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Mobilisation du 22 mars. La gauche lance un appel commun

Posté par jacques LAUPIES le 20 mars 2018

 

« Nous répondons que nous serons dans la rue le 22 mars pour défendre l’accès au service public, à commencer par le ferroviaire, les cheminot-e-s, mais aussi l’ensemble des fonctionnaires et l’intérêt des usager-e-s ». Photo : Christophe Archambault/AFP

Plusieurs formations de gauche, d’EELV au PCF en passant par le NPA, Génération.s ou les députés FI, ont rendu public ce lundi un appel à riposter à la casse du service public orchestrée par Emmanuel Macron

Les cheminots prêts à en découdre contre les ordonnances

Clotilde Mathieu
Lundi, 19 Mars, 2018
L’Humanité

Réforme ferroviaire. Dans les gares, les syndicats multiplient les tournées. Dans la région de Saint-Nazaire, la colère est palpable. Les cheminots semblent majoritairement favorables à partir au combat, et commencent à s’organiser.

«Quelque chose est en train de se passer. Ça démarre bien, très bien même. » Mikael Rapacé est rincé mais assuré. Après une journée marathon à la rencontre de ses camarades cheminots entre les gares de Saint-Nazaire et de la presqu’île guérandaise, le responsable syndical CGT, secrétaire du comité d’entreprise, est confiant. Le 22, la place de la Bastille sera remplie pour la grande mobilisation à Paris, assure Alban, responsable TER du syndicat. Sur la vingtaine d’agents ayant rencontré l’équipe cégétiste, cinq se sont inscrits dans un des trains pour Paris. Cinq autres seront en grève. Et d’autres hésitent encore. Les places réservées par la CGT au niveau du département, à une semaine de la première mobilisation, sont déjà prises. Soit le double de celles réservées, le 8 février, date à laquelle la grande manifestation devait avoir lieu, avant que le froid et la neige poussent la CGT à reporter l’initiative.

Les attaques du gouvernement et le « cheminot bashing » des médias n’ont pas plombé le moral, bien au contraire. Surtout que les agents du rail ont l’impression que le discours des usagers change. « Faut arrêter de regarder les reportages à la télé. Ils nous voient tellement galérer qu’ils comprennent que nous ne sommes pas les responsables. Après, ça ne les empêche pas de nous en mettre plein la gueule tous les jours. Mais nous, les cheminots, on est juste dégoûtés de la dégradation de notre qualité de service, c’est cela, aujourd’hui, qui est insupportable ! » lance une cheminote dans la gare de Saint-Nazaire. L’heure est donc à la mobilisation. D’ailleurs, à chaque porte qui s’ouvre, très vite les échanges tournent autour de l’action à venir. « Pour une fois, je suis motivée à faire grève ! » lance Sylvie*. Agent « 27 », polyvalente, capable de passer du poste de contrôle au guichet, elle a vu ses congés de vacances refusés. « Ils ne recrutent plus, et comme je suis seule à pouvoir tout faire, je suis condamnée à prendre mes congés en dehors de ceux des autres. » La goutte d’eau, comme on dit. Reste que, avec 1 300 euros par mois, la jeune femme ne peut pas faire grève pour rien. Elle préfère attendre et voir si la riposte au projet anti-SNCF « démarre fort » et si « les cadres s’y mettent aussi ».

« Je viens de passer à temps partiel à 91 % pour préserver ma santé »

D’autres membres du personnel demandent aux syndicats d’attendre la fin de leur service pour tenir une réunion et engranger le maximum d’informations. C’est le cas d’Isabelle, bien décidée à mener le combat jusqu’au bout. Non syndiquée, elle relaie auprès de ses collègues de la comptabilité les informations syndicales pour se préparer à partir en grève. L’esprit combatif semble aussi avoir gagné les agents aux guichets. « Je viens de passer à temps partiel à 91 % pour préserver ma santé, pouvoir souffler et éviter de multiplier les arrêts maladie ! » lance Anne*. Depuis que sa gare est passée de TGV en TER, c’est l’« horreur ». « On croule sous les anomalies avec le nouveau système de vente. Et nous n’avons toujours pas été formés. Ils font ça toujours trop vite et nous, on court derrière. Et ils appellent ça la simplicité », ironise la guichetière. Depuis plusieurs années, les postes sont supprimés un par un. Et les points de vente dans les gares environnantes ferment les uns après les autres. Pour pousser les « clients » à acheter leurs billets sur la plateforme de vente ou sur les machines mises à disposition dans les gares, la direction de la SNCF impose aux agents commerciaux des objectifs de vente négatifs. Pour 2018, « c’est moins 25 % ». Un chiffre « inatteignable », au mieux « on arrivera à 2 % », explique Alban, commercial et syndicaliste à la CGT. « Nous avons une conscience professionnelle, si les usagers viennent jusqu’à nous, qu’ils attendent, c’est qu’ils ont besoin de contacts humains et de conseils pour dénicher des billets à moindres frais », argumente-t-il. « Avec la privatisation, le nombre de guichets va encore se réduire. C’est pour cela que nous allons continuer à nous battre », enchaîne Anne. Jeudi, la cheminote se mettra d’ores et déjà en grève, mais restera à Saint-Nazaire pour manifester. Et pour la suite : « Nos conditions de travail sont tellement…, s’interrompt-elle, avant de poursuivre, qu’on fait grève à chaque fois. » Elle et sa collègue se sont déjà organisées : « Si l’une fait grève, les guichets ferment, car nous ne travaillons jamais seules pour des raisons de sécurité. »

Dans les couloirs de la direction, les cadres confirment le mal-être des agents. « Aujourd’hui, je suis incapable de répondre à leurs inquiétudes sur les impacts qu’aura l’ouverture à la concurrence des lignes régionales », explique l’une d’entre eux. « Nous n’avons aucune information et ce n’est pas nous qui décidons », soupire-t-elle. Aux effectifs supprimés dans certaines gares, s’ajoutent de nombreux départs en retraite qui n’arrivent pas à être compensés. La dégradation des conditions de travail, tout comme le gel des salaires depuis de nombreuses années font qu’aujourd’hui « nous ne sommes plus attractifs. Les salaires proposés sont trop bas et nous n’arrivons pas à recruter », explique le chef de gare, qui n’a pas réussi à remplacer un des effectifs. Les pseudo-privilèges agités par l’exécutif gouvernemental ont pourtant permis de recruter Tanguy*. C’est d’ailleurs ici le seul à l’évoquer. Sans cela, le jeune cheminot, arrivé depuis deux ans dans l’entreprise publique, aurait refusé. Après avoir enchaîné les petits boulots dans la grande distribution, la garantie de l’emploi tout comme la facilité de circulation, qui lui permet à moindres frais de monter voir sa copine à Paris, ont pesé dans la balance. Devant son poste de sécurité, celui qui veille sur les voies estime que le projet du gouvernement « craint ». « Si on enlève tous les trucs intéressants, la SNCF ne pourra plus recruter. »

« Le coup des retraites, je l’ai encore au travers de la gorge »

Malgré sa petite expérience, ses critiques sont autant acerbes que celles de ses aînés. « On fait plein de trucs incohérents, des choix qui n’ont aucun sens et après, on passe pour des cons auprès des clients. » Inutile de relater la liste des dysfonctionnements, tout le monde autour du poste de contrôle les connaît. S’il n’éprouve pas « autant de ras-le-bol » que ceux qui « ont vingt-cinq ans de boîte », il ne se voit pas rester là toute sa vie : « Vu comment ça se passe, si j’ai une opportunité ailleurs… » Sa cheffe de ligne ne dit pas autre chose. « Si ça tient encore, c’est grâce à nos efforts quotidiens. Leurs réformes successives ont tout cassé. Beaucoup d’agents de circulation qui ont vingt ans d’ancienneté demandent à partir. On ne reconnaît plus l’entreprise dans laquelle on a été embauchés », résume-t-elle. La grève, elle y pense, même si elle craint de se « faire trahir ensuite ». « On a souvent les miettes et les conducteurs, les avantages de la grève. Le coup des retraites, je l’ai encore au travers de la gorge. » Nombreux sont ceux faisant référence à l’année 2007 où, après de nombreuses journées de grève contre le projet de réforme des régimes spéciaux, la CFDT-FGAAC, qui représente une partie des conducteurs, avait signé un accord permettant à Nicolas Sarkozy de faire passer sa réforme. Mikaël Racapé (CGT), également conducteur de TER, se veut rassurant. « La direction ne peut plus nous acheter. L’aspect financier n’est aujourd’hui plus suffisant, tellement nos conditions de vie se sont dégradées », explique-t-il. « Quand tu commences à 15 heures et que tu rentres chez toi le lendemain à 22 heures pour repartir ensuite à 15 heures, et cela pendant six jours, tu les vois quand, tes gosses ? Il n’y a plus d’équilibre aujourd’hui. »

*Ces prénoms ont été changés.

 

Cet article a été publié le Mardi 20 mars 2018 à 01:04 et est catégorisé sous POLITIQUE. Vous pouvez suivre les réponses à cet article par le fil Flux des commentaires. Les commentaires et trackbacks sont fermés pour cet article.

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