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Réforme de la SNCF : une injonction de l’Europe ?

Posté par jacques LAUPIES le 20 avril 2018

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Publié dans POLITIQUE | Commentaires fermés

Cheminote. Une lutte qui redonne de la fierté

Posté par jacques LAUPIES le 20 avril 2018

 

Clotilde Mathieu
Jeudi, 19 Avril, 2018
L’Humanité
Quand elle enfile son «	costume de lumière	», Fabienne prend le nom de «	Pénélope	» la contrôleuse, clin d’Sil à Pénélope Solète incarnée par Chantal Lauby. Sébastien Ortola/REA<br /><br />

Quand elle enfile son « costume de lumière », Fabienne prend le nom de « Pénélope » la contrôleuse, clin d’Sil à Pénélope Solète incarnée par Chantal Lauby. Sébastien Ortola/REA
 

Contrôleuse depuis près de vingt ans, Fabienne est l’un des visages de la bataille des cheminots. Elle témoigne d’un quotidien difficile malgré l’amour du métier.

Fabienne est de celles qui luttent. Syndiquée à la CGT, elle ne compte plus les jours de grève, depuis son embauche en 1999 à la SNCF. « Quand t’es cheminot, tu ne travailles pas pour une entreprise mais pour le plus beau moyen de transport collectif qu’est le train. » Quand elle enfile son « costume de lumière », comme elle l’appelle, Fabienne prend le nom de « Pénélope » la contrôleuse, clin d’œil à Pénélope Solète, la présentatrice des Nuls l’édition, incarnée par l’actrice Chantal Lauby. Une « protection car nous sommes très exposés », explique-t-elle. « Et mon seul moyen de défense, c’est l’humour. » En vingt ans, Pénélope a vu son métier dérailler, après le virage de 2006. « Mon job, c’est d’être garante du bon déroulement du voyage mais il y a toujours quelque chose qui ne va pas, qui provoque une situation d’inconfort, le bar pas chargé, les sièges cassés, l’eau, le savon absents des toilettes, sans compter les retards divers et variés. »

Mère de deux enfants de 14 et 17 ans, elle a dû s’organiser

Pour elle, les « couacs », les pannes géantes, les accidents ne sont pas le fait du hasard. À bord de son TGV, la cheminote gère à la fois sa colère et celle des usagers. Par moments, elle y va la boule au ventre. Surtout les jours où elle est seule à bord, responsable de 500 voyageurs. Les insultes et les agressions, Fabienne a appris à vivre avec. Entre « les militaires qui ne savent pas se tenir, les usagers excédés… Un jour, un homme m’a coincée sur une plateforme, j’en ai même pas parlé à mon collègue, pour moi, ce n’était pas si grave, c’était bien avant #MeToo ou #BalanceTonPorc », raconte Fabienne. Des « anecdotes » de ce style, « on en a toutes », ajoute-t-elle. À cela s’ajoute les 2 découchés dans la semaine et les 22 week-ends (samedi et dimanche compris) par an. « Nos privilèges », ironise-t-elle. Avec un salaire de 2 000 euros net par mois – 1 400 euros de base et 600 de primes pour les « découchés » –, Pénélope a toujours eu le sentiment « d’être payée aux sacrifices de la maison ». Mère de deux enfants de 14 et 17 ans, elle a dû apprendre à s’organiser. Et j’ai la chance d’avoir « ma mère, mes tantes et mes copines », surtout durant les « cinq ans de célibat ». Pour bénéficier d’un repos fixe hebdomadaire, qui plus est le mercredi, elle a dû trouver une solution individuelle, en passant à 90 % de temps de travail. Son programme de roulement court sur six mois. Il est établi en juillet et en décembre. Elle doit trois mois de disponibilité en réserve, où son planning peut changer la veille pour le lendemain. « Et je ne prends que quinze jours de vacances, c’est plus simple avec les enfants. » Mais tout ça n’est rien à côté des obligations de roulement des conducteurs. « Leur vie, je n’en voudrais pas, c’est encore plus de sacrifices. » Outre les incidences sur la vie privée, le métier nécessite « d’être en forme ». « Nous sommes tout le temps debout. Sans oublier qu’il demande un niveau de concentration très élevé, car on vient tout le temps te solliciter quand on fait les procédures. Nous avons des tests médicaux dignes de ceux de pilotes de ligne. Quand je me suis arrêtée, j’en ai bavé pour reprendre la route. »

Le statut, Fabienne y tient autant que Pénélope. Pas pour une question d’argent. Dans une entreprise privée concurrente, « on gagnerait 20 % de plus », affirme-t-elle. « Le statut nous assure de finir à 19 heures les veilles de repos. Sans le statut, nous pourrions finir à 23 heures. Ce qui rallongerait nos rythmes de travail. » Il y a quelques années, la contrôleuse a été contrainte de s’arrêter pour un arrêt maladie pendant un an et demi. « Et mon petit dernier a vraiment apprécié de m’avoir tous les soirs à la maison. »

Lors des journées de grève les 13 et 14 avril, ses collègues au contrôle à Nantes étaient 74 % à cesser le travail, contre 32 % le 3 avril. Un record, se félicite la syndicaliste. « C’est monté progressivement, et là, c’est vraiment énorme, se réjouit-elle. La direction a tellement organisé le sabotage industriel qu’elle n’est plus crédible. » Et de pointer la baisse du niveau de sécurité des voyageurs qu’engendrerait l’ouverture à la concurrence.

Les citoyens viennent lui demander de continuer. « C’est revigorant. »

La grève de deux jours tous les trois jours, l’« arrange bien ». « Sinon, je n’aurai pas tenu trois semaines », estime-t-elle. Même si, avoue-t-elle, elle était dans une « colère rouge » lorsqu’elle a vu une date de fin. « Et après on fera quoi ? » s’interroge la cheminote. « Depuis quelques années, je me trouvais résignée, mais aujourd’hui ce mouvement c’est le contraire. ». Lors de la dernière AG dans le hall de la gare, une avocate qui prenait le train pour Paris est venue prendre plusieurs exemplaires de la Vraie Info pour la diffuser durant le trajet. Lors des distributions de ce numéro spécial édité par la CGT cheminots, Fabienne ne compte plus les citoyens qui viennent ainsi la voir, pour lui demander de continuer. « C’est revigorant. » Parfois, pour se lever à 5 heures tenir le piquet de grève, Fabienne pense à Arthur, un petit garçon auquel elle avait offert une étiquette à doudou alors que le train accusait un énorme retard et qui le soir même lui a envoyé une photo de son nounours.

Journaliste à la rubrique social-économie

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