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Recomposition ou décomposition : vers une bande des quatre ?

Posté par jacques LAUPIES le 12 mars 2018

Recomposition ou décomposition ? Voilà bien la question qu’il faudrait poser à propos des scénarios que nous proposent les  grands courants politiques de notre pays ! En réalité il ne s’agit pas de recomposer mais de donner un nouvel emballage à ces courants qui tour à tour déçoivent les moutons qui les suivent !

La droite « orléaniste » alliée à la droite « bonapartiste » (selon des définitions un peu archaïque, convenons en) ont connu leurs heures de gloire depuis la deuxième guerre mondiale assurant chacun à leur tour à tour le leadeurship de cette coalition des droites les plus traditionnelles sous évidemment la bénédiction de la grande bourgeoisie capitaliste de ce pays.

De leur côté les gauches réformistes trouvant, malgré l’appui parfois encombrant d’un parti communiste omniprésent, à se frayer l’accès au pouvoir oscllant entre un socialisme prétendument  jaurésien et un social libéralisme plus ou moins affiché en fonction des rapports de force entre ses différentes composantes.

Bref on connaît : le libération avec les « concessions de taille » faites à la « force du peuple et sa composante communiste » par les uns et les autres (De De Gaulle à Guy Mollet en passant par Mendes) le retour de De Gaulle avec sa constitution piège en 1958, ses successeurs de droite (Pompidou et Giscard) pour aboutir à Mitterrand et aux alternances suivantes. La bande des quatre (selon Le Pen) se trouvait au pouvoir, deux à deux. D’une part Gaulliste et droite dite « centriste » bien improprement et d’autre part gauche réformiste (Mitterrand, Jospin -cohabitant -et Hollande) avec l’appui communiste en évaporation après 1990  !

Ce qui devait arriver arriva :  bizarrement avec la générosité médiatique du PS et de la droite. Les politiques libérales s’imposent  acceptées par Mitterrand, dressent une fraction grandissante de français contre ces deux courants notamment par la mise en cause les conquêtes sociales et économiques de 1945/46, de 1968 et amorcées en 1981 jusqu’en 1983.

Tout au long de ce processus bien pensé – on ne nous fera pas croire à la spontanéité – l’électorat populaire va se tourner vers le FN dont les attaches profondes, idéologiques avec l’extrême droite sont établies. Ainsi ce parti va piocher dans tous les électorats sans exception et canaliser les colères, quand ce n’est pas les ignorances.

Et nous voila (excusez le raccourci) en 2017. Décomposition dans la droite généreusement dite « républicaine » (appellation qui cependant est d’un mauvais gout certain) et décomposition dans la social démocratie qui engendre le divin Macron. Mais décomposition n’est pas disparition. Les classes et catégories sociales frappées par les effets de la mondialisation capitalistes existent toujours : notamment les grandes oligarchies financières et industrielles, généralement - »multinationalisées » -  et les classes populaires, généralement « prolétarisées », attachées, en fonction de leurs intérêts à des courants de pensée, dont « il » faut se servir à défaut de les faire disparaître. Ce que pratiquent fort bien les dominants !

Bilan et perspective pour le grand capital : faire vivre une droite « dure » de Wauquiez à Le Pen, renforcer le nouveau libéralisme, si peu social, de Macron

Voila, comme dirait le Pen dans les années 80, une nouvelle bande de quatre qui se dessine sauf qu’elle n’a tout de même pas les atours orléanistes et bonapartistes. Encore qu’en creusant bien le futur « rassemblement national » des traces d’ancien régime existent indubitablement et feront bon ménage avec le gaullisme édulcoré des Républicains.

Quant au troisième larron, bien que le Consulat ne soit pas de nos jours si loin, il incarne évidemment ce profond désir de s’intégrer dans un empire sans frontières : celui de la finance mondialisée. Ce qui ne l’éloigne guère des intentions ou des futures obligations des deux premiers de la bande.

Et le quatrième ou est-il ? Ben c’est bien là le problème car pour l’instant son nom est personne et pourtant il pèse virtuellement plus que chacun des autres ! Il ne peut être que le vilain canard mais il est vrai que c’est pour l’instant un canard avec au moins 5 pattes. Je vous laisse le soin de les repérer dans cet arc en ciel de rouge, rose, vert et même incolore !

 

Marine Le Pen propose que le FN devienne le «Rassemblement national»

 

D’après MSN

La marque «FN» appartient désormais au passé. Alors que le Congrès de refondation du mouvement d’extrême droite s’est tenu ce week-end à Lille, Marine Le Pen a confirmé que le parti allait changer de nom… Et elle a révélé la nouvelle appellation qu’elle va soumettre au vote des militants: «Rassemblement national», qui avait déjà été le slogan du FN aux législatives de 1986. «J’ai beaucoup réfléchi et j’ai beaucoup consulté», a-t-elle dit lors de son discours de clôture, sans jamais prononcer les mots «Front national».

Durant de longues minutes, la députée a détaillé les raisons qui avaient motivé le choix de cette «dénomination». «Le nom sur lequel nous allons voter dans quelques semaines doit (…) porter un message politique, et même clairement indiquer le contenu de notre projet politique pour la France: le mot “national” me semble devoir y figurer impérativement car la nation représente chacun d’entre nous», a-t-elle expliqué. «Ceci relève pour nous de l’évidence mais ce n’est pas suffisant», a-t-elle ajouté.

 «Je me plierai à la décision» des adhérents, assure Le Pen

«À l’heure où la France vit une recomposition politique, (le nouveau nom) doit – et c’est peut-être le plus important – exprimer une volonté de rassemblement. À l’heure où une immense majorité de Français sont émus de voir leur pays se fracturer, il doit aspirer à la réunion de toutes les énergies, à l’unité et à la solidarité nationale. Le nom doit être plus encore qu’un projet: ce doit être un cri de ralliement, un appel à nous rejoindre lancé à tous ceux qui ont la France au cœur (…)», a-t-elle martelé.

Rappelant que le logo historique du parti resterait inchangé – la flamme -, Marine Le Pen a insisté sur le fait que le nouveau nom du mouvement devrait désormais être approuvé par les militants. «Parce que nous avons toujours eu au cœur de notre projet le respect du peuple et de son vote – le référendum -, parce que nous nous sommes battus à la présidentielle sous la devise “Au nom du peuple”, je n’imagine pas d’autre voie que d’organiser un vote de tous les adhérents, et je me plierai à leur décision», a-t-elle affirmé.

 

Après le «parti de contestation» et le «parti d’opposition», Le Pen veut un «parti de gouvernement»

Véritable serpent de mer du FN depuis plusieurs années, la question du changement de nom a été récemment remise à l’ordre du jour par le double revers de la présidentielle et des législatives. Longtemps réfractaire à cette idée, Marine Le Pen s’y est finalement résignée dans l’espoir de briser le plafond de verre qui la sépare du pouvoir. En effet, la patronne du parti espère ainsi rompre définitivement avec l’image de son père et pouvoir «mettre en œuvre des alliances», car «gagner sans alliance est ardu» dans la Ve République.

«Vous le savez, pour beaucoup, (le nom Front national) est pour beaucoup de Français, même de toute bonne foi, un frein psychologique. Vous le savez parce que vous l’avez entendu, vous l’avez très probablement compris parce que vous avez rencontré des électeurs. C’est pour certains un frein psychologique pour nous rejoindre ou tout simplement pour voter», a-t-elle regretté, expliquant que le «parti de contestation» d‘hier était aujourd’hui un «parti d’opposition» et qu’il avait vocation à devenir demain un «parti de gouvernement».

 

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