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L’objectivité journalistique existe-t-elle ?

Posté par jacques LAUPIES le 4 mars 2018

 

Rédigé le 26112010

J’ai maintes fois évoqué dans mes blogs ce que je pensais de la mission du journaliste. Cela tient en deux mots pour moi  : informer et commenter. La formule est célèbre : les faits sont sacrés, les commentaires sont libres. Cela bien évidemment ne règle pas tous les aspects de la profession. Il y a des journalistes qui dépendent d’une presse engagée laquelle a une ligne rédactionnelle conforme à  des objectifs de différente nature, d’autres qui croient appartenir à une presse totalement indépendante des courants de pensée et sont censées dépendre d’une ligne ouverte à toutes opinions.

Mais les uns et les autres n’ont pas à « tricher » avec les faits car il y a un grave danger à les déformer ou à les ignorer. Pas plus qu’ils ne devraient ignorer le contexte dans lequel ils interviennent. Cela exige nécessairement une compétence sur le plan économique, historique pour laquelle il faut faire appel à des « spécialistes » d’opinions divergentes et contradictoires autant que faire se peut. 

Ainsi le lecteur va dépendre de tous ces éléments pour se faire une opinion, conforter ou remettre en cause la sienne.

A priori rappeler cela est un peu superflu. Cela parait évident mais cependant est très  souvent complètement oublié dans une “certaine presse” laquelle, pour diverses raisons (souvent économiques), ne va pas s’informer aux sources de l’évènement. Elle se laisse aller à aménager celui-ci en fonction de présupposés, de recherche de sensationnel quand ce n’est pas une simple pratique ostentatoire. Comment dans un tel métier ne pas échapper au prosélytisme ?

Parfois même, c’est le cas dans la presse d’opinion, cette dernière attitude est quasiment obligatoire. Cependant si cette presse se fait reconnaitre comme telle, chacun sait à quoi s’en tenir de ses commentaires.

Même au niveau des faits des choix sont souvent réalisés qui faussent au départ l’analyse que fera le lecteur ou le télespectateur. Omission de certains aspects essentiels, insistance sur d’autres, images et textes à l’appui. Bref grande est la possibilités de tricherie.

La méfiance des lecteurs est donc indispensable mais ils sont nécessairement sensibles, comme l’on dit au sujet de la rumeur, qu’il n’ y a pas de fumée sans feu. Peu importe d’ailleurs la nature du feu, bien des fumées suffisent et elles intoxiquent.

Alors comme dans toutes les professions il y a ce qui font bien et ceux qui font moins bien. Comme ce métier est indispensable à la vie démocratique d’une société il faut faire avec ! Sans doute mais à l’heure d’internet plus nombreux sont ceux qui peuvent exiger plus de rigueur de ces hommes et ces femmes qui choisissent de nous informer et prétendent, au mieux, nous donner des élément d’éducation de culture.

Ecrire ne doit pas être l’affaire des seuls professionnels car il n’y a que la multitude d’expressions qui rappellera à chacun ses devoirs à l’égard de la société. C’est bien ce qui inquiète nos “élites intellectuelles” Alors svp ne fermons pas nos bouches !

L’objectivité est rare dans les médias  ! Car les médias vivent dans des conflits de classe permanents au sein duquel tous les coups sont permis : le mensonge, le complot, la violence, de la part de ceux qui les dominent.

Quant aux journalistes ils sont souvent les instruments d’une machine qui fixe les règles du jeu dont ils n’ont pas la maitrise et sont pris dans son engrenage.

 

Élysée. Pour gouverner heureux, Emmanuel Macron gouverne caché

 

Lionel Venturini
Lundi, 5 Mars, 2018
L’Humanité
À l’ère de l’open data, Emmnuel Macron qui voulait faire de la France une « start-up nation » se coule tout doucement dans les habits usés de ses prédécesseurs, dès lors qu’il s’agit de démoc ratie. Denis Allard/REA<br /><br />

À l’ère de l’open data, Emmnuel Macron qui voulait faire de la France une « start-up nation » se coule tout doucement dans les habits usés de ses prédécesseurs, dès lors qu’il s’agit de démoc ratie. Denis Allard/REA
 

Les ordonnances, la voie choisie par le président pour réformer sans débat, comme pour la SNCF, ne sont pas seulement un excès d’autorité : préparées dans le secret, elles posent une question démocratique, quand il s’agit de modifications profondes du pays.

Gouverner sans débat public par ordonnances, « les gens le prennent très mal », assurait le candidat Macron en 2016. Voilà que, après celles qu’il a prises sitôt arrivé à l’Élysée, le chef de l’État veut désormais s’attaquer à la SNCF par le même procédé. La voie choisie par le président pour réformer sans débat n’est pas seulement un excès d’autorité ; préparées dans le secret – rien n’oblige à en divulguer le contenu précis avant présentation en Conseil des ministres –, les ordonnances posent une question démocratique, quand il s’agit de modifications profondes du pays. De ce « secret des délibérations du gouvernement » permis par la Constitution s’agissant des ordonnances, Emmanuel Macron tire profit pour tenter d’anesthésier le mouvement social. Devant un sujet explosif, il est préférable pour lui que le débat ne s’éternise pas trop longtemps devant le Parlement. Analyse.

Pour gouverner heureux, faut-il gouverner caché ? Le recours aux ordonnances annoncé pour la réforme de la SNCF par le gouvernement Philippe, outre que cela ne faisait pas partie du programme du candidat, a un charme discret : la procédure permet au gouvernement de travailler dans le secret, de jouer de l’effet de surprise, en contournant l’inconvénient d’un débat public. Cité par l’Opinion, le président du groupe centriste du Sénat, Hervé Marseille, confirme, à propos de la révision constitutionnelle, que le secret est la chose la mieux partagée au gouvernement ; des échanges avec les parlementaires, « il n’existe aucun écrit. Cela permet à Emmanuel Macron de ne s’engager sur rien. Il pourra nier si on lui reproche de ne pas tenir ses engagements ».

Le moyen pratique de faire passer des réformes impopulaires

Même sur un sujet aussi consensuel en apparence que le « dialogue environnemental », né de drames comme la mort du jeune militant associatif Rémi Fraisse et des controverses suscitées par de grands travaux ou aménagements, le jeune ministre Macron, sitôt arrivé à Bercy en 2015, procède… par ordonnances. Elles ont été ratifiées par le Sénat seulement cet hiver. Privilégier le déminage en amont lors de grands projets d’aéroports ou de barrages, qui s’y opposerait ? Sauf que le diable se niche dans les seuils retenus : pour que la Commission nationale du débat public (CNDP) intervienne pour informer les citoyens, il faudra au moins 10 000 citoyens rassemblés dans le respect de certains délais, 500 000 pétitionnaires pour faire d’un projet local une question nationale, ou 60 parlementaires le demandant. Dissuasif.

Pour comprendre l’avantage qu’il y a pour un gouvernement à légiférer par ordonnances, il faut entrer, en simplifiant, dans les arcanes. Le recours aux ordonnances pour des réformes profondes a désormais pris une place stratégique, parmi l’arsenal à disposition dans la Constitution. À de rares exceptions, comme pour l’ordonnance sur le droit des contrats à l’automne dernier, le gouvernement peut faire quelques concessions à l’opposition, en l’occurrence la droite sénatoriale. Une ordonnance est plutôt une loi entièrement préparée et pilotée par le gouvernement, sans députés ni sénateurs. Pour beaucoup, elles sont prises pour une raison pratique : c’est le moyen de transposer en droit français des directives européennes sans se faire condamner pour retard par exemple par la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE). C’est aussi LE moyen de faire passer des réformes impopulaires, sans braquer le Parlement, comme avec l’article 49-3 de la Constitution. Une ordonnance, juridiquement, a un statut exorbitant ; pas besoin de rapport, ni d’avis parlementaire préalable – les parlementaires ne peuvent exiger d’en connaître les détails, ni de les modifier. Pas d’obligation de tableau comparatif avant-après l’état du droit. Rien non plus n’oblige le gouvernement à rendre public l’avis du Conseil d’État sur le projet de loi d’habilitation qui précède obligatoirement l’ordonnance. Lequel projet ne donne de toute façon que les très grandes lignes de la future ordonnance. La ratification finale, longtemps après, n’est plus qu’une formalité. La rapidité de la mise en œuvre, secret de sa préparation, même s’« il peut être question d’en négocier officieusement le contenu avec les organisations syndicales », estime le constitutionnaliste Jean-Éric Gicquel, a un autre atout : susciter le débat public, mobiliser les forces sociales contre un projet dont les contours sont maintenus délibérément flous deviennent faute d’information, un parcours du combattant pour les syndicats ou le milieu associatif.

Macron prêt à se passer du soutien de sa majorité législative

Les documents préparatoires aux ordonnances ne sont même pas communicables au titre de la Commission d’accès aux documents administratifs (Cada), car ils relèvent d’une exception appelée « secret des délibérations du gouvernement ». La formule est assez vague pour en exclure à peu près tout échange entre administrations. Or, la Cada elle-même le relève, la demande de transparence de la part de citoyens explose, avec 8 000 dossiers instruits en 2017, deux fois plus qu’en 2015. « Macron propose tout à fait le contraire : éloigner le citoyen des décisions et diminuer le nombre de représentants nationaux et même d’élus locaux pour gouverner de façon technocratique et autoritaire », regrettait vendredi dans l’Humanité la présidente du groupe CRC (communiste, républicain, citoyen et écologiste) au Sénat, Éliane Assassi. La constitutionnaliste Anne Levade, clairement classée à droite, estime a contrario que « c’est aussi, peut-être, l’occasion de réinventer ou de réfléchir à un nouvel équilibre des fonctions du Parlement ».

À l’ère de l’open data, le président qui voulait faire du pays une « start-up nation » se coule tout doucement dans les habits usés de ses prédécesseurs, à exploiter les filons de la Constitution. La nouveauté est qu’il est prêt à se passer du soutien de sa majorité législative, réduite à regarder passer les textes, tirant à lui l’équilibre des pouvoirs de la Ve République. « Je décide, il exécute », avait signifié Jacques Chirac à son ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, en 2004. La petite phrase s’applique désormais au Parlement tout entier.

 

 

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La guerre des privilégiés…

Posté par jacques LAUPIES le 4 mars 2018

Quelle joie d’être un privilégié car cheminot, retraité certes,  je viens de découvrir que j’en suis un. Il  aura fallu que des « économistes » genre François de Closets – symbole de l’enfumage avec ses âneries – et toute une bande de commentateurs de télé pour m’en faire prendre conscience.

Mais je suis un privilégié généreux et qui partage puisque je vois depuis le mois de janvier je reverse 37 € par mois au titre la CSG. Un privilégié qui paie un peu plus cher tous les services dont il a besoin et les marchandises qu’il consomme.

Un privilégié qui doit attendre 3 mois pour obtenir un rendez-vous auprès du cardiologue, de l’ophtalmo, ou du dermato, qui se fait souvent rabrouer quand il s’adresse à une administration, qui subit constamment des relances téléphoniques pour changer de Mutuelle, modifier son installation chauffage, renouveler sa voiture qui fonctionne très bien malgré ses 18 ans d’âge, ou encore une invitation au resto ou à un voyage destiné à lui vendre, sans obligation, des objets dont il n’a pas besoin.

Un privilégié qui supporte avec le sourire la pollution, le consumérisme qui fait des ravages autant que la pauvreté qu’il aggrave, un privilégié qui se demande si les cheminots qui ont en main la protection de leur avenir auront la lucidité de bloquer ces autres privilégiés dont nous parle l’article ci dessous, qui prennent le risque d’investir pour recevoir le fruit de mes privilèges…Comme je les plains !

Vraiment j’aurais presque honte d’être autant privilégié.

 

 

Inégalités. 2017, année de tous les records pour les dividendes mondiaux

Pierric Marissal
Vendredi, 2 Mars, 2018
L’Humanité
La guerre des privilégiés... dans POLITIQUE

 
 

L’année dernière, les actionnaires ont été à la fête : ils ont touché plus de 1 000 milliards d’euros. Jamais les multinationales ne leur avaient reversé autant d’argent, particulièrement dans le secteur de la finance.

Les distributions de dividendes dans le monde ont explosé de 7,7 % en un an. C’est historique, selon le cabinet de gestion d’actifs Janus Henderson, qui scrute trimestriellement les 1 200 plus grosses entreprises au monde. Celles-ci versent à elles seules 90 % du total des dividendes. Le cabinet publie chaque année un genre d’indice du bonheur des actionnaires, le JHGDI (indice Janus Henderson des dividendes mondiaux). Et il n’a jamais été aussi haut, à 171,2. « Ce qui signifie que les dividendes ont augmenté de quasiment trois quarts depuis 2009 », se réjouit Janus Henderson dans sa dernière édition parue en février.

Pas moins de 11 pays, parmi les plus grosses économies mondiales, ont battu leurs records historiques de distribution. « Ce qui est frappant dans cette étude, c’est le caractère assez global de la hausse des dividendes, souligne justement l’économiste Dominique Plihon, membre du conseil scientifique d’Attac. On est bien dans un capitalisme financiarisé mondialisé, dominé par le rôle de plus en plus central accordé à l’actionnaire. »

Un court-termisme dangereux

Si les distributions de dividendes augmentent globalement partout, cela ne s’effectue pas au même rythme. En Asie, elles ont bondi de 18,8 % en un an – tirées par les plateformes financières comme Hong Kong, Taïwan ou Singapour –, de près de 7 % aux États-Unis et d’à peine 2 % en Europe. 1 027 milliards d’euros ont été distribués en 2017 aux actionnaires, l’équivalent du PIB de la Russie ou de l’Espagne… « Cela reflète bien le regain de confiance des entreprises. Elles pensent pouvoir distribuer massivement des dividendes, avoir de bonnes perspectives, analyse Dominique Plihon. Cette confiance est renforcée par le contexte politique, très favorable à la finance, avec Trump aux États-Unis et sa réforme fiscale, mais aussi l’effet Macron en France. »

Et la tendance à la distribution massive de dividendes n’est pas près de freiner, comme le montre la projection du cabinet Janus Henderson pour 2018, à 1 105 milliards d’euros. Tant que la rechute économique ne pointe pas le bout de son nez… « Cette étude me rend assez peu optimiste, poursuit Dominique Plihon. On n’a pas retrouvé les niveaux d’activité d’avant la crise et, pourtant, les marchés financiers s’envolent et les distributions de dividendes battent des records. Cette euphorie est inquiétante, alors que l’économie reste particulièrement fragile. » L’universitaire, membre du collectif des Économistes atterrés, dénonce ainsi le court-termisme dangereux des entreprises, qui gavent leurs actionnaires plutôt que d’investir dans leur outil productif ou dans la transition énergétique.

La France parmi les plus prodigues

Tous les secteurs économiques ne sont pas non plus également prodigues en dividendes. L’industrie traditionnelle comme le secteur de l’alimentation restent stables, tandis que la finance (banques, assurances…) rémunère grassement ses actionnaires. « Le fait que le secteur financier distribue le plus de dividendes est totalement à l’image de notre capitalisme actuel, explique Dominique Plihon. Et la France est le pays européen qui en distribue le plus (42,7 milliards d’euros), bien davantage que l’Allemagne (31,2 milliards d’euros). Ce qui est symptomatique du fait que nous avons une économie plus financiarisée, avec de très grandes banques notamment. »

Les montants spectaculaires de dividendes versés au Royaume-Uni et en Suisse, grandes plateformes financières mondiales, renforcent le constat de l’économiste. Les secteurs énergétiques se révèlent également très rémunérateurs pour leurs actionnaires, de même que l’industrie pharmaceutique et les nouvelles technologies. Ainsi, sans surprise, les multinationales qui ont le plus versé de dividendes en 2017 sont Royal Dutch Shell, China Mobile, Exxon, Apple, Microsoft, HSBC… « Il me semble important de mettre en relation ces distributions spectaculaires de dividendes en 2017 avec la croissance des inégalités dans le monde, insiste Dominique Plihon. Les études ­d’Oxfam le montrent très bien, l’année dernière, il y a eu un net creusement des inégalités. Et une augmentation du nombre de milliardaires la plus importante de l’histoire contemporaine grâce aux revenus financiers, alors que 90 % de la population n’en bénéficient pas. »

Journaliste, spécialiste des nouvelles technologies

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