• Accueil
  • > Archives pour le Jeudi 19 avril 2018

Rencontres utiles ?

Posté par jacques LAUPIES le 19 avril 2018

J’ai eu l’occasion de tenter d’aider  une famille que l’on peut qualifier de très modeste voire frappée de pauvreté, mais en même temps d’une dignité liée à des valeurs imprégnées des discours moralisateurs dominants, comme dans la plupart de ces familles.

Nous avons débattu de ses  difficultés et notamment de celles qu’elle rencontre avec les deux adolescents dont elle a la charge. les parents  oscillent entre culpabilité et résignation face à tous les problèmes qui se posent avec ces enfants : déscolarisation, instabilité du comportement, recherche d’une autonomie en contradiction avec des ressources familiales insuffisantes et donc compromis permanent. Le tout compliqué par le recours aux mensonges voire au « chantage » de la part des enfants qui usent du statut de « famille recomposée »

Au bilan : l’impuissance familiale, l’impuissance de l’éducation nationale, l’impuissance des services sociaux que je ne développerai pas ici mais qui sont incontestables. Nus assistons à une marginalisation, au repli sur soi, au renoncement, causés essentiellement, comme toujours par l’incompréhension des véritables causes de cette dégradation qui frappe des familles et disons le l’équilibre de notre société.

Expliquer cela en quelques minutes relève de l’exploit. Se donner en exemple d’une génération qui a échappé à cette dégradation grâce à une insertion sociale plus rapide, bénéficiant de la liberté que donne un emploi et la garantie de le conserver jusqu’à sa retraite, même s’il a fallu parfois se battre, tout cela ne garantit pas d’être compris. En conclure  qu’il faut mener le combats syndical et politique  à des sans emploi bénéficiant des minimas sociaux ne garantit pas d’être compris par eux !

Cependant il se passe quelque chose et lorsque l’on évoque les luttes des uns et des autres, des cheminots notamment il y a un courant de sympathie. Et si l’utilité n’est pas automatiquement établie du soutien actif aux « gréviste » elle se dessine.

Plus trouble lorsque sont évoquées les frappes en Syrie pourtant non sans lien avec l’avenir que l’on promet aux jeunes. La télé qui, globalement tente, non sans mal, d’accréditer les thèses de Macron et sa suite ne facilite pas notre tâche.

Je ne suis pas sur que ma conclusion qui consiste à rappeler que le peuple peut tout en luttant contre les vrais coupables – et leurs commis – qui accaparent les richesses et le surtravail ait porté ses fruits mais bon le pire serait de se taire, même lorsque l’on a tendance à trop parler…

« La lutte des cheminots est la nôtre »

Jeudi, 19 Avril, 2018
L’Humanité
Rencontres utiles ? dans POLITIQUE

Le succès fulgurant d’une cagnotte de soutien lancée par des artistes et intellectuels commme Etienne Balibar, Laurent Binet, Dominique Cabrera, Antoine Comte, Didier Daeninckx, Robert Guédiguian, Bernard Lavilliers, Luc Leclerc du Sablon, Corinne Masiero, Gérard Mordillat, Jean-Marc Salmon, Jacques Tardi… Les paroles des citoyens usagers, des rencontres avec d’autres salariés en lutte… Le pouls d’un mouvement inédit.

Un « crowdfunding » inédit. Une collecte qui, passé le premier effet de surprise, révèle « des trésors de générosité », comme le dira l’un des organisateurs, et une prise de conscience de l’enjeu que représente la bataille des cheminots, le service public.

Lancée le 9 avril dernier sur le blog Mediapart du sociologue Jean-Marc Salmon, soutenue par une trentaine d’intellectuels, d’écrivains, d’artistes, la cagnotte, baptisée « Solidarité avec les cheminots grévistes », vient de franchir la barre des 800 000 euros versés par plus de 22 000 contributeurs.

Lundi dernier, à la bourse du travail de Paris, sous l’œil goguenard de Jean Jaurès dont le buste trône au fond de la salle, syndicalistes et intellectuels se sont retrouvés une première fois depuis le lancement de cette initiative. Les quatre responsables des fédérations cheminotes, mais aussi Philippe Martinez et Bernard Thibault étaient là, aux côtés du philosophe Étienne Balibar, de l’écrivain Didier Daeninckx, du cinéaste et écrivain Gérard Mordillat et de la cinéaste Dominique Cabrera. « Cette cagnotte montre un vrai soutien de l’opinion publique et des usagers et contribue à casser ce sentiment d’isolement et de fatalisme que peuvent éprouver certains cheminots », dit Laurent Brun, secrétaire de la CGT cheminots. Même sentiment chez Roger Dillenseger, secrétaire de l’Unsa ferroviaire, pour qui cette cagnotte « met en évidence la solidarité nationale C’est d’autant plus intéressant que des intellectuels portent cette initiative ». « Après des semaines de “cheminot bashing”, c’est la traduction d’un soutien populaire », ajoute Erik Meyer, secrétaire de SUD rail tandis que, pour Philippe Martinez, « cette cagnotte, c’est le symbole de cette bataille contre la division ».

 

 

Solidarité. La cagnotte fait sa pelote pour la défense du service public

Marie-José Sirach
Jeudi, 19 Avril, 2018
L’Humanité
Photo : Cyril Entzmann/Divergence

Photo : Cyril Entzmann/Divergence
 

« Solidarité avec les cheminots grévistes » : la formule prend corps et vigueur. À l’instar des initiateurs de la cagnotte lancée via Internet, réunis, lundi soir, avec des syndicalistes cheminots à Paris, des initiatives se multiplient dans tout le pays.

Un « crowdfunding » inédit. Une collecte qui, passé le premier effet de surprise, révèle « des trésors de générosité », comme le dira l’un des organisateurs, et une prise de conscience de l’enjeu que représente la bataille des cheminots, le service public.

Lancée le 9 avril dernier sur le blog Mediapart du sociologue Jean-Marc Salmon, soutenue par une trentaine d’intellectuels, d’écrivains, d’artistes, la cagnotte, baptisée « Solidarité avec les cheminots grévistes », vient de franchir la barre des 800 000 euros versés par plus de 22 000 contributeurs.

Lundi dernier, à la bourse du travail de Paris, sous l’œil goguenard de Jean Jaurès dont le buste trône au fond de la salle, syndicalistes et intellectuels se sont retrouvés une première fois depuis le lancement de cette initiative. Les quatre responsables des fédérations cheminotes, mais aussi Philippe Martinez et Bernard Thibault étaient là, aux côtés du philosophe Étienne Balibar, de l’écrivain Didier Daeninckx, du cinéaste et écrivain Gérard Mordillat et de la cinéaste Dominique Cabrera. « Cette cagnotte montre un vrai soutien de l’opinion publique et des usagers et contribue à casser ce sentiment d’isolement et de fatalisme que peuvent éprouver certains cheminots », dit Laurent Brun, secrétaire de la CGT cheminots. Même sentiment chez Roger Dillenseger, secrétaire de l’Unsa ferroviaire, pour qui cette cagnotte « met en évidence la solidarité nationale C’est d’autant plus intéressant que des intellectuels portent cette initiative ». « Après des semaines de “cheminot bashing”, c’est la traduction d’un soutien populaire », ajoute Erik Meyer, secrétaire de SUD rail tandis que, pour Philippe Martinez, « cette cagnotte, c’est le symbole de cette bataille contre la division ».

Ceux qui m’aiment prendront le train… de la réforme, a lancé, crânement, Emmanuel Macron. Il semble que celui-ci reste à quai. Et que nombreux sont ceux qui préfèrent prendre le train de la contestation, de la révolte. Pas une révolte épidermique. Plutôt une prise de conscience que ce qui se trame dans la coulisse du pouvoir, ce qui l’anime, n’est rien d’autre qu’une volonté de casser le service public, tous les services publics : transport, santé, éducation, culture. Réformer, réformer, entend-on sur tous les tons. Traduisez, au choix, par : démanteler, déstructurer, privatiser… « Les cheminots sont en première ligne pour la défense du service public. Nous sommes derrière, à leurs côtés, avec eux », dit Jean-Marc Salmon, qui n’en revient pas « des trésors de générosité » de tous ceux qui participent à cette cagnotte. « On pensait que le “chacun pour soi” avait gagné, les témoignages sont une expression de fraternité. Ils disent une intelligence collective qui (re)donne confiance. »

Storytelling macroniste

Une intelligence collective qui raconte une autre histoire que ce mauvais storytelling macroniste. L’attachement au service public des trains raconte un territoire. « Les rails qui sillonnent notre pays sont comme les veines qui irriguent notre corps ou les rides de notre visage qui rime avec paysage », lance le cinéaste Luc Leclerc du Sablon. On pense au mouvement des intermittents en 2003, taxés par le Medef de « privilégiés qui vivent sur le dos des travailleurs ». Les spectateurs du Festival d’Avignon, alors annulé, étaient « pris en otage ». Mêmes formules, même violence. Hier, les spectateurs. Aujourd’hui, les usagers du train. Là, le patronat. Ici, des actionnaires en embuscade qui attendent le feu vert de la « libéralisation du rail », c’est mieux que privatisation, pour leur seul profit. Alors on tire à vue sur les droits sociaux, les acquis sociaux. On les dénigre. On tente la division entre celui qui gagne 1 600 euros et celui qui en gagne 2 200. Entre celui qui a un boulot et celui qui n’en a pas…

L’autre soir, à la bourse du travail, Dominique Cabrera a lu un long poème sur le voyage. Évidemment, on pense à Renoir, au groupe Octobre, au Front populaire. Comme on pense à Sartre devant les usines Billancourt, en 1971. À Pierre Bourdieu à la gare de Lyon, en 1995. Sans nostalgie. « À chaque moment de l’histoire ouvrière, on peut parler d’une rencontre entre le monde des travailleurs et les écrivains. N’y voyez aucune nostalgie, mais une nécessité. Les cheminots ont besoin des écrivains pour briser les idées reçues et vice versa, les écrivains ont besoin des cheminots ! » raconte Didier Daeninckx. « Nous avons lancé un appel à d’autres écrivains en leur demandant de donner un texte pour évoquer le monde du rail en toute liberté. Une trentaine d’entre eux ont spontanément répondu. Les éditions Don Quichotte, que dirige le romancier Jean-Marie Laclavetine vont les publier. Tardi en a dessiné la couverture… » On pense à la phrase de Truffaut, « un film avance, il avance comme un train dans la nuit » et ça dit le mouvement. Le corps et la pensée en mouvement. Pour résister. « Les cheminots sont en première ligne. S’ils perdent, tout s’écroule », nous confie Gérard Mordillat pour qui « cette cagnotte, ça vaut tous les sondages bidon du JDD » ! Bernard Thibault ne dit pas autre chose : « Ce n’est pas un hasard, ni la première fois, que le gouvernement attaque ainsi les cheminots. S’il obtient leurs “scalps” comme il dit, c’est la voie ouverte pour d’autres. »

Une cagnotte de résistance

En 1995, on parlait de grève par procuration. Dans quel monde veut-on vivre ? se demande-t-on en 2018. Ça ressemblerait à quoi, un pays privatisé de la tête aux pieds, de l’éducation à la SNCF, en passant par la santé ? Les exemples ne manquent pas, en Grande-Bretagne, en Allemagne où les premiers touchés par la privatisation des chemins de fer furent les salariés et les usagers qui ont vu les tarifs exploser. Comme le rappelait, l’autre soir, Didier Aubert, secrétaire de la CFDT cheminots : « C’est une réforme violente et historique. Le gouvernement ne veut pas négocier et joue le pourrissement et la radicalisation de l’action. » Mais l’aspiration à la justice n’a pas dit son dernier mot. Laurent Brun se fait le porte-voix de beaucoup d’hommes et de femmes qui « en ont marre, dès lors que l’on parle transport, éducation, santé, culture, de s’entendre rétorquer : combien ça coûte » ? La soirée touche à sa fin. De l’idée d’« une cagnotte de résistance » à celle de l’unité, syndicale et citoyenne, « condition incontournable pour la réussite du mouvement », beaucoup de choses ont été dites, beaucoup restent à faire. Ce n’est qu’un débat, continuons le combat…

Chef de la rubrique culture

Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

 

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus