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Soutenir les cheminots c’est préparer un autre avenir

Posté par jacques LAUPIES le 6 avril 2018

 

 

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Les cheminots en menant le combat de la défense de l’entreprise publique et de leur statut sont au cœur des problèmes qui frappent les français et aggravent leur mécontentement.

Car ce mécontentement existe, il est profond même si encore il ne s’exprime pas suffisamment fort et de manière unitaire. Il atteint cependant une dimension remarquable, prometteuse face à une attaque gouvernementale de grande envergure.

Ne nous y trompons pas l’objectif du pouvoir revêt deux aspects  :un aspect économique qui consiste à installer une privatisation  permettant de s’octroyer les profits réalisables dans le secteur des transports ferroviaires ce qui peut conduire à prendre appui sur des financement sur le dos du contribuable et des usagers. L’autre aspect est plus « politique ». Il consiste à créer de meilleures conditions pour ce pouvoir en exploitant le personnel et en même temps en tentant d’affaiblir un syndicalisme de lutte et de classe qui prévaut dans cette entreprise avec l’influence prépondérante de la CGT.

Mais en tout état de cause ces deux questions sont fondamentales et nous interpellent pour définir de quelle société nous avons besoin.

Toutes les attaques actuelles du pouvoir orientent vers un libéralisme accru, exigé par l’Europe et le capitalisme mondial en général ou l’intérêt d’une poignée d’oligarchies financières et industrielles les conduit à accroitre l’exploitation du travail et la marginalisation et le maintien en pauvreté du plus grand nombre.

Le combat des cheminots est le nôtre car il met en péril notre jeunesse.

Universités. Le mouvement des étudiants est parti pour durer

Laurent Mouloud
Vendredi, 6 Avril, 2018
L’Humanité
Assemblée générale des étudiants, le 4 avril 2018, à Saint-Denis. Magali Bragard<br /><br />

Assemblée générale des étudiants, le 4 avril 2018, à Saint-Denis. Magali Bragard
 

La contestation de la réforme de l’accès à l’université, qui ne cesse de prendre de l’ampleur, commence à inquiéter sérieusement le gouvernement. D’autant que ce mouvement, où se mêlent étudiants et enseignants, a de bonnes raisons de s’amplifier.

Le gouvernement pensait que l’affaire de la sélection à la fac était pliée, que sa stratégie du fait accompli avait, une nouvelle fois, parfaitement fonctionné. Mal lui en a pris. Depuis deux semaines, la contestation de Parcoursup et de la réforme de l’accès à l’enseignement supérieur, votée en février et difficilement mise en place dans les universités, ne cesse de prendre de l’ampleur. Occupations d’amphithéâtre et autres blocages « illimités » se multiplient comme des petits pains. À Montpellier, Toulouse, Nancy, Paris-I ou encore Nantes, les assemblées générales ont rassemblé cette semaine plus d’un millier d’étudiants chacune. Le tout au grand dam de l’exécutif, bien obligé désormais de prendre la situation au sérieux. Il aurait tort de ne pas le faire. Car, même s’il est impossible d’en imaginer la future ampleur, le mouvement dans les facs, qui mêle étudiants et personnels, n’est pas près de s’éteindre.

À l’évidence, l’évacuation ultraviolente, le 22 mars au soir, des étudiants de la faculté de droit de Montpellier, à laquelle seraient mêlés le doyen et certains enseignants (lire page 6), a fait l’effet d’un électrochoc. Tout comme les attaques de groupuscules d’extrême droite à Lille ou à Paris-I. Depuis, le mouvement qui dénonçait Parcoursup et l’instauration de la sélection à l’entrée en licence, avec notamment la mise en place « d’attendus » dans chaque filière, a pris, sans conteste, une nouvelle vigueur. Pour l’Unef, cette dynamique repose sur plusieurs facteurs. « Il y a désormais, chez les étudiants, une prise de conscience plus aiguë de la logique sélective de Parcoursup, et il y a le désir de se mobiliser contre toute forme de violence qui voudrait les empêcher de manifester pacifiquement leur opposition », souligne Lilâ Le Bas, la présidente du syndicat. La situation sociale, avec la grève des cheminots et les luttes pour la défense du service public, dope évidemment la mobilisation estudiantine. Tout comme, a contrario, l’intransigeance du gouvernement qui ne fait qu’exacerber les tensions.

L’inquiétude du gouvernement

Officiellement, la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a condamné les violences de Montpellier et appelé, d’une manière générale, à « l’apaisement ». Mais dans les faits, aucune place au dialogue n’est donnée. Au contraire. Plusieurs interventions policières ont été autorisées ces derniers jours, comme à Bordeaux et Dijon. Ou encore Strasbourg où, mercredi soir, une centaine d’étudiants qui occupaient un amphithéâtre du palais universitaire ont été évacués manu militari par les forces de l’ordre. Vous avez dit « apaisement » ? Dans les mots, le gouvernement tente également de disqualifier le mouvement, taxé régulièrement d’être « ultra-minoritaire » ou manipulé par « l’extrême gauche », comme l’a laissé entendre, jeudi, le premier ministre Édouard Philippe sur France Inter, évoquant, histoire de noircir le tableau, des « photos d’amphis dévastés, tagués »… Bref, la bataille de l’opinion publique bat son plein.

Cette attitude révèle l’inquiétude grandissante du gouvernement. Voire un brin de fébrilité. « Il sait que la mobilisation mêlée des cheminots et des universités peut produire un rapport de forces important, surtout avec des étudiants qui ont des modes d’action plus radicaux et avec qui le maintien de l’ordre est plus compliqué », analyse Julie Le Mazier, chargée de cours à Paris-XIII et spécialiste des mouvements étudiants. Selon elle, parler de mouvement « minoritaire » ne tient plus debout. « Les étudiants n’ont pas le droit de grève, donc difficile de faire le pourcentage de ceux qui soutiennent la contestation et de ceux qui s’y opposent… Mais, ce qui est sûr, c’est que le nombre de participants dans les AG, qui a atteint 3 000 à Montpellier, est très élevé, proche des niveaux observés lors du conflit sur le CPE. La différence, pour l’instant, c’est qu’il n’y a pas encore de manifestations monstres dans les rues. » Pour bientôt ? Voire. En tout cas, rien n’indique que le mouvement va faiblir dans les semaines qui viennent. Loin de là.

Les enseignants refusent de trier

L’intersyndicale réunissant les opposants à la loi Vidal devrait organiser une nouvelle journée de mobilisation, mardi prochain. Avant de participer à celle, interprofessionnelle, du 19 avril. Pendant ce temps, estiment certains, l’application chaotique du processus Parcoursup dans les facs va continuer de produire ses effets repoussoirs. Notamment chez les profs. « Si le mouvement dans les universités progresse, c’est aussi parce que les enseignants constatent concrètement les biais de cette réforme », souligne Hervé Christofol, secrétaire général du Snesup-FSU.

Alors qu’ils doivent, depuis mercredi, classer les dossiers de terminales souhaitant intégrer leur faculté, nombreux sont les profs qui refusent de participer à ce tri imposé par la plateforme Parcoursup. Comment ? Soit en ne constituant pas les commissions des vœux. Soit en répondant « oui » à toutes les candidatures et en les classant premières ex æquo… «Le gouvernement nous demande de faire le sale boulot pour lui, en choisissant ceux qui vont rester sur le carreau, et ça, ce n’est pas possible ! » a réagi sur France Info, Sophie Jallais, maître de conférences à Paris-I Panthéon-Sorbonne. Face aux dizaines de milliers de candidatures, la réalisation d’un classement manuel, affiné, comme le promet le gouvernement, relève également de l’enfumage. « Au final, ce sont des logiciels, des algorithmes qui vont faire ces classements, sur la base de notes qui ne donnent qu’une illusion d’objectivité, relève Hervé Christofol. Ce système sera profondément inégalitaire et inéquitable. » Raison pour laquelle ce mouvement de refus, auquel a appelé le Snesup-FSU, se répand comme une traînée de poudre. Le syndicat dénombrait, mercredi dernier, 70 départements ou UFR (unités de formation et de recherche) s’opposant à cette sélection déguisée, ainsi que deux universités : Bordeaux-Montaigne et Pau.

Pour le syndicaliste, la colère des lycéens, étudiants et de leurs familles pourrait bien continuer de s’accroître. Le processus Parcoursup va s’étaler jusqu’en septembre. « Or, l’enseignement supérieur doit accueillir 40 000 lycéens supplémentaires à la rentrée prochaine et le gouvernement ne crée que 20 000 places. Il n’y aura pas de miracle. Il y aura autant, si ce n’est plus, d’étudiants mal orientés que l’année dernière. » Et une raison de nourrir dans le temps le mouvement dans les facs.

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Chef de la rubrique société

 

 

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