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Esther Benbassa « Il faut en finir avec l’intimidation des citoyens solidaires »

Posté par jacques LAUPIES le 30 janvier 2018

Je ne me suis jamais trouvé confronté à ce type de problème qui consiste à devoir venir en aide à une personne en situation irrégulière si ce n’est peut-être d’avoir rencontré des personnes qui pouvaient être entré en France clandestinement car inutile de jouer les hypocrites, elles sont probablement plus nombreuses qu’on ne le dit…. Et il n’est pas écrit sur leur front « je suis sans papier » !
Mais supposons  que l’une d’entre elles me demande, comme hélas il y en a tant dans nos villes, de lui donner de quoi manger et que je lui offre pour le moins un sandwich, me voilà délinquant. Si j’ai bien compris je suis passible d’une amende, voire d’un emprisonnement comme le souligne l’article ci dessous !
Fais du bien à la société et elle te le rendra en…Comme dit le proverbe !

Esther Benbassa « Il faut en finir avec l’intimidation des citoyens solidaires »

Entretien réalisé par Audrey Loussouarn
Mardi, 30 Janvier, 2018
L’Humanité
Esther Benbassa<br /><br /><br /><br /><br />
Sénatrice EELV du groupe CRCE<br /><br /><br /><br /><br />

Esther Benbassa Sénatrice EELV du groupe CRCE

Par le biais d’une proposition de loi présentée aujourd’hui, Esther Benbassa, sénatrice du groupe communiste, républicain, citoyen et écologiste (CRCE) et des élus allant des radicaux de gauche à l’UDI, entend abroger le « délit de solidarité ».

Le « délit de solidarité » n’existe pas en tant que tel. C’est l’article L.622-1 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (Ceseda) de 1945 qui vise à sanctionner « toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irrégulier d’un étranger en France ».

Que cherchez-vous à modifier avec votre proposition de loi ?

Esther Benbassa Bien sûr, le délit de solidarité est une expression mais il existe sous cette forme. Rappelons que l’expression a été popularisée en 1995 par le Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés  – NDLR), qui désignait, de manière péjorative, la répression de ceux qui par conviction, humanité ou simple générosité viennent en aide aux exilés. Avec le groupe communiste, des sénateurs radicaux de gauche à l’UDI, nous aimerions changer la rédaction de cet article afin que seule l’aide à l’entrée, à la circulation ou au séjour irrégulier apportée dans un but lucratif soit sanctionnée. C’est-à-dire maintenir la poursuite des filiales de passeurs, de réseaux de traite humaine et toute personne qui profite de la détresse des exilés pour en tirer un profit financier. L’objectif est de déposer ce texte au printemps, moment où arrivera dans le débat public la loi asile et immigration. Ce texte sera comme une réponse.

En 2012, cet article a été légèrement modifié sous la houlette de Manuel Valls pour faire la distinction entre les réseaux de trafic et les citoyens. Mais elle laisse par exemple de côté l’aide à la circulation au sein du territoire français…

Esther Benbassa Oui, il aurait fallu que ce soit beaucoup plus clair. C’était, comme à l’habitude, un effet de communication car la modification n’a rien changé, sinon il n’y aurait pas eu les procès de Cédric Herrou, Pierre-Alain Mannoni ou Martine Landry, pour ne parler que d’eux. Il existe un tas d’anonymes qui ont tout simplement pris un individu dans leur voiture, parce qu’ils le voyaient sur le bord de la route. Pour élaborer ce texte, nous avons rencontré des citoyens solidaires à Paris, à Calais, à Ouistreham, à Briançon, à Grande-Synthe ou encore à Menton, où l’aide et la solidarité sont massives. Ce sont des individus simples. Utilisons même un mot non éculé : ce sont des justes, non des délinquants.

Où se niche l’aberration de cet article, selon vous ?

Esther Benbassa La notion d’aide ne peut porter que sur des domaines précis, essentiellement humanitaires. Elle doit être sans contrepartie directe ou indirecte. Seulement, nous avons constaté des dérives émanant de poursuites contre une personne hébergeant un individu qui aurait fourni une contrepartie, parce qu’il effectuait des tâches ménagères. Ce texte peut être utilisé de différentes manières. C’est pourquoi, selon nous, la rédaction de cette loi n’est pas satisfaisante. Les exemptions prévues laissent une marge d’appréciation excessive au juge, et les condamnations se multiplient ces derniers mois. Ce texte punit ceux qui aident à l’entrée et au séjour des personnes irrégulières d’une peine de cinq ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende et, contrairement aux affirmations des ministres successifs qui ont prétendu l’abroger, il est loin de servir à poursuivre les passeurs des réseaux criminels. Ces dispositions sont principalement utilisées pour intimider les personnes solidaires qui ont choisi d’aider les réfugiés en leur rendant service au quotidien.

Plusieurs tentatives du même ordre ont été effectuées. Pensez-vous que l’actualité autour de la « crise de l’accueil » et des procès successifs, qui ont interpellé l’opinion publique, peut changer la donne cette fois-ci ?

Esther Benbassa 43 % des Français sont contre l’accueil des réfugiés, nous dit-on. Donc, cela fait bien une majorité pour ! Je crois que parfois l’opinion publique peut peser et guider les votes. Mais si nous n’arrivons pas à faire passer ce texte, au moins nous pourrons donner un peu de courage à ces citoyens qui se battent au quotidien.

Esther Benbassa

Sénatrice EELV du groupe CRCE

Pourquoi l’abrogation

« La solidarité ne devrait plus jamais être un délit », est-il écrit en préambule de la proposition de loi, en écho à un avis de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) qui demande l’abrogation du « délit de solidarité ». Le texte, qui insiste sur la notion d’aide à un réfugié dans un but lucratif, revendique aussi sa « conformité avec la directive européenne du 28 novembre 2002 “définissant l’aide à l’entrée, au transit et au séjour irréguliers”». Celle-ci précise en effet que, « sauf pour l’aide humanitaire, (elle) interdit d’aider une personne étrangère à l’Union à entrer, séjourner ou transiter sur le territoire d’un État membre ».

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A propos de mise en condition pour consommern’importe quoi !

Posté par jacques LAUPIES le 30 janvier 2018

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Onfray : toujours une part de vérités bonnes à entendre !

Posté par jacques LAUPIES le 30 janvier 2018

 

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Fait pas bon vieillir…si on ne lutte pas !

Posté par jacques LAUPIES le 29 janvier 2018

L’émergence de grandes difficultés pour les personnes âgées ne semble pas émouvoir le monde politique et le grand public si ce n’est évidemment quelques familles politiques marquées par des traditions sociales fortes, à gauche par des engagements et des luttes, et à droite souvent sous l’influence d’un christianisme social, prolongement des actions caritatives à caractère religieux.

Les classes dominantes et exploiteuses soucieuses de contenir les révoltes ouvrières ont contribué  souvent au  soutien  et en même temps au  contrôle de ces dernières actions.

La création de la Sécurité sociale imposée par un rapport de force favorable aux travailleurs à la sortie de la deuxième guerre mondiale a permis la consolidation voire la naissance de régimes de retraite ainsi que la naissance de structures appropriées pour héberger et soigner les personnes âgées, avec le soutien des collectivités locales, du mouvement mutualiste et associatif, pour la gestion de certaines réalisations.

Mais en ce domaine l’évolution démographique, les abandons de la sécurité sociale, des restrictions budgétaires des collectivités locales, le transfert au secteur lucratif, le prolongement de la durée des séjours, le vieillissement et l’apparition  de grandes dépendances de personnes âgées, la stagnation ou la réduction des revenus des retraités mais également de leur enfants, etc. créent, à coup sur, de graves difficultés pour répondre tant aux besoins élémentaires que nouveaux.

Et si la question des moyens se pose tant au public en général qu’aux élus et responsables sociaux et politiques, en ce domaine comme en tant d’autres, les ressources et les financements existent tout autant que des réponses à caractère social et médical.

Mais voila dans une société de classe cela passe par la lutte. Et pas seulement des professionnels…

 

Ehpad. Faire grève, pour mieux les accompagner

Mélanie Mermoz
Samedi, 27 Janvier, 2018
Humanité Dimanche
A la Maison des lumières à Saint Denis, Farida et ses collègues se félicitent d'être plus nombreuses que dans les autres Ehpad pour s'occuper des patients atteints de la maladie d'Alzheimer.

A la Maison des lumières à Saint Denis, Farida et ses collègues se félicitent d’être plus nombreuses que dans les autres Ehpad pour s’occuper des patients atteints de la maladie d’Alzheimer.
Photo : Magali Bragard

Le mardi 30 janvier, l’ensemble des organisations syndicales (1) du secteur de l’accompagnement des personnes âgées, soutenues par l’association des directeurs, appellent à une journée de grève. Au cœur de cette lutte, l’insuffisance des moyens qui permettraient une prise en charge humaine de la vieillesse.

Maison des lumières, à Saint-Denis (93), 8 h 30. Dans les six étages de cet établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) accueillant uniquement des personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer et appartenant à l’Association Isatis, aides-soignantes et agents d’accompagnement s’activent. Les toilettes ont commencé depuis près d’une heure et demie et dureront la majeure partie de la matinée, interrompues par le petit déjeuner pris dans les chambres ou les salles à manger d’étage et par la distribution des médicaments. « Nous sommes deux par étage, pour 14 ou 15 résidents. Cela permet d’intervenir parfois ensemble, de se relayer si un résident entre en opposition complète », souligne Farida, agent d’accompagnement (l’appellation « maison » des auxiliaires de vie) depuis près de dix ans dans la structure. « Quand il y a des absences de dernière minute, on se retrouve seul à un étage, mais les collègues se relaient pour aider. » Dans la journée, deux équipes se succèdent et le ménage est assuré par des salariés d’une société de bionettoyage. « C’est mieux que les Ehpad où je travaillais auparavant où nous n’avions pas le temps de travailler correctement », assure Christelle, une de ses collègue embauchée depuis un an et demi.

Théoriquement, dans les unités protégées accueillant des malades d’Alzheimer, ce ratio de deux soignants par étage est obligatoire.

En revanche, dans les unités classiques, les soignantes sont souvent seules. Résultat, dans la grande majorité des Ehpad, les toilettes sont chronométrées. « Elles ne disposent souvent que de 15 minutes par résident et, durant ce quart d’heure, elles doivent non seulement assurer la toilette, mais refaire le lit, nettoyer l’environnement proche », s’indigne Albert Papadacci, délégué syndical central (DSC) CGT, chez Korian, un des leaders du secteur privé lucratif. Les toilettes sont parfois réduites au strict minimum. « Dans le jargon des professionnels, elles sont ironiquement caractérisées par l’acronyme VMC – comme visage, mains, cul. » Les douches sont au mieux hebdomadaires.

« Dans un Ehpad, les salariés se sont mis en grève parce qu’ils ne pouvaient assurer qu’une douche tous les quinze jours. » Là aussi, le temps est compté. « Si, pour certains résidents, c’est possible en 20 minutes, il faut 35 minutes pour d’autres. Quand une personne ne peut pas lever son bras, on ne va pas la brusquer quand même », s’exclame Feinda Bathily, aide-soignante et déléguée syndicale centrale CGT d’Arpavie, groupe associatif du secteur privé non lucratif.

À la différence de nombre de ses plus jeunes collègues directeurs, Catherine Furcy, directrice de la Maison des lumières, est une ancienne éducatrice qui a notamment travaillé auprès de jeunes atteints de myopathie. Elle sait le temps que peut prendre une toilette. « C’est la raison pour laquelle nous avons fait le choix de consacrer la matinée aux soins. Les activités ont plutôt lieu l’après-midi ». Activités forcément limitées car de nombreux résidents voient leurs capacités très diminuées, du fait de leur pathologie.

Dans les salles à manger d’étages, le temps semble en effet un peu arrêté. Ici, deux kinésithérapeutes font travailler deux dames en fauteuil, tandis que déambule une résidente ; d’autres sont assis en fauteuil roulant auprès de tables ou somnolent, deux discutent… Dans une petite salle, deux personnes peignent sous le regard de l’animatrice. 11 heures : les toilettes se terminent, dans une petite demi-heure va commencer la descente des résidents vers la salle à manger pour le déjeuner.

Que ce soit dans le secteur public, privé à but non lucratif ou lucratif, les postes de soignants sont financés par les agences régionales de santé (ARS) en fonction de la dépendance des résidents. Dire que c’est au plus juste est un euphémisme. « Quand des gens sont en vacances ou en accident du travail – les pathologies de l’épaule et du dos sont de plus en plus fréquentes à cause de la dégradation des conditions de travail –, la direction objecte qu’elle n’a pas de budget pour remplacer les absents », dénonce Feinda Bathily. Le manque de personnel provoque une course permanente contre le temps.

C’est ce qui a poussé Mathilde Basset à rendre sa blouse. Infirmière depuis un an et demi, après trois semaines passées en Ehpad, elle raccroche et poste fin décembre, sur Facebook, une lettre ouverte à la ministre de la Santé partagée 20 000 fois en trois semaines. « J’avais une journée chronométrée : faire les pansements, distribuer les médicaments, faire les transmissions. Je passais beaucoup de temps devant l’ordinateur. Alors que le relationnel devrait être au cœur du travail d’infirmière, je n’ai jamais pu prendre 10 minutes pour m’asseoir auprès de quelqu’un qui arrivait et échanger sur son parcours. En tant qu’infirmière, je n’ai pas eu l’impression de pouvoir accompagner les personnes qui entraient en institution et pour qui l’entrée est souvent difficile. » Même constat pour Feinda Bathily, aide-soignante. « Si un cadre nous voit assis en train de discuter avec un résident, il nous demande si on est en pause », renchérit-elle.

Personnel insuffisant et budgets à la baisse

Le sentiment d’être contraint à mal faire son travail du fait du manque de personnel est au cœur des très nombreuses grèves dans les Ehpad qui ont ponctué l’année 2017. Ce manque de moyens risque d’être encore accentué par l’entrée en application du décret adopté en 2016 sur la convergence des tarifs de dépendance (voir l’« HD » n° 591).

« Si certains établissements devraient obtenir davantage de moyens, d’autres devraient en contrepartie en perdre, or pas un Ehpad n’a trop de moyens. C’est comme si on enlevait de l’argent à des pauvres pour le donner à des très pauvres », s’insurge Pascal Champvert, président de l’Association des directeurs au service des personnes âgées (AD-PA), qui rassemble des directeurs d’établissement et de service d’aide à domicile. « En France, le ratio de personnel est de 0,6 salarié pour 1 résident, quand il est en Suisse de 1,2. Si on pouvait déjà être à 1 salarié pour 1 résident, ce serait bien et il faudrait tenir compte des spécificités des différents établissements », insiste Jean Vignes, secrétaire général de la fédération SUD santé sociaux. « Un certain nombre d’établissements ont déjà reçu des courriers leur attribuant des budgets en baisse. La seule réponse de la ministre de la Santé est de nous dire que cette baisse n’est pas très gênante car elle sera étalée sur sept ans. »

Le décret qui fâche et le mépris de macron

En 2017, une douzaine de départements avaient refusé d’appliquer ce décret. En 2018, les Côtes-d’Armor et le Val-de-Marne ont déjà annoncé qu’ils ne s’y plieraient pas non plus cette année. Reste à savoir s’ils seront suivis par d’autres. Les syndicats et l’AD-PA avaient à l’automne demandé à être reçus par Emmanuel Macron, ils se sont vu opposer une fin de non-recevoir. Le mépris a fini de mettre le feu aux poudres dans un secteur marqué par de nombreux conflits locaux. Le 30 janvier, les personnels des Ehpad mais aussi des services d’aide à domicile de toute la France sont appelés à faire grève et à manifester. Fait exceptionnel, l’ensemble des organisations syndicales participent au mouvement et l’AD-PA le soutient. Les moyens humains et financiers pour accompagner au mieux les personnes âgées en institution et à domicile ne sont pas seuls en cause. « Derrière le problème technique du financement, c’est bien la question de ce que la société veut mettre en place pour prendre en charge le vieillissement de sa population », affirme Jean Vignes.

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Fiscalité. Et si on arrêtait de tout donner aux riches ?

Posté par jacques LAUPIES le 28 janvier 2018

 

cyprien boganda
Samedi, 27 Janvier, 2018
Humanité Dimanche
Fiscalité. Et si on arrêtait de tout donner aux riches ? dans POLITIQUE

AFP

Les études s’accumulent pour démontrer par les chiffres ce que tout le monde pressentait : la politique fiscale d’Emmanuel Macron favorise plus que jamais les contribuables les plus riches. L’association Attac jette un nouveau pavé dans la mare, pour alerter sur les risques de régression sociale et dessiner les contours d’une politique alternative.

Ils annoncent la couleur dès la première phrase : « Jamais un gouvernement de la Ve République n’avait osé décider d’une politique fiscale aussi clairement en faveur des riches et de la finance. » Dans leur dernier ouvrage (« Toujours plus pour les riches. Manifeste pour une fiscalité juste »), les économistes d’Attac passent à la moulinette les options économiques du pouvoir actuel, qui ne cache plus son orientation ultralibérale en la matière. Hasard du calendrier, l’OFCE (Observatoire français des conjonctures économiques) vient de sortir un nouveau rapport qui tente d’estimer l’impact de la réforme fiscale d’Emmanuel Macron sur les revenus des contribuables. Résultat des courses : tout le monde en profite, certes, mais les plus modestes en profitent un peu, et les riches beaucoup plus que les autres !

« En 2019, les ménages les plus aisés devraient rester les premiers bénéficiaires des réformes entamées, écrit l’OFCE. À eux seuls, les 5 % de ménages les plus aisés, et au sein d’eux, les 2 % les plus riches, capteraient 42 % des gains à attendre de la mise en place des mesures. » Dans le détail, les 5 % les plus aisés rafleraient, en 2018, 3 190 euros par ménage en moyenne, grâce à la réforme de l’imposition du capital – suppression de l’impôt sur la fortune (ISF) et introduction d’un prélèvement forfaitaire unique sur les revenus du capital. Une fois déduite la hausse de la CSG et de la fiscalité indirecte (tabac et environnement), la ristourne fiscale s’élève à environ 1 700 euros. Rappelons qu’il ne s’agit que d’une moyenne : les milliardaires empocheront beaucoup plus…

Les partisans de ­Macron (et les libéraux en général) invoquent souvent la « théorie du ruissellement », selon laquelle une réduction de la fiscalité pour les plus aisés finirait par profiter à tous, grâce à un regain d’investissements. Hélas, cette fable n’a jamais été démontrée. Pire, dans le cadre du capitalisme boursier, les cadeaux fiscaux faits aux plus riches risquent surtout d’alimenter les bulles financières. « La richesse ne ruisselle pas vers le bas, elle est pompée vers le haut ! » résument les économistes d’Attac.

Comment savoir si un système fiscal est juste ? Quand il est « composé de taxes prenant en compte la situation des différentes catégories de contribuables », écrivent-ils. Or c’est la loi inverse qui régit la fiscalité française : en 2017, la TVA (impôt le plus injuste car ne tenant pas compte de la situation financière de chacun) représentait 51 % des recettes de l’État, alors que l’impôt sur le revenu (le plus juste car progressif) ne représentait que 25 %.

dégâts collatéraux

Pour Attac, les dégâts collatéraux de cette politique fiscale ne se limitent pas au creusement – dramatique – des inégalités : par son iniquité revendiquée, elle risque aussi de miner le « consentement à l’impôt », en accréditant l’idée que ce dernier est nécessairement injuste et contraire à l’intérêt général.

Comment faire face au danger ? En modifiant de fond en comble le système fiscal. Dans leur livre, les économistes avancent plusieurs pistes de réformes répondant, selon eux, à un double impératif d’équité sociale et d’efficacité économique. Pas question de révolution ici, mais d’une remise à plat complète. Au programme : réforme de l’impôt sur le revenu (avec suppression de la plupart des niches et augmentation de sa progressivité) ; élargissement de l’ISF à l’ensemble des actifs (immobilier, produits financiers…) ; réforme de l’impôt sur les sociétés (avec maintien d’un taux réduit pour les PME et suppression du crédit d’impôt compétitivité) ; baisse de la TVA… Sans oublier une réforme de la fiscalité verte, qui renchérisse la tonne de CO2 (gaz carbonique) produite, tout en prévoyant des mesures compensatoires pour les plus modestes.

Pour que ces pistes ne se limitent pas à un catalogue de bonnes intentions, et l’exigence de justice fiscale à un vœu pieux, il reste encore à construire un rapport de forces politique, ce qui n’est pas une mince affaire. Comme le disent justement les auteurs, la fiscalité est bien l’affaire de tous…

Journaliste à l’humanité dimanche

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Quelques vidéos conseillées et Onfray du meilleur

Posté par jacques LAUPIES le 27 janvier 2018

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Feleknas Uca, députée kurde : « Nous sommes la force principale pour défendre les valeurs démocratiques au Moyen-Orient »

Posté par jacques LAUPIES le 27 janvier 2018

 

Jean Jacques Régibier
Mercredi, 24 Janvier, 2018
Feleknas Uca, députée kurde : « Nous sommes la force principale pour défendre les valeurs démocratiques au Moyen-Orient » dans POLITIQUE

Manifestation devant le conseil de l’Europe

Députés et représentants politiques des mouvements kurdes se mobilisent en Europe pour dénoncer les bombardements ordonnés par Erdogan contre la ville d’Afrin en Syrie. Ils ont manifesté mardi à Strasbourg pour réclamer le soutien du Conseil de l’Europe.

Le Conseil de l’Europe à Strasbourg est depuis le début de la semaine le point de convergence de nombreux élus et représentants politiques Kurdes qui profitent de la session d’hiver de l’assemblée parlementaire ( qui réunit des députés de 48 pays d’Europe, dont la Turquie ), pour venir expliquer les conséquence des attaques menées depuis samedi par la Turquie contre le canton et la ville d’Efrin située en Syrie, et placée sous administration kurde. La tension est sensible, à l’intérieur même des bâtiments du Conseil, entre les élus et les diplomates turcs soutenant l’action militaire lancée par Erdogan, et les députés et les représentants kurdes qui dénoncent l’agression contre les civils, et soutiennent la résistance des combattants kurdes face à l’agression de la Turquie.

Dès samedi, les bombardements de l’aviation turque se sont accompagnés au sol d’une offensive du groupe djihadiste Hayet Al-Tahir ( ex-Font Al-Nosra, ex-Al-Qaïda ), allié d’Erdogan dans cette offensive menée contre une ville qui avait jusqu’à présent été épargnée par les combats de la guerre en Syrie. Selon plusieurs sources, il y aurait déjà plusieurs dizaines de morts, dont de nombreux civils. Erdogan vient de transformer la guerre contre Daesh en une guerre faite à ceux qui ont permis au Moyen-Orient de se débarrasser de Daesh.

Cette situation ubuesque n’a pas l’air pour l’instant de bouleverser la communauté internationale, Europe en tête, au delà des propos de circonstance : les Etats-Unis ont appelé la Turquie à « faire preuve de retenue », Emmanuel Macron a fait part à Erdogan de sa « préoccupation. » On ne saurait être plus aimable.

En attendant, sur place, les bombardements continuent.

« On a peur tous les jours. »

Hassan est originaire d’un village proche d’Afrin, situé à la frontière avec la Turquie. Aujourd’hui installé en Allemagne, il est venu mardi à Strasbourg participer à la manifestation, pour demander au  Conseil de l’Europe de réagir contre l’agression turque contre Afrin. En contact régulier avec ses trois sœurs et ses parents restés au village, il témoigne : « Les gens de ma famille m’expliquent qu’ils ont peur tous les jours, les enfants notamment sont très affectés. Ils me disent que les miliciens kurdes des YPG ( Unités de protection du peuple, ndlr ) les protègent, mais contre les bombardements de l’aviation, ils n’ont pas de solution. » Selon Hassan, ces bombardements n’empêcheront cependant pas les habitants d’Afrin et des villages voisins, de rester sur place. « On sait ce qu’on a vécu à Kobané ( 1 ), on risque de vivre la même chose à Afrin, mais on ne veut pas quitter notre terre, c’est là qu’on veut vivre en liberté, » affirme-t-il.

Un choix confirmé par une autre manifestante, Nazife Muhammed, qui habite depuis 2 ans en France, et qui elle aussi est en contact avec sa famille à Afrin. « Ce qui domine quand je les ai au téléphone, » explique-t-elle, « c’est effectivement la peur, mais malgré cela, ils vont rester sur place, ils veulent lutter car ils ne peuvent pas se résoudre à laisser faire Erdogan, qu’ils traitent de fasciste. »

Feleknas Uca, est une élue kurde turco-allemande. Elle a été députée européenne, membre de « Die Linke ». Elle est aujourd’hui députée du HDP de la ville de Diyarbakir à l’assemblée nationale de Turquie. C’est aussi une ancienne membre de l’assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe. Elle explique : « selon nos dernières informations, ce sont les civils qui sont visés et tués. C’est triste à dire, mais ça ressemble à ce qui s’est déjà passé à Kobané, je suis vraiment inquiète de voir que les Turcs  font la même chose. Ce qu’ils veulent, c’est d’abord faire peur, installer la terreur à Afrin et dans les villages, pour ensuite faire partir la population. On insiste vraiment pour que cette opération cesse, sinon on ne sait pas jusqu’où ils vont aller.»

Pour Hassan également, ce sont bien les civils qui sont d’abord la cible de l’aviation turque. « J’insiste là-dessus », explique-t-il, « les Turcs disent qu’ils veulent s’en prendre aux milices armées, mais ce ne sont pas les YPG qui sont visés par les bombardements, ce sont les habitants. Et il n’y a pas que des Kurdes qui habitent à Afrin, c’est une ville très cosmopolite. Il y a des Arabes, des Syriens, des Arméniens, et différentes religions s’y côtoient. Beaucoup de gens sont venus se réfugier dans la région d’Afrin suite aux guerres qui ensanglantent le Moyen-Orient depuis des années. Ce qu’ils recherchent, c’est la protection des Kurdes, et ce qu’ils veulent, c’est simplement vivre en liberté. »

La députée de Dyarbakir Feleknas Uce, qui est elle-même Kurde yézidie, le confirme : la population d’Afrin et de ses environs est une mosaïque de communautés, de langues et de religions différentes :  « on parle d’Afrin et des Kurdes mais ce n’est pas qu’une communauté qui est visée. Il y a des Yézidis comme moi, mais aussi des Alevis et d’autres minorités ethniques. On ne veut pas qu’on connaisse encore une fois un massacre comme celui qui a été commis contre la population yézidie à Sinjar en août 2014 ( 2 ).»

Et elle ajoute : « Les Kurdes d’aujourd’hui ne sont pas les Kurdes d’il y a un siècle. Oui nous avons subi beaucoup de massacres et de génocides dans notre histoire. On peut dire que c’est la première fois malgré toute la répression, que les Kurdes sont autant unifiés pour défendre leurs territoires. On sait qui sont nos amis et qui sont nos ennemis, ceux qui font des calculs sur notre dos pour avancer leurs propres intérêts, on le sait, mais ce qu’on veut c’est qu’ils défendent les valeurs fondamentales de l’humanité. Ils ne doivent pas se taire face à une telle injustice, La Turquie n’a rien à faire à Afrin, il n’y a pas de Daesh à Afrin, c’est juste un système démocratique que les Kurdes ont organisé, c’est ça qui est visé, pas autre chose. »

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Briser le mur du silence

Quand on demande aux Kurdes sur qui ils peuvent compter pour tenter de stopper l’agression de la Turquie contre Afrin, ils répondent invariablement : d’abord, sur nous-mêmes. Car, nul n’est dupe : si Erdogan a pu déclencher son attaque contre Afrin, alors que l’espace aérien de ce territoire syrien est sous le contrôle de la Russie, c’est que Moscou a donné son aval. Pourtant, selon Fayik Yagizay, le représentant du HDP auprès des institutions européennes, la Russie, pas plus que les Etats-Unis, ne peuvent être complètement d’accord avec l’invasion du nord de la Syrie par les Turcs. « Bien sûr, » explique-t-il, « on ne peut pas faire confiance aux grandes puissances, elles agissent toujours en fonction de leurs intérêts. Mais ni Les Russes, ni les Américains n’ont envie de perdre le contact avec les Kurdes. On ne pense pas qu’ils ont envie d’abandonner complètement les Kurdes, ils représentent une force de stabilité dans la région. »

Le représentant du HDP pense plutôt que les Russes ont donné leur accord à la Turquie pour un temps limité, « pas pour détruire complètement Afrin , » estime-t-il, ajoutant : «  nous ne pensons pas que ça va durer très longtemps.

L’Europe, dans cette agression menée par un pays membre du Conseil de l’Europe, et censé à ce titre en partager les valeurs, aura encore une fois, brillé par son silence. L’attaque contre Afrin a pourtant permis au régime d’Erdogan de donner quelques tours de vis supplémentaires dans les droits démocratiques et la liberté d’expression.

« En Turquie actuellement, » explique Feleknas Uca, « rien que le fait de prononcer le mot « Afrin », ou de l’écrire dans un article, suffit à vous faire arrêter. La seule propagande acceptée, c’est celle qui dit que l’on va tuer les miliciens kurdes. Erdogan l’a dit : il va tout faire pour faire taire tout le monde, surtout le HDP. L’Europe doit prendre une position claire. »

Ertogrul Kürkçü, est également député du HDP, membre de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe et militant de la cause Kurde depuis plus de 50 ans. Il déplore lui aussi la « neutralité » de l’Europe qui reste silencieuse face aux menées militaires d’Erdogan. Mais selon lui, non seulement l’Europe n’est pas vraiment unifiée et il faut faire la différence entre les gouvernements et les forces vives de chaque pays. « Il y a des intellectuels, des syndicats, des associations qui ont des positions très correctes sur la situation. Les gouvernements eux, n’arrêtent pas de faire des erreurs, mais heureusement les peuples européens contrebalancent ces erreurs en soutenant les Kurdes d’Afrin et du Rojava. Je fais la distinction, » explique-t-il.

« Il faut se souvenir, » ajoute  Feleknas Uca, « c’était hier, les jeunes Kurdes contre les djihadistes. Ils se sont battus, ils ont sacrifié leur vie pour les valeurs qui sont celles défendues par l’Europe. Maintenant, on ferme les yeux sur ces gens qui ont défendu nos valeurs. Il y aura une responsabilité de l’Europe s’il y a un massacre à Afrin. Cette escalade ne peut pas amener de bonnes choses pour l’Europe. Il faut agir aujourd’hui, pas demain. » Et elle ajoute : « Nous sommes la force principale actuellement pour défendre les valeurs démocratiques au Moyen Orient. Ceux qui défendent la stabilité, la paix, les valeurs démocratiques doivent être avec nous. »

  1. ( 1 ) En juillet 2014, les djihadistes de l’Etat islamique ont lancé une offensive contre la ville kurde de Kobané, située dans le nord de la Syrie, près de frontière avec la Turquie. Défendue par les combattants kurdes des YPG et du PKK, Kobané a été occupée en partie par les djihadistes, avant d’être finalement libérée par les groupes kurdes avec le soutien des forces aériennes de la coalition. Cette bataille qui a duré jusqu’en juin 2015, a fait plusieurs milliers de morts, et plusieurs centaines de civils ont été massacrés par Daesh. Kobané est aujourd’hui le symbole de la résistance kurde. La ville a été déclarée « ville martyr. »
  2. ( 2 ) Le 3 août 2014, à la suite de la prise de la ville de Sinjar, dans le nord-ouest de l’Irak, les djihadistes de l’EI ont massacré plus de 500 Yézidis, dont des femmes et des enfants, et en ont réduit plusieurs milliers d’autres, spécialement les femmes, en esclavage. Les Nations Unies ont qualifié ces actes barbares de « tentative de génocide. »

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Etre le Parti du communisme et pas autre chose de flou !

Posté par jacques LAUPIES le 26 janvier 2018

Il est intéressant de savoir que pour 32 % de jeunes, le communisme est d’actualité. Par contre que 19 % aient une idée positive de l’idée communiste me parait encore plus intéressant. Cela dit 13 % ont une idée positive du PCF. Sans doute est-ce trop peu et encore trop éloigné des 19 % qui approuvent l’idée.

Cela signifie tout simplement que le PCF accuse un retard dans le rassemblement de tous ceux qui en approuvent cependant les idées. qu’il défend.

Il y a problème et le PCF doit donc se poser la question de ce qui l’empêche de mettre en accord sa pratique politique avec le potentiel que représente une certaine sympathie « idéologique » qu’il défend.

Et se pose aussi la question de savoir s’il est assez « audacieux » pour affirmer la nature des origines en ce domaine notamment en se référant à Marx qui semble lui aussi bénéficier d’un approche très positive !

 

Sondage. Pour 32 % des jeunes, le communisme est d’actualité

 

Julia Hamlaoui
Mercredi, 24 Janvier, 2018
L’Humanité
Etre le Parti du communisme et pas autre chose de flou ! dans POLITIQUE

Une enquête Viavoice pour la Fondation Gabriel-Péri montre de forts clivages générationnels et sociaux quant à la perception du marxisme et du communisme.

À l’heure de la « start-up nation », le rêve d’une fin de l’histoire consacrant le libéralisme serait-il devenu réalité ? Pas si sûr, à en croire une étude Viavoice pour la Fondation Gabriel-Péri rendue publique hier soir. Interrogés sur la pertinence des idées communistes « dans le monde actuel », 41 % des sondés répondent certes qu’elles « n’en ont plus aucune » mais tout de même 35 % jugent à l’inverse qu’elles « demeurent pertinentes ou devraient être adaptées », une proportion qui grimpe à 65 % parmi les sympathisants de gauche. Le dernier chapitre pour les Français n’aurait ainsi peut-être pas été écrit. « Sur l’ensemble de la population, les bonnes images du communisme et du marxisme restent minoritaires. Mais avec autour de 20 % (voir infographie), on est bien au-delà des scores électoraux des partis qui s’en revendiquent clairement », relève Aurélien Preud’homme, le directeur des études politiques chez Viavoice. Capitalisme et libéralisme n’ont d’ailleurs pas bonne presse auprès des sondés, avec respectivement 56 % et 47 % d’opinions négatives.

Pour 56 % des sondés, la lutte des classes est toujours d’actualité

Alors que les militants du PCF s’interrogent, en vue de leur congrès en novembre, sur la perception du communisme, 62 % des sondés estiment que c’est « un fait ancien, dépassé ». À ranger donc dans la catégorie « vieux monde » ? Pas tant que cela, en réalité, aux yeux des nouvelles générations : 72 % des 65 ans et plus estiment ainsi que le communisme est « dépassé », contre 50 % parmi les 18-24 ans (32 % ne partagent pas cette idée et 18 % ne se prononcent pas). Et seulement 28 % de cette catégorie d’âge estime que « les idées communistes n’ont plus aucune pertinence », contre 57 % chez leurs aînés de 65 ans et plus. « On pourrait penser qu’on est face à un déclin, mais ce clivage générationnel laisse à croire qu’on est au contraire face à un retour de ces idées », analyse Aurélien Preud’homme. « En dépit de l’acharnement, soit à dire pis que pendre du communisme, soit à l’effacer de l’horizon, il est frappant de voir que dans la jeune génération cela ne prend pas », observe Guillaume Roubaud-Quashie, en charge de la coordination de la réflexion du PCF sur « le sens du combat communiste ». « Il semble que l’assimilation entre communisme et régimes totalitaires s’estompe », constate également le président de la Fondation Gabriel-Péri, Alain Obadia (lire ci-contre). Parmi les interrogés, une majorité relative (44 %) partage plutôt l’idée que « les régimes totalitaires qui (l’)ont revendiquée n’ont rien à voir avec la pensée communiste ou marxiste initiale ».

Un « clivage social » est aussi au cœur de cette étude. « Alors que 70 % des catégories aisées considèrent que le communisme fait “ancien” et “dépassé”, cette opinion n’est partagée que par 52 % des catégories populaires », assure le sondage. Quant au capitalisme, 31 % des « chefs d’entreprise, cadres et professions intermédiaires » le jugent positivement, contre 15 % des « employés et ouvriers ». « Depuis la crise financière de 2008, on mesure une remise en cause du consensus selon lequel le capitalisme et le libéralisme allaient amener la démocratie et réduire les inégalités. Un fait accentué par des scandales comme les Panama Papers », explique Aurélien Preud’homme.

Si seulement 17 % des sondés ont une opinion positive de la pensée de Karl Marx (26 % chez les jeunes), l’un de ses concepts centraux n’apparaît pourtant pas désuet à une majorité de Français : pour 56 % des sondés, la lutte des classes est toujours d’actualité. Et 76 % estiment que les classes sociales existent encore.

La notion de « biens communs » est bien identifiée par une large majorité

Les idées communistes et marxistes sont cependant davantage perçues comme utiles pour dénoncer les excès du capitalisme (36 % des sondés, 62 % parmi les sympathisants de gauche) et comprendre le monde (35 %, 53 % à gauche) que comme « alternative crédible au système économique actuel » (18 %, 32 % à gauche). « Il existe parfois le sentiment que la bataille idéologique est perdue, en réalité la situation est plus complexe avec des points d’appui, malgré des décennies pendant lesquelles l’idée d’absence d’alternative au libéralisme a été martelée. Certaines des questions sur lesquelles nous nous mobilisons ont un écho très important », souligne Guillaume Roubaud-Quashie, dont le parti recueille 13 % d’opinions positives. L’emploi (61 %), le pouvoir d’achat (47 %) et le système de santé (39 %) forment le trio de tête des enjeux prioritaires, selon le sondage, tandis que « valoriser davantage les filières industrielles françaises » et « lutter davantage contre l’évasion fiscale » sont deux mesures qui recueillent près de 90 % d’approbation. Quant à la notion de « biens communs », qui figure parmi « les mots rattachés spontanément au communisme », elle serait plutôt bien identifiée, notamment en termes de patrimoine culturel, de ressources ou d’espaces naturels mais aussi de services publics (éducation 72 %, transport 65 %, système de santé 64 %). « Pour une large majorité, l’ensemble des “biens communs” doit être accessible à tous au minimum, mais aussi être la propriété exclusive de la collectivité, et enfin être exploité ou géré par des entreprises publiques », souligne également l’étude. « La question qui est posée au PCF, souligne Guillaume Roubaud-Quashie, c’est comment, à partir de ces idées, passer d’une force potentielle importante à une force réelle à la hauteur de ces défis et aspirations. »

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Que cherche le pouvoir macronien en s’en prenant au parlement ?

Posté par jacques LAUPIES le 25 janvier 2018

Personne ne nous fera croire que c’est pour réduire les dépenses de l’institution, pour simplifier son fonctionnement que sont avancées les idées de réduire le nombre de sénateur, ou même de considérer son pouvoir dérisoire qui le rend inutile et inefficace, que le Président de la République veut le réformer !

A y regarder de plus près nous constatons des phénomènes d’affaiblissement de la représentation et à fortiori de la participation des citoyens à la vie publique. La menace qui pèse sur les Conseils Départementaux, le recentrage sur les grandes métropoles, y compris en envisageant la disparition de certaines communautés d’agglomération déjà se substituant aux communes, sont des signes inquiétants de réduction de la démocratie. 

S’y ajoute la réduction des moyens accordés à l’ensemble des collectivités locale…

Cela ne fait qu’aggraver la désignation anti démocratique de la représentation national  affaiblie elle-même fac à un exécutif qui exprime a peine la conviction de deux français sur dix.

Point n’est besoin d’être grand clerc pour voir que l’étau se resserre sur nos libertés.

Jusqu’au jour où l’on nous contraindra à nous taire, si toutefois  pour certains des craintes diffuses ne les contraignent déjà au silence et à l’autocensure…

 

Réforme du parlement. Gérard Larcher et le Sénat posent leurs conditions L’Assemblée se taille un costard

Aurélien Soucheyre
Jeudi, 25 Janvier, 2018
L’Humanité
Gérard Larcher, président du Sénat. Christophe Archambault/AFP<br /><br />

Gérard Larcher, président du Sénat. Christophe Archambault/AFP

Le président du Sénat a présenté hier 40 propositions issues d’un groupe de travail sur la réforme du Parlement. Se disant favorable à un congrès plutôt qu’à un référendum, il a fait des gestes et posé des lignes rouges.

« j’ai plutôt envie de faire fructifier le dialogue, mais il y a des points sur lesquels ma position est ferme. » gérard Larcher

Il n’y a que deux solutions pour réformer la Constitution : soit un référendum, soit un congrès. Dans le premier cas, tous les Français sont appelés à voter. Dans le second, il faut obtenir 60 % des suffrages des députés et sénateurs réunis en congrès. Fort de cette règle, le président du Sénat, Gérard Larcher, a présenté hier 40 propositions afin de peser sur la réforme du Parlement préparée par Emmanuel Macron et François de Rugy, président de l’Assemblée nationale. « On ne doit toucher la Constitution que d’une main tremblante », a-t-il d’emblée prévenu lors de ses vœux à l’Association des journalistes parlementaires. « Si la réviser a pour objectif de mieux faire la loi, de réconcilier nos compatriotes avec leurs parlementaires, de préserver la représentation des territoires, nous devons l’aborder positivement, a-t-il ajouté. En revanche, une réforme qui se résumerait à un artifice politique sans lendemain ou qui affaiblirait le rôle du Parlement serait contraire aux principes mêmes qui guident mon engagement. »

Macron veut supprimer un tiers des parlementaires

S’il assure ne pas « faire de commerce » quand il s’agit de la République, le président du Sénat a fait des gestes en direction du gouvernement. Là où Macron veut supprimer un tiers des parlementaires, Gérard Larcher, tout en estimant qu’elle doit être moindre, s’est dit ouvert à une réduction. Arguant que cela « ne résoudra pas la crise politique », mais pourrait même l’amplifier, il a fixé comme ligne rouge que chaque département soit au moins doté « d’un député et d’un sénateur ». C’est peu. Beaucoup de territoires y perdraient. Mais face aux volontés de coupes de l’exécutif, cette solution permettrait de garantir le « maintien essentiel du lien entre le parlementaire et le territoire », a-t-il défendu, avant de préciser qu’un « parlementaire déraciné, c’est un parlementaire affaibli ». Appelant à ce que « la réforme des institutions ne s’arrête pas aux portes du Parlement », le président de la Haute Assemblée a enfin rappelé que les sénateurs peuvent également se prononcer sur les effectifs de l’exécutif, et invité à ce que le nombre maximum de membres du gouvernement soit de vingt. Il a de plus proposé une parité totale entre eux, et l’extension aux ministres des incompatibilités électives applicables aux parlementaires.

Gérard Larcher s’est aussi opposé à une proposition importante aux yeux de François de Rugy : celle de limiter le cumul des mandats à trois dans le temps. « Ce n’est pas acceptable », a-t-il tranché, soulignant que cela serait contraire à « la liberté de choix des électeurs », en plus d’être « inutile », puisque seulement 7 sénateurs sur 348 sont aujourd’hui concernés. Il s’est également livré à une défense des institutions locales : « La cohésion de notre pays, c’est l’équilibre des territoires. Les collectivités ne sont pas un problème mais une chance. ». « Attentif » à « l’échelon indispensable » des départements, celui qui occupe le plateau a plaidé pour « l’autonomie fiscale » et la libre administration des territoires. L’article 72 de la Constitution qui les consacre, menacé, devrait à ses yeux être renforcé, en y ajoutant que tout transfert de compétence sera accompagné d’une compensation financière obligatoire.

L’exécutif est aussi « responsable de la prétendue lenteur des travaux »

L’autre grand volet de la réforme concerne l’encadrement du travail législatif. Gérard Larcher a estimé que l’exécutif est lui aussi « responsable de la prétendue lenteur des travaux », et que le parlement « pâtit beaucoup plus des délais d’application » des lois que de la longueur des débats. En conséquence, il a soutenu la possibilité pour les chambres de rappeler à l’ordre le gouvernement et de le contraindre sur ce sujet. Favorable à l’expérimentation d’un vote des amendements uniquement en commission pour certains textes, il a exigé une deuxième lecture dans la première assemblée saisie quand la seconde ajoute des mesures. Encadrer le recours aux ordonnances et le dépôt d’amendements par le gouvernement, et limiter le temps de parole des ministres, comme c’est déjà le cas pour les parlementaires, ont aussi été défendus. Là où l’exécutif veut réduire la durée du temps législatif, une extension du plafond à 140 jours de débats par an a été demandée. Enfin, des pouvoirs d’étude et d’investigation renforcés pour les deux assemblées ont été mis dans la balance.

Le bureau de l’Assemblée nationale a modifié hier une disposition de son règlement ne relevant pas de la Constitution : la tenue vestimentaire des députés dans l’Hémicycle devra désormais rester « neutre et s’apparenter à une tenue de ville ». L’expression d’une opinion politique et « le port de tout signe religieux ostensible, d’un uniforme, de logos ou messages commerciaux » sont prohibés, a indiqué la présidence.

 

 

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L’édito de mon bulletin local

Posté par jacques LAUPIES le 24 janvier 2018

 

Ou en sommes-nous sur le plan politique et social ?

Voila quelques mois que nous n’avons pas publié de bulletin local. Depuis ont eu lieu les élections présidentielles dont nous avions prévu qu’elles risqueraient de se traduire par un duel Droite – FN si la gauche ne savait pas se rassembler en rejetant évidemment celle qu’incarnait les sociaux libéraux Hollande et Valls dont la mandature a été un désastre politique.

La Bourgeoisie qui ne met jamais ses œufs dans le même panier, ne s’est évidemment pas privée d’analyser la nouvelle donne :l’incrédibilité d’ une gauche social démocrate en chute libre et d’une droite trop fraichement évincée. Elle a donc « inventé » un nouveau parti et son candidat. On ne devient pas, malgré une légitimité « donnée » par un pouvoir dit « socialiste » qui vous sacre  Ministre de l’Economie sans de soutien de forces occultes puissantes et bien argentées.

Tous les prétendants au trône ont nécessairement des appuis solides ne fussent ils qu’uniquement politiques. Plus long et plus difficile sera la parcours pour ceux là qui tentent d’exploiter les soutiens de partis plus ou moins implantés et disposant d’un électorat bien vivant ou en demi sommeil.

Vous me direz qu’est ce que cela a à voir avec les intentions et les programmes. Ce sont ces derniers qui comptent. Comme on dit l’emballage est une chose et le contenu une autre. Donc acceptons l’emballage avec un bon contenu et allons- y ! C’est en quelque sorte ainsi que LA PLUPART DES GRANDES FAMILLES POLITIQUES ont raisonné, en changeant parfois les étiquettes en fonction des traditions électorales de chacune d’elles

Le résultat, on le connaît : les nouvelles étiquettes n’ont fait qu’accélérer l’incompréhension des citoyens et les jeter dans l’abstention ou l’imposture du vote FN qui tombe dans le piège d’une pseudo protestation fondée sur le rejet de l’autre (l’immigré) et l’effet dont on parle peu : un poujadisme étendu au salariat. De cela la classe dominante a su tirer profit et a donc été gagnante !

Pour être plus clair : les contenus des politiques de droite se sont retrouvés dans l’emballage Macron et de LREM effaçant du coup les deux précédents emballages : Sarkozy puis Hollande. L’opposition de gauche dispersée s’est retrouvée dans l’emballage Mélenchon et de ses insoumis effaçant de la même manière le PCF, les vestiges du PS frondeur et des Verts.

Ces effets de mode ont eu pour conséquence de gruger des millions de français jeunes et vieux, travailleurs ou chômeurs, manuels ou intellectuels, tous parfaitement embarqués dans des compromissions dont ils n’auraient pas voulu.

Serait-ce la fin de la vraie république, de la vraie démocratie ? Serait-ce le triomphe d’une sorte de « complotisme » dont on parle beaucoup en ce moment ? Ou simplement assistons-nous à une adaptation des tenants du capitalisme à une situation politique donnée pour contenir l’émancipation de l’immense majorité qui a des intérêts, en un mot d’une expression simple de la lutte des classes !

Concluez à ma place…

 

 

Éditorial. Capital-travail

Mercredi, 24 Janvier, 2018
L’Humanité

L’éditoiral de Jean-Emmanuel Ducoin. À Versailles, loin des journalistes, incapables sans doute de saisir la complexité de sa démarche, Emmanuel Macron a donc régalé les milliardaires

À Versailles, loin des journalistes, incapables sans doute de saisir la complexité de sa démarche, Emmanuel Macron a donc régalé les milliardaires, se chargeant d’incarner le lien avec 140 PDG de l’hyperpuissance capitalistique mondiale en route sur le chemin pavé d’or de Davos, où ils se retrouveront tous, main sur le cœur, afin de tracer la bonne marche de la finance globalisée. L’ancien banquier n’est pas le moins légitime pour mettre en cohérence son attention portée aux « premiers de cordée » et une opération de com de prestige, fût-elle quelque peu gênante pour le peuple, assez convaincu que ce président des riches fait-ce-qu’il-dit-et-pense, mais qu’ils resteront, eux, les derniers maillons de la chaîne. Demandez aux salariés de Carrefour. Le géant de la distribution réalise 1 milliard de profits en 2017, mais supprime 4 500 postes… Le capital décide, le travail subit. Macron est le héros des multinationales : dans le partage des richesses, il veut accélérer le processus en cours depuis trente ans au nom de la fable du « ruissellement ». Le bénéfice au capital, plus jamais aux travailleurs. Tout pour certains, rien pour les autres. Un choix de classe, non ?

À propos de capital-travail, les idées marxistes et communistes pourraient « retrouver une nouvelle jeunesse », passer « d’une image surannée à un retour progressif », car elles seraient désormais « portées par les nouvelles générations ». Un sondage Viavoice pour la Fondation Gabriel-Péri en témoigne et éveille notre curiosité, sinon notre (prudent) enthousiasme. L’institut révèle en effet « un clivage générationnel important et non dénué de sens » : 26 % des 18-24 ans et 21 % des 25-34  ans déclarent avoir une « image positive » de Marx. Dans la même étude, les trois quarts des Français disent qu’il existe toujours des classes sociales dans la société (76 %) et, pour une majorité d’entre eux, que la « lutte des classes » reste d’actualité pour décrire les rapports sociaux actuels (56 %). Intéressant, non ? « Toute classe qui aspire à la domination doit conquérir d’abord le pouvoir politique pour représenter à son tour son intérêt propre comme étant l’intérêt général. » C’est du Karl Marx. On croirait pourtant lire une définition du macronisme…

L'édito de mon bulletin local dans POLITIQUE

 

Connaissez – vous Bellegarde dans le Gard

 

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