Trente glorieuse plus trente moins glorieuses ça fait quoi ? Une grosse interrogation !

Posté par jacques LAUPIES le 31 août 2017

Pur produit des trente glorieuses : j’avais 15 ans en 1951 et je rentrais en apprentissage dans un centre SNCF, après avoir concouru pour y être admis, j’ai eu la chance de me retrouver parmi les 15 admis sur environ 300 candidats, je mesure aujourd’hui ce que cela représentait de se voir quasiment assuré d’avoir des formations et un emploi  pour les 40 années à venir lorsque l’on appartient à une famille ouvrière.

Il faut bien le dire les années d’occupation  marquées par de dures restrictions, les années qui ont suivi la libération marquées elles aussi de difficultés pour assurer l’essentiel et la « menace » de me voir « condamné à travailler à la mine » dans ce bassin des Cévennes où résidaient mes grands parents m’ont sans doute préoccupé. A la mesure cependant que permet  heureusement l’insouciance de l’enfance.

Donc pour moi que la perspective d’exercer un métier au sein d’une grande entreprise nationale constituait au point fort de mon adolescence une réelle promotion. J’entends toujours mon père de ce temps dire : « déjà il va être payé et toute sa vie il sera tranquille » Une phrase que la plupart des salariés du « privé » de cette génération de trente six, prononçait volontiers dans un contexte où se développaient les nationalisations.

Certes je voyais s’échapper des études et je me souviens de l’instituteur du CM2 ayant déclaré que les études c’était fait pour les enfants de familles qui désiraient ‘assurer à leurs enfants  le renouvellement de leur condition sociale.

Je n’ai évidemment pas regretté cette ségrégation, sinon pour avoir manqué quelques éléments d’ouverture sur le plan culturel, puisque à l’image de tous mes copains je me suis retrouvé ultérieurement en plein cœur de ce mouvement ouvrier qui dans les décades qui ont suivi a contribué à de notables améliorations sur le plan social. 

Au lieu et place de l’université il y a eu le Syndicat (CGT) et le Parti Communiste. J’y ai appris que la classe ouvrière était capable de produire d’éminents dirigeants (je préfère le terme de responsables) qui étaient capables de comprendre la société ou je vivais et les sociétés en général et pour qui j’avais cette admiration largement partagée.

Mais bien entendu cela n’excluait pas l’absolue nécessité d’entendre les plus grands intellectuels que le monde universitaire, et celui de la culture, peuvent nous offrir, au passé comme au présent.

Si je fais ce rappel très sommairement, ce qui au fond est d’une grande banalité, c’est tout simplement parce que ce n’est pas seulement mon expérience personnelle, que je me garderai bien de considérer comme exemplaire. Elle ne l’est pas ! Pas plus que ne le sont celles d’ailleurs de toute ces générations qui ont été mêlées aux luttes sociales de ces trente années.

Si j’évoque cette période qui au fond est une grande bataille perdue à l’échelle nationale et mondiale, c’est pour rappeler évidemment que la guerre n’est pas finie depuis ce qui apparaissait, pour nous, le prélude à de grandes transformations sociales.

La lutte doit continuer, elle sera toujours plus difficile car l’adversaire est économiquement puissant et dispose d’un dispositif médiatique à la mesure de ses besoins pour tromper le peuple.

Mais ne nous y trompons pas il est en situation de grande vulnérabilité et cela se sent !

A nous, fort de l’enseignement des erreurs et fautes passées de nous ressaisir et de ne pas répéter cette crainte qui nous fait rechercher ailleurs qu’en nous mêmes toutes les ressources  nécessaires au combat politique !

Philippe Martinez : « La journée de mobilisation du 12 septembre est une première étape »

 

 

A quelques heures de la conférence de presse de rentrée de la CGT qui se tenait ce mardi 29 aout, l’organisation syndicale vient d’être conviée, jeudi à Matignon à la réunion multilatérale avec l’ensemble des syndicats qu’elle réclamait depuis le mois de juillet. Un signe de fébrilité de la part du gouvernement qui semble prendre la mesure de la mobilisation qui se prépare le 12 septembre, selon Philippe Martinez. Rencontre avec le secrétaire général de la CGT qui détaille les enjeux de de la bataille contre la reforme du code du travail.

 

 

 

 

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Et encore Onfray

Posté par jacques LAUPIES le 30 août 2017

 

Image de prévisualisation YouTube

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Ordonnances. « On va vers une remise en cause sans précédent du droit du travail »

Posté par jacques LAUPIES le 28 août 2017

Cet entretien parait ce jour dans l’Humanité. Je crois utile de le reproduire ici en invitant mes lecteur qui ne sont pas nécessairement lecteurs de l’Huma d’aller acheter ce journal, bien le seul à donner, avec engagement mais aussi objectivité, les compte rendus des initiatives sociales, syndicales ou politique allant dans le sens de la défense des intérêts populaires et particulièrement  ceux des salariés.

Entretien réalisé par Sébastien Crépel
Mardi, 29 Août, 2017
L’Humanité
Julien Jaulin/hanslucas<br /><br /><br />

À l’avant-veille de la présentation par le gouvernement de sa réforme du Code du travail, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, alerte sur la gravité d’un texte conçu pour laisser les mains libres aux grands groupes en détruisant les protections des salariés.

Le contenu précis des ordonnances pour réformer le Code du travail reste secret, malgré les rendez-vous donnés aux syndicats la semaine dernière. Pouvez-vous confirmer que les points les plus dangereux pour les salariés y figureront ?

PHILIPPE MARTINEZ Comme on ne nous a pas donné les ordonnances, nous n’en connaissons que les tendances fortes. Mais l’on va clairement vers une remise en cause sans précédent du droit du travail. Le gouvernement continue à parler d’excès de rigidité, de manque de libertés qui seraient la cause du chômage pour justifier la casse des droits des travailleurs. Cela veut dire la fin des repères collectifs, les règles dans leur très grande globalité étant désormais définies dans chaque entreprise. Cette inversion de la hiérarchie des normes s’appliquera aussi en matière de salaires, contrairement à ce que le gouvernement prétend, puisque, même si l’on ne touche pas aux grilles dans les branches, les ordonnances devraient permettre par exemple de rediscuter dans chaque entreprise de la prime d’ancienneté, laquelle peut représenter jusqu’à 20 % du salaire. La même logique prévaut pour des droits inscrits dans le Code du travail qui concernent l’ensemble des salariés, comme le nombre de renouvellement des CDD. Cela sera renvoyé aux branches, qui pourront faire ce qu’elles voudront. Le gouvernement souhaite étendre aussi le recours au CDI dit de projet, qui n’est rien d’autre que de la précarité à long terme, puisque ce contrat pourra être remis en cause du jour au lendemain. Et puis d’autres régressions sont glissées dans les textes, comme les temps d’habillage et déshabillage qui ne seront plus comptés en heure de nuit quand le salarié termine son poste à 21 heures.

Et concernant l’indemnisation du licenciement ?

PHILIPPE MARTINEZ La tête de chapitre, c’est : on augmente un peu les indemnités légales comme le font d’ailleurs déjà certaines branches, et tout ce qui est préjudice sera barémisé. Or 85 % des jugements aux prud’hommes le sont pour faute grave d’un patron. Désormais, ce dernier pourra provisionner un licenciement, quels que soient le préjudice et la gravité de sa faute, puisqu’il saura combien il devra débourser le jour où il voudra se débarrasser d’un salarié. C’est très grave. Je pense que le gouvernement ne changera pas d’avis non plus sur sa volonté de ramener au périmètre national l’appréciation des difficultés d’un établissement ou d’une entreprise en cas de licenciement. Typiquement, cela veut dire qu’une bataille comme celle des Molex ne pourra plus être menée. C’est un scandale, quand on sait les pouvoirs comptables des entreprises pour faire passer du jour au lendemain un établissement dans le rouge. Beaucoup ont des filiales auxquelles elles louent des locaux, il leur suffit de doubler le loyer…

Les instances du personnel seront-elles fusionnées comme le gouvernement le souhaite ?

PHILIPPE MARTINEZ On nous a laissé entendre que cela sera dans les ordonnances, quelle que soit la taille de l’entreprise, suppression des CHSCT à la clé. Fusion des institutions, ça veut dire moins de moyens, moins d’élus, moins d’heures de délégation, etc. Avec la possibilité, que le gouvernement dit ne pas avoir tranchée mais qui est dans le paysage, de permettre des négociations sans syndicat dans les petites entreprises. Cela est condamné par tous les syndicats au plan européen. Une récente étude a d’ailleurs démontré que l’absence d’implantation syndicale, quel que soit le pays, favorise le creusement des inégalités, notamment salariales.

La CGT a-t-elle été entendue sur certains points ?

PHILIPPE MARTINEZ Il semble qu’on ait été entendu en partie en matière de discrimination syndicale, ce qui montre que notre bataille sur les libertés syndicales, qui a abouti à l’adoption par le Conseil économique, social et environnemental des conclusions du rapporteur CGT sur le sujet, pèse dans les discussions. Mais c’est à vérifier jeudi.

François Hollande a critiqué le projet de son successeur, en fustigeant des « sacrifices qui ne sont pas utiles ». Y a-t-il une rupture avec la loi El Khomri ?

PHILIPPE MARTINEZ On voudrait nous faire croire qu’il s’agit d’un projet nouveau et qu’il est la seule solution pour réduire le chômage, mais c’est un mensonge d’État. Il faut casser cette idée que ce sont de nouvelles têtes avec de nouvelles idées qui sont au pouvoir : ce sont les mêmes avec les mêmes mots et les mêmes logiques. On reste dans la continuité des lois Hollande-Macron. La porte qu’ils n’ont pas pu pousser jusqu’au bout l’an dernier parce que la mobilisation les en a empêchés, ils essaient aujourd’hui de l’ouvrir complètement.

Le gouvernement se targue d’une situation qui s’améliore sur le front de la croissance et de l’emploi pour justifier d’aller plus loin dans la flexibilité du marché du travail…

PHILIPPE MARTINEZ À qui profite la pseudo-reprise économique ? Aux actionnaires. La France est championne d’Europe de la distribution de dividendes ! Mais le chômage ne baisse pas réellement, les radiations de chômeurs continuent. Par contre, la nature de l’emploi change, comme on l’a vu auparavant en Espagne ou en Allemagne. Il existe désormais une Allemagne à deux vitesses entre les travailleurs qui bénéficient de conventions collectives et les contrats ultra-précaires et à temps très partiel. C’est aussi le cas en Italie, où se développe l’embauche à l’heure. Derrière l’emploi, il faut donc poser la question de la qualité du travail. Est-ce que travailler une heure par mois, c’est un emploi ? En réalité, ces ordonnances sont faites pour les grandes entreprises car les artisans et les petits patrons ne veulent pas de la loi de la jungle, ils ont besoin de conventions collectives, sinon, c’est le plus fort qui définit les règles à son avantage.

Vous avez salué la méthode du gouvernement. Beaucoup critiquent pourtant son opacité et l’absence de véritable négociation collective…

PHILIPPE MARTINEZ Quand on dit qu’on va changer profondément les choses, c’est mieux de demander l’avis des syndicats, plutôt que d’apprendre le contenu de la loi dans la presse comme cela s’est passé l’an dernier. C’est cela que j’ai dit. Mais j’ai dit aussi que la manière de procéder du gouvernement relevait de l’enfumage, parce que, à l’issue des discussions, on ne connaît pas le contenu de ses arbitrages, ni ce qu’il a retenu des dix-sept pages de propositions de la CGT. C’est tout l’art de la communication du gouvernement : faire croire qu’il y a une négociation sans dévoiler son projet, et entretenir le flou jusqu’au dernier moment pour éviter que les syndicats ne fassent front commun. C’est un semblant de négociation, on ne peut même pas parler de concertation, juste de discussion. Le gouvernement tire ainsi à sa façon les enseignements de la mobilisation de l’année dernière, ce qui montre au passage qu’elle n’a pas compté pour rien. Ils se sont dit, cette fois, on ne va pas leur mettre sous les yeux un projet définitif, on va les recevoir séparément en communiquant sur les « 50 réunions » programmées. Mais, pour la CGT, cela s’est résumé à 7 fois une heure. Et cette méthode permet de dire des choses différentes aux uns et aux autres. La CGT a demandé officiellement une multilatérale (une réunion où les organisations seraient reçues ensemble – NDLR), sans réponse du gouvernement.

La CFTC a parlé d’un rééquilibrage de la copie du gouvernement en faveur de la branche par rapport à la loi El Khomri. Le confirmez-vous ?

PHILIPPE MARTINEZ Non, puisque nous n’avons aucun texte écrit.

Vous appelez à une journée de grève le 12 septembre. Où en est sa préparation ?

PHILIPPE MARTINEZ Les militants ont diffusé un tract à un million d’exemplaires cet été. Des initiatives ont été organisées durant notre campagne auprès des saisonniers et pendant le Tour de France cycliste. Des plans de travail sont prêts pour la rentrée. Nous visons une mobilisation ancrée le plus possible dans les entreprises. Nous avons tiré les enseignements du mouvement de l’année dernière. Des manifestations, il faut en faire parce que ça se voit, mais il faut aussi des actions dans les entreprises. Donc l’idée, c’est de préparer le 12 septembre avec les salariés, entreprise par entreprise, branche par branche, afin de partir des réalités de chacun pour établir des convergences.

FO n’appelle pas au 12 septembre. Comment percevez-vous l’évolution de son discours par rapport à l’an dernier ?

PHILIPPE MARTINEZ J’écoute ce que dit Jean-Claude Mailly, il a salué la méthode par rapport à l’absence de discussion de l’année dernière. Sur le fond, le secrétaire général de FO dit : on verra le 31 août. De notre côté, nous travaillons à réussir la mobilisation du 12 septembre. Nous prenons nos responsabilités sans rien imposer aux autres syndicats. Il y a des liens, des échanges avec les syndicats de Force ouvrière qui ont débouché, dans plus d’une trentaine de départements maintenant, à des appels unitaires, même si cela ne se fait pas toujours autour du rendez-vous du 12. Une grande fédération comme celle des transports appelle au 12 septembre, donc le débat se poursuit chez les militants FO. Je note aussi la position intéressante de la CGC, même si ce syndicat dit qu’il n’est pas dans sa culture d’appeler à la grève. Et je trouve la CFDT beaucoup moins enthousiaste que l’année dernière. Enfin, chez les étudiants, l’Unef appelle au 12 septembre. Tout cela montre l’utilité de la présence de la CGT dans les réunions au ministère. Le gouvernement espérait un petit débat feutré en attendant le 31 août, nos comptes rendus aident les salariés mais aussi les militants des autres organisations à comprendre les tenants et les aboutissants de ce qui se trame. On verra jeudi les positions des uns et des autres. Il restera encore deux semaines pour préparer le 12 septembre.

Quel écho suscite votre appel à se mobiliser chez les salariés ?

Philippe Martinez On note un mécontentement et de l’effervescence. Mais on ne sait jamais à l’avance comment cela se traduira. On a vu l’année dernière qu’il ne suffit pas de signer une pétition en ligne pour qu’une grève démarre dans chaque entreprise. C’est notre travail de syndicaliste de faire en sorte que ce mécontentement s’exprime dans un « tous ensemble » plutôt que chacun reste dans son coin. Pour cela, il faut sortir des slogans trop globalisants et aller au plus près des travailleurs. Regardons la lutte très intéressante des coursiers de Deliveroo, ils incarnent le modèle du travail rêvé par Emmanuel Macron. Pourquoi se battent-ils ? Pour obtenir des garanties collectives en matière de rémunération. Et ils s’aperçoivent que sans instance représentative des salariés il est difficile de faire valoir ses revendications. Ceux qu’on présente comme les travailleurs de demain se battent pour obtenir ce qu’ont les autres travailleurs, présentés comme des archaïques et des passéistes. Nous voulons faire converger les uns et les autres, à partir de ces réalités différentes.

Y aura-t-il des suites au 12 septembre ?

PHILIPPE MARTINEZ Nous tenons une assemblée de rentrée ce mardi, nous allons y réfléchir.

Le temps, très restreint jusqu’à l’adoption des ordonnances, n’est-il pas un obstacle à une mobilisation de longue durée ?

PHILIPPE MARTINEZ Les ordonnances ne sont pas la loi, elles ont six mois pour le devenir. Il y aura un retour à l’Assemblée nationale pour décider si ces ordonnances seront inscrites dans la loi. On a déjà connu des ordonnances qui ne sont pas entrées dans la loi…

Il existe donc encore un champ pour développer la mobilisation ?

PHILIPPE MARTINEZ Bien sûr, il y a du temps. C’était déjà comme ça l’année dernière avec le 49-3 : ils essaient de mettre des barrières pour empêcher d’agir. Nous, nous faisons confiance au pouvoir d’intervention des salariés, des retraités, des jeunes, des étudiants.

Le 12 septembre ne sera donc pas un baroud d’honneur ?

PHILIPPE MARTINEZ Dans l’esprit de la CGT, le 12, c’est une première étape. En général, dans les grands tours cyclistes, il y a plusieurs étapes.

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Pierre Laurent à l’université d’été

Posté par jacques LAUPIES le 28 août 2017

Image de prévisualisation YouTube

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

  Allocution de Pierre Laurent à l’Université d’été

Posté par jacques LAUPIES le 27 août 2017

 

Image de prévisualisation YouTube

 

 

Commentaire : Cette allocution évidemment n’apporte pas toutes les réponses essentielles à l’action des communistes. Pour cause beaucoup de ces réponses sont en débat et si les communistes sont conscients de la nécessité de l’action immédiate pour  mettre en échec la politique du pouvoir en place, toute tournée contre les intérêts des salariés, des retraités et ne laissant que peu d’espoir à la jeunesse, nous devons bien sur nous interroger sur nos notre analyse de la société, de stratégie et de mise en œuvre.

sans précipitation certes mais c’est une urgence d’offrir aux communistes la possibilité de retrouver leur identité sans laquelle les perspectives d’union et de rassemblement n’aboutiront pas et nous affaiblirons ! Une fois de plus…

 

Université d’été 2017

27 août- Angers

Allocution Pierre LAURENT

Seul fait foi

 

Chers camarades,
chers amis, chers invités et conférenciers,

 

J’espère que pour vous toutes et tous les travaux de notre université d’été ont bien commencé. 

Je veux d’abord vous remercier pour la belle fraternité de ce rassemblement. Nous sommes heureux de coupler cette année notre forum estival  avec le campus des élus. Je leur adresse également mon salut. Nous sommes plus de mille au total et nos échanges s’annoncent d’une grande richesse.  Quel beau moment d’éducation populaire! La politique pour nous n’est pas une profession, c’est l’exercice du partage démocratique, c’est l’apprentissage  du pouvoir citoyen, c’est un  terrain de conquête pour l’émancipation. 

Voilà pourquoi chaque année l’utilité de notre université est un cinglant démenti aux fossoyeurs des partis. 

 

Ici, nous nous éduquons librement, sans tutelle. Et c’est cette conquête politique de la liberté de pensée, d’analyse, d’organisation et d’action, qui nécessite l’appropriation de savoirs, que les puissants voudraient s’arroger pour eux seuls.  Au peuple, ils voudraient réserver la vulgate et le martelage de leurs schémas idéologiques. 

Nous, nous voulons notre autonomie, nous prenons parti pour être libres et agir en citoyens éclairés sur les enjeux du monde.

 

Notre université d’été, c’est aussi le premier acte de notre rentrée politique. Je dis bien le premier, surtout cette année, car en ce mois de septembre les rendez-vous de lutte ne manqueront pas, et notre rentrée connaîtra comme chaque année son point d’orgue à la Fête de l’Humanité les 15, 16 et 17 septembre. La Fête de l’Humanité  demeure, et de loin, le plus grand rassemblement populaire, culturel et politique de notre pays. C’est là aussi un beau et grand moment de culture et d’émancipation. La Fête, c’est le rendez-vous de tous les combats, de tous les débats, de toutes les cultures, de toutes les fraternités, c’est la fête du journal de Jaurès, le seul quotidien national qui, avec son magazine l’Humanité Dimanche, continue de tenir tête, en toute indépendance, aux puissances d’argent

La Fête, c’est le rendez-vous de la jeunesse, de l’engagement désintéressé, du bénévolat militant, de la solidarité internationale. Dans les trois semaines qui viennent, la préparation de la Fête devra être notre priorité à tous, en lien direct avec l’effervescence sociale qui s’annonce et  à laquelle la Fête va donner une immense caisse de résonance quelques jours après la journée de mobilisation syndicale du 12 septembre. Je vous appelle à consacrer toute votre énergie à sa réussite.

 

Chers camarades, j’espère que vous avez refait le plein d’énergie. Car j’irai droit au but. La rentrée à laquelle je vous appelle est  une rentrée sur les chapeaux de roue, une rentrée de combat et de riposte, une rentrée de créativité politique pour notre parti, une rentrée de construction et de rassemblement pour l’alternative au pouvoir Macron.

 

Oui, une rentrée de combat, car le pouvoir Macron n’a pas tardé à frapper. Il paraît qu’il ne devait être «  ni de droite, ni de gauche  », ce pouvoir. Mais il ne frappe en tous cas que d’une seule main, la droite  ! 

26.000 euros de frais de maquillage n’auront pas suffi à masquer très longtemps le vrai visage du nouveau pouvoir. 

 

Les coups pleuvent et d’abord sur  les plus fragiles  :  la baisse de l’APL, du jamais vu, cinq euros dont beaucoup ne semble même pas mesurer la valeur  ; la suppression de 293.000 emplois aidés, un vrai massacre social et associatif  ; les ordonnances pour précariser tous les contrats de travail  ; la hausse de la CSG qui, n’en déplaise aux additions truquées du gouvernement, va entamer le pouvoir d’achat des salariés et plus durement encore des retraités  ; l’austérité inégalée programmée pour les communes et les services publics… Et tout çà pour quoi  ? 

Pour baisser l’ISF, pour sacrifier les budgets publics au remboursement de la dette aux créanciers de la finance, pour protéger les taux de profit des plus gros actionnaires, des plus grands groupes… Pas une seule mesure envisagée pour rétablir la justice fiscale, pour taxer les revenus financiers, pour combattre l’évasion fiscale illégale comme légale quand elle est baptisée optimisation, pour réorienter l’usage des profits, du crédit bancaire et de la création monétaire. 

 

La proposition des frères Bocquet d’une COP fiscale mondiale, adoptée par une résolution de l’Assemblée nationale à la toute fin du quinquennat Hollande, est restée lettre morte et absente des dossiers présidentiels lors de tous les sommets et rencontres internationales pourtant multipliés par le Président depuis son élection. 

 

Le pouvoir Macron a beau user et abuser de communication sur le thème du renouveau et de la moralisation, le masque est tombé dès cet été. Le livre que publie André Chassaigne en cette rentrée décrypte à point nommé le projet présidentiel pour en dire la vérité. C’est un pouvoir libéral au service des mêmes logiques, des mêmes intérêts financiers, c’est le pouvoir des 1  % contre les 99  %, un pouvoir qui croit tout savoir mieux que tout le monde, un pouvoir cynique, immoral, enclin au passage en force. Et qu’on ne vienne pas nous bassiner avec la transparence du statut de la première dame. Ce statut n’est pas un progrès mais un signal monarchique de plus,  qui révèle la tentation permanente créée par ce régime ultraprésidentialisé pour tous les attributs du pouvoir personnel. 

Nous ne voulons ni de première dame, ni de premier homme. La royauté a pour nous toujours la tête coupée. Nous voulons la démocratie, un peuple souverain  et un Parlement de plein droit élu à la proportionnelle  ! 

 

Le Président vient d’ailleurs de récidiver, comme il l’avait fait déjà à plusieurs reprises, en affichant son mépris pour l’intelligence populaire. «  La France ne veut pas…  » «  La France ne comprend pas  …». 

Ces gens là, comme chantait Brel, n’aiment les Français que le temps d’une élection.  Et bien, ce sont les Français qui risquent de n’avoir aimé Macron que le temps d’une élection  !

* * *

Oui, si nous le laissons faire, c’est un pouvoir libéral à force tendance autoritaire qui va chercher à nous imposer sa loi. Le Parlement a été abaissé en acceptant de voter le blanc-seing que constitue la loi d’habilitation des ordonnances, avant même la fin des discussions avec les syndicats.  A quelques jours de la publication du texte des ordonnances, les syndicats n’en connaissent toujours pas la teneur détaillée et précise. A quelques jours de la publication du texte, et après soi disant des semaines de concertation, ils en sont réduits, comme l’a raconté Philippe Martinez chez Bourdin hier matin, a essayer de lire à l’envers le texte que la ministre a sous les yeux quand elle les rencontre. L’opération enfumage continue. 

Mais les députés macronistes, de droite et du centre, eux, ont déjà accepté dès juillet de dessaisir la représentation nationale. C’est un déni de souveraineté  inacceptable sur un sujet aussi majeur.

 

Le diable se cache dans les détails et il faudra suivre de près le texte final du gouvernement. Mais tout ce que nous en connaissons annonce clairement la couleur  : la loi perd sa valeur première et un principe de défaveur permettra dans bien des cas d’imposer dans l’entreprise des normes sociales et des contrats de travail dégradés  ; les facilitations aux licenciements sont multipliées  ; le recours à de nouveaux contrats précaires est étendu pour contourner définitivement le CDI  ; les instances représentatives du personnel sont taillées  ; des referendums bidons du type «   travailler plus ou c’est la porte  » vont légaliser le chantage patronal. 

 

Je veux saluer le travail remarquable des parlementaires communistes tout au long de la session de juillet. 

A l’Assemblée nationale, notre groupe, rajeuni et renouvelé, a montré sa combativité et une belle force de propositions. Avec les députés du groupe de la France Insoumise, nos députés ont été les seuls à s’opposer avec clarté à ce texte, défendant chaque fois qu’ils ont pu les propositions issues de notre projet de loi de sécurisation de l’emploi et de la formation. Car c’est de logique qu’il faut changer. 

 

Le capital veut la précarisation à outrance, même à haut niveau de qualification. Et il n’aura pas de limites si nous les laissons faire. Nous, nous voulons une révolution du travail et de l’emploi, la construction d’un service public de l’emploi qui assure à chacun tout au long de sa vie la continuité du droit à l’emploi et à la formation, l’évolution nécessaire des métiers en ces temps de révolution numérique, le libre choix de son orientation professionnelle pour l’épanouissement au travail. 

 

Le capital veut des pions de la mondialisation. 

Nous, nous voulons pour chacun un travail épanouissant, utile à soi et à la société. 

Nous voulons prolonger par de nouvelles conquêtes historiques l’ambition qu’affichait Ambroise Croizat, et qui allait déjà bien au-delà de la seule Sécurité sociale  : «  le problème qui se pose à ceux qui veulent apporter une solution durable au problème social, déclarait-il,  est de faire disparaître l’insécurité qui pèse sur tous ceux qui vivent de leur travail. Il est de garantir à tous qu’en toutes circonstances ils jouiront de revenus suffisants pour assurer leur subsistance familiale. C’est ainsi seulement, en libérant les travailleurs de l’obsession permanente de la misère, qu’on permettra à tous les hommes et à toutes les femmes de développer pleinement leurs possibilités, leur personnalité…  ».

 

Le temps est venu de donner une nouvelle réponse à cette ambition de civilisation, de la même manière qu’il est devenu indissociable de penser développement humain et protection de la planète. Oui, c’est un enjeu de civilisation, a fortiori à l’heure de la révolution numérique.

 

Au Sénat, notre groupe a relayé avec tout autant de combativité cette bataille. Je veux souligner qu’au Sénat, nous sommes désormais les seuls, comme groupe, à porter la voix de millions de travailleurs. Ce sera d’ailleurs l’enjeu essentiel des élections sénatoriales du 24 septembre. 

Y-aura -t-il dans le futur Sénat un groupe pour porter la voix de l’opposition au pouvoir Macron et des propositions sociales, écologiques et démocratiques de progrès. Ce groupe, nous sommes les seuls capables d’en garantir la constitution. Sans ce groupe, le Sénat ne serait plus qu’une chambre de négociations entre la droite et les macronistes, ouvrant la voie à de nouvelles régressions, rendant même possibles des réformes constitutionnelles contournant la consultation des Français par référendum. Dans les départements concernés, les communistes ont quatre semaines pour relever ce défi en cherchant à faire converger le maximum de grands électeurs progressistes concernés. 

 

Et ce défi, j’en suis certain, nous allons le relever  !

 

A la Fête de l’Humanité, je prononcerai le discours du meeting le dimanche après-midi entouré de tous nos parlementaires, député(e)s, sénatrices, sénateurs et chefs de file à ces élections, et je dirai avec force ce jour là la révolution démocratique à laquelle nous appelons notre pays, face aux dérives autoritaires qui rongent notre démocratie, et qui se répandent avec danger sur la planète toute entière.

 

D’ici là, et pour les semaines qui suivront, nous préparerons la Fête de l’Humanité dans l’action, en proposant la venue à La Courneuve à toutes celles et ceux qui veulent agir et donner de la force à leurs mobilisations. Et nos parlementaires, les dirigeants de notre parti, les artisans de la rédaction de notre projet de loi pour la sécurisation de l’emploi sont à la disposition du pays pour animer partout où vous les solliciterez le débat public sur les ordonnances. 

 

Le 12 septembre, nous serons mobilisés dans tout le pays à l’appel des organisations syndicales pour le premier grand rendez-vous national de mobilisation contre les ordonnances Macron, cette loi travail XXL. Le texte du projet sera alors normalement connu et le travail de révélation de ces dangers devra être partout amplifié. Une carte-pétition et une adresse nationale de nos parlementaires nous aideront à mener ce travail de contact avec le maximum de salariés. 

 

Nous porterons dans chaque circonstance nos propositions pour un Code du travail rénové. Réussir ce premier rendez-vous est capital pour enclencher un mouvement d’ampleur. 

Il faudra d’autres rendez-vous. La Fête de l’Humanité sera le premier. Elle peut mettre la jeunesse dans le coup et il y a beaucoup de convergences à construire. Nous devrons alors veiller pour la suite à respecter les responsabilités  des organisations syndicales, en répondant présents aux rendez-vous qu’elles fixeront, et en encourageant tous les processus unitaires à même de porter le plus loin la nécessaire levée en masse, seule capable d’empêcher la ratification des ordonnances et leur mise en œuvre. Nous mettrons tous les espaces de la Fête de l’Humanité au service de cette mobilisation, en y invitant massivement au débat syndicalistes et travailleurs concernés. 

 

* * *

J’ai parlé de convergences. C’est essentiel.

L’annonce du gouvernement sur la suppression de près de
300 000 emplois aidés est irresponsable

Pour les familles, pour les collectivités locales, pour les écoles, pour les associations, qui bénéficient de ces missions, c’est un terrible coup dur. Ce qui devrait être entrepris, c’est l’inverse  :  sortir ces emplois de leur précarité actuelle pour aller vers leur sécurisation et leur qualification. Ça, ce serait utile à la lutte contre le chômage. Je vous propose de créer des collectifs de riposte concrets partout où le cas se présente pour engager la bataille de la défense de ces emplois, de leur transformation pérenne. Et avec nos élus et parlementaires, je propose de rencontrer tous les acteurs concernés pour envisager les mobilisations nationales nécessaires.

Je crois que nous devrions procéder ainsi sur tous les fronts  , en organisant concrètement les ripostes  : pour les moyens de nos communes  et les budgets de nos services publics, pour l’inscription des étudiants à l’université, pour la rentrée scolaire, où les effets d’annonce sur les 12 élèves par classe ont fait long feu pour laisser place à un discours du nouveau ministre Jean-Michel Blanquer  ouvrant de plus en plus clairement à la privatisation des missions publiques d’éducation.

Notre présence nationale devant les établissements scolaires la semaine de la rentrée  doit être partout organisée.

 

Enfin, permettez-moi de dire un dernier mot, mais il y aurait tant à dire sur tant de sujets, sur le logement. La politique qui se profile est scandaleuse  : à la baisse de l’APL s’ajoute déjà la décision d’assouplir le dispositif de la loi SRU. C’est une démission en règle devant les exigences du marché qui s’annonce, alors même que le logement devrait être une priorité nationale en brisant justement les reins d’une spéculation qui organise la pénurie de logements abordables et de qualité pour le plus grand nombre. Je le dis aux élus, aux associations, aux locataires, aux demandeurs de logement, aux architectes et urbanistes de ce pays qui s’alarment de la privatisation grandissante de nos villes, le Parti communiste est disponible pour construire une riposte nationale d’ampleur à ces attaques et une mobilisation nationale pour une grande politique progressiste du logement dans notre pays. 

Voilà là encore, un magnifique sujet de créations de centaines de milliers d’emplois, en lien avec une véritable ambition sociale et écologique pour le pays  !

 

Je le dis solennellement  : sur tous ces terrains, nous combattrons la politique gouvernementale avec la ferme volonté de lui imposer des reculs et de promouvoir dans l’action et la conscience de millions de nos concitoyens des propositions alternatives efficaces et crédibles. Nous n’allons pas jouer les pleureuses en attendant cinq ans la prochaine élection présidentielle. 

Nous voulons battre ces choix et en imposer d’autres chaque fois que ce sera possible, partout où cela sera possible.

* * *

Je vous ai dit rentrée de combat et de riposte, mais au cœur de l’action, je vous propose aussi une rentrée de créativité politique

 

Oui, il nous faut plus que jamais de l’audace. Le monde que nous vivons est rempli de paradoxes. Dans la crise mondiale et nationale que nous traversons, se confrontent sans cesse l’émergence et la recherche du nouveau, comme les dangers de la régression et de la guerre. 

Chaque jour nous voyons la misère se répandre, les difficultés de vie se développer, le capital inventer de nouvelles manières d’exploiter, Trump affoler la planète avec ses délires racistes, nationalistes et guerriers, le terrorisme frapper, nous constatons les ravages et les aberrations de ce monde capitaliste qui ne vit que pour l’argent, qui ne sait plus respecter le travail, la dignité humaine, la planète. 

Mais chaque jour aussi, nous voyons des femmes et des hommes chercher à mieux vivre, à mieux travailler, à mieux coopérer, inventer de nouvelles manières de s’associer, de produire, d’échanger.

Nous voyons la solidarité s’exprimer, l’Amérique anti-Trump se mobiliser, Barcelone, sa maire Ada Colau et ses habitants tenir bon comme Paris après Charlie. 

Ce monde est chaque jour à la croisée des chemins, chaque jour en équilibre entre le chaos capitaliste et l’espoir d’une autre mondialité de paix et de solidarité. Chaque question du quotidien devient un choix de société  : faut-il accueillir des migrants, et c’est notre rapport au monde qui est questionné  ? Faut-il accepter le pistolet sur la tempe de travailler le dimanche, et c’est le sens du travail qui est sur la sellette ? Faut-il continuer à payer un loyer inabordable pour se loger  et laisser Rn’B privatiser nos villes ? Faut-il manger aux conditions de géants transnationaux de l’agro-business sans scrupules  ?

 

Nous sommes, nous, nos concitoyens, des millions à nous poser chaque jour ces questions et à osciller entre l’espoir d’une autre monde possible, et tellement nécessaire, et la difficulté de lui ouvrir un chemin, voire le sentiment de son impossibilité.

 

Oui, l’état du monde nous inquiète parce que nous voyons bien que la crise profonde, majeure, durable, structurelle, et probablement civilisationnelle du mode de production capitaliste à l’échelle mondialisée fait courir à la planète des dangers inégalés. 

Mais, nous voyons aussi que cette situation pose au monde des questions sociales, écologiques, éthiques, culturelles, et finalement elles aussi civilisationnelles inédites. La question du changement, du changement profond de société, de modèle, de paradigme est concrètement posée à notre monde

Elle est à l’ordre du jour comme jamais. 

L’hypothèse géniale de Marx et d’Engels, qui reposait déjà sur tant de travail, d’études et d’analyses, si bien contée dans le film «  Le jeune Karl Marx  » qu’est venu nous présenter Raoul Peck, devient aujourd’hui un chemin crédible de dépassement des aliénations capitalistes. Oui, le XXIème siècle peut être celui du dépassement progressif du système capitaliste, de ses logiques prédatrices, inégalitaires et surannées. 

Jamais, notre communisme, celui du dépassement progressif et concret de ces logiques pour de nouvelles logiques du commun, de la coopération, de la liberté contre les dominations, n’ a trouvé autant d’actualité. Mais ce chemin est un chemin de luttes de classes intenses et durables, un chemin de constructions progressives, concrètes, sans cesse renouvelées. Il doit être un chemin de démocratie sans cesse approfondi pour faire reculer les coûts et les gâchis du capital, pour donner toujours davantage d’espaces et de pouvoirs aux citoyens, pour partager toujours davantage de savoirs pour conquérir toujours plus d’autonomie, pour créer une société d’individus libres, solidaires et associés, où la coopération prime sur la compétition.

 

Cette création continue, dans le mouvement concret de la lutte des classes, des luttes pour l’émancipation humaine, c’est notre communisme, notre communisme du quotidien, appelé à faire grandir dans les plaies de la crise un monde nouveau qui pousse à la porte.

Nous sommes des résistants, et il n’ y a pas meilleurs résistants que nous quand il faut faire face dans le combat. Mais notre projet communiste n’est pas la résistance, notre projet, c’est la conquête citoyenne, c’est  la libération concrète et progressive de la société des entraves et des gâchis capitalistes.

 

Voilà pourquoi je ne crois pas à la nécessité d’une parenthèse «  populiste  » fut-elle baptisée de gauche, qui, face à la crise démocratique, à l’impuissance construite du politique,  substituerait, comme un sas de transition obligé vers une future renaissance démocratique, la logique de l’identification, où chacun accepte de délaisser une part de sa libre initiative, en lieu et place de la construction d’une intervention populaire large, diversifiée, autonome. Non, le PCF et notre projet de transformation sociale concrète ne sont pas solubles dans le populisme de gauche. Je ne dis pas cela pour créer je ne sais quelle polémique. Je dis cela pour souligner l’atout que représente le Parti communiste et l’originalité de sa démarche.

* * *

Vous le savez, je pense que l’heure est venue de notre propre révolution politique, de notre réinvention en quelque sorte. Réinvention, ce ne veut évidemment pas dire que nous partirions d’une feuille blanche. Se réinventer pour moi, c’est changer tout ce qui doit l’être sans tabou pour pouvoir jouer à nouveau pleinement notre rôle, à la hauteur des enjeux de la période. Une réinvention résolument offensive et conquérante, parce que notre audace doit être le contraire d’un renoncement. Parce que notre force, avec son originalité culturelle, d’idées, de projet, de pratiques, reste indispensable à la reconstruction d’un projet majoritaire de transformation sociale. 

 

Il rêve, ce Pierre Laurent, diront certains après une année politique si trouble, si paradoxale, si chaotique, si incertaine, si dure à vivre. 

Oui, c’est vrai, dans la tornade politique que nous venons de vivre, rien n’a été simple. Nous avons marqué des points et subi des revers. 

Certes, nous n’avons pas, cette fois encore, su déjouer le piège présidentiel, qui s’est refermé sur le pays avec ce second tour Macron-Le Pen. Nous avons contribué au score remarquable de Jean-Luc Mélenchon, nous avons élu un groupe à l’Assemblée nationale, une gageure dans cette tornade politique, aux côtés d’un groupe de la France Insoumise. Mais dans notre score législatif, nous avons payé cher le prix de la présidentialisation comme celui de la ringardisation des partis orchestrée par tous les candidats à la présidentielle, y compris celui que nous soutenions. De tout cela, nous avons à  tirer leçons et bilan. 

Et nous allons le faire, en prenant le temps d’un débat approfondi. 

 

Mais dans cette situation aussi difficile que passionnante et inédite, concentrons nous sur l’essentiel  : les immenses espaces qui continuent d’exister pour transformer l’aspiration au changement, l’envie d’un nouveau mode de vie en projet politique progressiste et en conquêtes démocratiques. 

 

C’est la recherche de la nouveauté qui a fait gagner Macron. Mais si Macron a capté le besoin de renouveau au profit d’une recomposition unissant libéraux de droite et socio-libéraux, la majorité de la société n’a pas adopté sa doctrine libérale. C’est bien plus compliqué que cela. La société a cherché à débloquer un système politique verrouillé qui se reproduit sur lui-même et tourne en boucle autour des mêmes recettes. Voilà d’ailleurs pourquoi les contradictions du macronisme exploseront elles aussi à leur tour. La société n’en restera pas là. 

 

Quelles que soient les difficultés, les contradictions, ne perdons jamais de vue la recherche de neuf, de progrès nouveaux, d’un nouveau mode de vie et de développement qui travaillent en profondeur la société française, comme une bonne partie de la planète. Et ayons l’ambition d’être en toutes circonstances les bâtisseurs du commun. Oui, les bâtisseurs du commun  !

 

Nous savons faire beaucoup de choses, mais qui sait que tout cela forme en réalité notre projet, une visée cohérente  ? Bien trop peu.

 

40.000 personnes privées de vacances viennent à nouveau cet été, grâce aux élus et militants communistes, de partir une journée à la mer. Ils étaient encore quatre mille sur les plages de Malo-les- Bains grâce aux communistes du Nord la veille de l’ouverture de notre université d’été. Nos journées solidaires de vente de fruits et légumes connaissent un succès grandissant d’année en année. En ce moment, les communistes de Grigny organisent la collecte de vêtements et tous biens de première nécessité pour 250 familles qui ont tout perdu dans un terrible incendie dans cette ville. A Paris, Ivry, dans la vallée de la Roya dans les Alpes Maritimes, dans le Pas de Calais, les communistes sont dans l’action concrète aux côtés des migrants pour un accueil digne des valeurs humaines. La solidarité est pour nous un projet, une vision politique de la société et du monde. 

 

Les SCOP-TI, les ex-Fralib, sont parmi nous à cette université d’été. Ils ont besoin de notre engagement. Nous sommes là, à nouveau. Parce que leur combat n’est pas seulement une lutte, c’est un projet humain, un projet de vie et de travail, un projet politique coopératif qui nous intéresse.

 

Nous portons en toutes circonstances l’exigence d’une autre utilisation de l’argent et d’un autre rôle pour les banques, de l’exigence d’une COP fiscale mondiale au financement des PME, de la création d’un pôle public bancaire à la création d’un fonds européen pour le développement social et écologique, parce que nous voulons faire grandir la conscience que monnaie et crédit doivent redevenir des biens communs utiles au développement de tous.

 

Nous voulons mettre en commun toutes les forces disponibles pour  se mêler du dossier de la nationalisation des chantiers de Saint-Nazaire. Parce que nous voulons un projet d’intérêt national pour la navale française, pas seulement un rafistolage capitalistique à court terme , où les fonds publics ne sont que les béquilles du capital. 

 

Nous sommes fiers de l’action de nos élus, qui fourmillent d’expérimentations sociales, écologiques, urbaines, culturelles, qui ouvrent les pistes de ce que pourrait être une société nouvelle, au point que c’est souvent dans ces communes, pourtant loin d’être les mieux dotées, que s’invente le plus pour la société toute entière.

Nous organisons chaque année des rencontres politiques novatrices sur la révolution numérique. Il est temps que nous passions aux travaux pratiques pour inventer les nouveaux usages sociaux militants et collaboratifs correspondant à ces novations.

C’est vrai pour notre propre Parti.

Nous devrions porter plus fort encore chaque projet coopératif, social, écologique, démocratique qui émerge en devenant des partenaires actifs de toutes les innovations qui fourmillent dans la société, en cherchant toujours à tirer vers le haut ces expériences de transformation.

 

 

Nous sommes des internationalistes plus que jamais convaincus de la nécessité de construire nos luttes de transformation à l’échelle européenne et mondiale. Nous sommes pleinement engagés , comme parti hôte de cet événement, dans la préparation du forum européen qui se prépare pour les 10 et 11 novembre à Marseille. Et nous lancerons dès cette année notre bataille en vue des élections européennes de 2019. 

Nous avons l’ambition de redéployer notre activité pour la paix et nous serons une nouvelle fois partie prenante des marches pour la paix du 23 septembre, un combat aujourd’hui consubstantiel à celui du développement humain, du droit des peuples à disposer d’eux mêmes, des Palestiniens, des Kurdes et de tant d’autres, de la lutte mondiale contre le réchauffement climatique et pour les enjeux écologiques. 

Nous comptons redonner toute sa place à la lutte contre tous les racismes, dans nos quartiers comme dans le monde à l’heure des délires de Trump ( allez voir « I am not your negro ») ou des poussées xénophobes des extrêmes-droites européennes. 

Nous soutenons la candidature des JO  Paris en 2024 parce que nous voulons y porter les enjeux d’un sport citoyen et populaire, désintoxiqué de la finance, et que pour nous la joie d’un jeune gamin sur un stade, dans une piscine ou dans un stade , ou la beauté d’un dribble de Neymar ne se confond pas avec l’hystérie spéculative qui cherche à tout marchandiser.

* * *

 

Oui, être en toutes circonstances des bâtisseurs du commun, le parti de toutes les causes communes pour l’émancipation , voilà qui dans la situation confuse et troublée que nous connaissons redonnera du sens et de la clarté à notre combat

Nous en avons les forces, je le pense, mais reconnaissons-le, dans un monde et un rapport à la politique qui se bouleversent, nous n’avons pas toujours la cohérence, l’efficacité, l’organisation, la communication, l’ouverture, la facilité d’accès qui permettent de les déployer.

 

 

A nous de repenser notre nouvelle organisation communiste, nos pratiques, un nouvel âge de notre communication qui nous permettront de pousser jusqu’au bout l’ambition d’ être le parti de toutes ces transformations concrètes . Un siècle  après notre fondation,  sachons saisir la chance de notre propre révolution. Je crois sincèrement que les conditions sont réunies pour un bon qualitatif de nos transformations, que nos adhérents y sont prêts et que des centaines de milliers de ceux qui nous entourent, nous côtoient, nous apprécient, nous attendent, trouveraient alors dans ce mouvement de fortes raisons d’espérer  . 

Nous tiendrons notre congrès dès 2018, un an avant la date prévue, pour prendre la mesure de la situation nouvelle , des responsabilités  qu’elle nous impose et des transformations que cela   implique. Toutes les questions seront mises entre les mains des communistes. Les chantiers de travail de ce congrès seront précisément décidés lors d’une assemblée nationale des animateurs des sections locales du Parti.

 

Le Conseil national réuni hier travaille sur un document de consultation des communistes qui sera disponible dès la Fête de l’Humanité pour préparer cette assemblée. A chaque étape, les communistes seront consultés et maîtres des décisions. C’est ensemble et unis que nous conduiront le changement.

 

Ce nouveau rôle, cette relance, ce  nouveau Parti communiste qu’il nous faut promouvoir tous ensemble est indispensable à la reconstruction d’une gauche nouvelle, d’une majorité politique et populaire pouvant demain constituer une alternative au pouvoir Macron. Communistes, insoumis, écologistes, hamonistes, socialistes de gauche, citoyens progressistes de tous horizons, cette majorité, nous devons commencer à la construire ensemble. 

Tous nos efforts, toutes nos luttes, tous nos espoirs ne doivent pas demain pouvoir à nouveau être confisqués. Nous ne voulons pas revivre le second tour Macron-Le Pen. Il faut donc construire , sérieusement, patiemment. Il faudra des alliances. Mais, aujourd’hui, elles doivent être reconstruites et repensées. Il se fera beaucoup dans les luttes te les mouvements citoyens. 

Il faudra le déploiement plus audacieux de notre propre initiative. Mais, d’ores et déjà, nous tendons la main à tous. Nous voulons le dialogue, la coopération,  le respect. Les chemins du Front populaire et citoyen que nous appelons plus que jamais de nos vœux ne sont pas écrits d’avance. Le travail sur un pacte d’humanité, que nous avions entamé avec plusieurs personnalités, doit être poursuivi.

Nous sommes prêts à défricher tous ces chemins avec l’ensemble des forces, personnalités, citoyens  disponibles. Là encore, il ne faudra pas craindre d’expérimenter. 

Et je veux lancer pour terminer une invitation  à tous  : rendez-vous à la Fête de l’Humanité. Cette agora géante, où souvent se sont inventées ou ont été amorcées des promesses nouvelles, est la vôtre. La Fête de l’Humanité est une terre d’accueil, de débats, où la parole populaire s’entend en direct. Cette année, elle sera le premier grand forum à ciel ouvert de riposte à Macron et de reconstruction. Nous vous y attendons. N’oubliez pas l’adage. Les absents ont toujours tort. Alors aux 15,16 et 17 septembre à La Courneuve  !

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Ode aux résistants

Posté par jacques LAUPIES le 27 août 2017

Ode aux résistants dans POLITIQUE 809909895_small

Le ciel s’assombrit et les orages nous guettent
Ou sont-ils les temps glorieux de lutte et de fête
Quand de la foule naquirent des jours heureux
Faits par de rouges martyrs hélas trop nombreux

De grèves en défilés fiers de trente six
Imaginant un monde nouveau de justice
Ils avaient tous marché généreux conquérants
Pour le pain la liberté la paix et les chants

Loin des étoiles dans les nuits sombres et brunes
Ou la faiblesse joignit traîtres et fortunes
Ils ont osé dans d’obscurs et sombres couloirs
Sans lumière bâtir les chemins de l’espoir

Ceux qui un temps purent dire au pays saignant
Relève la tête et reconstruit dignement
Qui nous ont donné une vie pour le bonheur
Si nos voix ne s’élèvent seront des tueurs

Un demi siècle a suffi pour qu’un génocide
Devienne le paravent des mondes cupides
Qu’un silence efface les chants ou l’on résiste
Afin que d’un peuple héros rien ne subsiste

Ne jugez pas trop hâtivement les combats
Des êtres souffrants qui ont abattu les rois
Quand vient le temps des grandes émancipations
Il faut choisir entre grandeur et soumission

Épargnez aux vainqueurs le transport de leurs tombes
Dans les grands cimetières de l’oubli immonde
Car c’est grâce à eux que nous atteignons nos cibles
A savoir qu’avec lutte justice est possible

Et si de nos mille et une contributions
Peuvent naître de nouvelles révolutions
Et faire découvrir l’amour des résistances
Ce sera leur offrir notre reconnaissance

 

http://www.cevennesresistance.fr/serre.html

 

Hors série Front populaire

 

 

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Oncles mes pères

Posté par jacques LAUPIES le 26 août 2017

  • Oncles mes pères
  • J’ai connu votre gloire
  • Dans les mines profondes
  • Et les montagnes noires
  • En découvrant le monde
  •  
  • La masse des crassiers
  • Nés de pioches acerbes
  • Là pour être oubliés
  • Déjà se couvraient d’herbes
  •  
  • Près des claires rivières
  • Et de joyeux vallons
  • Rudes étaient vos manières
  • Sûres vos opinions
  •  
  • Maquillés de charbon
  • Sur vos visages nus
  • Pour moi vous étiez bons
  • Face aux maîtres repus
  •  
  • Je vis dans vos querelles
  • De famille et fratries
  • Le fier des cœurs rebelles
  • Affronter l’infamie
  •  
  • Parfois du même camp
  • Vous nous avez appris
  • Que les engagements
  • Séparent les amis
  • Quand ma vie en poussière
  • S’étendra dans un pré
  • Ou dans une rivière
  • Il n’y aura plus d’après
  •  
  • Tous quatre travailleurs
  • Soit frères par le sang
  • Soit frères par les sœurs
  • Qui dira votre temps

 

Emmanuel Macron dénonce une « nouvelle erreur » de la Pologne sur la directive du travail détaché

 

Image de prévisualisation YouTube

© Bertrand Guay, AFP | Le président français, Emmanuel Macron, lors d’une allocution à Varna, en Bulgarie, le 25 août 2017.

Vidéo par LOPPY N’DARICALING

Texte par Valentin GRAFF

Dernière modification : 25/08/2017

Suite au refus de Varsovie de réviser la directive européenne sur le travail détaché, Emmanuel Macron a accusé la Pologne, pays de l’UE qui profite le plus du dumping social, de se mettre en marge de l’Europe.

Emmanuel Macron a violemment critiqué, vendredi 25 août, le refus de la Pologne de durcir la directive sur le travail détaché. Selon le président français, qui voudrait limiter la durée de séjour d’un travailleur détaché à un an au lieu de deux, il s’agit d’ »une nouvelle erreur » de Varsovie qui se met ainsi « en marge » de l’Europe.

>> À lire : Macron obtient le soutien de trois pays européens sur les travailleurs détachés

La Première ministre polonaise, Beata Szydlo, avait en effet affirmé, le 24 août, que son pays refuserait « dans l’intérêt des travailleurs polonais » une réforme de cette directive, qui permet depuis 1996 à une entreprise de l’UE d’envoyer ses salariés dans d’autres pays de l’Union à titre provisoire en continuant à payer les cotisations sociales dans le pays d’origine. La Pologne est le pays européen qui profite le plus de cette directive : environ 500 000 Polonais en bénéficient.

Elle a depuis répondu vertement aux attaques d’Emmanuel Macron, relève Le Monde : « Peut-être, ses déclarations arrogantes sont-elles dues à son manque d’expérience et de pratique politique, ce que j’observe avec compréhension, mais j’attends qu’il rattrape rapidement ces lacunes et qu’il soit à l’avenir plus réservé », a tancé Beata Szydlo dans une interview donnée au site wpolityce.pl (en polonais).

La directive, une concurrence déloyale ?

Pour Emmanuel Macron, cette directive permet une concurrence déloyale. Il achevait, vendredi à Varna (Bulgarie), une tournée européenne visant à rallier des soutiens à une réforme de la directive. En revanche, il ne s’est rendu ni en Pologne ni en Hongrie, les deux pays les plus attachés au système actuel. En dépit de l’opposition polonaise, il s’est dit convaincu que la France réussirait à obtenir la majorité qualifiée nécessaire pour réformer et durcir cette directive.

>> À lire sur France 24 : Macron n’obtient pas de franc soutien en Roumanie

Le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, ex-ministre français de l’Économie, a soutenu vendredi l’initiative du président français, jugeant nécessaire de trouver « un compromis » sur la question. « La liberté de circulation, qui est une des grandes libertés de l’Europe, doit aller de pair avec le combat contre le dumping social », a-t-il affirmé, rappelant que la Commission européenne avait elle-même fait des propositions de réformes fin mai 2017.

 

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Les trompés se réveilleront ils ?

Posté par jacques LAUPIES le 25 août 2017

Je ne m’étalerai pas en commentaires sur les mesures gouvernementales annoncées pour soi disant permettre l’augmentation du pouvoir d’achat, la chute du chômage sauf peut-être qu’elles sont empreintes de la plus grande arnaque et hypocrisie comme sait si bien le faire la bourgeoisie.

Ce qui est le plus attristant finalement n’est pas la manœuvre qui vise à tromper les français mais surtout à les diviser, notamment en s’en prenant aux revenu des retraités pour prétend-on améliorer ceux des actifs ! Ce qui est insoutenable est de constater que la plupart de l’électorat Macron; un tantinet maso va en être victime, du moins pour ce qui concerne  celui de la population locale que nous connaissons bien.

Ce n’est pourtant pas faute de les avoir mis en garde lors de la dernière campagne électorale :

 Publié dans notre bonne ville en avril 2017…(en vue du premier tour de la présidentielle où 15 % (l’électorat essentiellement PS) ont soutenu l’actuel Président. 

La lettre du Communiste de Tarascon

Blog : http://atoucoeur.fr

35, rue Monge – 13150 TARASCON

En France, tout le monde est un peu de Tarascon (Alphonse Daudet – Tartarin de Tarascon)

 

.

Libéralisme. Emmanuel Macron joue à cache-cache avec son programme

Maud Vergnol – Dossier réalisé par : Sébastien Crépel, Thomas Lemahieu, Clothilde Mathieu, Olivier Morin et Adrien Rouchaléou 

Vendredi, 7 Avril, 2017 – L’Humanité

 

Promu comme une marque, produit du marasme démocratique, le candidat d’En marche ! caracole en tête des sondages et séduit un électorat de gauche déboussolé, qui ne voit pas clair dans son programme. Celui-ci aurait pourtant des conséquences désastreuses. Jugez sur pièce.

Plonger dans le programme d’Emmanuel Macron s’avère un exercice fastidieux. Thèmes fourre-tout, formules creuses… il faut bien s’accrocher pour ne pas se noyer dans le marigot de la novlangue. « La France est une chance, et chacun doit pouvoir y tenir ses promesses. » « La politique est au service de nos concitoyens, et l’économie fait partie de la vie de nos concitoyens » : autant de portes ouvertes enfoncées pour mieux faire miroiter l’eldorado d’une « société dynamique », confiante dans l’avenir du capitalisme.

Mais « quand c’est flou, il y a un loup » : les angles morts de son programme en disent finalement plus long sur la colonne vertébrale idéologique de son projet que la liste de ses propositions évasives. Pas un mot sur les ravages de la financiarisation de l’économie. Nulle solution en matière de régulation financière ou de lutte contre l’évasion fiscale. Aucune ambition en matière de transition écologique ou de relance industrielle. «

 Emmanuel Macron est le porte-parole rêvé de cette technocratie étroitement liée aux milieux financiers qui rêve de voir appliquer ses idées rétrogrades sous des apparences civilisées », affirment Dany Lang et Henri Sterdyniak, qui ont passé au crible le projet du candidat d’En marche ! Les deux économistes atterrés ont réussi à faire sortir l’équipe d’En marche ! du bois.

Leur analyse a en effet suscité une réaction de Marc Ferracci et Philippe Martin, deux des conseillers économiques d’Emmanuel Macron. Et leur réponse permet de lever nombre d’ambiguïtés soigneusement entretenues par l’ancien locataire de Bercy. « La vision sous-jacente des auteurs est claire, relèvent les économistes atterrés, s’il y a du chômage, ce n’est pas à cause des trente années de politiques néolibérales qui ont mené à une insuffisance de la demande au niveau global et qui ont flexibilisé toujours plus le marché du travail. Ce n’est pas à cause des politiques d’austérité qui, depuis 2009, ont aggravé le problème, menant l’Europe au bord de la stagnation… Non, à les suivre, le chômage de masse subi en France serait dû aux insiders, les travailleurs ayant l’exorbitant privilège d’avoir un emploi en contrat à durée indéterminée… »

Le socle idéologique du programme d’Emmanuel Macron est en effet le même que François Fillon : l’obsession du « coût » du travail, à l’origine selon eux de tous les maux, pour mieux épargner le capital. Tout le reste en découle : austérité, règne du chacun-pour-soi, précarisation des travailleurs, chômage de masse. En proposant l’ubérisation de la société, le programme d’Emmanuel Macron dessine une nouvelle phase du libéralisme, qui s’appuie sur les classes montantes d’entrepreneurs et dans laquelle se retrouvent autant les héritiers de la démocratie chrétienne de François Bayrou que les néolibéraux acharnés comme Alain Madelin. Mais le projet du candidat d’En marche !, c’est finalement Henri de Castries, soutien inconditionnel de François Fillon, qui en parle le mieux. « Notre désaccord (avec Emmanuel Macron – NDLR) concerne le rythme et la méthode », concède l’ancien PDG d’Axa. Pas la philosophie générale, donc.

 

Impôts. Le tour de passe-passe de Bercy pour amputer le budget des ménages

Sébastien Crépel
Jeudi, 24 Août, 2017
L’Humanité
Avec la hausse de la CSG, le pouvoir d’achat va bel et bien être globalement amputé. Philippe Turpin/Photononstop<br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br />
Avec la hausse de la CSG, le pouvoir d’achat va bel et bien être globalement amputé. Philippe Turpin/Photononstop
 

Le gouvernement a annoncé hier qu’il étalerait en 2018 la baisse des cotisations sociales des salariés du privé. Mais la hausse de la CSG, elle, s’appliquera dès le 1er janvier. Bilan : la promesse de « hausse » du pouvoir d’achat se transforme en purge au nom de l’austérité.

La manœuvre du gouvernement est astucieuse. D’une main, il rehausse la CSG pour tous ou presque, puisque l’assiette de cet impôt s’applique à tous les types de revenus : salaires du privé, du public, retraites, épargne, allocations chômage. Seuls les retraités percevant une pension de moins de 1 200 euros pour une personne seule et 1 800 euros pour un couple ne seront pas assujettis à la hausse de 1,7 point, ainsi que les chômeurs. De l’autre main, il rend une part de cet argent en baisse de cotisations sociales aux salariés du privé (les fonctionnaires et retraités n’étant pas concernés par cette mesure) pour que le solde sur leur salaire net soit positif, c’est à dire que le montant de la baisse des cotisations dépasse légèrement celui de la hausse de la CSG. Cela afin de faire croire que la promesse annoncée n’est pas différée : « Dès le 1er janvier, un gain de pouvoir d’achat bénéficiera aux salariés et aux indépendants », assure Bercy.

depuis le début, la mesure sent l’arnaque

Mais ce transfert ne sera que partiel : pour le reste, les sommes récupérées serviront à boucher les trous des budgets d’austérité de l’équipe Macron-Philippe pour rentrer dans les clous de la prévision de déficit public ramené à 2,7 % du PIB l’an prochain. Et, grâce à ces recettes nouvelles, à financer indirectement les autres priorités du gouvernement, comme la suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) sur les patrimoines en actions.

Dans son communiqué, le ministre des Comptes publics n’indique pas le montant de ce qui sera ponctionné ainsi dans le porte-monnaie des ménages. Les Échos parlaient hier de plusieurs « milliards d’euros par rapport à la facture totale de cette réforme si la baisse totale des cotisations avait été immédiate ». « C’est gravissime », s’insurge le président du groupe de la Gauche démocrate et républicaine (GDR) à l’Assemblée nationale, le député PCF André Chassaigne, pour qui ce choix met à nu « les vraies priorités » du gouvernement. « Une fois le voile déchiré de l’effet trompeur sur le pouvoir d’achat, reste un projet de liquidation du système de financement de notre protection sociale par la substitution de la CSG aux cotisations sociales. C’est la porte ouverte à une prise en main par l’État de la Sécurité sociale et à la baisse de ses recettes pour ouvrir petit à petit le secteur au privé », alerte l’élu du Puy-de-Dôme.

Tollé également à droite, sous la plume du président (LR) de la commission des Finances de l’Assemblée, Éric Woerth, sur Twitter : « L’augmentation des impôts c’est pour tout de suite, la baisse des cotisations c’est pour après, on dirait de la vieille politique. » Même le dernier carré des hollandistes a condamné la manœuvre, le député PS Stéphane Le Foll estimant que la hausse de la CSG va servir à faire « de la trésorerie. (…) Ce sont des choix politiques que je ne partage pas », a déclaré l’ex-ministre hier sur BFMTV.

De quoi alimenter l’opposition à une mesure qui, depuis le début, sent l’arnaque : faire supporter aux salariés du privé eux-mêmes une partie de la « hausse » de leur salaire net en piochant dans leurs cotisations, c’est-à-dire dans la partie brute de leur salaire. Les retraités et fonctionnaires étant mis à contribution pour financer l’autre partie. Une « opération blanche » pour le pouvoir d’achat total des Français, puisque les sommes distribuées d’un côté devaient être exactement compensées par la hausse de la CSG pour tous. Le capital n’étant que très peu mis à contribution grâce à la future taxe forfaitaire plafonnant l’imposition de leurs revenus à 30 % tout compris, inclus les prélèvements sociaux comme la CSG, ce qui les mettra à l’abri d’une mauvaise surprise fiscale. La répartition des richesses produites entre salaires et capital promet ainsi de ne pas être affectée par la mesure, à la différence de vraies augmentations de salaires.

Avec la publication du détail de sa mise en œuvre, le dispositif risque de tourner au jeu de massacre pour le pouvoir d’achat, car celui-ci va bel et bien être globalement amputé dans un premier temps. D’autant que Bercy n’évoque nullement un rattrapage du produit de la hausse de la CSG non reversé aux salariés du privé les trois premiers semestres de 2018 : le « gain (sic) sera amplifié par une seconde baisse des cotisations à l’automne », se contente de préciser le communiqué. Les Français « vont faussement gagner du pouvoir d’achat. On va leur donner ce qu’on leur prend dans leur poche. (…) Tout cela est une arnaque », a taclé hier le député de la France insoumise Éric Coquerel sur Europe 1.

Pour Macron, mieux vaut taxer les retraités que les riches

Les retraités et les fonctionnaires ont particulièrement du souci à se faire. Pour les premiers, aucune compensation ne viendra soulager la facture de l’alourdissement de la CSG. Sur ce point, Emmanuel Macron ne se renie pas : celui-ci estimait dès 2008, en tant qu’inspecteur des finances rapporteur au Conseil d’orientation des retraites (COR), que « la substitution progressive de la CSG aux cotisations sociales » contribue « à mieux répartir les prélèvements entre classes d’âge dans la mesure où la CSG est moins concentrée sur les classes d’âge d’actifs ». En clair : il vaut mieux taxer les retraités. Quant aux fonctionnaires, Bercy promet des « discussions » à l’automne pour « définir les modalités d’une compensation », sans que l’on en sache davantage aujourd’hui. Or, avec le gel du point d’indice décidé au début de l’été, leur pouvoir d’achat est déjà sévèrement entamé.

journaliste

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Pères  inutiles

Posté par jacques LAUPIES le 24 août 2017

Vous êtes si infime

Qu’a été inventé

Un père du sublime

Porteur de vérité

 

Vous êtes  impuissants

Dans vos diversités

A faire du présent

Le royaume de paix

 

 

Mais ce qui n’est pas rien

Héritier d’habitudes

Vous  transmettez sans fin

De fausses certitudes

 

Pauvres ou opulents

Vous  êtes la mission

Du renouvellement

De votre contrition

 

Symbole du passé

Le patriarcat tue

Toutes les volontés

Et ferme les issues

 

Il n’est de renouveau

Que dans sa triste mort

Et c’est bien notre lot

Que d’espérer ce sort

écrit avant la lecture du texte ci-dessous donc sans lien avec lui. J’y reviendrai d’autant que pour moi la séduction ne peut-être violence !

Mélanie Gourarier. « La séduction alpha mâle s’inscrit dans un continuum de pratiques violentes »

Entretien réalisé par Samia Rhalies
Mercredi, 16 Août, 2017
Humanite.fr
Dans son ouvrage intitulé « Alpha Mâle, séduire les femmes pour s’apprécier entre hommes », l’anthropologue Mélanie Gourarier a étudiée pendant trois ans la « Communauté de la Séduction ». Ce groupe fait par et pour les hommes – majoritairement blanc et de classes moyennes et supérieures – soit disant opprimés par les femmes, met tout en œuvre pour retrouver une hégémonie masculiniste. Misogynes, sexistes, antiféministes, les acteurs de cette communauté se rassemblent, en France mais aussi partout en Europe et en Amérique du nord, dans le but de répondre à une « crise de la virilité » fantasmée.
Qu’est ce que regroupe la communauté de séduction dont vous parlez dans votre essai ?
Mélanie Gourarier. La Communauté de la Séduction est à l’origine un groupe de parole entre homme qui est apparu à la fin des années 1990 en Californie, et ce contexte là de la Californie est important parce que c’est là où émerge le développement personnel. Ce groupe de parole est un cercle consacré à encourager les hommes à parler de ce qu’ils considèrent être une condition masculine actuelle en souffrance. Très rapidement cette parole de souffrance va s’orienter sur la question de la séduction et on va considérer que c’est la séduction, les rapports hommes/femmes qui sont aujourd’hui la source des problèmes des hommes. Le fait que les rapports de séduction ne seraient plus censément comme avant, autrement dit plus sous la direction des hommes. Toute leur idée est que si la crise de la masculinité vient de la crise de la séduction, il faut donc que les hommes reprennent leur pouvoir dans la séduction. Ce qui est vraiment intéressant dans la Communauté de la Séduction, c’est l’association des techniques de développement personnel aux questions de séduction, le fait qu’il s’agisse de groupe de parole entre hommes qui s’inspirent aussi des fonctionnements des groupes féministes par exemple, mais pour cette fois-ci contre carrer une parole féministe. Ensuite il y a une autre chose qui explique le succès de la Communauté de la Séduction c’est le développement des réseaux sociaux en ligne. Ils se sont très rapidement approprié cette nouvelle technologie et ils ont créé des forums de discussions sur lesquels ils ont pu discuter entre eux et diffuser leurs idées. On retrouve aujourd’hui la Communauté de la Séduction à peu près partout en Europe et en Amérique du Nord. Pour finir, elle est constituée exclusivement d’hommes, majoritairement âgés de 18 à 35 ans, plutôt des classes moyennes et supérieures.
 
Vous disiez « constitué exclusivement d’hommes ». Comment avez-vous fait pour entrer sur ce terrain purement masculin en tant que femme et féministe ?
Mélanie Gourarier. A priori le fait d’être une femme ne m’a pas posé problème parce que j’ai pu bénéficier de plusieurs choses. La Communauté de la Séduction était alors émergente en France, et ils avaient une volonté de se faire connaître. J’ai fais mon terrain entre 2007 et 2012. Et j’ai pu bénéficier aussi du fait que je suis rentré par l’entremise de coachs en séduction que j’ai rencontré sur un terrain précédent que je menais sur le speed dating,- et qui, quand ils ont vu que j’étais anthropologue, ont souhaité que je travaille sur eux. C’est eux qui m’ont invité à les suivre. Donc ma qualité d’anthropologue m’a permis de faire le terrain, et ce qui est plutôt intéressant c’est que pas une seule seconde ils m’ont posé la question de mon propre positionnement politique. C’est-à-dire qu’ils me croyaient acquise à leur cause et ca c’est quelque chose qui n’est pas propre à mon terrain. S’intéresser à un groupe de personne c’est être du côté de ces personnes, pour les enquêtés. Donc moi j’ai pu bénéficier de cette adhésion là, du fait que je travaille sur eux ça montrait que je n’étais pas une féministe. Mais il ne s’agissait pas d’être sous couverture non plus, je n’ai jamais menti sur ma position c’est juste qu’on ne m’a jamais posé la question. 
 
Et vous avez eu des retours de leur part ?
Mélanie Gourarier. Non je n’ai pas eu de retour de la part de mes enquêtés. On m’a signalé qu’on critiquait le livre sur un forum de la Communauté, mais je n’ai pas grand-chose à en dire! C’était prévisible ! Mais là aussi il faut replacer dans un cadre plus général, c’est pas du tout spécifique à mon terrain, dès qu’on travaille sur un groupe de personne : les gens vont rarement adhérer à la façon dont on parle d’eux. Même si les conclusions vont dans leur sens ou dans le sens qu’ils défendent. Les gens se reconnaissent rarement. C’est vraiment un phénomène assez classique de la restitution de la recherche. 
 
D’après votre ouvrage, et de ce que vous en dites, cette Communauté est très répandue alors qu’on en entend pas vraiment parler ? 
Mélanie Gourarier. Alors on en a beaucoup parlé à certain moment où il y a eu des affaires un peu médiatisées, où on a accusé certain coach de violences sexuelles. En France on n’en parle peut-être pas beaucoup, mais aux Etats-Unis c’est quand même très connu. Il y a eu des épisodes de séries télévisées très populaires aux Etats-Unis qui se déroulés au sein de la Communauté de la Séduction. Les coachs en séduction ont leur propre émission télévisée sur des grandes chaînes, les ouvrages de la communauté sont des best-sellers, etc. Ensuite, il y a autre chose. Il est très difficile de penser la Communauté de la Séduction en tant qu’entité unitaire et organisée. Ce que j’ai essayé de montrer dans mon livre, c’est que l’adhésion à une certaine idéologie qui consisterait à penser que les hommes seraient défavorisés dans les rapports de séduction conduit à se renseigner, à s’informer et à lire des livres de développement personnel qui considèrent qu’il faudrait apprendre aux hommes à récupérer une position hégémonique qu’ils auraient perdu. Et tout ça dépasse le cadre de la Communauté de la Séduction. C’est une idéologie qui est relativement majoritaire quand on regarde la façon dont le sujet est traité dans les médias. Ce dont je me suis rendue compte au moment de la sortie du livre c’est qu’il était très difficile jusqu’à présent de parler des masculinités en sortant d’un discours sur la crise. Dès lors que le sujet c’est les masculinités, c’est toujours pour dire qu’il y a un problème. Qu’il y a une souffrance. Et ça pour moi c’est déjà être dans une idéologie masculiniste.
 
Et cette souffrance vous l’expliquez comment ?
Mélanie Gourarier. Mon  travail n’est pas du tout de remettre en question l’authenticité de cette souffrance. Ce que j’essaye de montrer c’est que même si ces émotions sont tout à fait réelles – autrement dit, qu’elles sont effectivement ressenties par les personnes – elles n’en sont pas moins socialement construites. On peut les mettre dans une perspective historique et donc la relativiser. Ce que j’ai voulu montrer c’est que ces discours de crise ne sont pas exceptionnels dans l’histoire et sont en fait récurrents dans l’histoire. Ensuite, il s’agit de les « re-sociologiser » en montrant que l’idée d’une crise de la masculinité est un moyen de renforcer un ordre social plutôt que le symptôme de son affaiblissement. La masculinité, loin de s’affaiblir, trouve dans l’idée de la menace un moyen de se revigorer.
 
Comment expliquer ce paradoxe de vouloir récupérer un certain pouvoir en étant le plus grand séducteur, et en même temps d’être misogyne ?
Mélanie Gourarier. Selon moi, il ne s’agit pas d’un paradoxe, c’est même assez logique. Ce qui est visé dans cette volonté d’être un grand séducteur, ce qui les intéresse n’est absolument pas la conquête des femmes mais, à travers la conquête des femmes s’apprécier entre hommes. C’est s’aimer entre hommes mais aussi s’évaluer, se hiérarchiser. La reproduction des masculinités fonctionne sur ce double processus : la nécessité de l’entre-soi masculin et les rapports – de pouvoir- entre hommes. 
 
Cette hiérarchie est basée sur quoi ? L’argent, la couleur de peau… ?
Mélanie Gourarier. Oui sur tout ça à la fois ! La figure de l’alpha mâle par exemple est un horizon inatteignable, un archétype qui est pensé comme socialement neutre. Comme si cette masculinité valorisée n’avait ni classe, ni race, ni âge, ni sexualité. Par ailleurs, la masculinité moyenne, celle qu’on croit « normale », n’est en fait absolument pas neutre. Par exemple la misogynie si elle est aujourd’hui socialement dévalorisée, est autant répandue mais ne s’exprime plus de la même manière.  Exprimer un discours violent à l’égard des femmes est particulièrement déprécié et vous situe socialement. Il y a tout un travail qui est fait sur la manière de policer le langage masculin, qui ne doit pas être trop violent, mais qui ne doit pas être trop efféminé non. C’est là où la question de la norme se joue, dans cet entre-deux, en tension, qui conduit à reléguer des modes de masculinités marginalisés. 
 
Par rapport aux violences des masculinités, il y a plusieurs fois [dans l’ouvrage] où il est question de pratiquer la « drague de rue ». Est-ce que ce n’est pas ce que les femmes ou les féministes pourraient appeler le « harcèlement de rue » ?
Mélanie Gourarier. Oui, sauf qu’à mon sens il ne faut pas limiter la question du harcèlement à la rue parce que ça limite aussi la question de la violence émise par les hommes à une certaine catégorie d’hommes, or cette violence là se retrouve à l’université émise par des personnes en position de pouvoir, on la retrouve aussi dans les médias, le monde politique, bref, aussi et peut-être surtout dans les sphères dominantes. Et si on ne parle que du harcèlement de rue on oublie que ce harcèlement est un phénomène structurel et très largement généralisé.
 
Mais nous avons souvent tendance à considérer le harcèlement de rue comme l’apanage des classes défavorisées, des immigrés, des réfugiés, etc. Le fait, pour eux, d’appeler ça de la « drague de rue », c’est une manière de se distancier…
Mélanie Gourarier. Les membres de la Communauté de la Séduction ne voient pas de rapport entre le harcèlement et la drague. Ils n’emploient pas « drague de rue » pour s’extraire de la catégorie du harcèlement, pour eux ce n’est pas la même chose. D’ailleurs ils critiquent ça énormément : qu’on puisse confondre drague et harcèlement. Toutefois, tout l’enjeu est, il me semble, de questionner ces pratiques pour montrer finalement qu’il se joue quelque chose dans la manière de les différencier. En tant que chercheure et en tant que féministe il y a enjeu à montrer que la séduction s’inscrit dans un continuum de pratiques violentes. Elle n’est pas un espace qui s’extrait des rapports de pouvoir : elle est au contraire l’une de sa principale arène.
 
Est-ce que cet « art de la séduction » peut se jouer de la même manière dans les communautés homosexuelles ?
Mélanie Gourarier. Il y a eu beaucoup d’études qui ont été faites sur la drague homosexuelle, notamment au moment des grandes enquêtes qui ont été faites au début de l’épidémie du sida. Il y avait alors une nécessité de comprendre les modes de drague, pour mieux agir sur la prévention, etc. Par exemple en France, les études sur la sexualité se sont développées à ce moment là, aussi pour des raisons préventives. Ce qui est assez intéressant c’est que les premières enquêtes sur la séduction ont été faites sur la drague homosexuelle, c’est bien plus tard qu’on s’est mis à travailler sur l’hétérosexualité, aussi parce qu’elle est la norme majoritaire. À ma connaissance, il n’existe pas de communauté de la séduction homosexuelle comme il existe une communauté de la séduction hétérosexuelle, etc. Ce que je peux juste dire c’est qu’on ne peut pas penser de façon symétrique la drague homosexuelle, la drague hétérosexuelle, la drague hétérosexuelle pratiquée par des femmes et celle pratiquée par des hommes. On peut toujours penser ces rapports là, mais il faut les penser comme étant spécifique puisqu’ils s’inscrivent plus largement dans un ordre du genre. Travailler sur la drague, l’apprentissage de la séduction hétérosexuelle par et pour des hommes c’est travailler sur une certaine position dans le rapport social. Lorsqu’on travaille sur la drague homosexuelle, il faut donc la réinscrire dans un système de genre et de sexualité plus large. Ces pratiques sont prises et situées dans des rapports de pouvoir qui ne sont pas symétriques aux pratiques hétérosexuelles

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Une loi pour un toit

Posté par jacques LAUPIES le 23 août 2017

DSC_0043-1

Ah si le centre ville était partout aussi mignon qu’ici

 

La question du logement est cruciale pour les familles.

Nous vivons dans un pays qui dispose des moyens nécessaires pour une grande politique du logement laquelle doit selon moi reposer sur deux critères d’intervention que l’on appelle communément l’aide à la pierre et l’aide à la personne. 

L’aide à la pierre doit pouvoir permettre la construction et l’aménagement  de logements en offre suffisante, en qualité et en quantité, aux diverses catégories de la population. Elle doit donc encourager la construction par des bailleurs sociaux en priorité mais évidemment  il faut encourager aussi l’amélioration et la construction d’un parc  « privé » dans des normes permettant d’éviter la spéculation et l’enrichissement des investisseurs et bailleurs de ce secteur.

Il reste que la question de la cherté des loyers demeure et qu’elle constitue un obstacle en frappant la demande, qu’elle pénalise l’investissement  dans le locatif d’où, hormis bien entendu l’aspect antisocial,, le frein qu’elle constitue dans le développement d’un des secteurs économiques les plus utiles et les plus vitaux de la société.

C’est pour cela que l’aide au logement est une priorité  et, si les conditions ne sont pas encore remplies pour l’universaliser, elle doit impérativement être maintenue et améliorée. Belle démonstration que le social est une base de l’économie.

De même il devient impératif de garantir des conditions d’occupation conformes à la composition familiale pur éviter ces drames trop fréquents qui éloignent prématurément les enfants du nécessaire besoin du contrôle et du soutien parental jusqu’à leur majorité ou eux même doivent trouver sans transition à se loger avec les aides indispensables.

Ce commentaire  prend appui sur une réalité, hélas qui confirme que le besoin de logement n’est pas satisfait, ou mal satisfait, ce qui devrait conduire les différents acteurs de sa satisfaction à employer leur énergie pour la rendre possible !

Le rôle des élus en ce domaine est évident et il n’est un secret pour personne que certains se battent mieux que d’autres pour le régler. Car c’est bien d’un combat qu’il s’agit lorsque l’on prend acte des carences des politiques gouvernementales en ce domaine, qui réduisent les ressources et les moyens des collectivités locales pour contribuer et encourager la construction dans le bâtiment.

 

 

 

Précarité. En France, en 2017, de plus en plus de familles dorment dehors

Solenne Bertrand et Livia Pinet
Mardi, 22 Août, 2017
L’Humanité
Simon, 2 ans et demi, sans logement depuis six mois. Les associations alertent sur les conséquences dramatiques de l’absence de domicile fixe pour les enfants. Magali Bragard<br /><br /><br /><br />
Simon, 2 ans et demi, sans logement depuis six mois. Les associations alertent sur les conséquences dramatiques de l’absence de domicile fixe pour les enfants. Magali Bragard
 

Les moins de 24 ans et les femmes seules avec enfants affluent dans les centres cet été alors que les places pour les accueillir sont réduites à la portion congrue. Les structures d’accueil sont saturées à des niveaux jamais atteints et en appellent au gouvernement.

En été, les mises à l’abri, à l’hôtel ou dans des centres d’urgence, sont de très courte durée : 47 % des solutions d’hébergement proposées aux familles ne sont que pour une seule nuit. Winnie se réjouit chaque soir de ne pas dormir dehors : « Quand je pose ma tête sur l’oreiller, je n’ai plus de souci. Simon, lui, ne réalise pas encore notre situation. »

Chaque soir, à Paris, 400 personnes en familles ne sont pas hébergées

En un an, selon le baromètre du 115 réalisé par la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) entre le 10 juin et le 10 juillet sur 41 départements et Paris, le nombre de familles demandeuses d’un hébergement d’urgence a explosé de 39 %. Les structures sont dépassées. Au point que le 115 enregistre des « niveaux jamais atteints » : « Chaque soir, ce sont entre 300 et 400 personnes en famille que nous n’arrivons pas à héberger, regrette Emmanuelle Guyavarch, directrice de la régulation au Samu social de Paris. Dans le même temps, nous n’avons jamais accueilli autant de familles dans nos structures : 14 000 personnes actuellement. » Concrètement, cela signifie qu’une famille à la rue aujourd’hui à Paris a seulement une chance sur dix de se voir proposer un hébergement lorsqu’elle appelle le 115. « On est obligé de mettre en place des critères de vulnérabilité de plus en plus drastiques », explique Emmanuelle Guyavarch. L’âge des enfants, le temps d’errance et l’état sanitaire des membres de la famille sont ainsi pris en compte.

Au niveau national, le nombre de familles sans aucune solution d’hébergement a augmenté de 8 % en un an. « L’homme seul, isolé et vieillissant n’est plus le modèle majoritaire, explique Florent Gueguen, directeur de la FAS. Aujourd’hui, la moitié des personnes qui appellent le 115 sont des familles. Cela correspond à une évolution structurelle de la pauvreté, avec une augmentation du nombre de femmes seules avec enfants, auquel s’ajoute l’impact de la crise migratoire. Faute d’être prises en charge comme demandeuses d’asile, les familles migrantes appellent le 115. » Enfin, les structures d’accueil des sans-abri construites dans les années 1980 restent inadaptées à l’accueil des familles avec enfants. 60 % d’entre elles sont donc logées à l’hôtel, « dans des conditions très précaires », regrette Florent Gueguen. Parmi ces familles, le 115 a comptabilisé en juin 5 328 mineurs.

Face à ces situations alarmantes, les associations voudraient un renforcement des politiques publiques de l’État pour garantir l’accès au logement pour tous, notamment par la mise en place de logements très sociaux. « Avec la rentrée scolaire qui arrive, il est très difficile pour les familles de ne pas se fixer », poursuit Emmanuelle Guyavarch, qui rappelle les conséquences dramatiques des ruptures administratives, scolaires et sanitaires pour les enfants.

Le baromètre du Samu social montre un accroissement inquiétant du nombre de jeunes demandeurs d’un hébergement d’urgence : + 17 % en un an. Plus de la moitié d’entre eux n’obtiennent jamais de réponses positives. « Depuis quelques années, la situation sociale française concernant les jeunes s’est dégradée, explique Samuel Coppens, porte-parole de la Fondation Armée du salut. Avec les baisses de budget imposées par les gouvernements, les conseils départementaux ont fortement réduit l’aide sociale à l’enfance, qui accordait des aides aux jeunes jusqu’à l’âge de 21 ans. Maintenant, ils sont accompagnés seulement jusqu’à 18 ans. Mais qui, à cet âge, serait prêt à affronter seul la précarité ? »

« Je veux un logement et pas une solution qui ne dure qu’une nuit »

À l’Espace solidarité insertion (ESI) Saint-Martin, installé dans une bouche de métro désaffectée du 3e arrondissement parisien, Mickael l’affronte, lui, depuis un an et demi. Il est venu ce matin prendre une douche et un petit déjeuner. À la rue suite à une dispute familiale, Mickael résume : « J’ai fait des bêtises, mes parents m’ont mis à la porte. » Depuis, il dort sous une tente avec un ami et se débrouille pour manger et se laver. « Je veux un logement et pas une solution qui ne dure qu’une nuit », poursuit le jeune homme.

Malgré l’importance de l’afflux, les bénévoles et le personnel ne se découragent pas. Sophie travaille depuis deux ans à l’accueil de l’ESI Saint-Martin : « Tous les matins, nous sommes débordés face à l’arrivée massive de ces personnes. Nous accueillons entre 100 et 150 personnes tous les jours. Bien sûr, il y a parfois des mauvaises aventures avec quelques-uns, où nous prenons sur nous, car il est important de se rappeler que ce sont des personnes qui dorment et vivent à la rue. » Être à l’abri, prendre une douche et boire un café, laver son linge et se faire couper les cheveux, rencontrer une infirmière, un médecin ou des travailleurs sociaux, c’est ce qui motive les personnes à venir dans les accueils de jour. « C’est avant tout un lieu de socialisation et de cohabitation, poursuit Samuel Coppens. Les sans-abri vivent ensemble et peuvent dialoguer entre eux, mais aussi échanger avec le personnel de l’accueil. » Dans ces centres, la plupart des hommes et des femmes rechargent leur portable. Raphaël, un des habitués des lieux depuis des années, explique : « Comme ça, nos téléphones seront opérationnels cet après-midi pour appeler le 115. »

Les jeunes majeurs sans hébergement sont plus nombreux. Entre le 10 juin et le 10 juillet 2017, selon le décompte établi par la Fédération des acteurs de la solidarité (ex-Fnars), le nombre de jeunes de 18 à 24 ans en demande d’hébergement « augmente de 17 % par rapport à l’année précédente, à la même période. Au total, sur cette période, en 2017, 13 205 demandes d’hébergement ont concerné 3 389 jeunes de 18-24 ans. Ce sont à 49 % des hommes isolés, 17 % des femmes seules, 23 % en famille, 9 % en couple sans enfants. Cette hausse souligne la forte dégradation de la situation sociale et économique de ce public, affecté notamment par les difficultés d’accès aux minima sociaux, les ruptures de parcours à la sortie des services de l’aide sociale à l’enfance et l’absence de solutions d’hébergement en nombre suffisant ».

 

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

1234
 

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus