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L’esprit réactionnaire n’est pas prêt de s’effacer…

Posté par jacques LAUPIES le 22 septembre 2017

 

Au fil des reportages, des documentaires, de nombre d’œuvres cinématographique on voit revenir sans cesse la critique des sociétés dirigées par des communistes ou des progressistes, dans le passé ou le présent, selon laquelle les régimes  installés provoquent la récession économique, la désorganisation de l’industrie autant que de l’agriculture, l’instauration de la bureaucratie, la militarisation de l’éducation  et de l’école, certaines restrictions de libertés.

Rarement sont évoqués l’état des pays concernés avant la révolution sociale (nations souvent dévastées par des guerres d’agressions  extérieures ou des guerres civiles) pas  plus que les boycott qu’organisent les coalitions des pays sous dominante capitaliste. Sans compter les autres moyens de pression interne dont évidemment le sabotage à caractère politique, social ou même culturel. Les exemples le démontrant sont nombreux depuis la révolution d’octobre, en Europe d’abord, dans les pays d’Amérique latine, en Afrique et en Asie. de ces coups portés aux états tentant des expériences de type socialiste vrai ! La lutte pour le progrès et contre le progrès ont certainement un caractère universel !

Et quand n’ont pas suffit pas les mesures économiques, le recours franc à la guerre a été employé.

Les peuples qui « acceptent » et parfois s’engagent dans de durs combats et sacrifices finissent par vaincre les exploiteurs et leurs soutiens. Puis vient le temps de la construction d’une société nouvelle et s’il est toujours présent l’ennemi, le dominant du passé, a des atouts pour reprendre le pouvoir autrement que par son intervention directe.

Il dispose des habitudes et pratiques du système d’exploitation qui a, depuis des siècles, formé les esprits au gout de la propriété, de l’individualisme, de l’égoïsme, de la soumission mais aussi d’un besoin de liberté factice allant au delà du respect des intérêts collectifs, des obscurantismes, idéologiques, politiques qui deviennent rapidement des instruments d’opposition.

C’est probablement là qu’apparait ce besoin d’éviter que ceux qui faisant appel à la « nature humaine »(1) vont impressionner tenter de mobiliser des fractions puis des masses populaires pour revenir à l’ordre ancien à la faveur des échecs et erreurs d’appréciation des défenseurs du nouveau système.

Quoiqu’on en dis e il n’y a que la démocratie, le débat permanent et la liberté pour éviter ces écueils le moment venu !

 

Code du travail. Les réalités gommées de l’entreprise Macron

 

Sylvie Ducatteau
Jeudi, 21 Septembre, 2017
L’Humanité
Selon un sondage Ifop pour l’Humanité publié vendredi dernier, 81 % des Français considèrent que la réforme du Code du travail va donner plus de pouvoir aux chefs d’entreprise.  Photo : Alexandre Henry
Selon un sondage Ifop pour l’Humanité publié vendredi dernier, 81 % des Français considèrent que la réforme du Code du travail va donner plus de pouvoir aux chefs d’entreprise. Photo : Alexandre Henry

La loi travail exprime le hiatus entre la vision de l’entreprise vantée par le chef de l’État et la réalité vécue par les salariés dans leurs lieux de travail. Beaucoup savent ne pas pouvoir compter sur les employeurs pour améliorer leur sort.

« Bien souvent, la vie d’un entrepreneur est bien plus dure que celle d’un salarié, il ne faut pas l’oublier. Il peut tout perdre, lui, et il a moins de garanties. » Cette diatribe signée Emmanuel Macron, en janvier 2016, annonçait déjà les penchants de celui devenu depuis président de la République. Elle éclaire la nature des ordonnances réformant le Code du travail contre lesquelles la CGT, Solidaires, la FSU, des organisations de jeunesse et des fédérations FO, Unsa et CFE-CGC appellent à la mobilisation ce jeudi, après la première journée d’action du 12 septembre.

Le locataire de l’Élysée n’en démord pas. Le nœud, c’est l’entreprise. L’homme du moment n’est ni artiste, ni enseignant, ni médecin, il est entrepreneur. « Le travail sera libéré. Les entreprises seront soutenues. L’initiative sera encouragée », a-t-il promis dans son discours d’investiture. Nous y sommes. Côté salariés, on semble voir et surtout vivre les choses différemment. « On nous présente l’entreprise comme le monde des Bisounours mais ce monde peut être féroce », s’alarme François, ex-militant CFDT chez IBM France, passé à la CGT. Lui en sait quelque chose puisque « placardisé » depuis un bon moment. « On va finir avec des salariés encore plus apeurés, tétanisés, qui risquent de courber encore plus l’échine. Et plus encore demain si les syndicats n’existent plus. »

Selon un sondage Ifop pour l’Humanité publié vendredi dernier, 81 % des Français considèrent que la réforme du Code du travail va donner plus de pouvoir aux chefs d’entreprise. Et 73 % jugent que les salariés seront moins bien protégés. Ces derniers vont-ils pouvoir compter sur leurs employeurs pour améliorer leur situation ? C’est non pour Pascal, adjoint de direction dans une PME du Nord spécialisée dans le négoce de matériaux. Il y croyait, pourtant. Dans son entreprise d’une centaine de salariés, il avait pu bénéficier d’une promotion. « Certes, les salaires sont bas, les conditions de travail sont dures, mais la progression de carrière est possible. Nous travaillons 45 heures par semaine dans un contexte à risques. Des camions, des transpalettes circulent tout le temps. Nous manipulons des produits parfois dangereux. » Mais un drame est survenu dans sa vie personnelle. Tout en retenue, il confie la violence de l’annonce de sa rétrogradation le jour même du décès de sa fille. Et la phrase de son patron quelques semaines plus tard : « Allez, c’est une affaire passée. » « Il ne faut pas généraliser », concède-t-il avec pudeur. Il attend désormais la retraite. Ce sera dans deux ans.

Les salariés des petites entreprises sont les plus nombreux à avoir recours aux prud’hommes. Didier Devaux les défend depuis trente-sept ans dans le département de l’Aisne. À son actif, 4 000 jugements. « Les employeurs ne se contentent plus du lien de subordination, ils veulent de la dévotion », proteste-t-il. L’une des dernières affaires qu’il a eu à juger, le licenciement d’une jeune femme handicapée à la suite d’un accident du travail, lui a laissé un goût amer. « Elle était salariée d’un groupe alimentaire qui emploie 1 800 salariés. Son employeur a prétendu qu’il n’y avait pas de poste adapté pour elle. » Les commentaires entendus ce jour-là l’indignent encore : « Peut-être portait-elle des talons hauts », « qu’elle n’avait pas la tenue adéquate »… « Les salariés osent de moins en moins défendre leur dû d’autant plus que la fermeture des tribunaux les a éloignés. Chez nous, le tribunal est à 60 kilomètres », précise-t-il.

Fabienne est également conseillère aux prud’hommes, à Nice (Alpes-Maritimes). Elle aussi raconte ces fameux licenciements abusifs de plus en plus fréquents, et pour lesquels les ordonnances entendent plafonner les indemnités dues aux salariés. Des situations parfois « ubuesques » comme le sort d’un jeune homme, légèrement handicapé, salarié d’un haras. « Son patron lui a fermé le portail au nez lorsqu’il a voulu reprendre son travail après un AVC. Il avait de vagues bulletins de salaire et aucune procédure de licenciement n’avait été lancée. Dans les petites structures, les salariés croient être en famille, alors, quand un problème survient, c’est la catastrophe. »

« On nous impose tout et surtout des sacrifices »

La catastrophe est totale lorsque le salaire n’est pas versé à la fin du mois. Des situations qui, selon Coralie Chabrier, responsable CGT commerce dans le Puy-de-Dôme, se multiplient, notamment dans les très petites entreprises. Mais la situation n’est pas plus enviable « dans la grande distribution où travaillent en majorité des femmes seules avec des enfants. Les temps partiels explosent », explique-t-elle. Elle évoque le magasin Carrefour d’Issoire, dans ce même département. Douze accords d’entreprise viennent d’y être dénoncés. Les salariés n’ont plus ni participation, ni intéressement aux résultats, ni règlement intérieur. Le travail du dimanche et l’ordre des départs en congés ne sont plus encadrés. « Les résultats du magasin sont réinvestis ailleurs pour d’autres ouvertures mais jamais dans l’amélioration des salaires et des conditions de travail. Seule la rentabilité les intéresse », poursuit la syndicaliste.

Les PME et les très petites entreprises, les start-up en particulier, sont les chouchous du président. « Il faut adapter le Code du travail à l’entreprise et à sa taille », avait-il déclaré devant un parterre de « décideurs », à Londres, juste avant son élection. Qu’en pensent Gabriel et Camille, une petite trentaine, tous deux « profil » et « génération start-up », à l’origine d’un projet de plateforme coopérative de livraison à vélo ? « Le problème, ce n’est pas l’entreprise en soi. Entreprendre, ce n’est pas mal. La question porte sur l’environnement. » En clair, « l’économie de plus en plus financiarisée, les entreprises de plus en plus dépendantes de la finance. À la concurrence exacerbée, s’ajoute la nouvelle économie, Uber et compagnie. » Pour ces deux jeunes entrepreneurs, « l’entreprise participative, tout ça, c’est du discours ». Sans aucun doute pour Gabriel, employé de bureau dans une société sous-traitante d’un grand groupe, « il y a fondamentalement un lien de subordination du salarié à son patron, puisque c’est écrit dans la loi. Le contrat de travail est un contrat de subordination avec la capacité de donner des ordres, les faire respecter, et sanctionner s’ils ne le sont pas ». Pour lui, « dire le contraire revient à nier la réalité. Salariés et employeurs ne sont pas égaux. Chez Smart, par exemple, on leur a fait du chantage à l’emploi. À la fin, ils se font quand même avoir », en acceptant le projet de réorganisation proposé par leur employeur.

« Il n’y a plus d’humanité dans les multinationales »

Justement, qu’en pense-t-on chez Smart ? « On nous impose tout et surtout des sacrifices. Les ouvriers travaillent dix heures par jour. Nos salaires sont gelés depuis trois ans. Quant à la stratégie de l’entreprise, ses projets : on nous cache tout, explique Jean-Luc Bielitz, délégué syndical de l’usine d’Hambach (Moselle). La presse locale vient de révéler le projet de Smart de produire des véhicules électriques sur notre site. Rien n’a été dit aux salariés ni en comité d’entreprise ni même en comité central d’entreprise. » De nouveau, la peur des licenciements plane. L’usine produirait à l’avenir 25 000 véhicules contre 100 à 150 000 aujourd’hui. Évidemment, Jean-Luc Bielitz ne croit pas une seconde à la bienveillance de ses patrons pour « régler dans l’entreprise des problèmes qui se posent dans l’entreprise », comme on l’entend dire ces jours-ci. Croit-il Emmanuel Macron qui, au 3e sommet de l’économie du journal Challenges, vantait « la déconcentration du dialogue social pour le rendre plus vivant » ? Un dernier épisode tout récent le convainc, s’il le fallait, du contraire. La direction a décidé que la vingtaine de salariés handicapés n’auraient plus le droit de stationner leurs véhicules dans l’enceinte de l’usine. « La petite Renault faisait sans doute ombrage aux grosses Mercedes des dirigeants qui, au passage, bien qu’ils bénéficient gratuitement des véhicules de la marque, préfèrent les gros 4×4 des concurrents tandis qu’ils nous demandent toujours plus d’efforts », raconte, écœuré, le syndicaliste. Un droit d’alerte a été déposé et l’inspection du travail avertie.

« Les managers croient produire de l’humanité. En fait, ils courent à longueur de journée et font courir les autres. Il n’y a plus d’humanité dans les multinationales. » Celui qui signe ce constat est délégué syndical d’une usine qui a beaucoup fait parler d’elle, ArcelorMittal à Gandrange (Moselle), filiale du groupe Mittal, un géant du CAC 40. Pour Christophe Jacquemin, « prendre le temps de s’arrêter, de dire bonjour, de croiser les regards, de se parler, tous ces temps de respiration, sont menacés. Jusqu’aux pauses casse-croûte qui sont remises en cause ». Alors, lorsqu’on lui parle d’un Code du travail plus proche de l’entreprise, il s’esclaffe. « Mon cousin est un petit entrepreneur. Il est séduit par certaines mesures, mais il oublie que si lui est taxé à 60 %, Arcelor ne l’est qu’à 6 %. C’est de cette distorsion dont devrait s’occuper Emmanuel Macron. » Christophe Jacquemin arbore un large sourire en annonçant qu’il entend prendre au mot le chef de l’État. « Il veut que nous soyons tous des entrepreneurs. D’accord. Moi, je suis entrepreneur du progrès social. Je lutte pour un Code du travail progressiste. Un bouclier de protection pour les salariés. »

Deuxième round de manifestations partout en france

On manifestera aujourd’hui dans toutes les villes grandes et moyennes de toutes les régions, comme la semaine dernière où 200 cortèges et 4 000 préavis avaient été recensés, mardi dernier, à l’occasion de la première journée de mobilisation contre la loi travail XXL. L’unité syndicale semble gagner du terrain, du moins localement, puisque les syndiqués FO et CFDT devraient être encore plus présents ce jeudi. À Paris, le rendez-vous est fixé à 14 heures, place Montparnasse pour rejoindre la place d’Italie. À Marseille, la manifestation prévue à 10 h 30 partira du Vieux-Port. Une vingtaine de cortèges sont annoncés dans le sud-est de la France, à Montpellier, Béziers, Toulon, notamment. À Lyon, la manifestation partira de la Manufacture des tabacs à 11 h 30. À Clermont-Ferrand, qui a reçu la visite du secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, mercredi, le cortège partira de la place du 1er-Mai à 10 heures. Dans le Nord, 150 appels à la grève avaient été recensés mardi dernier. Ce jeudi, la CGT appelle à des grèves reconductibles. Quinze manifestations sont organisées en Normandie, au Havre, à Rouen… Même chose en Bretagne, à Rennes et Brest. À Nantes, les manifestants ont rendez-vous à 14 heures dans le centre-ville. Une dizaine de cortèges sont également annoncés dans la grande région de Bourgogne-Franche-Comté.

Journaliste

 

 

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