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Sortir du marais d’une gauche qui se cherche (Réflexion pour le 38 ème Congrès)

Posté par jacques LAUPIES le 15 novembre 2017

Sur la gauche et ses échecs

Se poser la question : « de quelle gauche avons-nous besoin ? » est sans doute pertinent mais la réponse est fort simple. Nous avons besoin d’une gauche capable de répondre aux aspirations de  millions de français qui globalement ont perdu confiance en elle car, tout au plus, deux français sur dix ont exprimé un désir allant dans ce sens, avec un niveau d’exigence que je qualifierai de minimum et pour le moins manquant de cohérence et d’ambition.

Certes le résultat à l’élection présidentielle de JL Mélenchon qui s’est inscrit parfaitement dans un système qu’il veut, à juste titre, remettre en cause, peut être considéré comme un pas en avant par tous ceux qui espèrent en un retour de la gauche vers des valeurs qui lui appartiennent.

Mais s’il faut le prendre en compte, ce pas est bien insuffisant et selon moi a bien des allures de faux pas ! La gauche ne peut s’enfermer dans ce succès relatif qui suscite bien des interrogations quant à l’usage que risquent d’en faire ses principaux initiateurs. Ne serait-ce que parce qu’il porte en lui un échec considérable : l’incapacité, le moment venu de s’inscrire dans un rassemblement qui pouvait conduire à une victoire laquelle aurait eu pour conséquence la naissance d’un courant déterminant capable d’inverser les politiques libérales et social libérales.

Il ne semble pas que tous ceux qui ont gravité autour d’un espoir de cette nature, dans les conditions imposées de fait par l’équipe de direction de la France Insoumise, acceptées par une « majorité » de communistes et quantité d’autres venus de divers horizons politiques – qui se complaisent dans un opportunisme de gauche – aient bien mesuré leur responsabilité. Non pas dans l’échec mais dans l’élaboration des fondements stratégiques de ce dernier.

Que la gauche dans son ensemble, hors le PCF, porte une lourde responsabilité dans ces  échecs ne fait aucun doute, mais il me parait important de ne pas omettre que ce qui est dans la « nature » des autres (social démocratie, écologie, et autres produits politiques de notre société) ne doit en aucun cas effacer nos propres insuffisances. Qu’on les ait plus ou moins acceptées au fil des débats internes, qu’on les ait parfois dénoncées !

Les autres partis, les autres leaders de ces partis représentent essentiellement des catégories sociales bien précises qu’il est aisé de retrouver et qui expliquent la navigation à vue de ces leaders. Pour  la plupart ils manquent  à la fois de la solidité politique de la base sociale qui produit les militants formés à l’aune de l’expérience du combat de classe, et de la théorie qui leur permet de s’identifier dans ce combat et au final de l’organisation qui prend appui sur ces deux éléments !

Certes comme la conscience  politique des individus a horreur du vide il leur faut remplir cette conscience de toutes sortes d’apports idéologiques, stratégiques, susceptibles de leur donner espérance dans l’amélioration de leur condition de vie. Le plus simple pour cela étant de jouer avec les apparences. Sinon comment expliquerait-on que le Front National progresse parmi les ouvriers et les catégories populaires. La mise en concurrence de la main d’œuvre immigrée avec la main d’œuvre dite française est bien la meilleure preuve de l’utilisation  absurde de l’une de ces apparences que bien entendu l’on conforte en spéculant sur les différences religieuses et culturelles.

S’agissant d’autres catégories il est plus aisé de prendre en compte leur positionnement  »intellectuel » – dont ils se sentent « flattés » – que leur  statut économique et social. Ils souffrent très souvent  d’une insuffisance de reconnaissance et supportent mal la « radicalité politique ouvrière fondée sur l’exploitation du travail » et lui substituent la « radicalité intellectuelle petite bourgeoise » fondée sur le savoir utilisé à des fins que je qualifierai de secondaires, sans évidemment en nier la portée (combats sociétaux, combats de l’écologie, combats humanitaires)

A gauche et à droite on exploite largement ce dernier créneau d’approche de la politique, ce qui conduit finalement à éloigner du véritable mal qui ronge l’équilibre de la société : l’exploitation du travail. Un mal qui devrait permettre à lui seul de rassembler et à trouver un remède commun !

Comme il se doit dans un parti qui se réclame de Marx, de Jaurès, de son action depuis sa création en 1920, et ne manque pas de faire référence parfois à de grands révolutionnaires à l’échelle planétaire, tout autant qu’à de grands dirigeants nationaux nous devons, avant de conclure sur des programmes et des stratégies,  faire l’analyse de notre société, de sa transformation économique, sociologique et des conséquences que cela a pu avoir sur la situation politique d’aujourd’hui.

Une remise à plat est donc nécessaire et gageons qu’elle ne manquera pas de mettre en évidence des bouleversements importants dans la composition des deux classes fondamentales mais en aucun cas n’aboutira à leur disparition pas plus qu’à celle de la contradiction qu’elle génère à différents niveaux : mondial et national (avec les spécificités régionales propres à chaque continent)

Sur les classes et catégories sociales qui composent notre société et leur comportement

Est-il nécessaire de revenir sur les transformations sociologiques qui marquent chacune de nos époques ? Nombre de militants et plus particulièrement les jeunes le font ils en ce début de XXIème siècle ?

Le Parti Communiste contribue-t-il à les former à cette  réalité ? Seuls ceux qui exercent des responsabilités dans nos directions ou appartiennent à ces catégories d’intellectuels entendus ou non par ces Directions – qui s’expriment parfois dans le journal l’Humanité – peuvent prendre en compte l’impact que ces transformations ont sur leur engagement politique ? La capacité de mener une action d’éducation populaire plus large dans ce sens étant devenue quasiment nulle, les grandes masses demeurent effroyablement manipulées par des idéologies au service des classes dominantes.

En tout cas dès lors que nous nous adressons aux jeunes en particulier, bien que curieux de politique, ils se défilent souvent et ne font pas le lien entre leur vision de la politique et leur condition sociale. Ni pour eux ni pour les autres catégories et générations. Pourtant cette relation est fondamentale. Ne pas en avoir conscience conduit tout droit à la confusion, à l’idée que les responsables politiques n’ont qu’une préoccupation : satisfaire un intérêt personnel et qu’en définitive ils sont tous les mêmes puisque leur engagement ne dépendrait que de leurs qualités morales Evidemment cette approche ne concerne pas que les jeunes.

L’implication politique et citoyenne a considérablement à voir avec notre appartenance de classe (ou de catégorie de classe) et la conscience que l’on en a. Banalité ? Sans doute : c’est le b.a.-ba !  Je me souviens d’un temps où l’on discutait ferme sur l’importance qu’il y avait à cibler telle ou telle catégorie de la classe ouvrière, plutôt que telle autre pour plus d’efficacité dans la diffusion de nos idées, tant du point de vue électoral que dans les luttes revendicatives.

Une démarche contraire au populisme qui exploite un ressenti alors qu’il convient modifier ce ressenti en lien avec l’intérêt de classe.

Je ne prétendrai pas que cette démarche ne se fait pas, bien qu’aussi juste soit-elle, il faut avoir les moyens de l’appliquer pour en vérifier la justesse. Pour atteindre des objectifs idéologiques et d’actions concrètes, par la lutte ou le vote, il faut que l’on puisse se faire entendre. Donc des moyens dont l’essentiel (le nombre de militant, un accès et une utilisation judicieuse des médias) nous fait défaut ou n’est pas au niveau de nos besoins.

C’est un sujet sur lequel il nous faudra revenir et qui détermine et explique nos échecs.

1.1 – Comportement des classes sociales et catégories sociales tel que nous pouvons le ressentir

Comme il se doit la première interrogation porte sur la perte d’influence que les communistes subissent dans la classe ouvrière. Sans entrer dans une vision théorique mais plutôt en partant de nos expériences quotidiennes nous pouvons faire quelques constats qui expliquent ce recul. Il y a à cela deux raisons essentielles par delà le discrédit organisé par la classe dominante en exploitant la chute du régime soviétique trop longtemps insuffisamment critiqué et, à l’inverse, nos compromis avec la social démocratie (1981 et 1997) insuffisamment « productifs » sur le plan social et marqués par des abandons sur le plan économique.

Ces deux raisons résultent de nos choix stratégiques de développement et d’organisation  et relèvent de notre propre responsabilité :

-       Une insuffisance d’intérêt porté et à la reconnaissance du rôle de la classe ouvrière, dont nombre d’anciens militants se plaignent, en évoquant les abandons concernant l’organisation du parti à l’entreprise.

-       L’absence d’une approche globale et plus fine de la condition salariale en général

 

L’insuffisance de prise en compte du rôle de la classe ouvrière, et de son organisation politique, est provoquée par divers éléments que nous ne contrôlons pas : l’adaptation de l’entreprise à des formes nouvelles d’organisation du travail, dictées par des nouvelles techniques de production (robotisation, numérique, etc.) l’éloignement des centres de décision provoqué par la modification de l’apport des capitaux donc de l’actionnariat, diversifié et mondialisé, qui expliquent les difficultés rencontrées dans les luttes revendicatives. Cela conduisant le parti qui prétend les défendre à en subir les conséquences dans l’action politique nécessaire pour en expliquer les causes.

De cela résultent des conséquences politiques non négligeables dont le glissement vers les  orientations des partis ouvertement ou non libéraux (Social démocratie, social libéralisme, libéralisme sous ses formes classiques, modérées ou extrêmes, et même dans une partie de la  gauche radicale) qui n’ont de justification que dans l’acceptation de réduire le cout du travail ou, pour le moins de refuser la mise au pas des banques (BCE comprise) et des grands groupes multinationaux qui faciliterait les investissements productifs et une politique économique axée sur la demande par l’amélioration des pouvoirs d’achat.

Par exemple :

-       La social démocratie n’est pas insensible à la situation des PME dont elle prétend défendre les intérêts bien souvent en abandonnant ses attaches électorales classiques (cadres, fonctionnaires, etc.) car elle dispose de réseaux qui lui permettent le glissement droitier de ses sphères d’influence.

 

-       Les réformistes de droite qui occupent un terrain semblable mais, traditionnellement attachés à une démocratie chrétienne, semblent mieux résister sauf que le poids et l’instrumentalisation d’une grande bourgeoisie industrielle, commerciale et financière suscite la méfiance de cette petite bourgeoisie et surtout de la base appartenant au mode salarial (la candidature Fillon à bien illustré ce phénomène)

 

-       Reste la Front National qui, partant de ses attaches avec une grande bourgeoisie sensible au discours d’extrême droite, étend son audience vers les couches non salariées (d’origine poujadiste) et le petit patronat. Usant de l’échec des deux courants précédemment évoqués et des réseaux les plus intégristes sur le plan religieux (catholiques notamment) du malaise provoqué par l’immigration qu’elle stigmatise, pénètre toutes les catégories sociales en souffrance (classe ouvrière, salariés précaires et chômeurs ou en passe de le devenir)

D’autres facteurs plus maitrisables ne semblent pas être pris en compte ou, par défaut de moyens et de volonté politique, abandonnés : l’action et la relation parti/syndicat ou, pour le moins, un rôle actif des communistes au sein l’organisation syndicale en respectant la démocratie inhérente à cette dernière  et en s’efforçant de la faire vivre, qu’il s’agisse des niveaux verticaux (corporatifs) ou horizontaux (territoriaux)  

La question soulevée par Jean Luc Mélenchon  sur le comportement des syndicats n’est pas sans intérêt mais les deux réponses contradictoires qu’elle suscite sont aussi inefficaces  l’une que l’autre : les uns prônant une démarche commune en travaillant ensemble, les autres le ralliement au leadership d’un homme ou d’un parti.

La première prônée par la Direction du PCF n’a pu aboutir ce qui pose la question de savoir s’il faut persévérer à réclamer un rassemblement autre que celui qui émanerait d’une volonté populaire suscitée par son offre politique bien claire de ce parti popularisée en préalable à des accords unitaires.

 

1.2 – Pour une approche convenable du salariat en général nous devons nous pencher sur les transformations qu’a subi la classe ouvrière et, sans privilégier telle ou telle catégorie, bien discerner les différences qui les affectent tant sur l’origine et le niveau de leurs ressources que sur leurs conditions de travail ou encore sur les différences culturelles qui nécessairement interviennent dans leur conscience de classe.

Les salariés des grandes entreprises ne peuvent réagir de la même manière à l’exploitation de leur force de travail que ceux des moyennes et petites, de même que ceux exposés à la précarité et ceux qui bénéficient d’un statut plus protecteur (grandes entreprises et secteur public ou nationalisé), de même que ceux qui doivent affronter des travaux pénibles ou domine la main d’œuvre immigrée, de même ceux qui relèvent du secteur industriel et ceux du secteur dit « tertiaire » commercial,  bancaire, assurances,  etc.

Et les distinctions vont au delà des actifs et concernent les retraités dont bon nombre, sans pour autant être des privilégiés, comme le laissent supposer les propagandistes du pouvoir vivent plus aisément en disposant de retraites dont le montant est supérieur à la moyenne des salaires, en particulier de ceux des jeunes accédant à l’emploi sans omettre la multitude de condamnés au chômage et à la précarité. La pénétration de la « rente » dans certaines catégories aggrave, lorsque la culture politique n’y met un frein, le déplacement vers les populismes de droite.

Il est aisé de dire que nous enfonçons une porte ouverte en rappelant succinctement  qu’un parti qui se dit révolutionnaire se doit d’avoir une action privilégiée en direction de toutes ces catégories ouvrières (à distinguer dans le monde des salariés) Encore faut-il que ce parti se donne une organisation adéquate avec des responsabilités  bien assumées et contrôlées (voir nos propositions plus loin)

S’il est relativement juste de considérer que notre société compte 99 % de victimes de la domination d’un 1% qui les exploite, on ne peut faire l’économie, dans un parti qui veut transformer fondamentalement la société, d’analyser la diversité et les différences des classes et catégories qui composent ces 99 %. Ne serait-ce que pour dégager des priorités dans l’action pour convaincre de notre politique.

N’est-il pas paradoxal de voir une partie de la classe ouvrière se laisser berner par le FN ? Ce parti est très peu présent dans l’action syndicale et politique de l’entreprise mais son discours démagogique y fait des ravages et ce n’est pas la stigmatisation prononcée par ces organisations syndicales qui réussira à stopper son succès relatif pas plus que les cris apeurés des esprits bobos en mal de résistance tardive.

Il manque tout simplement l’organisation politique de classe dont nous sommes l’essence ! L’extrême droite n’a pas besoin d’être présente, elle a d’autres atout pour convaincre : son discours démagogique et simpliste non dénué d’un certain mimétisme à l’égard du PCF lui-même !

Le même phénomène se produit s’agissant des catégories les plus défavorisées, dans les quartiers ou elle domine sur le plan démographique. Se pose donc la question de l’action à mener dans ces quartiers, qu’ils soient en périphérie ou au centre des villes.

1.3 – Tous les électorats nous intéressent…

Pour être plus efficace et donc réaliste il faut inverser la méthode qui consiste à prendre en compte seulement les intérêts de classe pour fonder notre politique et apporter à chacune de ces classes ou catégories de classe une offre politique   mais partir plutôt des comportements actuels des français vis-à-vis des offres politiques qui les sensibilisent pour les ramener  à la prise de conscience précisément de leurs intérêts de classe. Et donc de notre offre !

Un exemple criant : établir une comparaison  entre un vote FN et un vote communiste et mettre au premier plan ce qui peut rassembler sur des objectifs communs pour un projet progressiste. Car qui peut stupidement croire que ce qui les sépare est uniquement de nature idéologique quand l’un et l’autre réclament plus de justice sociale, nient une Europe fondée sur les intérêts des multinationales et des Etats Unis. Il s’agit bien entendu d’une prise en compte du comportement des électeurs du Front National même lorsqu’ils sont imprégnés de la propagande anti immigration dont il faut démontrer l’inanité tout autant qu’il faut mettre en garde sur la démagogie des propositions FN en matière sociale et dans bien d’autres domaines.

La menace de l’extrême droite qui conduit .les partis réformistes de tout poil à hurler au risque fasciste un jour tout en créant de manière permanente, par leur politique asociale, les conditions du renforcement idéologique et politique du FN, rend ceux-ci  bien plus coupables de ce risque.

Est à faire également la comparaison entre un vote communiste et un votre réformiste de gauche. Car qui peut, aussi stupidement, croire que ce qui les sépare est uniquement lié à des aspects idéologiques quand les aspirations à de meilleures conditions de vie et de travail sont très proches.

Dans une moindre mesure la comparaison entre un vote communiste et un vote réformiste de droite nous ramène toujours à la motivation de l’électeur qui peut placer bien au-delà de ses aspirations sociales ses considérations idéologiques.

Ces trois exemples montrent bien qu’il y a, dans la situation présente un comportement électoral rejetant le vote communiste pour des raisons essentiellement d’ordre idéologique, alors que la motivation économique et sociale aurait toutes les raisons de s’imposer, malgré les difficultés rencontrées dans le travail de propagande (ou de communication)

L’obstacle n’est pas seulement, et je dirai essentiellement, dans notre conception de la réponse aux besoins, facteur d’union qui rassemble mais bien dans l’incompréhension de notre idéal et de ce que nous sommes. Les 99 % sont à gagner mais avant tout en rappelant cet idéal sans perdre trop de temps à changer l’emballage de nos propositions reformulée d’une élection à l’autre.

Nos programmes, nos professions de foi ne passeront pas si par un travail intense de fourmi nous n’allons pas vers les gens pour leur dire : voilà ce que nous proposons pour aujourd’hui, demain et après demain en l’étayant de nos raisons, de nos concepts généraux qui marquent notre différence avec nos adversaires mais également avec nos partenaires.

Sur la priorité du renforcement du parti communiste

Le débat est bien ouvert parmi les communistes et au delà tous ceux qui cherchent à en finir avec des pouvoirs contrôlés par la bourgeoisie et son arsenal de moyens sur le plan économique, politique et médiatique, sans compter l’instrumentalisation des idéologies et religions en particulier.

Avant de réinventer la gauche il faut réinventer le Parti Communiste car il est bien périlleux de croire que l’union peut se réaliser autour d’un regroupement hétérogène au sein duquel perdurent des contradictions mortifères et des  intérêts de chapelle

Qu’il faille prendre appui sur le peuple en entier et donc lui faire une offre politique pour le rassembler ne peut être contesté en l’état. Estimer que la classe ouvrière de ce fait ne peut-être considérée isolément comme étant le fer de lance de la transformation de la société parce qu’elle n’a rien à perdre, n’a rien de bien nouveau. A moins de considérer que seul un noyau dur, celui des producteurs  de plus value au sens où on l’entend du point de vue marxiste, est le seul apte à porter l’étendard de la « révolution ». D’ailleurs relativiser ce point de vue n’exclut nullement une organisation politique d’essence essentiellement ouvrière prenant appui sur les éléments les plus conscients  de la société comme notamment les intellectuels. 

Cette vision est théoriquement juste concernant le rôle des ouvriers. Elle prend cependant, aux yeux d’une population prolétarisée à 90 %, n’ayant que sa force de travail à vendre, un tournant plutôt dogmatique. La petite bourgeoisie intellectuelle quant à elle ne s’y retrouve pas non plus, pas plus que ces prolétaires ayant accès à la rente (symbole erroné sans doute mais symbole pour elle du mérite  !

Que certains prétendent contourner  le dogme  de la classe ouvrière  au pouvoir en faisant appel au peuple leur fait la part belle et conforte la démarche populiste qui consiste  à flatter ledit peuple en répondant à ses aspirations essentielles : de meilleurs revenus (salaires et pensions), une durée du travail réduite, du travail pour tous, un logement, une éducation, une sécurité sociale régénérée et étendue  une fiscalité plus juste, la paix, etc.

Mais chacun sait que, donner satisfaction « aux revendications » ne peut suffire pour asseoir une société plus juste. Il faut répondre à d’importantes questions concernant  la place de la France dans le  monde, l’écologie et ses implication sur la production de l’énergie, la conception de défense nationale, la modification radicale des institutions et d’une constitution au service des dominants, etc. Même l’aspect « revendicatif » comporte des formes à définir et dont il faut  débattre !

Les classes dominantes exploiteuses (qu’il convient de mieux cerner et d’analyser) sont à isoler en leur ôtant les pouvoirs exorbitants dont elles disposent notamment en matière de finances.

Actuellement, et là encore ce n’est pas nouveau, trois tendances sont électoralement identifiables sur le plan « politico-idéologiques ». Elles apparaissent et émergent électoralement dans la population qui, peu ou prou, ne peut se passer d’une représentation en parti :

-  l’une prenant appui sur un réformisme de gauche représenté par les idées social démocrates et social libérale qui se retrouvent aujourd’hui sous d’autres formes que celle d’un PS hégémonique et ne remettent pas fondamentalement en cause la domination capitaliste. Le parti de Macron LRM en est à ce jour l’expression essentielle et le PS une expression secondaire.

- l’autre recourant au réformisme de droite, semblable au précédant mais ouvertement axé sur la démarche libérale  parfois « ultra libérales » (LR et L’UDI incarnent ce courant)

- enfin une tendance d’opposition prenant appui sur des démarches d’apparence plus radicales ou se retrouvent les catégories les plus défavorisés ou fragilisées qui se perdent dans des offres totalement opposées sur le plan idéologiques et qui ont recours à  un enfumage de gauche, à un enfumage écologique et à un enfumage pseudo patriotique et souverainiste. S’y ajoutent le monde des abstentionnistes. Cette tendance d’opposition rassemblant des opposants à une vision politique  et une pratique qui on prévalu depuis plusieurs décades, a bien entendu ses composantes révolutionnaires porteuse de l’idéal communiste : sans doute les plus importantes mais diluées et dont le PCF demeure une représentation potentiellement la plus conséquente sur le plan idéologique.

Sans doute est-il possible de traduire en terme de classe (ou de catégorie de classe) ces trois tendances. Sans doute peut-on leur attribuer des dominantes idéologiques voire religieuses ou philosophiques qui les « manipulent » ou tout simplement les influencent.

Mais il est clair qu’en direction de chacune d’elles un travail peut et doit-être fait pour en extraire les éléments les plus motivés sur le plan économique, social et culturel et constituer un courant révolutionnaire qui DOIT AVOIR sa propre représentation. 

 

Le Parti Communiste Français a les moyens de s’adapter à cette démarche de clarification de la représentation politique de la société et la concrétiser en se démarquant durablement des autres. Représentations.  

Il convient donc d’adapter au présent d’abord le parti révolutionnaire avant de se perdre dans des compromis illusoires et qui font reculer, sauf quand les conditions imposées par le suffrage universel ou par les mouvements sociaux nous y contraignent « juridiquement ».

Que faire face à un tel enjeu  

1 – Avec les forces dont nous disposons : élus (groupes parlementaires, élus des collectivités locales, organisations du parti) exprimer et agir en conséquence sur tous les sujets où se posent les questions économiques et sociales, nationales et internationales, en priorité et, avec beaucoup de discernement sur les questions sociétales qui doivent être appréciées  sans polémiquer ni surenchères comme le font les médias qui placent ainsi les questions sociales au second plan.

2 – Nous préoccuper avec les mêmes forces mais essentiellement avec notre organisation, du renforcement du parti,  de la formation des militants et de tous ceux qui manifestent un intérêt pour notre action et peuvent devenir des adhérents.

3 – Reconsidérer nos modes de fonctionnement pour être au plus près de la population au quotidien mais aussi lors des consultations électorales et dans les luttes sociales.

‘4 – Reconquérir les territoires en créant au plus près des organisations du parti (cellules locales et d’entreprises) ou en investissant des représentants (dans les villages, quartiers, villes et cantons)

5 – Mettre en place à tous les échelons (national, départemental, dans chaque circonscription électorale) un délégué au développement du parti, chargé d’aider à la réalisation des objectifs de renforcement et d’organisation de la vie du parti afin de « couvrir » l’ensemble du territoire.

6 – Ce qui signifie donner les moyens en fonction des possibilités matérielles et financières à ces Délégués qui bien entendu auront à rendre compte à leur instance d’attache : Fédérations ou regroupement de Fédérations, Sections, ou regroupement de Sections.  L’objectif étant de décentraliser le travail de recrutement, et de formation le cas échéant, de propagande (communication) en donnant une « autorité » à ces Délégués qui doivent être mandatés par les instances statutaires.

Cela doit conduire à apporter des solutions à l’abandon progressif de territoires frappés par la pénurie de militants et à leur éloignement des grandes concentrations urbaines qui conduisent les organisations politiques à recentrer sur les instances fédérales ou sur les sections les plus conséquentes l’activité du parti. Un recentrage qui bloque les initiatives, réduit l’écoute de la base.

7 – Etablir une complémentarité entre élus et militants responsables dans le parti. La présence et le rôle des élus en matière de développement du parti ne peuvent se substituer à l’activité propre de celui-ci. Ils ont d’autres tâches, d’autres objectifs, en un mot une mission, certes indispensable mais qui ne peut être en totale adéquation avec la conduite de l’action politique du parti et son développement et ses choix stratégiques. Ne serait ce que parce que l’on ne peut pas tout faire en même temps et que le contact de l’élu avec la population est de nature différente que celle du simple militant !

Bien que l’exemple de la  Fédération des Bouches du Rhône ne soit pas à généraliser il est clair, à l’examen des derniers évènements électoraux : pas de candidature aux législatives dans la 16ème circonscription du département,, que si des mesures d’organisation, de renforcement, de fonctionnement démocratique impliquant la participation  des communistes ne sont pas prises, le parti se trouvera dans une situation qui hypothèquera son développement et aura de lourdes conséquences sur ses implantations électorales.

 

Cet ensemble de mesures concernant l’activité du Parti doit prendre appui sur le contact permanent avec la population en utilisant largement la diffusion de tracts, journaux en lien avec une meilleure maitrise de la communication par le net qu’il faut promouvoir, y compris en formant les militants à son usage.

Une réflexion doit permettre à ce sujet d’évaluer l’impact de l’utilisation des réseaux sociaux combiné avec la tenue de blogs aux contenus plus sophistiqués faisant office de moyen d’information mais aussi d’éducation populaire.

 

Elaboré par Jacques LAUPIES, Secrétaire de Section de Tarascon

Le 15 novembre 2017

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Une contibution de Frédéric Boccara qui me convient pour la préparation du Congrès

Posté par jacques LAUPIES le 15 novembre 2017

 

Notre responsabilité le 18 novembre pour un congrès de choix clairs

Frédéric Boccara

Membre du Comité exécutif national du PCF

Les motifs qui ont conduit à convoquer un congrès extraordinaire du PCF ne doivent pas être perdus de vue : une perte d’influence électorale catastrophique, que la préservation de deux groupes parlementaires ne peut compenser même si c’est un appui pour rebondir ; un délitement de la gauche, et son recul global, qui favorisent l’entreprise autoritaire de démolition sociale du pouvoir macroniste, tandis que l’influence électorale de l’extrême-droite est au plus haut. Le PCF n’a pas pu peser sur le débat de la présidentielle qui a construit cette configuration politique car on l’a amené à être absent de cette bataille en n’y présentant pas de candidat communiste. Le Parti est devenu quasi-inaudible depuis notre effacement dans la campagne présidentielle derrière JL Mélenchon, contrairement à nos décisions de congrès. Ce dernier choix prolonge des errements qui ne datent pas de 2017.

Alors qu’il y aurait tant besoin d’une voix forte pour porter la cohérence de réponses ouvrant des perspectives de transformation radicale de notre société, notre Parti, s’il est maintenu debout par ses militants, semble privé de capacité d’initiative effective. Il a perdu en autonomie. Au-delà d’annonces de campagnes jamais véritablement conduites – sa direction a systématiquement refoulé toute bataille tenace sur le projet et les propositions (coût du capital, sécurité d’emploi et de formation, financement de la sécu et des services publics, BCE et euro, …). Nos idées ne sont plus identifiées.

Pourtant, la demande de radicalité exprimée par le vote à l’élection présidentielle puis la montée du mouvement social montrent un potentiel de luttes et une recherche de réponses nouvelles. Au cœur de cette recherche, la volonté, malgré les échecs  et désillusions, de sortir de la crise systémique et de civilisation, que le PCF a été le premier à repérer, au début des années 1970. Au cœur de ces réponses, l’exigence d’une tout autre démocratie réelle, en libérant les femmes et les hommes de la domination du pouvoir de l’argent pour des buts de vie et de partage, sans hésiter à changer les entreprises, les services publics, les banques ou la protection sociale. Un tel contenu, clair et de haut niveau, est un atout pour le rassemblement.

Plus que jamais on a besoin d’un parti communiste révolutionnaire, donc agissant, autonome, créateur et rassembleur. Ceci a contrario de tous ceux qui, peu ou prou, « n’y croient plus », préconisent d’en finir avec le PCF et y travaillent. Certains vont jusqu’à sommer les communistes de se fondre dans une « nouvelle force », où serait admise par tous « la place centrale » de la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon, où les seules différences seraient de « sensibilité ». Avec des phrases fourre-tout, ils évitent les enjeux si décisifs des pouvoirs à conquérir sur l’utilisation de l’argent et s’en tiennent à la répartition des richesses.

D’autres veulent nous convaincre qu’encore une fois un simple assemblage de mots et d’idées disparates ou vagues permettrait de réussir le congrès et de relancer le parti.

Un véritable renouveau pour le PCF est nécessaire et possible. Pour cela, le congrès doit pouvoir faire des choix clairs. Cette fois-ci, les élaborations collectives qui résulteront du débat de congrès doivent être suivies d’effet, sans quoi la poursuite du déclin actuel peut déboucher très vite sur la disparition du Parti.

C’est pourquoi, avant la réunion des animateurs de section du 18 novembre, étape importante de notre congrès, je souhaite alerter sur trois points importants des décisions à prendre

Un, le questionnaire est un élément de consultation. Il ne doit pas dispenser la direction de prendre ses responsabilités. Un texte d’orientation où la direction nationale prend position (à la majorité) doit être proposé aux communistes le plus tôt possible afin que nous ayons le temps de nous l’approprier collectivement et de l’amender, voire de proposer des options ou des textes alternatifs.

Pierre Laurent et la direction doivent dire d’emblée où ils proposent d’aller. On ne doit pas diluer la préparation du congrès par des « chantiers » qui retarderaient sa tenue et la mise à disposition des communistes du texte de base.

Deux, le congrès doit avoir lieu au plus tard en juin 2018. En effet, des décisions stratégiques sont à prendre dès juin pour les élections européennes. Elles ne sauraient être traitées avant le congrès et dissociées de ses choix fondamentaux.

Trois, je suis convaincu qu’une volonté commune peut rassembler l’immense majorité des communistes : affirmer haut et fort la nécessité d’un Pcf révolutionnaire, porteur d’idées transformatrices pour la France, l’Europe, le monde de notre temps. C’est la première question qui doit figurer à l’ordre du jour du congrès, sans biaiser.

La réponse apportée à cette question devra avoir des conséquences réelles dans la conception, l’action, l’organisation du Parti.

C’est pourquoi l’ordre du jour du congrès devra également porter, à mon sens, sur

  • ·      l’analyse critique des décisions prises, du congrès de Martigues jusqu’à l’élection présidentielle de 2017 ;
  • ·      l’orientation politique, de fond et de rassemblement (au plan politique et de la base sociale) à adopter face au défi posé par E. Macron
  • ·      la stratégie électorale, d’action, la bataille d’idées et les décisions d’organisation du PCF
  • ·      le renouvellement de la direction du Parti.

Révolutionner le PCF ? Bien sûr. Mais au-delà des mots engager en pratique un renouveau dans un sens clair pour une révolution à la hauteur des véritables enjeux du 21ème siècle. Si nous le décidons ensemble, la délibération des communistes peut produire sur tous ces points des décisions précises, efficaces, capables de réaliser l’unité du Parti et de lui redonner sa capacité d’initiative pour conjuguer idées, luttes, élections, bataille politique dans les entreprises, la société et les institutions.

 

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Tu me fends le coeur

Posté par jacques LAUPIES le 15 novembre 2017

 

L’un de mes meilleurs amis et ancien camarade de travail me faisait part il y a deux jours de sa sympathie pour Macron.

Ce qui était intéressant dans son propos est, que pour justifier cette confiance alors qu’il avait été de tous les combats que j’avais pu mener avec lui et d’autres camarades, tous syndiqués à la CGT – eh oui cela fut avec plus de 85 % de voix aux élections professionnelles – il m’a étalé tous les arguments matraqués dans les médias par journalistes et autres intervenants, soutiens plus ou moins affichés de Macron.

Tout y est passé : le poids de la dette, l’idée selon laquelle  le Président incarne une tentative de renouveau (parlons en : le renouveau réactionnaire et droitier,  oui en effet mais mon interlocuteur ne parle pas de celui là) Jusqu’à croire que sa générosité irait jusqu’à renoncer à l’augmentation de la CSG alors que l’initiative incombe au Sénat lequel n’a que le pouvoir d’interpeller l’assemblée nationale pour cela !

Bref mon excellent Camarade de lutte semble avoir tout oublié sauf peut être que le syndicat n’a pu obtenir de le placer dans une durée de carrière suffisante pour optimiser sa retraite.

Si je raconte cela ce n’est pas pour l’accabler mais simplement pour lui recommander de ne pas attendre de bons résultats du successeur de Hollande et de Sarkozy, et les présidents précédents qui ont comme lui entonné le refrain du patronat : donnez nous l’argent public pris dans la poche des pauvres et en l’occurrence des moins pauvres !

Comme disait César à Panisse je dirai à mon copain : « tu me fends le cœur »

 

CSG, le Sénat vote contre la hausse de 1,7 point sur les retraites

 

Daniel Roucous avec AFP et Public Sénat
Jeudi, 9 Novembre, 2017

Le Sénat a voté mercredi soir la suppression de la hausse de 1,7 point de la CSG sur les retraites. Que vont décider les députés qui ont le dernier mot ?

Adopté la semaine dernière par les députés qui ont acté la hausse de la CSG pour tout le monde notre article CSG-la-commission-des-affaires-sociales-vote-pour-la-hausse-de-1,7 points le budget de la Sécurité sociale (projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2018) est actuellement en examen au Sénat.

Il a été adopté en 1ère lecture, avant son retour à l’Assemblée nationale – navette parlementaire - sauf l’augmentation de 1,7 point sur les retraites.

Explication du  rapporteur général du budget de la Sécu au Sénat, Jean-Marie Vanlerenberghe sur Public Sénat : « Ça paraît injuste de relever la CSG de 1,7 point pour les retraités, (…) alors qu’ils n’ont pas de compensation. Dans le dispositif, les actifs sont compensés par la baisse des cotisations salariales, à la fois maladie et chômage. Il y a des mesures qui ne sont pas très cohérentes. C’est au nom de la cohérence que j’ai porté cet amendement, demandant au gouvernement de revoir un peu sa copie ».

Dans un communiqué (AFP du 8 novembre 2017), la commission des affaires sociales du Sénat souligne que « la hausse de la CSG représenterait 4,5 milliards de prélèvements supplémentaires sur les retraités, alors que la seule compensation envisagée par le gouvernement réside dans une exonération de taxe d’habitation dont tous ne bénéficieront pas et qui ne représente que 3 milliards pour l’ensemble de la population. »  

Question : les députés vont-ils acter le vote de la suppression de la hausse de la CSG sur les retraites décidée par les sénateurs ? Car c’est eux qui auront le dernier mot.

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