La paix d’un dimanche

Posté par jacques LAUPIES le 7 février 2018

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Un verger en fleur qui bourdonne non loin des ruches là où nait un vin apprécié : les costières entre Beaucaire et Bellegarde. Rencontre avec un solitaire dont je ne peux oublier le regard…

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Des commerces pas très équitables

 

Arte est une chaine télé que je crois fréquenter plus que toutes les autres.

Elle ne me fait pas toujours plaisir mais c’est bien normal car les journalistes et présentateurs qui opèrent sur les plateaux semblent plutôt « réservés » si ce n’est opposants aux idées qui sont les miennes. Mais même lorsque je flaire des arrières pensées anti communistes ou simplement pro libérales  je me plais à observer ces « observateurs » déployant vainement des tentatives de neutralité.

Tout ce qui se dit actuellement sur la Corée du Nord et son régime pour lequel je n’ai aucune sympathie particulière me semble vouloir faire oublier que le principal adversaire de ces dirigeants coréens, si j’osais je dirai de son peuple, s’appelle Trump lequel, comme cela a été fort justement rappelé dans la soirée « Théma », fait son beurre et celui du complexe militaro industriel des USA en vendant au Japon et à la Corée du Sud  de l’armement, et bien d’autres produits sans doute tout aussi inutiles à la consommation de ces pays. 

Pays qui ont déjà donné dans les massacres guerriers et dont les populations devraient ce titre être très méfiantes !

Bien entendu prévaut dans ces reportages la mise en évidence  du marchandage de la force de travail des ouvriers de ce pays où règne (certainement pas seul) Kim-Jong-Un. Une pratique dont il n’est surement pas le seul instigateur.

Quoiqu’il en soit cela devrait inspirer les téléspectateurs et les instruire sur ce que représente cette marchandise si prisée qu’est la force de travail dont sont dépositaires des milliards d’individus et dont le commerce explique bien des injustices. Pas seulement dans sa forme extrême.

 

Idées. L’utopie au présent et en actes

Maurice Ulrich
Mercredi, 7 Février, 2018
L’Humanité
La paix d'un dimanche dans POLITIQUE

 
 

Le 7 février 1478 naissait Thomas More, le père moderne de l’Utopie, critique politique et modèle de société idéale. Aujourd’hui, loin de tout modèle, elle appelle un combat de la démocratie pour disputer le pouvoir au capital.

L’Utopie de Thomas More avait une évidente dimension politique. Sa dénonciation de la condition des paysans britanniques garde toute sa force et pourrait s’appliquer encore à nombre de régions dans le monde. Pourtant, les procès faits à l’idée même d’utopie ne manquent pas. Ou bien elle est le fait de doux rêveurs installés sur la Lune ou sur leur lopin de terre bio, ou bien elle vire nécessairement au cauchemar totalitaire. Les deux, d’ailleurs, pouvant aller de pair. Les rêveurs, quand ils arrivent au pouvoir, ne peuvent que devenir des tyrans. C’est évidemment l’argumentaire opposé à l’idée communiste, malheureusement conforté par la faillite matérielle et idéologique de ce qui en a tenu lieu au XXe siècle. Mais, plus largement, la critique porte sur tout projet visant à transformer le monde ou à changer la vie, pour reprendre les termes respectifs de Marx et de Rimbaud. On a même vu se développer, au milieu des années 1970, quand se profilait l’ère ultralibérale de Reagan et Thatcher, l’idée que la raison elle-même, depuis Aristote en passant par Descartes et la Révolution française, était grosse de la terreur et des dictatures. Ce n’est pas fini et, sous des formes diverses, qui concernent aussi bien Donald Trump qu’Emmanuel Macron et bien d’autres, la marée conservatrice continue à gagner du terrain autour d’une idée à maints égards dominante : il n’y a pas d’alternative au système.

Quand bien même on fait mine de déplorer les effarantes inégalités que l’on connaît, quand on s’inquiète pour l’environnement ou que l’on questionne le pouvoir démesuré des géants de la nouvelle économie, en termes financiers comme en termes de contrôle exercé sur les individus, devenus à la fois les usagers et le produit, la marchandise, la valeur d’échange des réseaux sociaux.

Paradoxalement, cette nouvelle économie semble aujourd’hui prendre pour une part la place de l’utopie. La lutte des classes étant décrétée morte, place à la start-up où se tutoient leaders et collaborateurs en manches de chemise. Le PDG du groupe géant Sodexo se déclare proche de l’écologiste Pierre Rabhi… On feint d’oublier qu’il existe toujours dans tous les pays des millions d’ouvriers. Place aux travailleurs libres que sont les jeunes chauffeurs Uber, au libre partage des réseaux Airbnb. Les anciens hippies de San Francisco sont devenus les cerveaux de la Silicon Valley en étant persuadés d’avoir inventé un nouveau monde. Ils ont alimenté les fortunes les plus colossales de toute l’histoire humaine en étant, tout autant que les anciens prolétaires, dépossédés des fruits de leur travail, ayant simplement oublié au passage que, là ou il y a du capital, il y a des capitalistes, et que ce sont eux les décideurs.

Mais, précisément, le capitalisme d’aujourd’hui s’appuie, consciemment ou non, sur le rejet des anciennes formes de l’exploitation, sur des aspirations grandissantes à la liberté, au « libre épanouissement des facultés créatrices de chacun », selon les mots de Marx. Y compris dans nombre d’entreprises traditionnelles, avec les formes nouvelles du management participatif, collaboratif ou de quelque nom qu’on l’appelle. En d’autres termes, le capitalisme d’aujourd’hui utilise à son profit les moteurs même de l’utopie. Aussi contradictoire que cela puisse paraître, ce sont sans doute les mêmes aspirations que l’on retrouve dans nombre d’expériences contestant les modes de vie et de consommation actuelle, mais, aussi bien, avec une conscience aiguë de l’urgence de vivre autrement et de changer le cours des choses, avec des mouvements comme les Indignés, Occupy Wall Street, Nuit debout, probablement ce qu’on a appelé les printemps arabes… L’utopie court dans les consciences plus que jamais, sans doute, mais pour partie à cloche-pied.

L’Utopie se voulait critique politique et modèle d’une société idéale. Il faut faire notre deuil des modèles, s’il y en eu. Il y a à inventer des pratiques nourries des multiples expériences, qui veulent imprimer un nouveau cours aux choses, utilisant précisément en les retournant comme une nouvelle terre les champs du numérique, de la gestion des entreprises ou des collectivités, mais avec la claire conscience qu’il s’agit bien aussi de pratiques et de luttes politiques. L’utopie appelle un combat permanent de la démocratie, à tous les niveaux, pour disputer le pouvoir au capital et à son personnel politique. Elle est ce combat démocratique même, au présent.

 

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