire étudiant se justifierait parce que c’est une tâche sociale d’acquérir les connaissances accumulées et de les transmettre. Concrètement, le prérecrutement garantit un salaire pour l’existence, les jeunes sont sûrs d’avoir un métier au sortir de leurs études. Et la garantie de l’emploi est le meilleur facteur de mobilité. Ensuite, concernant l’enseignement, il manque une orientation générale qui résulte du lien entre les sciences et la société. Par exemple, en biologie, la boussole serait l’histoire de la biologie et la théorie de l’évolution, et pour la physique-chimie, la théorie atomique… De façon générale, il s’agirait pour les enseignants de lier le métier et la conscience sociale afin que professeurs et élèves s’entendent sur des repères et partagent une ambition commune.

Justement, quel est le rôle de l’Académie des sciences vis-à-vis des citoyens et des politiques ?

Jean-Pierre Kahane - Celui de l’Académie est de maintenir la boussole de la recherche sans cadre ni limite. Actuellement, il faut bien qu’elle prenne le relais du Comité national de la recherche scientifique, jeune et représentatif, mais tenu en laisse par les gouvernements récents. Ce n’est pas son rôle historique, l’Académie des sciences a été créée en tant qu’Académie royale des sciences afin de conseiller les autorités pour l’exécution de tous les travaux importants aux XVIIe et XVIIIe siècles.

À l’époque, les scientifiques étaient donc sollicités et entendus par les politiques ?

Jean-Pierre Kahane - Oui. Mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. À l’origine, les monarques n’étaient pas indifférents au développement scientifique et technique. Même Louis XVI s’intéressait à la serrurerie… et c’est bien ce qu’il y avait de meilleur en lui !

Actuellement, la volonté politique et les moyens sont-ils à la hauteur pour mener des travaux scientifiques et contribuer à des progrès dans la société ?

Jean-Pierre Kahane – Non, ils ne sont pas suffisants. S’il y a des domaines où les autorités ont fait des efforts, je pense au Cern, le Centre européen de recherche nucléaire, qui a permis des découvertes comme celle du boson de Higgs, il manque une plus forte coopération entre la science et les citoyens, souvent peu ou mal informés, pour pousser les gouvernements à fournir les moyens. Et ce ne sont pas des superstructures imposées par le gouvernement, comme le Comue sur le territoire de Saclay d’Orsay, qui feront avancer la recherche fondamentale : leur conseil d’administration n’est pas occupé en majorité par l’université mais par les écoles soumises à des règles ne leur autorisant pas une liberté complète de recherche. S’il est utile que les universités aient le souci des applications et travaillent avec les industries, les travaux scientifiques ne peuvent et ne doivent pas être dirigés par le privé. Par exemple, une politique publique du médicament est une urgence en face des abus scandaleux qui se pratiquent dans les industries pharmaceutiques. Nous sommes face à des enjeux mondiaux avec le réchauffement climatique, la sécheresse ou les inondations selon les pays. Si le sujet était mis à l’étude au plan mondial et entraînait un mouvement international, ce serait un bon exemple d’union entre sciences, société et politique. Il faudra d’énormes moyens pour traiter les urgences et y faire face, et la volonté politique est à créer. Mais l’avenir n’est pas fait uniquement des urgences prévisibles. Le progrès ne résulte pas seulement de la réponse aux questions posées. Le rôle historique de la science est de dégager des voies nouvelles par une exploration sans fin de tout de qui nous entoure, sans souci au départ d’applications. Le temps des grandes découvertes n’est pas révolu, heureusement pour l’humanité, et nous avons à lui frayer la voie. Le progrès des sciences est déjà impressionnant, sachons le transformer en un progrès d’avenir pour toute l’humanité.

L’hommage d’Amar Bellal,  rédacteur en chef de La revue Progressistes (science, travail et environnement)

« Tristesse aujourd’hui en apprenant le décès de notre ami Jean Pierre Kahane. C’était une nouvelle que nous redoutions tous car nous savions son état de santé fragile. Jusqu’à ses dernières années, et malgré son âge avancé, il a été décisif pour le lancement d’importants projets pour le PCF. Un des souvenirs qui m’a forcément le plus marqué, c’était il y a 5 ans, presque jour pour jour, juin 2012, j’osais l’appeler au téléphone, ma voix un peu tremblotante, pour lui demander son soutien dans le lancement d’une nouvelle revue dont on avait pas encore choisi le nom, ni le format. Nous nous connaissions déjà car j’étais candidat aux législatives dans son arrondissement, et avions longuement discuté des sujets qu’il affectionnait tant : les sciences, le progrès, l’écologie et sur la nécessité de donner des outils de compréhension aux militants sur tous ces enjeux… Au téléphone, ce soir là, après un long silence, il me signifia qu’il acceptait de soutenir le lancement de cette nouvelle publication et acceptait d’en être le directeur, en m’avertissant immédiatement que ce n’était qu’un soutien et qu ‘il ne pourra pas beaucoup nous aider, pour reprendre ses mots ce soir là « je veux bien t’épauler en quelques sorte..t’aider…mais je ne peux faire plus, ne compte pas trop sur moi pour le reste ». Evidement sur ce dernier point,  l’avenir a démontré tout le contraire, puisqu’il a activement participé à l’élaboration de la revue Progressistes, écrit et suscité par son initiative nombres de collaborations avec les plus grands scientifiques de France, pour écrire dans la revue. On n’a d’ailleurs jamais su d’où il pouvait tirer toute cette énergie, cette vivacité intellectuelle, c’était tout simplement incroyable. Notre relecteur, Jaime, m’avouait il y a peu qu’il était frappé en relisant les textes de Jean Pierre de leur quasi perfection, il n’y avait rien à corriger ni à reformuler : tout était dit en peu de mot, et bien dit. Oui cela faisait du bien d’écouter Jean Pierre mais aussi de le lire. Jean Pierre va vraiment nous manquer, et nous allons nous efforcer d’être à la hauteur de son exemple ».

Journaliste

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Ouf il y aura bien un groupe communiste ! Et il va falloir les soutenir…

Posté par jacques LAUPIES le 22 juin 2017

J’évoquais hier notre dernière discussion de Section au cours de laquelle les participants étaient préoccupés par toute tentation qui aurait pu conduire à ne pas constituer un groupe communiste à l’Assemblée Nationale. Une préoccupation qui trouve une issue positive comme le souligne le texte suivant recueilli dans le site de l’Humanité.

Non seulement, un groupe,  c’est se donner des moyens supplémentaires mais surtout, et c’est bien là l’essentiel comme nous le disions hier, de traduire devant l’assemblée les aspirations des français selon une vision qui relève de la spécificité du combat des communistes. Il ne faut en effet pas la moindre ambiguïté devant notre peuple sur ce point.

Cela n’exclut pas l’alliance avec TOUTES les forces se réclamant d’une rupture forte avec la politique annoncée par la majorité de Macron, laquelle trouve des échos au sein de la droite qui veut collaborer avec le Président et se met en même temps en réserve avec une partie d’entre elle pour des politiques encore plus réactionnaires. Et ne manquera pas de clins d’œil venant de forces sociale démocrate divisée et hésitante à se joindre au combat de la vraie gauche.

Pour ce qui nous concerne nous avons fait une campagne forte pour les élections présidentielles en faveur du candidat choisi par les communistes : JLM. Bien que nous ayons considéré qu’une autre voie était possible, nous nous sommes battus dans un contexte difficile pour rassembler autour de cette candidature y compris en prolongeant ce combat pour les législatives en faveur du candidat de la France Insoumise puisque n’ayant pu le faire pour une candidature des forces de gauches anti austérité. Une candidature que les communistes auraient pu incarner et offrir ainsi un député de plus au groupe qui vient de se constituer.

L’heure n’est cependant à des « si » à qui l’on peut toujours faire dire ce qui nous convient ! Certains ne vont pas s’en priver pour justifier une capitulation aux législatives qui risque de couter cher à leur ambition politique. Grand bien leur fasse !

L’heure est à rassembler toutes les forces qui dans cette circonscription, touchée fortement par le chômage, les bas salaires, la précarité, se sont rassemblées autour de la candidature de la France Insoumise avec laquelle nous avons apporté une contribution déterminante.

Pour cela un impératif  : renforcer dans les entreprises et dans les quartiers populaires où nous sommes influents, notre organisation politique.

Notre Section devra donc en appeler à la mobilisation de tous ceux qui ont montré que nous existions par le  vote mais aussi par l’abstention de ces travailleurs, de ces retraités, de certains de ces « précaires » soumis à des minimas sociaux, de ces jeunes souvent sans ressources, qui ont perdu confiance, détournés du vrai combat de classe par des couches sociales minoritaires, parfois qualifiées de « supérieures » dont les représentants sont prêts à vendre leur âme parée du discours pseudo républicain et parfois pseudo révolutionnaire. Des couches qui se perdent dans le flou et le marécage du discours petit bourgeois de droite ou de gauche !

Il est grand temps de se ressaisir et de revenir aux fondamentaux auxquels nombre de communistes (pour ne pas dire tous) n’ont pas renoncé et sont prêts à remettre en lumière.

C’est d’une urgence extrême et passe par le reconstruction du parti révolutionnaire pour laquelle nous voulons oeuvrer, dans  un débat serein, mais avec une rigueur idéologique susceptible d’être comprise par les plus faibles, les plus démunis, et tous ces salariés frappés directement dans leur famille et leur entourage par un amoindrissement de leurs ressources, de leur sécurité sociale, de menaces pour la paix. 

Eux n’ont pas besoin d’un dessin et ont toute capacité, motivation et intelligence pour comprendre nos propositions, les amender, les élaborer avec nous et se doter d’une stratégie sans faille.

Jacques LAUPIES – Secrétaire Section PCF de Tarascon

 

 

 

Les 11 élus PCF et 4 ultra-marins forment un groupe autonome à l’Assemblée

Mercredi, 21 Juin, 2017
Humanite.fr
Le député communiste du Puy-de-Dôme, André Chassaigne, a mis fin au suspense : les élus PCF et 4 députés ultra-marins forment un groupe autonome à l'Assemblée. (Photo Archives Humanité)
Le député communiste du Puy-de-Dôme, André Chassaigne, a mis fin au suspense : les élus PCF et 4 députés ultra-marins forment un groupe autonome à l’Assemblée. (Photo Archives Humanité)

Les onze députés communistes élus et réélus dimanche ainsi que quatre députés ultra-marins formeront un groupe indépendant à l’Assemblée, a annoncé André Chassaigne. 

C’est lors d’un point presse organisé cet après-midi à l’Assemblée, que le député du Puy-de Dôme, André Chassaigne a mis fin au suspense : « Nous avons effectivement 15 députés en mesure de créer, de prolonger le groupe de la Gauche démocrate et républicaine » a affirmé l’élu communiste. Le groupe GDR créé lors de la précédente législature, comptera dans sa version 2017  « 11 députés communistes, ainsi que quatre ultramarins qui ont été réélus », a déclaré le député. Si l’union technique avec les 16 élus de la France insoumise n’a pas été l’option retenue, « la priorité des priorités, c’est ce qu’on pourra faire avec le groupe des Insoumis », a néanmoins poursuivi André Chassaigne, désireux d’apaiser l’ambiance, tandis que le gouvernement et les ministères se préparent à gouverner par ordonnances.  « Pas de divergence mais des convergences » entre PCF et France insoumise, c’est ce qu’a appelé de ses vœux le porte-parole du groupe GDR au Palais-Bourbon.

Sur son compte Facebook, Eliane Assassi, la présidente du Groupe Communiste, Républicain et Citoyen (CRC) au Sénat, a réagi à cette annonce : « Nos camarades députés ont pris le temps du débat qui a abouti à la création d’un groupe GDR où siégeront, -comme c’était d’ailleurs le cas lors de la dernière mandature- des amis ultras marins. Je salue leur sagesse ».

Journaliste

 

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Communistes : nécessité d’avoir une expression parlementaire spécifique…

Posté par jacques LAUPIES le 21 juin 2017

La gauche d’opposition radicale va disposer de 30 députés et donc la possibilité de constituer un ou deux groupes parlementaires.

A notre dernière réunion de Section a donc été évoquée la possibilité de constitution d’un groupe communiste qui serait porte parole de tous ceux qui souhaitent que le PCF puisse traduire les aspirations d’une majorité de français à partir des analyses, orientations et programme qui font sa spécificité. Ce qui évidemment n’exclut pas une coordination avec d’autres groupes à gauche qui peuvent se rassembler avec ce groupe pour défendre des positions communes.

Pour la clarification des engagements de chacun auprès des français et en particulier de ceux (plus de la majorité) qui en s’abstenant, en votant blanc ou nul, ont marqué non seulement leurs désarroi mais ont refusé de s’engager pour des choix contraires à leur conviction, la nécessité d’une expression communiste s’impose. D’autant que adversaires, voire partenaires, ne manqueraient pas de tirer profit de son absence pour entretenir ambiguïté et détournement de l’action des Députés communistes.

 

Parlement. Ils s’opposeront à la casse sociale prévue dès cet été

Mardi, 20 Juin, 2017
Humanite.fr
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« Ce résultat était inespéré à l’issue du premier tour et de l’immense poussée d’En marche », déclare André Chassaigne, réélu, dimanche dans le Puy-de-Dôme. Photo : Bertrand Guay/AFP

Une trentaine de députés communistes, insoumis, d’Ensemble ! ont été élus. Signe de la résistance au raz-de-marée annoncé pour En marche, ces élus doivent s’organiser cette semaine pour lutter au mieux contre les projets du président.

À l’issue du premier tour des législatives, il y a seulement une semaine, les instituts de sondage leur promettaient entre 8 et 23 sièges, grand maximum. Au final, ce sont près de 30 députés présentés ou soutenus par le PCF, la France insoumise, Ensemble ! qui siégeront sur les bancs de l’Assemblée nationale. Une série de députés qui entend bien jouer les grains de sable dans la mécanique que le président de la République espérait si bien huilée. « Belles conquêtes et résistance de notre famille politique à la vague Macron », a salué sur les réseaux sociaux, dès les résultats connus, Clémentine Autain, porte-parole d’Ensemble ! et élue dimanche en Seine-Saint-Denis. Le journaliste François Ruffin, élu dans la Somme, relevait hier « le travail de terrain » qui a permis le « miracle » de son élection en allant « arracher (des citoyens) à l’abstention, à la résignation, à l’écœure­ment­ ».

« Ce résultat était inespéré à l’issue du premier tour et de l’immense poussée d’En marche », ajoute André Chassaigne, qui a été, ces cinq dernières années, chef de file des députés Front de gauche et président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR). Le député du Puy-de-Dôme salue la somme de travail fourni pour « expliquer la nécessité d’une Assemblée qui ne soit pas une simple chambre d’enregistrement et d’une opposition de la gauche radicale ».

Un résultat également marqué pour le fondateur de FI, Jean-Luc Mélenchon, par « une victoire qui paraît écrasante » de « (nos) adversaires » mais aussi par de « bonnes nouvelles », à savoir une abstention (57,36 %) qui prend « une signification politique offensive » et un groupe France insoumise acquis.

Les communistes se réuniront mercredi pour étudier les différentes « hypothèses sur la table »

Si le président de la République a obtenu au final moins d’élus que ce qui lui était promis (jusqu’à plus de 450 députés), sa majorité n’en demeure pas moins très confortable : 308 candidats LREM, auxquels s’ajoutent 42 Modem et tous ceux parmi les 113 LR et les 29 PS qui regardent d’un bon oeil les projets macronistes. Mais dimanche, une résistance au tsunami annoncé s’est tout de même fait sentir. De quoi laisser entrevoir des résultats qui auraient été encore bien meilleurs sans division au 1er tour. Aujourd’hui, parmi ces députés de gauche qui s’opposeront au projet Macron, de nombreux nouveaux feront leurs premiers pas au Palais Bourbon. Seuls André Chassaigne, Marie-George Buffet et Huguette Bello y ont siégé lors du précédent mandat. Une fois la victoire fêtée, reste aussi à s’organiser. Les élus disposent de peu de temps puisque dès mardi prochain les groupes devront être constitués. Avec 29 députés au minimum (11 PCF, 2 Ensemble !, 14 France insoumise, 2 ultramarins soutenus par ces formations) auxquels pourraient se joindre d’autres élus de gauche ou d’outre-mer, la constitution d’un ou de deux groupes est envisageable. Les communistes se réuniront mercredi pour étudier les différentes « hypothèses sur la table avec la volonté d’un travail et d’une expression coordonnés entre les différentes sensibilités de la gauche radicale ». Côté France insoumise, dès dimanche soir, Jean-Luc Mélenchon a évoqué « un groupe, la France insoumise, cohérent, discipliné, offensif ». Une définition qui n’est pas sans rappeler le contenu de la charte que FI voulait voir signer par ses candidats, mais le fondateur du mouvement l’a aussi dit ouvert « à tous ceux qui voudront le rejoindre ». Les critères pour y siéger n’ont pas encore été arrêtés, confie un cadre de FI. Cependant, pour Alexis Corbière et Éric Coquerel, tous deux élus en Seine-Saint-Denis dimanche, ce groupe devrait être présidé par Jean-Luc Mélenchon. De fait, quelle que soit l’option retenue, tous ces députés ont des batailles communes à mener. « On va tenter d’empêcher Emmanuel Macron de gagner le moindre mètre sur le terrain social », prévient Éric Coquerel. « Face à une majorité soumise au président, les combats vont être multiples, ajoute André Chassaigne. Et le premier d’entre eux portera sur le projet de loi d’habilitation pour les ordonnances sur la réforme du Code du travail. » 

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