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Morale pour qui et pourquoi ?

Posté par jacques LAUPIES le 15 juin 2017

 

La morale est pour ceux qui rabâchent ce mot en permanence, le respect de certains principes visant à protéger les autres de comportements qui pourraient  nuire à ces derniers. Elle a donc un double caractère : individuel et collectif. Chacun doit se forger une morale et n’a pas nécessairement besoin que d’autres en dictent le contenu !

Car qui peut prétendre guider nos conduites : les religions, assurément non car elles ne font que produire au nom d’une transcendance, des règles élaborées en fonction de l’évolution des rapports sociaux mais toujours en retard sur l’évolution de ces derniers; les partis politique non plus car tous, reflets d’intérêts de classe, de catégories,i ne peuvent élaborer de règles plus ou moins soumises à ces intérêts; l’état encore moins car  expression, voire au mieux synthèse, d’approches diverses de la moralité, ne peut de ce fait légiférer que sur des règles d’éthique, issues d’une approche scientifique.

Seule la loi, malgré les risques d’imperfection qu’elle encourt peut être invoquée, dans un  état laïque, pour fixer des règles de comportement dans une société. Dès lors que vient faire la « morale » dans l’exigence de probité des individus quel que soit leur rang social ?

à suivre

 

Moralisation. L’exemplarité pour tous, sauf pour les candidats pro-Macron

Lola Ruscio
Mercredi, 14 Juin, 2017
L’Humanité

Le projet de loi « pour la confiance dans notre vie démocratique » est présenté ce matin en Conseil des ministres. Or, de nombreux candidats En marche qualifiés au second tour sont loin de répondre à ces exigences de probité.

Bienvenue dans le monde de Bruno Bonnell, candidat de la République en marche arrivé en tête à Villeurbanne (Rhône) (36,69 %). Ce proche de Gérard Collomb, ex-PDG du numéro 2 mondial des jeux vidéo, possède deux sociétés domiciliées dans le Delaware, petit État américain considéré comme un paradis fiscal, selon les révélations du journal en ligne Mediacités. À cela s’ajoute une « restructuration » de son patrimoine pour échapper au paiement de l’ISF. Il n’est pas le seul des candidats macronistes à la députation à ne pas remplir tous les critères de probité, alors que la promesse d’exemplarité est sans cesse martelée par le gouvernement. Un gage pourtant jugé crucial pour tourner la page des vieilles pratiques politiques, par François Bayrou, le ministre de la Justice, portant la loi « pour la confiance dans notre vie démocratique », alors que le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire sur des emplois fictifs présumés au Modem.

D’autres candidats sont sous le coup de poursuites judiciaires, à l’instar de Romain Grau, en lice dans la 1re circonscription des Pyrénées-Orientales. Cet ancien camarade de promotion de Macron à l’ENA est ciblé par une enquête préliminaire pour harcèlement moral sur les employés de son entreprise, EAS Industries, société de maintenance aéronautique à l’aéroport de Perpignan. Malgré ce dossier embarrassant, la commission nationale d’investiture d’En marche a décidé de maintenir sa candidature. Une décision qui vaut aussi pour Véronique Avril (2e circonscription de Seine-Saint-Denis, 20,69 %), sous le coup d’une enquête préliminaire pour avoir loué un bien immobilier dans un bâtiment insalubre, à des prix abusifs.

L’ambition du projet de loi revue à la baisse

De telles contradictions ne heurtent pas l’exécutif. Qui n’a pas hésité à revoir à la baisse ses exigences. Dans le projet de loi présenté aujourd’hui en Conseil des ministres, l’obligation de présenter un casier judiciaire vierge pour se présenter devant les électeurs, promise pendant la campagne présidentielle, a été remplacée par l’absence d’une peine d’inéligibilité de dix ans. Cette sanction s’appliquera dorénavant en cas de « corruption », « fraude fiscale », « déclaration mensongère », « favoritisme » et « détournements de fonds publics ». Cette mesure pourrait s’appliquer à Richard Ferrand, ministre de la Cohésion des territoires, visé par une enquête préliminaire du parquet de Brest sur des soupçons de favoritisme envers sa compagne dans une juteuse opération immobilière. Une affaire qui n’a pas fragilisé le candidat, arrivé en tête dans la 6e circonscription du Finistère (33,9 %).

Un pan de la loi Bayrou porte aussi sur les activités de conseil des parlementaires, jusqu’ici autorisées à condition de créer son entreprise au plus tard la veille de l’élection, comme l’avait fait François Fillon et sa société privée 2F Conseil en 2012. Le texte prévoit, à ce stade, l’interdiction pour les parlementaires de commencer ce type d’activité dans l’année précédant le scrutin, y compris pour les avocats. Une activité pratiquée par un nombre important de candidats macronistes qualifiés au second tour. Benjamin Griveaux, en tête du scrutin dans la 5e circonscription parisienne et porte-parole de la République en marche, est associé chez Audiens Conseil, un cabinet en recrutement de cadres et de dirigeants auprès de grands groupes et de PME. Ce membre de la garde rapprochée de Macron est d’ailleurs pressenti pour prendre les rênes du groupe parlementaire de la majorité présidentielle. Dans les autres profils à scruter : Florian Bachelier (8e circonscription d’Ille-et-Vilaine, 40,94 %) est depuis six ans président d’Avoxa, un cabinet d’avocats qui vend ses services auprès de clients privés et publics, notamment dans le domaine du droit fiscal. Et propose des solutions en matière « d’optimisation patrimoniale », « établissement de déclarations fiscales et personnelles (impôt sur le revenu, ISF) », « gestion des contrôles fiscaux et négociations avec l’administration fiscale »… Dans un autre registre, Isabelle Voyer (6e circonscription de l’Hérault, 24,72 %) préside depuis 2012 un cabinet de conseil dans l’environnement, Enviropolis, après avoir été consultante dans l’industrie pétrolière.

L’interdiction totale des activités de conseil n’est pas une piste proposée par le garde des Sceaux, au motif que le Conseil constitutionnel la juge contraire à la loi fondamentale. Pour Nicole Borvo Cohen-Seat, chargée des institutions au PCF, la priorité est « de prohiber » ces activités de conseil pour prévenir tout conflit d’intérêts. Et de préconiser aussi la mise en place d’une institution indépendante auprès de laquelle les parlementaires déclarent « régulièrement l’ensemble de leurs activités financières, y compris familiales ». Une ambition loin du projet de loi Bayrou, qui prévoit pour l’instant que les chambres fixent seules les règles en matière de lutte contre les conflits d’intérêts. Et ce, au nom de la séparation des pouvoirs. « Le risque, c’est de voir des parlementaires se protéger entre eux, alerte Charlotte Girard, candidate de la France insoumise dans l’Essonne. La meilleure manière d’éviter de telles dérives, c’est de permettre aux citoyens de pouvoir révoquer les élus », plaide la coresponsable du programme l’Avenir en commun.

Les journalistes s’inquiètent pour la liberté de la presse

« Le nouvel exécutif a-t-il un problème avec la liberté de la presse ? » Des sociétés de journalistes, dont la Société des personnels de l’Humanité, se sont ainsi interrogées, hier dans une tribune, s’inquiétant de « signaux extrêmement préoccupants ». « Face à la liberté d’informer, le nouvel exécutif fait le choix de la tentative de pression, de la répression judiciaire et du procès d’intention », dénoncent-elles. En cause, la tentative de pression sur Radio France du garde des Sceaux, François Bayrou, au moment des révélations sur des soupçons d’emplois fictifs d’assistants parlementaires européens au Modem et la plainte initiée par la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, pour « vol, violation du secret professionnel et recel » après la révélation des pistes étudiées par l’administration pour la nouvelle loi travail.

 

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

 

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