Le harcèlement sexuel : une aubaine pour les médias !

Posté par jacques LAUPIES le 11 novembre 2017

 

 

Je ne me suis pas encore hasardé à faire des commentaires sur cet ensemble « d’affaires » qui s’inscrivent dans de nombreux comportements de harcèlement sexuel qui frappent  avant tout les femmes. Que celles-ci soient évidemment victimes majoritairement, nous le savons bien comme nous savons que l’Humanité, dans ses son évolution connaît des « entraves mortifères » qu’explique  la lutte pour la vie, pour subsister, et qui a fait naitre l’exploitation économique  de l’homme par l’homme (au sens le plus large qui implique évidemment les femmes en terme de classe).

Mais à cette exploitation  s’est ajoutée celle de la femme par l’homme. Pas seulement car l’animal hominisé exploite tout ce que lui offre la généreuse nature (un effet que certains considèrent comme secondaire) qui ne se limite pas à abuser de la force de travail féminine, comme le démontrent certains éléments des différentes catégories de notre espèce en usant des plus faibles, ne serait ce qu’en les privant de la solidarité de la collectivité.

Je laisserai aux philosophes, aux psychanalystes,  le soin d’entrer dans le détail de ces différents sujets, du moins à ceux qui en font le point de départ de tous ces comportements. Des comportements qui frappent évidemment en priorité là où le pouvoir et l’argent fixent les règles du jeu entre les individus. Pas idiot cependant au point de croire qu’ils sont les seuls à transgresser d’autant la privation de pouvoir et d’argent produit suffisamment de frustration pour alimenter les délinquances de toutes sortes.

Je ne sais si c’est d’ordre génétique ou culturel, bien  que je sois enclin à pencher pour la deuxième cause – à conditions de remonter au plus loin et sans doute au delà des textes bibliques et des civilisations de l’antiquité – et donc à considérer que la socialisation des humains explique bien plus de choses sur les « perversions de ce monde d’aujourd’hui » que la pseudo nature.

Il ne me reste plus après cela que d’observer et de tenter de comprendre. Fanatique de la recherche des causes plutôt que de réagir impulsivement sur les effets je me contenterai de « mettre en garde » sur ce qui me semble devenir une menace pour nos civilisations : la globalisation et la généralisation de faits qui résultent de comportements jugés nuisibles dans tel ou tel domaine. Le jeu sordide avec les apparences, sur fond d’hypocrisie, permettant entre autre d’exploiter à des fins politiques voire idéologiques des faits divers, gagne du terrain sur l’éducation, meilleure garantie de prévention.

Franchement après avoir un instant cogité sur les effets de  la misère humaine je me retourne vers mes chats : deux chattes recueillies et qui portent  moins la souffrance et la crainte que j’ai probablement atténuées avec des soins modestes mais essentiels et deux chats nés dans cette ambiance, parfois joueurs, parfois tendres, hélas un peu égoïstes mais jamais agressifs. Il est remarquable ce que les soins et le bien être qui en résulte peuvent influencer le comportement des animaux…

Mais je n’oublie pas tout de même que sans le bon côté de notre humanité ces chats seraient sauvages ! Un peu comme nous…

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harcèlement sexuel

Le droit de se défendre

 

Vendredi, 10 Novembre, 2017
L’Humanité

La chronique philo de Cynthia Fleury

A vec #balancetonporc, #metoo, les procédés dérangent, lorsqu’ils sont ad hominem, et déjudiciarisent un instant la charge, mais pour le reste, lorsqu’il s’agit de décrire la culture sexiste de base qui organise les rapports de société, le dénigrement, jusqu’à la banalisation de la violence…, l’outil se révèle néanmoins régulateur. Il faudra le temps long pour vérifier l’aspect disruptif de ce phénomène dit de « libération » de la parole des femmes.

Il faudra aussi le jugement durable de la justice avec les affaires désormais en cours, affrontant la charge de la preuve, car si les témoignages des victimes se révèlent définitivement vrais, il était plus que temps que ces ignominies soient dénoncées. Prenons le livre d’Elsa Dorlin, Se défendre : une philosophie de la violence (Zones, 2017). Ou comment, depuis toujours, il y a ceux qui ont le droit de se défendre et ceux à qui on ôte ce droit. Dominer les autres, ce n’est pas seulement soumettre autrui par la violence, la force, l’humiliation, ou toute autre technique s’abattant sur son corps, c’est aussi le priver du droit de se défendre, au sens de s’autodéfendre, même à mains nues. La domination est une « fabrique des corps désarmés » : en 1685, l’article 15 du Code noir français, rappelle Dorlin, défend « aux esclaves de porter aucune arme offensive, ni de gros bâtons » sous peine de fouet. S’attrouper leur est tout autant interdit, faire quelques mouvements qui pourraient laisser croire à un entraînement des corps, aussi. « Cette interdiction de porter et de circuler en possession d’armes trahit une inquiétude permanente des colons qui atteste de l’effectivité des pratiques de résistance esclaves. » L’autre grand domaine des corps sans défense est bien sûr celui dévolu aux femmes.

Dès 1792, les citoyennes révolutionnaires dénoncent le fait qu’elles ne puissent pas porter, à l’instar des citoyens actifs, des armes pour se défendre ou défendre la patrie. Pauline Léon et 319 femmes signent alors une pétition pour organiser une garde nationale féminine.

C’est l’acte de naissance des fameuses « tricoteuses parisiennes », qui s’appuie sur un droit naturel à l’autodéfense. Mais rien n’y fait, car les femmes jugées perfides par nature (la culture sexiste, inégalitaire, ayant traversé toutes les séquences historiques et toutes les contrées géographiques de ce bas monde), dangereuses, représentent une « menace en soi ».

Pauline Léon, Théroigne de Méricourt défendront l’idée d’un bataillon d’amazones françaises : « Françaises, je vous le répète encore, élevons-nous à la hauteur de nos destinées ; brisons nos fers ; il est temps enfin que les femmes sortent de leur honteuse nullité, où l’ignorance, l’orgueil et l’injustice des hommes les tiennent asservies depuis si longtemps. (…) Citoyennes, pourquoi n’entrerions-nous pas en concurrence avec les hommes ? Prétendent-ils eux seuls avoir des droits à la gloire ? » L’émancipation des femmes n’était nullement au menu, encore moins l’émancipation armée.

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