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C’est le système qui produit les riches et les pauvres qu’il faut abattre !

Posté par jacques LAUPIES le 31 décembre 2017

Il faut avoir été pauvre ou l’être pour comprendre la pauvreté. Ce qu’elle apporte d’humiliation, de résignation, de soumission, de fatalisme mais aussi d’incompréhension pour ce qui la connaissent. Fort heureusement elle ne suscite pas que cela car confronté à la richesse elle fait naitre des sentiments d’injustice, de révolte mais aussi de violence contre la violence subie.

C’est bien connu la révolte et la violence ne sont cependant pas une bonne chose si elles ne se tournent pas vers des solutions, des propositions, des stratégies pour réduire cette pauvreté, la détruire, autrement dit faire la révolution. Pour cela il faut le savoir mais les pauvres en sont éloignés. Ils n’nt que le savoir de leur souffrance pas des causes profondes de cette souffrance qui résulte du combat pour vivre et survivre.

Malgré les religions, les philosophies, la nature solidaire de l’homme qui sait parfaitement qu’il dépend des autres, les riches ne partagent pas. Tout au plus ils acceptent le principe de charité que daignent pratiquer certains d’entre eux. Mais cela ne les conduit pas à partager les richesses accumulées. Bien au contraire ils suraccumulent.

Il n’y a donc d’autre issue pour combattre la pauvreté que d’élaborer les systèmes de solidarité le permettant, de faire en sorte que des lois imposent non seulement la répartition des richesses mais les conditions de création de celles-ci.

La révolution française – et ben d’autres – ont mis un terme (et ce n’est pas encore achevé) à l’aliénation des individus et de leur force de travail mais les féodaux qui s’égorgeaient entre eux afin d’exercer cette tyrannie ont cédé la place aux bourgeois qui s’égorgent entre eux pour une autre tyrannie : celle du libre choix de disposer à leur guise du salariat. Le monde entier a subi ces violences !

Des conflits inévitables qui en ont  résulté  sont nées des idées nouvelles, des lois nouvelles, des rapports sociaux nouveaux réduisant les pouvoirs des dominants mais ces derniers existent, usant du génie (travail, sciences et techniques etc.) de l’humanité dont ils constitueront toujours – si on ne les élimine pas en tant que classe – le cancer qui peut la tuer.

Si nous ne parvenons pas à éradiquer les systèmes  d’exploitation qui gouvernent notre planète, alors les générations futures pourraient bien en crever ! 

Mais ne comptons pas trop sur les riches qu’ils produisent pour faire le travail, comme le démontre l’article ci dessous. 

Serge Paugam : « Le regard des riches sur les pauvres signale un danger pour nos sociétés »

 

entretien réalisé par Lucie Fougeron
Jeudi, 28 Décembre, 2017
Humanité Dimanche
Photo : Hubert Raguet / CNRS Photothèque

Photo : Hubert Raguet / CNRS Photothèque

Ce que les riches pensent des pauvres : cet intitulé, faussement anodin, recouvre une vaste et novatrice enquête sociologique. Dans le contexte de la concentration croissante des richesses et de l’aggravation des inégalités, les travaux sur la pauvreté et ceux sur les catégories supérieures ne s’étaient pas encore croisés. 

C’est à l’exploration de ce lien qu’est consacrée l’enquête comparative menée par les sociologues Serge Paugam, Bruno Cousin, Camila Giorgetti et Jules Naudet. Ils ont interrogé les riches des beaux quartiers de trois métropoles – en France, au Brésil et en Inde – pour analyser leur perception des pauvres et des inégalités. Et, partant, leur vision de la société en régimes démocratiques, à l’heure de la globalisation. Entretien avec Serge Paugam, directeur de recherche au CNRS et directeur d’études à l’EHESS.

HD. Pourquoi consacrer aujourd’hui une enquête sociologique à « ce que les riches pensent des pauvres », et la mener à Paris, São Paulo et Delhi ?

Serge Paugam. Dans de nombreuses métropoles on constate une augmentation de la ségrégation spatiale du fait de la concentration de la richesse dans certains espaces : les riches vivent dans des territoires de plus en plus repliés sur eux-mêmes, coupés des autres couches de la population. Au-delà d’un processus d’agrégation affinitaire déjà bien renseigné, cela ne correspondrait-il pas aussi à une attitude de distanciation à l’égard des catégories les plus défavorisées, aboutissant à une ségrégation discriminante ? Nous avons alors choisi d’explorer le rapport à l’altérité dans ces quartiers. En nous demandant aussi si perdurait l’identification montrée par Louis Chevalier des « classes laborieuses » à des « classes dangereuses » par l’élite bourgeoise de la France du XIXe siècle, et qui fondait leur mise à distance. Pour cela, étudier non seulement la métropole parisienne, mais aussi des métropoles de pays émergents, où les inégalités sont encore plus fortes, est intéressant : la richesse y est très concentrée, la globalisation les conduit à une certaine uniformisation, ce sont des métropoles mondiales et elles connaissent des flux importants de migrations.

HD. Quelle vision des pauvres les riches de ces trois métropoles ont-ils en partage ?

Serge Paugam. A partir des entretiens qui y ont été menés, la méthode comparative a permis d’observer, sur la base de ce qui est récurrent chez les riches des quartiers les plus exclusifs, comment se construit le processus de stigmatisation des pauvres et de leur discrimination. A partir de questions sur le choix du quartier, la façon dont elles y vivent, etc., ces personnes ont en fait abordé d’elles-mêmes ce qui les distingue de ceux qui vivent dans les autres quartiers et, à partir de là, la représentation qu’elles ont des pauvres.

Apparaît tout d’abord la production d’une « frontière morale » : les interviewés sont persuadés d’être porteurs d’une supériorité morale, à préserver de toute contamination pouvant venir du contact avec les autres couches sociales, qui sont donc à mettre à distance. Leur quartier auto-ségrégué constitue cette protection. Ainsi, quand la mairie de Paris a décidé d’implanter un centre d’hébergement pour des SDF et des réfugiés à la lisière du XVIe arrondissement, cette angoisse du contact a violemment ressurgi.

Second élément récurrent : la répulsion physique. Elle est d’abord liée à  l’insécurité : à São Paulo et à Delhi, cette angoisse sécuritaire conduit à vivre dans des condominiums ultra sécurisés interdisant toute intrusion, à craindre les déplacements en voiture et à sélectionner les lieux où se rendre. Si les riches parisiens éprouvent également ce sentiment d’insécurité, il reste toutefois moins intense. La répulsion renvoie aussi à la peur d’être contaminé par le contact du corps du pauvre, porteur de maladies, etc. A São Paulo et à Delhi, ces riches ne prennent pas les transports en commun, ne touchent pas le mobilier dans les lieux publics… Ils expriment un profond dégoût à l’égard des pauvres, de leur apparence, etc., et n’évoquent jamais la possibilité de politiques pour changer les conditions de vie dans les bidonvilles.

En France, on n’en est pas à ce niveau de répulsion, mais la racialisation est frappante chez ces élites pourtant dotées d’un art du contrôle social. La menace est celle des pauvres venus d’ailleurs, soupçonnés de manquement « culturel » aux savoirs élémentaires d’hygiène : les Roms, les réfugiés… La saleté des quartiers est associée à un comportement jugé non civilisé de « certains » types de populations.

HD. Dans ces situations d’inégalités criantes, comment la représentation qu’ont ces riches des pauvres s’articule-t-elle avec leur perception d’eux-mêmes?

Serge Paugam. Cela les amène au besoin de justifier leurs privilèges, qui passe par la justification du sort des autres, et donc de ces écarts. On remarque alors deux tendances. Les pauvres sont perçus comme n’ayant d’autre destin du fait de différences d’aptitudes, quasi génétiques, et ce ne sont pas des programmes sociaux qui pourront changer leur sort. C’est la naturalisation de la pauvreté et des inégalités, qui est une évidence pour les interviewés de Delhi : les classes inférieures constituent une humanité différente. 

En France, les riches tiennent compte de l’imprégnation des principes républicains, de ce qu’ont pu apporter la société salariale et les programmes sociaux au bien-être de la population. Mais s’ils reconnaissent des déterminismes sociaux, ils recourent, en la dévoyant, à l’idée du mérite comme justification des privilèges : les riches sont riches parce qu’ils ont… plus de mérites que les autres, faisant fi de ce qui relève largement d’inégalités sociales. Le terme « injustice » n’est jamais prononcé. 

HD. Peut-on voir dans ces entretiens l’empreinte d’un discours néolibéral globalisé ?

Serge Paugam.  Dans les trois métropoles reviennent les mérites vantés par le néolibéralisme : prise d’initiative et de risque, responsabilité individuelle à laquelle est liée la valorisation du mérite, au détriment de la responsabilité sociale. A ceux qui ne réussissent pas, on attribue des comportements paresseux, une incapacité à faire les bons choix, etc. A Delhi et à São Paulo, ces arguments s’ajoutent à ceux de la naturalisation : ils sont compatibles. On observe ainsi une convergence idéologique néolibérale.  Je constate d’ailleurs dans la société française que  la richesse est de plus en plus valorisée en tant que telle comme idéal de réalisation de soi. Le problème de ce discours décomplexé est qu’il s’accompagne très souvent d’un mépris à l’égard des pauvres et d’une justification idéologique de leurs échecs ou de leurs malheurs.

HD.  Les résultats de votre enquête interrogent frontalement la notion de solidarité… Quelles conséquences en tirez-vous ?

Serge Paugam. Dans les pays très inégalitaires, les riches s’organisent entre eux, les pauvres survivent entre eux, les liens s’expriment en termes d’utilisation des services des seconds par les premiers. La comparaison entre ces trois métropoles montre que dans une société salariale comme la nôtre, où il y a eu des conquêtes sociales, où on a appris que la solidarité nationale est un effort de chacun pour faire face aux aléas de la vie à travers des systèmes de protection au profit de l’ensemble du corps social, les risques de fragmentation sociale sont de plus en plus visibles. Ce qui faisait tenir ensemble des individus au sein d’une société démocratique et ouverte à tous s’affaiblit au profit de solidarités organisées à l’intérieur de groupes restreints. C’est tout à la fois la mixité sociale, la notion d’espace public, la confiance mutuelle qui risquent d’être emportés par ce processus. Cette logique d’entre-soi progresse et est terriblement menaçante, elle interroge le potentiel de cohésion de nos sociétés. C’est ce que montre l’écart entre le besoin de se considérer comme des citoyens solidaires les uns des autres et cette réalité que nous dévoilons – là réside la dimension critique du travail sociologique – et analysons.

POUR EN SAVOIR PLUS

Ce que les riches pensent des pauvres, de Serge Paugam, Bruno Cousin, Camila Giorgetti, Jules Naudet, éditions du Seuil, 2017, 352 pages, 23 euros.

C'est le système qui produit les riches et les pauvres qu'il faut abattre ! dans POLITIQUE riches

 
 

Si les inégalités sont désormais reconnues comme « risque mondial » jusque dans les plus hautes sphères de décideurs – à l’instar du Forum de Davos en 2017 –, apprendre la façon dont les élites les envisagent vraiment est un questionnement original. Cette enquête sociologique en est une première étude, fructueuse. Fondée sur une démarche scientifique – dont la méthodologie est précisément exposée, rappelant utilement ce qu’est le travail sociologique –, elle aboutit, à partir d’entretiens approfondis menés dans trois métropoles mondiales, à établir des invariants dans les perceptions de la pauvreté qu’ont les riches refusant la mixité résidentielle, défendant âprement la frontière de classe. À l’heure du néolibéralisme globalisé, leur convergence idéologique dans la justification des inégalités vient percuter le principe de solidarité au cœur de la citoyenneté dans les sociétés démocratiques. Ces entretiens et leur analyse dévoilent une réalité qui tend à progresser dans nos sociétés et les menacer. Aux acteurs du débat public de s’en saisir.

Humanité Dimanche

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Tout le monde en prend pour son grade !

Posté par jacques LAUPIES le 30 décembre 2017

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Deux spécimens de la pensée unique sous son aspect le plus réactionnaire

 

Ce soir je ne vous ferai pas le commentaire traditionnel sur le thème la bourgeoisie fait son beurre.

Même la télé vous le dit en appelant au secours économistes de son camp et journalistes du système. Mais évidemment ils ont beau triturer les chiffres, créditer le gouvernement de bonne volonté, vanter le mérite du Président nouveau  qui tient ses promesses électorales, expliquer en long et en large que la reprise est là en forçant un peu leur « conviction » pour nous rassurer.

Bien évidemment, pour les plus réalistes, on ne se mouille pas trop mais l’inquiétude les fait transpirer. Les mots « bulle » « crack » sont souvent prononcés. La plupart des français n’y comprennent rien, comme moi, mais évidemment ils commencent à faire leur compte, d’autant que pour certains avec les fêtes, la bourse se vide et les rentrées diminuent.

Rien de dramatique, pour le retraité que je suis : 36.61 € de moins par mois (CSG) sauf que sur un an cela fait 440 €.

Une paille comme disait l’autre. Si j’y ajoute les augmentations programmées des factures d’électricité, de téléphone, des assurances, des impôts, et tout le reste (nourriture et entretien, aides et soutiens divers, essence, Mutuelle, etc.)

Pour les actifs, ils attendront un peu pour bénéficier des allègements de cotisations. Mais par contre ils ne tarderont pas à subir les conséquences des restrictions budgétaires concernant les collectivités locales, comme la plupart des citoyens dans nos villes.

Un certain nombre d’entre tous ont voté pour LREM. Il faudra un certain temps pour que leur érosion provoque un séisme   du type « effondrement de l’électorat PS en 2017″ d’autant que c’est la mobilisation médiatique générale qui maintient à flot le sous-marin de la finance, ses « jeunes bourgeois dont la « révolte » comme a écrit Romain Gary, « est condamnée au canular  ou au fascisme.

Ici où la certains se plaignent de l’indifférence et de la mollesse des français qui ne bougent pas et bien que largement majoritaires à désavouer la politique antisociale du pouvoir, s’installent dans la routine. Mais un certain Emile de Girardin * ne disait-il pas : « La routine, cette préface des révolutions »

(*) https://fr.wikipedia.org/wiki/Émile_de_Girardin#Combats_et_idées_politiques

 

Fortunes. La valse des milliards du gotha mondial

Clotilde Mathieu
Vendredi, 29 Décembre, 2017
L’Humanité
Le fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, est devenu l’homme le plus riche du monde avec 83/milliards d’euros. M. Applton/The New York Times/REA<br /><br /><br /><br /><br />

Le fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, est devenu l’homme le plus riche du monde avec 83/milliards d’euros. M. Applton/The New York Times/REA
 

Bloomberg a publié son classement des 500 plus grosses fortunes mondiales, lesquelles ont progressé de 23 % en un an. Le patron d’Amazon s’élève à la première place.

Elles se sont particulièrement gavées cette année. Les 500 personnes les plus riches du monde ont accumulé pas moins 1 000 milliards de dollars (838 milliards d’euros) en 2017. Selon Bloomberg, leur fortune a progressé de 23 % pour s’élever à 5 300 milliards de dollars (4 442 milliards d’euros), soit environ deux fois la richesse produite en France en une année… Des chiffres qui donnent la nausée. Quand il faudrait seulement 30 milliards de dollars (25,1 milliards d’euros) chaque année pour éradiquer la faim dans le monde, selon les calculs des Nations unies.

En haut du podium, le fondateur d’Amazon, Jeff Bezos, est devenu l’homme le plus riche du monde, avec une fortune de 99,6 milliards de dollars (83 milliards d’euros). Un patrimoine colossal qui a progressé de 34,2 milliards de dollars (29 milliards d’euros) en 2017. De telle sorte que, chaque minute, le milliardaire du e-commerce gagne 65 000 dollars (54 482 euros). Et ce grâce à l’envolée des marchés et du cours d’Amazon (dont il détient 16,4 %), lequel a bondi de 57 % cette année, mais aussi à celle des actions qu’il possède dans Uber et Airbnb. L’insolence ne s’arrête pas là. En juin dernier, l’expert de l’évasion fiscale avait demandé sur Twitter de l’aide, après avoir vendu pour près de 1 milliard de dollars d’actions d’Amazon, pour trouver des moyens de dépenser sa fortune.

L’envolée des Bourses mondiales a fortement accru le patrimoine des actionnaires

À l’instar de Jeff Bezos, les 57 milliardaires du secteur des technologies figurant dans le classement, particulièrement à la fête cette année, ont vu leur fortune grimper de 35 %, empochant à eux tous la modique somme de 262 milliards de dollars (219 milliards d’euros) de plus en un an. Ainsi, avec un pactole de 22,6 milliards de dollars (19 milliards d’euros) pour 2017, Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, reste à la 5e place du palmarès.

L’envolée des Bourses mondiales a fortement accru le patrimoine des actionnaires des grandes entreprises. C’est le cas des trois Français présents dans le top 30 des plus grandes fortunes mondiales. Avec 62,6 milliards de dollars (52,4 milliards d’euros), Bernard Arnault, propriétaire de LVMH, est 6e, devant Françoise Bettencourt-Meyer, héritière du groupe L’Oréal, qui, depuis le décès de Liliane Bettencourt, a fait son entrée à la 18e place. Suit François Pinault (Kering), qui se hisse sur la 30e marche. Ils sont en tout 13 super-riches hexagonaux à faire partie du club des « 500 », amoncelant une fortune de plus de 200 milliards de dollars (170 milliards d’euros). Seuls 58 parmi ces 500 ont vu leur fortune rétrécir, pour un montant total de 46 milliards de dollars (39 milliards d’euros) en totalité. Le Français Patrick Drahi, patron d’Altice-SFR, est un des « losers ». Il a perdu près de 39 % de sa richesse depuis que son empire, construit sur une montagne de dettes, s’effrite.

« Tout va très bien pour les riches, nous n’avons jamais été aussi prospères… »

Au-delà des aléas individuels, cette orgie des fortunes confirme la tendance observée depuis la fin des années 1980. À savoir que les 1 % les plus riches ont profité deux fois plus de la croissance des revenus que les 50 % les plus pauvres. Et pour ceux qui sont entre les deux (les classes moyennes, pour faire simple), les revenus ont soit stagné, soit baissé, explique le rapport mondial sur les inégalités publié à la mi-décembre et réalisé par plus d’une centaine d’économistes. 3,5 milliards d’individus (la moitié de la population mondiale) gagnent 9 % des revenus dans le monde, soit 267 euros par mois et par personne en moyenne. Le rapport souligne que les inégalités de revenus ont augmenté rapidement en Chine, en Russie et aux États-Unis, les pays qui comptent le plus de milliardaires. Soit 159 pour les États-Unis, leur fortune ayant augmenté de 315 milliards de dollars (264 milliards d’euros). La Chine compte 38 milliardaires, qui ont encaissé 177 milliards de dollars (148 milliards d’euros) de plus en 2017, le premier d’entre eux étant Jack Ma, le fondateur d’Alibaba, qui détient 45,5 milliards de dollars (38 milliards d’euros) d’actions. Quant à la Russie, elle en compte 27.

Jusqu’ici, rien ne change. Et la phrase célèbre de Warren Buffett, deuxième fortune mondiale, résonne on ne peut plus en cette fin d’année : « Tout va très bien pour les riches, nous n’avons jamais été aussi prospères. C’est une guerre de classes, et c’est ma classe qui est en train de gagner. »

Les treize plus grosses fortunes françaises

La France compte 13 noms dans le top 500 des fortunes mondiales de Bloomberg. Outre les trois premiers (Bernard Arnault, Françoise Bettencourt-Meyers et François Pinault, voir ci-contre), figurent dans le classement : Serge Dassault (39e, 18,3 milliards d’euros), Alain Wertheimer (103e, 10,6 milliards), Gérard Wertheimer (104e, 10,6 milliards), Xavier Niel (189e, 6,9 milliards), Emmanuel Besnier (196e, 6,7 milliards), Patrick Drahi (261e, 5,3 milliards), Vincent Bolloré (270e, 5,2 milliards), Pierre Bellon (317e, 4,8 milliards), Alain Mérieux (355e, 4,4 milliards) et Jacques Saadé (441e, 3,7 milliards).

Journaliste à la rubrique social-économie

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Penser c’est agir…

Posté par jacques LAUPIES le 29 décembre 2017

 

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Bruno Morel : « Si par malheur un enfant meurt à la rue, l’opinion publique demandera des comptes au gouvernement »

Posté par jacques LAUPIES le 28 décembre 2017

 

eugenie barbezat
Vendredi, 22 Décembre, 2017
Humanite.fr
Bruno Morel :

DR
Reçues à Matignon le 21 décembre, les associations de solidarité qui s’étaient mobilisées contre la circulaire du 12 décembre leur intimant de trier leurs publics, sont sorties déçues. Edouard Philippe, qu’elles ont tenté d’alerter sur les dangers d’une telle politique de traque des exilés, refuse toujours de retirer le texte et n’a fait aucune proposition concrète, comme l’explique Bruno Morel, le directeur général d’Emmaüs Solidarités.

Bruno Morel, le directeur général d’Emmaus solidarité en témoigne. Il affirme que « les associations regrettent le maintien de la circulaire et restent déterminées et unies dans la bataille pour le maintien du principe d’accueil inconditionnel et de non violation du domicile provisoire de leurs résidents. »

 

Même son de cloche chez le directeur d’Emmaus solidarité qui redoute lui ausi un drame car « si la confiance est rompue, les plus fragiles vont fuir nos centres d’hébergement et risquer le pire dans la rue. »

Au delà de cette circulaire très décriée de toutes parts, Bruno Morel  réaffirme son indignation quant à la guerre faite aux pauvres, notamment au travers de dispositifs urbains « anti SDF » alors que « c’est le mal-logement et la pauvreté qu’il faut combattre ». 

 

 

Enfin, un peu plus d’un an après l’ouverture du centre d’accueil d’urgence de la Chapelle, à quelques réserves près Bruno Morel, directeur général d’Emmaüs Solidarité qui gère ses structures, estime qu’avec celui d’Ivry ils ont assuré leur misson de mise à l’abri et de protection des exilés contre les violences de la rue.

Journaliste

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SNCF : un chien dont on dit qu’il a la rage

Posté par jacques LAUPIES le 27 décembre 2017

Ce n’est pas nouveau dira-t-on, la SNCF -entreprise nationale – est attaquée de toutes parts. Cette entreprise est toujours dans le collimateur des libéraux et cela depuis des décades malgré qu’elle ait été un fleuron des transports ferroviaires dans le monde et continue d’être considérée comme performante.

Mais rien n’est éternel en la matière et tout dépend évidemment des choix stratégiques, des investissements que l’on accorde  à la maintenance, au développement, à l’innovation, de la politique commerciale, du service que l’on entend apporter aux usagers, etc.

L’état actionnaire majoritaire  est responsable de tout cela, en un mot de la gestion. Donc le poids politique de ceux qui dirigent la nation va peser. Dans un premier temps nombre d’entreprise ont été nationalisée (1938) pour palier l’incapacité du privé à investir pour doter le pays d’une infrastructure et d’un matériel ferroviaire à  hauteur des besoins de l’industrie et du service public en général.

La SNCF est donc une jeune entreprise lorsque survient la guerre (1939-45) et sera donc confrontée avec le pouvoir de l’état de Vichy et l’occupant allemand nazi à l’obligation de servir ce dernier. Ce que nombre de cheminots de toutes catégories refuseront en organisant la résistance au sein de laquelle la CGT et le Parti Communiste furent très impliqués.

Un ouvrage publié par la Vie du Rail est consacré à décrire cette période qui explique en partie l’évolution de cette entreprise issue des sociétés ferroviaires déjà fortement marquées par l’empreinte des luttes ouvrières et de grandes conquêtes obtenue parfois au prix de sacrifices des syndicalistes cheminots.

Le combat social a donc été très fortement imbriqué au combat patriotique puis au combat pour défendre l’entreprise au service de la nation. D’où une certaine conscience de classe qui se transmet de génération en génération parmi les cheminots.

D’où également une obstination des forces libérales ce pays pour satisfaire une bourgeoisie nationale et tous ses suppôts à tenter de disloquer la SNCF pour se l’approprier pleinement et en faire un instrument de profit.

Comme elle le fait d’autres secteurs de l’économie (communication, énergie, autres secteurs vitaux des transports, de la santé, etc)

Un des moyens pour aboutir à la privatisation est de laisser entendre que l’entreprise, fonctionne mal et est mal gérée, mais au point qu’indique la campagne médiatique actuellement en cours relève de la caricature car il est fait feu de tout bois. Mauvaise organisation, défauts d’investissement sont en partie  vrais mais sont paradoxaux dans la mesure ou ce sont les incendiaires qui tentent de jouer les pompiers et refusent d’apporter les solutions proposées par les forces progressistes de ce pays (syndicats notamment)

Il est bien établi pourtant que ce sont les gouvernements de droite et des sociaux libéraux qui n’ont pas pris les mesures indispensables, déstructurant l’entreprise et la mettant à la merci de financements privés et parfois même étrangers, s’en prenant au statut du personnel et aux effectifs.

Comme dit le proverbe : quand on veut tuer son chien on dit qu’il à la rage…

 

 

Aménagement. Paris-Normandie, polémique à grande vitesse

 

Grégory Marin
Jeudi, 21 Décembre, 2017
L’Humanité
«	La LNPN oui, mais pas à n’importe quel prix	», tel est le leitmotiv du collectif du même nom fondé en 2015, qui regroupe 200 élus, des associations, des agriculteurs... Benoit Decout/REA<br /><br /><br /><br />

« La LNPN oui, mais pas à n’importe quel prix », tel est le leitmotiv du collectif du même nom fondé en 2015, qui regroupe 200 élus, des associations, des agriculteurs… Benoit Decout/REA
 

Malgré le consensus sur l’utilité de la ligne nouvelle Paris-Normandie, prévue pour 2030, les communes rurales qu’elle traversera, entre Rouen et Yvetot, se sentent déconsidérées.

La ligne nouvelle Paris-Normandie (LNPN) est selon ses détracteurs au mieux un « éléphant blanc » – on en parle mais on ne le voit jamais -, au pire un « serpent de mer » porteur de désastre économique et écologique. Il s’agit pourtant sur le papier de mettre les grandes villes de la région à portée de train de la capitale. Mais dans les campagnes on s’interroge. Plus spécialement dans les communes situées entre Rouen et Yvetot, qui se sentent déconsidérées…

Le projet de 1,1 milliard d’euros lancé en 2009 aborde des préoccupations partagées par la métropole rouennaise et la région Normandie, explique Pascal Mabire, chargé de mission LNPN pour SNCF Réseau : « L’objectif est de répondre au besoin de développement de l’offre périurbaine (une “ville respirable”). En termes ferroviaires, cela se traduit par un besoin de capacité accru et donc par deux voies supplémentaires au nord de Rouen. » C’est exactement là que cela « coince ». Élus et habitants situés sur le fuseau de passage, « large d’un à trois kilomètres » même si « le tracé final ne mesurera pas plus de quelques dizaines de mètres de largeur », affirme Pascal Mabire, sont inquiets.

Les élus locaux pointent une « injustice » faite à la ruralité

« La LNPN oui, mais pas à n’importe quel prix », tel est le leitmotiv du collectif du même nom fondé en 2015, qui regroupe 200 élus, des associations, des agriculteurs sur une partie du pays de Caux, les vallées de l’Austreberthe et du Saffimbec… « L’autoroute (A150, inaugurée en début d’année – NDLR) avait des retombées », commence le député Nouvelle Gauche Christophe Bouillon, qui préside le collectif. « Là, on dit aux habitants : “Vous aurez les inconvénients, les avantages c’est pour les grandes villes et vous regarderez passer les trains…” » La critique, sévère, est commune aux « petits » maires de Seine-Maritime que l’Humanité a rencontrés. « Demain nous aurons des trains plus rapides, abonde Nicolas Octau, maire (sans étiquette) de Fresquiennes, 1 000 habitants, mais qui ne s’arrêteront pas chez nous. » Les élus locaux pointent une « injustice » faite à la ruralité : « La préfecture m’a dit d’arrêter de construire car on rognait sur des terres agricoles, et après l’A150, ce projet va encore en raboter ! » s’emporte le maire de Fresquiennes.

Le président du Syndicat mixte du bassin versant de l’Austreberthe et du Saffimbec (SMBVAS), Michel Cortinovis, rappelle que les 31 communes affiliées sont classées parmi les 122 territoires à risque important d’inondation. « L’A150 a déjà eu un impact négatif sur notre bassin. Cette nouvelle construction va aggraver le risque. » En 2000, la crue de mai a fait un mort, devant la mairie de Barentin, 180 entreprises et 1 200 maisons ont été inondées. Depuis, la topographie a encore été modifiée. « On ne mesure pas encore toutes les conséquences de la réorganisation du foncier agricole avec l’A150 qui coupe le territoire. Il y a des terrains où on est passé de cinq parcelles avec cinq propriétaires à une seule. Résultat, il n’y a plus de frein aux écoulements, explique Mya Bouzid, la directrice du SMBVAS. C’est l’accumulation qui risque d’être dramatique. Le terrain est très sensible à l’érosion, sans compter la construction de deux viaducs sur des zones humides… »

« Même si aujourd’hui on ne connaît pas le tracé exact de la ligne, il y a déjà un impact », estime Jean-Pierre Chemin, le maire (divers gauche) de Limésy, 1 480 habitants, qui craint que sa commune soit coupée en deux quelle que soit l’implantation finale des voies… Comme d’autres élus, il se plaint d’un projet qui « gèle » toute action. « J’ai un projet de lotissement bloqué », avance justement René Sagnot, vice-président de la communauté de communes d’Yerville-Plateau de Caux, et maire (divers droite) de Cideville, 313 habitants. Son village est déjà traversé par la voie ferrée actuelle, il devrait être bordé par la nouvelle. « Gel des constructions, des ventes d’immobilier, de terres agricoles… On n’a pas envie de garder cette épée de Damoclès au-dessus de la tête pour vingt ans », lance Nicolas Octau. C’est à cet horizon que la ligne est prévue. « Notre mission est de réfléchir au coup d’après, à ce que sera le réseau Normandie en 2030 », explique Pascal Mabire.

En attendant, tous s’accordent à dire qu’il faut investir dans le ferroviaire en Normandie. « On met plus de temps à faire Rouen-Paris qu’il y a cinquante ans », ironise la conseillère régionale PCF Céline Brulin. Son groupe politique est plutôt pour le projet, mais affiche la crainte « que seul le tronçon Paris-Rouen soit acté. Nous voudrions que ce soit l’arête centrale qui desservirait toute la Normandie ». Car la SNCF, par la voix de Guillaume Pepy, a beau eu dire qu’elle avait « une dette » envers la région, la convention signée entre elle et le président centriste du conseil régional, Hervé Morin, ne rassure pas. Fermeture de gares envisagées, de guichets, systématisation des bornes automatiques, « on nous prépare un service dégradé », estime Céline Brulin. De grosses craintes subsistent également sur le fret, le maintien de plusieurs TER (voir encadré) et l’état du réseau.

Le collectif LNPN oui…, qui pointe le paradoxe entre le projet et la doctrine privilégiant « la régénération de l’existant » dictée par la ministre des Transports, Élisabeth Borne, a ressuscité une étude de la SNCF datant de 1998. On y parle de « la modernisation du réseau entre Rouen et Le Havre », qui « aboutit à un gain de temps de 6 minutes, sans bouleverser les paysages ni consommer des terres agricoles », nous a expliqué Christophe Bouillon. Pascal Mabire ne le conteste pas. Cette étude d’infrastructure sur les conditions de relèvement de la vitesse, qui « implique une modification de la voie », « va dans le sens de la sécurité », plus précisément sur le plateau de Caux « puisqu’elle relèvera la vitesse au-delà de 160 km/h et induira de supprimer les passages à niveau ». Mais « les capacités d’exploitation n’avaient pas été regardées à l’époque », précise-t-il. Et « entre Rouen et Yvetot on ne gagnerait rien, moins d’une minute sur le temps de parcours ». SNCF Réseau a proposé au comité de pilotage interministériel rattaché à Matignon de l’intégrer dans le schéma directeur… pour le tronçon Motteville-Harfleur. Le dossier n’est d’ailleurs pas clos : « Les assises de la mobilité décidées cet été examineront à partir du début d’année prochaine ce projet, au même titre que tous les autres grands projets. Pendant les dix ans qui viennent, la priorité de SNCF Réseau va à la modernisation du réseau », assure Pascal Mabire. Pour rappel, rénover 1 kilomètre de réseau ferré coûte 1 million d’euros, le construire 25 à 30 millions…

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Inégalités. Une question de civilisation

Posté par jacques LAUPIES le 26 décembre 2017

 

Lundi, 25 Décembre, 2017
Humanité Dimanche
Photo Joël Saget/AFP.

Photo Joël Saget/AFP.

En 2016 les huit premiers milliardaires dans le monde disposaient d’une fortune égale à celle de la moitié de la population mondiale. Lire l’éditorial de Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité.

Le mouvement mondial de creusement des inégalités s’amplifie au rythme du déploiement d’un capitalisme assoiffé de dividendes, qui se nourrit goulûment des coups portés à L’Etat social, de l’abandon progressif des politiques publiques, du travail précaire en voie de généralisation, de bas salaires, du saccage des services publics et de l’exploitation des ressources naturelles. Tout ce qu’est en train d’accélérer M. Macron… Rendons grâce à la centaine d’économistes réunis pour la rédaction d’un volumineux et important rapport (1) d’apporter la preuve du désastreux mouvement en cours. Leur travail, chiffré et riche de milliers de données, permet d’étayer une réalité que des millions d’entre nous ressentons chaque jour avec force.
 
Il démontre le transfert massif du patrimoine public, celui de tous au bénéfice de tous, vers les patrimoines privés (2), au nom des théories fumeuses comme celle avancée par le Président de La République des « premiers de cordée », ces grandes fortunes auxquelles il faudrait tout concéder – baisse de la fiscalité sur le capital, suppression de l’impôt sur la fortune, et autres « cadeaux » – pour que la croissance reprenne.
 
Ainsi les patrimoines privés ont plus que doublé en 40 ans quand les patrimoines publics ont été divisés par deux. Cela se traduit concrètement par moins de services publics, des systèmes de santé au rabais, des privatisations massives dans les secteurs clefs, ou encore des systèmes de retraites laissés aux mains de la finance par le biais de retraites par capitalisation. Si la tendance ainsi dessinée se poursuit, ce dont le rapport s’inquiète, les plus pauvres seront condamnés à le rester et les classes dites « moyennes » à les rejoindre. Tel est d’ailleurs déjà l’obscur chemin ouvert.
 
Il est désormais prouvé que la croissance sous le règne néolibéral ne sert d’aucune manière l’intérêt général mais vient gonfler les portefeuilles d’une minorité chaque jour plus infime. Cette injustice fondamentale de la marche du monde provoque un peu partout des réactions de défiance envers les institutions censées garantir l’intérêt général. L’abstention massive comme la réponse populiste, qui prend selon les pays des formes variées et plus ou moins inquiétantes, sont autant de réactions à cette confiscation des fruits du travail par une oligarchie arrogante qui cadenasse ses positions de pouvoir en dépolitisant les choix politiques et de de gestion. Ainsi l’idée même de démocratie se retrouve minée.
 
Face au ressentiment légitime des populations et des travailleurs, il convient de porter une dynamique populaire, fondamentalement progressiste et internationaliste pour construire sur des bases clairement affirmées une riposte sociale, démocratique et écologique. Comment ne pas voir qu’il s’agit d’une tâche dévolue à la gauche ? C’est à dire à une force politique populaire bâtie sur l’alliance des libertés humaines, de la lutte pour l’égalité sociale, de la justice environnementale, de la fraternité et de l’internationalisme. Les travailleurs français ont tout intérêt, dans une économie mondiale imbriquée comme la nôtre, à l’élévation générale du niveau de vie de tous les travailleurs du monde qui participent de la mondialisation des échanges et de la production. Si elle doit pourvoir s’appuyer sur les institutions nationales, la lutte de classes a un horizon intrinsèquement international qui se manifeste aujourd’hui plus encore qu’hier. D’autant que le rapport montre l’accroissement vertigineux des inégalités dans tous les recoins du globe, singulièrement dans les pays dépourvus d’institutions sociales.
 
Toutes celles et ceux qui créent la richesse de nos sociétés doivent refuser « la concurrence », s’allier pour obtenir des outils de régulation économique et d’égalité sociale, et les pousser à un nouveau degré d’efficacité sociale, condition de l’efficacité économique. Ce qui permet aux pays européens de résister peu ou prou à la lame de fond inégalitaire est précisément ce que l’Union européenne, avec la complicité des gouvernements, s’acharne à détruire : des institutions sociales, des systèmes de santé publique, des services publics variés et modernisés, des retraites par répartition ; tout ce qui, en somme, est rendu possible grâce à la socialisation d’une partie importante des richesses produites et qui échappent ainsi à la voracité de l’appropriation capitaliste.
 
Dès lors que le constat que nous avançons depuis des lustres commence à être partagé, pourquoi diable les solutions que nous préconisons ne pourraient faire ne serait-ce que l’objet d’un débat : appropriation publique et sociale des grandes banques, maîtrise d’œuvre publique et sociale des grands moyens de production, développement de nouveaux services publics et de la cotisation sociale pour financer de manière égalitaire les soins et les retraites, création d’une branche supplémentaire de la sécurité sociale pour les personnes les plus âgées, fiscalité réellement progressive, nouveaux critères de gestion des entreprises soumises à leur responsabilité sociale, écologique et territoriale. Autant de pistes opposées à la contre-révolution capitaliste à l’œuvre.  Aux travailleurs et à tous les citoyens persuadés que l’heure est à faire éclore un monde nouveau de s’allier et de mener le combat jusqu’au cœur des institutions existantes pour les transformer. Il s’agit d’un enjeu de civilisation.
 
(1) Rapport sur les inégalités mondiales 2008 du World Wealth and Income database (WID).
Inégalités. Une question de civilisation dans POLITIQUE
Directeur de l’Humanité

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Vite un tribunal pour juger les antihumanitaires.

Posté par jacques LAUPIES le 25 décembre 2017

 

Noël est réputé, dans le monde sous influence de la chrétienté qui représente sans doute un bon tiers de l’humanité, la période où cette croyance religieuse occupe le plus largement les médias.

Des médias qui ont de nos jours le pouvoir d’amplifier ou de réduire la diffusion des idées, les évènements les plus dramatiques comme ceux qui ne devraient avoir de place que dans la banalité.

A tel point que nous vivons dans une sorte d’enfer de communications permanentes, diverses et agressives.

L’intelligence, le bon sens, la réserve, le respect perdent pied. La peur et les psychoses triomphent et les esprits les plus indifférents autant que naïfs en sont troublés.

Tout ce petit ou grand monde, comme on voudra, parle d’amour et de paix, en appelle à la bonne volonté de chacun, à la tolérance, au pardon, ignorant ou faisant semblant ignorer ce qu’ils appellent les pêcheurs, les vrais coupables, les puissants méprisant les faibles, qui ne sont pas toujours ceux qui tuent au nom d’une foi, d’une idée, d’une injustice, d’une légitime révolte.

Sont à l’abri d’autres, qui bien au chaud dans leur palais, avec leur parole doucereuse ou méprisante (peu importe) provoquent, décident, ordonnent les répressions les guerres ou tout simplement  laissent le froid, la faim, la maladie accomplir les crimes que fomentent des donneurs d’ordre occultés.

Tout est orienté vers ce sauveur qui aurait sacrifié sa vie pour sauver nos âmes, dont l’image a été construite, triturée, arrangée durant des siècles, par de simples innocents, puis des empereurs avec le concours des penseurs, philosophes, artistes. Les uns par intérêt les autres par un besoin de sublimation, afin d’oublier ou de corriger leurs frustrations, de fuir les peurs et les tabous inventés par les sociétés,  tentent de trouver dans leur adoration ce messie d’un Dieu dont ils ne peuvent expliquer l’existence que grâce aux limites qu’impose aux sciences une vérité souvent relative.

Forcés de réajuster en permanence leurs écrits, leurs discours, ils tentent, se comparant à des bergers, de maintenir le troupeau dans l’ignorance ou dans le rêve y compris en prenant en otage les enfants à qui il ne serait pas nécessaire de mentir pour que brillent de joie ces regards émerveillés qui, pour être et grandir, ont surtout besoin d’amour, de protection, de savoir et de soin.

Le pape François nous a rappelé que nous devions nous occuper de ces migrants qui souffrent. Vaines paroles où pas, cela parait bien dérisoire et ne contrariera pas ces castes, classes et oligarchies  puissantes et dominantes, ces chefs d’état qu’elles nous imposent, lesquels usent du mensonge, de la calomnie, de la corruption pour provoquer l’enfer sur terre.

Devant l’incertitude que leur promet un au delà défini par eux, aléatoire ne serait-il pas temps que croyants, agnostiques ou athées les déférent devant un tribunal de l’Humanité qui encore ne semble pas exister vraiment…Car seule la justice des hommes peut nous protéger d’une catastrophe imminente.

 

 

Pour le défenseur des droits comme pour les acteurs de la solidarité, la circulaire ministérielle qui met fin à l’hébergement inconditionnel et instaure un « dispositif de suivi administratif robuste des personnes étrangères en hébergement d’urgence » s’inscrit dans une logique de traque des « sans papiers » visant à

Des bénévoles engagés dans l'aide aux migrants ont tagué la façade du ministère de la Cohésion des territoires, samedi 16 décembre vers 10h30.

Des bénévoles engagés dans l’aide aux migrants ont tagué la façade du ministère de la Cohésion des territoires, samedi 16 décembre vers 10h30.
AFP PHOTO / Thomas SAMSON

Pour le défenseur des droits comme pour les acteurs de la solidarité, la circulaire ministérielle qui met fin à l’hébergement inconditionnel et instaure un « dispositif de suivi administratif robuste des personnes étrangères en hébergement d’urgence » s’inscrit dans une logique de traque des « sans papiers » visant à faire gonfler le chiffre des expulsions.

Le 9 décembre, plusieurs grands acteurs de l’accueil des migrants (Médecins du monde, Cimade, Emmaüs…) ont quitté la réunion où était censée leurs être présenté en avant-première une nouvelle circulaire coercitive, consignée par le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, et celui de la cohésion des territoires, Jacques Mézard, par laquelle le gouvernement veut déployer avec des « équipes mobiles », constituées d’agents de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii) et des préfectures, pour faire des visites de contrôle dans les centres d’hébergement d’urgence. La circulaire de quatre pages note que l’absence de dispositif de recensement « contribue à la saturation de l’hébergement d’urgence généraliste ».

Dans une déclaration communeils affirment leur refus d’être complice du nouveau dispositif de « tri ».

Florent Guégen, directeur général de la Fédération des Acteurs de la Solidarité, voit cette circulaire comme « une déclaration de guerre » faite aux acteurs de la solidarité et considère qu’elle marque une rupture avec le principe d’acceuil inconditionnel qui a toujours guidé leur action.

Pour le directeur général de la Fédération des acteurs de la solidarité, le changement de paradigme initié par cette injonction faite aux directeurs de centres d’hébergement de laisser entrer des instances de contrôle pour interroger leurs résidents est un acte grave, contre lequel il faut riposter collectivement par tous moyens, mais au péril de la santé financière et de l’existence même des structures d’accueil les plus petites ou les plus fragiles.

Alors qu’elles exercent une délégation de service public au titre de la protection des plus vulnérables (code la protection des familles) les structures d’accueil risquent des sanctions si elle refusent de déroger à cette mission. C’est kafkaïen ! Mais c’est surtout lourd de conséquences pour les personnes étrangères hébergées dont la confiance envers ceux qui les accueillent va être trahie et qui vont fuir les centres pour se retrouver dans la rue.

 

Pour Clémence Richard, en charge de de la défense des étrangers menacés d’expulsion à la CIMADE, la circulaire du 12 décembre 2017 est à rapprocher d’une autre circulaire, datée du 20 novembre, qui demande aux préfets de « renforcer » leur lutte contre l’immigration irrégulière à partir des centres dédiés aux migrants, ainsi transformés en « pièges » pour les personnes sous le coup d’une procédure Dublin.

 

Suite à ce projet de recensement des migrants dans les centres d’hébergement d’urgence, plusieurs associations, ainsi que SOS Racisme, ont saisi, lundi 18 décembre, le Défenseur des droits Jacques Toubon, lui demandant « d’intervenir auprès du gouvernement » pour que ses dernières instructions, « portant gravement atteinte aux droits fondamentaux » des étrangers, « ne soient pas mises à exécution ».
Le défenseur des droit qui a réagit le 18 décembre au micro de France Inter s’inquiète de la publication d’une circulaire visant à trier les personnes hébergées dans les centre d’accueil et de l’absence de recours possible pour les personnes en situation administrative irrégulière menacées par celle-ci.
Geneviève jacques, la présidente de la CIMADE, interpelle le président de la république française sur l’une de ses promesses alors que les associations sont « consultées » sur les questions d’asile et de migrations ce 21 décembre 2017 après-midi par le Premier ministre, La Cimade a choisi d’interpeller le Président de la République .
La fin de l’année approche, Geneviève Jacques rappelle dans son message vidéo adressé à Emmanuel Macron, que contrairement à sa déclaration du 27 juillet à Orléans, des personnes migrantes dorment encore dans les rues et dans les bois. Depuis, rien n’a été fait par le gouvernement pour proposer des solutions d’hébergement, notamment à Paris ou à Grande-Synthe où ces images ont été filmées ces derniers jours. Bien au contraire, deux circulaires ont été publiées, elles remettent en cause l’accueil inconditionnel des personnes dans les centres d’hébergement d’urgence, principe fondamental de l’action sociale. Elles engagent l’État dans le tri des personnes migrantes.
La Cimade invite le Gouvernement et le Président de la République à respecter l’engagement pris en juillet dernier, et mettre un terme à toutes les décisions en cours qui violent massivement les droits des personnes en migration et en quête de protection par la France. Une autre politique migratoire basée sur l’accueil, la solidarité et l’hospitalité est attendue.

faire gonfler le chiffre des expulsions.

 

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Vers la citoyenneté universelle et pas des clochers

Posté par jacques LAUPIES le 24 décembre 2017

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Le petit dernier : vorace mais aussi tendre que son grand frère

 

Je reproduis l’entretien ci dessous mais n’en partage point le sens.

Je pense que les revendications nationalistes ou régionalistes relèvent plus d’un état des économies et des rapports de classe internes et externes à l’entité qui revendique plus d’autonomie, que des faits identitaires et culturels. J’y ajouterai un autre élément déterminant : celui des pouvoirs politiques instaurés qui modifient parfois les comportements de ceux qui en disposent. 

Les faits religieux, les traditions et modes de vie, le passé historique ne sont que des éléments que l’on instrumentalise pour déstabiliser des systèmes de représentation qui ne correspondent plus aux intérêts économiques, dans une entité donnée (état centralisateur, fédération d’états, notamment mais aussi autres structures sociales et économiques) des classes dominantes titulaires du pouvoir. Quand ce n’est pas des gouvernants en place qui n’ont pas la notion de l’intérêt général ou la perdent sous diverses pressions !

Car cet autre élément que constitue le comportement des chefs, des élus, des délégués, appelés à gérer l’ensemble des entités d’une part et chacune d’elles d’autre part, ne peut être négligé dans la mesure ou chacun d’eux vit une situation de compromis permanent au delà de règles qui appellent nécessairement à être rediscutées.

Il est évident  que si les pouvoirs centralisés ne prennent pas appui sur les structures les plus puissantes et donc généralement les plus contributives financièrement, il ne leur sera possible de gouverner qu’en faisant appel en permanence à la responsabilité de tous avec des résolutions politiques (élections, mobilisation des instances parlementaires) Ce qui il faut bien le reconnaître, sans pour autant être adeptes du gaullisme) a un aspect  paralysant. 

Seulement voilà les structures les plus fortes peuvent en ce cas mettre en cause leur niveau de participation (contribution pour une nation (appartenance européenne par exemple) impôt pour une région (Catalogne autre exemple), cotisation pour une entreprise (sécurité sociale), un groupement quelconque (Syndicats, Mutuelles, Coopératives ou associations) Ceci mettant généralement en cause le principe d’égalité et de solidarité entre les populations concernées. 

L’exemple le plus criant est celui de l’ONU dont les membres refusent de s’aligner sur les positions politiques (donc économiques) du plus important contributeur : les Etats-Unis et se voient précisément menacés par lui de réduire voir annuler sa contribution

De tels processus qui résultent de l’attitude des classes ou catégories dominantes selon le lieu, ne peuvent que conduire à des délitements, des replis sur soi, des multiplications de frontières dont il ne faut pas se poser la question de leur modification mais plutôt de leur disparition.

Si la prise en compte des éléments constituant la région, la nation (territoire, langue, histoire, culture) ne sont pas à négliger, c’est bien l’égalité de droits, l’uniformisation (vers le haut) des solidarités, la répartition des richesses sur un plan universel qui à l’ère de la mondialisation, qui sont à l’ordre du jour !

 

 

 

 

Bertrand Badie : « Les frontières et les Etats nations ne sont pas éternelles »

entretien réalisé par Vadim Kamenka
Mercredi, 20 Décembre, 2017
Humanité Dimanche
Bertrand Badie : « Le passage par l’Etat nation traditionnel est souvent considéré comme une complication ou un détour inutile.» Photo : Guillaume Clément

Bertrand Badie : « Le passage par l’Etat nation traditionnel est souvent considéré comme une complication ou un détour inutile.» Photo : Guillaume Clément

Entretien. Spécialiste des relations internationales, professeur à Sciences-Po Paris, Bertrand Badie revient sur la progression des divers mouvements autonomistes, régionalistes de la Catalogne à l’Ecosse.

Humanité Dimanche. La Catalogne, la Corse, l’Ecosse : comment analysez-vous l’importance pris par ces mouvements autonomistes, régionalistes voire indépendantistes dans plusieurs pays européens ?

Bertrand Badie. Bien évidemment, il existe des cas particuliers propre à chaque pays. La situation en Ecosse, en Catalogne, dans le pays flamand ou en Corse répond à une histoire spécifique. La mondialisation a aussi complètement bouleversé la donne. L’Etat nation n’est plus aujourd’hui la seule unité qui compte sur le plan politique. La mondialisation a paradoxalement redonné de l’importance aux pouvoirs locaux et régionaux. La tentation est grande dans chacun des territoires de s’émanciper de la tutelle stato-nationale pour espérer pouvoir mieux négocier avec un monde global.

Le passage par l’Etat nation traditionnel est souvent considéré comme une complication ou un détour inutile. L’Europe vient accélérer le mouvement en créant un étage supplémentaire. On constate que ces territoires sont si assidus pour sortir de la tutelle stato-nationale qu’ils se définissent plus pro-européen que l’Etat concerné. C’est vrai dans le cas de l’Ecosse et de la Catalogne. Et le seul vrai argument qui fait reculer les Catalans partisans d’une indépendance réelle, c’est celui d’être exclu de l’Union européenne.

Est-ce que ces phénomènes, très différents d’un espace à l’autre, remettent en cause l’Etat nation ?

Bertrand Badie. Il existe un élément que l’on oublie toujours. L’histoire ne s’arrête pas. Pourquoi voulez-vous que les frontières soient éternellement intangibles ? Il ne faut pas oublier que les frontières se sont construites au hasard des rapports de puissances. Elles ne correspondent à rien d’inamovible ou d’immobile dans l’histoire de l’humanité. En revanche, l’habitude de vivre ensemble derrière des frontières crée une mémoire commune, ce qui donne naissance à une nation. Mais les nations ne sont pas éternelles. A la fin du XV éme siècle, Ferdinand d’Aragon a épousé Isabelle la catholique, réunissant ainsi la Castille et l’Aragon. Pourquoi leur divorce, plus de cinq siècles après leur mariage, serait une incongruité ?.

Nous avons vécu, par le système Westphalien (1) et par la guerre froide, un temps long d’immobilisation des frontières et des contours nationaux. Ceux-ci ne changeaient que sous le poids de la guerre et approfondissaient le fait national au lieu de la défaire. Aujourd’hui, on est sorti de ce système et de la bipolarité pour entrer dans la mondialisation. A mon avis, il y aura encore bien d’autres pulsions autonomistes en Europe et dans le monde. Nous ne cesserons de faire face à des remises en causes des découpages que l’on croyait acquis. En même temps, sachons distinguer les mouvements  autonomistes, séparatistes et indépendantistes. Ceux-ci sont trois paliers très différents qu’ Il ne faut pas confondre. La mondialisation réactive certaines collectivités et certaines cultures subnationales: cela ne veut pas dire pour autant qu’elles veulent toutes construire un nouvel Etat indépendant.

Chacun de ses mouvements se construit-il dans un rapport de force avec l’Etat central pour défendre sa culture ou son économie ?

Bertrand Badie. Des orientations diverses coexistent sur les principes qui les animent et sur les volontés qui les portent. Mais il ne faut pas simplifier non plus les facteurs. Si l’élément économique joue dans le cadre de la Catalogne, il n’est pas seul à s’exprimer : Il y a aussi un patrimoine culturel très actif dans les engagements,une langue catalane, une vieille histoire . On voit bien comment ici le culturel s’imbrique dans l’économique. Tous ces mouvements sont avant tout des mouvements sociaux. Bien évidemment organisés par des entrepreneurs politiques , mais toujours formés de dynamiques multiples.

Quand il existe un désir d’indépendance économique comme en Croatie face à la Serbie au début des années 1990, il se croise avec un réveil des différences culturelles et identitaires. Lorsque la guerre civile a enflammé la Yougoslavie, les différences religieuses loin d’être jusque là éclatantes dans le quotidien sont devenues des principes mortifères.

Comment imaginez que dans la mondialisation actuelle, le rapport de force sera plus facile au niveau local ?

Bertrand Badie. Le temps de l’Etat nation accompli a créé une situation d’exceptionnalité dans laquelle l’allégeance à celui-ci l’emportait sur tout le reste. La mondialisation a relativisé les allégeances. L’allégeance citoyenne n’a pas disparu, mais elle compose désotmais avec d’autres : culturelles, économiques, religieuses. La mondialisation nous place dans un marché mondial qui donne plus de visibilité à la sphère économique qui donc suscite de nouvelles identifications. Et dans ce monde instable, face à chaque défi, l’individu redéfinit son identité comme citoyen de son Etat, comme porteur d’une foi religieuse ou d’une culture particulière, mais aussi comme un acteur inséré dans des relations d’échanges complexes et multiples, notamment économiques. L’individu est mobile là ou l’Etat par la racine même du mot nous indique qu’il s’épanouit dans un monde statique. D’où la crise actuelle de l’Etat nation.

Est-ce que les grandes puissances peuvent jouer sur ces mouvements autonomistes pour fragiliser des Etats comme au temps de la Yougoslavie ?

Bertrand Badie. Elles le font car cela fait partie de leur ADN. Les grandes puissances se croient en droit et en devoir d’intervenir partout, d’imposer leurs règles, autant dans leur propre intérêt que dans ce qu’elles croient être ’intérêt universel. Mais ce temps est révolu. Les puissances ont du mal à conserver ce monde westphalien, car le nouveau monde court plus vite que le jeu des puissances. Elles ont même beaucoup de mal à gérer les découpages et sont en échec quand elles sont intervenues pour susciter des séparatismes: sud Soudan, Kosovo, Irak, Abkhazie… Toutes ces tentatives de remodelage ont montré l’échec des  puissances d’antan.

La fin de frontières intangibles et de l’Etat nation sont-ils des phénomènes véritablement pris en compte par les grandes puissances et ces dirigeants ?

Bertrand Badie. Nous ne sommes plus dans ces temps que je désignais comme Westphaliens , où le principe d’intangibilité des frontières était tabou. Le rapport de force tout au long du XXe siècle faisait que l’on y touchait à minima. Mis à part l’effet des deux grandes guerres mondiales, le statu quo était la règle. Aujourd’hui, en Europe, les sociétés s’éveillent pour remettre en cause les frontières et hors d’Europe, celles-ci apparaissent de plus en plus comme un héritage venu d’aileurs qui ne correspond pas à l’histoire des sociétés concernées. On n’a jamais vraiment cru aux frontières puisque c’était une invention occidentale. Le rapport à l’espace en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie était en effet, avant la colonisation, d’une toute autre nature.

Vers la citoyenneté universelle et pas des clochers dans POLITIQUE cleardot

(1) Cela vient des « traités de Wesphalie » en 1648, qui reconnaissent l’Etat comme la forme privilégiée d’organisation politique de nos sociétés et le début des relations interétatiques.

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Catalogne : une affaire de bourgeoisie (petite et grande) dont les travailleurs ne doivent pas faire les frais

Posté par jacques LAUPIES le 23 décembre 2017

Je ne prétends pas juger de ce qui se passe en Espagne. Cela évidemment regarde les espagnols. Tout au plus je dirai qu’il y a dans cette affaire à ne pas perdre de vue les intérêts de classe en jeu et les problèmes que pose la gouvernance d’un pays donné.
Cependant il semble qu’espagnols et catalans n’ont pas la même histoire politique que nous et sont confrontés à la persistance d’entités régionales regroupées au sein d’un état qui s’est constitué avec l’expansion coloniale, sur des fondements monarchiques
L’Espagne ne s’est pas remise de l’effondrement de son empire colonial au cours du 19ème siècle et a été confrontée à des difficultés économiques aggravées par des conflits nombreux jusqu’au début du 2oème siècle. L’influence de la révolution française a sans doute été relativisée par les guerres d’agression napoléonienne.
Les tentatives (1873 et 1931) de mise en place d’un état républicain se sont heurtées aux conservatismes des propriétaires terriens et puissances financières et industrielles. A chacune de ces tentatives ont succédé des réactions monarchiques dont la dernière a provoqué une guerre civile destructrice et sanglante qui a été le prémisse de la deuxième guerre mondiale : soutien du fascisme européen à Franco et solidarité républicaine internationale assurée seulement par l’Union Soviétique et par des actions de volontaires (Brigades internationales) appuyée sans intervention directes par le Front populaire en France.
L’échec républicain que beaucoup tentent de mettre sur le dos des dissensions (réelles) entre socio démocrates, communistes et anarchistes fut essentiellement le résultat du soutien à Franco de Hitler et Mussolini et de la non intervention de la France et de l’Angleterre.
« Après la mort de Franco, le 20 novembre 1975, le régime évolue vers une démocratie au cours d’une transition qui est « pactée » entre le secteur réformiste du régime franquiste et les forces d’opposition. Il n’y a donc pas de rupture formelle symbolique avec le régime franquiste. La Majorité ne souhaite pas une justice transitionnelle qui poursuive des crimes de justice, une loi d’amnistie est promulguée en 1977, cette loi va écarter la possibilité de la poursuite des crimes franquistes13. »
https://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire_de_l%27Espagne#Construction_d’un_État_centralisé_et_d’un_empire_colonial
Il n’est donc pas étonnant que dans l’affrontement actuel entre catalans indépendantistes et état espagnol ressurgisse ce passé mais, en Espagne comme dans d’autres pays européens les causes essentielles des démarches d’autonomie sont à rechercher ailleurs : dans des conflits d’intérêt entre bourgeoisies qui prennent appui à la fois sur des nationalismes et à l’opposé sur l’instrumentalisation des préoccupations sociales aggravées par la crise économique que traverse le pays, Catalogne comprise.
Des récupérations qui devraient inciter les leaders de la « gauche » française à beaucoup de prudence dans cette affaire. Et si Mélenchon et Valls veulent se refaire une beauté, laissons les à leurs fantasmes d’andropausés au sein de la politique française.
Je comprends que des électeurs de gauche se demandent qu’est ce qu’ils vont faire dans cette galère.

Ernest Urtasun : « L’UE doit aider à résoudre la crise catalane »

Entretien réalisé par Cathy Dos Santos
Vendredi, 22 Décembre, 2017
L’Humanité
« L’Espagne a une grande diversité culturelle interne mais elle n’est pas construite de manière à respecter cette diversité ». éric Gaillard/Reuters<br /><br />

« L’Espagne a une grande diversité culturelle interne mais elle n’est pas construite de manière à respecter cette diversité ». éric Gaillard/Reuters

Espagne. Membre d’Initiative pour la Catalogne Verts, l’eurodéputé Ernest Urtasun plaide pour une réforme du système politique afin de bâtir un réel État plurinational.

 

L’europarlementaire, qui siège au sein du groupe de la Gauche unitaire/Gauche verte nordique, revient sur les origines de l’émergence du mouvement souverainiste en Catalogne.

Ces dernières années, l’ensemble du territoire espagnol a été le théâtre d’intenses mobilisations sociales avec le mouvement des indignés, les grèves générales contre les réformes du marché du travail, et la création de collectifs citoyens contre les coupes budgétaires dans les secteurs publics de l’école et de la santé. Comment expliquez-vous qu’en Catalogne le curseur se soit déplacé sur le terrain du nationalisme ?

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Ernest Urtasun. L’Espagne vit une crise constitutionnelle très forte autour de deux vecteurs : la crise sociale et la crise territoriale. Le pays a appliqué un programme austéritaire européen encore plus sauvage. Il s’est traduit par des coupes budgétaires dans les services publics qui les ont fortement dégradés. Cela s’est traduit aussi par l’irruption et l’autonomisation du mouvement des indignés (15M), mais également par l’émergence de Podemos dans le champ politique. En parallèle, nous avons connu une crise du modèle territorial qui n’est pas seulement une conséquence de la crise économique, elle est même antérieure. Nous avons eu un débat en Catalogne autour de la modification du statut d’autonomie entre 2007 et 2008. Les changements ont été grandement retouchés par le Tribunal constitutionnel à la demande du Parti populaire (droite réactionnaire). Cela a entraîné une crise territoriale et l’émergence du mouvement souverainiste. Les cicatrices de l’austérité sont toujours aussi grandes mais l’effervescence sociale liée à la critique sociale a beaucoup diminué. La crise territoriale catalane a auculté l’agenda social.

Pour quel modèle d’organisation territoriale plaidez-vous ?
Ernest Urtasun. Nous sommes contre l’unilatéralité. Nous défendons une réforme en faveur d’un État plurinational. L’Espagne a une grande diversité culturelle interne mais elle n’est pas construite de manière à respecter cette diversité. Les langues coofficielles ne le sont pas dans tout l’État. Nous n’avons pas de chambre pluriterritoriale qui représente les 17 territoires. Nous n’avons pas un système de financement avec des règles fédérales qui permettraient aux États de prélever des impôts déterminés et d’en être coresponsables. Cette plurinationalité de l’État ne se voit pas non plus dans l’expression extérieure du pays. L’Espagne n’a pas voulu que les langues coofficielles le soient à l’échelle de l’Union européenne comme le sont d’autres pourtant moins parlées. Une majorité de Catalans appuieraient une réforme constitutionnelle pour bâtir une véritable architecture plurinationale

Que répondez-vous aux partis indépendantistes qui estiment que le système politique n’est pas réformable ?
Ernest Urtasun. C’est faux. Cette réflexion de l’indépendantisme catalan est méprisante. Tout pays est réformable. Je rappellerai également aux indépendantistes que les changements sont aussi difficiles en Catalogne : nous n’avons toujours pas rompu avec les quarante années de clientélisme de Convergencia i Unio, l’ancienne formation qui a dirigé la Catalogne.

Quel rôle devrait jouer l’Union européenne dans la crise catalane ?
Ernest Urtasun. On ne peut pas attendre de l’UE qu’elle résolve le problème catalan, mais, en revanche, elle doit y aider. La crise doit être résolue entre l’Espagne et la Catalogne. Mais, lors des charges policières à l’occasion du référendum du 1er octobre, l’UE a été très silencieuse. Elle s’est alignée sur les positions de Mariano Rajoy, le président du gouvernement espagnol. On est en droit d’attendre plus d’activisme de la part de la Commission européenne non pour solutionner le problème, mais pour favoriser le dialogue. La construction européenne est fondamentalement une construction inter-États. La Commission européenne peut jouer un rôle dans la vie interne d’un de ses pays membres, comme ce fut le cas lors des pourparlers de paix en Irlande du Nord. Il ne s’agit pas de violer l’intégrité territoriale d’un de ses États membres mais d’aider au dialogue entre les deux parties. Il est indispensable d’avoir un débat institutionnel sur la crise catalane. L’UE doit le faciliter.

Journaliste à la rubrique Mond

 

 

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Ce qui doit fonder le combat de classes

Posté par jacques LAUPIES le 22 décembre 2017

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Ce qui est le plus important pour un individu est de pouvoir se nourrir et se loger. Suivent évidemment les questions de l’éducation, de la santé, de la justice, de la sécurité, de la culture et des loisirs. Le tout étant lié la notion de protection et de sécurité sociale. Bien évidemment le travail collectif nécessaire à la production de biens conditionne tout cela, ce qui implique le devoir de travailler.

On peut donc en conclure que le rapport entre travail et satisfaction des besoins essentiels est déterminant. Or il se trouve que non seulement un grand nombre de travailleurs sont écarté de la production mais que le contrôle et le produit de cette dernière leur échappe au point que ces travailleurs (fussent ils étudiants en devenir, en activité ou en retraite) doivent constamment lutter pour disposer de la part qui leur revient (salaires plus prestations sociales, construction et usage des services publics)

De quoi s’interroger sur l’ampleur, le niveau et le contenu à donner à la lutte des classes ?

 

Pétition. Plus de 150 000 signatures « Vive l’APL » déposées à l’Elysée

 

Jeudi, 21 Décembre, 2017
Humanite.fr
Ce qui doit fonder le combat de classes dans POLITIQUE
Les représentants des associations, syndicats et fédérations du logement social, du collectif Vive l’APL, ont remis ce jeudi 21 décembre 2017, à l’Élysée, les listes des noms et adresses de plus de 150 000 signataires de pétitions opposées à baisse des APL.
Ont été remises les pétitions des Robins des APL (76.413), des collectivités locales et OPH (39.448), de Vive l’APL (28.058), de la CNL (15.000) soit un total de 158.919 signatures.
 
Elles ont été présentées à l’Élysée le jour de l’adoption définitive à l’Assemblée de la loi de Finance qui contient ces mesures brutales et impopulaires, qui impactent les locataires modestes, les organismes HLM et leurs salariés, ainsi que les demandeurs de logement social.
 
Le collectif vive l’APL, inédit par sa composition, ne s’arrêtera pas à l’adoption de la loi de Finance et continuera son action pour le rétablissement intégral des APL, des aides à la pierre, de l’encadrement des loyers, et pour un logement stable, décent et accessible pour tous et toutes.  
 
Collectif « Vive l’APL »
Associations de locataires et mal logés : AFOC, AFVS, CGL, CLCV, CNAFAL, CNL, COPAF, CSF, DAL, FNASAT Gens du Voyage, HALEM, Indecosa-CGT, RESEL Ile-de-France – Associations régionales ou locales : ACDL, CAL, Col. Logement Paris 14, Col. SDF Alsace, Col. SDF de Lille, 
 
Associations de solidarité : ACSC, Bagagérue, Compagnons Bâtisseurs, Emmaüs France, Emmaüs Solidarité, FAPIL, Fédération des Acteurs de la Solidarité, Femmes Egalité, FEP, Fondation Abbé Pierre, Fondation Armée du Salut, Le Refuge, Petits Frères des Pauvres, Secours Catholique – Caritas France, UNAF, UNCLLAJ, UNIOPSS 
 
Associations de défense des droits : AC!, Advocacy France, AITEC, APF, APPUII, Association des marocains de France, ATDF, ATMF, ATTAC, Collectif Pas Touche aux APL, Coordination Nationale Pas Sans Nous, CRLDH, CSP75, FLC Adéic, FTCR, Ligue des Droits de l’Homme, MNCP, MRAP, Planning Familial, Robins des APL, UFAL, UTAC
 
Syndicats : CFDT, CFTC, CGT, Comité National des Travailleurs Privés d’Emploi et Précaires CGT, FAGE, FSU, Sud Santé Sociaux, Syndicat de la Magistrature, SNUP Habitat FSU, UNEF, Union syndicale Solidaires, USP 
 
Fédérations d’organismes de logement social : Coop’HLM, Fédération des ESH, Fédération nationale des Associations régionales HLM, Fédération Offices Publics de l’Habitat, Habitat et Humanisme, SNL, SoliHa, UNAFO, UNHAJ, USH

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