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Intérêt personnel et intérêt général à mettre sous protection de la loi

Posté par jacques LAUPIES le 17 juin 2017

Des hommes politiques, battus aux élections, traitent les électeurs d’ingrats quand ce n’est pas de moutons qui ne comprennent rien à la vie politique. A l’inverse des électeurs généralisent la  décadence des politiques, selon eux tous corrompus. Du coup les élus, dont la grande majorité se voit ainsi stigmatisée alors qu’elle est généralement peu suspecte d’abuser du bien public.

Pas bon ça, pour la démocratie ! car si l’on ne croit plus en l’honnêteté des élus et par voie de conséquence des partis politiques qui les investissent, il ne reste plus qu’à fuir les urnes. Si le peuple renie ce pouvoir il ne reste plus qu’à ceux aspirent à le prendre d’user de son renoncement. Et c’est ce qui est en train de se passer !

A qui donc  profite de cette déliquescence? A la finance et au capital, aux grandes firmes commerciales et industrielles, maitres de l’économie et de l’exploitation du travail, possédant tout :  entreprises de production, main mise sur l’éducation, la formation et l’information. Disposant d’un ancrage  parmi des couches sociales moyennes (supérieures et inférieures) ils vont prendre à l’assaut le dernier obstacle à leur domination totale : l’état républicain, déjà en dégradation, mais insuffisamment docile ! 

Ils n’ont même pas besoin du totalitarisme latent capteur de désespérance et qui paralyse la prise de conscience populaire, divise les exploités et leur offre de chimériques perspectives d’un autre âge. Ils en font l’ennemi du moment, le laissant s’organiser en armée de réserve réactionnaire dont les officiers et sous officiers sont en cours d’instruction pour le pire, sans en avoir même conscience pour certains, usant d’imposture en se parant de patriotisme, de pseudo laïcité, de protection sociale.

Déjà coupables de modéliser la société à leurs besoins ils vont aggraver son état !

Ce qui est scandaleux et irrite, y compris les partis et élus qui depuis des lustres, avec leur politique on fabriqué la catastrophe économique sociale et la décrépitude culturelle que nous connaissons, serait d’après eux l’apparition d’une sorte d’ingratitude. Comme si leur complaisance avec le système méritait la moindre reconnaissance.

Hormis les malins de droite (et il y en a bon nombre) qui font de la politique un moyen de défense d’intérêt personnel ou de classe et  de possible « ascension » sociale, il y a aussi ceux qui sont attachés aux « vertus » du libéralisme par conviction, croient en la réussite qui hisse à un niveau élevé et font de la liberté d’entreprendre leur profession de foi, en opposition à la nécessaire planification démocratique prenant en compte l’intérêt collectif. Non seulement pour consommer mais aussi pour produire. Des conceptions respectables qui ne résistent pas à l’expérience et conduisent aux guerres et hélas moins souvent aux révolutions.

Hormis les malins de gauche qui font de la politique un moyen de défense de leur intérêt personnel et de leur réussite sociale, il y a ceux qui croient  au partage, à plus d’égalité et donc de liberté, pensent que l’intérêt général prévaut sur l’intérêt particulier.

Pour les uns et pour les autres existe cette contradiction entre l’intérêt individuel et collectif. Une opposition que même les plus altruistes ne peuvent pas dépasser aussi facilement qu’on le dit car solidaires, ils sont aussi en concurrence et héritiers de civilisation qui n’ont pas éradiqué les cupidités, les jalousies, aui naissent des inégalités.

Tous les règlements, toutes les lois, toutes les « moralités » visant à rendre à la société plus équitable dans le partage des richesses, sont utiles mais n’ont que des effets relativement limités, dès lors que n’est pas remis en cause le contrôle du  pouvoir par les dominants.

Les communistes, dont l’idéal se confond avec la recherche du partage, peuvent-ils être meilleurs que les autres ? Eux aussi ont besoin de règles et de lois pour éviter que cet idéal soit instrumentalisé à des fins de convoitises personnelles. Ils ne peuvent aussi aisément échapper à ce « réflexe naturel » de défense de leur personne, cependant contrebalancé par celui de l’altruisme face à la souffrance d’autrui.

A mon sens, rien de naturel dans tout ça si ce n’est, au fil de l’évolution de l’humanité, et peut-être bien plus avant, d’une adaptation que génère la sélection naturelle. Mais, dès lors que la pensée humaine nait et se perfectionne, avec l’usage de l’outil en particulier, nait la culture qui affirme et renforce l’exigence de solidarité laquelle  très tôt a permis à notre espèce de s’imposer parmi les autres.

Une marche en avant bourrée d’obstacles dont le principal est bien la naissance de la propriété des moyens de production (hommes et femmes compris) qui provoque l’aliénation du travail, ce cancer dont on ne se guérit toujours pas et dont la dimension planétaire peut conduire à notre propre disparition.

La meilleure thérapie est donc de se libérer de ce mal ne peut donc se retrouver que dans de nouvelles lois régissant à la fois la répartition et l’utilisation des richesses et les libertés individuelles : « La loi doit protéger la liberté publique et individuelle contre l’oppression de ceux qui gouvernent » (déclaration des droits de l’homme de 1793)

Comment cela peut il se faire si le peuple souverain se prive de son expression la plus élémentaire, celle du suffrage universel ?

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On peut comprendre que sur la 16ème circonscription la hauteur du débat, comme en témoigne la présentation des options des deux candidates (LREM et FN) dans la Provence d’hier, ne passionne pas les foules et que ceux qui sont préoccupés par les grandes questions qui demain devront mobiliser le parlement ne retrouvent pas leurs petits. Plus même il semble que sur une question aussi importante que les regroupements de communes l’une et l’autre se gardent bien d’évoquer  les risques qu’encourt la population privée de son pouvoir de contrôle par les élus de proximité.

De quoi inciter l’électeur à rester chez lui, à moins qu’il ne soit passionné par un égal attachement à la tradition tauromachique émanat des dires des deux candidates ? Mais, exceptée une poignée de bobos irresponsables, qui peut raisonnablement s’opposer à la tradition camarguaise et ses liens avec la tauromachie espagnole.

Quant aux  grandes questions sociales (pouvoir d’achat, santé et sécurité sociale), à l’économie, à l’Europe, silence radio ! Ne parlons pas de ce qui fâche !

Veut on élire des députés ou des élus locaux porteurs de revendication plus par opportunisme que par conviction ?

 

Législatives. Face aux projets Macron, des députés pour résister

 

Kareen Janselme, Lionel Venturini, Julia Hamlaoui
Vendredi, 16 Juin, 2017
L’Humanité

Régressions des droits sociaux, de la démocratie et des libertés… le programme concocté par le président de la République est lourd de dangers. Dimanche, il s’agit de conquérir des sièges à l’Assemblée pour s’y opposer.

Àl’image des premiers pas du gouvernement d’Édouard Philippe, les projets d’Emmanuel Macron ont de quoi inquiéter. Les droits sociaux, démocratiques et même les libertés pourraient être sérieusement écornés si le programme du chantre de la « modernité », porteur de toutes les vieilles lunes libérales, n’est pas entravé par la future Assemblée. Face à la vague de la République en marche qui s’apprête à déferler sur l’Hémicycle (avec plus de 400 sièges promis par les projections des instituts de sondage), 61 % des sondés souhaitent que « le second tour rectifie le premier, en apportant une majorité de députés favorables à Emmanuel Macron moins importante qu’attendu », selon une étude Elabe pour BFMTV. Un vœu qui, s’il se réalise, pourrait offrir une marge de manœuvre moins étroite à l’opposition pour faire face à de nombreux projets néfastes.

1. Affaiblissement démocratique du parlement

Il n’est « pas possible, pas souhaitable, car ce serait un hold-up », qu’une majorité trop large sorte des urnes. En campagne, le candidat Macron pointait lui-même, comme ici à Angers en février dernier, le danger pour la démocratie d’une Assemblée monochrome, ou peu s’en faut. À l’heure d’engranger peut-être, dimanche, une majorité confortable, le président a moins d’états d’âme à voir un Parlement à sa main. Ses projets de réforme du travail parlementaire parlent pour lui, à commencer par la réduction d’un tiers des députés. Flattant l’air du temps d’élus trop bien traités, le passage de la représentation nationale au Palais Bourbon de 577 élus à 385 s’accompagnerait d’une réduction drastique du temps législatif à trois mois par an au lieu de six, « pour légiférer et porter les lois du gouvernement. […] Le reste du temps, on doit le consacrer au contrôle parlementaire ». Sans que les moyens de ce contrôle aient été définis. Le chef de l’État souhaite en parallèle que la procédure accélérée d’examen des textes devienne la règle, en contradiction flagrante avec le désir affiché de revitaliser la vie parlementaire. Le droit d’amendement des députés se trouverait ainsi sérieusement écorné, puisque ceux rejetés en commission n’auraient plus le droit d’être présentés dans l’Hémicycle. Pour couronner le tout, échaudé par le souvenir des débats lors de l’examen des lois Macron et El Khomri, passées en force à coups de 49-3, l’actuel chef de l’État défend le recours aux ordonnances, une simple formalité pour lui, avec un groupe de députés pléthorique pour voter les deux lois, d’habilitation et de ratification, nécessaires. Chaque député En marche! élu s’engage à signer un « contrat avec la nation », obligation déguisée de voter les textes du gouvernement. En fait, une charte volontairement imprécise pour ne susciter aucune remarque, mais véritable blanc-seing au gouvernement.

2. Salariés, fonctionnaires et retraités en première ligne

S’il obtient une large majorité, le gouvernement obtiendra facilement la validation de la loi d’habilitation à légiférer par ordonnances sur la réforme du travail, qui sera examinée en Conseil des ministres le 28 juin. Au programme : l’inversion de la hiérarchie des normes avec des accords d’entreprise qui primeront sur les accords de branche, c’est-à-dire la multiplication de négociations à la carte sur la durée du travail, voire sur le contrat de travail, mais aussi le plafonnement des indemnités prud’homales en cas de licenciement abusif, le référendum d’entreprise à l’initiative de l’employeur pour contourner les syndicats, la fusion de toutes les instances représentatives du personnel (IRP). Autre réforme annoncée dans la foulée pour bousculer notre « modèle social », la suppression des cotisations salariales sur l’assurance-maladie et l’assurance chômage, qui sera effective dès le 1er janvier 2018 pour, soi-disant, « redonner du pouvoir d’achat » aux salariés. Cette suppression sera financée par une hausse de la CSG. Un mini « gain » pour les salariés, mais une maxi-contribution pour les retraités modestes et moyens qui ont déjà souffert du gel des pensions et d’une hausse de leur fiscalité.

Emmanuel Macron n’en oublie pas pour autant les fonctionnaires. En campagne, il a promis de ne pas remplacer 120 000 départs en retraite d’agents publics. Le nouveau président n’a jamais caché sa vision du statut, qu’il n’estime aujourd’hui plus « adéquat », les services publics eux-mêmes représentant un « coût » trop important… Si le nouveau ministre de l’Action et des Comptes publics a de suite voulu déminer le terrain en recevant d’emblée les syndicats, il a confirmé le chiffre de 120 000 suppressions de postes et a laissé entendre que la valeur du point d’indice (base de la rémunération) ne serait pas augmentée cette année. Enfin, le nouveau gouvernement va s’occuper des plus fortunés, avec une attitude bien plus favorable : l’ISF (impôt sur la fortune) ne concernera que le patrimoine immobilier. La fiscalité des revenus du capital va être allégée avec pour résultat des impôts réduits de plus de la moitié pour le haut du panier. Le patron le mieux payé du CAC 40 pour 2016, selon le classement de Challenges, doit s’en féliciter. Avec un total de près de 10 millions, le PDG du groupe Carrefour a obtenu une augmentation de 38 % de sa rémunération grâce à l’attribution d’actions de performance.

3. Menaces sur les libertés individuelles et collectives

Si on pouvait lire dans le programme présidentiel d’Emmanuel Macron que « la sécurité est la première de nos libertés » – ce qui en dit déjà long –, pas de trace en revanche du projet de loi qui doit être présenté en Conseil des ministres, mercredi prochain, et qui vise à transposer dans le droit commun l’état d’urgence (après une nouvelle prorogation prévue pendant l’été). Assignations à résidence, perquisitions administratives, fermetures de lieux de culte ou de réunion, interdictions de cortèges… le tout, selon le projet révélé par le Monde, confié au ministère de l’Intérieur et aux préfets, sans intervention du juge judiciaire.

De quoi provoquer une levée de boucliers, à l’instar de la Ligue des droits de l’homme (LDH), qui fustige des dispositions qui « piétineraient les libertés individuelles et collectives, et nous feraient basculer dans un autoritarisme d’État », rappelant que d’ores et déjà l’état d’urgence est utilisé contre des militants associatifs, syndicaux ou politiques. C’est ce qu’a attesté un rapport d’Amnesty International publié fin mai. L’ONG, après un an d’enquête, y dénonce une restriction disproportionnée du droit à manifester en raison de ces mesures d’exception.Côté liberté de la presse, plusieurs sociétés de journalistes ont fait part de leurs inquiétudes, cette semaine. Dans la foulée, la ministre du Travail a fait mine de rétropédaler en retirant une partie de sa plainte relative à la divulgation des pistes à l’étude pour la future loi travail. Ce recours en justice n’est pas le seul fait d’armes du gouvernement avec le coup de téléphone en « simple citoyen » à Radio France du ministre de la justice, François Bayrou, pour tenter de faire pression lors de la révélation de l’affaire des assistants parlementaires du Modem. Ou encore, selon le compte rendu d’une centrale syndicale qui circule sur les réseaux sociaux, avec la pression du cabinet du ministère du Travail pour que l’organisation respecte « une totale confidentialité », sous peine de voir les informations délivrées par le gouvernement réduite « au minimum ». À cette lumière, l’action dans le précédent gouvernement de l’actuel président apparaît désormais comme un présage : la loi Macron comportait initialement un article, finalement supprimé, sur le secret des affaires visant à sanctionner les lanceurs d’alerte.

 

 

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