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Chacun dans son coin ou parti révolutionnaire ?

Posté par jacques LAUPIES le 7 juin 2017

 

 

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A peine est sortie des urnes  une assemblée, à l’image de ce qu’est un système électoral et la constitution qui l’accompagne, c’est à dire profondément peu représentative de ce que pensent vraiment les français, qu’apparaissent à nouveau les calculs stratégiques. Certains seront justes d’autres faux. 

Chacun va placer ses billes dans son petit coin et, le dégout aidant, les forces vives de ce pays vont se diluer dans des courants de pensée dont on sait qu’ils servent des ambitions de groupes et d’individus mis en concurrence et que le peuple ne contrôle pas !

La floraison de candidats à cette élection législatives en est la démonstration et différentes conceptions de la démocratie  apparaissent (ou réapparaissent) se voulant critiques. Les unes stigmatisent au passage les partis avec moult questionnements dont les principaux  consistent à affirmer que ces partis sont inutiles et dépassés. Les autres par contre trouvant aberrant de permettre au premier venu de profiter des largesses de l’état pour encaisser des subventions de financement de la vie politique, comme s’il s’agissait là de la tare principales du système.

Autrement dit : laissez d’une part faire les lobbies  qui, avec quelques complicités et largesses, se fabriqueront des grands partis, et d’autre part se débrouiller le citoyen lambda sans fric, sans réseau. Qu’il récolte des miettes ou qu’il crève ! Quand aux partis traditionnels, pourrissez les d’ambitieux, nourris d’intellectualisme bourgeois et petit bourgeois et, hélas parfois, d’intellectualisme prolétarien bon marché, et ils se chargeront d’enrôler les naïfs et les gagne petit qui ne savent plus à quel saint se vouer mais hélas persistent à suivre l’éloquence rassurante du premier venu.

Quant à ceux qui ont cette rigueur théorique et disposent d’assez d’éléments  pour éclaircir  les vrais causes de la pauvreté, de l’inégalité, des luttes sociales, des violences stupides et fratricides, des guerres, haro sur eux. Avec ceux là l’esprit révolutionnaire met à bas la domination des possédants et guérit du repli sur soi de celui qui a rien ou peu !

Mais la révolution ? Le mot fait peur, parce que la vie et les mots lui on donné une connotation  péjorative ! Le parti qui en parle aussi. Finalement on peut croire il ne sera rassurant, écouté, que lorsque le froid, la faim, la privation de liberté, provoqueront la révolte ? Faut-il attendre ce temps ? Et avant ce temps encore faut-il qu’il existe, fort et puissant ce parti.

« La révolution est un crime éclatant qui détruit un autre crime » dit-on ! Faut il attendre encore l’aboutissement de cet autre crime entamé depuis des siècles et que l’on nomme l’exploitation de l’homme par l’homme, pour commettre celui de la révolution ?

Vous n’y tenez pas, moi non plus ! Alors ne restons pas les bras croisés devant les confusions qui habitent les hommes dans leur quête d’humanité. Comment ? En construisant un vrai parti révolutionnaire ! Un parti qui n’ait d’autre recours que les sciences et la prise en compte du lien dialectique qu’elles entretiennent avec le rêve d’harmonie, de justice et de paix en tout. Si tous font sa force, tous ne peuvent faire sa pensée donc il faut extraire cette pensée l’élaborer pour l’action et dans l’action.

Pas de place pour la spontanéité, pas de place pour le dogme. Tâche difficile ! Et il en est encore qui croient que chacun dans son coin va combler ses rêves ! A quelque niveau que ce soit la solitude ne peut-être que le moment ou l’on classe les idées que nous apportent les autres.

 

Guillaume Balas : « Le rapport à Macron va redéfinir qui est de droite et qui est de gauche »

Entretien réalisé par Aurélien Soucheyre
Mardi, 6 Juin, 2017
L’Humanité

Guillaume Balas, proche de Benoît Hamon, s’attend à un éclatement du groupe PS à l’Assemblée.

Quels sont les enjeux pour le PS, profondément divisé à quelques jours des législatives ?

Guillaume Balas Ce qui m’intéresse avant tout, ce sont les enjeux pour les gens. Il faut élire des députés de gauche qui les défendront, qui s’opposeront par exemple à une nouvelle loi travail. Si peu de députés de gauche sont élus, l’opposition sera incarnée par le FN, et le débat sera monopolisé par les libéraux et les nationalistes. Or il y a au moins un tiers de gens de gauche dans ce pays. Le risque est qu’ils ne soient pas représentés à l’Assemblée nationale. C’est un vrai problème. Face à Emmanuel Macron, il est très important d’élire demain une véritable opposition de gauche.

Des candidats investis par le PS soutiennent Macron, d’autres s’opposent à lui. Comment composer un groupe à l’Assemblée dans ces conditions ?

Guillaume Balas Il n’y aura pas de groupe à l’Assemblée entre les membres du PS qui soutiennent Macron et ceux qui s’y opposent. Ce rapport à Macron va redéfinir qui est de droite et qui est de gauche. Ceux qui soutiendront le libéralisme économique et social, les suppressions de postes de fonctionnaires, la hausse de la CSG et la baisse de l’ISF ne seront plus de gauche et ne seront plus socialistes.

Un arc d’opposition à Macron peut-il se constituer demain au parlement ?

Guillaume Balas Il est possible de faire un groupe avec EELV. Il y a aussi de nombreuses convergences avec le PCF. Mais aujourd’hui, la question des convergences à gauche ne se pose pas tant en termes programmatiques qu’en termes de capacité à se rencontrer. La France insoumise, par exemple, a comme stratégie de remplacer entièrement le champ de la gauche. C’est une erreur qui a déjà été faite et qui entraîne à ce que la gauche reste minoritaire. Cela n’aide en rien à la défense concrète des populations.

Le PS d’Epinay est-il mort comme le dit Cambadélis ?

Guillaume Balas Le parti d’Epinay a su rassembler des formations radicales et des modérées. Il s’est distingué par sa capacité à produire une synthèse pour que la gauche devienne majoritaire. Aujourd’hui, les désaccords au sein du PS rendent cette synthèse impossible. Il y a ceux qui ont un rapport critique au capitalisme, et ceux qui acceptent plus d’inégalités et de violences au nom de la compétitivité. Il nous faut définir un nouveau contrat avec les forces disponibles autour de la démocratie économique, de l’écologie, du mieux vivre et de la justice sociale. J’espère que le PS y aura encore un rôle.

Martine Aubry et Anne Hidalgo lancent un mouvement. Benoît Hamon aussi. Quel est l’objectif ?

Guillaume Balas Il est normal dans une période de troubles intenses de chercher des réponses. Mais pour Hamon, c’est différent. Même si son score à l’élection présidentielle a été décevant, il est en capacité de redéfinir le champ de travail de la gauche et a identifié les transitions à mener. Il est régulièrement placé dans les sondages en tête des personnalités de gauche. Il ne cherche pas à bâtir une chapelle mais à faire émerger un processus partagé et transpartisan.

Il existe déjà un mouvement qui a percé à gauche, la France insoumise, et qui a dans ses rangs d’anciens membres du PS…

Guillaume Balas Le problème avec la FI, c’est sa demande de se dépouiller de tout ce que vous êtes et d’accepter tout ce que dit Mélenchon. On ne pourra jamais exiger de moi de rompre avec mon identité socialiste. Etre socialiste, ce n’est pas accepter les dérives du quinquennat Hollande, de la même manière qu’être communiste, ce n’est pas accepter les dérives du siècle passé. Pas du tout. Mais je reste bien sûr ouvert au dialogue, car c’est de dialogue dont la gauche a besoin.

Quel regard portez-vous sur les difficultés à gauche ?

Guillaume Balas Les raisons structurelles sont très profondes. Et puis il y a la force du néolibéralisme. On aurait pu penser après la crise qu’il a provoquée qu’il était en difficulté, mais il a réussi à se réinventer. La gauche n’a pas su répondre à cette puissance. Parce qu’elle a participé en partie à la nourrir avec François Hollande, et parce que nous avons échoué à proposer une alternative. Je suis bien placé pour le dire. Jean-Luc Mélenchon a fait mieux, c’est vrai, avec un beau score, mais insuffisant pour être majoritaire. Nous avons donc un immense travail devant nous, pour que la gauche retrouve son hégémonie culturelle. Pour cela, il faut produire de la théorie politique, proposer une vision du monde, savoir s’adresser aux milieux populaires et aux territoires ruraux.

Journaliste

 

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

 

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