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Chine. Macron lance la France sur les nouvelles routes de la soie

Posté par jacques LAUPIES le 12 janvier 2018

 

Lina Sankari
Jeudi, 11 Janvier, 2018
L’Humanité

En visite, le président français s’était donné pour mission de regagner la confiance de Pékin. Paris est désormais perçu comme un allié diplomatique de poids dans la résolution des crises et la construction d’un autre multilatéralisme.

La route de la soie parle visiblement à l’imaginaire d’Emmanuel Macron. Le président français, qui clôturait, hier, une visite de trois jours en Chine, a compris comment parler à son homologue chinois afin d’effacer définitivement la part de défiance héritée des années Sarkozy et de pousser plus avant une relation essentiellement pensée sous l’angle économique par François Hollande. Lundi, au palais Daminggong de Xi’an, ancienne capitale de l’empire et point de départ des anciennes routes de la soie, le président a commencé par une longue évocation de la « Chine des marchands », « des inventeurs », « des guerriers » et des poètes tout en ponctuant son discours de références à Marguerite Yourcenar, Paul Claudel et Saint-John Perse, dont on n’avait plus entendu parler depuis Dominique de Villepin. Selon Barthélémy Courmont, directeur de recherche à l’Iris, « la France est perçue comme une tête de pont diplomatique entre la Chine et l’Europe. Aux yeux de Pékin, l’atout de Paris est d’être membre du Conseil de sécurité des Nations unies, quand Berlin présente essentiellement des avantages économico-commerciaux sans possibilité de peser diplomatiquement ».

Une commande de 184 Airbus A320…

Puissance moyenne longtemps délaissée, la France suscite un regain d’intérêt depuis le Brexit. En quête de gages concrets, la deuxième puissance mondiale attendait un certain nombre de réponses de la part de la France. Notamment en ce qui concerne son projet de routes de la soie, sur lequel François Hollande n’a jamais souhaité s’engager. « Le positionnement de la France est désormais beaucoup plus clair avec une volonté marquée de s’associer à cette initiative. Emmanuel Macron a également formulé une demande de transparence de la part de la Chine et insisté sur le principe de réciprocité », explique encore Barthélémy Courmont. La France entend profiter de ce nouveau contexte pour faire valoir ses atouts et pousser les projets communs dans les domaines du numérique, de la transition énergétique, de l’industrie ou de la culture face à une Chine certes puissante, mais dont l’émergence suscite toujours des inquiétudes et dont le développement n’est pas achevé.

Sur le plan économique, Pékin a commandé 184 Airbus A320 et devrait signer dans trois mois un accord pour la fourniture d’une usine de retraitement des déchets nucléaires à un prix toutefois dévalué. Ne pouvant rivaliser avec Donald Trump, qui brandissait, en novembre dernier, un nombre spectaculaire de contrats, l’Élysée s’est démarqué en faisant prévaloir une approche multilatérale dont souhaite tant se dégager le locataire de la Maison-Blanche. Désireuse de refonder le système international hérité de l’après-guerre, la Chine a trouvé une oreille attentive auprès du président français, qui a assuré que les règles « écrites par l’Occident (…) ne sont pas, ne peuvent pas être gravées dans le marbre de l’éternité ».

Une main tendue sur la lutte contre le réchauffement climatique

Ainsi, Emmanuel Macron a-t-il tendu la main à Xi Jinping sur la lutte contre le réchauffement climatique et la résolution des crises syrienne et coréenne. Sur ce dernier point, Paris n’a jamais validé le plan sino-russe de double gel des essais nucléaires et des exercices militaires conjoints états-unien et sud-coréen. « La perte d’influence des États-Unis, qui ne fait que se confirmer avec la rencontre intercoréenne et le changement de ton à Séoul et Pyongyang, crée un contexte propice à un engagement plus fort des diplomaties européenne et française. Il y a des attentes vis-à-vis de la France en tant que puissance du groupe P5+1 (à l’origine de l’accord avec l’Iran sur le programme nucléaire – NDLR) », souligne encore Barthélémy Courmont.

En termes de coopération, la Chine et la France ont également insisté sur la signature d’un accord entre l’Agence française de développement et la China Development Bank qui traduit, selon Emmanuel Macron, un « renouvellement des méthodes ». « La France a l’expérience d’un impérialisme unilatéral en Afrique qui a parfois conduit au pire », a-t-il expliqué, faisant valoir que le partenariat entre Pékin et Paris pouvait permettre de ne pas « répéter ces erreurs », sans toutefois renoncer à une présence dont Emmanuel Macron peine pour l’heure à redessiner les contours.

Cet article a été publié le Vendredi 12 janvier 2018 à 00:02 et est catégorisé sous POLITIQUE. Vous pouvez suivre les réponses à cet article par le fil Flux des commentaires. Les commentaires et trackbacks sont fermés pour cet article.

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