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Quand les nouveaux sont vieux…

Posté par jacques LAUPIES le 19 septembre 2017

 Résultat d’image pour basse cour

Nus assistons actuellement à un semblant de recomposition politique. Car au fond les forces en présence, même lorsqu’elles changent d’appellation continuent sur le fond d’exister. et c’est bien naturel puisque les intérêts économiques des classes ou catégories qui les font exister sont toujours là. Ce qui ne veut pas dire qu’il faille  considérer ces forces comme immuables et sans effet sur leur représentation politique.

Le plus bel exemple nous est donné par l’arrivée au pouvoir de Macron et de LRM. Il y a des crédules qui pensent que ce bel archange, nous est offert par toute une génération nouvelle qui a décidé, hors des réseaux politiques traditionnels, devant le cumul des échecs de la droite et de la social démocratie  et la mise au placard des extrême de gauche ou de droite, de faire appel à une sorte de renaissance politique.

En l’occurrence après avoir suscité le besoin, comme il le fait avec les consommateurs de marchandise, le capitalisme a proposé de jeunes loups  ou vieux renards si disant étrangers aux vieilles pratiques politiques. Histoire de ne pas effrayer ses relais volatiles subsistant dans des basses cour ou ménageries, prêts à suivre tout nouveau jeune coq dominant ou vieux singe paternel,

Toute une faune, dont nos petites et grandes villes, nos campagnes, n’est pas démunies, perdue dans toutes sortes d’obscurantismes y compris en se réclamant des lumières, alimente ces refuges d’animaux domestiques et s’est saisie de cette opportunité de « renouveau »

L’ennui est que cette colonie d’oiseaux se mélange au peuple souffrant à la recherche, quand il en a le temps, de solutions à la lente dépossession de ses droits sociaux. Sans compter qu’une bonne fraction de ce peuple a l’illusion que la liberté factice qu’il a de bavasser en tout lieux et en tout temps est une marque d’émancipation. .

A la moindre brise annonçant l’orage les girouettes au sommet des clochers indiquent la nouvelle direction à suivre. Des girouettes parfois coincées par la rouille qui ne sont capable de virer que lorsque le vent devient fort. A tel point qu’il sont décalés et en retard permanence. Et quand ça décoince évidemment ça grince…

Les partis produisent trop souvent des directions qui n’entendent pas le vent venir ou plus grave encore s’obstinent à lui résister. Et nait la confusion entre ceux qui trompent et ceux qui se trompent. Mais le résultat est le même : c’est le recul.

Pas étonnant que triomphe l’idée de l’homme providentiel qui arrange tout ceux qui se satisfont d’un système institutionnel fait pour ça ! 

Nota

J’ai dévié de mon propos qui voulait rappeler qu’il est aberrant de croire que Macron doit sa promotion à sa seule intelligence et énergie. Il n’a pu prospérer que grâce à un glissement des forces réformistes de droite et de gauche prenant appui sur des réseaux bien établis, connus pour leurs occultes impostures ! Demain ils seront capables, sous l’égide de la finance et des multinationales de la même opération  avec une autre tête. Seul peut les faire échouer l’union populaire avec pour guide des partis politiques capables de l’accompagner !

 

Exécutif. Macron veut mettre l’histoire au pas du roi

 

Grégory Marin

 

Mardi, 19 Septembre, 2017

 

L’Humanité

 

La nomination de Stéphane Bern pour « sauver le patrimoine en péril » et la leçon d’histoire erronée de Macron sur l’édit de Villers-Cotterêts suscitent la colère des historiens.

Emmanuel Macron n’a décidément pas de chance avec les ordonnances. Dimanche, lors d’un déplacement au château de Monte-Cristo, au Port-Marly (Yvelines), à l’occasion des Journées du patrimoine, il a défendu celle de Villers-Cotterêts, signée en 1539 par François Ier, affirmant devant des élèves de CM2 que cet « acte fondateur de notre identité » avait obligé ses sujets à abandonner les langues régionales au profit du seul français. Une instrumentalisation de l’histoire aussitôt épinglée par de nombreux historiens.

Le président partage avec Stéphane Bern une admiration pour la royauté

C’est le présentateur de télévision Stéphane Bern, ami du chef de l’État récemment nommé par lui « Monsieur Patrimoine », qui l’a lancé, estimant que le texte a « fait du français la langue officielle ». Le président, qui partage avec lui une admiration pour la royauté, a alors complété : « On est tous français alors qu’on parlait tous des patois un peu différents. Et notre pays, il s’est fait par la langue », a-t-il expliqué aux enfants. « Parce qu’à ce moment-là dans son château, le roi a décidé que tous ceux qui vivaient dans son royaume devaient parler français. »

Première à s’émouvoir de cette fraude, l’historienne Mathilde Larrère, l’une des « détricoteuses » de contre-vérités historiques pour Arrêts sur images, ironise sur le « vive le roi » du chef de l’État et sa « mésinterprétation » « Rien à voir avec une lutte contre le patois », explique-t-elle sur le site d’Arrêts sur images. « L’édit (autre nom de l’ordonnance que Macron n’utilise pas, pour des raisons conjoncturelles que l’on comprendra – Ndlr), c’est surtout une étape dans l’imposition du pouvoir royal. » En fait « l’édit royal » n’attaque pas les langues régionales, mais consacre dans son article 111 « le langage maternel françoys » comme référence pour les actes juridiques. Comme les textes de 1490 sous Charles VIII, qui parlent de « langage français ou maternel » ou celui de 1510 sous Louis XII qui demande que les procès se déroulent en « vulgaire et langage du pais ». Il s’agit essentiellement de faire du français la « langue du droit », afin de permettre à la population de comprendre la justice, rendue jusque-là… en latin. Car réduire son utilisation était aussi une manière de réduire l’influence de l’église, ce que n’évoquent ni Stéphane Bern ni Emmanuel Macron.

Détournement de l’histoire et attachement au pouvoir central

« Ce que vous tentez d’attribuer à François  Ier… c’est la Révolution qui l’impose », poursuit Mathilde Larrère. Car avec cette sortie pour le moins malvenue, les deux complices en détournement attribuent en effet au roi une volonté de faire peuple commun qui n’a existé qu’avec la Révolution française, œuvre poursuivie par la République qui, après celles de la loi, a unifié les procédures de l’administration et de l’enseignement. Cette tirade résume à elle seule la « pensée complexe » d’Emmanuel Macron : détournement de l’histoire, attachement au roi et au pouvoir central et dénigrement d’un acquis révolutionnaire. On y lit aussi un mépris pour les patois, alors souvent seule langue parlée par les Français les plus modestes. Or, l’édit ne se limitait pas, ont tranché maints juristes, à la seule langue française, mais, selon plusieurs lectures, étendait sa protection à toutes les langues maternelles du royaume. On comprend qu’outre les historiens, la sortie macro-bernienne de dimanche ait aussi provoqué l’ire des défenseurs du breton, de l’occitan et d’autres « patois » dénigrés par le président de… la République.

 

 

 

 

 

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

 

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