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Macron au plan international : c’est comme les autres !

Posté par jacques LAUPIES le 17 juillet 2017

 

Je trouve erronée cette propension à attribuer à un seul homme des orientations politiques fondamentales dont il serait l’instigateur providentiel.

Qu’il y ait un lien entre les choix politiques d’un individu  et son action confortée  par le pouvoir dont il dispose pour les appliquer je veux bien l’admettre. Je crois même que c’est une évidence mais ses choix personnels sont toujours liés au possible que donne des contextes historiques donnés. 

Ce qui dépend  les conditions de développement  économique (résultant de celui des forces productives) de l’état des développements particuliers à chaque pays qui expriment des inégalités indiscutables, de la nature des pouvoirs politiques à l’échelle nationale et internationale, des différents degrés d’exploitation et des résistances qui s’y opposent donc de la nature des rapports sociaux 

Autant d’élément dont un chef d’état doit tenir compte, à supposer qu’il veuille servir son peuple.

Le premier de ces éléments et non des moindres est qu’il ne soit pas au service de la classe des possédants, et s’il prétend ne pas y être parce que prônant la défense de l’intérêt général, qu’il affirme sa neutralité par une théorie et des actes appropriés.

Le nouveau Président n’offre évidemment aucune de ces garanties. Sur le plan économique il est libéral et donc, de fait, soutient un système fondé sur l’aliénation du travail et la recherche du profit ce qui le conduit sur le plan social  malgré des effets d’annonce trompeurs à réduire la part consacrée à la rémunération du travail à l’avantage du capital, comme la plupart de ses prédécesseurs.

Au plan  international il veut incarner une stratégie qui parait différente de celle des courants politiques qui émergent au niveau des grandes puissances économiques mondiales, ou les oligarchies financières et industrielles imposent leur dictat en fonction des conditions  politiques propres à chacune de ces puissances (USA, Russie, Allemagne, voire Chine) En réalité c’est pour tous la même démarche : recherche d’un pouvoir politique plus fort au services des tenants du capital  dans les secteurs où ils interviennent (énergie, armement, agro alimentaire, numérique, transports, etc.) ce qui explique les luttes d’influence géopolitique et parfois des contradictions source de conflits. Les peuples sont bernés !

 

 

 

 

 

Diplomatie. De l’atlantisme au gaullisme, Macron incarne toutes les lignes

 

VADIM KAMENKA
Samedi, 15 Juillet, 2017
Humanité Dimanche

Deux mois après son élection, le nouveau chef de l’État français a déjà multiplié les sommets ­ Otan, G7, UE… ­ et les rencontres ­ Donald Trump, Vladimir Poutine, Angela Merkel et Narendra Modi. Depuis le début de son quinquennat, ce président a décidé d’investir le champ de la politique étrangère et européenne. Mais quelle ligne va-t-il incarner ?

Le président Emmanuel Macron se rendra en Allemagne pour son premier G20, les 7 et 8 juillet. Depuis le début de son mandat, le chef de l’État entend incarner une nouvelle politique étrangère et européenne : la sienne. Elle passe par une rupture avec ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy et François Hollande. Estce pour renouer avec une ligne gaullo-mitterrandienne ? Pour Christian Lequesne, chercheur au Centre de recherches internationales (Ceri), cela ne fait guère de doute : « Emmanuel Macron en reprend les standards. Il y a une forme de rupture avec les deux précédents quinquennats, qui basaient en grande partie leur diplomatie sur la question du respect des grands principes et de valeurs démocratiques. Il semble y avoir chez le président français une tendance à la diplomatie des intérêts. On peut la caractériser comme une sorte de pragmatisme » selon lequel « la France doit pouvoir discuter avec tout le monde ».

FINI LE NÉOCONSERVATISME ?

Le président français l’a clairement affirmé. Dans son entretien accordé à huit titres de presse européens (« le Figaro », « Süddeutsche Zeitung », « le Soir », « The Guardian », « Corriere della Sera », « El Pais », « Gazeta Wyborcza » et « le Temps »), le 21 juin dernier, Macron y affirme : « Avec moi, ce sera la fin d’une forme de néoconservatisme importée en France depuis dix ans. La démocratie ne se fait pas depuis l’extérieur à l’insu des peuples. La France n’a pas participé à la guerre en Irak et elle a eu raison. Et elle a eu tort de faire la guerre de cette manière en Libye. » De son côté, Pascal Boniface (géopolitologue) y voit un moyen de se référer « à deux présidents emblématiques de la Ve République, un double patronage et de droite et de gauche. Sur le fond, le gaullo-mitterrandisme est une rupture avec la politique étrangère de la IVe République, marquée par les guerres coloniales et l’atlantisme.
La question de l’indépendance en est le point central : la France est un pays occidental, mais pas seulement. Elle parle librement, en alliée, pas en alignée. Le gaullo-mitterrandisme s’oppose à ce qu’on nomme le courant atlantiste pendant la guerre froide, néoconservateur ou occidentaliste désormais (1). »

RENOUER AVEC LE KREMLIN

La réception de Vladimir Poutine en grande pompe à Versailles, le 29 mai, est apparue comme une volonté de renouer un dialogue apaisé avec la Russie. Sous la présidence Hollande, les relations ont été particulièrement tendues sur un certain nombre de dossiers : Iran, Syrie, Ukraine. Cela avait même débouché sur un report d’une visite de Vladimir Poutine à Paris, le 19 octobre 2016. Le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, qui s’est rendu fin juin à Moscou, voit des points de convergence avec la Russie sur la diplomatie et parle d’« une fenêtre d’opportunités » sur la Syrie (2). Poutine voulant éviter l’enlisement et la France ayant largement évolué puisqu’elle ne fixe plus le départ de Bachar Al Assad comme un préalable à toute négociation pour le processus de paix.

TOUT TENIR

Mais cette rupture avec le néoconservatisme et l’interventionnisme d’Emmanuel Macron apparaît surjouée. Le président français assume aussi la politique musclée de Nicolas Sarkozy et François Hollande, qui ont participé à de nombreux conflits (Libye, Côte d’Ivoire, Mali, Irak…). Le nouveau chef de l’État serait prêt sur la Syrie à des représailles militaires contre le régime en cas d’attaques chimiques.
La France n’hésiterait pas à agir seule pour faire « respecter sa ligne rouge », a-t-il affirmé, à l’instar de Donald Trump qui a ordonné une frappe militaire contre l’armée syrienne, le 4 avril dernier. Macron ne rompt donc aucunement avec l’atlantisme. Et le président va jusqu’à inviter Donald Trump pour les célébrations du 14 Juillet, à Paris. Un geste hautement symbolique, que l’Élysée explique par une volonté de ne pas rompre le dialogue après une « opposition » sur la COP21.
Reste que la rupture d’Emmanuel Macron avec le néoconservatisme et l’interventionnisme semble surjouée.
 
L’objectif officiel est de célébrer « les 100 ans de l’entrée en guerre des États-Unis aux côtés des troupes françaises pendant la Première Guerre mondiale ». Officieusement, l’Élysée entend faire revenir les États-Unis dans le processus de lutte contre le réchauffement climatique et travailler ensemble sur les conflits au Moyen-Orient, notamment sur le dossier syrien et la lutte contre le terrorisme.
Emmanuel Macron semble donc vouloir s’inspirer de l’ensemble des lignes diplomatiques. Une méthode qui pourrait fonctionner un temps, mais qui « pourrait se compliquer si l’aura qui l’entoure venait à se fragiliser. Pour l’instant, son succès à la présidentielle le sert encore, mais si ses réformes en France deviennent problématiques, alors il pourrait perdre en crédibilité auprès des autres dirigeants », prévient Christian Lequesne (3).
 
(1) « L’Opinion » du 29 juin 2017. (2) entretien au « monde » du 29 juin 2017. (3) « politique étrangère de la France : quels défis pour le prochain président ? », site du ceri.
 

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