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Nationalisme et régionalisme ce que j’en sais : si peu, mais tout de même j’ai mon idée

Posté par jacques LAUPIES le 2 octobre 2017

Il faut pour en parler connaître le sujet et je dois dire que la démarche des indépendantistes catalans me laisse perplexe parce que précisément j’ai quelques lacunes à combler. Donc difficile de la juger bonne ou mauvaise. Chaque pays à son histoire faite de luttes passées pour l’indépendance, pour ses institutions, pour ses droits économiques  et sociaux. Ne pas en tenir compte est une hérésie. Alors il faut me semble-t-il en revenir à considérer quels sont les enjeux d’un affrontement. de ce type pour le comprendre

Les peuples sont faits de diverses composantes régionales, généralement issues d’une histoire que l’on doit prendre en compte avec leurs évolutions économiques, sociales et culturelles voire même religieuses.

La nation britannique, je crois,  s’est constituée au dix septième siècle dans un cadre féodal et le développement de la domination de la bourgeoisie qui s’en est suivi et donc des contradictions du système capitaliste, se sont accommodées de compromis entre ces ces deux classes dominantes qui n’ont hélas pas épargné le prolétariat naissant et grandissant durant plusieurs siècles. Généralement persistent des régionalismes marquants. Il faut en priorité en rendre responsables ces deux classes et si le prolétariat (les salariés) a eu son mot a dire dans la construction des nations il doit se prémunir de toute récupération dans des démarches identitaires à venir.

Les mêmes phénomènes  d’affrontement entre pouvoir central et entités régionales se sont produits dans la construction de la nation allemande, la nation italienne et si la révolution française n’avait fort heureusement pas impulsé  une uniformisation à caractère progressiste avec le jacobinisme, il n’est pas dit que certaines résurgences régionales auraient pu être exploitées par les ennemis de la république.

Examiner les revendications régionalistes hors des contextes historiques et des rapports de classe ne parait pas très sérieux. Néanmoins il me semble qu’accentuer les clivages en détruisant la marche en avant que constitue la construction d’une nation en unifiant et en recherchant des solutions de regroupement, y compris des nations entre elles, même si l’on doit recourir à des fédéralismes, parait bien plus souhaitable que d’entrer dans le jeu des régionalismes et des nationalisme.

Je n’ai pas de compétence particulière pour affirmer cela mais le peu d’expérience et de pratiques sociales que j’ai pu avoir m’incite à considérer qu’il faut de garder de tomber dans cet esprit féodal qui pénètre les individus et les groupes tout autant que ce goût de la centralisation qui, l’un et l’autre, ne rêvent que d’instituer des frontières ou de les supprimer en fonction de leurs intérêts.

Etre internationaliste me parai être la seule formule pour éliminer les tentations du repli sur soi autant que celui de la démarche impérialiste. Mais peut-on en l’état parler d’autre chose que d’internationalisme prolétarien face aux dégâts que cause la mondialisation capitaliste qui parfois s’abrite derrière les contradiction nationaliste pour mieux asseoir sa domination.

L’internationalisme doit être l’objectif. Reste à en trouver les formes en se prémunissant des manipulations des classes dominantes ! Il semblerait qu’il soit mis à mal de nos jours. La vigilance s’impose donc !

L’article de José Fort qui suit me parait intéressant ! 

 

 

Catalogne, les franquistes toujours là

 

José Fort
Dimanche, 1 Octobre, 2017
Humanite.fr
Photo Lluis Gene / AFP

Photo Lluis Gene / AFP
La police espagnole intervient violemment en ce moment à Barcelone et dans toute la Catalogne. L’Union européenne si prompte à donner des leçons de «  démocratie » particulièrement dans le Sud des Amériques observe un total silence.
Chacun y va de son commentaire «  pro » ou «  contre » souvent en se cantonnant dans le superficiel. Or, il est impossible de comprendre les événements en Catalogne si on ne fait pas un retour en arrière dans l’Histoire contemporaine de l’Espagne. Avec en toile de fond la dite «  guerre civile » qui fut, faut-il le rappeler, un soulèvement militaire soutenu par Hitler et Mussolini contre un gouvernement légalement élu, abandonné par les «  démocraties » de France et d’ailleurs. Ce gouvernement républicain présentait une tare indélébile : il s’attaquait aux intérêts des classes privilégiés et s’intéressait aux particularités régionales.
 
Une «  guerre civile », un Etat dictatorial pendant quarante ans puis une «  transition » dite «  démocratique » menée par les rejetons du franquisme avec les gauches, essentiellement le parti socialiste et le parti communiste qui misaient sur la fin de la clandestinité et le retour à une vie «  normale ». Rien d’indigne à un tel dénouement lorsqu’on a vécu si longtemps sous un régime fasciste avec comme seule perspective la prison ou le peloton d’exécution. Sauf que.
 
Sauf que des années après, deux constatations s’imposent : 
1/ Le rapport des forces à l’époque était tel qu’il était impossible que cette transition accouche d’une véritable démocratie, encore moins d’une République. 
2/  Les aspirations longtemps réprimées à la culture et à l’identité nationale avec l’irruption de nations dites «  périphériques » comme la Catalogne, le Pays basque ou encore la Galice étaient passées à la trappe. 
 
La répression n’a jamais pu contenir les cultures et les identités nationales. L’universitaire  Vincenç Navarro illustre bien cette réalité en racontant sa propre histoire : « J’avais dix ans et dans une rue de Barcelone je demande en catalan ma route à un policier.  Celui me crie dessus en ces termes : « Ne parles pas comme un chien, parle comme un chrétien. »
Il existe en Catalogne un nationalisme d’exclusion dont la bourgeoisie a fait ses choux gras. C’est ainsi que l’ancien président de la généralitat catalane, Jordi Pujol osait déclarer à propos de ces milliers de travailleurs immigrés « de l’intérieur » venus enrichir le patronat local : «  les immigrés murciens et andalous  ont des capacités intellectuelles inférieures aux catalans. »
J’ai retrouvé les notes de la dernière interview  que m’avait accordée une légendaire figure antifranquiste peu de temps avant sa mort, le dirigeant du PSUC, l’antenne catalane du parti communiste d’Espagne, Grégorio Lopez Raimundo. Il me disait : «  Les luttes sociales et la récupération de notre identité catalane sont indissociables. Nous ne sommes pas indépendantistes, nous sommes favorables à l’autodétermination et à la construction d’un Etats pluri national respectant les identités et les particularités de chacun dans le cadre d’une coopération entre toutes les régions d’une Espagne démocratique et de progrès. Bref, un Etat fédéral. »
 
Dans le même temps, nous assistons
à un retour en force de l’extrême droite.  Mon copain Jean Ortiz rapporte que « des partisans d’une Espagne réactionnaire, excluante, repliée sur elle-même, marquent des points, notamment dans le reste de l’Espagne où le gouvernement fait régner un climat anti-catalan hystérique. L’extrême-droite instrumentalise les courants identitaires : on entend reparler de « l’anti-Espagne », de « l’unité menacée », de « l’Espagne Une », d’ « ennemis de la patrie », de « sédition », de « séparatistes »… Les fondations anti-communistes, particulièrement celles liées à l’ancien président Aznar (très active au Venezuela), jouent les pyromanes, cherchent l’affrontement. » Le jeune leader d’Izquierda Unida, Alberto Garzón, s’est exclamé : « ils ne tolèrent pas la démocratie ». Telle est la vérité.

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

 

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