• Accueil
  • > POLITIQUE
  • > Immigration. La gauche avance ses alternatives au projet de loi Collomb

Immigration. La gauche avance ses alternatives au projet de loi Collomb

Posté par jacques LAUPIES le 22 avril 2018

Maud Vergnol et Aurélien Soucheyre
Vendredi, 20 Avril, 2018
L’Humanité

Pollués par les obsessions de l’extrême droite, les débats sur la loi asile et immigration s’enlisent à l’Assemblée nationale. Dans ce contexte, députés communistes et insoumis avancent des contre-propositions. Le PCF publie un manifeste.

« Pour une France hospitalière et fraternelle, une Europe solidaire ». Le titre du manifeste présenté par le PCF tranche avec la tonalité du débat en cours à l’Assemblée nationale, où le projet de loi asile et immigration de Gérard Collomb a ouvert les vannes aux surenchères de la droite extrême. « S’il faut renforcer les efforts pour s’attaquer aux causes profondes de ces migrations forcées et des tragédies qu’elles entraînent, comment peut-on s’imaginer que la seule réponse serait de construire des murs que l’on voudrait infranchissables… illusion meurtrière ! » s’indigne Pierre Laurent en préambule du manifeste de cinquante pages, qui avance une série de propositions concrètes, travaillées avec les associations, qu’il s’agisse de l’aide au développement ou d’un nouveau dispositif d’accueil des demandeurs d’asile. Le PCF propose par exemple de délivrer des titres de séjour et des « visas humanitaires » avec autorisation de travail au bout de six mois, pour éviter l’exploitation, mais aussi d’assurer l’hébergement d’urgence sans condition de statut et refuser toute ingérence des services de contrôle dans la situation des personnes hébergées, rappelant également les principes de réunification familiale sans condition de ressources et de logement.

Le PCF favorable à une réduction des délais de rétention

Dans l’Hémicycle, le député communiste de Seine-Saint-Denis Stéphane Peu a eu l’occasion de rappeler que « la France doit tenir ses engagements internationaux au sujet des réfugiés et appliquer strictement la convention de Genève ». « Il faut absolument donner les moyens à l’Ofpra (Office français de protection des réfugiés et apatrides) et à la CNDA (Cour nationale du droit d’asile) de remplir leurs missions et écouter leurs propositions. Nous portons un appel à la régularisation de dizaines de milliers d’étrangers qui construisent leur vie en France depuis des années, qui travaillent ici et qui ne sont pas expulsables, précise Stéphane Peu. Cela a déjà été fait en 1999, en 2004 ».

À l’inverse du projet de loi de la majorité, les députés communistes défendent en effet une réduction des délais de rétention et proposent que les recours dans le cadre d’une demande d’asile soient suspensifs. Mardi, les trois groupes de gauche (GDR, Nouvelle Gauche et FI) avaient tenté, sans succès, d’élargir les droits notamment pour les conjoints de réfugiés avec protection internationale. Sur la rétention des mineurs, Stéphane Peu ne décolère pas : « Face à des députés LREM qui s’interrogent à juste titre sur la décence de cette mesure – on parle quand même de privation de liberté pour des enfants –, le gouvernement propose de créer une commission sur le sujet. Oui, une commission sur la rétention des mineurs ! C’est sidérant ! » Sur ce point, le PCF propose l’interdiction des « tests osseux » et l’accueil de tout mineur sans condition dans un lieu d’hébergement dès son arrivée, accompagné par un travailleur social de l’Aide sociale à l’enfance (ASE).

Mercredi, lors d’une conférence de presse au Palais Bourbon, des députés FI avaient également présenté une série de propositions comme la création d’un « statut de détresse climatique et humanitaire », qui pourrait être accordé à la plupart des 40 000 déboutés du droit d’asile chaque année en France. Au sujet du « désordre des campements organisés par l’État », le député FI du Nord Ugo Bernalicis a défendu la création de « centres humanitaires provisoires dans les zones saturées », ainsi que 10 000 places supplémentaires en structure d’accueil. Communistes et insoumis demandent par ailleurs une renégociation des accords du Touquet, signés en 2003 par Nicolas Sarkozy, le PCF préconisant une « organisation de voies de passage légales, en application de la convention de Genève de 1951, pour les migrants qui ont droit à l’asile ou au rapprochement familial en Grande-Bretagne ». Jeudi matin, avec l’appui des groupes de gauche, l’Assemblée avait voté l’extension de la « réunification familiale » pour les mineurs réfugiés, qui leur permettra de faire venir leurs frères et sœurs, et non plus seulement leurs parents, sous les huées de la droite LR et du FN. Les débats ont été prolongés au moins jusqu’à samedi pour examiner les 1 046 amendements déposés. La loi devrait être votée à la fin du week-end.

 

Image de prévisualisation YouTube

Cet article a été publié le Dimanche 22 avril 2018 à 00:09 et est catégorisé sous POLITIQUE. Vous pouvez suivre les réponses à cet article par le fil Flux des commentaires. Les commentaires et trackbacks sont fermés pour cet article.

«
»
 

Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus