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Une loi pour un toit

Posté par jacques LAUPIES le 23 août 2017

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Ah si le centre ville était partout aussi mignon qu’ici

 

La question du logement est cruciale pour les familles.

Nous vivons dans un pays qui dispose des moyens nécessaires pour une grande politique du logement laquelle doit selon moi reposer sur deux critères d’intervention que l’on appelle communément l’aide à la pierre et l’aide à la personne. 

L’aide à la pierre doit pouvoir permettre la construction et l’aménagement  de logements en offre suffisante, en qualité et en quantité, aux diverses catégories de la population. Elle doit donc encourager la construction par des bailleurs sociaux en priorité mais évidemment  il faut encourager aussi l’amélioration et la construction d’un parc  « privé » dans des normes permettant d’éviter la spéculation et l’enrichissement des investisseurs et bailleurs de ce secteur.

Il reste que la question de la cherté des loyers demeure et qu’elle constitue un obstacle en frappant la demande, qu’elle pénalise l’investissement  dans le locatif d’où, hormis bien entendu l’aspect antisocial,, le frein qu’elle constitue dans le développement d’un des secteurs économiques les plus utiles et les plus vitaux de la société.

C’est pour cela que l’aide au logement est une priorité  et, si les conditions ne sont pas encore remplies pour l’universaliser, elle doit impérativement être maintenue et améliorée. Belle démonstration que le social est une base de l’économie.

De même il devient impératif de garantir des conditions d’occupation conformes à la composition familiale pur éviter ces drames trop fréquents qui éloignent prématurément les enfants du nécessaire besoin du contrôle et du soutien parental jusqu’à leur majorité ou eux même doivent trouver sans transition à se loger avec les aides indispensables.

Ce commentaire  prend appui sur une réalité, hélas qui confirme que le besoin de logement n’est pas satisfait, ou mal satisfait, ce qui devrait conduire les différents acteurs de sa satisfaction à employer leur énergie pour la rendre possible !

Le rôle des élus en ce domaine est évident et il n’est un secret pour personne que certains se battent mieux que d’autres pour le régler. Car c’est bien d’un combat qu’il s’agit lorsque l’on prend acte des carences des politiques gouvernementales en ce domaine, qui réduisent les ressources et les moyens des collectivités locales pour contribuer et encourager la construction dans le bâtiment.

 

 

 

Précarité. En France, en 2017, de plus en plus de familles dorment dehors

Solenne Bertrand et Livia Pinet
Mardi, 22 Août, 2017
L’Humanité
Simon, 2 ans et demi, sans logement depuis six mois. Les associations alertent sur les conséquences dramatiques de l’absence de domicile fixe pour les enfants. Magali Bragard<br /><br /><br /><br />
Simon, 2 ans et demi, sans logement depuis six mois. Les associations alertent sur les conséquences dramatiques de l’absence de domicile fixe pour les enfants. Magali Bragard
 

Les moins de 24 ans et les femmes seules avec enfants affluent dans les centres cet été alors que les places pour les accueillir sont réduites à la portion congrue. Les structures d’accueil sont saturées à des niveaux jamais atteints et en appellent au gouvernement.

En été, les mises à l’abri, à l’hôtel ou dans des centres d’urgence, sont de très courte durée : 47 % des solutions d’hébergement proposées aux familles ne sont que pour une seule nuit. Winnie se réjouit chaque soir de ne pas dormir dehors : « Quand je pose ma tête sur l’oreiller, je n’ai plus de souci. Simon, lui, ne réalise pas encore notre situation. »

Chaque soir, à Paris, 400 personnes en familles ne sont pas hébergées

En un an, selon le baromètre du 115 réalisé par la Fédération des acteurs de la solidarité (FAS) entre le 10 juin et le 10 juillet sur 41 départements et Paris, le nombre de familles demandeuses d’un hébergement d’urgence a explosé de 39 %. Les structures sont dépassées. Au point que le 115 enregistre des « niveaux jamais atteints » : « Chaque soir, ce sont entre 300 et 400 personnes en famille que nous n’arrivons pas à héberger, regrette Emmanuelle Guyavarch, directrice de la régulation au Samu social de Paris. Dans le même temps, nous n’avons jamais accueilli autant de familles dans nos structures : 14 000 personnes actuellement. » Concrètement, cela signifie qu’une famille à la rue aujourd’hui à Paris a seulement une chance sur dix de se voir proposer un hébergement lorsqu’elle appelle le 115. « On est obligé de mettre en place des critères de vulnérabilité de plus en plus drastiques », explique Emmanuelle Guyavarch. L’âge des enfants, le temps d’errance et l’état sanitaire des membres de la famille sont ainsi pris en compte.

Au niveau national, le nombre de familles sans aucune solution d’hébergement a augmenté de 8 % en un an. « L’homme seul, isolé et vieillissant n’est plus le modèle majoritaire, explique Florent Gueguen, directeur de la FAS. Aujourd’hui, la moitié des personnes qui appellent le 115 sont des familles. Cela correspond à une évolution structurelle de la pauvreté, avec une augmentation du nombre de femmes seules avec enfants, auquel s’ajoute l’impact de la crise migratoire. Faute d’être prises en charge comme demandeuses d’asile, les familles migrantes appellent le 115. » Enfin, les structures d’accueil des sans-abri construites dans les années 1980 restent inadaptées à l’accueil des familles avec enfants. 60 % d’entre elles sont donc logées à l’hôtel, « dans des conditions très précaires », regrette Florent Gueguen. Parmi ces familles, le 115 a comptabilisé en juin 5 328 mineurs.

Face à ces situations alarmantes, les associations voudraient un renforcement des politiques publiques de l’État pour garantir l’accès au logement pour tous, notamment par la mise en place de logements très sociaux. « Avec la rentrée scolaire qui arrive, il est très difficile pour les familles de ne pas se fixer », poursuit Emmanuelle Guyavarch, qui rappelle les conséquences dramatiques des ruptures administratives, scolaires et sanitaires pour les enfants.

Le baromètre du Samu social montre un accroissement inquiétant du nombre de jeunes demandeurs d’un hébergement d’urgence : + 17 % en un an. Plus de la moitié d’entre eux n’obtiennent jamais de réponses positives. « Depuis quelques années, la situation sociale française concernant les jeunes s’est dégradée, explique Samuel Coppens, porte-parole de la Fondation Armée du salut. Avec les baisses de budget imposées par les gouvernements, les conseils départementaux ont fortement réduit l’aide sociale à l’enfance, qui accordait des aides aux jeunes jusqu’à l’âge de 21 ans. Maintenant, ils sont accompagnés seulement jusqu’à 18 ans. Mais qui, à cet âge, serait prêt à affronter seul la précarité ? »

« Je veux un logement et pas une solution qui ne dure qu’une nuit »

À l’Espace solidarité insertion (ESI) Saint-Martin, installé dans une bouche de métro désaffectée du 3e arrondissement parisien, Mickael l’affronte, lui, depuis un an et demi. Il est venu ce matin prendre une douche et un petit déjeuner. À la rue suite à une dispute familiale, Mickael résume : « J’ai fait des bêtises, mes parents m’ont mis à la porte. » Depuis, il dort sous une tente avec un ami et se débrouille pour manger et se laver. « Je veux un logement et pas une solution qui ne dure qu’une nuit », poursuit le jeune homme.

Malgré l’importance de l’afflux, les bénévoles et le personnel ne se découragent pas. Sophie travaille depuis deux ans à l’accueil de l’ESI Saint-Martin : « Tous les matins, nous sommes débordés face à l’arrivée massive de ces personnes. Nous accueillons entre 100 et 150 personnes tous les jours. Bien sûr, il y a parfois des mauvaises aventures avec quelques-uns, où nous prenons sur nous, car il est important de se rappeler que ce sont des personnes qui dorment et vivent à la rue. » Être à l’abri, prendre une douche et boire un café, laver son linge et se faire couper les cheveux, rencontrer une infirmière, un médecin ou des travailleurs sociaux, c’est ce qui motive les personnes à venir dans les accueils de jour. « C’est avant tout un lieu de socialisation et de cohabitation, poursuit Samuel Coppens. Les sans-abri vivent ensemble et peuvent dialoguer entre eux, mais aussi échanger avec le personnel de l’accueil. » Dans ces centres, la plupart des hommes et des femmes rechargent leur portable. Raphaël, un des habitués des lieux depuis des années, explique : « Comme ça, nos téléphones seront opérationnels cet après-midi pour appeler le 115. »

Les jeunes majeurs sans hébergement sont plus nombreux. Entre le 10 juin et le 10 juillet 2017, selon le décompte établi par la Fédération des acteurs de la solidarité (ex-Fnars), le nombre de jeunes de 18 à 24 ans en demande d’hébergement « augmente de 17 % par rapport à l’année précédente, à la même période. Au total, sur cette période, en 2017, 13 205 demandes d’hébergement ont concerné 3 389 jeunes de 18-24 ans. Ce sont à 49 % des hommes isolés, 17 % des femmes seules, 23 % en famille, 9 % en couple sans enfants. Cette hausse souligne la forte dégradation de la situation sociale et économique de ce public, affecté notamment par les difficultés d’accès aux minima sociaux, les ruptures de parcours à la sortie des services de l’aide sociale à l’enfance et l’absence de solutions d’hébergement en nombre suffisant ».

 

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