L’antisémitisme : un poison, qui perdure

Posté par jacques LAUPIES le 31 mars 2018

 

 

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Rassemblement. Une marche blanche et des torrents de boue

Audrey Loussouarn
Vendredi, 30 Mars, 2018
L’Humanité
Une foule unie a marché mercredi de la place de la Nation, à Paris, jusqu’au domicile de Mireille Knoll, où elle a été assassinée. A.-C. Poujoulat / AFP<br />

Une foule unie a marché mercredi de la place de la Nation, à Paris, jusqu’au domicile de Mireille Knoll, où elle a été assassinée. A.-C. Poujoulat / AFP
 

Des milliers de Parisiens ont rendu hommage à Mireille Knoll, mercredi soir. Une démarche salie par l’intervention du Crif le matin même, qui a libéré l’action des extrémistes de la LDJ.

Pas un drapeau politique ne dépasse des têtes, pas même une voix ne se fait plus entendre qu’une autre. C’est de cette manière que des milliers de personnes (1) ont marché mercredi de la place de la Nation à Paris jusqu’au domicile où vivait l’octogénaire de confession juive Mireille Knoll, avant d’être assassinée. Une marche blanche où son visage est épinglé partout, sur les torses et les petites pancartes, où le mot « ensemble » côtoie le combat contre l’antisémitisme.

Il fallait atteindre la tête de cortège pour apercevoir les mains jaunes de SOS Racisme se mêler aux personnalités – d’Anne Hidalgo (PS) à Laurent Wauquiez (LR) en passant par Christophe Castaner (LREM) ou Pierre Laurent (PCF). « Une émotion très forte au sein de la société parisienne, et plus largement au sein de la société française », observée par Ian Brossat, adjoint communiste à la Mairie de Paris, s’incarnait dans les nombreuses roses blanches déposées par les anonymes sous le regard des voisins de Mireille Knoll, aux fenêtres et au pied de l’immeuble. Pour Fabienne Haloui et Maryse Tripier, coanimatrices de la lutte contre le racisme et pour l’égalité au PCF, c’était même « une foule unie et digne contre l’antisémitisme malgré l’opération minable du Crif contre les insoumis ».

La veille et le matin même, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France, Francis Kalifat, avait estimé que « ni Jean-Luc Mélenchon et les insoumis, ni Marine Le Pen et le FN (n’étaient) les bienvenus », parlant pour le premier d’une « délégitimation d’un État, dans la haine d’Israël (qui) véhicule en réalité la haine des juifs ». Beaucoup ont rappelé, comme Olivier Dartigolles, membre d’un parti, le PCF, également victime de ces amalgames, que « le fait de critiquer la politique du gouvernement israélien, qui ne respecte pas le droit international, n’est en rien l’expression d’un antisémitisme ». Mais l’amalgame odieux a fendu la foule et donné le feu vert à une frange des plus extrêmes, à contre-courant de la motivation des participants à la marche. Résultat : les médias ont retenu deux images, celle d’abord d’un Jean-Luc Mélenchon, accompagné par des députés insoumis, exfiltré sous les cris de « enculés », « collabos » et « pédés ». Puis une autre, où l’on voit Marine Le Pen, arrivée de son côté sous des « Le Pen dehors ! ». Et de poursuivre ensuite sans distinction ces parallèles, au point que LCI propose un débat sur le thème « Marche blanche : Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ensemble ». Sur Franceinfo, le rabbin Yann Boissière rappelait, heureusement, que les « tensions détournent du sujet principal » et qu’il ne faut « absolument pas mettre sur le même plan le FN (…), un parti fasciste dont la culture antisémite est avérée, et les insoumis ». Renvoyant salutairement le Front national en dehors du camp républicain.

La LDJ métamorphosée en garde rapprochée de Marine Le Pen

Mais les deux scènes ont bien eu un point commun : la Ligue de défense juive (LDJ). C’est en réalité elle qui a pris à partie les insoumis, avant de se métamorphoser en garde rapprochée de la frontiste pour qu’elle poursuive sa marche sous les sifflets des passants. Et ses militants, solidaires de l’extrême droite française et remerciés par Jean-Richard Sulzer, membre du conseil national du FN, ne s’en cachent pas. C’est pour « éviter des heurts » que la LDJ s’est vue « dans l’obligation de sortir du rassemblement Jean-Luc Mélenchon (sic) », écrit-elle dans un communiqué, accolant son nom aux « terroristes palestiniens ayant du sang juif sur les mains ». Tout en estimant que la marche blanche n’était « pas une scène politique », ils disent avoir « assuré la protection physique » de Gilbert Collard, « grand défenseur de l’État juif ». Une alliance des extrêmes droites (voir ci-contre) qui a malheureusement poussé dehors un mouvement républicain, dont le fondateur a eu le mot juste après s’être isolé dans une rue parallèle. « Le sujet de la manifestation, ce n’est pas moi, a estimé Jean-Luc Mélenchon. Ce qui est important, c’est que le message passe, que chaque juif sache qu’il est sous la protection de la totalité de la communauté nationale, et que jamais nos réserves d’amour pour notre peuple ne s’épuiseront. »

(1) Retrouvez sur www.humanite.fr les témoignages d’anonymes et vidéos des heurts.

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La poutre dans l’oeil…

Posté par jacques LAUPIES le 30 mars 2018

Au niveau ou se situent les accusations cela n’a rien d’anodin et s’il s’avère qu’elles sont fondées le prestige de la France est engagé en vertu des principes vertueux dont se réclame la République. 

Bien entendu il y a ceux qui y croient et puis bien d’autres qui ne la voient pas si vertueuse que ça notre République. D’ailleurs on peut se poser la question si elle pourra l’être un jour.  

Un jour on fait un « tapage » extraordinaire sur le héros qui se sacrifie dans le cadre de sa mission pour protéger l’otage d’un terroriste, ce qui en tout cas ne peut qu’inspirer admiration et respect, le lendemain un Président de la République se voit renvoyé en correctionnelles pour corruption et par ailleurs mis en examen dans une affaire ou il est soupçonné d’avoir reçu des sommes exorbitantes d’un Dictateur, dont évidemment le témoignage fera défaut puisqu’il a été assassiné à l’issue d’une intervention militaire. 

Accordons lui comme le veut la loi la présomption d’innocence mais bon des dégâts collatéraux sont toujours à prévoir même si l’innocence est reconnue.

Mais reconnaissons qu’avec le cumul des affaires, notamment de fraudes fiscales, d’ex-ministres compromis dans de « petits » arrangement personnels avec les deniers de l’état, rien d’étonnant à ce que nous entendions ici ou là des citoyens convaincus du « tous pourris »

Quand ils ne tombent pas dans le panneau des divisions entre eux sous la houlette d’un pouvoir qui fait tout pour cela.

L’immigré, le chômeur soi disant fraudeur, le cheminot privilégié, le retraité nanti, tous ont bon dos.

Et pour le cas ou ces sentiments de « jalousie » viendraient à s’estomper voila qu’on vient leur rappeler qu’ils doivent se méfier des cosaques russes et des guerriers de l’empire du milieu.

Après la troisième diffusion de l’émission ouvertement anti Poutine sur trois chaînes différentes on peut s’interroger sur ce que nous prépare cette mise en condition de l’opinion.

Sans parler des gentillesses à l’égard de chinois, des coréens, des cubains et même de Trump, tout cela atteste d’une volonté de nous rendre les plus beaux. Comme le démontrent les affaires que j’évoquais au début de ce commentaire il y a un os dans cette démarche de notre bourgeoisie et de ses valets.

Bref c’est l’histoire de la poutre dans l’œil. 

Nicolas Sarkozy renvoyé en correctionnelle pour « corruption » et « trafic d’influence »

Lionel Venturini
Jeudi, 29 Mars, 2018
Humanite.fr
Avec l’affaire Bygmalion, les soupçons de financement libyen et l'affaire des écoutes, Nicolas Sarkozy est sous pression judiciaire. Photo : Georges Gobet/AFP

Avec l’affaire Bygmalion, les soupçons de financement libyen et l’affaire des écoutes, Nicolas Sarkozy est sous pression judiciaire. Photo : Georges Gobet/AFP

Après son renvoi dans l’affaire Bygmalion, c’est pour celle dite des écoutes que l’ancien président est renvoyé devant un tribunal, quelques jours seulement après sa mise en examen dans l’affaire libyenne.

Quelques jours après avoir été mis en examen dans l’affaire libyenne, pouvant déboucher sur un procès, voilà que l’ancien président de la République est quasi assuré de comparaitre en correctionnelle dans une affaire incidente, celle du soupçon de « corruption active » et « trafic d’influence actif » à la Cour de cassation. Selon le Monde, les juges d’instruction ont signé, jeudi 29 mars, la demande de renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris de l’ex-chef de l’Etat, aux côtés de son avocat et ami, Thierry Herzog, et d’un ancien haut magistrat, Gilbert Azibert, tous trois renvoyés pour des soupçons de corruption et de trafic d’influence. Soit des qualifications plutôt infamantes, s’agissant d’un ancien chef d’Etat… La décision découle du réquisitoire du Parquet national financier (PNF), en octobre 2017, lequel PNF assurait que l’enquête des juges avait « mis en évidence des charges lourdes et concordantes à l’encontre de MM. Azibert, Herzog et Sarkozy », pour le recours, notamment, à des lignes téléphoniques sous des noms d’emprunt.

Le fameux Paul Bismuth

L’affaire dite des écoutes est indirectement liée à l’enquête sur de possibles financements libyens de la campagne de 2007. Dans le cadre de cette enquête, les policiers placent l’ex-président sur écoute. Ils constatent fortuitement qu’avec son avocat Thierry Herzog, il tente d’obtenir des informations sur l’affaire Bettencourt alors en cours, par le biais de l’avocat général à la Cour de cassation Gilbert Azibert. Ces conversations entre l’avocat et son client se tiennent sur des lignes téléphoniques enregistrées sous de faux noms – le fameux Paul Bismuth, pour l’ex-président. Le 1er juillet 2014, Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog sont mis en examen pour «trafic d’influence», «corruption» et «recel de violation du secret professionnel». Nicolas Sarkozy, qui peut faire appel de la décision des juges, est déjà sous le coup d’une ordonnance de renvoi dans le dossier Bygmalion, pour « financement illégal de campagne électorale», cette fois celle de 2012. Trois procès le menacent donc à ce jour.

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Revenir à un autre essentiel : les luttes sociales

Posté par jacques LAUPIES le 29 mars 2018

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Hommage mérité mais non sans tentatives de récupération politique, bien sur !

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Au service de la France ?

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Des témoignage intéressants

Mais la question de fond est rarement abordée

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Les médias vont se consacrer pour quelques jours à la question du terrorisme. Difficile de dire quelles sont le intentions des uns et des autres  information; recherche d’audimat, instrumentalisation des évènements et des comportements des uns et des autres, règlement de compte politique, souci d’éducation des citoyens, etc.

Il n’empêche que  si le terrorisme tel qu’il se manifeste aujourd’hui a sa spécificité et obéit à un fanatisme politico religieux de type fascisant, il s’inscrit – nous ne cessons pas de le répéter – dans des  oppositions d’intérêts ayant pour fondement des contradictions de classe  à des niveaux divers  national, international  dans le cadre d’une mondialisation capitaliste.

Le terrorisme est une manifestation des affrontements  politiques qui eux-mêmes ont nécessairement à voir  précisément avec les affrontements de classe internes ou externes à chaque pays.

Il faut être naïf, imbécile pour accepter l’idée que le terrorisme est une fatalité sans véritable possibilité de l’éliminer. C’est pourtant ce qui se dégage des principaux débats auxquels. A moins que l’on soit  pénétré d’un parti pris en faveur de ceux qui persistent dans des attitudes s’inspirant de la politique de la canonnière dans leurs relations avec les nations qui ne se soumettent pas à leurs exigences économiques, industrielles ou commerciales. 

De telles pratiques (interventions militaires en Afrique et au moyen et proche orient, pressions et menaces) tant qu’elles ne se traduisent pas par des répliques sur le territoire de leurs auteurs – et ce n’est plus le cas dans la plupart des pays occidentaux – ne suscitent pas un questionnement véritable sur leurs causes et n’appellent pas les bonnes solutions !

Car il faut chercher les réponses dans la  transformation des rapports économiques et sociaux dans ces pays et, au risque d’être traité de doux rêveur, je ne vois de solutions que dans la disparition des influences libérales de droite et social libérale qui entretiennent un état de pauvreté, une paupérisation des classes dites moyennes au seul bénéfice des principaux coupables que sont les oligarchies financières et industrielles.

Le terreau du terrorisme n’est pas seulement dans les affrontement extérieurs à nos frontières. Pour preuve il implique des français soumis pour la plupart à une absence totale de reconnaissance.

C’est la raison pour laquelle la première des actions pour le combattre passe par le renforcement et le succès des luttes sociales qui pointent le nez ! Autrement dit si la jeunesse ne revient pas à cet essentiel un triste avenir l’attend et cela ne vaut pas que dans l’éradication de l’islamisme.

 

Les campagnes médiatiques tendant à attiser diverses stigmatisations d’autres nations : Russie, Chine et la présentation  partisane des mouvements progressistes dans le monde (notamment en Amérique du Sud sont de bien mauvaise augure ! 

L’acharnement contre Poutine sur les chaînes publiques et privées – même si sa  politique intérieure est discutable – est préoccupante et significative d’une agressivité du libéralisme occidental !

 

Syndicalisme. « Un large mouvement social de contestation peut avoir lieu »

 

Entretien réalisé par Marion d’Allard et Clotilde Mathieu
Mercredi, 28 Mars, 2018
L’Humanité
Pour Philippe Martinez, «	le 22/mars a constitué une journée de très forte mobilisation, plus importante par exemple que le 10/octobre dernier	». Nicolas Cleuet<br /><br /><br /><br /><br />

Pour Philippe Martinez, « le 22/mars a constitué une journée de très forte mobilisation, plus importante par exemple que le 10/octobre dernier ». Nicolas Cleuet
 

La journée d’action interprofessionnelle du 19 avril proposée par la CGT répond à une demande des salariés de faire converger les mobilisations à partir de leurs revendications, explique son secrétaire général, Philippe Martinez. Entretien.

Depuis jeudi dernier, une campagne médiatique vise à démontrer que les grèves seraient très marginales, notamment dans la fonction publique. La une du Parisien-Aujourd’hui en France, au lendemain du 22 mars, titrait par exemple : « Ça ne prend pas »…

Philippe Martinez C’est de l’intox. Regardez chez les cheminots. Le 22 mars n’était pas une journée de grève, et pourtant, 35 % d’entre eux ont cessé le travail. À Bercy, au ministère des Finances, le taux de grévistes était de 35 %. Dans les hôpitaux, c’est plus compliqué. Du fait du manque d’effectifs, les agents n’ont pas d’autre choix que de rester s’occuper des patients les jours de grève. Mais qui ne peut pas voir le mécontentement des personnels de santé ? Dans les Ehpad, c’est également le cas. Dans les mairies, le nombre de grévistes était important là où la CGT est implantée. Nous considérons que le 22 mars a constitué une journée de très forte mobilisation, plus importante par exemple que le 10 octobre dernier, et ce malgré une intersyndicale moins large dans la fonction publique. C’est la réalité. Le reste est une bataille de communication.

La CGT a appelé dès le 22 mars au soir à une nouvelle journée d’action interprofessionnelle le 19 avril prochain. Pourquoi une telle initiative ?

Philippe Martinez Depuis le mois de janvier, l’idée d’une journée d’action interprofessionnelle était dans les tuyaux. La réussite du 22 mars, à laquelle s’ajoute une multitude de mobilisations chez Air France, dans le secteur de l’énergie, dans les grosses entreprises de la métallurgie, à l’image de Ford, ou encore dans la distribution comme chez Carrefour ou chez Pimkie, nécessite une convergence. Les salariés la demandent. D’autant que les mobilisations ont démarré bien avant le 22, avec celles des Ehpad et des retraités. De mémoire, cela fait très longtemps qu’on n’avait pas vu autant de retraités dans la rue que le 15 mars. Les mouvements dans la fonction publique pénitentiaire, ou encore à La Poste, dont on ne parle pas beaucoup, en témoignent aussi. J’étais vendredi dernier à Rennes, les postiers du bureau de Crimée en étaient à leur 74e jour de grève. Des cas similaires ont eu lieu dans l’Aveyron, à Tarbes… Il y a beaucoup de luttes. Et le 19 avril sera donc une journée d’action interprofessionnelle.

L’automne dernier, ce type de mobilisation n’a pourtant pas été très suivi…

Philippe Martinez On a analysé les deux mouvements de 2016 et 2017. Ces derniers ne concernaient que le Code du travail, ce qui n’a pas permis de mobiliser largement les fonctionnaires. Or les agents de la fonction publique se battent pour leurs emplois, leurs salaires, leurs statuts. Il faut partir des réalités du monde du travail. Et, plutôt que de globaliser et de donner un mot d’ordre, nous proposons à tous de se mobiliser sur la base de leurs propres revendications pour qu’ils agissent ensemble en même temps. C’est la grande différence. Des débats existent dans la CGT et au-delà, mais c’est en tout cas ce que les salariés demandent. C’est un peu nouveau. Aujourd’hui, nous devons faire du cousu main. En 1968, c’est parti comme cela. Il n’y a pas eu d’appel général à la grève, mais un enchaînement de mobilisations qui ont convergé. Le patronat avait le même discours qu’aujourd’hui, or des avancées sociales énormes se sont produites pour le monde du travail.

La CGT ne risque-t-elle pas de se trouver isolée en agissant en dehors de toute intersyndicale ?

Philippe Martinez Nous avons sollicité les autres confédérations. La CFDT, la CFTC, la CFE-CGC, l’Unsa et FO ont décliné notre rendez-vous. Nous assumons donc nos responsabilités. Et, d’après ce que je lis ou j’entends, les quatre autres organisations représentatives ne sont pas prêtes à se mobiliser. La CFDT est absente de toutes les intersyndicales, sauf cas exceptionnel, comme chez les cheminots. Pour FO, c’est différent. À un mois de son congrès, il est aujourd’hui difficile de discuter avec la confédération. Mais ses syndiqués sont cependant présents dans les mobilisations, que ce soit dans les professions ou dans les territoires.

N’avez-vous pas peur d’irriter les autres syndicats de la fonction publique ou de cheminots, alors que les uns se sont réunis hier et que les autres ont leur propre calendrier ?

Philippe Martinez Ce débat a déjà eu lieu entre la fonction publique et les cheminots, lors de la préparation de la journée du 22 mars. Cela s’est très bien passé, il n’y a eu aucune confusion et chacun a pu mettre en avant ses problématiques.

Concernant les cheminots, cette grève de deux jours sur cinq sur trois mois provoque de fortes réactions de la part de la direction de la SNCF et du gouvernement, moins chez les usagers. Elle a par ailleurs suscité des échos très positifs parmi les cheminots. Est-ce cela, le « cousu main »  ?

Philippe Martinez Cette forme de lutte à échéance régulière, que l’on connaît déjà par exemple dans l’énergie ou chez Air France, est inédite chez les cheminots. Cela montre la détermination de la profession, tout en permettant à toutes les catégories de personnels de s’inscrire dans le mouvement. Certains peuvent « choisir leur date ». Je pense à l’encadrement très en colère mais qui, vu les pressions qui s’exercent de la part de la direction, n’a pas toujours la faculté de participer à un mouvement. Cela permet également de garder le contact avec les usagers et de pouvoir faire le point régulièrement avec eux. Nous sommes censés les voir trois jours sur cinq. Dans le passé, le gouvernement et la direction de la SNCF ont joué sur cette opposition entre usagers et grévistes dans les services publics, mais là on atteint les sommets en termes de mensonges, d’insultes. Le PDG de la SNCF a tout de même parlé de « sabotage ». Or, depuis le début du mouvement, les expériences montrent que le contact avec les usagers est intéressant. Je me suis déplacé à Gap, mais aussi à Nice. J’ai passé trois heures à la gare, nous avons distribué 2 500 tracts. L’accueil est bon. On parle du changement de statut de l’entreprise et des problèmes des usagers car, contrairement à ce qui est dit, le statut des cheminots n’est pas la cause des problèmes de la SNCF.

Après plusieurs réformes (assurance-chômage, formation professionnelle, ordonnances de la loi travail…), les syndicats sont mis sur la touche. Allez-vous changer de méthode et quitter la table des concertations, comme l’a laissé entendre le secrétaire général de la CGT cheminots, Laurent Brun ?

Philippe Martinez Ce sont évidemment les cheminots qui vont étudier la question, mais on s’interroge à tous les niveaux de la CGT sur l’intérêt de jouer les faire-valoir, les potiches d’une concertation et d’un dialogue social qui n’en sont pas. L’exemple le plus frappant est celui de la formation professionnelle, pour laquelle une négociation a eu lieu entre le patronat et les syndicats, mais, comme cela ne plaisait pas à l’exécutif, le gouvernement a au final fait ce qu’il a voulu. C’est symbolique d’un gouvernement qui fait de la communication. On peut aussi énumérer les réunions de « concertation ». L’expérience montre que, lorsque le gouvernement fait une annonce, des réunions peuvent s’ajouter au calendrier pour refuser finalement de discuter des problématiques qui ne l’intéressent pas. On veut nous cantonner dans le club des « contestataires », mais, dès que nous faisons des propositions, le gouvernement les met sous la table. C’est pour cela qu’on s’interroge sur l’intérêt de participer à ces réunions. Et il faut essayer, lorsqu’il existe des cadres intersyndicaux, de le faire avec tout le monde, comme cela a été le cas dans la fonction publique.

L’évacuation des grévistes de l’université de Montpellier, avec la complicité du doyen de la faculté de droit, ou encore la mise sous tutelle de l’université Jean-Jaurès à Toulouse ne révèlent-elles pas une tentative de vouloir faire taire toute réaction de la jeunesse ?

Philippe Martinez Il y a la volonté de faire taire tout le monde. Ce qui s’est passé à Montpellier ou à Toulouse est gravissime. C’est la remise en cause du droit des étudiants de se réunir en assemblée générale et de décider librement de leurs actions. Loin d’être des mouvements marginaux comme on peut le lire ou l’entendre, il s’agit de mobilisations massives. 2 000 ou 3 000 étudiants réunis, c’est un mouvement important. L’intervention des autorités, tout comme l’intimidation et la violence des groupuscules d’extrême droite, participe de la répression du mouvement.

Des élus ou des responsables politiques d’extrême droite s’invitent dans les manifestations syndicales. Le vote FN est présent chez les salariés. La CGT poursuit-elle son travail de pédagogie contre les dangers de cette idéologie ?

Philippe Martinez Oui, il y a besoin de décrypter le discours du Front national. Celui-ci, qui peut paraître sympathique pour de nombreux salariés, repose en réalité sur des bases racistes consistant à faire peser les problèmes des uns sur les autres, les étrangers qui vivent la même réalité. En dehors de son discours de façade pour s’adresser aux salariés, le FN a en matière économique et sociale des propositions profondément libérales. Sur la question de la suppression des cotisations patronales par exemple, c’est le même discours que celui du Medef. On ne peut pas dire, d’un côté, qu’on est favorable à la retraite à 60 ans et, de l’autre, vouloir la suppression des cotisations sociales. Sans cotisations, pas de protection sociale. Pour poursuivre son travail d’information, la CGT organisera prochainement dans le Gard un festival à ce sujet, et elle continuera de tenir des initiatives dans les territoires où le FN est bien implanté. Sur la présence de l’extrême droite dans les manifestations, on l’a vu encore le 15 mars dans le Nord, les élus FN sont venus provoquer les participants, et c’est finalement trois de nos camarades qui ont été placés en garde à vue.

Du côté opposé de l’échiquier politique, Jean-Luc Mélenchon propose d’organiser des marches le week-end, Benoît Hamon veut faire le tour des petites gares, et le PCF cherche à sensibiliser les usagers sur les dangers de la réforme ferroviaire. Le 22 mars, toute la gauche était présente au défilé. Comment percevez-vous ces initiatives politiques ?

Philippe Martinez Les soutiens sont toujours les bienvenus. Même le Parti socialiste était présent, mais nous n’avons pas la mémoire courte. Concernant la SNCF, le gouvernement précédent a d’ailleurs œuvré en acceptant l’ouverture à la concurrence. Gouvernement auquel appartenait Emmanuel Macron. Ils ont un passif. Le dialogue avec les usagers et les élus est bon à prendre. Quant à la temporalité des manifestations, même si nous n’écartons aucune mobilisation, nous savons aussi que beaucoup de salariés souhaitent agir par la grève. Vouloir le faire le samedi et le dimanche ne concerne qu’un petit nombre d’entre eux. Laissons pour l’instant les organisations syndicales gérer le calendrier des mobilisations sociales, et nous verrons plus tard s’il est opportun de décider de se mobiliser le week-end.

À l’aube du 50e anniversaire de Mai 68, pensez-vous qu’un grand mouvement social peut, non seulement exister, mais être populaire ?

Philippe Martinez Il est évident qu’un large mouvement social de contestation peut avoir lieu. Pour autant, les réalités du monde du travail sont différentes aujourd’hui. Des intérimaires, des contractuels, il n’y en avait pas beaucoup en 1968. Dans les entreprises, tous les salariés, quasiment, avaient le même statut. Nous devons travailler à élargir le mouvement dans les réalités du monde actuel. La question qui nous est désormais posée, aux syndicats mais également aux forces politiques, c’est de rassembler une majorité de mécontents et de montrer qu’il existe une alternative aux projets gouvernementaux. Nous travaillons, à notre niveau, à une alternative sociale, entre autres en proposant une réduction du temps de travail. En 1968, même si la droite a remporté les élections qui ont suivi, il y avait une véritable effervescence d’idées. Et l’existence d’une alternative, qu’elle soit sociale ou politique, joue sur la capacité de mobilisation. Si les salariés ne la perçoivent pas, cela peut avoir des traductions politiques profitables à des forces comme le FN.

Chez air france, les salariés unis haussent le ton

Onze syndicats de la compagnie aérienne, réunis en intersyndicale, ont lancé pour le 30 mars et les 3 et 7 avril un appel à la grève. Une nouvelle salve de mobilisations qui s’ajoute aux journées d’action des 22 février et 23 mars. Les salariés réclament une « augmentation générale des salaires de 6 % pour rattraper l’inflation », alors que la grille n’a pas été réévaluée depuis 2011. Face à une direction qui « campe sur ses positions » en faveur d’une augmentation de seulement 1 % et « cherche la division », les syndicats entendent « durcir le rythme des mouvements ». Signe de convergence, les cheminots débutent aussi leur grève le 3 avril.

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Le terrorisme qui nous frappe a pour origine des terrorismes que l’on pourrait qualifier d’économique, de social, de culturel, de colonial

Posté par jacques LAUPIES le 28 mars 2018

Le terrorisme qui nous frappe a pour origine des terrorismes que l'on pourrait qualifier d'économique, de social, de culturel, de colonial dans POLITIQUE Charles_Bell_-_Jan_van_Riebeeck_se_aankoms_aan_die_Kaap

Arrivée de Jan van Riebeeck au Cap

Ci dessous  un bel article qu’il faut lire et faire lire

Quand on n’a pas le talent du Directeur de l’Humanité pour dire en peu de mots, si clairement, ce que l’on pense du terrorisme, on peut pour le moins diffuser son article.

Même s’il est déjà présent sur le site de l’Humanité !

Je suis convaincu que parmi les centaines de visites quotidiennes beaucoup, parmi ceux qui me font l’honneur de cliquer sur mon blog,  par manque de temps, de conviction ou simplement de moyens n’achètent pas ce journal. D’autres n’ont pas le réflexe d’aller sur le site : humanite.fr.

L’Humanité est un des rares quotidiens à approfondir les grands problèmes de notre société, à en donner les causes et suggérer des solutions. Je rencontre assez de parents, d’amis, de voisins pour affirmer que le danger est grand de ne voir s’imposer que des visions sommaires, voire fausses et mensongères, qu’imposent les médias, surtout dans une information courte, quotidienne,  dont cependant la brièveté frappe, à force, les esprits.

Trop souvent l’information se transforme en propagande. Et paradoxalement un journal engagé comme l’Humanité devient porteur d’éducation populaire alors que tant de mauvais génies lui prêtent les défauts de la propagande.

L’exemple de la façon dont il aborde ce terrorisme le plus abject qui soit en est la preuve.

Non pas en en stigmatisant uniquement les auteurs des attentats fussent ils des fous de Dieu, mais en expliquent ce qui est à l’origine de leur inexcusable attitude criminelle. Un retour sur l’histoire est évidemment nécessaire et permet de dévoiler un autre terrorisme : celui des colonisateurs et de tous ceux qui ont suivi et suivent encore la voie de l’utilisation de la force depuis le recours à l’esclavage jusqu’à la spoliation des peuples. Certes non sans la complicité des classes dominantes des pays concernés ou se sont instaurées la corruption et des formes de banditismes d’état.

Pour moi les honneurs rendues aux victimes, s’ils sont justifiés, ne doivent pas nous faire oublier que ces  victimes sont celles de gouvernements et de leurs chefs qui,  au fil des années, servent des intérêts privés de classes exploiteuses, de cartels, de multinationales. Occidentaux essentiellement, leur liste est facile à établir d’autant que l’utilisation du mensonge d’état, de la manipulation électorale et parlementaire les révèlent tôt ou tard, malheureusement souvent quand ils ont déjà fait leurs mauvais coups.

Chacun défendant sa boutique nationale, ce sont les couches populaires qui trinquent  civils et soldats, femmes et enfants, jeunes et vieux, qu’importe pourvu que les affaires marchent !

Quand cela finira-t-il ? Sans doute quand le parti de l’amour et de la solidarité l’emportera sur celui de la haine et de la cupidité. Mais pour cela il faut penser, combattre, se rassembler, changer les rapports d’exploitation en rapports de coopération, accepter le partage…

 

Terrorisme : Combattre et assumer la complexité

Mardi, 27 Mars, 2018
Humanite.fr
Les meilleures affiches du concours sur l’égalité homme-femme/Pinterest.

Les meilleures affiches du concours sur l’égalité homme-femme/Pinterest.

Par Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité, député au Parlement européen, vice-président du groupe de la Gauche Unitaire Européenne/Gauche Verte Nordique (GUE/NGL).

Devant le drame de Trèbes et l’altruisme héroïque et bouleversant du lieutenant-colonel de la gendarmerie Arnaud Beltrame qui a sacrifié sa vie pour en sauver une autre, la France entière se recueille, refusant de s’habituer à l’horreur même quand celle-ci vient se manifester dans la banalité du quotidien d’un supermarché d’une petite ville éloignée de la capitale. Ne pas s’habituer à l’horreur c’est d’abord communier entre citoyens, manifester sa peine comme son indignation. La réaction solidaire de tous les cultes est à cet égard une bonne chose pour le pays. C’est aussi chercher à comprendre et donc permettre de lutter contre la gangrène fanatique et ses terribles conséquences.
 
Pourtant, dès qu’un attentat terroriste survient pullulent les bonimenteurs qui viennent partout clamer qu’ils ont « la » solution pour éradiquer ce fléau. Et cette solution, comme à chaque fois, emprunte le sentier de la démagogie pour détériorer l’état de droit et faire progresser l’arbitraire. 
La décence minimale, l’honnêteté intellectuelle la plus élémentaire commande d’affronter la complexité d’une menace lourde pour notre pays et nos concitoyens mais aussi pour des dizaines de peuples au premier rang desquels les peuples du Proche et Moyen-Orient. Cette complexité devrait interdire d’affirmer qu’une seule solution, comme toujours d’ordre sécuritaire, permettrait de mettre à bas la menace terroriste.
Ces postures de facilité ne sont au fond qu’impostures. Nous voulons affronter la complexité et soulever quatre grandes questions.
 
Les enjeux de sécurité publique
Elles sont essentielles et premières pour garantir la sureté de tous nos concitoyens. En matière de sécurité comme en toute chose, l’efficacité est le contraire de l’agitation. Cette agitation verbale dont nous rabat les oreilles l’extrême droite et la droite en perdition. 
Des progrès importants ont été réalisés pour pister et cerner les potentiels terroristes dont le nombre a cru au fur et à mesure que Daesh reculait sous les coups de la coalition. Mais enfermer tous les fichés S comme le proposent de concert M. Wauquiez et Mme le Pen, c’est court-circuiter les processus qui permettent aux forces de l’ordre et aux services de renseignements de remonter des filières et donc de nous prémunir de nouveaux attentats. C’est donc mettre en danger de nouvelles vies humaines ! La sécurité est une affaire de professionnels et de technique qu’il convient de ne pas parasiter par des polémiques stériles. La coordination entre pays européens et pays tiers a fait des progrès mais demande encore et toujours à être approfondie. Il faut enfin débloquer des moyens financiers et surtout humains pour assurer une surveillance au plus près des personnes repérées, les empêcher de nuire et remonter aux donneurs d’ordre.
 
La  géopolitique
Les guerres semées par les interventions militaires occidentales depuis trente ans, le chaos qui en résulte et les centaines de milliers de morts, le choc des civilisations mijoté par des cabinets noirs, est une cause essentielle de l’émergence et de la propagation du terrorisme islamiste.
La honte ne semble pas atteindre Manuel Valls qui, surenchérissant sur la droite et l’extrême droite, affirme vouloir « interdire le salafisme », alors qu’en tant que premier ministre il a fait la promotion permanente et sans nuances des pays qui le font prospérer, au premier rang desquels l’Arabie Saoudite. 
Croit-il par ailleurs que c’est par une interdiction que le combat contre l’obscurantisme peut être gagné ? Faut-il abandonner en rase campagne le combat politique pour se réfugier derrière la censure d’une idéologie, aussi détestable soit-elle ? Quel précédent cela créerait-il dans un pays qui se réclame encore de la liberté ?
La France doit repenser son rapport au monde arabe, repenser la nature de ses alliances pour faire avancer les logiques de paix et non les seules logiques commerciales. Le dialogue avec les monarchies théocratiques qui inspirent et financent la mafia terroriste d’une main, et garantissent les intérêts du marché capitaliste dans sa forme la plus sauvage de l’autre, doit s’engager sur de nouvelles bases. 
Ce n’est pas en fermant les yeux sur les massacres de masse, au Yémen ou en Syrie, ou sur l’épuration ethnique des kurdes par la Turquie d’Erdogan que la France jugulera la menace terroriste. Au contraire, elle laisse ainsi le terreau fertiliser. 
 
La question idéologique
Face au « choc de modernité » de ces dernières décennies s’affirment partout, en Europe comme dans le monde arabo-musulman, des réflexes réactionnaires, la négation des idées de progrès et universalistes, jusqu’aux possibilités de vivre ensemble, quel que soit son culte ou son origine, dans la liberté et l’égalité.
Face à l’échec des dirigeants nationalistes arabes corrompus et autoritaires s’affirme dans le monde arabe une idéologie politico-religieuse qui prend appui sur les pertes de repères sociaux et la pauvreté. L’atonie des mouvements sociaux, ou de l’arc en ciel progressistes souvent réduits au silence, a laissé dans de nombreux pays le champ libre à des idéologies réactionnaires qui ont justifié une forme de violence politique et sociale et qui cherche à s’immiscer dans les consciences de jeunes européens, jusque dans nos quartiers populaires.
Il faut urgemment avancer un projet politique neuf, qui ne peut reposer que sur une visée de progrès social général, en faisant la promotion partout et tous le temps des libertés individuelles et collectives, de l’égalité sociale et politique et de la possibilité d’une fraternité humaine. Il faut également remettre l’ouvrage sur le métier sur la grande et fondamentale question de la laïcité. Ce combat d’ordre idéologique ne pourra se mener qu’à la condition de prendre appui sur des progrès réels et matériels pour l’ensemble de la population. Il est en somme corrélé et conditionné par le combat social. 
 
La question sociale
Les processus de radicalisation sont complexes mais les profils des assassins se ressemblent trop pour ne pas interroger ce terreau originel commun de la petite délinquance, du larcin et de l’usage répété de stupéfiants, quand ce n’est de son commerce, cette vie appauvrie par la subsistance quotidienne, le désert social et la relégation à partir desquels s’exacerbent les démons identitaires.
Comment une infime partie de cette vaste jeunesse française laissée à l’écart de la République et de la vie sociale peut-elle tomber avec une facilité déconcertante dans les mailles du filet djihadiste, succomber à la haine de son pays et sombrer dans l’idéologie de mort, jusqu’à mourir elle-même ? Voilà qui devrait nous interroger. Une urgence nationale devrait être décrétée pour l’égalité sociale et politique, des moyens dégagés pour l’éducation et la culture, les loisirs et le sport, le logement et l’emploi, dans les quartiers aujourd’hui laissés à l’abandon, afin de cesser de faire mentir la promesse républicaine de liberté, d’égalité et de fraternité. Là où progresse la République sociale, pourra reculer l’obscurantisme.
 
C’est en affrontant chacun de ces enjeux avec patience et sérieux, en conservant nos principes et notre unité, sans céder aux sirènes hurlantes de la démagogie et de la division, que nous pourrons prétendre mener un combat sérieux contre le terrorisme.  
Retenons pour finir la force de ces mots de la mère d’Arnaud Beltrame, incroyable de pudeur et de dignité, qui, à la question « comment rendre hommage à son fils ? », répond : « En étant davantage citoyen, faire le bien autour de soi, ne pas avoir peur, continuer de vivre, apprécier la vie, aimer la vie, s’émerveiller devant une fleur qui s’ouvre, devant la mer, la montagne ». 
La résistance de l’esprit, la force des principes de justice et de droit construits à travers les épreuves de l’histoire, et la capacité d’émerveillement, toujours, devant la beauté du monde sont  les manifestations de tout ce qu’abjurent les assassins et sûrement les armes les plus puissantes pour les réduire au silence. 
 dans POLITIQUE
Directeur de l’Humanité

 

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Sectaire ou imbécile surement pas responsable politique ce Poussier

Posté par jacques LAUPIES le 27 mars 2018

Pas trop envie de commenter les propos de ce Stéphane  Poussier, ex candidat de la FI qui s’est félicité de la mort du Lieutenant Colonel Arnaud Beltrame et qui se verrait essuyer une plainte de ce parti pour apologie du terrorisme.

Etre à ce point ahuri pour s’en prendre à un militaire qui s’est particulièrement distingué dans l’exercice  de sa mission, dénote une confusion grave, quoique l’on puisse penser des actes ou de la pensée de l’homme, entre le pouvoir politique et les fonctionnaires qui sont chargés d’exécuter.

Vaste débat qui n’est pas encore clos mais, et c’est le moins que l’on puisse dire en l’occurrence, ce n’était ni le lieu, ni le moment, pour le lancer.

Nous l’avons déjà dit quand un citoyen  est assassiné, quand un soldat meurt au combat ou dans une mission quelconque il faut voir plus loin. Du côté des chefs d’Etat et des puissances économiques qui les ont portés au pouvoir. Car des responsables-coupables il y en a toujours…

Sans cela bien difficile de mobiliser les peuples pour la Paix !

 

Hommages multiples au courage d’Arnaud Beltrame

 

Lundi, 26 Mars, 2018
L’Humanité
Photo AFP.

Photo AFP.

Les témoignages de solidarité affluent pour saluer la mémoire de l’officier de gendarmerie qui s’est sacrifié en prenant la place d’une otage.

Les bouquets de roses, innombrables, s’alignent sur la grille d’entrée de la caserne du groupement de gendarmerie de l’Aude. Sur l’un d’eux, un simple message manuscrit : « Merci ». Un petit mot qui, à lui seul, résume le sentiment de gratitude et l’émotion qui accompagnent la mort d’Arnaud Beltrame. L’acte de bravoure du gendarme de 44 ans, qui s’est substitué vendredi à la dernière otage de Radouane Lakdim, fera l’objet d’un « hommage national », rendu vraisemblablement en fin de semaine. Et le président Emmanuel Macron, qui a salué un homme « tombé en héros », prononcera son éloge funèbre depuis la cour des Invalides.

Ce grand sportif était « investi par sa mission »

Au-delà des honneurs officiels, le sacrifice du lieutenant-colonel a continué de susciter, hier, des élans de solidarité dans toute la France. Fleurs, petits mots, dessins, appels téléphoniques… de nombreuses gendarmeries ont reçu des hommages auxquels elles ne s’attendaient pas. « On nous offre rarement des fleurs. Ça réchauffe le cœur », témoigne un gendarme des Côtes-d’Armor. En Ardèche, la petite commune de Plats, pourtant sans lien avec la victime, a d’ores et déjà annoncé qu’elle allait attribuer le nom d’une de ses rues à Arnaud Beltrame, en espérant que « cela donne des idées à d’autres villes, et même à de très grandes villes ».

Les proches du défunt le répètent : le geste de courage d’Arnaud Beltrame, à la carrière militaire brillante, avait tout de l’évidence. Major à Coëtquidan et à l’École des officiers de la gendarmerie nationale, parachutiste au GIGN, envoyé en Irak, décoré de la croix de la valeur militaire, ce grand sportif était « investi par sa mission », « au service des autres », avec un « grand sens du sacrifice ». « Il me disait : ‘‘Je fais mon travail, maman, c’est tout’’, a confié sa mère. Ça ne m’étonne pas de lui (…) Il a toujours été comme ça. » Il n’a donc pas hésité, après des négociations, à proposer de prendre la place de la femme derrière laquelle Radouane Lakdim, retranché dans le Super U, se protégeait. Arnaud Beltrame prendra trois balles et décédera à l’hôpital.

Sans enfant, il s’était marié civilement il y a quelques mois avec une vétérinaire de la réserve africaine de Sigean. C’était pour se rapprocher d’elle qu’Arnaud Beltrame avait obtenu sa mutation dans l’Aude, le 1er août dernier, comme numéro trois du groupement de gendarmerie départementale. L. M.

Sectaire ou imbécile surement pas responsable politique ce Poussier dans POLITIQUE
Chef de la rubrique société
Et maintenant si on se préoccupait du soutien aux cheminots…

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Les préoccupations du jour

Posté par jacques LAUPIES le 25 mars 2018

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Ces deux là ont bénéficié du droit du sol

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la petite dernière est une migrante que quelque voisin mal intentionné a mis dans ma cour. Mais bon on est ou pas pour le droit d’asile !

 

Consternation dans la population

A la fois colère et indignation semblent s’emparer de la population. Chacun avec des raisons particulières. Chacun donnant ses appréciations en fonction de ses « croyances » politiques ou religieuses ou encore philosophique. 

Face aux sempiternelles déclarations des journalistes interprétant celles des Ministres, Présidents et autres, les français en ont marre de subir un climat ou tout se dégrade et que les médias se complaisent bon gré, mal gré à propager.

Dans tout cela, sauf dans de rares documentaires présentant les évènements et leurs liens avec l’histoire et donc les comportements politiques qui ont engendré ces drames perpétrés par des pauvres types manipulés par des considérations religieuses et des fascismes politiques. 

Mais imagine t on vraiment ce que pensent nombre d’entre ces jeunes semi marginalisés, sans travail, souvent dépendant économiquement de familles les plus pauvres ? Le passage à la délinquance et à la folie criminelle est d’une banalité telle qu’il suffit de quelques retours sur diverses époques troublées pour les retrouver, parfois en pire de ce que nous vivons de nos jours

Pourtant il y aurait à creuser dans ce sens et apporter rapidement des solutions qui sont celles  qu’attend la population dans son ensemble : réponse sociale avec la fin du chômage, des bas revenus, réponse en politique étrangère avec la fin du « n’importe quoi » pour préserver les intérêts du capitalisme mondialisé et de ses contradictions internes.

(A l’instant je regarde un documentaire sur la 5, chaine publique, consacré à Poutine De quoi s’interroger sur les propos haineux à l’égard d’un chef d’Etat. Cette manière de mettre en condition des téléspectateurs contre une menace hypothétique de la Russie est inquiétante…)

Pourtant pas un jour ne se passe, chez nous,  sans  « les affaires » qui frappent la « classe politique » ou encore « la classe économiquement dominante qui la génère » Des affaires qui nous démontrent que le drame que vivent des « innocents » est le fait de grands et gros coupables. Le peuple quant à lui en meurt, du retraité assassiné au lieutenant colonel de gendarmerie sacrifié !

Trèbes se recueille à la mémoire des victimes, au surlendemain des attaques de l’Aude

Lorenzo Clément avec AFP
Dimanche, 25 Mars, 2018
Humanite.fr
Photo Pascal Pavani/AFP.

Photo Pascal Pavani/AFP.

La petite ville de Trèbes dans l’Aude se recueille dimanche à la mémoire des quatre victimes abattues par Radouane Lakdim, un petit délinquant radicalisé sur lequel les enquêteurs poursuivent leurs investigations, avec deux de ses proches toujours en garde à vue.

Des habitants ont afflué pour déposer de fleurs devant le Super U de Trèbes, fermé, et la caserne de gendarmerie de Carcassonne. Arrivée avec un bouquet de roses blanches portant l’inscription « Merci », une habitante, Marie-Claire Castel a confié: « C’est un héros, je n’ai pas dormi de la nuit, j’ai beaucoup prié en pensant qu’il y aurait un miracle, qu’on le sauverait ». La population, sous le choc, exprimait son désarroi: « On se disait qu’on n’avait rien à craindre, on se disait que ça n’arrive que dans les grandes villes », confessait Khadija, 52 ans.
Les drapeaux et étendards de la gendarmerie, comme ceux de l’Assemblée nationale, ont été mis en berne. Une messe sera célébrée dimanche matin par l’évêque de Carcassonne en l’église Saint-Etienne de Trèbes, en hommage aux quatre tués et aux trois blessés des attaques de l’Aude.  »L’heure n’est qu’à la prière et à la compassion. Puissent de tels événements nous permettre de trouver le courage pour refonder une société où ils ne seraient plus possibles », a déclaré Mgr Alain Planet. La communauté catholique « partage le sentiment de reconnaissance et d’admiration que tous nos concitoyens portent à l’égard des forces de l’ordre qui ont mis un terme à cette horrible situation », a ajouté Mgr Planet, dans un communiqué.
Une Marche blanche est en préparation pour leur rendre hommage samedi à la veille de Pâques, selon ses organisateurs. Dans la paisible localité de Trèbes, « rien ne sera plus jamais pareil », selon son maire Eric Menassi. « Nous vivons dans une petite bourgade d’un peu moins de 6.000 habitants, et nous étions tous convaincus que ces atrocités ne se passent jamais chez nous », a-t-il dit, or « nous avons pu mesurer que le fanatisme peut toucher n’importe qui ».
Au surlendemain des attaques de Carcassonne et du Super U de Trèbes, le patron des gendarmes Richard Lizurey est attendu à Toulouse et à la caserne du groupement de l’Aude à Carcassonne, pour y rencontrer les hommes du GIGN intervenus lors de la prise d’otages, ainsi que la veuve du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame. Cet officier de gendarmerie est tombé en « héros » sous les balles de l’assaillant après s’être livré à la place d’une otage du Super U. L’Elysée a annoncé qu’un « hommage national » lui serait rendu à une date qui n’a pas été précisée. A l’issue d’un conseil restreint de défense, le président Emmanuel Macron a en outre demandé la convocation de tous les groupes départementaux chargés du suivi des personnes radicalisées.
L’enquête menée sous l’autorité du procureur de la République de Paris « doit faire toute la lumière sur les éventuels liens du terroriste avec Daech », ainsi que sur « les complicités dont il aurait pu bénéficier pour mener à bien ses attaques, ainsi que sur les étapes de son parcours de radicalisation », selon le ministère de l’Intérieur. Radouane Lakdim, un Français d’origine marocaine de 25 ans, s’était présenté vendredi comme « un soldat » du groupe jihadiste Etat islamique (EI), qui a peu après revendiqué les attaques. S’il avait été repéré et suivi par les services de renseignement, « nous pensions qu’il n’y avait pas de radicalisation », a concédé le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb.
À son domicile, dans la cité d’Ozanam à Carcassonne, les enquêteurs ont découvert des « notes faisant allusion à l’Etat islamique » et s’apparentant à un testament, selon des sources concordantes. Parallèlement, deux personnes ont été placées en garde à vue: un jeune de 17 ans présenté comme un ami de Radouane Lakdim, et sa compagne.
Vendredi peu après 10H00, Lakdim, armé d’un pistolet, d’un couteau et d’engins artisanaux, avait commencé son équipée meurtrière en volant une voiture à Carcassonne, blessant grièvement son conducteur portugais et tuant son passager, Jean Mazières, un viticulteur à la retraite. Après avoir tenté de s’en prendre aux parachutistes du 3e RPIMa de Carcassonne, il avait tiré sur des CRS revenant de jogging, blessant un policier près de la caserne. Le modus operandi rappelle les attaques de Mohamed Merah, il y a six ans presque jour pour jour, à quelques dizaines de kilomètres de là à Montauban et Toulouse, où l’islamiste avait été abattu dans l’assaut du RAID, le 22 mars 2012.
C’est également en criant « Allah Akbar » que Radouane Lakdim a surgi et fait feu vendredi dans un Super U de Trèbes, une petite ville calme proche traversée par le canal du Midi, tuant un salarié quinquagénaire du supermarché, Christian Medves, et un client, Hervé Sosna, maçon retraité.
Au total, Lakdim a tué quatre personnes. Trois autres ont été blessées: un CRS, un gendarme du GIGN et l’automobiliste portugais, qui était entre la vie et la mort dimanche. Fiché « S » (pour Sûreté de l’Etat), Radouane Lakdim ne semblait plus être une menace aux yeux des autorités. En août 2016, il avait fait un mois de prison à la maison d’arrêt de Carcassonne, après des condamnations pour « port d’arme prohibé », « usage de stupéfiants » et « refus d’obtempérer ». En 2016 et 2017, il avait de nouveau été suivi par les services de renseignements, qui n’avaient décelé aucun « signe précurseur pouvant laisser présager un passage à l’acte terroriste », selon le procureur de la République de Paris, François Molins.
Le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame, qui s’était livré à la place d’une otage, était tombé sous les balles du tueur, déclenchant l’intervention du GIGN, qui a tué Lakdim. L’officier de gendarmerie a succombé à ses blessures, samedi à l’aube. Un « hommage national » sera rendu à l’officier de gendarmerie Arnaud Beltrame, dont la mort « en héros » sous les balles d’un jihadiste a suscité samedi une vive émotion en France a annoncé l’Elysée à l’issue d’un Conseil restreint de défense.
La grande mosquée de Paris, à l’unisson des représentants musulmans, a salué son « courage » et « son engagement ». Il a « fait preuve d’un sens du devoir et du sacrifice exemplaire », a estimé la Grande Loge de France, obédience maçonnique où il avait été initié en 2008, alors qu’il vivait parallèlement une évolution vers le catholicisme. Marié sans enfants, Arnaud Beltrame devait se marier religieusement cette année.
Pour le Père Jean-Baptiste qui devait célébrer ce mariage religieux et l’a accompagné dans ses derniers instants, « seule une foi chrétienne animée par la charité pouvait lui demander ce sacrifice surhumain », a-t-il écrit sur le site du diocèse.

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États-unis. Marche géante des ados attendue à Washington « pour nos vies »

Posté par jacques LAUPIES le 25 mars 2018

 

Bruno Odent
Vendredi, 23 Mars, 2018
L’Humanité
Le 14/mars dernier, tout juste un mois après la tuerie, des étudiants des écoles de la région de Washington se réunissaient devant<br />
le Capitole, pour exhorter le Congrès à prendre des mesures contre la violence armée. M. Wilson/Getty Images/AFP<br />

Le 14/mars dernier, tout juste un mois après la tuerie, des étudiants des écoles de la région de Washington se réunissaient devant le Capitole, pour exhorter le Congrès à prendre des mesures contre la violence armée. M. Wilson/Getty Images/AFP
 

Le « plus jamais ça » exprimé par les jeunes du lycée de Parkland après la dernière tuerie de masse en établissement scolaire et leur revendication pour une vraie législation sur le contrôle des armes rencontrent un écho national.

Tous les signes annonciateurs d’un mouvement d’ampleur historique sont là. Washington attend ce samedi 24 mars des centaines de milliers de lycéens, d’adolescents à « la Marche pour nos vies », qui répond à l’appel des jeunes du lycée de Parkland, en Floride, où a eu lieu la dernière en date des tueries de masse en milieu scolaire (17 morts). Il faut se donner les moyens de mettre fin à cette sinistre ritournelle qui alimente la chronique du pays. « Plus jamais ça », ont lancé les élèves, ulcérés par la mort si insupportablement absurde de leurs camarades. Le poignant « J’accuse » de l’une d’entre eux, Emma Gonzalez, contre la National Rifle Association (NRA), le puissant lobby qui défend la vente libre des armes à feu, et des politiciens de tous bords complices, dont le président Trump, a fait le tour du monde.

Cette détermination des ados de Parkland s’est vite transmise dans les lycées et les facs de tout le pays. Ce qui augure une manif monstre dans la capitale fédérale. Au point que les services publics des transports de la ville ont pris des dispositions spéciales, conseillant notamment aux participants d’acheter leurs tickets de transport par avance pour éviter des « engorgements ingérables » aux guichets. Comme lors du rassemblement des femmes contre Trump l’an dernier au moment de l’intronisation du sexiste magnat de l’immobilier. On attend en effet jusqu’à 500 000 personnes sur Pennsylvania Avenue, la très large artère qui relie la Maison-Blanche au Capitole. Et le rassemblement de Washington ne laissera voir vraisemblablement qu’une petite partie de la mobilisation nationale, puisque pas moins de 800 «marches jumelles » sont programmées dans d’autres cités du pays.

Donald Trump et les partisans des armes à feu sont sur la défensive

Le 14 mars, tout juste un mois après la tuerie, tous les établissements scolaires du pays s’étaient déjà arrêtés pendant 17 minutes pour rendre un hommage aux 17 victimes de Parkland. C’est donc sans doute à plusieurs millions de voix que s’exprimera cette « révolte des ados », comme l’a baptisé une bonne partie de la presse outre-Atlantique. « J’ai été suffoqué par la capacité de ces très jeunes gens à s’organiser eux-mêmes », souligne Brian Young, dirigeant d’Action Network, une ONG progressiste de Washington.

Face à cette détermination et à l’émotion qui submerge l’opinion publique, Donald Trump et les partisans des armes à feu sont sur la défensive. En Floride, le gouverneur républicain, Rick Scott, a relevé de 18 à 21 ans l’âge légal ouvrant droit à l’achat d’un flingue. Le locataire de la Maison-Blanche a d’abord fait mine de vouloir légiférer de façon analogue au niveau fédéral avant de se raviser en prétextant qu’il n’y aurait « pas de majorité au Congrès » pour un tel changement et en précisant qu’il faudrait, de toute façon, « attendre le verdict de la justice », puisque la NRA a porté plainte contre la disposition prise par l’État de Floride. Ainsi donc, l’unique réponse du président pour éviter que ne se reproduise pareille tragédie se limite-elle à « distribuer des primes » aux profs pour qu’ils viennent armés au travail.

L’argument n’a pas convaincu les professeurs, qui n’ont pas vocation, souligne Randi Weingarten, la présidente de la Fédération des enseignants, à se transformer « en vigiles dans des établissements bunkérisés ». Des syndicats de profs, des associations de parents d’élèves ne s’en laissent pas compter et relayent l’appel à participer aux marches des ados. Quant à l’opinion, elle se prononce désormais majoritairement pour un contrôle des armes.

Toutefois les jeunes savent qu’il leur faudra tenir dans la durée pour obtenir « un vrai changement ». Eux qui ont mûri très vite en politique à la faveur de ce mouvement regardent avec beaucoup de circonspection cette sorte de consensus « pro-contrôle des armes » qui émerge désormais étonnamment jusque dans les médias les plus conservateurs. « Il va falloir maintenir la pression si on veut éviter l’adoption de fausses solutions, comme de se contenter de relever la majorité pour posséder une arme à 21 ans », souligne Fiorina Gottfried (18 ans), qui marchera « pour la vie » dans l’Oregon. Un autre rendez-vous national est déjà fixé au 20 avril. Anniversaire de l’un des plus emblématiques massacres en milieu scolaire, à Columbine dans le Colorado, il y aura exactement dix- neuf ans.

États-unis. Marche géante des ados attendue à Washington « pour nos vies » dans POLITIQUE
Journaliste

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Ne prenez pas les vessies pour des lanternes

Posté par jacques LAUPIES le 24 mars 2018

Après tout vraies ou non les accusations portées contre Sarkozy s’inscrivent dans le lien existant entre le monde de l’argent (la classe dominante) et ses valets politiques.

Cela on le sait, on le dit, souvent des juges le démontrent et il y a des imbéciles qui en doutent encore !

Evidemment on peut considérer que les valises pleines de billets n’ont pas l’élégance des virements, des chèques mais que représentent-elles au regard des soutiens médiatiques, de l’entretien, de la formation de ces jeunes loups et autres collaborateurs que la bourgeoisie entretien dans ses différentes officines.

Un jour il m’est arrivé de rencontrer par hasard, dans un lieu de distraction, un de ces oiseaux, fortement diplômé, grassement payé à ne rien faire si ce n’est à se perfectionner dans le discours anti ouvrier et anti communiste. Le temps d’être propulsé sans doute dans quelque cabinet ministériel  ou au service d’une multinationale où, qui sait, au transport de ces valises miraculeuses.

Cela fait partie de ces expériences ou l’on apprend à ne pas prendre les vessies pour des lanternes*.

Prendre des vessies pour des lanternes

Se faire des illusions grossières sur des choses ou des gens.
Se tromper lourdement dans ses appréciations.

Origine

Cette expression est très ancienne, mais il existe au moins deux écoles quant à son origine.

La première part de ces vessies de porc (comme de boeuf) qui étaient autrefois gonflées et séchées pour servir de récipient, mais qui, profitant de la transparence de leur paroi, étaient parfois utilisées en lanternes de secours, une fois une bougie allumée placée dedans.
Du coup, il était facile de faire croire au nigaud de passage qu’une telle vessie pendue au plafond était une lanterne, en raison de leur similitude de forme.

La seconde juxtapose le mot lanterne qui, autrefois, signifiait des absurdités, des balivernes, et vessie, qui dans l’expression vendre vessie voulait dire ‘vendre du vent’, en raison de l’air qui gonfle la dite vessie, enveloppe de très peu de valeur.

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Justice. Sarkozy, la défense de l’éléphant

Lionel Venturini
Vendredi, 23 Mars, 2018
L’Humanité
Nicolas Sarkozy, «justiciable comme un autre», a pu bénéficier d’une pause dans sa garde à vue pour rentrer dormir chez lui, le 21 mars au soir. Stéphane Mahé/Reuters<br /><br /><br /><br />

Nicolas Sarkozy, «justiciable comme un autre», a pu bénéficier d’une pause dans sa garde à vue pour rentrer dormir chez lui, le 21 mars au soir. Stéphane Mahé/Reuters
 

Mis en examen dans l’affaire libyenne, l’ancien président réfute tout en bloc, sans éviter approximations et arrangements grossiers avec plusieurs éléments du dossier.

«Je suis accusé sans preuve matérielle. » Nicolas Sarkozy a été mis en examen pour « corruption passive », financement illicite de campagne électorale et recel de détournements de fonds publics, en l’occurrence libyens. Il a été placé sous contrôle judiciaire, sans que les termes de ce contrôle ne soient encore connus, dans l’enquête sur les soupçons de financement libyen de sa campagne en 2007. Un séisme judiciaire et politique qu’un ancien président de la République soit ainsi mis en cause par la justice, soupçonné – il s’en défend – d’avoir reçu des fonds d’une puissance étrangère, en l’occurrence la dictature de Mouammar Kadhafi.

L’ex-président a livré au Figaro un mémorandum résumant sa ligne de défense. Il se veut un argumentaire précis, cherchant dans quelques contradictions manifestes matière à se disculper de tout. Nicolas Sarkozy voit ainsi dans les approximations des descriptions que l’intermédiaire Ziad Takieddine fait des bureaux de la place Beauvau la preuve qu’il n’y a jamais mis les pieds. « À propos de M. Takieddine, écrit encore Nicolas Sarkozy, je voudrais vous rappeler qu’il ne justifie durant cette période 2005-2011 d’aucun rendez-vous avec moi », comme si ce genre de rencontre pouvait figurer dans un quelconque agenda. « Durant ma garde à vue, j’ai démontré un mensonge de M. Takieddine », poursuit-il – lorsque Takieddine dit avoir vu le fils Kadhafi le 4 mars 2011, alors que ce dernier ne dit que le 16, soit douze jours plus tard, qu’il a financé Sarkozy, dans une interview à Euronews.

La mise en examen de sarkozy place Wauquiez sur la brèche 

« Pas de preuve matérielle », mais alors, le carnet de l’ancien ministre du Pétrole libyen Choukri Ghanem – retrouvé noyé dans le Danube en avril 2012 –, aujourd’hui en possession des juges ? Il mentionne, écrivait à l’époque Mediapart, trois versements en 2007 destinés à la campagne présidentielle de l’ancien chef de l’État. L’ex-président évoque, à propos d’une note attribuée aux services secrets libyens mentionnant un appui à la campagne de Sarkozy pour l’énorme montant de 50 millions d’euros, un « comble de la manipulation ». « Durant ma garde à vue, j’ai versé au dossier le rapport des enquêteurs sur ce document (…) Je cite les trois dernières phrases : “La réunion évoquée par cet écrit n’a pas pu se tenir à la date indiquée, ce qui semble confirmer que le contenu pourrait être mensonger. Il existe donc une forte probabilité pour que le document produit par Mediapart soit un faux”. » Or, Nicolas Sarkozy là aussi ne dit qu’une vérité partielle. Sur ce document qu’il attaque, la justice l’a débouté en 2016, confirmé en appel en 2017. Nicolas Sarkozy s’est pourvu en cassation. Au chapitre élément matériel, se rangerait volontiers aussi l’étrange chambre forte que Claude Guéant avait louée en 2007, le temps de la campagne présidentielle, dans une agence de la BNP, où l’on pouvait se tenir debout, afin d’y entreposer… les discours de Nicolas Sarkozy, soutient Guéant.

Cette ligne de défense, que l’ancien président devait décliner jeudi soir au JT de TF1, se double d’une autre : faire naître le soupçon d’un complot ourdi contre lui. « J’ai perdu l’élection présidentielle de 2012 à 1,5 %. La polémique lancée par Kadhafi et ses sbires m’a coûté ce point et demi. » « J’ai perdu la primaire, et les déclarations de M. Takieddine n’y sont pas pour rien ! » assène encore Sarkozy.

« Mise en examen ne vaut pas culpabilité », s’est contenté de réagir Laurent Wauquiez, ancien ministre et successeur de Nicolas Sarkozy à la présidence du parti « Les Républicains ». Pas mécontent sans doute de tourner ainsi une page politique, quand d’autres au sein du parti se sentent toujours redevables à l’égard de l’ancien président. Alors que Nicolas Sarkozy a encore un capital sympathie auprès des sympathisants LR et qu’une partie de la droite spéculait, ces derniers temps, sur son retour aux affaires, sa mise en examen place Wauquiez sur la brèche : désormais seul aux manettes, certes, mais coupé des sarkozystes.

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Faire grève, de quel droit ?

Posté par jacques LAUPIES le 23 mars 2018

 

Daniel Roucous
Mercredi, 21 Mars, 2018
Faire grève, de quel droit ? dans POLITIQUE

Faire grève est un droit sans condition pour les salariés du secteur privé, sous conditions pour les salariés du secteur public… depuis 1864 !

« Aucun salarié ne peut être sanctionné, licencié ou faire l’objet d’une mesure discriminatoire en raison de l’exercice normal du droit de grève » selon l’article L1132-2 du code du travail

Il s’agit du principe de non discrimination qui concerne aussi bien les salariés des entreprises privées que ceux des services publics comme les cheminots ou les agents de la RATP, les hospitaliers etc., bref du secteur public.

Vous avez bien lu que le droit de grève est « un exercice normal » qui ne date pas d’hier soir! Il est autorisé depuis le 25 mai 1864 (loi Ollivier) et  »institutionnalisé » par l’article 7 du préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 qui dit bien que « le droit de grève s’exerce dans le cadre des lois qui le règlementent », autrement dit le code du travail – voir en fin de texte l’historique du droit de grève.

Le code du travail justement fait une distinction entre le droit de grève des salariés du secteur privé qui peut être spontané (sans préavis) et ceux du public qui nécessite un préavis de 5 jours et la mise en place d’un service minimum. Dans les deux cas, attention à ce que la grève ne soit pas qualifiée de mouvement illicite. En effet, le droit de grève repose sur trois principes :

- arrêt total du travail (il n’est pas nécessaire que la majorité des salariés ou tous les salariés participent à la grève mais on ne peut pas faire grève tout(e) seul(e) sauf pour accompagner une grève nationale)

- concertation des salariés (donc une volonté collective suite ou non à l’appel d’un ou plusieurs syndicats)

- revendications professionnelles (salariales, conditions de travail, défense de l’emploi ou d’un service public comme c’et le cas ce jeudi 22 mars 2018).

Le droit de grève dans le privé

Lorsqu’ils font grève les salariés du privé sont protégés par les articles L2511-1 et suivants du code du travail qui rappellent que :

- « l’exercice du droit de grève ne peut justifier la rupture du contrat de travail, sauf faute lourde imputable au salarié,

- Son exercice ne peut donner lieu à aucune mesure discriminatoire telle que mentionnée à l’article L. 1132-2, notamment en matière de rémunérations et d’avantages sociaux.

- Tout licenciement prononcé en absence de faute lourde est nul de plein droit. »

Il faut bien comprendre que la grève suspend le contrat de travail mais ne le rompt pas (sauf faute lourde commise à l’occasion de l’exercice de ce droit de grève).

Et ce droit de grève doit rester discret, c’est-à-dire ne pas être mentionné sur le bulletin de paie du gréviste en application de l’article R3243-4 du code du travail

C’est important à souligner parce que la grève n’est pas payée.

En effet, il est effectué une retenue sur la rémunération du gréviste proportionnelle à la durée de l’arrêt de travail… mai pas plus. Ce n’est pas une saction puisque c’est un droit.

Certains accords d’entreprise ou conventions collectives peuvent prévoir une rémunération des grévistes. 

Le droit de grève dans le public et les services publics

Il est autorisé et règlementé par le code du travail lui aussi articles L2512-1 à L2512-5

Sont concernés :

- les personnels de l’Etat, des régions, des départements et des communes comptant plus de 10 000 habitants ;

- les personnels des entreprises, des organismes et des établissements publics ou privés lorsque ces entreprises, organismes et établissements sont chargés de la gestion d’un service public comme la SNCF, la RATP etc.

Ainsi lorsque les personnels ci-dessus exercent le droit de grève, la cessation concertée du travail est précédée d’un préavis de 5 jours au moins avant le jour J de la grève.

Attention ce préavis de 5 jours doit être mis à profit pour négocier.

De plus certains agents doivent assurer un service minimum et peuvent même être réquisitionnés.

Si l’exercice de la grève par les salariés du secteur public ne peut donner lieu à aucune sanction (sauf faute grave, refus d’assurer le service minimum etc.), il entraîne une retenue sur la rémunération qui est calculée différemment pour chaque fonction publique :

- 1/30ème de la rémunération mensuelle par jour de grève pour les fonctionnaires d’Etat même pour une demie journée,

- 1/30ème de la rémunétaion par jour de grève, 1/60ème pour une demie journée de grève, 1/234ème pour une heure de grève dans la fonction publique hospitalière.

Cependant, le paiement de jours de grève peut être négocié entre l’employeur et les organisations syndicales.

Pour en savoir plus sur le droit de grève dans le secteur public cliquez sur http://cgt.fr/Vous-etes-fonctonnaire-ou-agent-de.html

Historique et grandes dates du droit de grève:

- loi Le Chapelier du 14 juin 1791

loi Ollivier du 25 mai 1864 qui autorise le droit de grève

histoire du droit de grève

les grandes dates du droit de grève

 

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Oeuvre de Brigitte Bernard (artiste de Tarascon)

Posté par jacques LAUPIES le 22 mars 2018

Oeuvre de Brigitte Bernard (artiste de Tarascon)  dans POLITIQUE

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