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Venezuela. Dans les barrios de Caracas, l’espoir le dispute à la colère

Posté par jacques LAUPIES le 31 juillet 2017

 

Pierre Barbancey
Lundi, 31 Juillet, 2017
L’Humanité
Les bureaux de vote ont ouvert ce dimanche dans un climat très tendu pour l’élection d’une Constituante. Carlos Garcia Rawlins/Reuters<br /><br /><br />
Les bureaux de vote ont ouvert ce dimanche dans un climat très tendu pour l’élection d’une Constituante. Carlos Garcia Rawlins/Reuters
 

Le scrutin pour l’élection de l’Assemblée nationale constituante (ANC) a été boycotté par l’opposition. Celle-ci n’a pas réussi ses grèves et ses manifestations. Les Vénézuéliens veulent une solution pacifique à la crise.

Lorsque les pétards ont éclaté dans les rues de Caracas, hier à 6 heures alors que le soleil se levait, annonçant l’ouverture du scrutin pour l’élection de l’Assemblée nationale constituante (ANC), bien malin celui qui aurait pu dire comment allait se terminer cette journée. Une journée cruciale pour l’avenir du pays et de la révolution bolivarienne, mais surtout pour la paix.

L’opposition, qui a refusé de participer à l’élection de l’ANC qu’elle juge « illégitime », a tout fait pour empêcher la tenue du scrutin. Mais la grève de quarante-huit heures à laquelle elle avait appelé en fin de semaine dernière n’a pas eu le soutien escompté, pas plus que la volonté de « prendre Caracas ». Même si le mécontentement est réel au sein de la population, la stratégie violente de l’opposition effraie bon nombre de Vénézuéliens, y compris ceux qui ne veulent plus du pouvoir en place. Dans le barrio el Guarataro, à l’ouest de Caracas, les avis sont ainsi partagés. Dans sa petite maison, modeste mais parfaitement tenue, Maria Noelia Romero de Figueroa raconte qu’elle avait voté pour Chavez, elle qui tenait auparavant une petite épicerie. « Mais tout s’est compliqué, souligne-t-elle. Je me suis sentie étouffée avec tous ces problèmes. Depuis 2015, les prix n’arrêtent pas d’augmenter, nous manquons de nourriture et de médicaments. » Elle ajoute néanmoins : « Mais les manifestations en cours me rendent triste car beaucoup d’innocents sont en train de mourir. » Hier, elle est allée voter « parce que j’attends que quelque chose de bien se produise, même si on ne sait pas très bien ce que va faire l’ANC ».

Les manœuvres pour faire monter la colère de la population

Kaliana, qui a encore des enfants en bas âge, n’est pas de cet avis. Si elle a effectivement souffert de la pénurie, elle souligne que depuis quinze mois maintenant les choses se sont améliorées avec la mise en place du Clap, un kit de nourriture subventionné par le gouvernement qu’une famille paie 10 000 bolivars pour un coût réel de 200 000 bolivars. « Ceux de l’opposition qui disent que le Clap ne sert à rien sont sans doute assez riches pour s’en passer, dit-elle. Ce n’est pas notre cas. Grâce à ça on peut épargner un peu. » Kaliana sait aussi que la corruption et les prébendes vont bon train, notamment avec la revente à des privés de certains stocks de nourriture ou de médicaments. « C’est du sabotage », lâche la jeune femme. Sans compter les manœuvres des négociants privés pour faire monter la colère de la population. Dans ce même barrio, on signalait que le groupe Polar, aux mains de la famille Mendoza, fournisseur de l’abasto communal (sorte de supermarché à bas prix), n’a plus livré de marchandises dans ces quartiers populaires depuis deux semaines. « Surtout la harina pan (farine de maïs) pour confectionner l’arepa (galette), se plaignait Irama Panicha, pas dupe. Par contre, les aliments pour chiens ont été livrés… »

Samedi, si des barrages avaient été dressés dans quelques quartiers traditionnellement opposés aux chavistes, à l’est de la capitale, le reste de la ville était totalement calme. Vendredi soir, comme pour exorciser les peurs, le centre-ville était même en fête. Des estrades avaient été dressées et les musiques se mêlaient d’un carrefour à l’autre dans une joyeuse cacophonie. Sur la place Simon-Bolivar, la Banda Marcial de Caracas laissait éclater ses cuivres et la voix de ténor de son chanteur. Ali Alejandro Primera, chanteur lui-même, directeur de la formation et par ailleurs conseiller métropolitain de Caracas, ne cachait pas son soutien au scrutin tout en expliquant ses attentes : « Il faut que le gouvernement mette en place une politique culturelle post-pétrolière claire. Il faut des propositions qui touchent aux infrastructures pour une culture populaire plus démocratique, pour que les travailleurs de la culture aient une meilleure protection sociale et que la promotion culturelle soit élevée au niveau constitutionnel. »

Le pouvoir bolivarien espérait dépasser les 8 millions de votants, soit plus que la participation annoncée par l’opposition lors du scrutin informel organisé il y a deux semaines – un peu plus de 7 millions mais sans qu’aucune vérification indépendante n’ait pu être réalisée.

 

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Un constat clair de la vie politique de ces derniers jours par le Directeur de l’Humanité : Patrick Le Hyaric

Posté par jacques LAUPIES le 31 juillet 2017

« Quand un ouvrier se bat il se bat pour une cause générale… »

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Vénézuéla : c’est un combat de classe !

Posté par jacques LAUPIES le 30 juillet 2017

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Dans toute lutte d’émancipation sociale il faut savoir choisir son camp.

Quelles que soient les erreurs commises par les dirigeant des révolutions  ou courants de transformations politiques et économiques prenant appui sur les institutions en place, l’adversaire est là pour empêcher le l’humanité suivre son cours naturel vers son fondement qui a permis son émergence : la coopération et la solidarité de l’espèce humaine.

Cet adversaire, ce cancer à la fois destructeur et producteur, malgré tout, d’avancées scientifiques et technologiques, de lumières mais aussi d’obscurantisme dans l’évolution de la pensée humaine, ce cancer est bien là et il a pour nom l’exploitation de l’homme par l’homme. Il faut s’en libérer au risque si nous ne le faisons pas d’une auto destruction de cette humanité.

Le chemin de l’émancipation est long et difficile. Seuls les exploités peuvent mener efficacement  ce combat et imposer la disparation des exploiteurs qui sont aussi les possédants, libérant également ces derniers de leur statut malsain d’oppresseurs.

Ces possédants ne sont pas enclins pour des raisons matérielles mais aussi culturelles à s’effacer et se fondre dans une solidarité humaniste !

S’ils n’ont pas le nombre ils ont la puissance financière, parfois la puissance militaire tournée contre le peuple. L’un allant bien entendu avec l’autre. Sans compter l’essentiel : l’appui de leurs comparses sur l’ensemble de la planète. Tous  capables de diviser, voire d’affamer par des mesures économiques, d’aliéner les esprits en instrumentalisant les religions, en fabricant des partis politiques, en réhabilitant « philosophiquement » des lois pseudos naturelles qui ne sont qu’un retour aux règles de l’évolution animale, etc.

Ils peuvent même pousser à la révolte pour ensuite mieux la réprimer, sévir et tuer si besoin est en se parant du mot liberté qui en fait n’est pour eux que celle de maintenir leurs privilèges, de leur inutilité sociale !

 

 

 

Les chroniques Latines de Jean Ortiz portent un regard loin des clichés sur les luttes de libération du continent sud-américains… Toujours un oeil vif sur l’Espagne et les enjeux sous-jacents du quotidien…
Jean Ortiz
Samedi, 29 Juillet, 2017 – 10:32

Tous bolivariens !

Dans quelques heures le Venezuela peut être plongé dans un bain de sang par ceux qui, nationalement et internationalement, ne supportent pas que les pauvres refusent de le rester, et qui voudraient faire main basse sur les énormes réserves en hydrocarbures du pays.

L’enjeu géopolitique dépasse Caracas.
Les secteurs majoritaires et d’extrême droite de l’opposition connue comme « Table d’union démocratique » (MUD en espagnol) tentent de bloquer le pays pour empêcher les élections à l’Assemblée constituante et en appeler à l’intervention de Washington. Le président TRUMP et la CIA ont prévenu : s’il y a vote, « l’empire » prendra des sanctions immédiates contre le droit à l’auto-détermination d’un peuple.
 
Ce qui se joue au Venezuela aujourd’hui, quelles que soient les erreurs qu’ait pu commettre le président Maduro, a et aura des répercussions continentales et internationales lourdes. Washington (soutenu en sous-main par l’Union européenne) s’apprête à violer la souveraineté du Venezuela. Ils tentent de provoquer une rupture dans l’armée. Pour les États-Unis, le Venezuela bolivarien constitue « une menace pour la (sa) sécurité ». La formule est de ce « bon » président Obama.
 
Le Venezuela redevient le cœur de la stratégie impérialiste. Il doit plus que jamais faire battre le cœur de tous les démocrates. Le Haut commissariat des Nations Unies pour les Droits de l’homme vient d’appeler à « garantir la paix » afin que le vote de l’Assemblée constituante, le 30 juillet, se déroule en toute normalité. Les médias vénézuéliens, qui appartiennent très majoritairement à l’oligarchie, et leurs clones français, soufflent sur le feu au lieu de calmer le jeu, hurlent à « la dictature » parce que le gouvernement Maduro a interdit les manifestations pour que le vote ait lieu en toute tranquillité, et éviter que le sang coule davantage.
 
L’opposition, nous serions tenté d’écrire la « subversion », refuse de participer à la consultation. Elle a préalablement et illégalement organisé, un vote parallèle et bidon où elle aurait obtenu plus de 7 millions de suffrages. Aucune vérification, aucun comptage sérieux n’ont pu avoir lieu. Listes électorales « maison » et bulletins de vote ont été monopolisés, puis brûlés.
Les principaux chefs de l’opposition veulent aujourd’hui, après trois mois et demi d’insurrections localisées, surtout dans les quartiers riches, en découdre, quel qu’en soit le prix. Les opposants sont devenus des émeutiers. Depuis l’élection, avec une courte majorité, du président Maduro, en 2013, l’opposition se refuse à reconnaître la légitimité du président. Cette attitude putschiste rappelle et dépasse le « golpe » contre Chavez de 2002. Et pourtant …
 
L’élection d’une Constituante, l’élargissement de la démocratie, la consultation de l’ensemble de la population, dans un processus de fond, constituent bien l’un des derniers atouts, sans doute, pour le vivre ensemble, dans un pays aujourd’hui déchiré, au bord du gouffre. La révolution veut modifier la Constitution de 1999, y ajouter les acquis sociaux reconnus par les institutions internationales. Malgré l’effondrement économique, la révolution est parvenue à maintenir les grandes « Missions » sociales. Peu en parlent. La pénurie sur des produits ciblés, sur des médicaments, certes cruelle, organisée essentiellement par le patronat, est sur-médiatisée. Et pourtant les chiffres, eux, parlent… L’indice de développement humain du Venezuela était en 2015 de 0.767, 71e rang sur un ensemble de 188 pays. De 1990 à 2015, l’espérance de vie à la naissance a augmenté de 4,6 années. La santé et l’éducation (gratuites) restent des priorités, malgré la profonde crise économique et politique.
Le Venezuela ne doit pas être le Chili. L’expérience a prouvé que tout blocus affecte surtout les populations civiles et se retourne finalement contre ses promoteurs. Cuba a plus que prouvé et éprouvé les voies de la résistance pratique, concrète, au quotidien.
Les niveaux atteints par la désinformation ne sauraient nous détourner de notre devoir d’internationalisme. L’internationalisme, disait le Che, c’est la solidarité de classe des exploités.

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Lepage et Hue, entre autres : des opportunistes ou des imbéciles, à moins que ce ne soit les deux !

Posté par jacques LAUPIES le 29 juillet 2017

 

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Juillet dans la campagne de Saint Pierre de  Mézoargues (13150)

 

Le Figaro fait état des « soutiens » de Macron  déçus par certaines de ses orientations. Comme si ces braves gens, du style de l’inénarrable Robert Hue, ne savaient pas à quoi s’en tenir lorsqu’ils ont pris cette décision de soutien. De deux choses l’une ou bien ce sont de vrais imbéciles ou bien des opportunistes non payés en retour. Lamentable !

Robert Hue disait parait il, à une relation commune s’en faisant l’écho auprès de moi, que je devais être un apparatchik du PCF parce que je dénonçais sa compromission avec un candidat aux dernières départementales, ex-communiste comme lui (un certain Dufour) !

Dire que pendant une période où j’étais trop occupé par mes responsabilités associatives et mutualistes, j’ai assumé, même sans responsabilités, par discipline, les orientations de ce sinistre dirigeant du PCF, qui n’est pas étranger à la dégringolade de mon parti. Mais il n’est pas seul évidemment. 

 

 

La déception des ténors politiques ralliés à Macron (Le Figaro)

figarofr: L'ancien candidat communiste, Robert Hue.
© ALAIN JOCARD/AFP L’ancien candidat communiste, Robert Hue.
LE SCAN POLITIQUE – La déception étreint les anciennes personnalités de la politique, ralliées à Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle.Pendant la campagne, chaque personnalité au nom un tantinet célèbre qui se ralliait à Emmanuel Macron, lui permettait d’affermir le sérieux de sa candidature. Robert Hue, Corinne Lepage, Alain Tourret, toutes ces anciennes figures de la politique ont permis au candidat Macron d’accroître sa crédibilité. Et puis les législatives ont accouché du «nouveau monde» macroniste et l‘ère du désenchantement a débuté pour ceux qui, pendant si longtemps, ont fait partie de l’ancien.Le premier épisode s’est déroulé autour de la loi de moralisation de la vie publique dont l’examen a débuté il y a quelques jours à l’Assemblée. Pour le gouvernement, il faut frapper fort et vite, car cette loi doit être un emblème du quinquennat. Les députés sont sommés de se délester de certains privilèges précieux: leur indemnité de frais de représentation (IRFM), la possibilité d’employer un ou plusieurs membres de leur famille et leur réserve parlementaire qui sert à financer des projets locaux. Les députés macronistes n’ont pas intérêt à piper mot puisqu’ils ont précisément signé pour ça, la réforme était stipulée dans le programme présidentiel de leur seigneur et maître. 

Alain Tourret a évoqué une «réforme dangereuse»

 

Si les jeunes pousses de la start-up Macron n’ont pas eu le temps de s’habituer à ce confort de la vie parlementaire, ce n’est pas le cas d’un Alain Tourret, 69 ans, élu pour la première fois en 1997, ancien membre du Parti radical de gauche et proche d’Emmanuel Macron.

Le député LREM vit très mal cette redite de la nuit du 4 août qui veut le forcer à produire des notes de frais pour se voir rembourser repas et billets de train. En pleine séance d’examen en commission des lois, Alain Tourret s’en est pris à cette réforme «dangereuse» et s’est indigné de devoir peut-être aller au McDo. Sans doute sermonné après son envolée verbale en commission, le député a pesté contre le manque de «parole libre» dans le mouvement.

 

Robert souhaite qu’une «autre direction soit prise»

 

En janvier, Corinne Lepage louait le candidat Macron et parlait de lui comme «la meilleure solution pour la France». En juillet, Corinne Lepage file un coup de main aux adhérents du mouvement qui intentent une action en justice pour protester contre les nouveaux statuts du parti, pas assez démocratiques à leurs yeux. Si l’eurodéputée MoDem n’assimile pas sa démarche à une rébellion, elle admet que le «centralisme démocratique» d’En Marche la gêne.

Autre dossier, autre motif d’embarras pour Robert Hue. Rallié à Emmanuel Macron en mars, le candidat à la présidentielle de 1995 a fait savoir que le tout petit parti qu’il préside, le Mouvement des progressiste (MdP) était contre la baisse de cinq euros du montant des aides aux logements (APL) prévue pour la rentrée. Le sénateur du Val d’Oise a émis le souhait «qu’une toute autre direction soit prise afin que les propositions faites pendant la campagne électorale par le candidat Emmanuel Macron – hausse du pouvoir d’achat, protection des classes sociales les moins favorisées – soient véritablement mises en œuvre».

Extrêmement composite, la majorité macroniste n’est soudée que par une commune admiration pour Emmanuel Macron et par l’envie de faire de la politique autrement. Comme «Manu», devenu chef de l’État, n’a que peu de temps à consacrer à ses grognards, l’admiration risque de passer et comme le nouveau monde ressemble de plus en plus à l’ancien, il n’est pas impossible que la fragile majorité ne se disloque avant l’hiver.

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Bastien Lachaud

Posté par jacques LAUPIES le 27 juillet 2017

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Ce jeune député (FI) a fait une remarquable intervention à l’assemblée nationale dans la discussion sur la loi de moralisation le 24 juillet

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Merci Monsieur Onfray : parfois je vous admire…

Posté par jacques LAUPIES le 27 juillet 2017

 

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En matérialiste convaincu je trouve la réponse de Michel Onfray assez éclairante sur le concept de matérialisme…

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C’était hier et ce pourrait être aujourd’hui

Posté par jacques LAUPIES le 26 juillet 2017

« L’homme est né pour le bonheur et la liberté » disait le grand révolutionnaire en 1793 et il ajoute plus loin : 

« Faut-il donc s’étonner si tant de marchands stupides, si tant de bourgeois égoïstes conservent encore pour les artisans ce dédain insolent que les nobles prodiguaient aux bourgeois et aux marchands eux-mêmes ? (…) voilà pourquoi le sein de la patrie est déchiré par les traîtres !  »

Depuis les temps ont changé et, parfois au prix du sang et des larmes, comme ont dit, des pas ont été faits pour donner de nouveaux droits aux artisans qui n’étaient pas encore de véritables prolétaires. Quant aux prolétaires, de nos jours, certains ne se reconnaissent même pas dans cette dernière appellation et encore ont bien du chemin à faire.

Car injustices et inégalités existent toujours sous couvert de cette liberté dont on nous parle tant car elle est  encore restreinte et surveillée !

Dans la construction de l’humanité ile ne peut y avoir de pause dans une lutte constante. Quant au  bonheur il ne peut-être que passager et superficiel dans ce combat, un entracte quoi ! Chacun le trouve où il peut, comme il peut, sans doute plus dans la connaissance que dans l’ignorance ! 

 

 

Pour Robespierre, la Révolution ne peut s’affranchir de la souveraineté du peuple

 

Sylvie Ducatteau
Lundi, 24 Juillet, 2017
L’Humanité
Photo : Rue des Archives/Tal

Les grands discours de la République (6/34). 10 mai 1793, séance de la Convention. Paris

L’homme est né pour le bonheur et pour la liberté, et partout il est esclave et malheureux ! La société a pour but la conservation de ses droits et la perfection de son être, et partout la société le dégrade et l’opprime ! Le temps est arrivé de le rappeler à ses véritables destinées ; les progrès de la raison humaine ont préparé cette grande révolution, et c’est à vous qu’est spécialement imposé le devoir de l’accélérer (…). Jusqu’ici l’art de gouverner n’a été que l’art de dépouiller et d’asservir le grand nombre au profit du petit nombre, et la législation le moyen de réduire ces attentats en système : les rois et les aristocrates ont très bien fait leur métier ; c’est à vous maintenant de faire le vôtre, c’est-à-dire de rendre les hommes heureux et libres par les lois (…).

L’intérêt du peuple, c’est le bien public ; l’intérêt de l’homme en place est un intérêt privé. (…) Le gouvernement est institué pour faire respecter la volonté générale ; mais les hommes qui gouvernent ont une volonté individuelle, et toute volonté cherche à dominer : s’ils emploient à cet usage la force publique dont ils sont armés, le gouvernement n’est que le fléau de la liberté. Concluez donc que le premier objet de toute Constitution doit être de défendre la liberté publique et individuelle contre le gouvernement lui-même.

C’est précisément cet objet que les législateurs ont oublié : ils se sont tous occupés de la puissance du gouvernement ; aucun n’a songé aux moyens de le ramener à son institution ; ils ont pris des précautions infinies contre l’insurrection du peuple (…).

Nous, malheureux, nous élevons le temple de la liberté avec des mains encore flétries des fers de la servitude ! Qu’était notre ancienne éducation, sinon une leçon continuelle d’égoïsme et de sotte vanité ? Qu’étaient nos usages et nos prétendues lois, sinon le code de l’impertinence et de la bassesse, où le mépris des hommes était soumis à une espèce de tarif, et gradué suivant des règles aussi bizarres que multipliées ? Mépriser et être méprisé, ramper pour dominer ; esclaves et tyrans tour à tour ; tantôt à genoux devant un maître, tantôt foulant aux pieds le peuple (…). Faut-il donc s’étonner si tant de marchands stupides, si tant de bourgeois égoïstes conservent encore pour les artisans ce dédain insolent que les nobles prodiguaient aux bourgeois et aux marchands eux-mêmes ? (…) voilà pourquoi le sein de la patrie est déchiré par les traîtres ! Voilà pourquoi les satellites féroces des despotes de l’Europe ont ravagé nos moissons, incendié nos cités, massacré nos femmes et nos enfants ! Le sang de trois cent mille Français a déjà coulé ! Le sang de trois cent mille autres va peut-être couler encore, afin que le simple laboureur ne puisse siéger au Sénat à côté du riche marchand de grains, afin que l’artisan ne puisse voter dans les assemblées du peuple à côté de l’illustre négociant ou du présomptueux avocat, et que le pauvre, intelligent et vertueux, ne puisse garder l’attitude d’un homme en présence du riche imbécile et corrompu ? (…)

Vous donc, à qui la liberté, à qui la patrie est chère, chargez-vous seuls du soin de la sauver, et puisque le moment où l’intérêt pressant de sa défense semblait exiger toute votre attention est celui où l’on veut élever précipitamment l’édifice de la Constitution d’un grand peuple, fondez-la du moins sur la base éternelle de la vérité ! Posez d’abord cette maxime incontestable : que le peuple est bon, et que ses délégués sont corruptibles ; que c’est dans la vertu et dans la souveraineté du peuple qu’il faut chercher un préservatif contre les vices et le despotisme du gouvernement. (…) Fuyez la manie ancienne des gouvernements de vouloir trop gouverner ; laissez aux individus, laissez aux familles le droit de faire ce qui ne nuit point à autrui ; laissez aux communes le pouvoir de régler elles-mêmes leurs propres affaires en tout ce qui ne tient pas essentiellement à l’administration générale de la République ; en un mot, rendez à la liberté individuelle tout ce qui n’appartient pas naturellement à l’autorité publique, et vous aurez laissé d’autant moins de prise à l’ambition et à l’arbitraire.

 

Les tensions sont fortes à l’Assemblée et dans le pays, lorsque Maximilien de Robespierre intervient devant la Convention, le 10 mai 1793. L’ordre du jour est consacré à la nouvelle Constitution, la seconde de la Révolution et de l’histoire de France. La nouvelle Constitution a été rendue nécessaire par le renversement de la monarchie au lendemain de la journée révolutionnaire du 10 août 1792. La Convention adoptera ce qui deviendra la Constitution de l’An I, le 24 juin 1793. Le texte constitutionnel ne sera finalement jamais appliqué, victime du contexte de l’été 1793, lorsque la République fait face tout à la fois aux révoltes contre-révolutionnaires et aux attaques des armées étrangères sur plusieurs fronts. Considérée comme la plus démocratique de France, aucune des quatre Constitutions qui lui succéderont jusqu’à aujourd’hui ne consacrera autant la souveraineté du peuple. Une souveraineté absolue, incarnée par l’article 35 : « Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. » Il s’agit là de l’unique reconnaissance du droit à l’insurrection de l’histoire républicaine. Robespierre, dans son discours du 10 mai, comme il n’a de cesse de le faire devant la représentation nationale, pourfend les représentants du peuple qui se détournent des valeurs et principes de la grande Révolution. Une fois de plus, il fustige ceux qui méprisent le peuple. « Posez cette maxime, leur dit-il, que le peuple est bon, et que ses délégués sont corruptibles ; que c’est dans la vertu et dans la souveraineté qu’il faut chercher un préservatif contre les vices et le despotisme du gouvernement. »

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Le début de la chute…

Posté par jacques LAUPIES le 25 juillet 2017

Quand on « sucre » aux retraités un bout de leurs revenus en préparant une augmentation de la CSG, aux fonctionnaires une journée d’indemnisation de maladie, aux Maires une taxe d’habitation même injuste pour ceux qui la paient, pas étonnant de voir sa côte baisser.

Les Français, déjà couillonnés par ses sponsors richissimes, ne voient plus en Macron qu’un Hollande nouvelle mouture, en pire.

Pourtant on les avait prévenus ces électeurs, généralement fidèles, on ne sait plus trop pourquoi, à un vote d’habitude pour le PS, que leur transfert macroniste relevait du masochisme. Les voilà trompés un coup de plus mais pas content tout de même..

C’est vrai qu’ils ne représentent tout au plus que 12 français sur 100.

Peu probable qu’ils aient gardé cet enthousiasme passager qui faisait dire à l’un d’eux que je connais bien pour son  irréductible attachement : « Tu vas voir avec Macron ça va changer ». Très juste « ça change » et ça risque de changer encore…Et de nous coûter fort cher !

Le monde des affaires au pouvoir !

 

Patrick le Hyaric
Jeudi, 20 Juillet, 2017
Humanité Dimanche
Le début de la chute... dans POLITIQUE

Nous nous honorons ici d’avoir été parmi les premiers durant la campagne de l’élection présidentielle à avoir répété que M. Macron avait bien un programme : celui des milieux d’affaires. 

Cela se confirme jour après jour. Insatisfait des orientations pourtant très libérales annoncées dans le discours de politique générale du premier ministre de droite, le monde de la finance et de la rente n’a cessé de s’agiter les jours qui ont suivi pour réclamer du président de la République plus de clarté, plus d’audace, plus de faveurs. Bref, il ne faisait que réclamer avec gourmandise de confortables retours sur l’investissement qu’il avait placé depuis plus de deux ans sur l’un des siens, venu de la banque Rothschild, qui avait pu se faire la main sur le mélange des genres comme secrétaire général adjoint de l’Élysée, puis ministre de l’Économie.
Pendant que les grands médias faisaient croire à l’état de grâce, des journaux comme « l’Opinion », « Challenges », des penseurs du libéralisme comme ce M. Koenig dans « Libération », tous ceux qui se sont retrouvés aux « Rencontres économiques d’Aix » ou encore l’Association française des entreprises privées et évidemment M. Gattaz sont, avec la rapidité de l’éclair, montés au créneau pour dénoncer l’insuffisant respect des promesses qui leur avaient été faites.
Le discours du premier ministre ne manquait pourtant pas de sales coups contre les salariés et les conquis sociaux, mais tout ce beau monde ne supportait pas que ce dernier ait annoncé reculer de presque un an la transformation définitive du Cice en crédit d’impôt, de reporter la baisse pérenne des cotisations patronales, la diminution de la fiscalité du capital et le recentrage de l’impôt sur les grandes fortunes sur l’immobilier. Sans coup férir, le président a tranché en leur faveur. Et il a décidé d’un même élan de démolir le droit du travail par ordonnances, de réduire les dépenses publiques, de baisser les impôts des plus riches et d’augmenter la CSG. Autant de vieilles recettes de l’ultralibéralisme servies dans de nouvelles gamelles géantes pour le festin à venir des privilégiés.
La modification de l’impôt sur les grandes fortunes vise à en extraire les actifs financiers qui sont la source essentielle de la rente des plus fortunés. Cela représente pour eux un nouveau cadeau de trois milliards d’euros, tandis que les retraités subiront durement le surplus de CSG. Les autres verront grandir la précarité, première conséquence de la nouvelle loi dite « travail ». Le contrat à durée déterminée sera attaqué au burin par « celui de chantier » tandis que les salariés injustement licenciés percevront des indemnités réduites. À tout cela s’ajoutera la pression sur les salaires et la durée du travail que les employeurs ne manqueront pas d’exercer grâce à un Code du travail déclinable entreprise par entreprise. L’impôt sur les sociétés va baisser à 28 %.
En même temps, la nouvelle diminution des crédits publics se fera contre la solidarité, particulièrement en matière de logement et de santé. De premières projections estiment que seulement 280 000 personnes vont bénéficier des nouveaux cadeaux fiscaux macroniens pour une valeur de 4,2 milliards d’euros. Macron est bien le nouveau président des riches ! C’est aussi le président qui obéit à Mme Merkel, qui n’a de cesse de réclamer cette purge contre une hypothétique réforme de la zone euro dont le contenu reste des plus flous.
La combinaison des décisions en cours forme un cocktail d’une brutalité inconnue jusquelà. On avait comparé M. Fillon à Mme Thatcher. M. Macron va les dépasser l’un et l’autre ! Pour financer les énormes cadeaux fiscaux aux plus fortunés et aux grandes entreprises, le pouvoir va déconstruire encore plus nos biens communs, nos services publics. La fin de l’impôt sur les grandes fortunes, comme les facilités fiscales aux grandes entreprises ne vont pas concourir à la relance des investissements utiles, mais viendront alimenter le feu roulant et dévorant des marchés financiers et de cette bulle spéculative menaçante qui ne cesse d’enfler.

Ces décisions forment un cocktail d’une brutalité inouie. On avait comparé M. Fillon à Mme Thatcher. M. Macron va les dépasser!

La nouvelle diminution de 13 milliards de dotation aux collectivités locales, combinée à la fin de la taxe d’habitation, sera utilisée pour obliger ces dernières à réduire leurs actions et leurs investissements au service du plus grand nombre. Les services publics de proximité et la démocratie locale en seront étouffés. Les conséquences pour l’emploi seront désastreuses.
Ce qui s’annonce peut donc être encore pire que ce qui s’est passé durant les deux derniers quinquennats. Le monde du travail, de la culture, de la santé, de l’éducation, de la justice, de la recherche ne peut rester plus longtemps dans l’expectative ou l’attente. Il doit dans sa diversité se faire entendre, se manifester contre ce pouvoir qui recherche un consensus, une « union nationale » d’un nouveau type au seul service des puissances financières en guerre entre elles pour aboutir au taux de profit maximal. Il n’y a aucune illusion à se faire. De ce point de vue, la préparation de la journée nationale d’action du 12 septembre est importante, comme l’est le dialogue avec le maximum de salariés, de jeunes, de retraités, de créateurs pour une Fête de l’Humanité contribuant à l’indispensable riposte contre le nouvel ordre des féodalités. Sa réussite se prépare dès maintenant. Ce sera celle de l’humain contre la voracité de l’argent r
Directeur de l’Humanité

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Liberté retrouvée

Posté par jacques LAUPIES le 24 juillet 2017

 

Liberté retrouvée dans POLITIQUE 905349730_small
Dans le bleu gris du soir qui tombe
Sur champ de blé aux lourds épis
Je sens comme dans une tombe
Se couvrir la vie qui finit

Devant moi un sombre verger
Porte l’or de multiples fruits
Et dans l’ombre de ses allées
Déjà s’installe une vraie nuit

Sous la voûte obscure du ciel
Tout s’éteint tout devient inerte
Seul un généreuix arc en ciel
Se manifeste en pure perte

Ici plus rien n’est au sauvage
Et sur ces terres cultivées
Le moindre des petits orages
Devient une calamité

Cependant dans cette nature
Domestiquée par les humains
Je suis tranquille et me rassure
D’y voir de multiples chemins

Soudain miraculeusement
Apparait derrière un nuage
Un soleil qui comme un enfant
Sourit d’un éclat sans ambages

L’astre dans le soir illumine
Ce jour que je croyais en fin
La plaine change et se ranime
Ouvrant des horizons lointains

D’un olivier au premier plan
J’observe le gris des Alpilles
Au bout d’un pays verdoyant
De forêts de pins qui l’habillent

Je quitte l’immense horizon
Et me tournant à contre jour
Je vois se dresser les maisons
Vers qui j’amorce mon retour

A quoi bon se presser le soir
Quand les hautes herbes de mai
Donnent à notre vie l’espoir
Que peut être viendra l’été

Est-il besoin pour le bonheur
De fuir dans un désert de sable
Quand les sentiers bordés de fleurs
Nous ramènent à l’agréable 

18 mai 2007

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Quand François remplace Pierre ?

Posté par jacques LAUPIES le 24 juillet 2017

Entre un démissionnaire accusé de rendre publiques ses convictions de chef d’état major, mis en difficulté par une réduction budgétaire, et un nouveau chef d’état major qui serait compromis dans les massacres rwandais la plupart des français, par méconnaissance de la politique militaire de la France comme on dit : « laissent pisser » (encore que) !

Sans doute est ce une erreur et un manque dans l’exercice de leur responsabilité citoyenne. J’avoue que moi-même, si l’Humanité n’avait pas publié les déclarations de Jacques Morel j’aurais pu penser que ce nouveau Chef d’Etat-Major, le dit Lecointre, aurait été choisi pour sa pseudo conduite héroïque à Sarajevo, comme le martèlent la plupart des médias.

En vérité je n’aurais jamais pensé cela car ma petite conscience de classe me dicte d’être un peu plus perspicace. La politique française est empoisonnée depuis bientôt deux siècles par la question coloniale et si cette politique a pris des formes différentes, elle existe toujours même dans le cadre des indépendances reconnues des pays africains. C’est ce que l’on a fort justement baptisé le néocolonialisme !

Le « content de lui » François Hollande et ses Ministres n’ont pas failli à s’insérer dans cette conception toujours vivace. De ce point de vue le successeur Emmanuel Macron semble vouloir « faire mieux » Autrement dit donner àux militaires les mêmes objectifs de défense  des intérêts de la France, sous entendez de maitrise de l’exploitation des ressources pétrolières ou minières de ces pays par des sociétés multinationales et nationales d’origine française.

Sans doute le dernier (Macron) se distingue en profitant de l’affaire, en muselant un peu plus le parlement qui n’aurait pas à entendre les arguments d’un militaire en matière de budget de défense. Mais la question de fond reste la même à savoir : quand la France basera-t-elle sa politique étrangère sur la coopération avec les états africains dans le développement et la réciprocité des échanges, avec les aides que cela implique, ne serait-ce que pour réparer les dégâts du colonialisme ? Cela vaut pour ses relations dans l’ensemble du monde ! 

 

Jacques Morel : « Le nouveau chef d’état-major défendait les auteurs du génocide rwandais »

 

Entretien réalisé par Lola Ruscio
Vendredi, 21 Juillet, 2017
L’Humanité
Le 20 juillet, Emmanuel Macron aux côtés du général François Lecointre, lors d’une visite de la base militaire d’Istres . Jean-Paul Pelissier/Reuters<br /><br /><br /><br /><br /><br /><br />

Le 20 juillet, Emmanuel Macron aux côtés du général François Lecointre, lors d’une visite de la base militaire d’Istres . Jean-Paul Pelissier/Reuters

Le chef de l’Etat a nommé François Lecointre chef d’état-major des armées, alors que celui-ci a fait partie de l’opération Turquoise au Rwanda. Le spécialiste de la politique française en Afrique, Jacques Morel, revient sur ses missions sur le terrain.

Emmanuel Macron a désigné François Lecointre nouveau chef d’état-major des armées. Quel a été son rôle dans l’opération Turquoise au Rwanda, en 1994, lors du génocide des Tutsis ?

Jacques Morel Il était capitaine d’infanterie de marine. François Lecointre était affecté au groupement Nord Turquoise, où il était responsable du secteur de la commune de Gisovu. Responsable des troupes, il collaborait avec le directeur de l’usine à thé, Alfred Musema, un des organisateurs du génocide dans la région de Bisesero. Nous en avons des preuves. Au moment de son procès au Tribunal pénal international pour le Rwanda (Tpir), où il a été condamné à perpétuité pour génocide, une pièce à conviction déposée par sa défense est une lettre du capitaine Lecointre adressée à Musema. Dans cette missive datée du 18 juillet 1994, il l’informe qu’il va changer de secteur et qu’il laisse la région à un subordonné. Ce document montre que leurs relations étaient cordiales. Au lieu d’enquêter et de l’arrêter, Lecointre a collaboré avec lui. Ce ne sont pas les seuls éléments. Dans une lettre rédigée dans l’Ancre d’or datée du 18 juillet, le capitaine évoque les sauvetages d’enfants tutsis cachés chez des Hutus. Il y décrit des opérations de sauvetage qui se déroulaient la nuit, sans lampe, pour ne pas être repérés par les miliciens, qui, dit-il, « poursuivent leurs patrouilles de nuit ». Preuve que les Français ont laissé les miliciens opérer librement dans la zone « humanitaire sûre » décrétée par l’Hexagone début juillet. Cette zone humanitaire était sûre pour les miliciens, car ils pouvaient continuer à opérer sans être attaqués par le Front patriotique rwandais (FPR). De fait, le nouveau chef d’état-major défendait les auteurs du génocide rwandais. 

Pendant sa campagne, Emmanuel Macron s’était engagé à « réconcilier les mémoires ». Avec la nomination de François Lecointre, dans quelle tradition idéologique s’inscrit-il ?

Jacques Morel Il poursuit la ligne de Jean-Yves Le Drian, ex-ministre de la Défense sous François Hollande. Ce professeur d’histoire-géographie couvrait sans cesse le génocide rwandais. Il disait notamment que la France devait être fière de ce qu’elle avait fait là-bas. Pourtant, les documents publiés par la mission d’information parlementaire de 1998 sont extrêmement compromettants. L’armée française est mouillée jusqu’au cou. On est dans le pire mensonge. D’ailleurs, l’actuel sous-chef d’état-major « opérations », Grégoire de Saint-Quentin, était l’un des premiers sur les lieux du crash de l’avion du président rwandais, Juvénal Habyarimana, lors de l’attentat du 6 avril 1994.

Quel signal cette nomination envoie-t-elle quant à la conception des missions de l’armée française, notamment en Afrique ?

Jacques Morel François Lecointre, un officier des troupes de marine, autrement dit des troupes coloniales, a été nommé à la tête des armées. Signe que l’armée française intervient pour contrôler des pays africains, motivée par des raisons de puissance et d’enjeux pétroliers. C’est une vision postcoloniale. Emmanuel Macron justifie les opérations françaises au Sahel, entre autres l’opération Barkhane commandée par le général Bruno Guibert, impliqué lui aussi dans le génocide rwandais, au motif de lutter contre le terrorisme et d’assurer notre sécurité, alors que des commandants ont collaboré avec les pires assassins. La France se porterait mieux si elle rapatriait ses troupes d’Afrique.

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