Unédic. Les évadés fiscaux font leur beurre sur l’argent des chômeurs

Posté par jacques LAUPIES le 30 avril 2018

 

Sylvie Ducatteau
Vendredi, 27 Avril, 2018
L’Humanité
Unédic. Les évadés fiscaux font leur beurre sur l’argent des chômeurs dans POLITIQUE

Des citoyens ont retracé le circuit très opaque de la dette de l’assurance-chômage française. Leur enquête montre que les détenteurs de cette créance, auxquels l’Unédic verse 400 millions d’euros d’intérêts par an, opèrent dans les paradis fiscaux.

Ce vendredi matin, au moment même où le Conseil des ministres se penche sur les réformes de la formation professionnelle, de l’apprentissage et du système d’indemnisation du chômage qui constituent le projet de loi « pour la liberté de choisir son avenir professionnel » – un titre pour le moins décomplexé –, une quinzaine de membres du Groupe d’audit citoyen de la dette de l’assurance-chômage (Gacdac) rendent public un premier rapport sur la dette de l’Unédic. Ils dénoncent l’opacité du financement de l’organisme chargé de la gestion des cotisations de 16,5 millions de salariés, un « système-dette » volontairement mis en place par ses dirigeants avec le soutien de l’État et des investisseurs sur les marchés financiers, détenteurs de 35 milliards d’euros de titres de créances sur l’assurance-chômage. Des investisseurs dont certains flirtent avec les paradis fiscaux, et se trouvent en bonne place sur les listings des Panamas et Paradise Papers révélés dans la presse.

Où va l’argent de l’Unédic ? Quel est le niveau d’évasion fiscale tiré des cotisations des salariés et de la CSG, l’impôt payé par les salariés et les retraités pour financer une partie de la protection sociale ? Après plusieurs semaines d’enquête dans les méandres de la comptabilité et des opérations financières de l’Unédic, ce que les membres du Groupe d’audit citoyen de la dette de l’assurance-chômage (Gacdac) ont découvert les a laissés pantois. D’autant que plus d’un chômeur sur deux n’est pas indemnisé.

Si le montant de la dette du gestionnaire des allocations-chômage, estimée entre 34 et 37 milliards d’euros, n’a pas vraiment surpris les membres du Gacdac, la proximité de l’Unédic avec certains créanciers adeptes de l’optimisation, voire de l’évasion fiscales les a, en revanche, stupéfiés. « L’opacité du système ne nous a pas aidés. Nous ignorons précisément où sont les titres (de dette de l’Unédic), mais nous savons avec certitude que les entités qui les détiennent sont présentes dans les listings des Paradise ou Panama Papers (ces fichiers de comptes cachés dans les paradis fiscaux qui ont fuité dans la presse – NDLR). Sur cinquante investisseurs que j’ai réussi à repérer, la moitié est présente sur ces listes », révèle Louise Ferrand, qui a conduit les recherches ­documentaires pour le groupe d’audit.

Pour emprunter sur les marchés financiers, l’Unédic, via des banques dites « placeuses », émet des titres, des obligations, pour l’essentiel assez encadrés. Pour ses besoins de financement à court terme, elle recourt à des Euro Medium Term Notes (EMTN) imaginés aux États-Unis, des prêts très flexibles en taux, durée et peu réglementés, donc très prisés des « investisseurs », qui peuvent les échanger sans trop de contraintes. Pour ses affaires, l’Unédic fait appel à une vingtaine d’établissements financiers : les banques françaises BNP Paribas, Société générale, Crédit agricole, Bred et ­Natixis, les britanniques Barclays et HSBC, la suisse Crédit suisse, ou encore l’italienne Unicrédit, les allemandes Commerzbank AG, Nord/LB, Landesbank Baden-Württemberg, DZ Bank AG et Helaba, les américaines Citigroup et J.P. Morgan, la canadienne Scotiabank et la japonaise Daiwa Capital.

«Nous ignorons qui sont les vendeurs et les acheteurs »

« Aucune de ces banques, quel que soit le montant des titres qu’elle achète, n’a à rougir puisqu’on estime qu’elles pratiquent toutes, avec plus ou moins de dextérité, l’évasion fiscale », notent les auteurs de l’audit, déçus de n’avoir pu présenter un tableau exhaustif des acteurs de la dette de l’assurance-chômage. Notamment ceux du marché dit secondaire, où se joue le gros de la partie, et qui, grâce à des réformes des Codes du commerce, monétaire et financier de 2002, bénéficient de véritables paravents qui garantissent leur anonymat.

Une fois acquis par les banques, les titres de l’Unédic sont en effet revendus sur un autre marché, le marché secondaire, en échange d’une commission, bien sûr, via une chambre de compensation, institution financière qui joue les intermédiaires dans les transactions en assurant leur bonne exécution. En l’occurrence, Euroclear, l’une des deux chambres européennes ; la seconde, Clearstream, avait défrayé la chronique dans les années 2000. Selon le Gacdac, l’Unédic verserait autour de 400 millions d’intérêts aux investisseurs sans les connaître vraiment, expliquait son directeur, Vincent Destival, auditionné par les sénateurs en 2015 : « Nous n’avons pas de suivi précis sur la manière dont notre dette est renégociée sur les marchés entre détenteurs primaires et des investisseurs intéressés. Nous savons à quel prix mais nous ignorons qui sont les vendeurs et les acheteurs. » L’un d’eux a pourtant été repéré par les auteurs du rapport : Sicav-Fis, adepte de l’optimisation fiscale. « En fouillant, je suis tombée sur ce fonds de compensation privé. Il a été créé pour gérer la réserve du régime général des pensions de retraite des Luxembourgeois. En 2016, il possédait pour 7,95 millions d’euros de titres de l’Unédic », précise Louise Ferrand.

La dette équivaut à un an de recettes de cotisations

Les citoyens auditeurs ont ainsi retracé le circuit d’une partie de la dette de l’assurance-chômage française passant par le Luxembourg : le Crédit suisse (sous le coup d’une enquête pour blanchiment aggravé, pour ne pas avoir déclaré des milliers de comptes au fisc français) gère pour Sicav-Fis un emprunt de 252 millions d’euros qu’il a lui-même placé avec HSBC (un champion des placements dans les paradis fiscaux, qui vient d’éviter un procès en versant 300 millions à l’État français pour compenser les impôts dus) sur le marché primaire pour le compte de l’Unédic. « Nous demandons que la clarté soit faite sur l’identité des créanciers. Nous voulons savoir où passe l’argent de la collectivité », explique Pascal Franchet, du Gacdac. Lui ne se fait pas d’illusions sur la réponse attendue à la longue liste de questions que les auditeurs posent, dans une lettre jointe à leur rapport, à la ministre du Travail, aux administrateurs et à la direction de l’Unédic. « Les dirigeants ont fait le choix du système-dette, de l’endettement pour financer l’assurance-chômage avec le soutien de l’État qui garantit les emprunts. Cet aval de l’État permet à l’Unédic d’obtenir des taux d’emprunt très bas auprès des banques. Mais, si les taux remontent, ce qui est probable, ce sera une catastrophe pour le système d’assurance-chômage », poursuit Pascal Franchet.

La dette équivaut désormais à un an de recettes de cotisations. Des cotisations dont le taux stagne depuis maintenant quinze ans, alors que le nombre de chômeurs a, lui, doublé. « En fait, les allocations-chômage sont une variable d’ajustement. D’où la nouvelle course à la radiation qui s’annonce », déplore Pascal Franchet.

Journaliste

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Muguet du 1er Mai : solidarité avec les vendeurs à la sauvette mais aussi et surtout pour les cheminots en grève !

Posté par jacques LAUPIES le 29 avril 2018

 

 

 

Comme prévu nous vendrons notre muguet, je devrais dire votre muguet.

 

J’ai un peu la nostalgie du temps ou nous occupions tous les coins de la ville pour proposer ces brins. Depuis ce temps cette fleur symbole est offerte à des prix défiant toute concurrence dans les grandes surfaces qui ont eu raison des petits commerces, lesquels à l’époque se plaignaient parfois de notre vente.

 

Et la vigilance de nos policiers municipaux; relativement bienveillante, va s’exercer sur ces vendeurs à la sauvette qui nous ont  partiellement remplacés avec bien entendu une motivation moins militante puisqu’il s’agit pour eux de s’offrir à l’occasion un peu d’argent de poche. Quand ce n’est pas, hélas, pour compléter les maigres ressources du RSA, 

 

Signe des temps où peu à peu la lutte, l’action militante s’effaceraient, si nous n’étions pas là, ou plutôt si des milliers (pas encore des millions) de travailleurs, ne levaient la tête pour défendre les derniers bastions que nous a donné la part sociale de la République  .

 

Marx était à l’honneur sur la chaine Arte ce soir. Des opinions y étaient présentées selon lesquelles certains estiment que le capitalisme disparaitra victime de ses propres contradictions, sans qu’il soit besoin d’imposer le communisme au nom du prolétariat, d’autres indiquant que les oppositions au sein de ce prolétariat exclurait tout accès à une société communiste et paraissent insurmontables, d’autres encore que la mondialisation capitaliste pose la question de la convergences des luttes à l’échelle mondiale comme seul moyen de l’abattre. 

 

N’oublions pas que Marx et d’autres ensuite ont évidemment indiqué que si par exemple la philosophie expliquait le monde elle devait contribuer à présent à le transformer. Ce qui exclut tout déterminisme dans l’attente.

 

Ainsi Marx indiquait que sans l’action politique, la prise du pouvoir voire la fameuse « dictature du prolétariat » galvaudée abondamment par les libéraux et les socio démocrates, la transformation de ce monde n’est pas envisageable.

 

Une chose est sûre le capitalisme qui porte tout l’atavisme de l’animal humain n’est pas prêt de lâcher l’os qu’il a gagné en exploitant le prolétariat lequel, divisé ou pas, ne doit pas cesser de le contraindre au partage de la richesse. Un partage qui ne peut se réaliser sans que le pouvoir de l’entreprise soit totalement contrôlé par ceux qui produisent !

 

L’histoire est là pour nous prouver que ce sont les humains qui  la font et que leurs « échecs » sont à inscrire, aussi douloureux cela soit ils, dans une marche en avant contre tous les systèmes d’exploitation et que le pire, en ce 1er mai, serait de considérer que le brin de muguet que nous vendrons pour en consacrer le bénéfice aux cheminots en lutte, n’aurait précisément pas de lien avec une conception internationaliste de l’émancipation humaine !

 

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UN BRIN DE SOUTIEN POUR LES CHEMINOTS

CE PREMIER MAI AVEC LE COMMUNISTES DE TARASCON

VENTE BOULEVARD ITAM FACE AU NUMERO 40

 

Un 1er mai des convergences !

Samedi, 28 Avril, 2018
Humanité Dimanche
Muguet du 1er Mai : solidarité avec les vendeurs à la sauvette mais aussi et surtout pour les cheminots en grève ! dans POLITIQUE

L’éditorial de Patrick Le Hyaric.

La fête internationale des travailleurs peut être l’occasion pour celles et ceux qui sont dans l’action depuis des mois comme pour celles et ceux qui n’ont pu s’y joindre de se retrouver et de se faire entendre ; un moment privilégié pour notre société en ébullition de soulever le couvercle que veut imposer le pouvoir par la force policière comme par l’autoritarisme présidentiel. Cette stratégie dangereuse ne saurait faire oublier la casse des services publics, le délitement des solidarités, le chômage et la précarité qui cheminent au quotidien, et encore moins faire taire une jeunesse qui ne réclame pas la lune en demandant plus de places dans les universités pour y être accueillie dignement.
 
Le glissement sémantique du gouvernement est significatif. Face aux mouvements sociaux, le pouvoir n’en appelle plus à la défense de « l’état de droit » mais à « l’ordre républicain ». Aussi entend-on qu’il ne s’agit plus de régler les conflits par le droit, la démocratie, le dialogue, mais par la troupe déployée de manifestations en universités, à la manière d’un Clémenceau. Voilà une nouveauté qui devrait autant interroger qu’inquiéter. Le Président de l’Assemblée Nationale s’est même autorisé une remise en cause inédite du droit de grève dans la fonction publique… La droite jubile de tant de « fermeté » qui permet d’empêcher tout débat sur les grandes questions qui taraudent en profondeur nos concitoyens.
 
Deux grandes options s’opposent et s’affinent sous nos yeux. L’une consiste dans les libéralisations et l’intensification de la concurrence pour donner aux milieux financiers et industriels transnationaux de nouveaux espaces de rentabilisation. C’est ainsi qu’il faut comprendre le projet d’ouverture du capital de la SNCF, combiné avec l’offrande de nos rails aux sociétés privées. L’autre consiste à développer une appropriation sociale et démocratique, adaptée aux besoins d’aujourd’hui pour des services publics bénéficiant des investissements à la hauteur des enjeux sociaux, environnementaux, agricoles ou de formation. La première est portée par le pouvoir en osmose avec  des institutions européennes acquises à la promotion des intérêt du capital financier. La seconde est défendue par les travailleurs en lutte et le mouvement social, une large frange du mouvement associatif, des créateurs. L’une défend l’ordre inégalitaire de l’ultralibéralisme, l’autre l’intérêt général. Cette opposition s’aiguise depuis plusieurs années. Elle s’est accélérée avec la loi Travail de M. Valls après le CICE et autres cadeaux fiscaux et sociaux aux grandes entreprises pendant le précèdent quinquennat. Ce dernier reposait sur les mêmes présupposés et la même ambition de porter atteinte aux soubassements d’un modèle social qui conditionne l’efficacité économique à la protection sociale et à un droit du travail élevé.
 
Le ton goguenard du pouvoir et des médias dominants à l’égard du mouvement étudiant témoigne d’une cécité volontaire qui confine au mépris vis à vis d’une jeunesse populaire dépossédée de la possibilité même de définir son propre avenir. A travers la sélection socialement déterminée du système Parcoursup, le pouvoir ne dit pas autre chose que son incapacité à répondre au formidable défi de la démocratisation de l’enseignement supérieur. Toute une classe d’âge pourrait pourtant accéder à une formation élevée et l’université devenir un modèle de creuset social qui tirerait l’ensemble de la société vers le haut au lieu d’être le sas d’entrée d’un « marché » du travail répondant aux objectifs étriqués d’un grand patronat de plus en plus indexé sur les rendements financiers. C’est bien ce monde sans âme que refuse massivement la jeunesse. Traiter ses aspirations par la condescendance ou, pire, par le déploiement de gendarmes mobiles, témoigne d’un autoritarisme aveugle qui pourrait se retourner contre le gouvernement plus vite qu’il ne le croit. Surtout quand il s’additionne au mépris affiché vis à vis des cheminots confrontés aux fins de non-recevoir gouvernementales dont celle du Premier Ministre. Ce refus de négocier le moindre point d’un projet aussi déterminant pour l’avenir du pays, qui redéfinit en profondeur la place du rail pour la vie des territoires et l’environnement et, qui plus est, n’a jamais été présenté au suffrage des électeurs, est le symptôme de cette « a-démocratie » confiscatoire de la parole populaire qui définit si bien les gouvernements néolibéraux.
 
L’effervescence sociale des derniers mois doit trouver un prolongement retentissant ce 1er mai qui, en tout état de cause, ne ressemblera pas aux autres.  La manifestation des forces syndicales doit être le point d’appui d’une contre-offensive pour imposer au gouvernement une feuille de route sociale sur la modernisation et le développement des services publics, la grande question salariale qui figure au centre des débats de nos voisins allemands, le rôle et l’utilisation de l’argent qui irrigue les secteurs spéculatifs au détriment de nos universités, de nos services publics, de nos territoires et de l’emploi, notamment dans les secteurs industriels. A chacun de nous de faire de ce 1er mai un puissant relais des luttes en cours, une étape vers un rassemblement encore plus large, unitaire et déterminé pour sortir de ce système du règne de l’argent-roi.
 dans POLITIQUE
Directeur de l’Humanité

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Soutien aux cheminots : tract de la fédération PCF 13

Posté par jacques LAUPIES le 28 avril 2018

 

SERVICE PUBLIC SNCF

« E.MACRON doit RESPECTER L’INTERET GENERAL ! »

Depuis, le 3 avril 2018, les cheminot(e)s sont en grève pour défendre et développer le Service Public Ferroviaire. Ils n’ont cessé de demander de vraies négociations sur l’avenir de la SNCF avec les citoyen(ne)s comme seuls « arbitres »…et rendez-vous est pris le 7 mai, chez le Premier ministre.

De la démocratie parlementaire 

Face à cette exigence démocratique, le Gouvernement Macron répond : « démocratie parlementaire » niant que ses 350 députés ne représentent que de 18% des Français(e)s.

Il ignore les propositions des organisations syndicales et les centaines d’amendements de l’opposition parlementaire et il utilise les ordonnances pour passer en force…

Il contredit tous ses engagements pour lutter contre le réchauffement climatique.

à l’autoritarisme !!!

Pour la SNCF, ce sera : Ouverture à la concurrence, filialisation de Fret SNCF, abandon du Statut pour les nouveaux cheminots… ce qui conduira à de nouvelles pollutions, thromboses routières au détriment de la santé publique.

 Tout comme les autres Services Publics (Hôpitaux, Sécu, Fonctions publiques, Universités…) il sacrifie les biens communs.

A nous de lui rappeler que :

« LA SNCF APPARTIENT A LA NATION ET RIEN NE DOIT SE FAIRE SANS LES CITOYEN(NE)S »

SORTONS DES MAQUIS

ET PASSONS A L’OFFENSIVE POUR LA SNCF

Dès le mois de février 2018, les communistes des Bouches-du-Rhône ont lancé des débats publics «

les maquis du service public ferroviaire ».

A partir d’un triptyque : « Transparence, proximité et intervention citoyenne», ils ont informé les citoyen(nes) de notre département sur les attaques nationales et régionales que subit le service public ferroviaire SNCF.

DESERTIFICATION, POLLUTION, ENCLAVEMENT

Telles sont les conséquences concrètes des décisions gouvernementales concernant la démolition du service public SNCF, l’abandon des « petites lignes » que les Régions n’auront pas les moyens de gérer…

Les questions environnementales et l’aménagement du territoire ne sont plus à l’ordre du jour alors que les perspectives sont alarmantes en matière de réchauffement climatique et l’Etat continue d’investir 73 % sur les infrastructures routières contre 27 % sur le rail.

D’AUTRES PROPOSITIONS EXISTENT !

En voici quelques-unes du PCF :

-  Mobiliser de nouvelles ressources immédiates : (6 milliards dont 3 pour la SNCF et 3 pour les différents modes de transports).

-    Libérer la SNCF du poids de la dette pour investir dans la modernisation du réseau.

-    Créer un fonds européen pour les services publics.

 DEBATTONS-EN PASSONS A L’OFFENSIVE CITOYENNE !

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Réforme ferroviaire. Jours de grève : l’inspection du

travail donne raison aux cheminots

Marion d’Allard
Vendredi, 27 Avril, 2018
L’Humanité
Soutien aux cheminots : tract de la fédération PCF 13 dans POLITIQUE

 
 

Saisie localement par les syndicats, l’inspection du travail atteste la légalité des préavis de grève à la SNCF et conteste la politique de retenue supplémentaire de jours de repos mise en œuvre par la direction pour casser le mouvement.

La fin du mois approche, les fiches de paie d’avril aussi. Une période particulière pour les cheminots, engagés dans un mouvement de grève inédit de deux jours sur cinq pendant trois mois, et qui attendent avec appréhension de découvrir le montant exact de leurs retenues sur salaires. Car si les jours de grève ne sont naturellement pas payés aux cheminots mobilisés, la direction, invoquant une réglementation propre à l’entreprise publique, tente de soustraire au salaire des grévistes des jours de repos supplémentaires. L’objectif est clair : démobiliser les agents en les frappant au porte-monnaie. Saisie par les syndicats de différentes régions, l’inspection du travail vient de donner raison aux grévistes.

Tout est question de préavis

Véritable conflit dans le conflit, la question du calcul des jours non payés alimente depuis des semaines une joute entre organisations syndicales et direction de la SNCF. Dans cette affaire, tout est question de préavis. D’un côté, les organisations syndicales (CGT, Unsa, CFDT) ont prévu de déposer 18 préavis de grève spécifiques aux motifs distincts avant chaque période de grève de 48 heures. De l’autre, la direction estime que la stratégie des syndicats vise à « détourner les règles applicables en matière de retenues », et persiste à considérer cette grève comme « un seul et même mouvement dont l’objet est la contestation de la réforme décidée par le gouvernement ». « Déjà limite, la réglementation de la SNCF stipule qu’à compter de sept jours de grève continue, les jours de repos compris dans cette période sont également retenus », explique Matthieu Bolle-Reddat, secrétaire des cheminots CGT de Versailles. En clair, poursuit le syndicaliste, « si un cheminot fait deux semaines de grève, c’est-à-dire deux fois cinq jours, la direction lui prend en plus le week-end du milieu ». Mais cette règle ne saurait s’appliquer au mouvement actuel, considérant que les différents préavis n’excèdent jamais 48 heures. C’est d’ailleurs ce qu’a confirmé l’inspection du travail. Datés respectivement du 17 et du 24 avril, au moins deux courriers à en-tête du ministère du Travail et rédigés par les inspections de Lille et de Marseille attestent ainsi la légalité de la démarche syndicale. « Les organisations syndicales de la SNCF déposent des préavis de grève successifs à durée déterminée de deux jours. Cette pratique a été reconnue à plusieurs reprises licite par la chambre sociale de la Cour de cassation (notamment le 25 janvier 2012 et le 7 juin 2006) », note Pierre Joanny, inspecteur du travail à Lille.

Redonner le sourire aux grévistes

Par conséquent, poursuit-il, « dans ce cas précis, le retrait ne peut donc s’effectuer sur des périodes supérieures à deux jours ». Même constat de la part de l’inspection du travail de Marseille, qui confirme que les syndicats ont respecté scrupuleusement les règles qui régissent le droit de grève à la SNCF. Des règles complexes, qui comprennent plusieurs étapes strictement définies. Les syndicats constatant un motif de conflit social doivent tout d’abord déposer auprès de la direction une demande de concertation immédiate (DCI) à la suite de laquelle la direction a trois jours pour les rencontrer. Un relevé de conclusions est rédigé à l’issu de la rencontre, ce qui laisse aux organisations syndicales dix jours pour déposer un préavis de grève et ce cinq jours avant le début du mouvement. En parallèle, individuellement, les cheminots dont « les fonctions sont essentielles à la circulation des trains » (aiguilleurs, contrôleurs, conducteurs…) doivent déposer 48 heures avant le début de la grève une déclaration individuelle d’intention (DII) avertissant la direction de leur participation au mouvement. Leur déclaration de reprise de travail (DRT) doit, elle, être déposée 24 heures avant le retour effectif. Dans le cas où la direction de la SNCF jugerait le préavis de grève « irrecevable », l’entreprise doit informer les syndicats « par courrier ». Ce qui n’a pas été fait, relève l’inspection du travail de Marseille, qui conclut que « les préavis de grève déposés devraient être considérés comme indépendants ».

De quoi redonner le sourire aux grévistes dont certains, témoigne l’un d’entre eux, « peuvent se voir retenir sur leur paie le double des jours de grève » !

journaliste

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Israël en souffrance

Posté par jacques LAUPIES le 27 avril 2018

Dans ce pays  la droite et l’extrême droite ainsi que les intégristes judaïques entrainent ce peuple dans une aventure qui conduit à l’arbitraire. Comme l’indiquait nombre d’intellectuels dans une récente émission sur Arte, ce dernier mercredi, le pouvoir actuel conduit à l’impasse une nation qui a été certes fondée par un grand élan d’inspiration religieuse mais aussi, nous explique-t-on, d’inspiration laïque, ce qui est moins connu.

Israël est en souffrance. Une souffrance qu’entretiennent les impérialismes et dont les palestiniens sont encore plus frappés. Un peuple qui en opprime un autre ne peut-être un peuple libre dit-on.

Peut-on croire un instant qu’une coopération entre israéliens et palestiniens est impossible ?

 

Pascal Boniface agressé à Tel-Aviv

Ils n’ont pas honte !
Pierre Barbancey
Mercredi, 25 Avril, 2018
L’Humanité
Photo Martin Bureau/AFP.

Photo Martin Bureau/AFP.

Le directeur de l’IRIS a été bousculé et insulté à l’aéroport Ben-Gourion sans que la sécurité n’intervienne. Protestation du Consulat de France.

Il y a quelques jours, Pascal Boniface, directeur de l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris), répondant à l’invitation du consul général de France à Jérusalem pour prononcer une série de conférences, débarquait à l’aéroport Ben-Gourion de Tel-Aviv.

Alors qu’il attendait dans le hall de l’aérogare, plusieurs individus sont venus l’agresser, l’injuriant en français de la plus vile des manières, lui crachant dessus et même le bousculant, comme le montre une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux.

Nullement impressionné, Pascal Boniface s’exclame néanmoins à haute voix : « Mais il n’y a pas de sécurité ici ? » Pour être passé des dizaines de fois par cet aéroport, l’auteur de ces lignes peut témoigner que la sécurité existe. Non seulement la police en uniforme est largement présente mais il y a aussi des patrouilles en civil qui, régulièrement, contrôlent les passagers ou les personnes présentes dans l’aérogare et qu’elles jugent suspects. Cette fois-ci, rien, alors que la scène, violente, s’est déroulée au vu et au su de dizaines de personnes. Le « fils de p…, avance ! », lancé par l’un des individus, a largement été entendu.

Et pourtant, rien. Pas l’ombre d’un flic, pas une interpellation. « Cette agression est bien sûr indissociable des messages souvent haineux diffusés contre le directeur de l’Iris et contre le consulat général après l’annonce de ses conférences, a dénoncé Pierre Cochard, consul général de France à Jérusalem. C’est parce que je prends très au sérieux la lutte contre le fléau de l’antisémitisme sous toutes ses formes, antisémitisme que Pascal Boniface a constamment récusé, que j’estime très dangereuse l’instrumentalisation qui en est faite dans des débats qui sont d’une tout autre nature. »

Voilà où mènent les dénonciations publiques qui assimilent critique de la politique d’Israël avec antisémitisme. Au fait, Natalie Portman est-elle antisémite ?

Israël en souffrance dans POLITIQUE
Grand reporter

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Discours de Macron devant le Congrès américain : pourvu que les actes puissent suivre ses paroles…

Posté par jacques LAUPIES le 25 avril 2018

Ne nous y trompons pas le discours est celui d’un libéral mais quand un libéral tient un discours comprenant des substances positives il faut savoir les reconnaître.

Cela rattrape un peu la prestation du Président Macron  pendant les deux premiers jour qui nous ont donné une image un peu guignolesque de cette rencontre avec le Président des Etats-Unis.

Cela dénote également deux visions des classes dominantes des deux pays, l’une conservatrice, l’autre d’un conservatisme plus progressiste et prenant en compte les réalités écologiques et économiques. En disant en quelque sorte on peut développer (en fait faire des profits) en œuvrant  contre les menaces du changement climatiques et sauver ainsi la planète. C’est, à peu de frais, faire l’économie des responsabilités u libéralisme dominant dans la dégradation qui sévit.

Egalement sur les questions touchant au retour à la paix au Moyen Orient son approche, qui mérite d’être approfondie et prend en compte certainement les intérêts occidentaux des multinationales, constitue une variante intéressante par rapport à celles du gouvernement Trump. Les faits à ce jour nous  laissent cependant sceptique à l’égard des possibilités de concrétiser cette approche !

Tout cela pourrait nous faire oublier la politique intérieure du Président qui demeure favorable aux riches et non comme le laisserait supposer son discours protégerait les « classes moyennes »

Concernant les rapports avec l’Iran, on peut comprendre la manœuvre du Président mais apparemment elle n’emballe pas les dirigeant iraniens et russes !

Comme ont dit : »il y a loin de la coupe aux lèvres » après ce discours qui, pour le moins, a séduit les démocrates américains. Bien sur toute parole doit-etre entendue…Attendons les actes !

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Les millions des banquiers français

Pierric Marisssal
Mercredi, 25 Avril, 2018
Humanite.fr
Discours  de Macron devant le Congrès américain : pourvu que les actes puissent suivre ses paroles... dans POLITIQUE

AFP

Les banques françaises ont distribué un nombre record de bonus en 2017. Plusieurs banquiers ont dépassé le million d’euros de revenus sur l’année.

En cette période de NAO (négociations annuelles obligatoires), tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Quand les salariés d’Air France se battent depuis 2 mois pour demander une augmentation de salaires qui rattraperait tout juste l’inflation, que la participation aux bénéfices chez Carrefour plafonne à 50 euros, les banquiers de Natixis eux se voient verser des bonus supérieurs à 300 000 euros chacun.

De manière générale, le banquier français est choyé.

Le nombre d’entre eux qui ont dépassé le million d’euros de revenu sur 2017 atteint déjà un record (100 tout rond selon les Echos) alors que le Crédit Agricole n’a même pas encore publié ses chiffres. 47 banquiers français ont dépassé le million pour la seule BNP, 215 à l’international. Le record reste à la Deutsche Bank qui, malgré de mauvais résultats revenus et la perte d’importants clients, a plus que doublé le nombre de ses banquiers millionnaires, le portant à 705. HSBC a elle donné plus d’un million d’euros de bonus à 375 de ses banquiers.
 
Les banques françaises se révèlent particulièrement généreuses. Elles ont distribué en moyenne deux fois plus de bonus que les banques de Wall Street. Il s’agirait de soigner leur « attractivité », surtout en cette  période de Brexit. Et les établissements bancaires se plaignent encore de la législation européenne, qui les empêche de distribuer des bonus dépassant le double du salaire fixe… 
Face à cette débauche de bonus, la BCE a annoncé le mois dernier vouloir « examiner de près les systèmes de rémunération pour voir s’ils sont propices à une gestion saine et prudente des banques ». Les sommes sont énormes. Les 1400 banquiers de la BNP se sont partagés ainsi une enveloppe de 444,6 millions d’euros. La somme allouée aux bonus atteint 2,2 milliards pour la Deutsche Bank, alors que le groupe a perdu 500 millions d’euros en 2017…

 

 

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Les deux potiches, le mâle dominant et l’autre

Posté par jacques LAUPIES le 25 avril 2018

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et au bout du compte la France passe sous la table ?

 

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« Rendez l’argent des privatisations ! », les cheminots en colère s’invitent place de la Bourse

Posté par jacques LAUPIES le 25 avril 2018

 

SNCF
Mardi, 24 Avril, 2018
Humanite.fr
« Rendez l'argent des privatisations ! », les cheminots en colère s'invitent place de la Bourse dans POLITIQUE
Des dizaines de grévistes de la SNCF se sont rassemblés devant le palais Brongniart pour dénoncer la transformation du groupe en société anonyme. Une action symbolique alors que la grève pourrait se poursuivre au delà du mois de juin.
L’action se voulait « symbolique ». Hier, des dizaines de cheminots grévistes se sont rassemblés place de la Bourse, à Paris, face à quelques salariés interloqués du Palais Brongnart, qui de derrière les grilles, les prenaient en photo. « Nous sommes ici aujourd’hui pour dénoncer l’un des piliers de cette réforme ferroviaire qui consiste à transformer la SNCF, aujourd’hui établissement public, en société par actions à capitaux publics » a expliqué Laurent Brun. Mais « pas question que la SNCF s’ajoute à la longue liste des entreprises publiques privatisées » a poursuivi le secrétaire général de la fédération CGT des cheminots. Dans la foule des cheminots mobilisés, mêlée de chasubles CGT, de drapeaux Sud-Rail et de badge de l’UNSA ferroviaire, la determination à aller jusqu’au bout du combat est sur tous les visages, même si, concède l’un d’eux, « on commence à fatiguer physiquement ». 
 
Face à la surdité d’un gouvernement qui persiste dans sa logique de « concertations » alors même que les organisations syndicales de cheminots jugeant le procédé stérile, ont claqué la porte des discussions, les grévistes sont prêt à en découdre. « Oui, si le gouvernement ne cède pas, nous irons au delà du moi de juin » a confirmé Laurent Brun, bien qu’« aujourd’hui, cette question n’est pas à l’ordre du jour dans les assemblées générales de cheminots ». Elle ne sera à priori pas non plus à celui de la réunion interfédérale qui réunira les syndicats de cheminots ce mardi en fin d’après midi. Au menu de cette nouvelle discussion intersyndicale, « nous aborderons la question de la répartition de l’argent récolté par les caisses de solidarité, nous travaillerons à affiner chacun des huit points de notre plateforme revendicative, et enfin, nous réfléchirons à la façon dont nous allons interpeller Edouard Philippe, avec qui nous exigeons désormais de négocier et qui ne nous a toujours pas répondu », détaille Laurent Brun. Entre temps, Édouard Philippe a invité l’ensemble des syndicats de la SNCF et leurs responsables confédéraux à des réunions bilatérales le 7 mai à Matignon sur la réforme ferroviaire, dans une lettre qu’il leur a adressée ce mardi.
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A travers la fumée épaisse des torches, ça et là dans la foule, les cheminots grévistes racontent des assemblées générales qui font le plein « malgré les congés » et un mouvement de grève « largement reconduit » en respectant le calendrier de deux jours sur cinq fixé par trois syndicats (CGT, UNSA, CFDT) sur quatre, exception faite de certaines gares parisiennes comme Paris Nord ou Austerlitz où les cheminots Sud-Rail tentent à chaque AG de faire voter la grève reconductible pure. « Ce sont les même débats qui agitent chaque mouvement social à la SNCF mais ça n’enlève rien ni à notre unité dans l’action, ni à la finalité que nous recherchons tous : l’abandon de ce projet », note une syndicaliste CGT. 
 
Les discussions s’étiolent alors que Laurent Brun prend le micro. « 72 milliards d’euros ! 72 milliards d’euros en 15 ans ont été versés au titre des dividendes aux actionnaires privés des anciennes entreprises publiques ! » lance le secrétaire général de la CGT cheminots. « Et pourtant, à l’époque, les mêmes discours des responsables politiques assuraient qu’il ne s’agissait pas de privatisation : France télécom, EDF/GDF, la Poste, et je pourrais rajouter Renault, BNP, Usinor, Air France… partout le capital de ces sociétés a finalement été ouvert à des investisseurs privés et aucun exemple ne vient démontrer le contraire » poursuit le syndicaliste. Sous les applaudissement, Laurent Brun lâche le slogan : « rendez l’argent des privatisations ! », repris et répété par la foule des grévistes, qui tous, appellent leurs collègues à rejoindre les assemblées générales et à entrer dans la danse. Et l’un d’eux de confier : «Le mois de mai s’annonce chargé, il faut qu’on réussisse à mobiliser largement ce week end de retour de vacances si on veut que ça marche »

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Deux articles sélectionnés ce jour : faites le rapprochement. Pas de commentaires…

Posté par jacques LAUPIES le 25 avril 2018

 

Ces mots de l’extrême droite qui contaminent le débat public

Mardi, 24 Avril, 2018
L’Humanité
Deux articles sélectionnés ce jour : faites le rapprochement. Pas de commentaires... dans POLITIQUE

Un ministre de l’Intérieur encarté jusqu’à récemment au Parti socialiste, membre de la République en marche, qui se dit « progressiste », peut-il réactiver le logiciel de l’extrême droite ? En estimant que « certaines régions » sont « submergées par les flux de demandeurs d’asile », Gérard Collomb fait sien le vocabulaire du Front national, à mille lieues de la politique de « bienveillance » prônée par le président de la République.

Dernier exemple en date d’un lent glissement sémantique qui piège les politiques, jusqu’à la gauche, dans le « prêt-à-penser » de l’extrême droite. Une offensive de dévoiement de la pensée gramscienne – la fameuse « bataille pour l’hégémonie culturelle » – entamée il y a plus de quarante ans, dont les penseurs (le Grece d’Alain de Benoist, le Club de l’horloge de Jean-Yves Le Gallou et Bruno Mégret) sont sortis des mémoires mais dont les mots, on l’a vu dans le débat sur la loi asile et immigration, font encore des ravages. Lire la suite

Grégory Marin

Préhistoire. Cro-Magnon, une évolution révolutionnaire

Jérôme Skalski
Mardi, 10 Avril, 2018
L’Humanité

La Cueva de las Manos (« Grotte des Mains ») est un site archéologique riche en peintures rupestres qui se trouve en Argentine (Patagonie). Getty Images/AWL Images RM<br />

La Cueva de las Manos (« Grotte des Mains ») est un site archéologique riche en peintures rupestres qui se trouve en Argentine (Patagonie). Getty Images/AWL Images RM
 

Découvert il y a cent cinquante ans dans le Périgord, l’homme de Cro-Magnon a longtemps donné son nom à l’homme moderne. Cette trouvaille, suivie de centaines d’autres, fait date dans le débat ouvert sur la nature et l’ancienneté de l’homme.

«D’où venons-nous. Que sommes-nous. Où allons-nous. » Trois formules, questions sans points d’interrogation, soutenues par les circonvolutions d’une fleur tahitienne, juxtaposées sur fond jaune de chrome par le pinceau de Paul Gauguin, vibrantes, en haut à gauche de son tableau « telle une fresque abîmée aux coins et appliquée sur un mur or ».

Des mains négatives de la grotte de Gargas dans les Hautes-Pyrénées à celles de la Cueva de las Manos en Patagonie ou de l’île Sulawesi en Indonésie, en passant par les fresques des grottes Chauvet, de Lascaux, d’Altamira ou les peintures et gravures des abris sous roche de Nawarla Gabarnmang en Australie, parmi les milliers d’autres retrouvées partout dans le monde, les lignes tracées ou gravées, ainsi que les aplats d’ocre, de craie et de noir de charbon de la préhistoire nous conduisent, mains tendues à travers les millénaires, à la question « qu’est-ce que l’homme ? ».

Redoublant cette étonnante familiarité de l’art préhistorique, ce sont aussi les traces des activités, les outils de pierre et d’os, les traces de pas et de repas, les restes ensevelis sous le passage du temps de l’homme de la préhistoire qui nous conduisent vers cet « étrange doublet empirico-transcendantal » qu’est l’homme, pour reprendre la formule de Michel Foucault, ainsi que vers la question qu’Emmanuel Kant a placée au centre de la pensée moderne.

La découverte, à la fin du mois de mars de l’année 1868, de restes humains, de coquillages percés et de silex taillés par des ouvriers travaillant à la construction d’une route reliant le village des Eyzies au bourg de Tayac en Dordogne, suscite un engouement fiévreux dont témoignent les réactions de la presse de l’époque (1). Dans le talus d’éboulis comblant l’entrée d’un abri creusé dans une falaise de calcaire surplombant la Vézère, ce sont les squelettes particulièrement bien conservés de cinq individus – quatre adultes et un enfant – qui sont reconnus, fournissant « les preuves les plus incontestables et les plus saisissantes de la contemporanéité de l’homme et du mammouth », selon les mots de Louis Lartet, responsable des premières fouilles méthodiques de l’abri de Cro-Magnon et chargé de la présentation officielle de ses premières découvertes, le 16 avril 1868, à Paris.

Huit ans après la publication de De l’Homme antédiluvien et de ses œuvres, de Jacques Boucher de Perthes, neuf ans après celle de l’Origine des espèces, de Charles Darwin, douze ans après la découverte de l’homme de Neandertal, celle des « troglodytes du Périgord », qui vont bientôt et pour longtemps donner le nom de Cro-Magnon à l’homme moderne, Homo sapiens sapiens, vient bousculer l’espace du débat public et scientifique. Tranchant la controverse opposant défenseurs du créationisme et du transformisme, elle alimente le débat qui oppose partisans du progrès social et partisans de l’inégalité – racisme, eugénisme, ségrégationnisme et libéralisme –, mené tambour battant par Herbert Spencer et Francis Galton dans le contexte de la montée du capitalisme, du bellicisme et du colonialisme européen, états-unien et japonais qui aboutiront au partage de l’Afrique, à la destruction des dernières sociétés indiennes des plaines nord-américaines, ainsi qu’à la mise sous coupe réglée de l’Asie du Sud-Est – après celle de l’Inde et de la Chine par l’Empire britannique –, dans les années qui suivront. Un acte de naissance qui nous alerte sur les récupérations toujours possibles et toujours aux aguets qui menacent, du côté des idéologies du pouvoir, notamment, à la recherche d’un fondement naturel à l’ordre social qu’il promeut et à ses injonctions, l’esprit des découvertes scientifiques dans ce domaine.

« Toutes les études convergent vers une origine africaine de l’homme »

« Cro-Magnon, à la différence de ce qui s’était passé pour Neandertal, arrive à un moment où l’ancienneté de l’homme a été reconnue », explique Pascal Semonsut (2). « C’est la vedette, poursuit-il, parce qu’il est très ancien et que, contrairement à Neandertal, qui a été découvert chez ceux qui étaient considérés comme nos pires ennemis à l’époque, les Prussiens et les Allemands, Cro-Magnon a été découvert dans notre belle province française. »

Cette rencontre de « l’intérêt politique et (de) la fierté nationale » avec « l’intérêt et la fierté scientifique » est un caractère récurrent concernant l’homme préhistorique, souligne le docteur en histoire et spécialiste de la représentation de la préhistoire, qui nous prévient sur le fait que « la préhistoire a toujours été en prise avec l’actualité et a toujours servi à autre chose qu’à la connaissance ».

Témoins de cette permanence, les polémiques actuelles qui exploitent, rejettent ou surinterprètent les découvertes scientifiques démontrant l’origine africaine de l’homme moderne ou encore sa forte unité génétique, l’une et l’autre alimentées par les diverses variantes du racisme et du chauvinisme.

« Avec la génétique et le séquençage complet du génome humain, on a montré qu’il n’existe qu’une différence d’un pour mille entre deux être humains. Nous sommes identiques à 99,99 % », explique Évelyne Heyer, biologiste spécialisée en anthropologie génétique. « Toutes les études convergent vers une origine africaine de l’homme, qui sort du continent il y a 70 000 à 100 000 ans », souligne-t-elle : « Plus on s’éloigne de l’Afrique, plus la diversité génétique diminue du fait d’une colonisation de la planète par effet fondateur successif. À chaque fois, c’est un petit groupe qui part d’un autre groupe et donc qui n’emmène qu’une partie de la diversité génétique, fait qui a été renforcé par des échanges de proche en proche qui ont toujours eu lieu entre les populations humaines voisines. »

Si les dates qui indiquent ces événements semblent très éloignées, il n’en est rien sur le plan biologique. « La théorie d’une origine multiple de l’homme moderne, sur la base de l’évolution locale d’Homo erectus, sortis d’Afrique il y a plus d’un million d’années, qui ont donné les hommes de Neandertal en Europe, les hommes de Denisova en Asie ou d’autres encore, a été tranchée par la génétique », explique celle qui a dirigé l’édition du livre collectif Une belle histoire de l’Homme (3). « L’origine africaine récente de l’homme moderne signifie nettement, précise-t-elle encore, que les premiers Européens étaient noirs, la couleur de peau noire étant une adaptation à l’ensoleillement sélectionnée préférentiellement dans les régions fortement ensoleillées comme les zones tropicales et la couleur de peau claire, une adaptation aux ensoleillements plus faibles, les dernières données d’ADN anciens semblant montrer que les sélections pour les couleurs de peau plus claires seraient assez récentes. »

Concernant la propension à fonder, en préhistoire ou en nature, l’idéologie de la concurrence, de la compétition, de l’élitisme et de la « lutte de tous contre tous » comme facteur de progrès historique porté par le libéralisme et le transhumanisme, Johan Hoebeke (4), biologiste spécialiste de la théorie de l’évolution et ancien chercheur au CNRS, alerte : « À partir de nos connaissances en neurosciences, paléoanthropologie, en éthologie ou sur la formation de la psychologie chez l’enfant, tout indique que nous sommes d’abord des êtres sociaux et non pas des êtres compétitifs, et que l’intelligence de l’homme est déterminée par son intelligence sociale. » Un fait corroboré par l’éthologie des primates ou encore les découvertes faites concernant l’homme de Neandertal, mises en valeur dans le cadre de l’exposition qui lui est actuellement consacrée au musée de l’Homme – voir notre édition du mercredi 28 mars.

« Lorsqu’on travaille sur les fractures, les blessures, les pathologies et les maladies des hommes de la préhistoire, Neandertal et Cro-Magnon, on s’aperçoit que beaucoup ont été soignés et que même des handicapés de naissance sont morts très vieux pour l’époque », explique Marylène Patou-Mathis (5), qui souligne en outre que si « ces faits traduisent l’existence d’une entraide et d’une solidarité entre eux, ils ne signifient pas que celle-ci ne soit pas plus ancienne et applicable aux Homo erectus ou aux Homo habilis, pour qui la démonstration est compliquée du fait que nous n’avons pas ou peu de matériaux. » « Nous sommes trop marqués par le paradigme qui a été imposé au XIXe siècle d’une progression linéaire de l’humanité, mais aussi par les projections que nous pouvons faire sur le passé », insiste la préhistorienne spécialiste des comportements des néandertaliens : « L’histoire montre que tout est buissonnant. »

Découverts dans une sépulture, accompagnés de littorines percées ayant servi de parures et dans une région particulièrement riche en vestiges pariétaux – grottes de Lascaux, de Font-de-Gaume, des Combarelles, de Cap Blanc, de Castel Merle et de Bara-Bahau –, les hommes de Cro-Magnon nous interpellent particulière- ment par leur activité culturelle.

« Il y a tout un débat sur l’ancienneté des comportements symboliques de l’homme, mais c’est à l’homme moderne, à Homo sapiens sapiens, que l’on doit ce foisonnement de l’expression artistique dont témoignent les grottes ornées qui, pour les plus anciennes, datent de 40 000 ans », explique Patrick Paillet (6). « C’est cet homme qui, en utilisant la roche et l’os comme supports de son expression et non plus des matériaux labiles, s’est donné les moyens de défier le temps », souligne le chercheur au Muséum national d’histoire naturelle.

Une initiative qui, à la manière des grands mouvements architecturaux et picturaux de l’histoire, fait signe vers nous à travers les siècles, comme un tutoiement ouvert à l’énigmatique de l’homme, tel l’étrange oiseau blanc tenant en sa patte un lézard du tableau de Gauguin représentant – Eu haere ia oe ? Où vas-tu ? – « la futilité des mots ».

(1) Situé à deux pas du lieu de découverte, le musée de l’Abri Cro-Magnon des Eyzies- de-Tayac en Dordogne, se visite d’avril à novembre. www.abri-cromagnon.com. À signaler également l’exposition « Vous avez dit Cro-Magnon ? » visible jusqu’au 25 avril 2018 au musée d’Art et d’Archéologie du Périgord de Périgueux – http://www.perigueux-maap.fr. (2) Le Passé du fantasme – La représentation de la préhistoire en France dans la seconde moitié du XXe siècle (1940-2012), Actes Sud, Éditions Errance, 2013. (3) Une belle histoire de l’Homme, Flammarion, 2015. (4) De Supersamenwerker, 2016, éditions EPO. (5) Neandertal de A à Z, Allary Éditions, 2018. (6) Qu’est-ce que l’homme de l’art préhistorique ?, 2018, éditions du CNRS.

 

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Edito du bulletin du Blog diffusé sur le marché ce jour

Posté par jacques LAUPIES le 24 avril 2018

 

Edito : Prenons la parole                                 Avril 2018

 

Sur le plan national nous assistons à un développement des luttes sociales qui traduisent une partie d’un mécontentement général dont l’origine est dans une aggravation des conditions de vie des français, notamment des catégories modestes : dégradation des salaires et revenus, des institutions de soins, d’éducation, de transport, de justice, toutes amputées de moyens nécessaires à leur développement notamment en personnel. Le chômage et la précarité persistent tout autant que la déscolarisation. Sans compter les difficultés subies par les collectivités territoriales.

 

Les pouvoir en place est issu d’une élection antidémocratique qui élimine les 4/5 de la population de leur choix initial, concentrant sur deux candidats à l’élection présidentielle dont le vainqueur Macron jouit de toutes les faveurs de la finance, du monde  politique et médiatique qu’elle contrôle.

 

Il suffit d’observer attentivement les grands moyens d’expression télévisés,  publics ou privés, pour deviner les choix politiques que l’on veut nous imposer : les pseudos réformes, toutes anti sociale, pour ne pas dire anti nationales sont, accompagnées de mise en condition de l’opinion avec commentaires et reportages appropriés justifiant la  liquidation des entreprises et service publics (Poste, SNCF, Tribunaux, Hôpitaux et bientôt  Système de retraite) Et les simulacres de débats télévisés ne sont là que pour donner l’illusion d’un pluralisme en réalité grand absent.

 

On pourrait tenir le même raisonnement en matière de politique étrangère ou apparait, malgré les gesticulation du Président Macron avec son « homologue » Trump.le risque de conflits dans lesquels nous n’avons rien à faire et qui présentent un danger pour la paix.

 

Face à ces choix de la bourgeoisie française, des obscurantismes  de toutes sortes se nourrissent de l’incapacité des socialistes, de la droite réformiste et de la droite dite « nationale » ou « patriotique » qui capte les mécontentements et ne nous préparent pas des lendemains qui chantent.

Prenons la parole pour les faire déchanter !  jacques.laupies@orange.fr

 

À Paris, la détermination intacte des cheminots en grève

Lola Ruscio
Mardi, 24 Avril, 2018
L’Humanité
Edito du bulletin du Blog diffusé sur le marché ce jour dans POLITIQUE

Malgré les retenues sur les paies, une centaine de cheminots de la gare de Lyon (Paris) ont voté, hier, à l’unanimité pour la reconduction du mouvement.

Au neuvième jour de la grève, la détermination des cheminots reste intacte. Hier, à l’assemblée générale de la gare de Lyon, à Paris, une centaine de mains se lèvent immédiatement pour voter à l’unanimité la reconduite de la grève jusqu’à ce matin. « Ici, on compte aujourd’hui 87 % de conducteurs et de contrôleurs en grève, et 60 % d’aiguilleurs. La mobilisation se maintient au même niveau depuis le début du mouvement », explique Bérenger Cernon, conducteur de train et secrétaire général de la CGT des cheminots de la gare de Lyon. « La direction raconte que la mobilisation s’essouffle, mais on est toujours présents et c’est le bordel dans les trains », abonde, micro en main, Erik Meyer, secrétaire fédéral de SUD rail.

Des grèves par roulement pour limiter la perte de salaire

Pour autant, si, à la gare de Lyon, le mouvement n’a rien perdu de son ampleur, les difficultés se font sentir pour les grévistes. Les fiches de paie d’avril arrivent et ils vont découvrir le manque à gagner exact de leur participation au conflit. « Ce matin, sur le piquet de grève, des copains nous ont dit que c’était dur de tenir parce que la fin du mois approche », regrette le syndicaliste CGT. Pour limiter la perte de salaire, les cheminots font grève par roulement et se calent sur la méthode innovante du « deux-cinq », le calendrier de grève alternée deux jours sur cinq décidé à la mi-mars par l’intersyndicale et qui permet de ne pas essouffler les troupes.

Certains grévistes reprochent à la « D2I » (la déclaration d’intention individuelle) de pénaliser le mouvement. Depuis la loi sur le service minimum de 2007, les conducteurs, les contrôleurs et le personnel des infrastructures doivent remplir 48 heures à l’avance cette déclaration pour prévenir qu’ils vont cesser le travail. « Pour faire grève lundi, il fallait penser à poser sa D2I samedi, illustre le syndicaliste cégétiste. Il y a des loupés, des gens oublient et laissent passer la date. »

Reste que le sentiment de défaitisme n’est pas à l’ordre du jour. L’annonce du gouvernement, le 16 avril, de la filialisation du transport de marchandises et, deux jours plus tard, de la fin du recrutement au statut de cheminot dès janvier 2020, alors que la « concertation » avec les syndicats n’est pas terminée, a renforcé l’envie des cheminots d’en découdre avec ce projet de loi ferroviaire. Pour Régis Paillaud, délégué du personnel Unsa des conducteurs de train de la gare de Lyon, le gouvernement reste sourd aux attentes des grévistes. « On n’a pas d’autre choix que de continuer le mouvement, on savait de toute façon qu’on n’allait pas gagner en une semaine », développe-t-il.

Hier, à l’appel de la CGT, au moins 400 cheminots ont envahi le siège social de Fret SNCF, basé à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), pour dénoncer la filialisation de cette branche de l’entreprise.

 

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l’Humanité, 114 ans… et un nouvel élan

Posté par jacques LAUPIES le 23 avril 2018

 

patrick le hyaric Directeur de l’Humanité
Mercredi, 18 Avril, 2018
L’Humanité
Photo : Albert Facelly

Photo : Albert Facelly
 

Par Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité.

Cent quatorze ans jour pour jour après sa naissance et toujours fidèle à sa promesse originelle d’indépendance, l’Humanité doit faire face à de multiples et importantes difficultés. Le lectorat de la presse papier baisse sans cesse. Le développement du numérique s’effectue dans l’incertitude et sans projet économique viable pour l’ensemble de la presse d’information. De grands groupes industriels et financiers ont profité de la grande fragilité de ce secteur pour mettre la main sur l’essentiel des grands médias et de la presse écrite. Dans ce contexte brutal, qui joue à armes inégales et en notre défaveur, l’Humanité continue d’exister grâce à l’abnégation de ses équipes, au soutien de ses lectrices et lecteurs et de ses amis. Nous savons votre engagement répété pour permettre à nos journaux de vivre et d’être lus, à notre Fête de continuer de réunir chaque année des centaines de milliers de personnes. Sans votre soutien, l’Humanité ne serait pas cette voix quotidienne indispensable au pluralisme et donc à la vie démocratique du pays. Grâce à cet engagement, et pour beaucoup d’entre vous à un effort financier qui vous a coûté, nous sommes parvenus ces derniers temps à sortir des situations dangereuses dans lesquelles l’Humanité a été sciemment placée. Nous ne saurons jamais assez vous en remercier.

Depuis sa création par Jean Jaurès, l’Humanité a toujours dû compter sur ses propres forces : celles de ses équipes, de ses lecteurs et amis, réunis dans la même quête d’un monde de justice, de liberté et d’égalité, en assumant l’affrontement avec de puissantes forces d’argent comme avec les forces réactionnaires et conservatrices. Aujourd’hui, l’Humanité fait face à deux défis : trouver les moyens financiers pour faire face à ses besoins immédiats et engager un nouvel élan pour devenir un média multicanal. C’est la condition pour élargir son audience, notamment dans la jeunesse dont l’accès à l’information passe par le numérique, et augmenter ses recettes pour stabiliser sa situation. Nous avons engagé d’importants chantiers pour réussir la relance de nos titres et de notre plateforme. Ils demandent aujourd’hui de nouveaux financements pour voir le jour, que nous refusent pour l’instant les banques.

C’est donc une nouvelle fois vers vous, lectrices, lecteurs et amis, que nous nous tournons pour réaliser ce saut qualitatif : garantir la pérennité de l’Humanité et de l’Humanité Dimanche et améliorer leurs contenus tout en donnant un souffle radicalement moderne à notre plateforme numérique. Nous affirmons ainsi l’ambition de rayonner d’un éclat nouveau dans un monde obscurci par les violences sociales et la loi scélérate de l’argent roi.

Dans ce paysage, la voix de l’Humanité est indispensable…

L’enjeu du développement numérique est en effet étroitement lié au défi politique et idéologique actuel où s’entremêlent les crises, démocratique, sociale, économique, écologique, avec pour décor une offensive violente des puissances industrielles et financières. Dans son projet de remodelage complet de la France aux canons de la mondialisation capitaliste, le nouveau pouvoir s’adjoint la puissance de feu d’une communication tous azimuts. Les principaux médias sont devenus propriété de grands groupes qui participent du même projet global et inégalitaire de l’ultralibéralisme.

Dans ce paysage, la voix de l’Humanité est indispensable. Indispensable pour donner la parole à celles et ceux qui en sont quotidiennement privés. Indispensable pour rendre visible le monde du travail dissimulé sous la propagande libérale et actionnariale. Indispensable pour défendre les services publics aujourd’hui menacés, non plus un par un, mais dans leur définition même et comme éléments constitutifs de nos sociétés. Indispensable pour mettre en lumière les initiatives de l’ombre et les luttes qui se multiplient pour des travailleurs précaires ou privés d’emploi, des migrants et réfugiés, ou pour donner vie à des alternatives écologiques et sociales. Indispensable pour faire entendre la voix de la justice, de la diplomatie et du désarmement dans un monde hanté par les sirènes de la guerre. Indispensable pour éclairer par des informations justes et exactes les nouveaux chemins d’humanité que défrichent des milliers de nos concitoyens et de militants politiques, syndicaux et associatifs engagés pour la défense de causes universelles. Indispensable, enfin, pour travailler à l’union des forces et des volontés transformatrices.

C’est en ce sens que, à l’occasion du 114e anniversaire de l’Humanité, nous lançons trois mois de mobilisation exceptionnelle rythmés par une amélioration de l’Humanité le 2 mai, une refonte de l’Humanité Dimanche le 31 mai, le lancement d’un nouveau projet numérique dont la première phase sera active le 20 juin, et le lancement de la préparation de la Fête de l’Humanité dès la mi-mai. Pour une information alternative décryptant les stratégies du macronisme afin de mieux le combattre, pour aider les travailleurs et nos concitoyens à faire irruption sur la scène sociale et politique, pour faire émerger un projet neuf de transformation sociale et écologique, pour le désarmement et la paix, nous avons ensemble un énorme et enthousiasmant défi à relever. Allons-y hardiment ! Nous en ferons un premier bilan lors d’une rencontre de mobilisation pour l’Humanité le 25 mai prochain à la Bellevilloise, à Paris.

Le nouvel effort que nous vous demandons doit être appréhendé à la hauteur de ces défis. C’est conscient de notre responsabilité éditoriale et politique que nous souhaitons vous voir contribuer à cette souscription exceptionnelle pour que nous donnions, ensemble, un nouvel élan à l’Humanité. Du fond du cœur, merci.

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l'Humanité, 114 ans… et un nouvel élan dans POLITIQUE
Directeur de l’Humanité

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