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Investir dans le rail : c’est aussi l’affaire des usagers et des cheminots !

Posté par jacques LAUPIES le 10 janvier 2018

Les chiffres sont éloquents et prouvent que la faute des dysfonctionnement n’est pas du côté des cheminots mais bien de la politique de l’état en matière de transports. L’ancien Secrétaire Général de la Fédération CGT DES CHEMINOTS dont  nous reproduisons l’interview paru dans l’Humanité de ce lundi avec le compte rendu des mesures annoncées par le gouvernement sont la pour le prouver.

 

 

 

 

SNCF. 2018, année à hauts risques pour le rail

Clotilde Mathieu
Mardi, 9 Janvier, 2018
L’Humanité
Pour la CGT, le gouvernement utilise les dysfonctionnements comme prétexte pour<br /><br /><br />
en «	finir avec le train public	». Charles Platiau/Reuters<br /><br /><br />

Pour la CGT, le gouvernement utilise les dysfonctionnements comme prétexte pour en « finir avec le train public ». Charles Platiau/Reuters
 

Ouverture à la concurrence, dette, dysfonctionnements, suppression de postes à la SNCF… tandis que la ministre demande un audit, la CGT organise la mobilisation.

Hier, à la sortie de la « réunion de travail » entre la ministre des Transports et les dirigeants de SNCF Mobilités et SNCF Réseau, convoqués à la suite des dysfonctionnements à répétition qui ont affecté les gares parisiennes en décembre, Élisabeth Borne a demandé deux choses. À Guillaume Pepy, PDG de la première entreprise, un audit technique sur des grandes gares françaises qui devra être finalisé fin mars ainsi que des « propositions d’actions, notamment sur les investissements prioritaires dans ces grandes gares, proposées pour fin avril 2018 ». À Patrick Jeantet, dirigeant de la seconde, le lancement d’un « diagnostic complet sur l’ensemble des systèmes d’alimentation électrique, de signalisation et sur les postes informatiques de toutes les grandes gares parisiennes (…) ainsi que sur les principales gares en région ». Un « enfumage » pour la CGT, qui voit dans cette séquence « le nouvel acte d’une pièce de théâtre du genre vaudeville ». Car, explique Cédric Robert, responsable de la communication de la CGT cheminots, « l’objectif n’est autre que de créer un environnement propice à la stigmatisation de la SNCF, des cheminots et de leur statut, et de pousser encore plus loin l’ouverture à la concurrence », en attendant le rapport confié à l’ancien patron d’Air France, Jean-Cyril Spinetta. Celui-ci, qui doit être rendu fin janvier, a pour mission de définir « l’avenir du modèle ferroviaire français » qui fera ensuite l’objet d’une loi d’orientation des mobilités promise pour avril. « Les conclusions seront sans surprise », assure la CGT, qui craint que le gouvernement se serve des dysfonctionnements pour en « finir avec le train public ». Et appelle « tous les cheminots, les associations d’usagers, les usagers eux-mêmes, ainsi que toutes celles et tous ceux qui souhaitent défendre un service public ferroviaire de qualité » à participer à une grande journée de manifestation, le 8 février à Paris. Car, précise le syndicat, « il s’agit d’ouvrir un véritable débat public ». Le gouvernement prépare une nouvelle ouverture à la concurrence des TER. Or, l’entrée de nouveaux acteurs sur un réseau « déjà en difficulté, complexe et saturé, ne présage pas de futures améliorations du service », assure Cédric Robert.

Depuis dix ans, 30 000 postes ont été détruits

D’autant que la réduction de la masse salariale et le développement de la sous-traitance vont se poursuivre. Depuis dix ans, 30 000 postes ont été détruits, précise le syndicaliste. La SNCF prévoit d’en supprimer 2 000 l’an prochain. Les salaires des cheminots sont gelés depuis quatre ans. Des « efforts », explique la direction, qui ont permis une envolée des bénéfices cette année, note les Échos. S’il est difficile d’avancer des chiffres de résultat net à un mois et demi de la clôture des comptes, le quotidien économique estime que la marge opérationnelle, qui permet de mesurer la rentabilité d’une entreprise, devrait être de 2,6 milliards d’euros pour SNCF Mobilités, contre 2,28 milliards en 2016. Des choix qui « expliquent une très grande part des problèmes », a jugé Philippe Martinez, hier matin sur France Info. Le secrétaire général de la CGT propose « d’embaucher, parce qu’on a perdu des métiers dans tous les domaines ». Dans la maintenance, en 2017, la moitié des travaux ont été sous-traités, note Cédric Robert. « Tout cela a un coût », affirme-t-il, avant de rappeler que la réforme de 2014 – qui a éclaté la SNCF en trois Epic distincts : SNCF (Epic de tête), SNCF Réseau, SNCF Mobilités, pour soi-disant permettre une ­réduction de la dette – a eu comme effet d’accentuer les difficultés en rendant « plus complexes les relations entre les différents services de l’entreprise ». Quant à la dette, celle-ci n’a fait que gonfler et dépasse désormais les 40 milliards d’euros. Elle devrait même atteindre 63 milliards en 2026, si l’on en croit le contrat de performance pluriannuel signé récemment avec l’État. Un passif que l’État a promis de reprendre en échange d’une réforme du statut des cheminots et surtout d’une remise en cause de leur régime de retraite.

Journaliste à la rubrique social-économie

Didier Le Reste : « Arrêtons de subventionner la route, investissons dans le rail »

Entretien réalisé par Kareen Janselme
Lundi, 8 Janvier, 2018
L’Humanité
Didier Le Reste<br /><br /><br />
Président de la Convergence nationale rail<br /><br /><br />

Didier Le Reste Président de la Convergence nationale rail
 

La ministre des Transports convoque les patrons de la SNCF aujourd’hui pour réorienter leur politique. Une opération com, dénonce Didier Le Reste.

La convocation de la direction de la SNCF par la ministre des Transports, Élisabeth Borne, annonce-t-elle une réorientation de la stratégie de la SNCF par l’État ?

Didier Le reste La forme prend le pas sur le fond. Convoquer de façon théâtralisée les dirigeants de la SNCF, pour qu’ils ­expliquent les raisons des dysfonctionnements, ­relève pour moi de la communication. La ministre des Transports, Élisabeth Borne, est bien placée pour savoir les maux dont souffre le service public ferroviaire, après avoir été directrice de la stratégie de la SNCF avec Guillaume Pepy. Aujourd’hui, l’ensemble de ces dysfonctionnements, qui affectent la qualité du service et irritent de plus en plus les usagers, sont la résultante du désengagement financier de l’État.

La France ne finance qu’à hauteur de 32 % les infrastructures ferroviaires, pour 50 % en Allemagne et 90 % en Suède. Il s’agit de choix politiques qui portent un choix de société. C’est l’État qui a décidé la LGV (ligne à grande vitesse), lancé le TGV et n’a rien financé.

Le système ferroviaire français ­détient au global une dette de 53 milliards d’euros. La SNCF n’a qu’une dette d’exploitation de 8 milliards. La responsabilité incombe à l’État. Il n’est pas normal que Macron dise qu’il veut bien réduire la dette si on touche au statut des cheminots. Ce ne sont pas eux les responsables.

Élisabeth Borne affirme aujourd’hui « ma priorité, c’est le ferroviaire » et en même temps considère la route « indispensable » dans « certaines zones en France ». N’est-ce pas contradictoire ?

Didier Le reste La SNCF est composée de près de 1 200 filiales et sous-filiales. Élisabeth Borne ne peut méconnaître que la SNCF est le premier transporteur routier privé de France. Avec l’argent public, on développe la route ! Le routier, c’est 14 à 15 milliards d’euros par an. C’est le mode de transport le plus subventionné. La concurrence déloyale s’est accélérée, avec l’augmentation des péages pour le train, l’autorisation de circulation des 44 tonnes, puis la suppression de l’écotaxe, les cars ­Macron… Aujourd’hui, trois opérateurs se partagent le gâteau, dont la filiale SNCF Ouibus, qui vit sous perfusion. La finalité de ces politiques-là est de construire un mastodonte des transports et de la logistique privée dont la part congrue sera le train. Dans la COP21, le plan Hulot, les assises de la mobilité, les transports ont été peu traités et surtout pas le rail public.

Quand on évoque la mobilité, on parle covoiturage, applications numériques, vélo… mais pas de transport de masse. Il faut arrêter l’enfumage et réorienter l’utilisation de fonds publics pour réinvestir des réseaux ferrés nationaux.

Une loi d’orientation de la mobilité intérieure est prévue pour 2018. Comment pensez-vous peser sur son contenu ?

Didier Le reste La Convergence nationale rail (CNR) a été reçue par Jean-Cyril Spinetta, qui doit rendre un rapport sur le service public ferroviaire fin janvier, dans le cadre de l’ouverture du marché à la concurrence. Depuis 2006, la concurrence est ouverte sur le transport des marchandises par le rail : c’est une catastrophe.

Nous transportons moins de marchandises qu’en 2000. Nous avons fermé plus de 400 gares de fret. Depuis 2009, les cheminots dédiés au transport de marchandises sont passés de 15 000 à 7 000. La CNR a écrit un manifeste très consistant, très politique, pour un rail au service du développement durable, de l’intérêt général. Nous demandons aussi une enquête parlementaire pour que l’entreprise publique puisse rendre des comptes.

Journaliste, rubrique social

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

 

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