• Visiteurs

    Il y a 1 visiteur en ligne
  • Méta

  • Oeuvre de Rodin

    Oeuvre de Rodin

  • avril 2018
    L Ma Me J V S D
    « mar   mai »
     1
    2345678
    9101112131415
    16171819202122
    23242526272829
    30  
  • Dali

    Dali

  • Ian Brossat Chef de file des communistes

    Européennes

    Le nouveau monde :
    D'un coté, on prétend "responsabiliser" les gens modestes en augmentant le prix du #carburant.
    De l'autre, on déresponsabilise les riches en baissant leurs impôts sans rien leur demander en échange.
    Moins tu as, plus tu donnes.
    Plus tu as, moins tu donnes.

Nous y voilà bientôt ?

Posté par jacques LAUPIES le 11 avril 2018

Je n’ai pas consulté la presse de ce jour. Comme d’habitude je suis privé de l’Humanité qui  ne me parvient pas ou me parvient avec des retards de plus en plus importants, par paquet de deux ou trois exemplaires.

Le fonctionnement merdique de la poste y est sans doute pour quelque chose. Les facteurs eux mêmes le reconnaissent  et évidemment n’y sont pour rien. Pas plus que les cheminots dans le retard des train et bien d’autres administrations avec lesquelles mieux vaut ne pas avoir un problème, genre renouvellement de carte d’identité ou permis de conduire.

Bref mon propos n’est pas là mais les médias eux aussi et les télés en particulier deviennent toujours plus manipulés. Je ne surprendrai personne du dégout que j’éprouve en entendant la plus part des journalistes et commentateurs traiter, avec une légèreté incroyable la politiques nationale et internationale.

Je disais il y a quelques  jours, dans ce blog,  que visiblement on nous préparait un conflit qui pourrait nous impliquer face à certains pays dont la Russie. L’intention transpirait et transpire dans la plupart des émissions (débats et documentaires à l’appui) C’est gros, grotesque et grossier. L’arrivée soudaine de cet abruti de BHL, guerrier en chemisette blanche qui avec ses airs de dandy nous fait croire qu’il a pris des risques en fréquentant les champs de bataille. 

Après la Bosnie, la Lybie le voila mettant à l’index la Libye, ciblée au prétexte des atrocités commises par Bachar El Hassad et cela avec une pleurnicherie grandiloquente et sélective aux accents humanitaires.

Loin de moi l’idée de vouloir exonérer ce Chef d’Etat, porté au pouvoir par des intérêts de classes, dirigeants et souvent dictateurs,  comme cela se pratique dans la plupart des pays du moyen orient, qui marchandent avec les mieux disant des grandes puissances et exposent leur peuple à la misère et à la guerre. Il n’est pas le seul bandit de la planète et il y a plus crapule que lui.

L’histoire « contemporaine » est là pour le prouver ! Et, le mot de frappe, dont usent nos grosses têtes en ces circonstances, se substitue allègrement à celui d’agression – que l’on réserve sans trop de distinction à la sexualité – par les costume cravate qui hantent les chancelleries et parlements ! 

Mais qui va trinquer, aujourd’hui quelques militaires de carrière (trop hélas) des victime « innocentes » d’attentat et demain, si le conflit s’étend ?

N’oublions pas cette phrase célèbre d’Anatole France : « On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels. » (1)

 

Texte d’Anatole France très actuel !

L’Humanité,
18 Juillet 1922

Anatole France

On croit mourir pour la patrie…

 

Cher citoyen Cachin,
Je vous prie de signaler à vos lecteurs le récent livre de Michel Corday, les Hauts Fourneaux[1], qu’il importe de connaître. On y trouvera sur les origines de la conduite de la guerre des idées que vous partagerez et qu’on connaît encore trop mal en France ; on y verra notamment (ce dont nous avions déjà tous deux quelque soupçon) que la guerre mondiale fut essentiellement l’œuvre des hommes d’argent, que ce sont les hauts industriels des différents États de l’Europe qui, tout d’abord, la voulurent, la rendirent nécessaire, la firent, la prolongèrent. Ils en firent leur état, mirent en jeu leur fortune, en tirèrent d’immenses bénéfices et s’y livrèrent avec tant d’ardeur, qu’ils ruinèrent l’Europe, se ruinèrent eux-même et disloquèrent le monde. Écoutez Corday, sur le sujet qu’il traite avec toute la force de sa conviction et toute la puissance de son talent.  » Ces hommes-là, ils ressemblent à leurs hauts fourneaux, à ces tours féodales dressées face à face le long des frontières, et dont il faut sans cesse, le jour, la nuit, emplir les entrailles dévorantes de minerai, de charbon, afin que ruisselle au bas la coulée du métal. Eux aussi, leur insatiable appétit exige qu’on jette au feu, sans relâche, dans la paix, dans la guerre, et toutes les richesses du sol, et tous les fruits du travail, et les hommes, oui, les hommes mêmes, par troupeaux, par armées, tous précipités pêle-mêle dans la fournaise béante, afin que s’amasse à leurs pieds les lingots, encore plus de lingots, toujours plus de lingots… Oui, voilà bien leur emblème, leurs armes parlantes, à leur image. Ce sont eux les vrais hauts fourneaux. » Ainsi, ceux qui moururent dans cette guerre ne surent pas pourquoi ils mourraient. Ils en est de même dans toutes les guerres. Mais non pas au même degré. Ceux qui tombèrent à Jemmapes ne se trompaient pas à ce point sur la cause à laquelle ils se dévouaient. Cette fois, l’ignorance des victimes est tragique. On croit mourir pour la patrie ; on meurt pour des industriels. Ces maîtres de l’heure possédaient les trois choses nécessaires aux grandes entreprises modernes : des usines, des banques, des journaux. Michel Corday nous montre comment ils usèrent de ces trois machines à broyer le monde. Il me donna, notamment, l’explication d’un phénomène qui m’avait surpris non par lui-même, mais par son excessive intensité, et dont l’histoire ne m’avait pas fourni un semblable exemple : c’est comment la haine d’un peuple, de tout un peuple, s’étendit en France avec une violence inouïe et hors de toute proportion avec les haines soulevées dans ce même pays par les guerre de la Révolution et de l’Empire. Je ne parle pas des guerres de l’ancien régime qui ne faisaient pas haïr aux français les peuples ennemis. Ce fut cette fois, chez nous, une haine qui ne s’éteignit pas avec la paix, nous fit oublier nos propres intérêts et perdre tout sens des réalités, sans même que nous sentions cette passion qui nous possédait, sinon parfois pour la trouver trop faible. Michel Corday montre très bien que cette haine a été forgée par les grands journaux, qui restent coupables, encore à cette heure, d’un état d’esprit qui conduit la France, avec l’Europe entière, à sa ruine totale. « L’esprit de vengeance et de haine, dit Michel Corday, est entretenu par les journaux. Et cette orthodoxie farouche ne tolère pas la dissidence ni même la tiédeur. Hors d’elle, innocente en a souffert mort et passion. Haïr un peuple, mais c’est haïr les contraires, le bien et le mal, la beauté et la laideur ». Quelle étrange manie! Je ne sais pas trop si nous commençons à en guérir. Je l’espère. Il le faut. Le livre de Michel Corday vient à temps pour nous inspirer des idées salutaires. Puisse-t-il être entendu! L’Europe n’est pas faite d’États isolés, indépendants les uns des autres. Elle forme un tout harmonieux. En détruire une partie, c’est offenser les autres. Notre salut c’est d’être bons Européens. Hors de là, toute est ruine et misère.

Salut et Fraternité

Anatole FRANCE

 

L'Humanité 18 Juillet 1922.jpg

 

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus