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L’attitude du gouvernement espagnol, déplacerai-il le problème de l’indépendance vers celui de la défense des libertés et celui des revendications sociales ?

Posté par jacques LAUPIES le 4 octobre 2017

 

 

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Ce matin, difficile de trouver un bar pour aller boire un café. Même situation pour faire des achats, trouver des journaux. Rosas, station balnéaire catalane par excellence est en ce mois d’octobre envahie de touristes, français en particulier. Pour le peu que j’ai rencontrés ils dénoncent les violences du gouvernement espagnol.

Ces violences ont pris le pas dans l’opinion sur le problème de l’indépendance que réclame une grande partie des catalans. Tout le monde s’accorde à dire que si le gouvernement espagnol avait laissé faire ce n’était pas gagné pour les indépendantistes.

Tous les commerces sont quasiment fermés. La protestation est pour ainsi dire unanime. 

La question se pose : que cherche la droite espagnole toujours teintée de franquisme ? Elle vaut d’être posée !

Espagne. La mobilisation populaire s’amplifie en Catalogne

Thomas Lemahieu
Mardi, 3 Octobre, 2017
L’Humanité
Hier à Barcelone, Place Saint-Jaume, les élus de la région et la maire de Barcelone ont protesté ensemble. Plus tard dans la journée, plus de 10 000 étudiants ont manifesté à leur tour. Luis Gene et Pierre-Philippe/AFP<br /><br />
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Hier à Barcelone, Place Saint-Jaume, les élus de la région et la maire de Barcelone ont protesté ensemble. Plus tard dans la journée, plus de 10 000 étudiants ont manifesté à leur tour. Luis Gene et Pierre-Philippe/AFP
 

À la veille de la grève générale, ce mardi, à l’appel des syndicats, des partis de gauche et de toute la société civile, les voix se multiplient et s’additionnent à Barcelone pour dénoncer la gestion exclusivement autoritaire de la crise par Mariano Rajoy.

Barcelone (Espagne), envoyé spécial.

«Hem votat  » (« Nous avons voté »). C’est le cri qui monte de toutes les places de la Catalogne. Actualisation de la promesse (« Votarem », « Nous voterons ») réalisée dimanche, malgré une féroce répression policière mise en œuvre par le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy. Lors du « référendum d’autodétermination » organisé unilatéralement par la majorité indépendantiste, plus de 2,2 millions d’électeurs (42,3 % du corps électoral) ont pris part au vote et le oui à la création d’un État républicain catalan l’a, sans surprise, emporté très largement avec plus de 90 % des suffrages exprimés. Et ce cri, puissant, rassemble dans toutes les couches de la société catalane, par-delà les clivages de classe. Derrière cette expression commune pour la démocratie, des revendications pour la solidarité, l’égalité et la justice sociale émergent de cette vague de mobilisations populaires dans toute la Catalogne.

Ce cri, Mariano Rajoy ne veut pas l’entendre, barricadé dans son impasse autoritaire. Dimanche soir, après avoir remercié l’Union européenne de son « soutien sans faille », le chef du gouvernement espagnol a affirmé qu’« il n’y avait pas eu de référendum » en Catalogne. Et lundi, il multiplie les provocations, par exemple en envoyant un hélicoptère de Guardia Civil, la police nationale, survoler à basse altitude le siège de la Generalitat, l’exécutif catalan. Ce faisant, le leader du Parti populaire (PP), cette droite conservatrice et corrompue qui n’a jamais vraiment été purgée après le franquisme – comme l’a illustrée la violence verbale et physique libérée contre les exigences de démocratie –, ouvre un boulevard aux partis indépendantistes catalans. Carles Puigdemont, le président de droite nationaliste catalane de la Generalitat, promet de déclencher « dans les prochains jours » la procédure de déclaration unilatérale d’indépendance.

Au-delà, le déni et la violence de Rajoy sont peut-être en train de déclencher un mouvement plus large encore. Dimanche soir, des milliers de Madrilènes ont convergé vers la Puerta del Sol pour réclamer la démission du leader de droite et le respect de la démocratie. À Barcelone, l’appel à la grève générale pour ce mardi, lancé dans un premier temps par les syndicats anarchistes et la formation indépendantiste d’extrême gauche CUP, a reçu hier matin le renfort des organisations syndicales majoritaires, Commissions ouvrières (CCOO) et UGT, et même du patronat local, à travers la coalition Taula per la Democracia (Table ronde pour la démocratie). « La répression violente et la violation de nos droits démocratiques fondamentaux auxquelles nous avons assisté dimanche nous conduisent à réagir, explique Javier Pacheco, secrétaire général des CCOO de Catalogne. C’est une expression unitaire pour que plus jamais on n’assiste à de telles scènes contre les citoyens dans notre pays. » Camil Ros, son homologue de l’UGT, précise : « Ce ne sera pas une grève générale habituelle comme nous les connaissons sur des thèmes sociaux ou dans les entreprises. Ce sera une démonstration de dignité, de civisme, de participation et de démocratie pour toute la société catalane, qui s’exprime depuis toujours de manière pacifique. » Pour Joan Josep Nuet, le coordinateur général d’Esquerra Unida i Alternativa – le cousin d’Izquierda Unida –, « la lutte du peuple catalan requiert l’unité la plus large possible pour une nouvelle Catalogne libre et démocratique ».

La crise déborde désormais son objet initial, l’indépendance de la Catalogne. Le Parti populaire est en grande difficulté et Mariano Rajoy menace de provoquer des élections anticipées pour arracher leur soutien aux socialistes du PSOE et aux libéraux de Ciudadanos, également discrédités dans cette phase. Sur la place Sant Jaume, où le siège de la Generalitat se trouve en face de la mairie de Barcelone, les membres du gouvernement indépendantiste et Ada Colau, la première magistrate de la capitale catalane, figure de proue de la coalition de gauche alternative Barcelone En Comu, se sont retrouvés hier, à midi, pour participer ensemble au rassemblement silencieux contre la répression orchestrée par Mariano Rajoy. « Depuis des années, le chef du gouvernement n’a offert aucune solution à la crise que nous connaissons, accuse Ada Colau, quelques minutes plus tard, dans le patio de l’hôtel de ville. On ne parle pas ici des forces indépendantistes au sens étriqué qui envisagent, à tort du point de vue de mon camp, de faire la déclaration unilatérale d’indépendance, mais bien des millions de citoyens qui réclament d’ouvrir un débat sur les droits politiques et sociaux en Catalogne. Lancer des policiers contre des gens qui réclament des libertés discrédite pour toujours Mariano Rajoy. Dans ces conditions, la demande de sa démission rassemble très largement en Catalogne, mais aussi dans toute l’Espagne. » Pour la maire de Barcelone qui a multiplié les appels ces derniers jours, il est plus que temps que l’Union européenne intervienne. « Elle a ses mécanismes, elle doit trouver le moyen d’ouvrir un dialogue politique, répond-elle à l’Humanité. La solution, ce n’est pas à l’Europe de la construire, nous le ferons d’ici, mais elle peut servir à reconstruire un espace de négociations et de discussions politiques. La solution ne peut être que politique et l’Europe ne peut pas rester à regarder, comme elle le fait, sans réagir… »

Bâillon rouge sur la bouche, près de 10 000 étudiants, graves et déterminés, déboulent un peu plus tard sur la plaça de Catalunya. Offrant une nouvelle preuve de la déroute de Mariano Rajoy dans la guerre des images, ils piétinent, en levant les bras, sur l’air de l’Estaca, l’hymne antifranquiste du chanteur catalan Lluis Llach. Sous les arbres, au bord de la place, les passants s’arrêtent. Un homme d’affaires, en quête de déjeuner, fredonne avec les jeunes et ferme même le poing. À la tribune, une porte-parole du mouvement s’époumone : « Nous, les Catalans, nous sommes divers et pluriels, mais nous tenons tous à une chose, la démocratie, et nous ne nous la laisserons jamais confisquer ! » Elle ajoute sous les vivats : « Plus jamais le fascisme ! » Ce cri-là. Comme un nouvel hommage à la Catalogne.

Rubrique Monde

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