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Octobre 1917. Des médias publics se gorgent d’anticommunisme !

Posté par jacques LAUPIES le 8 novembre 2017

Déshonneur pour la chaine publique qui célèbre la Révolution d’octobre avec des documentaires  critiquant l’action des bolcheviks en prenant appui sur la dénonciation du stalinisme avec des amalgames insupportables aboutissant à un anticommunisme primaire et une interprétation misérable de l’histoire. Même si relatant des évènements réels qui mériteraient une véritable confrontation d’idées…
Que ne feraient les suppôts de la bourgeoisie pour défendre un système capitaliste dont le pseudo triomphe annoncé par certains cache une  criminalité guerrière dans le monde, en se parant de la défense des droits de l’homme,  faisant oublier que par delà les fautes et les impostures dont il a été et est encore frappé le communisme demeure un espoir pour l’humanité.
Que les hommes et les femmes qui s’en réclament soient vulnérables car héritier des systèmes d’exploitation et des idéologies dont il se parent ne doit en aucun cas nous faire oublier que ce qui sauve cette humanité est avant tout sa socialisation basée sur la solidarité, la coopération et l’aspiration à la justice dans la liberté et la paix !   
Octobre 1917. Les salves du croiseur Aurore frappent les trois coups de la révolution
Jean-Paul Piérot
Lundi, 6 Novembre, 2017
L’Humanité
Le croiseur russe Aurore à Petrograd, le 7 novembre 1917. Rue des Archives/SV-Bilderdienst<br /><br /><br /><br /><br /><br /><br />

Le croiseur russe Aurore à Petrograd, le 7 novembre 1917.
Rue des Archives/SV-Bilderdienst

LIRE NOTRE NUMÉRO SPÉCIAL. L’entrée des soldats et des ouvriers en armes dans le palais d’Hiver est la conclusion d’une année 1917 marquée par une extraordinaire accélération de l’histoire. Moins d’un an auparavant, les peuples de l’Empire russe étaient soumis à un régime autocratique, privés des libertés les plus élémentaires. La jeunesse était décimée sur le front de la Grande Guerre, traitée comme du bétail par des officiers sabreurs ; les paysans à peine sortis du servage étaient plongés dans une misère moyenâgeuse. En mars, la monarchie était abolie ; en novembre, la stratégie de Lénine l’emportait : la république des soviets ouvriers et paysans était proclamée.

Au soir du 7 novembre 1917, une agitation inhabituelle règne à l’Institut Smolny, où la révolution a établi ses quartiers. L’ancien établissement d’éducation pour jeunes filles nobles, situé sur une rive de la Neva, a changé de pensionnaires : il abrite le soviet des ouvriers et des soldats de Petrograd. C’est le cœur battant de l’insurrection. « De toutes les rues plongées dans l’obscurité se déversaient des flots de formes vagues. Des automobiles et des motocyclettes passaient ; une énorme automobile blindée, couleur d’éléphant, avançait lourdement avec deux drapeaux rouges à sa tourelle en donnant des coups de sirène… » Le journaliste américain et militant socialiste John Reed décrit, dans son livre reportage Dix jours qui ébranlèrent le monde, l’ambiance fébrile ; les ouvriers en blouses et bonnets de fourrure noire, le fusil à l’épaule ; des soldats en grossières capotes couleur de boue et avec la chapka grise, aplatie sur le haut. Trotski, au nom du comité militaire révolutionnaire, vient d’annoncer la déchéance du gouvernement.

L’Humanité 8 novembre 1917 : « Troubles à Petrograd – 7 novembre – En fin de journée, le conflit entre l’état-major de la circonscription militaire de Petrograd et le comité révolutionnaire militaire du conseil des délégués ouvriers et soldats s’est considérablement aggravé ».

 

Tout avait commencé le 8 mars

La révolution conclut une année comme jamais n’en avait connu l’empire des tsars, « la prison des peuples ». Depuis le mois de février, la Russie est le théâtre d’une étonnante accélération de l’histoire. Le 8 mars, des mouvements de grève et des manifestations ouvrières et féministes à Petrograd ont surpris tout le monde : les autorités impériales et les grands patrons, mais aussi les militants révolutionnaires, dont un grand nombre étaient exilés à l’étranger – Lénine vit alors en Suisse.

L’Humanité 13 mars 1917 « Des manifestations ont eu lieu à Petrograd […] La population est mécontente […] les ouvriers ont abandonné le travail pour protester contre la disette des vivres »

En moins d’une semaine, le tsar Nicolas II abdique et, avec lui, s’effondre la dynastie tricentenaire des Romanov. Les Russes découvrent la liberté d’opinion, d’organisation dans un parti ou un syndicat… Un double pouvoir se met en place avec, d’un côté, le gouvernement provisoire présidé par le prince Lvov, dominé par la droite et les monarchistes ; de l’autre, le soviet des ouvriers et soldats, émanation de la révolution. Huit mois après, l’ébullition politique et sociale n’est pas retombée. Le nouveau pouvoir, dont l’homme fort est, depuis l’été, le travailliste Alexandre Kerenski, s’avère incapable de satisfaire les revendications populaires, de mettre fin à l’engagement russe dans la guerre mondiale, d’engager la réforme agraire tant attendue par les paysans pauvres, sortis du servage il y a seulement deux générations.

Des milliers de domaines sont occupés par les paysans sans terre

L’influence des bolcheviques va s’élargissant ; ils obtiennent la majorité dans le soviet de Petrograd et dans d’autres villes – Moscou, Kiev, Odessa. Leur rôle a été déterminant dans la riposte victorieuse à la tentative de coup d’État du général Kornilov au mois de septembre.

L’Humanité 12 septembre 1917 « Le général Kornilov marche sur Petrograd »

L’Humanité 13 septembre 1917 « Le conflit Kerensky-Kornilov semble tourner à l’avantage du gouvernement provisoire […] Généraux arrêtés […] les généraux rebelles traduits en justice […] l’attitude de l’armée et du pays ».

Ce putsch avorté ruine encore davantage les rapports entre les soldats du front et la caste des officiers. Plusieurs centaines d’entre eux sont arrêtés par la troupe et sont parfois lynchés. Le nombre de désertions monte en flèche et atteint un million entre août et octobre. Sur le front rural, la révolte éclate. Des milliers de domaines sont occupés par les paysans, qui réclament la distribution des terres à ceux qui la travaillent. Le gouvernement tente de faire intervenir l’armée, mais il se heurte à de nombreux cas de fraternisation entre soldats et paysans. Les villes sont aussi le théâtre de conflits sociaux.

Une circulaire du ministre du Travail frappant d’illégalité les réunions et les meetings dans les entreprises est ressentie vivement dans le monde ouvrier. Se sentant soutenu par le gouvernement provisoire, le patronat veut empêcher tout regard de gestion dans les comités d’usine et licencie nombre de militants ouvriers. Les milliers de lettres adressées au gouvernement et au congrès des soviets expriment, tels les cahiers de doléances de la Révolution française, la profonde aspiration au changement qui traverse les couches populaires.

De la révolution démocratique à la révolution sociale

Minoritaire dans un premier temps, Lénine, qui a regagné la Russie en avril, n’a eu de cesse de plaider auprès de ses camarades contre tout soutien au gouvernement provisoire et a popularisé le mot d’ordre « Tout le pouvoir aux soviets », afin d’aller de façon pacifique de la révolution démocratique à la révolution sociale.

L’Humanité 19 avril 1917 « Lénine en minorité […] L’émigré russe Lénine, qui vient de rentrer à Petrograd, a pris part à l’assemblée des représentants des organisations social démocratiques »

L’Humanité 27 avril 1917 : Ditch dit « Je crois que Lenine est un homme d’honneur et que sa sincérité ne fait pas de doute. Mais c’est un fanatique, qui ne tient pas compte des circonstances et qui ne s’arrête devant aucune difficulté pratique. Il a la naïveté de s’imaginer que la Russie peut évoluer immédiatement vers le socialisme ».

La partie de bras de fer entre le gouvernement et les révolutionnaires se durcit. La hiérarchie militaire envisage l’évacuation du pouvoir à Moscou, jugée plus calme, et la livraison de Petrograd aux troupes du Kaiser.

Une situation explosive, donc, pendant laquelle Lénine, poursuivi par le gouvernement et contraint à nouveau à la clandestinité, presse ses camarades de lancer l’insurrection et de prendre le pouvoir. Revenu de Finlande et discrètement installé dans le quartier ouvrier de Vyborg, il adresse encore, le 5 novembre, une dernière lettre aux membres du comité central et se rend à pied à l’Institut Smolny. « La situation est critique au plus haut point. Je veux de toutes mes forces convaincre les camarades qu’aujourd’hui tout ne tient qu’à un cheveu ; qu’à l’ordre du jour se posent des questions que ne peuvent trancher ni conférences, ni congrès, quand bien même ce serait le congrès des soviets (programmé pour le 7 novembre), mais uniquement le peuple, la lutte des masses en armes. » Tergiverser, argumente Lénine, reviendrait à prendre le risque d’une nouvelle tentative de putsch du général Kornilov.

Quand le jour se lève, ce 6 novembre, glacé, ruisselant de pluie et de boue dans une ville abandonnée par les services municipaux, Kerenski a placé ses unités d’élèves officiers, les junkers, quelques régiments de Cosaques et un bataillon féminin autour du palais d’Hiver, où sont claquemurés les ministres. À quelques encablures sur la même rive de la Neva, Smolny, état-major de la révolution, où le téléphone avait été coupé, est un véritable camp retranché. Ce qui va se jouer, ce n’est pas le scénario d’une conspiration ourdie à l’abri de l’opinion publique. Tout le monde s’attend à l’insurrection. Kerenski avait donné son accord à l’état-major pour qu’il s’empare de Smolny, et fait lever les ponts afin de bloquer la circulation. Soldats et gardes rouges (ouvriers armés) occupent, sans rencontrer une vive résistance, les ponts et les institutions stratégiques de la capitale (les gares, la poste centrale, la banque d’État, la société d’électricité). Sur le fleuve, le croiseur Aurore pointe ses canons en direction du palais d’Hiver, déjà abandonné par Kerenski en fuite.

L’Humanité 11 novembre 1917 : « Comment Kerensky a quitté Petrograd. […] Le 6 au soir, Kerensky fut informé que dans les casernes se tenaient des conciliabules insolites et certaines indiscrétions lui apprirent que les canonniers de la forteresse Pierre et Paul, gagnés aux maximalistes et ceux du croiseur Aurora ancré devant les îles, avaient reçu l’ordre d’opérer le premier acte de la révolte en bombardant le 7 au matin, à la première heure, le Palais d’Hiver, siège du gouvernement ».

« Camarades, une nouvelle étape s’ouvre pour la Russie »

Le 7 novembre, à 10 heures du matin, l’édition du journal Rabotchi i Soldat (l’Ouvrier et le Soldat) publie un communiqué « Aux citoyens de Russie » : « Le gouvernement provisoire est destitué. Le pouvoir de l’État est passé aux mains du comité militaire révolutionnaire, qui est à la tête du prolétariat et de la garnison de Petrograd. » Mais ce n’est qu’au début de la nuit suivante que l’ancienne résidence du tsar sera investie par les révolutionnaires et que les ministres seront arrêtés.

L’Humanité 11 novembre 1917 : récit sur le siège et l’occupation du Palais le 8 novembre ainsi que sur les victimes.

La scène sera reconstituée de manière épique par le cinéaste Sergueï Eisenstein dans Octobre, filmé en 1927 pour le 10e anniversaire de la révolution. Présent sur les lieux lors de l’entrée des soldats dans le palais d’Hiver après plusieurs heures de combat, John Reed note : « Il y avait encore beaucoup d’allées et venues ; on explorait les pièces du vaste édifice (…) les tableaux, les statues, les tapisseries et les tapis étaient intacts, mais dans les bureaux, tous les pupitres, les armoires avaient été forcés. (…) Nous arrivâmes enfin à la chambre d’or et de malachite aux tentures de brocart cramoisi, où les ministres avaient siégé tout le jour précédent et toute la nuit et où ils avaient été livrés aux gardes rouges par les huissiers. La longue table de serge vert était encore telle qu’ils l’avaient quittée lors de leur arrestation. Devant chaque siège, il y avait un encrier, une plume et des feuilles de papier (…). J’ai ramassé l’une de ces feuilles où l’on peut lire de la main de Konovalov la phrase suivante : “Le gouvernement provisoire demande à toutes les classes de soutenir le gouvernement.” »

« Camarades, la révolution des ouvriers et des paysans, dont les bolcheviques n’ont cessé de montrer la nécessité, est réalisée. Une nouvelle étape s’ouvre dans l’histoire de la Russie et cette troisième révolution russe doit en fin de compte mener à la victoire du socialisme… » Au début de l’après-midi du 7 novembre, la séance du soviet de Petrograd vient de s’ouvrir à Smolny sur ces mots. Sortant de trois mois de clandestinité, Lénine, qui a ôté sa perruque de camouflage et dont la barbe n’a pas encore repoussé, présente les priorités de cette révolution qui doit mener à la victoire du socialisme : fin immédiate de la guerre, distribution des terres des grands propriétaires fonciers aux paysans qui la travaillent, contrôle ouvrier sur la production.

Peu après, le deuxième congrès panrusse des soviets pouvait se réunir dans une ville sous contrôle révolutionnaire. Trois heures du matin, Lev Kamenev, élu président du congrès, a annoncé la prise du palais d’Hiver. La révolution d’Octobre, officiellement, prenait fin, victorieuse. Les bolcheviques disposaient de la majorité (343 des 675 députés). Un nouveau gouvernement, dénommé Conseil des commissaires du peuple, était constitué, présidé par Lénine. Trotski y dirigeait les Affaires étrangères et Staline, les Nationalités.

L’Humanité 21 novembre 1917 : « Le Gouvernement maximalis et : Lénine et ses partisans détiennent les pouvoirs »

Vladimir Ilitch Oulianov, déjà connu sous ce nom de Lénine, héritage de sa déportation sur les rives de la Léna, venait d’administrer la preuve de ses qualités exceptionnelles de stratège et de dirigeant révolutionnaire.
La révolution d’Octobre n’a pas été marquée par des combats très nombreux, ni très meurtriers. C’est plus tard que la guerre civile, lancée par les généraux blancs et soutenue par l’intervention étrangère, provoquera un bain de sang. Les bolcheviques sortiront vainqueurs de cette terrible épreuve en 1921, qui pèsera néanmoins lourdement sur la politique ultérieure de la future Union soviétique.

NOTRE NUMÉRO SPÉCIAL

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