L’antisémitisme : un poison, qui perdure

Posté par jacques LAUPIES le 31 mars 2018

 

 

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Rassemblement. Une marche blanche et des torrents de boue

Audrey Loussouarn
Vendredi, 30 Mars, 2018
L’Humanité
Une foule unie a marché mercredi de la place de la Nation, à Paris, jusqu’au domicile de Mireille Knoll, où elle a été assassinée. A.-C. Poujoulat / AFP<br />

Une foule unie a marché mercredi de la place de la Nation, à Paris, jusqu’au domicile de Mireille Knoll, où elle a été assassinée. A.-C. Poujoulat / AFP
 

Des milliers de Parisiens ont rendu hommage à Mireille Knoll, mercredi soir. Une démarche salie par l’intervention du Crif le matin même, qui a libéré l’action des extrémistes de la LDJ.

Pas un drapeau politique ne dépasse des têtes, pas même une voix ne se fait plus entendre qu’une autre. C’est de cette manière que des milliers de personnes (1) ont marché mercredi de la place de la Nation à Paris jusqu’au domicile où vivait l’octogénaire de confession juive Mireille Knoll, avant d’être assassinée. Une marche blanche où son visage est épinglé partout, sur les torses et les petites pancartes, où le mot « ensemble » côtoie le combat contre l’antisémitisme.

Il fallait atteindre la tête de cortège pour apercevoir les mains jaunes de SOS Racisme se mêler aux personnalités – d’Anne Hidalgo (PS) à Laurent Wauquiez (LR) en passant par Christophe Castaner (LREM) ou Pierre Laurent (PCF). « Une émotion très forte au sein de la société parisienne, et plus largement au sein de la société française », observée par Ian Brossat, adjoint communiste à la Mairie de Paris, s’incarnait dans les nombreuses roses blanches déposées par les anonymes sous le regard des voisins de Mireille Knoll, aux fenêtres et au pied de l’immeuble. Pour Fabienne Haloui et Maryse Tripier, coanimatrices de la lutte contre le racisme et pour l’égalité au PCF, c’était même « une foule unie et digne contre l’antisémitisme malgré l’opération minable du Crif contre les insoumis ».

La veille et le matin même, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France, Francis Kalifat, avait estimé que « ni Jean-Luc Mélenchon et les insoumis, ni Marine Le Pen et le FN (n’étaient) les bienvenus », parlant pour le premier d’une « délégitimation d’un État, dans la haine d’Israël (qui) véhicule en réalité la haine des juifs ». Beaucoup ont rappelé, comme Olivier Dartigolles, membre d’un parti, le PCF, également victime de ces amalgames, que « le fait de critiquer la politique du gouvernement israélien, qui ne respecte pas le droit international, n’est en rien l’expression d’un antisémitisme ». Mais l’amalgame odieux a fendu la foule et donné le feu vert à une frange des plus extrêmes, à contre-courant de la motivation des participants à la marche. Résultat : les médias ont retenu deux images, celle d’abord d’un Jean-Luc Mélenchon, accompagné par des députés insoumis, exfiltré sous les cris de « enculés », « collabos » et « pédés ». Puis une autre, où l’on voit Marine Le Pen, arrivée de son côté sous des « Le Pen dehors ! ». Et de poursuivre ensuite sans distinction ces parallèles, au point que LCI propose un débat sur le thème « Marche blanche : Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ensemble ». Sur Franceinfo, le rabbin Yann Boissière rappelait, heureusement, que les « tensions détournent du sujet principal » et qu’il ne faut « absolument pas mettre sur le même plan le FN (…), un parti fasciste dont la culture antisémite est avérée, et les insoumis ». Renvoyant salutairement le Front national en dehors du camp républicain.

La LDJ métamorphosée en garde rapprochée de Marine Le Pen

Mais les deux scènes ont bien eu un point commun : la Ligue de défense juive (LDJ). C’est en réalité elle qui a pris à partie les insoumis, avant de se métamorphoser en garde rapprochée de la frontiste pour qu’elle poursuive sa marche sous les sifflets des passants. Et ses militants, solidaires de l’extrême droite française et remerciés par Jean-Richard Sulzer, membre du conseil national du FN, ne s’en cachent pas. C’est pour « éviter des heurts » que la LDJ s’est vue « dans l’obligation de sortir du rassemblement Jean-Luc Mélenchon (sic) », écrit-elle dans un communiqué, accolant son nom aux « terroristes palestiniens ayant du sang juif sur les mains ». Tout en estimant que la marche blanche n’était « pas une scène politique », ils disent avoir « assuré la protection physique » de Gilbert Collard, « grand défenseur de l’État juif ». Une alliance des extrêmes droites (voir ci-contre) qui a malheureusement poussé dehors un mouvement républicain, dont le fondateur a eu le mot juste après s’être isolé dans une rue parallèle. « Le sujet de la manifestation, ce n’est pas moi, a estimé Jean-Luc Mélenchon. Ce qui est important, c’est que le message passe, que chaque juif sache qu’il est sous la protection de la totalité de la communauté nationale, et que jamais nos réserves d’amour pour notre peuple ne s’épuiseront. »

(1) Retrouvez sur www.humanite.fr les témoignages d’anonymes et vidéos des heurts.

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La poutre dans l’oeil…

Posté par jacques LAUPIES le 30 mars 2018

Au niveau ou se situent les accusations cela n’a rien d’anodin et s’il s’avère qu’elles sont fondées le prestige de la France est engagé en vertu des principes vertueux dont se réclame la République. 

Bien entendu il y a ceux qui y croient et puis bien d’autres qui ne la voient pas si vertueuse que ça notre République. D’ailleurs on peut se poser la question si elle pourra l’être un jour.  

Un jour on fait un « tapage » extraordinaire sur le héros qui se sacrifie dans le cadre de sa mission pour protéger l’otage d’un terroriste, ce qui en tout cas ne peut qu’inspirer admiration et respect, le lendemain un Président de la République se voit renvoyé en correctionnelles pour corruption et par ailleurs mis en examen dans une affaire ou il est soupçonné d’avoir reçu des sommes exorbitantes d’un Dictateur, dont évidemment le témoignage fera défaut puisqu’il a été assassiné à l’issue d’une intervention militaire. 

Accordons lui comme le veut la loi la présomption d’innocence mais bon des dégâts collatéraux sont toujours à prévoir même si l’innocence est reconnue.

Mais reconnaissons qu’avec le cumul des affaires, notamment de fraudes fiscales, d’ex-ministres compromis dans de « petits » arrangement personnels avec les deniers de l’état, rien d’étonnant à ce que nous entendions ici ou là des citoyens convaincus du « tous pourris »

Quand ils ne tombent pas dans le panneau des divisions entre eux sous la houlette d’un pouvoir qui fait tout pour cela.

L’immigré, le chômeur soi disant fraudeur, le cheminot privilégié, le retraité nanti, tous ont bon dos.

Et pour le cas ou ces sentiments de « jalousie » viendraient à s’estomper voila qu’on vient leur rappeler qu’ils doivent se méfier des cosaques russes et des guerriers de l’empire du milieu.

Après la troisième diffusion de l’émission ouvertement anti Poutine sur trois chaînes différentes on peut s’interroger sur ce que nous prépare cette mise en condition de l’opinion.

Sans parler des gentillesses à l’égard de chinois, des coréens, des cubains et même de Trump, tout cela atteste d’une volonté de nous rendre les plus beaux. Comme le démontrent les affaires que j’évoquais au début de ce commentaire il y a un os dans cette démarche de notre bourgeoisie et de ses valets.

Bref c’est l’histoire de la poutre dans l’œil. 

Nicolas Sarkozy renvoyé en correctionnelle pour « corruption » et « trafic d’influence »

Lionel Venturini
Jeudi, 29 Mars, 2018
Humanite.fr
Avec l’affaire Bygmalion, les soupçons de financement libyen et l'affaire des écoutes, Nicolas Sarkozy est sous pression judiciaire. Photo : Georges Gobet/AFP

Avec l’affaire Bygmalion, les soupçons de financement libyen et l’affaire des écoutes, Nicolas Sarkozy est sous pression judiciaire. Photo : Georges Gobet/AFP

Après son renvoi dans l’affaire Bygmalion, c’est pour celle dite des écoutes que l’ancien président est renvoyé devant un tribunal, quelques jours seulement après sa mise en examen dans l’affaire libyenne.

Quelques jours après avoir été mis en examen dans l’affaire libyenne, pouvant déboucher sur un procès, voilà que l’ancien président de la République est quasi assuré de comparaitre en correctionnelle dans une affaire incidente, celle du soupçon de « corruption active » et « trafic d’influence actif » à la Cour de cassation. Selon le Monde, les juges d’instruction ont signé, jeudi 29 mars, la demande de renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris de l’ex-chef de l’Etat, aux côtés de son avocat et ami, Thierry Herzog, et d’un ancien haut magistrat, Gilbert Azibert, tous trois renvoyés pour des soupçons de corruption et de trafic d’influence. Soit des qualifications plutôt infamantes, s’agissant d’un ancien chef d’Etat… La décision découle du réquisitoire du Parquet national financier (PNF), en octobre 2017, lequel PNF assurait que l’enquête des juges avait « mis en évidence des charges lourdes et concordantes à l’encontre de MM. Azibert, Herzog et Sarkozy », pour le recours, notamment, à des lignes téléphoniques sous des noms d’emprunt.

Le fameux Paul Bismuth

L’affaire dite des écoutes est indirectement liée à l’enquête sur de possibles financements libyens de la campagne de 2007. Dans le cadre de cette enquête, les policiers placent l’ex-président sur écoute. Ils constatent fortuitement qu’avec son avocat Thierry Herzog, il tente d’obtenir des informations sur l’affaire Bettencourt alors en cours, par le biais de l’avocat général à la Cour de cassation Gilbert Azibert. Ces conversations entre l’avocat et son client se tiennent sur des lignes téléphoniques enregistrées sous de faux noms – le fameux Paul Bismuth, pour l’ex-président. Le 1er juillet 2014, Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog sont mis en examen pour «trafic d’influence», «corruption» et «recel de violation du secret professionnel». Nicolas Sarkozy, qui peut faire appel de la décision des juges, est déjà sous le coup d’une ordonnance de renvoi dans le dossier Bygmalion, pour « financement illégal de campagne électorale», cette fois celle de 2012. Trois procès le menacent donc à ce jour.

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Revenir à un autre essentiel : les luttes sociales

Posté par jacques LAUPIES le 29 mars 2018

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Hommage mérité mais non sans tentatives de récupération politique, bien sur !

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Au service de la France ?

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Des témoignage intéressants

Mais la question de fond est rarement abordée

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Les médias vont se consacrer pour quelques jours à la question du terrorisme. Difficile de dire quelles sont le intentions des uns et des autres  information; recherche d’audimat, instrumentalisation des évènements et des comportements des uns et des autres, règlement de compte politique, souci d’éducation des citoyens, etc.

Il n’empêche que  si le terrorisme tel qu’il se manifeste aujourd’hui a sa spécificité et obéit à un fanatisme politico religieux de type fascisant, il s’inscrit – nous ne cessons pas de le répéter – dans des  oppositions d’intérêts ayant pour fondement des contradictions de classe  à des niveaux divers  national, international  dans le cadre d’une mondialisation capitaliste.

Le terrorisme est une manifestation des affrontements  politiques qui eux-mêmes ont nécessairement à voir  précisément avec les affrontements de classe internes ou externes à chaque pays.

Il faut être naïf, imbécile pour accepter l’idée que le terrorisme est une fatalité sans véritable possibilité de l’éliminer. C’est pourtant ce qui se dégage des principaux débats auxquels. A moins que l’on soit  pénétré d’un parti pris en faveur de ceux qui persistent dans des attitudes s’inspirant de la politique de la canonnière dans leurs relations avec les nations qui ne se soumettent pas à leurs exigences économiques, industrielles ou commerciales. 

De telles pratiques (interventions militaires en Afrique et au moyen et proche orient, pressions et menaces) tant qu’elles ne se traduisent pas par des répliques sur le territoire de leurs auteurs – et ce n’est plus le cas dans la plupart des pays occidentaux – ne suscitent pas un questionnement véritable sur leurs causes et n’appellent pas les bonnes solutions !

Car il faut chercher les réponses dans la  transformation des rapports économiques et sociaux dans ces pays et, au risque d’être traité de doux rêveur, je ne vois de solutions que dans la disparition des influences libérales de droite et social libérale qui entretiennent un état de pauvreté, une paupérisation des classes dites moyennes au seul bénéfice des principaux coupables que sont les oligarchies financières et industrielles.

Le terreau du terrorisme n’est pas seulement dans les affrontement extérieurs à nos frontières. Pour preuve il implique des français soumis pour la plupart à une absence totale de reconnaissance.

C’est la raison pour laquelle la première des actions pour le combattre passe par le renforcement et le succès des luttes sociales qui pointent le nez ! Autrement dit si la jeunesse ne revient pas à cet essentiel un triste avenir l’attend et cela ne vaut pas que dans l’éradication de l’islamisme.

 

Les campagnes médiatiques tendant à attiser diverses stigmatisations d’autres nations : Russie, Chine et la présentation  partisane des mouvements progressistes dans le monde (notamment en Amérique du Sud sont de bien mauvaise augure ! 

L’acharnement contre Poutine sur les chaînes publiques et privées – même si sa  politique intérieure est discutable – est préoccupante et significative d’une agressivité du libéralisme occidental !

 

Syndicalisme. « Un large mouvement social de contestation peut avoir lieu »

 

Entretien réalisé par Marion d’Allard et Clotilde Mathieu
Mercredi, 28 Mars, 2018
L’Humanité
Pour Philippe Martinez, «	le 22/mars a constitué une journée de très forte mobilisation, plus importante par exemple que le 10/octobre dernier	». Nicolas Cleuet<br /><br /><br /><br /><br />

Pour Philippe Martinez, « le 22/mars a constitué une journée de très forte mobilisation, plus importante par exemple que le 10/octobre dernier ». Nicolas Cleuet
 

La journée d’action interprofessionnelle du 19 avril proposée par la CGT répond à une demande des salariés de faire converger les mobilisations à partir de leurs revendications, explique son secrétaire général, Philippe Martinez. Entretien.

Depuis jeudi dernier, une campagne médiatique vise à démontrer que les grèves seraient très marginales, notamment dans la fonction publique. La une du Parisien-Aujourd’hui en France, au lendemain du 22 mars, titrait par exemple : « Ça ne prend pas »…

Philippe Martinez C’est de l’intox. Regardez chez les cheminots. Le 22 mars n’était pas une journée de grève, et pourtant, 35 % d’entre eux ont cessé le travail. À Bercy, au ministère des Finances, le taux de grévistes était de 35 %. Dans les hôpitaux, c’est plus compliqué. Du fait du manque d’effectifs, les agents n’ont pas d’autre choix que de rester s’occuper des patients les jours de grève. Mais qui ne peut pas voir le mécontentement des personnels de santé ? Dans les Ehpad, c’est également le cas. Dans les mairies, le nombre de grévistes était important là où la CGT est implantée. Nous considérons que le 22 mars a constitué une journée de très forte mobilisation, plus importante par exemple que le 10 octobre dernier, et ce malgré une intersyndicale moins large dans la fonction publique. C’est la réalité. Le reste est une bataille de communication.

La CGT a appelé dès le 22 mars au soir à une nouvelle journée d’action interprofessionnelle le 19 avril prochain. Pourquoi une telle initiative ?

Philippe Martinez Depuis le mois de janvier, l’idée d’une journée d’action interprofessionnelle était dans les tuyaux. La réussite du 22 mars, à laquelle s’ajoute une multitude de mobilisations chez Air France, dans le secteur de l’énergie, dans les grosses entreprises de la métallurgie, à l’image de Ford, ou encore dans la distribution comme chez Carrefour ou chez Pimkie, nécessite une convergence. Les salariés la demandent. D’autant que les mobilisations ont démarré bien avant le 22, avec celles des Ehpad et des retraités. De mémoire, cela fait très longtemps qu’on n’avait pas vu autant de retraités dans la rue que le 15 mars. Les mouvements dans la fonction publique pénitentiaire, ou encore à La Poste, dont on ne parle pas beaucoup, en témoignent aussi. J’étais vendredi dernier à Rennes, les postiers du bureau de Crimée en étaient à leur 74e jour de grève. Des cas similaires ont eu lieu dans l’Aveyron, à Tarbes… Il y a beaucoup de luttes. Et le 19 avril sera donc une journée d’action interprofessionnelle.

L’automne dernier, ce type de mobilisation n’a pourtant pas été très suivi…

Philippe Martinez On a analysé les deux mouvements de 2016 et 2017. Ces derniers ne concernaient que le Code du travail, ce qui n’a pas permis de mobiliser largement les fonctionnaires. Or les agents de la fonction publique se battent pour leurs emplois, leurs salaires, leurs statuts. Il faut partir des réalités du monde du travail. Et, plutôt que de globaliser et de donner un mot d’ordre, nous proposons à tous de se mobiliser sur la base de leurs propres revendications pour qu’ils agissent ensemble en même temps. C’est la grande différence. Des débats existent dans la CGT et au-delà, mais c’est en tout cas ce que les salariés demandent. C’est un peu nouveau. Aujourd’hui, nous devons faire du cousu main. En 1968, c’est parti comme cela. Il n’y a pas eu d’appel général à la grève, mais un enchaînement de mobilisations qui ont convergé. Le patronat avait le même discours qu’aujourd’hui, or des avancées sociales énormes se sont produites pour le monde du travail.

La CGT ne risque-t-elle pas de se trouver isolée en agissant en dehors de toute intersyndicale ?

Philippe Martinez Nous avons sollicité les autres confédérations. La CFDT, la CFTC, la CFE-CGC, l’Unsa et FO ont décliné notre rendez-vous. Nous assumons donc nos responsabilités. Et, d’après ce que je lis ou j’entends, les quatre autres organisations représentatives ne sont pas prêtes à se mobiliser. La CFDT est absente de toutes les intersyndicales, sauf cas exceptionnel, comme chez les cheminots. Pour FO, c’est différent. À un mois de son congrès, il est aujourd’hui difficile de discuter avec la confédération. Mais ses syndiqués sont cependant présents dans les mobilisations, que ce soit dans les professions ou dans les territoires.

N’avez-vous pas peur d’irriter les autres syndicats de la fonction publique ou de cheminots, alors que les uns se sont réunis hier et que les autres ont leur propre calendrier ?

Philippe Martinez Ce débat a déjà eu lieu entre la fonction publique et les cheminots, lors de la préparation de la journée du 22 mars. Cela s’est très bien passé, il n’y a eu aucune confusion et chacun a pu mettre en avant ses problématiques.

Concernant les cheminots, cette grève de deux jours sur cinq sur trois mois provoque de fortes réactions de la part de la direction de la SNCF et du gouvernement, moins chez les usagers. Elle a par ailleurs suscité des échos très positifs parmi les cheminots. Est-ce cela, le « cousu main »  ?

Philippe Martinez Cette forme de lutte à échéance régulière, que l’on connaît déjà par exemple dans l’énergie ou chez Air France, est inédite chez les cheminots. Cela montre la détermination de la profession, tout en permettant à toutes les catégories de personnels de s’inscrire dans le mouvement. Certains peuvent « choisir leur date ». Je pense à l’encadrement très en colère mais qui, vu les pressions qui s’exercent de la part de la direction, n’a pas toujours la faculté de participer à un mouvement. Cela permet également de garder le contact avec les usagers et de pouvoir faire le point régulièrement avec eux. Nous sommes censés les voir trois jours sur cinq. Dans le passé, le gouvernement et la direction de la SNCF ont joué sur cette opposition entre usagers et grévistes dans les services publics, mais là on atteint les sommets en termes de mensonges, d’insultes. Le PDG de la SNCF a tout de même parlé de « sabotage ». Or, depuis le début du mouvement, les expériences montrent que le contact avec les usagers est intéressant. Je me suis déplacé à Gap, mais aussi à Nice. J’ai passé trois heures à la gare, nous avons distribué 2 500 tracts. L’accueil est bon. On parle du changement de statut de l’entreprise et des problèmes des usagers car, contrairement à ce qui est dit, le statut des cheminots n’est pas la cause des problèmes de la SNCF.

Après plusieurs réformes (assurance-chômage, formation professionnelle, ordonnances de la loi travail…), les syndicats sont mis sur la touche. Allez-vous changer de méthode et quitter la table des concertations, comme l’a laissé entendre le secrétaire général de la CGT cheminots, Laurent Brun ?

Philippe Martinez Ce sont évidemment les cheminots qui vont étudier la question, mais on s’interroge à tous les niveaux de la CGT sur l’intérêt de jouer les faire-valoir, les potiches d’une concertation et d’un dialogue social qui n’en sont pas. L’exemple le plus frappant est celui de la formation professionnelle, pour laquelle une négociation a eu lieu entre le patronat et les syndicats, mais, comme cela ne plaisait pas à l’exécutif, le gouvernement a au final fait ce qu’il a voulu. C’est symbolique d’un gouvernement qui fait de la communication. On peut aussi énumérer les réunions de « concertation ». L’expérience montre que, lorsque le gouvernement fait une annonce, des réunions peuvent s’ajouter au calendrier pour refuser finalement de discuter des problématiques qui ne l’intéressent pas. On veut nous cantonner dans le club des « contestataires », mais, dès que nous faisons des propositions, le gouvernement les met sous la table. C’est pour cela qu’on s’interroge sur l’intérêt de participer à ces réunions. Et il faut essayer, lorsqu’il existe des cadres intersyndicaux, de le faire avec tout le monde, comme cela a été le cas dans la fonction publique.

L’évacuation des grévistes de l’université de Montpellier, avec la complicité du doyen de la faculté de droit, ou encore la mise sous tutelle de l’université Jean-Jaurès à Toulouse ne révèlent-elles pas une tentative de vouloir faire taire toute réaction de la jeunesse ?

Philippe Martinez Il y a la volonté de faire taire tout le monde. Ce qui s’est passé à Montpellier ou à Toulouse est gravissime. C’est la remise en cause du droit des étudiants de se réunir en assemblée générale et de décider librement de leurs actions. Loin d’être des mouvements marginaux comme on peut le lire ou l’entendre, il s’agit de mobilisations massives. 2 000 ou 3 000 étudiants réunis, c’est un mouvement important. L’intervention des autorités, tout comme l’intimidation et la violence des groupuscules d’extrême droite, participe de la répression du mouvement.

Des élus ou des responsables politiques d’extrême droite s’invitent dans les manifestations syndicales. Le vote FN est présent chez les salariés. La CGT poursuit-elle son travail de pédagogie contre les dangers de cette idéologie ?

Philippe Martinez Oui, il y a besoin de décrypter le discours du Front national. Celui-ci, qui peut paraître sympathique pour de nombreux salariés, repose en réalité sur des bases racistes consistant à faire peser les problèmes des uns sur les autres, les étrangers qui vivent la même réalité. En dehors de son discours de façade pour s’adresser aux salariés, le FN a en matière économique et sociale des propositions profondément libérales. Sur la question de la suppression des cotisations patronales par exemple, c’est le même discours que celui du Medef. On ne peut pas dire, d’un côté, qu’on est favorable à la retraite à 60 ans et, de l’autre, vouloir la suppression des cotisations sociales. Sans cotisations, pas de protection sociale. Pour poursuivre son travail d’information, la CGT organisera prochainement dans le Gard un festival à ce sujet, et elle continuera de tenir des initiatives dans les territoires où le FN est bien implanté. Sur la présence de l’extrême droite dans les manifestations, on l’a vu encore le 15 mars dans le Nord, les élus FN sont venus provoquer les participants, et c’est finalement trois de nos camarades qui ont été placés en garde à vue.

Du côté opposé de l’échiquier politique, Jean-Luc Mélenchon propose d’organiser des marches le week-end, Benoît Hamon veut faire le tour des petites gares, et le PCF cherche à sensibiliser les usagers sur les dangers de la réforme ferroviaire. Le 22 mars, toute la gauche était présente au défilé. Comment percevez-vous ces initiatives politiques ?

Philippe Martinez Les soutiens sont toujours les bienvenus. Même le Parti socialiste était présent, mais nous n’avons pas la mémoire courte. Concernant la SNCF, le gouvernement précédent a d’ailleurs œuvré en acceptant l’ouverture à la concurrence. Gouvernement auquel appartenait Emmanuel Macron. Ils ont un passif. Le dialogue avec les usagers et les élus est bon à prendre. Quant à la temporalité des manifestations, même si nous n’écartons aucune mobilisation, nous savons aussi que beaucoup de salariés souhaitent agir par la grève. Vouloir le faire le samedi et le dimanche ne concerne qu’un petit nombre d’entre eux. Laissons pour l’instant les organisations syndicales gérer le calendrier des mobilisations sociales, et nous verrons plus tard s’il est opportun de décider de se mobiliser le week-end.

À l’aube du 50e anniversaire de Mai 68, pensez-vous qu’un grand mouvement social peut, non seulement exister, mais être populaire ?

Philippe Martinez Il est évident qu’un large mouvement social de contestation peut avoir lieu. Pour autant, les réalités du monde du travail sont différentes aujourd’hui. Des intérimaires, des contractuels, il n’y en avait pas beaucoup en 1968. Dans les entreprises, tous les salariés, quasiment, avaient le même statut. Nous devons travailler à élargir le mouvement dans les réalités du monde actuel. La question qui nous est désormais posée, aux syndicats mais également aux forces politiques, c’est de rassembler une majorité de mécontents et de montrer qu’il existe une alternative aux projets gouvernementaux. Nous travaillons, à notre niveau, à une alternative sociale, entre autres en proposant une réduction du temps de travail. En 1968, même si la droite a remporté les élections qui ont suivi, il y avait une véritable effervescence d’idées. Et l’existence d’une alternative, qu’elle soit sociale ou politique, joue sur la capacité de mobilisation. Si les salariés ne la perçoivent pas, cela peut avoir des traductions politiques profitables à des forces comme le FN.

Chez air france, les salariés unis haussent le ton

Onze syndicats de la compagnie aérienne, réunis en intersyndicale, ont lancé pour le 30 mars et les 3 et 7 avril un appel à la grève. Une nouvelle salve de mobilisations qui s’ajoute aux journées d’action des 22 février et 23 mars. Les salariés réclament une « augmentation générale des salaires de 6 % pour rattraper l’inflation », alors que la grille n’a pas été réévaluée depuis 2011. Face à une direction qui « campe sur ses positions » en faveur d’une augmentation de seulement 1 % et « cherche la division », les syndicats entendent « durcir le rythme des mouvements ». Signe de convergence, les cheminots débutent aussi leur grève le 3 avril.

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Le terrorisme qui nous frappe a pour origine des terrorismes que l’on pourrait qualifier d’économique, de social, de culturel, de colonial

Posté par jacques LAUPIES le 28 mars 2018

Le terrorisme qui nous frappe a pour origine des terrorismes que l'on pourrait qualifier d'économique, de social, de culturel, de colonial dans POLITIQUE Charles_Bell_-_Jan_van_Riebeeck_se_aankoms_aan_die_Kaap

Arrivée de Jan van Riebeeck au Cap

Ci dessous  un bel article qu’il faut lire et faire lire

Quand on n’a pas le talent du Directeur de l’Humanité pour dire en peu de mots, si clairement, ce que l’on pense du terrorisme, on peut pour le moins diffuser son article.

Même s’il est déjà présent sur le site de l’Humanité !

Je suis convaincu que parmi les centaines de visites quotidiennes beaucoup, parmi ceux qui me font l’honneur de cliquer sur mon blog,  par manque de temps, de conviction ou simplement de moyens n’achètent pas ce journal. D’autres n’ont pas le réflexe d’aller sur le site : humanite.fr.

L’Humanité est un des rares quotidiens à approfondir les grands problèmes de notre société, à en donner les causes et suggérer des solutions. Je rencontre assez de parents, d’amis, de voisins pour affirmer que le danger est grand de ne voir s’imposer que des visions sommaires, voire fausses et mensongères, qu’imposent les médias, surtout dans une information courte, quotidienne,  dont cependant la brièveté frappe, à force, les esprits.

Trop souvent l’information se transforme en propagande. Et paradoxalement un journal engagé comme l’Humanité devient porteur d’éducation populaire alors que tant de mauvais génies lui prêtent les défauts de la propagande.

L’exemple de la façon dont il aborde ce terrorisme le plus abject qui soit en est la preuve.

Non pas en en stigmatisant uniquement les auteurs des attentats fussent ils des fous de Dieu, mais en expliquent ce qui est à l’origine de leur inexcusable attitude criminelle. Un retour sur l’histoire est évidemment nécessaire et permet de dévoiler un autre terrorisme : celui des colonisateurs et de tous ceux qui ont suivi et suivent encore la voie de l’utilisation de la force depuis le recours à l’esclavage jusqu’à la spoliation des peuples. Certes non sans la complicité des classes dominantes des pays concernés ou se sont instaurées la corruption et des formes de banditismes d’état.

Pour moi les honneurs rendues aux victimes, s’ils sont justifiés, ne doivent pas nous faire oublier que ces  victimes sont celles de gouvernements et de leurs chefs qui,  au fil des années, servent des intérêts privés de classes exploiteuses, de cartels, de multinationales. Occidentaux essentiellement, leur liste est facile à établir d’autant que l’utilisation du mensonge d’état, de la manipulation électorale et parlementaire les révèlent tôt ou tard, malheureusement souvent quand ils ont déjà fait leurs mauvais coups.

Chacun défendant sa boutique nationale, ce sont les couches populaires qui trinquent  civils et soldats, femmes et enfants, jeunes et vieux, qu’importe pourvu que les affaires marchent !

Quand cela finira-t-il ? Sans doute quand le parti de l’amour et de la solidarité l’emportera sur celui de la haine et de la cupidité. Mais pour cela il faut penser, combattre, se rassembler, changer les rapports d’exploitation en rapports de coopération, accepter le partage…

 

Terrorisme : Combattre et assumer la complexité

Mardi, 27 Mars, 2018
Humanite.fr
Les meilleures affiches du concours sur l’égalité homme-femme/Pinterest.

Les meilleures affiches du concours sur l’égalité homme-femme/Pinterest.

Par Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité, député au Parlement européen, vice-président du groupe de la Gauche Unitaire Européenne/Gauche Verte Nordique (GUE/NGL).

Devant le drame de Trèbes et l’altruisme héroïque et bouleversant du lieutenant-colonel de la gendarmerie Arnaud Beltrame qui a sacrifié sa vie pour en sauver une autre, la France entière se recueille, refusant de s’habituer à l’horreur même quand celle-ci vient se manifester dans la banalité du quotidien d’un supermarché d’une petite ville éloignée de la capitale. Ne pas s’habituer à l’horreur c’est d’abord communier entre citoyens, manifester sa peine comme son indignation. La réaction solidaire de tous les cultes est à cet égard une bonne chose pour le pays. C’est aussi chercher à comprendre et donc permettre de lutter contre la gangrène fanatique et ses terribles conséquences.
 
Pourtant, dès qu’un attentat terroriste survient pullulent les bonimenteurs qui viennent partout clamer qu’ils ont « la » solution pour éradiquer ce fléau. Et cette solution, comme à chaque fois, emprunte le sentier de la démagogie pour détériorer l’état de droit et faire progresser l’arbitraire. 
La décence minimale, l’honnêteté intellectuelle la plus élémentaire commande d’affronter la complexité d’une menace lourde pour notre pays et nos concitoyens mais aussi pour des dizaines de peuples au premier rang desquels les peuples du Proche et Moyen-Orient. Cette complexité devrait interdire d’affirmer qu’une seule solution, comme toujours d’ordre sécuritaire, permettrait de mettre à bas la menace terroriste.
Ces postures de facilité ne sont au fond qu’impostures. Nous voulons affronter la complexité et soulever quatre grandes questions.
 
Les enjeux de sécurité publique
Elles sont essentielles et premières pour garantir la sureté de tous nos concitoyens. En matière de sécurité comme en toute chose, l’efficacité est le contraire de l’agitation. Cette agitation verbale dont nous rabat les oreilles l’extrême droite et la droite en perdition. 
Des progrès importants ont été réalisés pour pister et cerner les potentiels terroristes dont le nombre a cru au fur et à mesure que Daesh reculait sous les coups de la coalition. Mais enfermer tous les fichés S comme le proposent de concert M. Wauquiez et Mme le Pen, c’est court-circuiter les processus qui permettent aux forces de l’ordre et aux services de renseignements de remonter des filières et donc de nous prémunir de nouveaux attentats. C’est donc mettre en danger de nouvelles vies humaines ! La sécurité est une affaire de professionnels et de technique qu’il convient de ne pas parasiter par des polémiques stériles. La coordination entre pays européens et pays tiers a fait des progrès mais demande encore et toujours à être approfondie. Il faut enfin débloquer des moyens financiers et surtout humains pour assurer une surveillance au plus près des personnes repérées, les empêcher de nuire et remonter aux donneurs d’ordre.
 
La  géopolitique
Les guerres semées par les interventions militaires occidentales depuis trente ans, le chaos qui en résulte et les centaines de milliers de morts, le choc des civilisations mijoté par des cabinets noirs, est une cause essentielle de l’émergence et de la propagation du terrorisme islamiste.
La honte ne semble pas atteindre Manuel Valls qui, surenchérissant sur la droite et l’extrême droite, affirme vouloir « interdire le salafisme », alors qu’en tant que premier ministre il a fait la promotion permanente et sans nuances des pays qui le font prospérer, au premier rang desquels l’Arabie Saoudite. 
Croit-il par ailleurs que c’est par une interdiction que le combat contre l’obscurantisme peut être gagné ? Faut-il abandonner en rase campagne le combat politique pour se réfugier derrière la censure d’une idéologie, aussi détestable soit-elle ? Quel précédent cela créerait-il dans un pays qui se réclame encore de la liberté ?
La France doit repenser son rapport au monde arabe, repenser la nature de ses alliances pour faire avancer les logiques de paix et non les seules logiques commerciales. Le dialogue avec les monarchies théocratiques qui inspirent et financent la mafia terroriste d’une main, et garantissent les intérêts du marché capitaliste dans sa forme la plus sauvage de l’autre, doit s’engager sur de nouvelles bases. 
Ce n’est pas en fermant les yeux sur les massacres de masse, au Yémen ou en Syrie, ou sur l’épuration ethnique des kurdes par la Turquie d’Erdogan que la France jugulera la menace terroriste. Au contraire, elle laisse ainsi le terreau fertiliser. 
 
La question idéologique
Face au « choc de modernité » de ces dernières décennies s’affirment partout, en Europe comme dans le monde arabo-musulman, des réflexes réactionnaires, la négation des idées de progrès et universalistes, jusqu’aux possibilités de vivre ensemble, quel que soit son culte ou son origine, dans la liberté et l’égalité.
Face à l’échec des dirigeants nationalistes arabes corrompus et autoritaires s’affirme dans le monde arabe une idéologie politico-religieuse qui prend appui sur les pertes de repères sociaux et la pauvreté. L’atonie des mouvements sociaux, ou de l’arc en ciel progressistes souvent réduits au silence, a laissé dans de nombreux pays le champ libre à des idéologies réactionnaires qui ont justifié une forme de violence politique et sociale et qui cherche à s’immiscer dans les consciences de jeunes européens, jusque dans nos quartiers populaires.
Il faut urgemment avancer un projet politique neuf, qui ne peut reposer que sur une visée de progrès social général, en faisant la promotion partout et tous le temps des libertés individuelles et collectives, de l’égalité sociale et politique et de la possibilité d’une fraternité humaine. Il faut également remettre l’ouvrage sur le métier sur la grande et fondamentale question de la laïcité. Ce combat d’ordre idéologique ne pourra se mener qu’à la condition de prendre appui sur des progrès réels et matériels pour l’ensemble de la population. Il est en somme corrélé et conditionné par le combat social. 
 
La question sociale
Les processus de radicalisation sont complexes mais les profils des assassins se ressemblent trop pour ne pas interroger ce terreau originel commun de la petite délinquance, du larcin et de l’usage répété de stupéfiants, quand ce n’est de son commerce, cette vie appauvrie par la subsistance quotidienne, le désert social et la relégation à partir desquels s’exacerbent les démons identitaires.
Comment une infime partie de cette vaste jeunesse française laissée à l’écart de la République et de la vie sociale peut-elle tomber avec une facilité déconcertante dans les mailles du filet djihadiste, succomber à la haine de son pays et sombrer dans l’idéologie de mort, jusqu’à mourir elle-même ? Voilà qui devrait nous interroger. Une urgence nationale devrait être décrétée pour l’égalité sociale et politique, des moyens dégagés pour l’éducation et la culture, les loisirs et le sport, le logement et l’emploi, dans les quartiers aujourd’hui laissés à l’abandon, afin de cesser de faire mentir la promesse républicaine de liberté, d’égalité et de fraternité. Là où progresse la République sociale, pourra reculer l’obscurantisme.
 
C’est en affrontant chacun de ces enjeux avec patience et sérieux, en conservant nos principes et notre unité, sans céder aux sirènes hurlantes de la démagogie et de la division, que nous pourrons prétendre mener un combat sérieux contre le terrorisme.  
Retenons pour finir la force de ces mots de la mère d’Arnaud Beltrame, incroyable de pudeur et de dignité, qui, à la question « comment rendre hommage à son fils ? », répond : « En étant davantage citoyen, faire le bien autour de soi, ne pas avoir peur, continuer de vivre, apprécier la vie, aimer la vie, s’émerveiller devant une fleur qui s’ouvre, devant la mer, la montagne ». 
La résistance de l’esprit, la force des principes de justice et de droit construits à travers les épreuves de l’histoire, et la capacité d’émerveillement, toujours, devant la beauté du monde sont  les manifestations de tout ce qu’abjurent les assassins et sûrement les armes les plus puissantes pour les réduire au silence. 
 dans POLITIQUE
Directeur de l’Humanité

 

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Sectaire ou imbécile surement pas responsable politique ce Poussier

Posté par jacques LAUPIES le 27 mars 2018

Pas trop envie de commenter les propos de ce Stéphane  Poussier, ex candidat de la FI qui s’est félicité de la mort du Lieutenant Colonel Arnaud Beltrame et qui se verrait essuyer une plainte de ce parti pour apologie du terrorisme.

Etre à ce point ahuri pour s’en prendre à un militaire qui s’est particulièrement distingué dans l’exercice  de sa mission, dénote une confusion grave, quoique l’on puisse penser des actes ou de la pensée de l’homme, entre le pouvoir politique et les fonctionnaires qui sont chargés d’exécuter.

Vaste débat qui n’est pas encore clos mais, et c’est le moins que l’on puisse dire en l’occurrence, ce n’était ni le lieu, ni le moment, pour le lancer.

Nous l’avons déjà dit quand un citoyen  est assassiné, quand un soldat meurt au combat ou dans une mission quelconque il faut voir plus loin. Du côté des chefs d’Etat et des puissances économiques qui les ont portés au pouvoir. Car des responsables-coupables il y en a toujours…

Sans cela bien difficile de mobiliser les peuples pour la Paix !

 

Hommages multiples au courage d’Arnaud Beltrame

 

Lundi, 26 Mars, 2018
L’Humanité
Photo AFP.

Photo AFP.

Les témoignages de solidarité affluent pour saluer la mémoire de l’officier de gendarmerie qui s’est sacrifié en prenant la place d’une otage.

Les bouquets de roses, innombrables, s’alignent sur la grille d’entrée de la caserne du groupement de gendarmerie de l’Aude. Sur l’un d’eux, un simple message manuscrit : « Merci ». Un petit mot qui, à lui seul, résume le sentiment de gratitude et l’émotion qui accompagnent la mort d’Arnaud Beltrame. L’acte de bravoure du gendarme de 44 ans, qui s’est substitué vendredi à la dernière otage de Radouane Lakdim, fera l’objet d’un « hommage national », rendu vraisemblablement en fin de semaine. Et le président Emmanuel Macron, qui a salué un homme « tombé en héros », prononcera son éloge funèbre depuis la cour des Invalides.

Ce grand sportif était « investi par sa mission »

Au-delà des honneurs officiels, le sacrifice du lieutenant-colonel a continué de susciter, hier, des élans de solidarité dans toute la France. Fleurs, petits mots, dessins, appels téléphoniques… de nombreuses gendarmeries ont reçu des hommages auxquels elles ne s’attendaient pas. « On nous offre rarement des fleurs. Ça réchauffe le cœur », témoigne un gendarme des Côtes-d’Armor. En Ardèche, la petite commune de Plats, pourtant sans lien avec la victime, a d’ores et déjà annoncé qu’elle allait attribuer le nom d’une de ses rues à Arnaud Beltrame, en espérant que « cela donne des idées à d’autres villes, et même à de très grandes villes ».

Les proches du défunt le répètent : le geste de courage d’Arnaud Beltrame, à la carrière militaire brillante, avait tout de l’évidence. Major à Coëtquidan et à l’École des officiers de la gendarmerie nationale, parachutiste au GIGN, envoyé en Irak, décoré de la croix de la valeur militaire, ce grand sportif était « investi par sa mission », « au service des autres », avec un « grand sens du sacrifice ». « Il me disait : ‘‘Je fais mon travail, maman, c’est tout’’, a confié sa mère. Ça ne m’étonne pas de lui (…) Il a toujours été comme ça. » Il n’a donc pas hésité, après des négociations, à proposer de prendre la place de la femme derrière laquelle Radouane Lakdim, retranché dans le Super U, se protégeait. Arnaud Beltrame prendra trois balles et décédera à l’hôpital.

Sans enfant, il s’était marié civilement il y a quelques mois avec une vétérinaire de la réserve africaine de Sigean. C’était pour se rapprocher d’elle qu’Arnaud Beltrame avait obtenu sa mutation dans l’Aude, le 1er août dernier, comme numéro trois du groupement de gendarmerie départementale. L. M.

Sectaire ou imbécile surement pas responsable politique ce Poussier dans POLITIQUE
Chef de la rubrique société
Et maintenant si on se préoccupait du soutien aux cheminots…

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